My Joburg

/ Exposition collective

My Joburg s’inscrit dans un cycle d’expositions que la maison rouge consacre aux scènes artistiques de villes dites « périphériques », cycle initié à l’été 2011 avec la ville de Winnipeg dans le Manitoba au Canada. L’exposition présentera un panorama de la scène artistique de Johannesburg, en mettant plus particulièrement l’accent sur une jeune génération d’artistes, encore largement méconnue en France.
Johannesburg, couramment appelée par ses habitants Joburg ou Jozi, mégalopole de plus de 6 millions d’habitants avec ses townships environnants dont le plus connu, Soweto, compte à lui seul presque 2,5 millions d’habitants, se révèle comme une « métropole insaisissable », selon l’expression de l’historien et che
rcheur en sciences sociales, Achille Mbembe.

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Jodi Bieber, Orlando West Swimming Pool, Orlando West, Soweto , 2009

Une communauté artistique féconde, rassemblant peintres, photographes, vidéastes et plasticiens, s’y est développée. A travers ses travaux, elle décrit une ville en pleine mutation, chargée d’histoire sociale, politique, urbaine. Le projet de cette exposition est de tenter d’en capter certaines facettes. Sans prétention d’exhaustivité, mais avec leur regard neuf et curieux, Paula Aisemberg et Antoine de Galbert, respectivement directrice et président de La maison rouge, ont choisi pour construire l’exposition et le catalogue qui l’accompagnera, de s’entourer des protagonistes et spécialistes de la scène artistique de Johannesburg que sont Nechama Brodie, Dorothée Kreuzfeldt, John Fleetwood, Bettina Malcomess, Molemo Moiloa et Sean O’Toole.

Ville tentaculaire et cosmopolite, Johannesburg est composée d’un maillage de districts hétéroclites : des quartiers « branchés », comme Melville, avec ses multiples restaurants, bars et boutiques « vintage », ou Sandton, à l’aspect de ville nouvelle avec ses résidences gardées et ses gigantesques galeries marchandes construites à la fin des années 1990, aux townships où règne une misère et une criminalité que les vingt années de démocratie de la nouvelle Afrique du Sud ne sont parvenues à endiguer. L’injustice sociale n’a pas disparu avec l’Apartheid supprimée en 1994, et la tâche semble immense dans le domaine politique et social pour que toutes les voix soient entendues.

La ville poursuit pourtant sa mue. Des habitants se sont déplacés transformant certains quartiers, comme le centre ville autrefois déserté, en des zones fréque
ntées, parfois à la mode (comme Arts on Main) ; des migrants originaires des pays limitrophes comme le Zimbabwe ou le Mozambique, s’y sont installés.
Cette disparité urbaine et sociale est prise à bras le corps par nombre d’artistes qui, selon leur âge, leurs origines, leurs mediums rendent compte différemment de ces problématiques et essaient de saisir les changements de leur pays et de leur ville.

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Zanele Muholi, Asanda Mbali, Nyanga East,Cape Town , 2011

L’activité artistique connaît aujourd’hui un réel dynamisme soutenu par un réseau actif de structures privées et publiques.

Des galeries d’art diffusent le travail des artistes sud-africains hors du pays et du continent africain, notamment à travers les foires auxquelles elles participent.
A Johannesburg, la Joburg Art Fair, foire d’art contemporain organisée chaque année, est devenue un lieu de référence en Afrique pour les spécialistes. Des entreprises privées soutiennent aussi les artistes à travers leurs achats, commandes et attributions de prix. Les institutions publiques ou semi-publiques, comme le musée de la ville, la Johannesburg Art Gallery, ou le nouveau mu
sée WITS de l’université du Witwatersrand, en plein centre de Johannesburg participent du même élan. Des collectifs d’artistes et des associations à but non lucratif, comme le Center for historical re-enactments, la Trinity Session, la Bag factory, ou encore l’August house, se sont créés en quelques années renforçant le réseau artistique de la ville. Un enseignement d’art et d’histoire de l’art de qualité dispensé dans plusieurs universités de Johannesburg laisse présager la constitution d’un terreau fertile pour l’avenir artistique de la ville.
Aujourd’hui Johannesburg occupe une place essentielle pour l’art contemporain africain.

L’exposition rendra compte de la diversité et de la richesse de sa création artistique en dévoilant les récentes créations de plus de 40 artistes couvrant les trois dernières générations Joburgeoises.
Ce parcours sera complété par des propositions d’acteurs du milieu artistique de Johannesburg. Ont ainsi été invitées Bettina Malcomess, commissaire indépendant
e, et Dorothee Kreuzfeldt, artiste, qui proposent un accrochage en écho à leur ouvrage NOT UTOPIA (à paraître en avril 2013) – une vision très personnelle de leur ville.
Une salle sera aussi confiée au Market Photo Workshop, fameuse école de photographie de Johannesburg fondée en 1989, entre autres, par David Goldblatt et dirigée aujourd’hui par John Fleetwood dans laquelle sera exposée une sélection de travaux réalisés ces dernières années par les photographes qui y ont étudié.
Tout au long de son ouverture, l’exposition sera ponctuée de nombreux évènements. Artistes, commissaires et critiques de Johannesburg, ont été invités par La maison rouge à décrire leur ville et commenter l’activité artistique qui s’y déploie. Le programme des manifestations (conférences, concerts, performances) sera consultable sur le site Internet de la fondation : www.lamaisonrouge.org

Les artistes

Jane Alexander, Wayne Barker, Jodi Bieber, Dineo Seshee Bopape, Willem Boshoff, Candice Breitz, Kudzanai Chiurai, Steven Cohen, Delphine DeBlic, Paul Emmanuel, Kendell Geers, David Goldblatt, Simon Gush, Nicholas Hlobo, Stephen Hobbs, William
Kentridge, David Koloane, Dorothee Kreutzfeldt, Donna Kukama, Moshekwa Langa, Lawrence Lemaoana, Winston Luthuli, Zen Marie, Gerardt Marx, Titus Matiyane, Sabelo Mlangeni, Nandipha Mntambo, Santu Mofokeng, Zanele Muholi, Brett Murray,
Marcus Neustetter, Sam Nhlengethwa, Serge Alain Nitegeka, Jo Ractliffe, Robin Rhode, Tracey Rose, Johannes Segogela, Mary Sibande, Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse Guy Tillim, Andrew Tshabangu, Kemang Wa-Lehurele, Sue Williamson, Billie Zangewa.

Les artistes du Market Photo Workshop

Akona Kenqu, Mack Magagane, Thabiso Sekgala, Musa Nxumalo, Chris Stamatiou, Matthew Kay, Jerry Gaegane, Lebohang Kganye, Dahlia Maubane, Romaen Tiffin, Madoda Mkhobeni

Scénographies Urbaines

Le projet des Scénographies Urbaines a pour enjeu d’interroger les complexités et les changements des villes contemporaines dans le monde. C’est en observant les pratiques quotidiennes dans un espace donné, en vivant et travaillant dans ce territoire, en construisant des relations avec les communautés locales et en partageant des expériences que se structurent les projets des artistes participant aux résidences. Les Scénographies Urbaines de Johannesburg sont nourries par un cadre conceptuel construit à partir du quartier de Doornfontein au centre-ville et de ses liens avec le reste du monde.
Le projet a été co-réalisé entre Paris et Johannesburg par ScU2 (Jean-Christophe Lanquetin & François Duconseille) et the Joubert Park Project (Joseph Gaylard & Dorothee Kreutzfeldt). La résidence de quatre semaines a réuni au Drill Hall et dans ses alentours, de février à mars 2009, 23 artistes visuels, performers et écrivains ainsi qu’une compagnie et une école de théâtre et a débouché sur cinq journées de présentations publiques dans les espaces publics du quartier. Une vidéo, présentée dans l’exposition, rend compte d’une sélection de ces propositions artistiques (Donna Kukama, Zen Marie, Ingrid Mwangi Robert Hutter).
www.eternalnetwork.org/scenographiesurbainescatalogue de l’exposition

Catalogue de l’exposition
A l’occasion de l’exposition, un catalogue sera édité sous la forme d’un guide de voyage, rassemblant une équipe d’experts, historiens de la ville et cri
tiques d’art, qui exploreront la richesse et la spécificité de cette scène.
Auteurs : Nechama Brodie, John Fleetwood, Dorothee Kreutzfeldt et Bettina Malcomess, Molemo Moiloa, Sean O’Toole, Ivan Vladislavic.

| Exposition

Lieu

La Maison Rouge

La maison rouge, fondation privée reconnue d’utilité publique, a ouvert ses portes en juin 2004 à Paris. Elle a été créée pour promouvoir la création contemporaine en organisant, au rythme de trois par an, des expositions temporaires, monographiques ou thématiques, confiées pour certaines à des commissaires indépendants.
Si la maison rouge ne conserve pas la collection de son fondateur, Antoine de Galbert, amateur d’art engagé sur la scène artistique française, elle est imprégnée par sa personnalité et sa démarche de collectionneur. Ainsi depuis l’exposition inaugurale, L’intime, le collectionneur derrière la porte (2004), la maison rouge poursuit une programmation d’expositions sur la collection privée et les problématiques qu’elle soulève.

INFOS PRATIQUES

ADRESSE
la maison rouge
fondation antoine de galbert
10 bd de la bastille – 75012 Paris

CONTACT
info@lamaisonrouge.org
t : +33 (0)1 40 01 08 81

HORAIRES
Du mercredi au dimanche
de 11h à 19h.
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

Voir en ligne : www.lamaisonrouge.org