Premiers jours à Ben M’Sik Campus universitaire : Chroniques Marocaines

, par Camille Millerand

Le Maroc, plus particulièrement Casablanca, est un carrefour du continent africain en termes de formations post-bac. La jeunesse marocaine et d’ailleurs se repartit entre différentes facultés publiques et écoles privées, selon ses moyens financiers. La première faculté qui m’ouvre ses portes est celle de Ben M’sik, université de lettres et sciences humaines située à 7Km du centre Casaoui dans un quartier populaire. Ouverte en 1984, elle compte environ 7000 étudiants. On y enseigne l’anglais, la géographie, l’histoire, la philosophie et les Études Islamiques.

Pendant 2 jours, plusieurs étudiants m’ont raconté leurs quotidiens et leurs réalités. Parmi eux, certains sont arrivés du Gabon et du Mali. Bechir, lui est tchadien. Il vit à Rabat, un autre "hub" universitaire que nous découvrirons lors de la prochaine chronique.

Du 2 mars au 17 mars 2015, le photographe Camille Millerand est en résidence à l’Institut Français de Casablanca en partenariat avec Afrique in visu.
Sur ce temps, il travaillera sur les universités marocaines pour prolonger son travail qu’il mène depuis 2009 sur différents campus universitaires du continent africain.

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© Camille Millerand
La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines BenM’sik de Casablanca est située dans un quartier populaire en périphérie de Casablanca. Ouverte en 1984, elle compte autour de 7000 étudiants. On y enseigne l’anglais, la géographie, l’histoire, la philosophie et l’Islam.
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« Qu’est ce qu’on va faire quand on sortira d’ici ? Il n’y rien à faire parce que les branches dans lesquelles nous sommes n’intéressent pas la marché. Si je ne travaille pas dans un centre d’appel et que je ne viens pas d’une école privée, je n’ai pas d’issues professionnelles » s’interroge Mustapha, 30 ans, étudiant en philosophie. Lui et ses amis se retrouvent régulièrement à la cafétéria de l’université. Ils sont inquiets pour leur avenir.
Paroles de Mustapha
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Des citations philosophiques comme celles-ci recouvrent les murs de la cafétéria en référence à Hegel, Nietzsche ou Platon. Un espace où les étudiants aiment s’isoler et s’évader du cadre universitaire.
Paroles de Soufiane
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(de Gauche à Droite) Alban, Aïssata, Rubens, Oussama et Faten sont en Master 1 en communication des organisations. « A Ben M’sik, on a la chance d’être une trentaine en classe. Ce n’est pas comme à la faculté d’Ain Chok » relativise Oussama.
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Aujourd’hui, ils ont cours avec Madame Slaoui, professeur de sciences du langage.
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« Pour nous, subsahariens, c’est difficile d’apprendre au Maroc . Pendant longtemps le Maroc a subi cette immigration clandestine. Ce cliché, ce stéréotype a été collé sur presque tous les étudiants subsahariens qui arrivent ici. Du coup même dans la rue, on a cette difficulté à s’imposer en tant qu’élément positif de l’immigration » avoue Rubens, étudiant gabonais et résident au Maroc depuis 4 ans.
Paroles de Rubens
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Aïssata est malienne, elle étudie depuis 4 années à Casablanca. Pour elle, la maîtrise de la langue locale (le derija) est incontournable.
Paroles d’Aïssata
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Bancs situés derrière la bibliothèque universitaire, un espace privilégié pour être au calme.

Taxi Conteur | Vidéo - 1’58

Sur la route entre le centre casaoui et l’université, Faten, Mustapha, Youssef, Oussama, Rubens et Soufiane prennent la parole.

Voir en ligne : www.camillemillerand.com