"Enjeux et réseaux de l’art à l’époque post-contemporaine"

PROBLEMATIQUES La création artistique au début du 21e siècle connaît des changements rapides, aussi bien concernant les médiums et les formes d’expression que les problématiques et la structure des réseaux. Le symposium, qui se déroulera à Rabat et à Marrakech , interrogera « les enjeux et les réseaux de l’art à l’époque post-contemporaine » .

Les chantiers de la création artistique et culturelle en Afrique du Nord seront au centre de nos travaux. Le travail sur cette « région » implique l’ensemble des rives de la Méditerranée, en correspondance avec la réalité des échanges culturels et les mouvements migratoires humains (y compris ceux qui sont dus aux colonialismes et aux ingérences culturelles !). La définition de la région Maghreb est relative, elle dépend du point de vue et des usages faits de ce terme. L’Afrique du Nord est une vaste zone dans laquelle se croisent des pratiques ancestrales et des expériences hyper actuelles.

Pour développer les travaux sur les enjeux culturels d’Afrique du Nord, il est nécessaire d’interroger ses relations avec « l’Europe », « l’Afrique », « le Proche-Orient » et d’autres régions, comme il est important de mettre la lumière sur l’évolution de la pensée philosophique, des croyances et des convictions. Des valeurs que, nous le savons, sont passées par diverses traductions et interprétations de l’ancienne Égypte à la Grèce, puis à l’Andalousie et au reste de l’Europe...

Plus proche de nous est la question de la modernité. Nous savons que les modernités locales, ou en tout cas les cultures locales à l’époque de la modernité internationale, ont été dominées par le colonialisme. Un fait historique dont les effets sont encore actifs aujourd’hui. La modernité ne serait-elle pas en dialogue avec les modernités ? Le concept d’art et sa perception contemporaine ont eu une histoire « problématique » à l’époque « moderne ».

La circulation, en quelques décennies, des pratiques et des pensées européennes, orientales et africaines se sont confrontées à leurs imaginaires, à leurs traditions et aux tabous de leurs sociétés...

À partir de données historiques, sociales et culturelles, nous invitons les participants à ce Symposium à établir un état des lieux de la création contemporaine dans les contextes de leurs recherches et à en analyser les enjeux. C’est surtout au regard d’expériences immédiates que nous considérons l’émergence d’artistes revendiquant leurs réseaux qui dépassent largement le « territoire » politique et culturel. Nous proposons d’interroger la production intellectuelle qui accompagne les oeuvres et d’en étudier les méthodes. Enfin, et en guise d’introduction aux problématiques que nous souhaitons traiter, nous soumettons l’hypothèse d’un paradigme lié au « Maghreb » et au « Moyen Orient » pour en démontrer la pertinence ou en déconstruire le mythe.

Dans la continuité du colloque « L’œuvre Toujours » (2005) , des rencontres qui ont eu lieu à New York (2007) et dans la perspective d’autres rencontres internationales pour la création contemporaine, nous souhaitons interroger, dans ce Symposium, l’expérience de l’art dans sa dimension la plus impliquée dans les sociétés actuelles, avec leurs différentes références, leurs complicités et leurs conflits. L’époque post-contemporaine pourrait être définie comme étant dominée par l’ingérence et la chute de la démocratie comme valeur. Dans l’art, il s’agit du formatage des échanges internationaux et du développement d’une globalisation qui tend à noyer toute originalité en dehors des effets de modes que le système de l’art crée lui-même. Enfin, le retour des fantômes idéologiques et/ou l’avènement de nouveaux pouvoirs liés à l’énergie et à la science nous conduisent à penser la relation de l’individu aux systèmes sociaux et aux pouvoirs qui le fabriquent. Le monde de l’art n’est pas exclu des enjeux politiques et économiques qui inscrivent inexorablement la production des œuvres dans une logique de vitesse et d’expansion. L’artiste et le commissaire inventent des formes actives et des méthodes coopératives. Ce sont aussi les méthodes d’investissement des œuvres et leur implication dans les sociétés qui seront interrogées dans ce Symposium.

Les axes principaux de ce symposium s’orientent vers la réflexion autour de :

  • L’école, lieu d’informations ou de formations ? Donner des outils d’épanouissement de l’individu et/ou prévoir le développement de l’imaginaire collectif et de la « créativité sociale  ». L’école s’inscrit-elle dans une démarche isolée ou cherche-t-elle déjà à jeter les premiers ponts de la « coopération ». Comment préparer les étudiants aux enjeux coopératifs et au partage des savoirs ? Le workshop, l’expédition comme formes alternatives à l’école «  traditionnelle » de l’art (ESAV…).
  • Réseaux coopératifs et problématiques de l’art contemporain. «  s’effacer – se révéler », l’approche coopérative de l’action culturelle  ; Ce volet sera une plateforme de réflexion et d’ateliers d’échanges pour développer une méthode active et coopérative pour la réalisation des œuvres et de projets à venir. La question de la représentation, aussi bien celle de l’auteur, celle du sujet que celle du public sera approchée au regard d’expériences existantes ou de projets à venir (exemple, SUD, MultiPistes, Coprésences…).
  • Les questions de l’art à l’époque post-contemporaine seront traitées au regard de l’actualité des enjeux et de l’évolution des réseaux de l’art (Biennales, formation et uniformisation des écoles d’art, internationalisation des musées).
  • Une séance spéciale sera consacrée à la création contemporaine actuelle en Afrique du Nord et au Moyen Orient, suite logique des rencontres organisées par le MoMA à New York en avril 2007. Il s’agira notamment de travailler à partir d’œuvres et de différentes expériences curatoriales apparues dans des pays comme le Liban, l’Egypte et la Turquie… Ce quatrième axe de travail à pour objet de lancer des ateliers pour développer des réseaux entre les structures et les professionnels (institutionnels et indépendants).
  • Une programmation vidéo et des ateliers d’échanges sont prévus en parallèle aux rencontres de Rabat et Marrakech.

Liste des participants aux conférences et aux rencontres

Universitaires, commissaires indépendants, artistes, enseignants, chercheurs (liste provisoire) : Larbi Amhamdi, Paul Ardenne, Ami Barak, Klaus Biesenbach, Cécile Bourne, Catherine David, Marilyn Douala Bell, Seamus Farrell, Nina Folkersma, Salah Hassan, Amy Horschak, Latifa Laabissi, Mustapha Laarissa, Faouzi Laatiris, Nadira Laggoune Aklouch, Kamel Lazaar, Goddy Leye, Jay Levenson, Malte Martin, Vincent Melilli Hamdi Ounaina, Didier Schaub, Rachida Triki, Stephen Wright, …

Conseil artistique et scientifique

Catherine David, Commissaire d’expositions ; Mohamed El-Baz, artiste ; Jean-Louis Froment, Commissaire d’expositions ; Salah Hassan, Director and Professor, Africana Studies and Research Center, Cornell University.

PARTENAIRES

  • Avec le soutien généreux de la Fondation Janelly et Jean-René Fourtou, Marrakech.
  • L’appartement 22, Rabat.
  • ENA (Ecole Nationale d’Architecture), Rabat.
  • ESAV (Ecole Supérieur d’Arts Visuels), Marrakech. www.esavmarrakech.com
  • MoMA, New York. www.moma.org
  • Africana Studies and Research Center, Cornell University.
  • Les éditions hors’champs, Fez. www.hors-champs.net
  • SCAC (Ambassade de France au Maroc)
  • S.M.A.K. (Stedelijk Museum voor Actuele Kunst), Gent. www.smak.be

(1) Le terme « post-contemporain » est développé dans une recherche universitaire (intitulée Des œuvres nomades, vers une esthétique « post-contemporaine » ?). D’un point de vue temporel, l’époque internationale de l’art contemporain serait dans la seconde moitié du XXe siècle alors que les questions de la forme de l’art et de son autonomie étaient au centre des propositions artistiques. Par la définition ou la lecture d’une époque post-contemporaine, nous souhaitons formuler l’ouverture des champs esthétique et politique à des pratiques multiples, allant jusqu’à reconnaître une certaine relativité de l’art en fonction des contextes. Ainsi il s’agit de proposer au moins deux angles d’approches (une approche "contextuelle" qui met l’accent sur les Régions Afrique du Nord et Moyen-Orient et une approche critique et conceptuelle qui interrogent les projets artistiques).

(2) Colloque organisé du 27 au 30 avril 2005 à l’Institut Français de Casablanca, dirigé par Abdellah Karroum et coordonné par Sandrine Wymann. Voir la publication « l’œuvre plus que jamais » aux éditions hors’champs, 2005.

(3) Colloque organisé par le MoMA à New York, les 16 et 17 avril, avec la participation de curators et de critiques d’arts qui travaillent sur l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.

| Conférence

Lieu

Photo4

  • France

LA GALERIE PHOTO4

PHOTO4, le nouvel espace de la Galerie Lucie Weill & Seligmann, entièrement consacré à la photographie, a ouvert ses portes en novembre 2006 à l’occasion du vernissage de l’exposition Ralph Gibson "Parcours".

Avant la création de ce nouvel espace, la Galerie Lucie Weill & Seligmann a présenté au cours de ces dernières années, différentes expositions de photographies (Gisèle Freund, Ralph Gibson, Michel Sima, Chaim Kanner...).

INFOS PRATIQUES

Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h.
Tel. 01 43 54 23 03
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Voir en ligne : www.photo4.fr