Portraits réalisés entre 1963-1978

/ Oumar Ly

La sortie du livre "Oumar Ly, Portraits de Brousse", paru aux éditions Filigranes (France) et les expositions Rencontres de Bamako (2009), Musée Africain de Lyon (2010), Festival de Brighton (2010)... ont permis, grâce à l’association Marie-Louise & Fils - dont la vocation est la promotion et la diffusion de la photographie - de découvrir un auteur : OUMAR LY.

Marie-Louise & Fils poursuit son engagement en présentant, dans les rues de Saint Louis et de Podor une sélection d’images réalisées au Rolleiflex de 1963 à 1978, afin de faire connaître chez lui, au Sénégal, les archives de ce grand photographe, qui constituent un indéniable patrimoine. Ces portraits des habitants de Podor et de ses environs, ici présentés, sont sans fioritures et sans prétention à l’Art.
Réalisées, en brousse, avec de modestes moyens, ces images sont, simplement justes et libres, tel que s’entend le portrait photographique à son origine.

UN PROJET DE L’ASSOCIATION MARIE-LOUISE & FILS | COMMISSAIRE : FRÉDÉRIQUE CHAPUIS


La ville de podor, installée sur la rive sud du fleuve Sénégal, face à la Mauritanie, fut, du XIXe siècle jusqu’aux années 1940, un florissant comptoir de commerce de l’ambre et de la gomme arabique.
Dans la rue centrale, à l’angle, face au marché et jouxtant l’échoppe du
vétérinaire, l’enseigne KODAK signale le studio d’Oumar Ly. Deux larges
battants de porte, tenus de chaque côté par une pierre, laissent entrevoir à
l’intérieur du studio un banc et une vitrine grillagée où sont épinglées des
photos anciennes en noir et blanc ; aux murs, on peut distinguer de vieux
posters publicitaires ainsi qu’une affiche du président Wade. Oumar Ly,
photographe et maître des lieux, se tient assis dans l’ombre du renfoncement,
à gauche en entrant. Là, tous les matins, il prépare le thé à la menthe
pour ses amis d’enfance aujourd’hui retraités. Ensemble, ils plaisantent et
palabrent, avant que l’heure du déjeuner ne les sépare. Monsieur Ly ferme
alors la boutique. La température est étouffante, il hèle le chauffeur d’une
charrette pour retourner vers le quartier Thioffy, où se trouve sa maison.
À sa naissance, en 1943, la concession - une grande cour entourée de maisons basses - était encore une école coranique que dirigeait son père,marabout.
Elle cessa de l’être quand, au milieu des années 1940, ce dernier
devint, grâce à sa maîtrise de la langue française et de l’arabe, employé de
la maison de commerce Guillaume Foy. Le jeune Ly n’apprit jamais à lire
ni à écrire. Il fut, comme le voulait la tradition, confié à un marabout pour
parfaire son éducation religieuse.L’année de ses 14 ans, son frère aîné vint
le chercher pour qu’il l’aide à cultiver le lopin de terre familial, où poussent
salades et menthe fraîche vendues au marché.

Un dimanche, au fort de Podor, Oumar Ly,venu livrer des légumes, raconte
avoir été fasciné par un homme qui tenait un appareil photo. Il le regarde
faire. L’homme le photographie. Et, lorsque le jeune Ly repart avec son
portrait, il rêve d’acquérir un appareil. C’est sur le quai, à la boutique
Morel et Prom, voisine de celle que tient son père, qu’il trouve un Kodak
Brownie flash, pour 1 500 francs CFA. Demba Assane Sy, photographe,
initiera le jeune Oumar à la prise de vue et au travail de laboratoire. Après
son service militaire, Oumar Ly ouvre le premier studio photo de la ville.
La photo est à la mode. On se presse au Thioffy studio où les jeunes s’y donnent rendez-vous le soir, à l’heure du thé dansant. La campagne de recensement menée par le gouvernement sénégalais est une véritable manne. Son Rolleiflex dans une petite valise, le photographe part sillonner les villages à pied, à cheval ou parfois dans la 2 CV du sous-préfet. Le studio
s’équipe de toiles de fond peintes : vues de La Mecque ou du Boeing 747. Et,
pour fidéliser sa clientèle, Oumar invente les montages de photos ornés de
dessins à l’encre, les tirages parfumés au “Kiki 44”... À la fin des années
1980, l’installation de nouveaux studios et l’arrivée de la couleur font une
rude concurrence au Thioffy studio.
| Frédérique Chapuis

Expositions réalisées avec le soutien de l’ambassade de France au Sénégal (Service de Coopération et d’Action Culturelle) Eiffage, la Fondation Blachère, la Compagnie du Fleuve, Air France, la Mairie de Saint Louis, la Mairie de Podor, l’association Marie-Louise & Fils, l’association Entre’Vues.

| Exposition

Lieu

Rue de Saint Louis et de Podor

- CONTACTS :
marielouiseetfils@live.fr
www.fillesducalvaire.com