Partis les mains vides - exposition de Philip Poupin

PARTIS LES MAINS VIDES

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© Philip Poupin

Populations en fuite au Kivu (République Démocratique du Congo)

Du 10 mars au 17 avril 2009

Vernissage le mardi 10 mars à 18h30

en présence du photographe PHILIP POUPIN qui sera également présent à Confluences le mercredi 11 mars

La série de photographies réalisées par Philip Poupin parle de l’interminable fuite des populations congolaises du Kivu dans le conflit qui oppose les rebelles Tutsis à l’armée gouvernementale de la République Démocratique du Congo et ses milices.

PARTIS LES MAINS VIDES

« Le Congo mendie avec un gobelet rempli à moitié d’or dans la main ». Le Père George s’amuse de ce calembour sur le contraste entre la pauvreté des congolais et la richesse de leur sous-sol, entendu ça et là dans les riches provinces minières de l’Est du Congo : là même où la guerre dure depuis une dizaine d’années. Aucun sarcasme dans l’esprit du religieux qui a quitté voilà plus de vingt ans sa Pologne natale pour servir Dieu en Afrique centrale. Le Père George est seulement un éternel optimiste et préfère mettre un peu de légèreté dans son discours. Ils n’en dénoncent pas moins les inégalités économiques, le fanatisme ethnique et le désintérêt volontaire des pays occidentaux qui sont les ferments du conflit.

Son sourire s’effacera vite ce matin alors que nous échangeons sur l’escalier du dortoir où logent les gens de passage. Une rumeur coure que des miliciens Maï Maï se battent à moins de dix kilomètres de la paroisse dans laquelle je me suis installé pour quelques jours. J’avais pour plan de m’y reposer après avoir suivi quelques combats violents. Les pires auxquels j’ai assisté depuis que j’ai commencé ce métier de reporter il y a cinq ans. La guerre me suit, il semblerait. Cela fait environ quinze jours que je m’escrime à voyager de villes en villages afin de photographier l’interminable fuite des congolais du Kivu, l’une de ces régions ensanglantées du Congo où l’or, le coltan, la cassitérite et autres matières premières disputées sur les marchés internationaux, a plus de valeur que la vie. Ces luttes pour l’argent -le pouvoir- y réactivent de vieilles querelles entre Bantou et Nilotiques, entre Tutsis et Hutus. Le spectre du génocide au Rwanda est bien vivant.

C’est certainement la crainte que de telles atrocités aient de nouveau lieu qui amènera plusieurs journalistes à remettre les pieds dans les régions humides des Grands Lacs à l’automne 2008. Lorsqu’un quart de million de personnes s’est retrouvé à prendre la route, laissant tout derrière eux, nous nous sommes dits « et si..? »

Cela faisait depuis septembre que je lisais des dépêches sur le Congo, les déplacés fuyant les combats se comptaient par dizaines de milliers. Mais, ce ne sera que fin octobre que j’aurai le feu vert (un financement en clair) pour enfin aller voir ce qui se passe dans les collines verdoyantes du Kivu.

Dans la précipitation du départ, j’appelle un de mes amis, Paul Moreira, documentariste, qui s’est rendu au Kivu quelques mois auparavant. Lui est sur le départ également, il part en reportage en Afghanistan. Je viens d’y passer une partie de mon été. Nous nous amusons de cette situation, double passation de témoin en quelque sorte. Il est ravi que je puisse me rendre au Congo. Le sort des populations congolaises l’a particulièrement touché. « Le Congo est le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale » lance-t-il au cours de notre conversation téléphonique. Je fais semblant de ne pas découvrir ce fait, honteux de ne pas être au courant. Une réalité que chacun devrait connaître.

Ce reportage sera suivi par un autre voyage, avec pour but une série d’images sur les petites mains qui extraient les matières premières qui se retrouvent ensuite aussi bien dans les téléphones portables (coltan) qu’aux doigts des riches personnes (l’or). J’attends le feu vert...

PHILIP POUPIN

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| Exposition

Lieu

Festival de l’Oh !

  • France

Voir en ligne : http://festival-oh.cg94.fr