Pieter Hugo et Roger Ballen à l’Elysée de Lausane

/ Pieter Hugo, Roger Ballen

Pieter Hugo

This Must Be The Place
Du 8 juin au 2 septembre 2012

This Must Be The Place est la première rétrospective du photographe
sud-africain Pieter Hugo (né à Johannesburg en 1976).
Depuis 2003, Pieter Hugo photographie la vie quotidienne en Afrique du Sud, et plus largement celle de l’Afrique subsaharienne, qu’il connaît particulièrement bien. Il montre les séquelles de la fin du régime de l’apartheid, ses incidences sur les gens, et également sur les paysages. Les implications du commerce mondialisé et les politiques postcoloniales en Afrique sont des thèmes qui donnent sens à son oeuvre, qui s’est développée de manière brillante en moins de dix années et font de lui un artiste internationalement reconnu.

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Pieter Hugo, Escort Kama, Enugu. From the series Nollywood, 2008-2009 © Courtesy of Stevenson Gallery, Kaapstad / Yossi Milo, New York

Pieter Hugo confronte dans sa vision contemporaine de l’Afrique
les différences culturelles et sociales entre les Noirs et les Blancs,
entre les riches et les pauvres. Son esthétique est très particulière.
Au travers de grands formats très élaborés, souvent frontaux, il
propose un tableau social très varié, proche de la fiction, et montre
un univers composé d’aveugles, de Noirs albinos, d’acteurs,
d’artistes de rue, de montreurs de serpents, de récupérateurs de
déchets, d’amis ou de proches qu’il a suivis, et qui constituent des
parts de vie parfois comiques, souvent tragiques.

Il interpelle en mettant en image le destin d’un monde souvent marginalisé, qui intrigue et provoque, ou qui au contraire sait émouvoir. Pour sa série The Hyena & Other Men (2005-2007) il a suivi des groupes d’hommes, de femmes et d’enfants, tels ceux qui traversent le Nigéria en montrant de terribles hyènes, de sympathiques singes et de curieux pythons.

La série Permanent Error (2009 - 2010) montre, au bout de la chaîne de la prospérité, des hommes et des femmes qui s’empoisonnent en récupérant des métaux précieux contenus dans des ordinateurs périmés, qui ne sont autres que les ruines de notre propre richesse.

Sa série la plus connue, Nollywood, est une intrusion brillante et théâtrale parmi les figurants ou acteurs qui travaillent au service de la troisième plus grande industrie du cinéma, au Nigéria, qui produit plus de cinq cents films chaque année.

Une sélection de la série Albinos, figurant dans les collections du musée, sera également présentée dans l’exposition.

Révélé à un large public par le Musée de l’Elysée en 2005 grâce à l’exposition reGeneration, le travail de Pieter Hugo figure depuis 2006 dans les collections du musée. Le jeune photographe a déjà gagné de nombreux prix dont le KLM Paul Huf Award en 2008 et a récemment été nominé au Deutsche Börse
Photography Prize 2012.

L’exposition, qui comprend près de 100 tirages de 60 x 60 cm ou 90 x 90 cm, est produite par le Fotomuseum Den Haag (Pays-Bas).

Elle est accompagnée d’un livre de 224 pages publié à l’occasion
de la rétrospective :
Pieter Hugo, This Must Be The Place, Prestel, 2012, avec des essais de T.J. Demos et Aaron Schuman. Il est en vente à la librairie et sur le site du musée.

Commissaires
Wim van Sinderen, Fotomuseum Den Haag et Daniel Girardin, Musée de l’Elysée

Conférence de presse

  • Jeudi 7 juin 2012 à 10h00
  • Vernissage de l’exposition
  • Vendredi 8 juin 2012 à 18h00

Signature
Pieter Hugo signera son livre à 19h à la librairie du musée le soir
du vernissage.

Roger Ballen

Asylum
Du 8 juin au 2 septembre 2012

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Roger Ballen, de la série Asylum, 2008-2011 © Roger Ballen

A Johannesburg, où il vit depuis les années 70, le photographe américain Roger Ballen a visité il y a quatre ans une maison très particulière, qui est devenue le sujet central de son travail actuel.
Il y a trouvé un éventail hétéroclite des divers aspects de la société sud-africaine. De très nombreux oiseaux sauvages cohabitent librement avec les humains, et avec bien d’autres animaux, tels des chats, des lapins, des souris ou des canards. Les oiseaux sont en liberté, sans cages, et ils peuvent aller et venir à leur guise.
Les pièces de cette maison ont toutes été décorées par les habitants, qui ont dessiné sur les murs des portraits et des figures familières, parfois fantasmagoriques.

Roger Ballen a baptisé cet endroit Asylum, qui est aussi le titre de cette série. L’asile, à la fois lieu de refuge et d’enfermement.
C’est cette ambiguïté qui donne le sens à ce travail, entre le symbole lumineux, libre et pacifique que représentent les oiseaux et l’aspect sombre, chaotique et emprunt de folie révélé par la photographie dans un espace devenu très pictural.

La figure humaine disparaît sous le masque et le grimage, au profit de fragments de corps et d’une tension permanente entre liberté et enfermement, tragique et comique, attirant et repoussant.

Roger Ballen situe son travail au point exact qui sépare pour lui le surréalisme de l’art brut, auxquels ses photographies font ici référence.
La photographie permet les collages qui forment l’« imaginaire réaliste » dont se réclame Roger Ballen.

L’exposition, qui présente en avant-première un ensemble de 25 images inédites réalisées entre 2008 et 2011, est produite par le Musée de l’Elysée.

Signature
Roger Ballen signera à 19h à la librairie du musée le soir du vernissage le Photo Poche consacré à son travail et récemment
publié.

De la collection

Du 8 juin au 2 septembre 2012

Le Musée de l’Elysée est l’un des premiers musées d’Europe à s’être entièrement consacré à la photographie. Depuis sa création en 1985,
il a assemblé une collection de plus de 100 000 photographies qui
couvre l’histoire du médium de ses origines à nos jours.

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Adrien Constant-Delessert, Vue de la cathédrale sous la neige, Lausanne, vers 1860. Tirage albuminé © Musée de l’Elysée. Extrait d’un album acquis en 2011

La collection comprend notamment des ensembles significatifs de
Robert Capa, Gilles Caron, Raymond Depardon, Mario Giacomelli
ou Sebastião Salgado. Le musée est également dépositaire de
plusieurs fonds photographiques, en particulier ceux de Charles
Chaplin
, Hans Steiner, Marcel Imsand, Jean Mohr, Nicolas Bouvier
et Ella Maillart. La conservation et la valorisation de ce patrimoine
constituent une priorité.

Si la valeur marchande de la photographie ne cesse d’augmenter,
le budget d’acquisition du musée reste limité. Le développement
des collections constitue dès lors un défi que le Musée de l’Elysée
relève en mettant sur pied de nouvelles stratégies. En travaillant
au plus près de la jeune création et en entretenant des relations
privilégiées avec des fonds photographiques, il enrichit régulièrement
ses collections.

L’exposition présente de nouvelles acquisitions, tels les albums de
Adrien Constant-Delessert, trésors de la photographie suisse du XIXe
siècle, achetés aux enchères à Paris en novembre 2011, des extraits
de la collection Polaroid que le Musée de l’Elysée constitue, accompagnés
de deux films réalisés par la HEAD-Genève, une présentation
du Fonds Marcel Imsand, que le musée a reçu en donation en
février 2012, ainsi qu’un aperçu du soutien que le musée accorde à la
jeune photographie contemporaine.

| Exposition

Lieu

Musée de l’Elysée

Le Musée de l’Elysée, situé à Lausanne en Suisse, est entièrement consacré à la photographie. Institution de l’Etat de Vaud, elle est affiliée au Service des affaires culturelles (SERAC). Le Musée possède huit salles d’exposition réparties sur quatre étages, une boutique librairie, une salle de lecture et des collections d’une grande richesse. Plus de 100 000 tirages originaux des XIXe et XXe siècles y sont conservés : une collection unique de photographies interférentielles de Gabriel Lippmann et une sélection représentative d’œuvres importantes comme celles de Francis Frith, Robert Capa, John Phillips ou Mario Giacomelli. Le musée a acquis de nombreux travaux de photographes contemporains, liant souvent sa politique d’achat à celle de ses expositions.

Par un travail de recherche important, diverses collaborations avec les universités et d’autres institutions, le musée s’affirme comme un centre de compétence, en particulier sur le thème de la représentation du corps.

Il propose un programme d’expositions temporaires d’envergure internationale qui rend compte de la multiplicité des pratiques photographiques. Il présente des expositions thématiques et des rétrospectives historiques, des photographes célèbres ainsi que des jeunes talents. Le musée réalise également de nombreuses expositions en dehors de ses murs, en Suisse et à l’étranger.

INFORMATIONS PRATIQUES

- ADRESSE
Musée de l’Elysée
18, avenue de l’Elysée
1014 Lausanne - Switzerland

- CONTACT
Tél. ++41 21 316 99 11
Mail info@elysee.ch

- HORAIRES
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h.
Gratuit le premier samedi du mois.
Fermeture occasionnelle entre les expositions (voir dates des expositions).

Voir en ligne : www.elysee.ch