L’Afrique suspendue, exposition de Thomas Chable

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Youssouf et Bareth, Bobo Dioulasso, Burkina Faso, 1996 © Thomas Chable

L’Afrique suspendue

Odeurs d’Afrique - Brûleur - Site de Lucy

Une exposition de Thomas Chable du 25 septembre au 30 novembre 2008

Il y a quinze ans, Thomas Chable rencontrait l’Afrique pour la première fois. Décrire cette relation entre le photographe et le continent africain, c’est un peu comme raconter l’histoire de deux êtres qui se découvrent. Il faut d’abord prendre tout le temps nécessaire, écouter, parler, sentir, échanger et faire un bout de chemin ensemble. C’est ainsi que se déroulent ses premiers voyages, Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, … durant lesquels il réalise les premières photographies d’Odeurs d’Afrique où transparaissent les saveurs subtiles de la rencontre. Et puis il y a le temps si particulier sur ce territoire, qui ne ressemble à rien que l’on connaisse, qui est « comme un vieil élastique », écrit Thomas Chable, « il s’étire et reprend sa place, repart dans un sens, celui où l’on n’en voit plus le bout, et disparaît. Il n’en reste qu’un ersatz dont on se demande à quoi il tient encore*. » Les photographies de ce premier rendez-vous sont baignées de cette ambiance singulière où l’espace semble aussi indocile que les instants qui passent, quand le cadre glisse vers le hors-champ, s’accroche aux ombres ou à des petits riens fugitifs, découpe les corps pour n’en laisser que des fragments énigmatiques. Après trois années, et « des jours comme ça, à essayer d’attraper la queue du temps… », le projet Odeurs d’Afrique s’achève en 1997.

En 2001, le photographe apporte un nouveau témoignage sur ces populations en partageant avec elles une autre forme d’intimité, celle des Brûleurs. Cette longue enquête dure cinq ans durant lesquels Thomas Chable va accompagner et partager le quotidien des hommes qui abandonnent tout dans l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Depuis la région sub-saharienne, d’où viennent beaucoup d’entre eux, il faut parcourir des milliers de kilomètres et traverser le Sahara pour rejoindre Tanger ou Ceuta, sur la côte marocaine. Ces premiers obstacles franchis, il faut survivre dans des abris de fortune et des hôtels miteux, et tenter le passage clandestin encore et encore. Traverser à nouveau les 500 km du désert marocain, à pied, démuni de tout, quand on est pris par les douaniers, déshabillé et emmené en bus par la police marocaine pour être abandonné à la frontière algérienne. C’est cela « brûler la frontière », risquer pendant des mois, ou des années, la traversée de ce détroit qui fait trois victimes par jour. Mais c’est aussi sacrifier son identité en brûlant ses papiers, car il ne reste comme seule issue que de renaître dans l’exil, sans espoir de retour. Troublantes et émouvantes, ces photographies nous font entrer dans ce monde où le temps n’a plus de repères, où la vie ressemble à un bateau à la dérive, et où les hommes n’ont plus de noms et ne laissent derrière eux que quelques mots gravés sur le fond d’un tiroir dans une chambre d’hôtel, traces dérisoires de leur passage, comme une bouteille à la mer. Aujourd’hui, c’est en Ethiopie, la terre de nos ancêtres à tous, que Thomas Chable a choisi de réaliser le troisième volet de cet essai photographique exceptionnel. Il l’a appelé le site de Lucy, comme un souffle de mémoire qui arrive jusqu’à nous.

Annie-Laure Wanaverbecq * Odeurs d’Afrique, Bruxelles, éditions Contretype/ La lettre volée, 2001.

Thomas Chable est représenté par la Galerie Le Réverbère de Lyon

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| Exposition

Lieu

Maison de la Photographie Robert Doisneau

  • France

En Avril 1992, pour ses quatre-vingts ans, Robert Doisneau donnait son nom à la future Maison de la Photographie de Gentilly, honorant ainsi sa ville natale.

En avril 1996, la Maison était inaugurée avec l’exposition-manifeste « Est-ce ainsi que les hommes vivent… », qui présentait 80 photographes, originaires de 17 pays différents, et couvrait une période allant de 1905 à nos jours. La Maison de la Photographie Robert Doisneau se consacre depuis à une photographie d’inspiration humaniste, en revisitant cette notion et en l’élargissant au-delà des frontières et des époques. Ainsi, depuis plus de dix ans, elle a réalisé de nombreuses expositions inédites de photographes du monde entier sur des thématiques très variées.

Depuis 2001, la Maison de la Photographie Robert Doisneau est également à l’initiative du projet « la Photographie à
l’école » en direction des enfants et des adolescents dont les travaux donnent lieu chaque année à une exposition exceptionnelle.

Enfin, la Maison de la Photographie Robert Doisneau contribue à l’aide à la création en proposant au Fonds Municipal d’Art Contemporain de Gentilly des œuvres de photographes exposés dans ses murs.

Soutenue dès le départ par le Département du Val-de-Marne, la Maison de la Photographie Robert Doisneau est, depuis janvier 2006, un équipement de la Communauté d’Agglomération de Val de Bièvre qui regroupe les villes d’Arcueil, de Cachan, de Fresnes, de Gentilly, de L’Haÿ-les-Roses, du Kremlin-Bicêtre et de Villejuif.

Annie-Laure Wanaverbecq

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1, rue de la division du Général Leclerc 94250 Gentilly

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mercredi et vendredi de 12h à 19h
samedi et dimanche de 14h à 19h
fermée les jours fériés

Voir en ligne : www.maisondelaphotographie-robertdoisneau.fr