50 ans de photojournalisme au Mozambique

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« Histoire, histoire(s) – 50 ans de photo journalisme au Mozambique »

Rétrospective Ricardo Rangel

Rétrospective au Centre Culturel Franco-Mozambicain du 21 octobre au 22 novembre 2008.

Ricardo Rangel, naît en 1924 à Lourenço Marques dans la colonie portugaise du Mozambique, métis d’africain, de grec et de chinois (son père biologique est grec, sa grand-mère maternelle est mozambicaine d’Inhambane, son grand-père maternel est chinois de Macau). Rangel est le nom de son beau-père mozambicain.

Après 10 ans de dur labeur en tant que tireur pour un studio de photo, il est le premier photographe « non blanc » à travailler dès 1952 pour le journal « Notícias da tarde », puis au « Notícias », en 1956. En 1960, il entre au « Tribune », journal progressiste et engagé, qu’il quitte en 1964 -avec d’autres journalistes- pour « clause de conscience » suite au changement de la ligne éditoriale du journal devenue réactionnaire. A partir de 1964, il collabore au « Diário de Moçambique » à Beira, journal dirigé par l’évêque Sébastien Soares Rezende, homme de presse sans concession vis-à-vis du pouvoir.

Il fonde ensuite, avec quatre autres journalistes, la revue « Tempo » en 1970 qui donne une place aux photos d’actualité. Après l’indépendance, en 1977, il revient au « Noticias » pour élaborer, avec une équipe de jeunes photographes, une photographie de presse prenant en compte aussi bien la forme que le contenu. Depuis 1984, il dirige le Centre de Formation des Photographes Mozambicains. La France l’a honoré en 2007 en le faisant « Chevalier des Arts et Lettres ».

Ricardo Rangel a vécu l’époque de la colonisation portugaise, la transition de la colonie à l’indépendance, puis la guerre civile entre le Frelimo et la Renamo. Il a énormément produit mais ses archives ont souffert des tourments que traversait son pays : destruction de certaines photos jugées négatives par le pouvoir, réquisition par le gouvernement des archives au moment de l’indépendance, négatifs non identifiés (les noms des photographes n’étaient pas précisés). De ce fait, malgré un demi-siècle de travail, ses photos restent peu nombreuses.

Il est le chef de file d’une génération de photographes « de terrain » initiée par le Centre de Formation des photographes mozambicains. On peut dire que Ricardo Rangel est un« photojournaliste » car il a beaucoup travaillé pour la presse. C’était une obligation pour lui de ramener une information en image, comme tout photographe d’agence de presse, mais c’est aussi un regard singulier que l’on retrouve au fil de ses reportages. Bien qu’il cite Henri Cartier Bresson, le « moment décisif » ne semble pas être sa signature ; lorsqu’il travaille sur ses sujets personnels (la rue Araujo, la vie quotidienne), il s’inscrit dans la « photographie subjective ». Il affectionne peu le cadrage déterminé, tout paraît être instinctif dans ses photos. Elles portent en elles, d’une manière particulière, toute sa sensibilité.

Il existe dans son travail une alchimie constituée de ce qu’il est (métis, amateur de jazz et curieux des autres et de la politique), d’un regard sans influence et d’une pratique de la photographie sur une longue durée qui le rend unique.

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Présentation de la rétrospective : Ricardo Rangel « Histoire, histoire(s) » - 50 ans de photo journalisme au Mozambique.

Ricardo Rangel a été exposé de nombreuses fois, mais toujours pour un seul aspect de son travail. De même, aucune publication ne donne une idée complète de sa production alors qu’il vient d’être honoré dans l’ordre des Arts et Lettres français, Il nous semble important de rendre hommage au photographe en créant un événement autour de son œuvre. Il ne s’agit pas de faire une exposition de photos de plus, mais de présenter des aspects significatifs de son parcours.

Cette présentation, la première rétrospective de Ricardo Rangel, sera mise en place au Centre Culturel Franco-Mozambicain en 4 ensembles qui jalonnent son travail. Les photos les plus fortes et qui ont le plus de sens par rapport à chaque ensemble seront préférées à des inédits plus faibles, certaines étant devenues de véritables icônes. Les tirages, en un seul exemplaire pour chaque photo, sont en cartoline, effectués à partir de négatifs.

1. « regard subjectif » 15 photos format 40x50 choisies pour leur esthétisme formel.

2. « photo reporter » 15 photos format 40x50 commentées par l’auteur comme témoignage d’une époque ou d’un moment, plus orientées sur les aspects « politique » et « social » et de ce fait, plus didactiques.

3. « témoin historique » 4 photos documents, format 30x40, du jour de la proclamation de l’Indépendance par Samora Machel. + la photo officielle de Samora Machel. Dans le même lieu, diffusion du film documentaire sur Ricardo Rangel réalisé par Licinio Azevedo.

4. « le goût de la nuit » . 17 photos en format 13x18.

L’édition d’un livret avec un jeu de 5 photographies au format « cartes postales » est prévue lors de la rétrospective et sera mise en vente au prix de 150 Meticais. Les recettes seront reversées intégralement au Centre de formation des photographes mozambicains.

Des visites guidées seront prévues pour des groupes (tout public) la première semaine après le vernissage.

Une sélection de photos de Ricardo Rangel a été projetée au festival du photo journalisme « Visa Pour l’Image » à Perpignan, lors des soirées en septembre 2008.

Commissaire : Marie Lelièvre 

| Exposition

Lieu

Centre Culturel Franco-Mozambicain

  • Mozambique

Le Centre Culturel Franco Mozambicain (CCFM) a été inauguré le 13 juillet 1995 par monsieur Pascal Mocumbi, Premier Ministre du Mozambique, et par monsieur Didier Destremeau, Ambassadeur de France à Maputo.

Après deux ans de travaux de réhabilitation et de construction, c’est un immense espace (plus de 6000 m²) entièrement consacré à la culture et à la vie intellectuelle qui s’est ouvert aux mozambicains.

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Situé au cœur du quartier historique de Maputo, le CCFM a été bâti sur les ruines d’un ancien hôtel colonial construit en 1896. Avec ses larges terrasses et ses colonnes en fer forgé, l’ancien Hôtel Club est reconnu comme un des plus beaux bâtiments de la ville.

Le Centre culturel Franco-mozambicain est l’un des cinq centres culturels français en Afrique à avoir un statut binational. Le conseil d’administration du centre est présidé alternativement par le Ministre de la Culture mozambicain et par l’Ambassadeur de France.

En tant qu’opérateur culturel de ses deux tutelles, le CCFM a une double vocation :

  • servir de trait d’union avec le monde francophone, notamment africain, en stimulant les échanges régionaux
  • opérer comme un outil de développement culturel pour le pays en soutenant les artistes mozambicains émergents, en les ouvrant à de nouvelles esthétiques et techniques artistiques et en les intégrant à des réseaux professionnels.

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