PhotoMed 2012

/ Exposition collective

Festival de découvertes et de redécouvertes, Photomed a, pour sa deuxième édition, choisi comme pays invité le Maroc et, comme invité d’honneur, l’Italien Massimo Vitali. Encore peu connue du grand public, la création photographique marocaine regroupe des photographes qui, souvent partagés entre deux rives, s’interrogent sur leur identité. Cette sélection, confiée à Mouna Mekouar, se présente comme un « voyage qui met en balance le proche et le lointain, le privé et le public, l’intime et l’étranger ». Des photographes confirmés, comme Daoud Aoulad-Syad, voisinent avec de jeunes artistes jamais exposés en France, comme Mehdi Chafik, Yasmine Laraqui ou Amza Halloubi. Tous témoignent de la vitalité et de la créativité d’une photographie dont les sujets à fortes résonances locales n’en rejoignent pas moins les grands thèmes et préoccupations d’aujourd’hui. En contrepoint, le regard de Scarlett Coten sur le Maroc actuel, ou de Gérard Rondeau sur les traces de Delacroix, privilégie une approche personnelle, et nous fait découvrir, au delà des clichés, les rémanences du passé dans une société en pleine mutation. C’est au Maroc qu’a commencé l’aventure du « Plus beau jour de ma jeunesse » qui devait conduire Bernard Faucon dans 25 villes au monde. Dans un nouvel « editing » de ce travail, Bernard Faucon nous invite à partager les rêves d’adolescentes et adolescents, qui, d’Essaouira à Istanbul en passant par Damas, ont vécu et photographié une journée d’exception.

Comme toujours en Méditerranée, le rêve se mêle souvent aux mythes ancestraux. Massimo Cristaldi relève les traces du passé à travers les petites chapelles oubliées, au détour des routes de Sicile, et le monde de Martine Voyeux est résolument « peuplé de légendes, de mythes et de personnages oniriques » : Séville, Grenade, Tanger, Bethléem ou Naples sont des espaces où se métissent les cultures les plus diverses. Chez Nermine Hammam, figure emblématique de la scène artistique égyptienne, des images iconiques font défiler dans un joyeux mélange, Bonaparte, Frida Kahlo, Johnny Weissmuller, Marlene Dietrich… Loin d’être de
simples chromos, ces icônes modernes nous invitent à réfléchir sur les idéologies que véhiculent les images et nous renvoient à une réalité sociale et politique, comme ces figures de jeunes soldats du « Printemps Arabe » en Egypte qui se détachent sur les arrières plans idylliques de cartes postales anciennes. Mais si le voyage charrie l’imaginaire et les archétypes d’une société, il fait surgir aussi les figures du réel. Les trois photographes grecs
envoyés au Moyen Orient par le musée de la photographie de
Thessalonique, (Athina Kazolea, Dimitris Koilalous et Paris
Petridis
) nous révèlent, à travers l’architecture urbaine, le poids de l’histoire et son cortège d’espoirs et de souffrances. Au Liban, en Palestine, en Israël ou en Egypte chacun d’eux traque les signes d’un passé révolu dans un présent déchiré par les conflits incessants.

A l’image de cette Méditerranée de contrastes et de tensions se superposent toujours dans l’inconscient collectif les charmes du voyage en Orient, ou ceux d’un passé enchanteur. C’est la Riviera des stars photographiées par Walter Carone ou encore la Côte d’Azur de la première moitié du XXème siècle vue par Jacques Henri Lartigue avec ses automobiles, ses compétitions de ski-nautique et ses célébrités du monde littéraire, artistique ou politique : Sacha Guitry, Picasso, J.F. Kennedy… Cette exposition proposée par la Fondation Jacques Henri Lartigue, spécialement revue pour Photomed à Sanary, touchera sans aucun doute le coeur du public le plus large que la découverte extraordinaire de Jean Fontana ne manquera pas également de passionner et d’interpeller. Révélé, documents irréfutables à l’appui, par Joan Fontcuberta, le fossile d’une sirène, mis à jour au cours de fouilles
subaquatiques à Sanary-sur-Mer, est un « scoop » sans précédent
dont le festival Photomed a su s’assurer la primeur.

Que serait cependant une Méditerranée en noir et blanc, sans ses
couleurs ? Invité d’honneur du festival, Massimo Vitali le sait qui, en
coloriste raffiné, peint une région trop souvent hélas ! livrée à la
grisaille du béton. Ses dernières œuvres récemment exposées à
Londres, à la fois étranges et séduisantes, reprennent ses thèmes
de prédilection : le littoral, les activités balnéaires, les plages. A l’Hôtel des Arts de Toulon, la rétrospective de Joel Meyerowitz est une ode à la couleur. Tout en offrant un florilège de ses images inédites sur la Provence, l’exposition retrace l’itinéraire de ce grand précurseur - dont le livre en couleur « Cape Light » (publié en 1979) a fait date dans l’histoire de la photographie - . Centré à Sanary, mais prolongé à Bendor, Bandol et Toulon, le festival Photomed fait également une place aux photographes
installés dans la région varoise (Catherine Marcogliese, Béatrice
Mermet
, Alain Sauvan, Michel Eisenlohr, Michel Lecoq, Guillaume Rivière), ou de passage, comme Bernard Plossu qui nous offre l’album souvenir de sa rencontre avec l’architecte Rudy Ricciotti.

Des projections, des stages et des lectures de portfolio complètent
ce panorama de découvertes et d’inédits qui constituent la trame
de cette deuxième édition.
Partagée entre mythe, rêve et réalité, la photographie en
Méditerranée reste, plus que jamais comme le roman, « un
fabuleux miroir qu’on promène le long d’une grande route ».

| Exposition, Festival

Lieu

PhotoMed

INFORMATIONS PRATIQUES

- ADRESSE
11, rue Gabriel Péri
83110 Sanary-sur-Mer

- CONTACT
contact@festivalphotomed.com

Voir en ligne : www.festivalphotomed.com