Nassim Rouchiche "ça va waka" Le quotidien des Rencontres de Bamako vu par Claire Nini

, par Claire Nini

En mars 2015, le photographe franco-algérien Bruno Boudjelal a donné un atelier à Alger à 16 photographes algériens qui ont tous travaillé sur le thème de la Biennale africaine de la photographie 2015 : Telling Time.
Parmi ces seize jeunes talents, trois d’entre eux ont été sélectionnés pour participer à la 10ème édition des Rencontres de Bamako.

Photographe autodidacte né en 1977, Nassim Rouchiche, est l’un des trois finalistes.
Pour la 10ème édition des Rencontres de Bamako / Biennale africaine de la photographie, il présente au Musée National du Mali sa série en noir et blanc "ça va waka" que l’on peut traduire en franglais par "ça va aller", titre paradoxalement plein d’espoir…
Ce qui frappe d’emblée le regard , ce sont ces silhouettes en transparence qui occupent l’espace par leur présence-absence.
Nassim Rouchiche nous plonge dans le quotidien des occupants clandestins d’un immeuble algérois, questionnant ainsi la place de ces africains dans la société algérienne, et traitant la question même du temps en prenant des sujets pour qui le temps est complètement inversé.
Tous ces invisibles vivent la nuit, dorment le jour, afin d’être le plus discrets possible et que personne ne puisse soupçonner leur existence qu’ils enfouissent dans les caves de cet immeuble .
L’appréhension du temps dans les photographies de Nassim Rouchiche est d’une justesse remarquable, on sent l’urgence et l’attente, la précarité de la situation qui peut basculer d’un moment à l’autre.
Les sujets photographiés nous racontent leur perception du temps, synonyme d’anxiété du fait de la non-certitude d’être encore là demain. Mais le reportage n’est pas pour autant misérabiliste, d’où le génie de Nassim Rouchiche, qui arrive à traiter un sujet extrêmement politique de façon esthétique et poétique.
La présence humaine est effacée, mais on en devine tout de même les contours.
L’effacement comme la trace de leur passage.
Sont- ils encore là ? Sont- ils déjà repartis ?
La poésie est dans la transparence de leur éphémèrité : un jour là et le lendemain déjà disparus …
Disparus du pays, du paysage, des photographies ...
Cet effacement partiel est la métaphore même de leur existence : être là sans y être … Exister dans l’ombre, vivre dans l’obscurité , se cacher, dissimuler sa présence,… vivre dans la discrétion jusqu’à l’éclipsement, la disparition totale...

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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche
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Ça va waka © Nassim Rouchiche