Regard sur la photographie africaine

/ Exposition collective

De l’Indépendance à la mondialisation

La photographe Françoise Huguier, qui a été, en 1994, à l’initiative des Rencontres de la photographie de Bamako, a accepté le commissariat de cette nouvelle l’exposition parce que « la collection d’art contemporain de la fondation Blachère illustre la vitalité et la créativité photographique du continent Africain, aussi variées que sa musique et son histoire ancienne et contemporaine. »

Françoise Huguier a sélectionné une centaine d’images. Parmi les œuvres de 40 artistes présentées dans notre centre d’art, on retrouve les incontournables de l’argentique Malick Sidibe, Seydou Keita et Oumar Ly, qui ont contribué au lancement de la photographie africaine au moment de l’Indépendance avec les prises de vue en studio, façon d’affirmer une identité personnelle, de donner l’image d’une vie nouvelle.
Les nouveaux photographes, passés au numérique et tentés par la quadrichromie pour certains, souvent engagés, entrent dans une vue plus globale et sans concessions.

L’évolution de la photo, quelquefois associée à la vidéo, a ouvert de nouvelles perspectives pour les femmes artistes et a élargi leur place sur la scène de l’art contemporain africain. Dans le développement de ce médium, la fondation Blachère, qui conserve plusieurs centaines de photographies dans les règles de l’art dans de nouveaux bâtiments, a pris sa part tant par la promotion des nombreux artistes présentés dans ses expositions que par les résidences de création, les ateliers collectifs en France et en Afrique, ainsi que lors des participations aux Biennales et autres évènements internationaux.
Claude Agnel

Vernissage le jeudi 11 février à partir de 18h30.

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© Oumar Ly, La femme à la natte.

Les artistes

  • Rui Assubuji (Mozambique)
  • Alioune Ba (Mali)
  • Sammy Baloji (RDC)
  • Adama Bamba (Mali)
  • Mory Bamba (Mali)
  • Arturo Bibang (Guinée Equatoriale)
  • Berry Bickle (Zimbabwe)
  • Jodi Bieber (Afrique du Sud)
  • Mohamed Camara (Mali)
  • Bob Cnoops (Afrique du Sud)
  • Nestor Da (Côte d’Ivoire)
  • Jean Depara (Angola)
  • Saïdou Dicko (Burkina Faso)
  • Calvin Dondo (Zimbabwe)
  • Angèle Etoundi Essamba (Cameroun)
  • Samuel Fosso (Cameroun)
  • François-Xavier Gbre (France/Côte d’Ivoire)
  • Mourad Gharrach (Tunisie)
  • Uche Okpa Iroha (Nigeria)
  • Amadou Kan Sy (Sénégal)
  • Nono Katanga (RDC)
  • Kiripi Katembo (RDC)
  • Seydou Keita (Mali)
  • Nicène Kossentini (Tunisie)
  • Oumar Ly (Sénégal)
  • Hamidou Maïga (Burkina Faso)
  • Baudouin Mouanda (RDC)
  • Zanele Muholi (Afrique du Sud)
  • Tsvangirahi Mukwazhi (Zimbabwe)
  • Malik Nejmi (Maroc)
  • Samuel Nkosi Oupa (Afrique du Sud)
  • J.D. Okhai Ojeikere (Nigeria)
  • Nyaba Leon Ouedraogo (Burkina Faso)
  • Mauro Pinto (Mozambique)
  • Joe Pollitt (Angleterre)
  • Ouassa Pangassy Sangare (Mali)
  • Jürgen Schadeberg (Allemagne)
  • Malick Sidibe (Mali)
  • Amadou Sow (Sénégal)
  • Mbakarou Toure (Mali)
  • Pierre Verger (France)

Regard sur la photographie africaine

Par Françoise Huguier
La collection d’art contemporain de la fondation Blachère illustre la vitalité et la créativité photographique du continent Africain, aussi variées que sa musique et son histoire ancienne et contemporaine.

Témoignages réalistes, surréalistes et parfois poétiques, en flux continu depuis la célèbre revue Drum d’Afrique du Sud, puis le succès de la biennale de Bamako, que j’ai initiée en 1994.

Dans beaucoup de pays africains, la photographie a commencé par les portraits de studio, dont les plus célèbres sont ceux des Maliens Seydou Keïta et Malick Sidibé, et du Sénégalais Oumar Ly. Les jeunes artistes ont su prendre la relève. Au moment des indépendances, les agences de presse officielles ont utilisé ce medium comme témoignage des moments historiques, ainsi que comme instrument de propagande. Des outsiders comme Jean Depara nous racontent avec talent la vie sociale et culturelle de Kinshasa en pleine effervescence. Puis Kiripi Katembo (RDC), dans les reflets des rues de la capitale, nous offre une vue surréaliste de l’urbanisation. Une vision comme un miroir critique.

Au Nigéria, Okpa Iroha Uchechukwu signe ses cadrages d’un éclair de lumière, telle une flèche figeant les personnages dans un décor de marché à Lagos.

Le Malien Mohamed Camara nous révèle l’intimité voilée des chambres bamakoises, mélodie graphique rappelant le blues de Salif Keïta.

Mourad Gharrach dévoile un corps de femme, dans une sensualité cérémoniale et presque religieuse, tandis que Zanele Muholi et Alioune Ba nous révèlent plutôt une sensualité amoureuse. Les femmes en rouge et noir d’Angèle Etoundi Essamba, répondent, comme un écho, près d’un siècle plus tard, à la ronde des jeunes prêtres du célèbre photographe italien Mario Giacommelli. Samuel Fosso, artiste Centrafricain mondialement connu révélé à la première biennale de Bamako, s’approprie avec son corps et ses fantasmes, parfois avec fantaisie, l’histoire des leaders du continent Africain et du monde.

Cette collection donne aussi une place importante à la photographie sociale et documentaire, et notamment au travail de la photographe Sud Africaine Jodi Bieber, aux cadrages d’une maturité unique et saisissante. Les montages cinématographiques de Sammy Baloji (RDC) retracent l’histoire du Congo, l’esclavage ancien et moderne dans ce pays riche de ses mines exploitées par le colonisateur et les multinationales. Et patrie de Lumumba, que personne n’a le droit d’oublier.

| Exposition

Lieu

Fondation Jean Paul Blachère

  • France

La fondation d’entreprise Blachère (www.blachere-illumination.com) est à l’image de son président fondateur. Elle reflète ses passions et ses engagements pour l’Afrique et s’ingénie avec son équipe à écrire une histoire qui participe à la beauté du monde.

La fondation repose sur un système de valeurs esthétiques et éthiques. Elle s’inscrit dans le champ de l’art contemporain et vient relayer les efforts entrepris par les institutions, les collectionneurs et en premier lieu les acteurs de l’art : les artistes, galeristes, critiques, enfin tous ceux qui contribuent à la reconnaissance de l’art d’aujourd’hui en Afrique et ailleurs…

Le premier cycle 2004-2008 a permis de prendre connaissance de la situation en produisant et en diffusant les œuvres, en créant des ateliers, des résidences et des expositions. Le deuxième cycle prolongera la politique entreprise.

Si la dernière phase de la mondialisation se joue en Afrique alors, à l’évidence, la culture en est un axe important et la fondation s’inscrit dans cette perspective en jouant sur le libre-échange des pensées et des hommes pour un monde plus juste.

INFORMATIONS PRATIQUES

- ADRESSE
384, avenue des argiles - 84400 Apt

- CONTACT
Tel : 00 33 (0)4 32 52 06 15
e-mail : fondation@blachere-jp.fr
Expositions, ateliers, résidences, publications & relations presse :
Stéphanie Huguesfondation@blachere-jp.fr

Voir en ligne : www.fondationblachere.org