« Marocaines au devant de la scène »

/ Leila Alaoui

Une exposition des photographies de Leila Alaoui à la Villa Zevaco
présentée par l’Institut français de Casablanca.

Du 8 mars au 8 avril 2011, l’Institut français de Casablanca, avec le soutien de L’Oréal Maroc, présente une exposition des photographies de Leila Alaoui, intitulée « Marocaines au devant de la scène » dans la cadre historique de la Villa Zevaco à Casablanca.

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Fettou © Leila Alaoui

Cette jeune photographe de 28 ans, en passe de devenir une des portraitistes les plus affirmées du Maroc, propose une galerie de portraits d’une trentaine d’artistes marocaines. Ces femmes des lettres et des arts, sélectionnées au gré des rencontres, partagent une volonté acharnée de s’exprimer haut et fort : écrivaines, plasticiennes, cinéastes, photographes, stylistes, comédiennes ou musiciennes.

Cette exposition fait écho au livre de Rita El Khayat, « La femme artiste dans le monde arabe », qui paraît prochainement aux Editions de Broca à Paris et sera présenté à la médiathèque de la Mosquée Hassan II le 25 mai 2011.

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Communiqué de Presse - Artistes Marocaines

Villa Zevaco (Chez Paul)
Angle Boulevard d’Anfa et Boulevard Moulay Rachid à Casablanca
Du 8 mars au 8 avril 2011, tous les jours de 8 h à 22 h

Leila ALAOUI | L’art du portrait stylisé

A vingt huit ans, après moult expériences-tâtonnements plus intéressantes les unes que les autres, Leila Alaoui est en passe de devenir la portraitiste photo marocaine la plus affirmée.
Comment définir son travail ? Quelles en sont les principales caractéristiques ? Leila Alaoui a du style. Le terme est compris, ici, aussi bien dans son acception mode que dans son acception littéraire.
Oui, les 28 portraits de Marocaines au devant de la scène que comprend cette exposition partagent tous, malgré des différences d’approches certaines, quelque chose de commun. Une touche, une patte, comme on dit. Un style.

Entrons dans le vif du sujet : Leila Alaoui pratique un portrait esthétisant. Sa démarche s’inscrit ainsi dans la perpétuation d’une veille tradition allant d’un Cecil Beaton à un Richard Avedon en passant par le Robert Frank de The Americans. Quoi de plus frais que la tradition - renouvelée - en ces temps où, en art comme ailleurs, la rupture devient une injonction ?

Regardons. Leila Alaoui nous donne à lire des visages-paysages façon studio. Parfois, il s’agit de portraits en pied, plus rarement d’ombres chinoises et autres silhouettes estompées. Où est la vérité : dans la photo dite volée ou dans la photo minutieusement posée ? Alaoui a définitivement opté pour la seconde option. Et nous approuvons. Comme aurait approuvé, nous nous plaisons à l’imaginer, un certain Cocteau, créateur du fameux mentir-vrai. Lui aussi était mondain. « C’est pour pouvoir rencontrer et connaître des gens intéressants que j’ai accepté cette commande qui vient après une première consacrée à quarante artistes marocains. » (*), avoue Leila Alaoui. « En fait, c’est un excellent moyen de m’insérer dans ce milieu culturel marocain bouillonnant dont j’ai été coupée durant mes huit années passées à New York », explique-t-elle avec cette fausse candeur aujourd’hui en vigueur dans les milieux bobos internationaux.

Un style stylisé, reconnaissable, avons-nous constaté, mais des approches différentes, avons-nous nuancé. « Je vais vers le sujet sans a priori. Je le laisse décider du lieu qui lui convienne. Je veux que la personne se sente bien. Quand le courant passe, la photo est bonne. »
Il y a quelque chose du Jean-Baptiste de Léonard de Vinci dans l’ovale sublimé du visage de la designer Amina Agueznay, autant que dans la perfection du tombé de sa chevelure bouclée. Les portraits de Leila Alaoui sont évidemment retouchés. « Pas tellement les visages, plutôt les fonds. J’élimine les détails, je travaille surtout les contrastes », se justifie l’artiste. Il n’y a vraiment pas de quoi. Encore une fois, nous croyons au mentir-vrai.
Le travail de notre photographe relève souvent d’une surprenante et exquise synthèse entre le roman-photo et la grande peinture. Certes, Leila Alaoui connait et apprécie l’oeuvre de Pierre et Gilles.
Dans le portrait, au contraste très sophistiqué, qu’a fait Leila Alaoui de Lamia Naji, cette autre photographe marocaine, il y a quelque chose de tragiquement hollywoodien, mais également de très Saint-Germain-des-Prés, celui de la Gréco. Un portrait que nous serions tentés de mélodra-matiquement intituler, Femme à la cigarette.

Est-ce, d’ailleurs un hasard si dans cette galerie de 28 femmes marocaines – ayant pour partage une volonté acharnée de s’exprimer haut et sélectionnées au gré des rencontres et des suggestions – figurent pas moins de cinq photographes ? Longtemps la photographie fut le medium pauvre de l’expression artistique au Maroc, comparée aux arts plastiques par exemple. Depuis moins d’une dizaine d’années, nous assistons avec enthousiasme à l’éclosion de toute une génération de photographes marocains dont certains ont d’ores et déjà conquis l’international. Le travail de Leila Alaoui s’inscrit, avec une réelle distinction, dans ce jeune mouvement.
Jamal Boushaba
*40. Photographies Leila Alaoui. Textes Leïla Belabbes. Label CGEM. Avril 2009

| Exposition

Lieu

Villa Zevaco

La Villa Papillon revue par le XXIème siècle.
Cette maison classée du quartier d’Anfa à Casablanca s’est offert en 2004 une nouvelle jeunesse. La Villa Suisse, surnommée "le Papillon", avait été conçue en 1947 par l’architecte Jean-François Zevaco. Remaniée en 2004 par l’architecte australien Andy Martin, elle est devenue un temple de la gastronomie, avec son salon de thé, sa boulangerie, son restaurant et son bar.