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L’Afrique urbaine et ses marges

Cette exposition propose un éclairage spécifique sur quinze artistes majeurs de la scène africaine contemporaine témoignant chacun, à travers des processus différents, d’une réflexion sur le thème de l’Afrique urbaine et de ses minorités "invisibles".

A partir de médiums différents : le dessin (William Kentridge), la peinture (Dawit Abebe, Deborah Bell, Ransome Stanley), la sculpture (Clay Apenouvon, Alex Burke, Berry Bickle), la photographie (Sammy Baloji, Jodi Bieber, Andrew Esiebo, Mouna Karray, Malik Nejmi, Nyaba Léon Ouedraogo, Michel Tsegaye), la vidéo (Nadja Makhlouf, Nyaba Léon Ouedraogo), ces quinze artistes ont chacun fait le choix d’un questionnement sur la notion de "marge" en Afrique.

L’Afrique se comprend aussi dans ses "marges". Dans les villes africaines, des stratégies permanentes sont mises en place pour la survie ou la reconnaissance. Les artistes nous invitent à changer notre regard, à réapprendre à voir la réalité quotidienne, que certains médias sur l’Afrique ont contribué à nous masquer ou à nous présenter sous forme de clichés.

L’art contemporain issu d’Afrique, qu’il s’agisse de photographie, de peinture ou d’installation, joue ainsi le rôle de révélateur : il donne vie, forme, parole et dignité à ces acteurs rendus invisibles qui peuplent le Continent.

En Afrique, l’image ainsi révélée par les artistes est celle de tous ces anonymes qui font le continent : les humbles, les travailleurs du secteur informel, les enfants des Townships, et également les handicapés, les prostitué(e)s, les homosexuels, tous ceux qui ne font jamais la couverture de l’Afrique qui avance.

Visibles et Invisibles : ce qui est là dans l’ombre, non pas vraiment caché mais peu regardé, peu convoqué. L’artiste comme Voyant, celui qui regarde et nous amène à voir.

La représentation du handicap en Afrique par Malik Nejmi ; les grands-mères footballeuses d’Orange Farm chez Andrew Esiebo ; les femmes accusées de sorcellerie et exclues de leur village, puis révélées par Nyaba Léon Ouédraogo ; les prostituées d’Addis Abeba vues par Michael Tsegaye ; le corps contraint et enfermé dans un linceul blanc, juste avant l’explosion de la révolution tunisienne
chez la photographe Mouna Karray ; Felix de William Kentridge : le "portrait-robot" d’un militant anonyme sud-africain... Tous ces portraits interrogent le spectateur. La photographe et vidéaste Nadja Mahklouf, avec son travail De l’Invisible au Visible : Moudjahida, femme combattante, révèle par une série de portraits les visages de femmes qui ont combattu pendant la guerre de libération en Algérie, posant aujourd’hui et à l’époque.

La préoccupation contemporaine de ces artistes est de voir comment l’Afrique vit aujourd’hui. Avec un regard nouveau, avec l’intention de ne pas sombrer dans la fatalité, le misérabilisme, sans angélisme non plus. Donner à voir le quotidien des Africains. Montrer leur vie avec une façon et une manière de regarder résolument contemporaines. Une invitation à nous interroger, à revoir nos préjugés.

Si l’Afrique tient debout, si l’Afrique se développe et progresse quoi qu’on en dise, c’est grâce à un réseau dont personne ne parle jamais, dont personne ne fait jamais l’éloge, un réseau de personnes qui chaque jour puisent énergie et courage pour que gagne la vie et non la mort.

Bref, un réseau invisible.

« Vous êtes le seul à nous voir, parce que personne ne s’intéresse à nous »
, dit-on au photographe burkinabé Nyaba Léon Ouédraogo.
Andrew Esiebo prend à contre-pied l’image que donnent les médias du troisième âge en Afrique et bouscule le cliché du football, sport populaire pratiqué par les hommes et les jeunes et... les grand-mères footballeuses qu’il a photographiées et replacées dans l’espace public et social sud-africain.

Face aux acteurs institutionnels, nombreux sont les acteurs qui forment des réseaux autonomes liés à une activité professionnelle reconnue, comme les trieurs de déchets, les musiciens, les commerçants informels. Ces réseaux développent leurs propres codes alternatifs aux codes dominants ou de référence.

Olivier Sultan, commissaire d’exposition, 2015.

| Exposition

Lieu

Fondation Jean Paul Blachère

  • France

La fondation d’entreprise Blachère (www.blachere-illumination.com) est à l’image de son président fondateur. Elle reflète ses passions et ses engagements pour l’Afrique et s’ingénie avec son équipe à écrire une histoire qui participe à la beauté du monde.

La fondation repose sur un système de valeurs esthétiques et éthiques. Elle s’inscrit dans le champ de l’art contemporain et vient relayer les efforts entrepris par les institutions, les collectionneurs et en premier lieu les acteurs de l’art : les artistes, galeristes, critiques, enfin tous ceux qui contribuent à la reconnaissance de l’art d’aujourd’hui en Afrique et ailleurs…

Le premier cycle 2004-2008 a permis de prendre connaissance de la situation en produisant et en diffusant les œuvres, en créant des ateliers, des résidences et des expositions. Le deuxième cycle prolongera la politique entreprise.

Si la dernière phase de la mondialisation se joue en Afrique alors, à l’évidence, la culture en est un axe important et la fondation s’inscrit dans cette perspective en jouant sur le libre-échange des pensées et des hommes pour un monde plus juste.

INFORMATIONS PRATIQUES

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