Photoquai 2011 : 3ème Biennale des images du monde

/ Exposition collective

Direction artistique : Françoise Huguier
Scénographie : Patrick Jouin

LE BRUIT DU MONDE
Richard Avedon disait du portrait : « le moment où une émotion est transformée en une photographie ce n’est plus une émotion mais une opinion. Toute photographie est exacte, aucune d’elle n’est la vérité. »
Cette citation peut s’appliquer à toute œuvre photographique. Aussi pour cette 3e biennale de PHOTOQUAI j’ai voulu montrer des vérités et non pas une vérité.
Je propose un voyage à travers les obsessions, les fantasmes des photographes et leurs visions de la société.
Le photographe a une distanciation par rapport au sujet qu’il traite, ce qui fait que son regard ne manque pas d’ironie ou de dérision. Heinrich Wöl fflin écrivait : « A
voir autrement, on voit autre chose »*.

Certains s’expriment par une photographie du réel, d’autres le mettent en scène, d’autres encore le conceptualisent. Ces visions transversales de la photographie contemporaine vont nous rapprocher de mondes qui vont à l’encontre de la globalisation, explicites dans leurs différences et leur possible étrangeté.

PHOTOQUAI est aussi un voyage nourri du regard des photographes sur leur société et sur une autre culture que la leur. Ils sont pour nous des veilleurs, des gardiens, nous empêchant de nous endormir.

Il était important pour moi que la recherche des oeuvres se fasse en étroite collaboration avec les commissaires pour donner à voir d’une part des artistes émergents, d’autre part des artistes n’ayant pas l’opportunité d’être diffusés. Bien sûr il y avait la possibilité offerte par internet mais rien ne vaut une recherche plus profonde dans différents pays pour en sonder le subconscient. La rencontre des photographes chez eux, dans leur contexte, permet de dépasser notre confort intellectuel d’Occidental qui nous empêche
trop souvent d’aller regarder ailleurs.

Cette curiosité active nous force à comprendre l’inspiration et les conditions de réalisation de l’œuvre d’un photographe, et comment celui-ci se situe dans les problématiques de son environnement.
Ainsi Khee Teik Pang en Malaisie met en scène dans son œuvre la censure de l’homosexualité, et Charles Lim, transgresse les codes rigides de la société singapourienne.
La recherche in situ à Cuba nous montre le renouveau photographique d’une société en questionnement et en pleine mutation, ancrée dans une politique culturelle héritée de la révolution.
Le Marocain Hassan Hajjaj se joue avec humour des références et des stéréotypes orientalistes pour questionner et confronter, derrière le voile du superficiel, les codes et les usages de la société de consommation occidentale.
A Bahreïn, pendant que la révolution gronde, la « promenade » de Camille Zakharia donne à voir le déclin d’une civilisation de la mer balayée par un urbanisme sans retenue.
Parfois deux artistes aux antipodes géographiques et culturels se rencontrent autour de la souffrance d’une jeunesse victime d’une société où elle n’a pas le droit de s’exprimer : reportage sur l’automutilation des jeunes filles au Japon par Kosuke Okahara et mise en scène du suicide d’un adolescent en Afrique du Sud par Mack Magagane.

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© Christian Tundula © musée du quai Branly, Photoquai 2011

Cette recherche au contact des artistes nous permet aussi de connaître leurs conditions de travail et de diffusion de leur œuvre. Bien que certains restent attachés à l’argentique, l’arrivée du numérique n’a pas tari l’envie de s’exprimer, au contraire. Cette dualité touche tous les photographes de près. Je me suis refusée à
prendre parti dans ce débat pour me concentrer sur la créativité et son résultat.

Malgré la censure, l’autocensure ou le manque de moyens, j’ai été moi-même étonnée en allant à la rencontre des artistes dans différents pays, de voir tant de vitalité, d’inventivité et de profusion photographique. Une des idées fortes de cette 3e biennale était d’insister sur des régions du monde peu prospectées et peu vues : Cuba, Asie du Sud-Est, Afrique de l’Est...

En Tanzanie, pays à l’écart des circuits photographiques, j’ai découvert une effervescence créative à Daar Es Salaam, avec notamment Mwanzo Millinga et Sameer Kermalli ; en Inde nous avons pris le parti d’une photographie très éloignée de l’influence occidentale et pour la Russie, à l’image du cinéma d’Alexei German, une inspiration photographique allant de la poésie à la violence.

Pour faire rupture avec les deux premières biennales, la troisième investit les jardins du musée, qui sera un parcours initiatique plus intime où la multiplicité des regards invite à la découverte de l’autre comme un autre soi-même. Sur les quais nous avons réduit le nombre d’artistes exposés, de façon à donner plus de
visibilité à leur œuvre, avec un système d’accrochage en modules, comme les pages d’un grand livre d’images.
Comme l’ont espéré ses fondateurs, PHOTOQUAI 2011 se fait l’écho de la créativité, non pas de la « sono mondiale », mais de la « photo mondiale ».

Françoise Huguier, Directrice artistique de PHOTOQUAI 2011

| Biennale, Exposition

Lieu

Musée du Quai Branly

  • France
  • Musée

un nouveau musée…

Au cœur du Paris des musées, voisin du Louvre et du musée du quai d’Orsay, à quelques minutes des Grand et Petit Palais, du Palais de Tokyo et du musée d’art moderne de la Ville de Paris, le musée du quai Branly occupe un site exceptionnel sur les rives de la Seine, au pied de la tour Eiffel. Les arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et d’Amérique s’inscrivent dorénavant au centre du grand circuit historique et artistique de la capitale. Le musée du quai Branly est un établissement culturel novateur : à la fois musée, centre d’enseignement et de recherche, et espace à vivre pour les publics. Construit sur l’un des derniers terrains disponibles au cœur de Paris, le concept architectural de ce projet original est signé par Jean Nouvel.

la recherche et la coopération internationale

Le musée du quai Branly est aussi un centre de recherche : lieu de rencontre entre le monde universitaire et le monde du musée, il permet aux chercheurs et aux conservateurs de travailler ensemble. La raison d’être de la Recherche au musée du quai Branly : doter les collections d’un instrument scientifique efficace. Il s’agit ainsi d’associer chercheurs français et étrangers, d’accueillir des chercheurs « pensionnaires » pour 4 ans, ou de mettre des salles de cours et des bureaux à la disposition des enseignants. La Recherche au musée est placée sous le signe d’une interdisciplinarité renouvelée, associant l’anthropologie, l’archéologie, la linguistique et l’histoire, ainsi que l’histoire de l’art et l’esthétique. Une politique d’entraide et de coopération scientifique s’établit avec les pays des quatre continents d’origine des objets. Le musée du quai Branly conduit aussi des opérations de protection et de sauvetage patrimonial sur le terrain.
invention d’une institution, histoire de ses collections

un musée pour les arts non occidentaux

Les arts non occidentaux ont acquis au cours du XXe siècle une place capitale dans les collections des musées : cette évolution s’est faite notamment grâce aux artistes fauves et cubistes, sous l’impulsion d’écrivains et de critiques, d’Apollinaire à Malraux, et dans le sillage des travaux de grands anthropologues comme Claude Lévi-Strauss. L’idée d’ouvrir, à Paris en 2006, un musée entièrement consacré aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique matérialise une belle ambition : permettre la diversité des regards sur les objets, de l’ethnologie à l’histoire de l’art, et reconnaître officiellement la place qu’occupent les civilisations et le patrimoine de peuples parfois tenus à l’écart de la culture actuelle de la planète. Placé sous le haut patronage de l’Unesco, le musée du quai Branly a déjà recueilli l’adhésion enthousiaste de plus de 3,5 millions de visiteurs au pavillon des Sessions, son « antenne » au musée du Louvre depuis 2000.

histoire des collections

Après des années de dispersion et de difficultés, il était nécessaire de faire découvrir les précieuses collections réunies en France depuis cinq siècles : le musée en porte désormais la responsabilité vis-à-vis de son public national et international, comme auprès des personnes des pays d’origine. La collection comporte environ 300 000 objets, qui proviennent en majorité du musée de l’Homme (250 000 objets du laboratoire d’ethnologie) et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (25 000 objets). D’octobre 2001 à l’ouverture en juin 2006, lors d’un grand chantier de conservation préventive, ces objets ont été rapprochés de leurs fiches d’inventaire, dépoussiérés, photographiés, numérisés et stockés. Parallèlement, une politique ambitieuse d’acquisitions s’est engagée dès 1997. La collection est organisée par aires géographiques : Afrique, Amérique, Asie et Océanie. Elle abrite aussi des fonds transverses sur le plan géographique (collection d’instruments de musique, collection Histoire, collection de textiles), et un exceptionnel fonds photographique. Le plateau des collections expose 3 500 objets des quatre continents. Il est traversé côté ouest par la tour Musique, grande tour de verre qui, de haut en bas du bâtiment (sur 5 niveaux), conserve 8 700 instruments de musique. Au-delà de la sculpture qui fait régner partout sa puissance plastique et sa variété formelle, trois domaines montrent combien l’art est toujours présent dans le quotidien : la musique, les textiles et l’orfèvrerie.

un nouveau musée : le bâtiment

Conçu par Jean Nouvel, architecte - à Paris- de l’Institut du monde arabe (avec Architecture Studio) et de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, le bâtiment du musée du quai Branly ressemble à une longue passerelle, en partie habillée de bois, qui s’étend au milieu des arbres. Dissimulé à la vue par une végétation dense, protégé de la rumeur des quais par une palissade de verre, le musée ne s’offre que progressivement au visiteur, devenu explorateur. Celui-ci doit traverser, pour y parvenir, un jardin vallonné conçu à l’image de végétations indisciplinées et lointaines. Dans ce bâtiment juché sur pilotis, tout est courbe, fluide, transparent, mystérieux et, surtout, chaleureux. L’ensemble architectural se développe sur cinq niveaux couronnés par une large terrasse, offrant une vue saisissante sur la tour Eiffel et Paris. À l’intérieur du musée, des parois de verre remplacent les vitrines : les effets de transparence et le fond naturel constitué par les arbres laissent toute liberté au regard. Des « boîtes » suspendues, bien visibles de l’extérieur, permettent d’entrer plus avant dans l’identité d’un peuple ou d’une culture en réunissant des œuvres de même origine. Outre les espaces dédiés aux collections permanentes, et les plateaux aux formes souples réservés aux expositions internationales, le bâtiment abrite aussi d’importantes réserves ouvertes aux chercheurs, une médiathèque, des salles de cours et de conférences, et un théâtre qui s’ouvre, l’été, sur « l’amphithéâtre de verdure » du jardin.

Contacts presse

- Nathalie Mercier, directeur de la communication - Tél. : 33(0)1 56 61 70 20 - nathalie.mercier@quaibranly.fr

- Magalie Vernet, chargée des relations médias - Tél. : 33(0)1 56 61 52 87 - mve@quaibranly.fr

Voir en ligne : www.quaibranly.fr