Le pouvoir d’une femme - chef Nike Davies-Okundaye

, par Jeanne Mercier



C’est par l’exposition The Power of One Woman/ Le pouvoir d’une femme à la Galerie d’art africain (GAFRA) à Londres que nous avons découvert le travail de la photographe et réalisatrice Joanna Lipper sur l’artiste nigériane de renommée internationale Nike Davies-Okundaye. Cette exposition présente un corpus du travail de cette dernière accompagnée d’une série de photographies de Lipper.

Elle présente en image des portraits des multiples facettes de Nike comme un chef yoruba, fille, mère, femme, artiste, professeur et entrepreneur social. Reconnue pour son travail sur le textile qui mélange pinceaux, encres et aquarelles a révolutionné un art vieux de plus de quarante ans : Adire - un tissu teint à l’indigo produit par les femmes Yoruba du sud-ouest du Nigeria qu’elle revisite à travers des techniques nouvelles et traditionnelles. En engageant des symboles ancestraux pour capturer l’esprit de la vie moderne, chaque symbole incarne un récit - conférant prudence, donnant des conseils ou offrant des louanges. 

Joanna Lipper a photographié chef Nike Davies-Okundaye à Oshogbo au Nigeria, en 2010. Dans ses images, on découvre une série de portraits et scènes illustrant le pouvoir féminin, la résilience, l’intégrité psychique et la foi spirituelle. « Grâce à cette série d’images, je me bats pour éclairer l’engagement de Nike à préserver et à transmettre les croyances traditionnelles yoruba, les techniques de l’art et le vocabulaires visuels à de nouvelles générations, avec sa propre influence internationale, la pensée progressiste quand elle vient à garantir les droits des femmes nigérianes et leur autonomie économique par la pratique de ces formes d’art durable. Mon processus photographique intègre un appareil photo numérique et la création d’une colorimétrie par une technique négative et traditionnelle d’impression en chambre noire ».

Cette série de photographies fait partie d’un projet plus vaste à long terme que l’auteur a commencé, intitulé Women @ Work en Afrique, qui inclue diverses photographies de femmes et fillettes engagées dans de nombreuses activités telles que l’agriculture, la politique, la couture, la cuisine, la mode, la pratique de la religion, des études académiques, l’entrepreneuriat social, l’activisme, la vie de famille, la vie dans la rue et les marchés. Lipper a exposé une autre série faisant partie de ce projet, intitulée "Seaweed Farmers in Zanzibar" (les cultivateurs d’algues au Zanzibar) à la Francisco Arts Commission Gallery, au Musée international de la femme, ainsi qu’au festival Photo de Mer à Vannes et au Forum International des femmes (IWF) à Johannesburg. Actuellement, Lipper échange avec des éditeurs intéressés pour publier la série entière sous forme de livre

A PROPOS DE L’AUTEUR
Joanna Lipper est une réalisatrice, photographe et écrivaine américaine basée à Londres. Son travail de cinéaste documentaire a été soutenu par la Fondation MacArthur, la Fondation Ford, ITVS, Fondation BRITDOC, le Fonds Gucci Tribeca Documentary and Chicken & Egg Pictures. Elle a enseigné à la célèbre université d’ Harvard (Massachusetts) en tant que professeur invité, sur le thème « Utiliser les films pour le changement social » au Département d’Afrique et d’études afro-américaines. Son film le plus récent The Supreme Price est un documentaire long-métrage qui retrace l’évolution du mouvement pro-démocratie au Nigeria et les efforts pour accroître la participation des femmes à la direction. Ce film a remporté le Prix du documentaire pour les femmes Gucci Tribeca Spotlighting , a été nommé meilleur documentaire au Festival international du film d’Afrique et a été nominé pour le prix du film africain de l’Academy Award ainsi que pour le Prix Grierson dans la catégorie meilleur documentaire historique.

EXPOSITION EN COURS
Nike Davies-Okundaye "The Power of One Woman" / une expositon de Joanna Lipper


10 Décembre 2015 - 6 Février 2016

Horaires d’ouverture : Lundi - Vendredi, 10h-6h et samedi, 11 h-5h

Galerie d’art africain (GAFRA), 45 Albemarle Street, Londres W1S 4JL

La station de métro la plus proche : Green Park (lignes Jubilee, Piccadilly et Victoria)

www.gafraart.com
www.joannalipper.com

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Determination © Joanna Lipper- Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
"Je me suis mariée à un homme qui avait quinze femmes etplus de soixante-deux enfants.
Je suis parvenue à en sortir en faisant de la peinture à la main Adire et du tissage . J’ai travaillé. Personne ne m’a créér.Vous devez avoir la détermination" - Nike Davies-Okundaye
Interview par Joanna Lipper
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Power © Joanna Lipper - Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
"Tant de fois les femmes sont trop puissantes pour la famille
alors ils les accusent de mauvaises choses afin de les supprimer.
Lorsque les femmes ont leur propre argent , elles ont une voix. Elles ont le pouvoir."
Nike Davies-Okundaye interview par Joanna Lipper
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Independent © Joanna Lipper - Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
"Mon peuple a besoin de moi pour être un modèle. 
Je partage mes connaissances de l’art traditionnel avec des femmes qui ont pas de voix dans la société.
Je leur transmet les mêmes connaissances que m’ont rendue indépendante". - Nike Davies-Okundaye interview par Joanna Lipper
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Spirit © Joanna Lipper- Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
Après la mort de ma mère et
la mort de ma grand-mère,
ma grand-mère m’ a élevée.
Je n’avais que sept ans la première fois qu’elle m’a amené au bois sacré d’ Oshogbo.
je me suis tout de suite senti comme s’il y avait un véritable esprit intérieur de ce bosquet ...
 Je l’ai dit, "pourquoi m’avez-vous amenée ici ?"
Elle a dit, "cette forêt est un endroit où le peuple Yoruba pratiquent leurs croyances traditionnelles.
Les gens viennent ici et demander ce dont ils ont besoin ". - Nike Davies-Okundaye interview par Joanna Lipper
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Privilege © Joanna Lipper Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
Autrefois je formais les femmes. La police m’a arrêté plus de vingt fois. Ils m’ont enfermée dans une cellule et m’ont accuser de "pratiquer le féminisme américain au Nigeria."
Je leur ai dis : « Non, je ne fais que la formation des femmes pour être auto-suffisante au Nigeria ".
Ils disaient que je ne peux pas le faire à moins d’inclure les hommes. Je leur ai dit, "Je vais former des hommes qui sont moins privilégiés."
Ade est haut de trois pieds . Ses parents voulaient le jeter dans la rivière.
Donc Ade a couru vers moi et a dit, "Mama Nike, aide-moi."
Maintenant il a trente-neuf ans. Il est marié. Il a travaillé dans le centre toutes ces années pour faire de l’art. - Nike Davies-Okundaye
Interview par Joanna Lipper
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Color of Love © Joanna Lipper Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
"L’art traditionnel du adire se meurt. Voilà ce que je suis en train de transmettre aux jeunes générations. 
J’ai eu de nombreuses offres de séjour à l’étranger. Mais je reviens toujours au Nigeria. l’Indigo est la couleur de l’amour". - Nike Davies-Okundaye interview par Joanna Lipper
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Yoruba River Goddess © Joanna Lipper- Courtesy of Gallery of African Art (GAFRA)
Oshogbo, Nigeria, 2010.
"Dans le bois sacré à Oshogbo vous pouvez vous tenir auprès de la rivière
et faire un vœu auprès d’ Osun.
Certaines personnes demandent pour une longue vie,
certaines personnes demandent un bon mari, certaines personnes demandent de l’argent,
certaines personnes demandent une bonne santé ...
Quand j’ étais jeune, je suis restée là et a dit,
"Osun, je voudrais bien avoir des enfants, je serai une mère ...
Si je deviens quelqu’un, je te louerai toujours". - Nike Davies-Okundaye interview par Joanna Lipper

Voir en ligne : www.joannalipper.com