6Mois n°3 : L’Afrique en face Le XXIe siècle en Images

, par Afrique in visu

Le 22 mars en librairie

Après le succès de XXI (55 ooo exemplaires par trimestre), 6Mois a réussi son démarrage.
Le n°1 de 6Mois a dépassé les 42 ooo exemplaires, presque le double des objectifs.
Le n°2 a poursuivi l’élan avec 39 ooo exemplaires.
6Mois répond à une demande qu’aucune autre publication ne satisfait.
Les lecteurs ont plébiscité ses reportages photos qui racontent des histoires
sur la longueur et nous donnent à voir le monde.

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6M3 couverture BD

Derrière ce numéro, il y a le rire et la joie de vivre de Martina Bacigalupo qui, à chacun de ses passages, a éclaboussé nos bureaux de son énergie. Cette photographe italienne s’est installée au Burundi, petite enclave dans l’immensité du continent africain. « Mais pourquoi as-tu choisi le Burundi ? », lui demanda un jour sa mère. « Et toi, pourquoi as-tu choisi papa ? », lui répondit-elle. « Ah, ton père m’est tombé dessus. » « Eh bien moi, le Burundi m’est tombé dessus. » Tout est dit.

Derrière ce numéro, il y a beaucoup de reportages qui nous sont tombés dessus. En quelques mois, la nouvelle de l’existence de 6Mois s’est propagée parmi les photographes, et les propositions affluent. Nous avons découvert les autres au hasard de nos recherches et des recommandations de celle qui a vu celui qui a vu un reportage, évidemment exceptionnel mais qui ne l’est pas toujours. Parfois, il suffit de trois clics. D’autres jours, nos recherches sont dignes d’un cabinet de détectives. Pourquoi ce reportage emporte-t-il l’adhésion et non celui-là ? L’émotion ne s’explique pas, elle se ressent, parfois physiquement. Des fourmis dans le dos, des yeux embués, un regard hypnotisé… Après, il faut trier et organiser les récits pour qu’ils se répondent.

Derrière ce numéro, il y a la démarche chaloupée de Guillaume Bonn, et sa question au bout de deux rendez-vous de travail sur ses photos du Kenya : « Au fait, est-ce que vous payez les photographes pour la publication ? » L’interrogation en dit long sur une profession qui a pris l’habitude d’être malmenée et rémunérée en monnaie de singe (la vitrine de la publication ou de la vente en galerie contre la gratuité des photos). C’est justement contre cette inversion de l’ordre des choses que 6Mois s’est construit.

Derrière ce numéro, il y a la découverte de quelques photos en couleurs sur la Chine de Mao, qui s’affichent sur le site d’une galerie à Pékin, nos courriels et nos appels restés sans réponse. Reporter indépendant en Chine, Jordan Pouille est appelé à la rescousse. Il remonte le fil jusqu’à l’auteur des images, qui vit désormais dans un HLM pékinois et dont le destin vaudrait dix livres. Dans le fouillis de ses CD-ROM en forme de boîte à trésors, au milieu de ses photos de famille, il déniche des centaines d’images qui disent la folie maoïste.

Derrière ce numéro, il y a la passion d’Evguenia Arbougaïeva, installée à New York mais qui n’a jamais oublié sa Sibérie natale et la petite fille heureuse qu’elle a été dans le froid et le vent du Grand Nord russe. Il y a la voix de Mohammad Golchin, depuis ses montagnes, au bout d’une ligne qui coupe toutes les demi-heures, racontant en farsi la vie des écoliers iraniens, si proches, si loin. Derrière ce numéro, il y a le travail des journalistes de la rédaction de 6Mois à la recherche des compagnons du devoir allemands, qui n’ont pas hésité à passer le réveillon du Nouvel An dans une boîte heavy métal à Freibourg, ou à remonter la piste des propriétaires de navires échoués en Méditerranée, en faisant du porte-à-porte sur les quais de Sète ou en passant des jours à débusquer les sociétés écrans dans les paradis fiscaux.

Derrière ce numéro, il y a tant de rencontres et de discussions qu’une page d’éditorial n’y suffit évidemment pas. A partir d’aujourd’hui, une autre histoire va prendre la place de notre agitation. Une fois imprimé, 6Mois vous appartient. Les images et les mots prennent un autre sens, puisque vous les découvrez sans jamais en avoir entendu parler, sans connaître les visages ni la voix des auteurs. Vous les lisez avec votre mémoire, votre sensibilité et votre curiosité. Une autre histoire commence : la vôtre.

Laurent Beccaria,
Patrick de Saint-Exupéry,
Marie-Pierre Subtil

Au sommaire du dossier du numéro 3, intitulé « L’Afrique en face »

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Trois histoires emblématiques de l’évolution du continent :

  • Or noir, cols blancs
    Une intrusion dans le monde des expatriés qui travaillent dans le milieu du pétrole au Nigeria. Par Christian Lutz.
  • Je m’appelle Filda
    La vie au quotidien d’une Ougandaise qui a tout perdu dans la guerre civile, ses maris, son fils, une jambe, et qui pourtant rayonne. Par Martina Bacigalupo.
  • Cuisines et dépendances
    Un regard sur les « invisibles », ces domestiques qui, au Kenya, se fondent dans l’intérieur de leur employeur. Par Guillaume Bonn.

Et aussi :

  • Une enfance iranienne
    Une plongée dans des écoles de villages, dans les montagnes autour de Talesh, près de la frontière azerbaïdjanaise. Par Mohammad Golchin.
  • Rien que pour leurs yeux
    Une enquête au Tamil Nadu, au sud de l’Inde, sur un réseau d’hôpitaux qui chaque année opère de la cataracte des centaines de milliers de paysans. Par Jacques Veckemans.
  • Port de la poisse
    D’Istanbul à Dakar, dix années de travail sur les naufragés de la mondialisation, des marins abandonnés par des armateurs peu scrupuleux. Par Patrice Terraz.
  • Les frères de la route
    Un voyage en Allemagne avec les compagnons qui passent trois ans sur les routes, de chantier en chantier, comme au Moyen Age. Par Claudius Schulze.

Et encore :

  • La petite fille de Sibérie
    Une immersion dans le monde onirique de Tania, 12 ans, à Tiksi, un port du grand Nord russe. Par Evguénia Arbougaïeva.
  • La photobiographie de la reine Élizabeth II
    Le rôle de sa vie
    Son destin était celui d’une princesse. Un accident de l’Histoire en a décidé autrement. Icône anachronique et populaire, Elizabeth II a fait de sa vie un péplum.
  • La Chine de Mao
    La révolution culturelle en couleur. Les archives inédites d’un photographe chinois qui fut l’un des acteurs de la propagande maoïste. Par Weng Naiqiang.
  • L’album de famille de Vardi Kahana
    Mes cousins d’Israël
    Pendant quinze ans, Vardi Kahana a photographié ses cousins, oncles et tantes, des hauteurs du Golan à Copenhague. Un miroir de la société israélienne

Voir en ligne : http://6mois.fr