Précipités

/ Ismaïl Bahri

Vernissage le jeudi 3 mai de 18h à 21h

Avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques (aide à la première exposition), ministère de la Culture et de la Communication.

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Sang d’encre, 2009. Série de six photographies couleur. © Ismaïl Bahri

La galerie a le plaisir de présenter la première exposition personnelle d’Ismaïl Bahri. Cet artiste vit entre Paris et Tunis depuis une dizaine d’années et développe un univers singulier, mêlant une culture orientale à des références philosophiques et conceptuelles européennes, dont le socle formel questionne des problématiques purement plasticiennes.

Extrait du texte de Guillaume Benoit, in Semaine, Edition Analogues, à paraître en mai 2012.

D’abord on n’y voit rien. Un verre, un reflet, puis une main qui le ramasse. Puis se dessine, à la surface du liquide noir, quelques ondes, des secousses. Le verre déborde, l’encre s’étale sur la peau, s’échappe, par sursauts, sur le pouce, sur les doigts. Quelques secondes. L’encre ne cesse de s’enfuir.
C’est presque irréel, elle coule, elle imprime sa marque autour d’elle ; le verre ne se vide pas. Infime, ce ne sont que gouttes et pourtant, elle a déjà envahi son support.
Quelques secondes encore, puis un bâtiment, un arbre peut-être, passés au négatif d’une encre noire, à travers l’axe de symétrie de la réflexion ; l’image inversée de notre univers émerge. Le voyage sidérant d’Orientations, vidéo emblématique d’Ismaïl Bahri peut démarrer. Car dans ce parcours à travers la ville, avec pour seule ligne d’horizon la surface d’un verre, se jouent toutes les
problématiques d’une oeuvre singulière, qui ne s’empare de l’infime que pour en montrer le possible vertige.

Polymorphe, son art passe par la photographie, la vidéo, le dessin ou l’installation comme autant de moyens de rejouer l’acte du « retrait », de faire naître sinon un événement, du moins une posture face à lui. Et si elle paraît insaisissable, se défiant des codes et de la représentation, la démarche de
l’artiste n’a rien d’une dérobade. Car le retrait dépose une trace ou, comme il l’évoque lui-même, « attire l’attention par son désistement même1 ». C’est précisément cette pudeur à l’oeuvre qui fait de son travail un générateur de possibilités de sens.

| Exposition

Lieu

Galerie Les Filles du Calvaire

Inaugurée en 1996 à Paris, dans un beau bâtiment industriel du Marais sur deux niveaux, la programmation de la galerie à Paris comporte trois axes majeurs : les champs de la peinture abstraite, la photographie plasticienne autour de la problématique de l’image et la notion du sujet, et les créations pluridisciplinaires autour de la notion d’installation et la vidéo.

En peinture, la sélection se veut un des reflets possibles de l’abstraction internationale, en représentant des artistes tels qu’Olivier Mosset, Renée Levi ou Adrian Schiess, issus de tendances radicales et minimales que des peintres ayant une expression plus ancrée dans une gestualité picturale, tel Dominique Gauthier. Il ne s’agit pas en effet de promouvoir la peinture au sens restreint du tableau mais bien plutôt de tenter de couvrir un champ de la création contemporaine en mettant en perspective l’élargissement du territoire pictural et du langage de l’abstraction. Dans ce cadre, la galerie défend donc également des peintres qui sortent du tableau pour aller vers l’espace ou le volume, voire la photographie et la vidéo, tels Emmanuelle Villard, John Beech et James Hyde ou qui tendent vers la figuration comme Xavier Noiret-Thomé, Merlin James ou Walter Swennen.

De même en photographie, la galerie a, dès son ouverture, marqué son engagement car sa sélection est composée pour moitié de photographes. La galerie fait le choix de pratiques certes voisines mais toutes singulières. Elle représente des artistes qui jouent avec la notion de mise en scène tels que Karen Knorr, Ellen Kooi, Paul Pouvreau, Laura Henno ou avec la notion même de l’écriture photographique selon un style très personnel, tels que Catherine Poncin, Corinne Mercadier, Gilbert Garcin, Matt Wilson ou Antoine d’Agata. Thibaut Cuisset et Paola de Pietri sont issus du mouvement européen « Paysage et Architecture ». Enfin, Paul Graham et Shai Kremer représente un engagement photographique social radical.

Parallèlement, la galerie accentue sa sélection d’artistes à la pratique pluridisciplinaire tels que François Daireaux ou Ismaïl Bahir et a ouvert sa programmation à des vidéastes tels que Marcel Dinahet et Martin Sastre.

INFORMATIONS PRATIQUES

ADRESSE
17 rue des Filles du Calvaire
75003 Paris

CONTACT
Tél. : +33 (0)1 42 74 47 05
paris@fillesducalvaire.com

HORAIRES
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30

Voir en ligne : www.fillesducalvaire.com