Rodrig MBock | Cameroun Chronique formation "Imagine l’Afrique"

, par World Press Photo

Je suis Rodrig MBOCK, et je me défini comme un artiste de mon époque. Déjà très jeune, j’ai été passionné par la peinture et le dessin artistique. En 2005 je rentre à la faculté des arts du Cinéma et de la scène, après le bac, mais très vite ma passion pour les arts plastique va reprendre le dessus. C’est en 2008 que je décide de faire une formation en infographie et en retouche d’image pendant 2 ans au CCFVY (Centre Culturel François Villon de Yaoundé). Cette formation va me donner un nouveau chemin qui me portera dans le monde de la photographie. Ma première vraie exposition se déroule en décembre 2009 au Centre Culturel François Villon de Yaoundé, « Femmes Actrices de Développement » financée par l’ambassade de France au Cameroun qui connaitra un fort succès et on retient de cette exposition, le photographe qui pose des couleurs sur du noir et blanc.

Par la suite j’ai notamment travaillé avec des organismes comme la GTZ, l’UNESCO, l’UNICEF, et après un stage en France en 2010 sur la photographie comme moyen de communication, je reçois un message qui m’annonce que je suis retenu pour l’atelier Imagine l’Afrique qui a lieu a Dakar en Octobre !

En participant à cet atelier organisé par le World Press Photo qui est une prestigieuse organisation en matière de Photojournalisme dans le monde, je suis entré dans la cour des grands, car à cet atelier se trouvaient plusieurs autres photographes des pays d’Afrique, pour la plupart des photographes professionnels qui exercent depuis déjà plusieurs années et qui font partis des meilleurs photographes Africains.

Au cours de cette formation mon regard en tant que photographe s’est enrichi et j’ai acquis des connaissances techniques sur le terrain en faisant naître en moi l’esprit et l’âme d’un photographe reporter.
Au cour de cet atelier de Dakar, j’ai fait un reportage sur la transformation des produits halieutiques à Mballing localité située à quelques kilomètres de Mbour (Sénégal) Ici, les habitants ne vivent essentiellement que des produits de la mer. Ce fut une expérience très riche car j’ai beaucoup partagé et appris sur le terrain, et surtout échangé avec les autres m’a permis de me remettre en question sur ma façon de travailler de voir les choses, la démarche à suivre en ma qualité de photographe.

Après l’atelier de Dakar, voici déjà presque un mois, je suis retourné au Cameroun, avec un grosse faim, celle de faire mon sujet de reportage, sur la sécurité alimentaire.
J’ai choisi de faire un reportage sur le palmier à huile car la culture du palmier à huile au Cameroun génère plusieurs autres activités
parallèles. Mon travail en gros sera tout au long de ce reportage, de suivre le parcours du palmier à huile et toutes ses étapes : de la graine semée dans le champs par le planteur, à l’huile consommée dans la marmite de la ménagère, en montrant aussi les avantages et les inconvénients de cette culture dans mon pays.

J’ai bien entamé le début de mon reportage. J’ai commencé par rencontrer des planteurs et leur expliquer le but de ma mission. En général ils me prennent pour un espion du gouvernement et se méfient de moi : ils me demandent les accréditations justifiant ma profession, mais une fois la confiance installée, ils deviennent gentils me montrent tout, surtout dans les villages. Ils veulent aussi voir les développements des photos . Les vraies tracasseries viennent des industries agro-alimentaire qui
tardent à me donner les autorisation pour faire des photos. C’est aussi un volet de la production que je ne veux pas négliger.
A tout ceci s’ajoute, les mauvaises conditions atmosphériques actuelles, de grosses pluies dans les champs et l’autre jour au milieu du reportage, j’ai failli laisser mon appareil photo au cours d’une grosse tornade. Parfois je me dis que "c’est dur d’être reporter photographe !" mais je reste confiant pour la suite de mon reportage, bien que ce soit le parcours du combattant.

Je tire donc un grand coup de chapeau au World Press Photo, Sylvie Rebbot, Frederieck Biemmans, Cédric Gerbehaye, à Ouestaf, monsieur Tydiane SY, Léontine BA, et à Afrique in visu, pour sa collaboration et le travail abattu pour la photographie en Afrique, à tous mes confrères photographes Africains venus de leurs pays respectifs pour contribuer a travers « Imagine l’Afrique » à la construction de notre beau continent.

Rodrigue MBOCK NOUMB
www.rodriguembock.com
rodrigmbock@yahoo.fr
S /C BP 513 CCFVY Yaoundé
Cameroun.

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