Campus universitaire d’Abidjan, 5 ans après Un témoignage de Camille Millerand

, par Camille Millerand

Depuis la crise post-électorale en 2011, l’Etat ivoirien a injecté près de 110 milliards de Francs CFA pour assurer la rénovation du campus universitaire d’Abidjan. On ne l’appelle plus "Campus de Cocody" mais campus "Félix Houphouët-Boigny". Et certains étudiants rencontrés en 2009 m’ont raconté que malgré ce coup de peinture général, le malaise estudiantin perdure. Les murs ont été fraichement repeints. L’entrée principale a été refaite, c’est aujourd’hui une vaste allée pavée. On y croise, ici et là, des groupes d’étudiants en Psychologie ou en Droit. Ils sont remontés. Ils font "le rang" pour la cantine pendant des heures avant de pouvoir manger. Le prix des repas a augmenté. Un plat coûte maintenant entre 400 et 500 Francs CFA (entre 0,60 et 0,70 centimes d’euros). Les bus scolaires sont surchargés. Il faut être aux arrêts deux heures avant de pouvoir espérer avoir une place, serrée contre la vitre. Les amphis sont surpeuplés et en majorité sans climatisation. Le campus se remet difficilement de dix années de présidence occupée par Laurent Gbagbo. A l’époque, les chambres s’étaient transformées en petits commerces de proximité. Des non-étudiants d’un âge avancé dormaient en cité U. On appelait les étudiants "des cambodgiens" parce qu’ils dormaient à cinq dans une chambre de deux lits… En 2009, le syndicat la FESCI régnait en maître sur le campus avec la bénédiction des autorités ivoiriennes. Après la crise, ses membres ont fui les cités universitaires qui s’étaient transformées en véritables planque d’armes. Ils se sont réfugiés au Ghana ou à l’intérieur du pays...5 ans après une première immersion, des étudiants prennent la parole et raconte l’évolution de ce lieu à travers l’état des lieux photographique de Camille Millerand. Le campus Félix Houphouët de Boigny compte aujourd’hui 65 000 étudiants. C’est un des plus grands complexe universitaire d’Afrique de l’Ouest.

1 - Avant...
Romeo, Achille, Yacouba et Armand sont actuellement étudiants à Abidjan.
Ils reviennent sur l’état du campus universitaire de Cocody avant sa réhabilitation.
Voir http://www.camillemillerand.com/campusville-abidjan/
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Descente d’un des deux bus électriques offerts par le groupe Bolloré aux autorités ivoiriennes lors de la réouverture du Campus universitaire Félix Houphouet Boigny. Il assure les liaisons entre les différents U.F.R. Mai 2014.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Beaucoup d’étudiants rencontrés avouent que "sur la forme, des changements ont eu lieu mais sur le fonds des problèmes demeurent. Parmi eux, sont souvent cités les problèmes d’accès au restaurant universitaire et le manque de transports en commun". Mai 2014
2 - Comme on nous l’a dit 110 milliards !
Brice, Claude et Doris parlent des problèmes de fonctionnement de l’infrastructure refaite à neuf.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Le campus Félix Houphouet Boigny compte 65 000 étudiants. C’est l’un des plus important complexe universitaire d’Afrique de l’Ouest. De 2009 à 2011, l’université était fermée. Les cours ont repris à la fin de l’année 2011 comme ici à l’amphithéâtre Léon Robert. Mai 2014.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Quand ils ne sont pas en cours, Franck (gauche), Landry et Yann (centre) ont l’habitude de se retrouver en chambre universitaire. Un lieu de révision pour certains et de drague pour d’autres.
3 - Aujourd hui c’est les méritants
Mauril et Benjamin expliquent l’importance d’avoir une chambre sur la cité Universitaire.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Anna est étudiante en master 1 en faculté d’anglais. Elle a obtenu sa chambre après une année d’attente, qu’elle loue 10 000 FCFA (environ 15 euros) par mois.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Espace de révision occupé par des étudiants en économie. "Dans certains amphis, il n’y a pas assez de chaises, pas de bancs. Il manque des professeurs. Il y aussi des cours accélérés. On nous demande d’aller faire les recherches sur le "net" mais il n’y a pas de wifi..." Confie Armand, étudiant en Licence 3 de journalisme. Mai 2014.
4 - Le syndicalisme a beaucoup baissé
Pour Armand, la seule chose qui est positive sur le campus c’est la diminution du syndicalisme estudiantin.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Bledja (de dos) , Roseline et Safiatou se retrouvent régulièrement après les cours pour jouer au Handball. Mai 2014.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Pour éviter d’attendre 3 heures avant de déjeuner, beaucoup d’étudiants sont contraints de se restaurer au CKF. Un fast-food local installé sur le campus universitaire. Ici, un plat coûte entre 500 et 700 FCFA. Un prix beaucoup trop élevé pour la plupart des étudiants. Mai 2014
5 - Ca c’est mon rêve...
Roselyne, Mauril, Bledja, Benjamin, Franck,Safiatou, Narcisse se projettent dans l’avenir.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
« Le campus compte 65 000 étudiants alors que le resto U ne peut accueillir que 4000 personnes selon les chiffres officiels. Tu arrives à 11 heures et tu dois patienter jusqu’à 16 heures pour manger" explique R. 25 ans, étudiant en géologie qui a préféré conserver son anonymat.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Séance d’évangélisation menée par l’O.N.G. américaine "Campus For christ"
auprès des étudiants qui souhaitent s’y rendre.
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Campus universitaire Félix Houphouet Boigny, Abidjan, 2014 © Camille Millerand / Divergence
Le personnel du campus qui assure l’entretien des parties communes est reconnaissable à leur blouse orange. Les étudiants les appellent les "guantanamo". Mai 2014.

Voir en ligne : www.camillemillerand.com