Studio Watt, nouvelle tendance à Bamako.

, par Afrique in visu

Le studio Watt est situé dans le quartier Torokorobougou. Monté par François Florin, un photographe franco-suisse installé au Mali et Yaya Ouattara dit Watt, photographe malien, ce studio-photo se démarque des studios-photos de Bamako. Plus actuel, il illustre un certain renouveau du studio-photo classique. Rencontre avec ces deux personnalités du monde de la photo malienne.

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Studio Watt

Comment et depuis quand vous êtes –vous rencontrés ?
François Florin : j’étais étudiant à l’Ecole de photo de Vevey. En 2001 lors de ma dernière année d’étude, nous sommes venus avec l’école à Bamako dans le cadre d’un échange avec le CFP.
J’ai alors décidé de revenir réaliser mon travail de diplôme sur la CAN (Coupe de l’Afrique des Nations). J’avais rencontré Watt qui était photographe dans les boites de nuit. Pendant la CAN, on a travaillé ensemble sur le sujet. Je suis ensuite revenu régulièrement au Mali.

Quand a germé l’idée de monter ce studio ?
Désillusionné par le marché du travail de la photo en Occident, j’ai décidé de monter un studio-photo à Bamako. J’ai cherché un associé début 2005, et c’est avec Watt que l’on a décidé de monter ce studio.
Watt avait cet emplacement depuis 2001 et avait déjà une clientèle fidèle.
Fin septembre 2005, je suis venu m’installer à Bamako pour concrétiser ce studio.
Nous avons ouvert à l’automne 2005.

Combien de personnes travaillent pour vous ?
Nous avons 5 employés mais durant les mois de fêtes, nous avons eu jusqu’à 11 employés.
On a 2 équipes au studio, celle de la nuit, celle du jour.
Nous avons plutôt cherché du personnel qualifié en informatique qui puisse utiliser les ordinateurs, faire de la retouche etc…

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Tata Poud © Studio Watt

Quel type de clientèle avez-vous ?
Nous avons différents marchés.
Nous continuons à travailler dans le domaine de Watt, avec sa clientèle de boites de nuit, tel que "le Privilège", mais aussi le soir au restaurant l’Amandine ou encore le Petit Café.
Nous avons su aussi amener ce public au studio.
On réalise les photographies d’identité aux normes pour le consulat de France ce qui nous amène des clients.
Nous sommes de plus en plus connus, les gens viennent se faire photographier au studio désormais.
Nous tentons de nous adresser à la clientèle la plus hétéroclite. Nous avons ainsi réalisé des photographies pour des institutions (UNESCO, ONG) ou encore des footballeurs.
Nous travaillons énormément avec des artistes musiciens pour qui nous réalisons des photos d’albums comme TataPound (voir image ci-contre), Ghettoik, ZionB etc… Nous faisons des photos de clip aussi ou des portraits solo.
Ainsi pour eux, je réalise parfois toute la chaîne de la production : de la prise de vue, du graphisme jusqu’ aux tracts et invitations
Nous souhaitons faire de la photographie de qualité mais nous voulons pouvoir répondre aux attentes du client.

Et les particuliers, sont-ils essentiellement maliens ?
Nos clients sont essentiellement maliens enfin surtout les maliennes, car elles aiment la manière dont nous savons les mettre en valeur .On vient de l’autre bout de la ville pour se faire photographier au Studio Watt...
Des sénégalais du milieu de la mode s’adressent régulièrement à nous.

Votre studio est très différent des studios de Bamako. Il est mieux équipé !
On a investi dans du matériel de pointe afin de pouvoir faire de la photo luxueuse.
Nous réalisons des travaux numériques et nous retouchons les photos.
Notre boulot c’est de mettre les gens en valeur. C’est pourquoi la retouche a du succès car on peut ainsi s’embellir ou se rajeunir. Il y a énormément de travail en aval de la prise de vue…
Les gens affectionnent aussi les montages photos. Ils n’ont pas d’idées prédéfinies mais on les guide. On essaie de répondre à leurs désirs.

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© Studio Watt

Quels sont les tarifs du Studio Watt ?
Les prix varient en fonction de la demande mais pour une pause classique sans retouche c’est 1000 FCFA.

Ce studio est-il rentable ?
Oui, il nous a permis de faire de nouveaux investissements tel que du matériel informatique, des imprimantes ou des appareils numériques.
Mais il n’y a pas de secret : nous tournons quasiment 24h sur 24h, 7 jour sur 7.
Nous venons de terminer la première année d’existence de ce studio, qui était une période de mise en place.
On va de plus en plus investir dans du matériel de pointe.

Es-tu tributaire des périodes de l’année (fêtes etc…) ?
Nous avons une clientèle régulière mais nous avons un maximum de clientèle pendant les fêtes ou en août. Les boîtes de nuit ou l’Amandine génèrent énormément de travail à cette période. Avec le mois d’août, arrivent les maliens de Paris qui sont de très bons clients.
Ils viennent pour faire la fête et souhaitent revenir avec des souvenirs.

Combien réalisez-vous de poses par jour ?
C’est très aléatoire. La boite de nuit ramène quotidiennement des gens. Le soir à partir de 18h30 ou le matin vers 8h30, des clients viennent pour des photos d’identité pour l’administration.

Quels sont les projets futurs du Studio Watt ?
Nous voulons monter un espace réservé aux professionnels et aussi avoir un bureau pour pouvoir faire la création, le graphisme …

On pourra voir le Studio Watt à la Biennale en 2007 ?
Pas pour l’instant mais peut-être Watt ou moi-même à titre personnel.

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Carte de visite studio Watt