Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza

, par Afrique in visu

En plein coeur de Brazzaville, sur les rives du fleuve et sur l’emplacement où les Français construisirent 126 ans auparavant la première maison de la future capitale, le Congo rend un hommage appuyé à son découvreur et colonisateur Pierre Savorgnan de Brazza. Le bâtiment circulaire de facture néoclassique mêle marbre et verre teinté, arbore colonnes et fronton, il est coiffé d’une coupole de 12 m de diamètre. Le hall qui sert de lieu d’exposition est orné d’une fresque de 15 m de largeur retraçant le parcours de De Brazza au Congo. Une crypte abrite les dépouilles de l’explorateur et de sa famille. Celui qui disait souvent que « l’Afrique aurait sa vie » arrive au terminus qu’il appelait de ses voeux après avoir reposé en Algérie. Le projet est né d’une demande et du rapprochement de Detalmo Pirzio Biroli, petit neveu de De Brazza, et des autorités congolaises. On peut voir, sur la plaque du mémorial, le vénérable descendant déguisé en explorateur flanqué de Gaston Ngouayoulou, XVIe roi des Batéké, rejouer la rencontre fondatrice entre de Brazza et le roi Makoko. La mise en oeuvre du mémorial et d’un transfert des cendres de l’explorateur prend rapidement forme. La première pierre est posée en 2005 par Sassou-Nguesso, Omar Bongo et Jacques Chirac, le mémorial est inauguré en 2006. Il fut d’abord accueilli par une volée de bois vert : dépense somptuaire, honneur fait au colonisateur, mais aussi dans un pays ou magie et religieux irriguent le quotidien, temple maçonnique, lieu de cérémonies occultes… Ce qui est sûr c’est que le mémorial fut boudé par la population. Puis d’expositions en efforts pédagogiques de la part de la fondation qui le gère, de visites d’écoles en articles dans la presse, le lieu trouva sa place dans l’activité du centre brazzavillois. La polémique est aujourd’hui apaisée. Reste que dans un pays sans musée national, où la route des esclaves est signalée par la première pierre d’un monument jamais construit, presque sans lieu de mémoire, qu’elle soit coloniale ou non, le clinquant édifice peut, sur le fond et la forme, poser question. Les autorités congolaises ne semblent pas insensibles à ce constat, et promesse a été faite que ce mausolée n’est que le premier module d’un complexe culturel incluant une grande bibliothèque, un musée regroupant les vestiges des explorations de De Brazza, un musée national, un amphithéâtre. Le projet est à l’étude.

INFOS PRATIQUES

- ADRESSE
Avenue Felix Eboué
à côté de la mairie de Brazzaville
BRAZZAVILLE
Congo Brazzaville

Voir en ligne : www.ambbrazzaville.esteri.it