Terminus Algérie / Partie 1 Témoignage de Camille Millerand

, par Camille Millerand

C’est une maison d’un étage et demi à ciel ouvert, au bout d’un chemin de terre, d’une banlieue d’Alger. Ici vivent une trentaine de migrants camerounais, sans-papiers. Une micro-société avec ses histoires d’amour, ses conflits, son commerce, ses jeux d’argent, son bar, son système économique, et ses devoirs scolaires. A « Guantanamo », on survit dans une Algérie qui ne laisse que très peu de place à l’Africain.

Ces images sont extraites du projet Terminus Algérie co-réalisé avec Leïla Beratto, correspondante de RFI à Alger. Un projet au long cours et deux auteurs indépendants soutenus en juillet dernier par une bourse de la SCAM.

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Dans un quartier en construction vivent une cinquantaine de migrants. Ce bâtiment de 2 étages, isolé, en périphérie d’Alger est loué par un seul résident. Mai 2015.
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Les femmes migrantes sont particulièrement fragilisées, car trouver du travail est encore plus compliqué que pour les hommes. Alger. Mai 2015
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Aïcha, 31 ans, ivoirienne voudrait louer un appartement mais elle n’y arrive pas. En attendant, elle prépare des plats traditionnels qu’elle vend aux résidents comme Walter, lui se débrouille en Algérie en tant que DJ et organisateur de soirée dansante. Juillet 2016
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Y. et R. viennent de finir de déménager les meubles d’une famille algérienne de Kouba. Demain, ils seront manœuvres sur un chantier de construction en périphérie d’Alger. Travailler est une préoccupation quotidienne pour eux. « Chaque jour, nous sommes obligés de « nous chercher » pour assumer nos besoins quotidiens (logement, nourriture, transport), c’est ça d’être en aventure »m’explique R. juillet 2016
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B. est plâtrier. Il maîtrise la pose des plafonds et des cloisons préfabriquées. Aujourd’hui, il rénove la chambre d’un frère de route. Sa fierté : avoir installé plusieurs cuisines équipées sur les hauteurs d’Alger. Lundi 11 juillet 2016
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Mouss’, DJ algérien, est régulièrement sollicité par la communauté camerounaise pour assurer l’ambiance musicale comme ici lors d’un tournoi de football. Alger. Janvier 2015.
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Lors de ces soirées dansantes, l’ambiance des “maquis” présents dans plusieurs pays du continent africain tente d’être reconstituée. Un lieu dédié à la drague où la bière coule à flot. Mai 2015.
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Un des passe-temps favoris des hommes est de jouer au poker. Chacun misent entre 1000 et 3000 dinars. Bayar insiste pour être photographié « pour que mes parents découvrent dans quelle galère je vis ». Alger. Janvier 2015.
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Ce portrait de famille date du 12 juillet 2016. Période où Fabrice a décidé de lancer A. sa femme et leurs deux enfants D. et P. sur la route vers l’Europe via la Lybie. Une décision très compliquée à prendre après plusieurs années de vie ensemble, à 4, en Algérie. Pour F. et A. l’accès à l’éducation et à un cursus scolaire de qualité pour leurs enfants est une priorité…Après plus de 3 semaines de voyage, Ils sont bien arrivés en Italie. F. les rejoindra plus tard.
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Lettres latines et lettres arabes aimantées avec lesquelles jouait D., la fille de Fabrice. En Algérie, l’instruction est en arabe. Or dans la maison, aucun adulte n’est capable de le lire. D. avait beaucoup de retard sur ses camarades de classe et son institutrice voulait qu’elle prenne des cours particuliers mais les parents n’en n’avaient pas les moyens. Décembre 2015.

Voir en ligne : www.camillemillerand.com