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	<title>Dagara Dakin, auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Dagara Dakin, auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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		<title>Dokountin, résidence d’artistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dagara Dakin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2014 09:29:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>_ « Yes I, je me présente, je m’appelle … et je serai votre capitaine jusqu’à Lille. Là un autre de mes collègues prendra la relève. Durant le trajet, si vous trouvez qu’il fait trop chaud ou trop froid n’hésitez pas à venir me le signaler. Vous pouvez manger dans le bus mais n’oubliez pas d’utiliser les poubelles qui sont placées à l’avant et à l’arrière du véhicule. Des toilettes sont à votre disposition, veillez à les laisser propres. La compagnie … vous souhaite un agréable voyage. » La personne qui s’adresse ainsi aux passagers du bus Paris &#8211; Bruxelles</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/dokountin-residence-d-artistes948/">Dokountin, résidence d’artistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>_ <em>« Yes I, je me présente, je m’appelle … et je serai votre capitaine jusqu’à Lille. Là un autre de mes collègues prendra la relève. Durant le trajet, si vous trouvez qu’il fait trop chaud ou trop froid n’hésitez pas à venir me le signaler. Vous pouvez manger dans le bus mais n’oubliez pas d’utiliser les poubelles qui sont placées à l’avant et à l’arrière du véhicule. Des toilettes sont à votre disposition, veillez à les laisser propres. La compagnie … vous souhaite un agréable voyage. » </em> </p>
<p>La personne qui s’adresse ainsi aux passagers du bus Paris &#8211; Bruxelles à bord duquel je me trouve n’est autre que le chauffeur. Je suis en route pour la ville terminus de ce bus, où je suis attendu pour participer à un projet de résidence initié par l’association sans but lucratif (asbl)<strong> Mòsso</strong> – terme italien qui veut dire notamment « en mouvement ». </p>
<p>Installée à Bruxelles, l’absl Mòsso a initié fin juin 2014 son premier projet. Intitulé <strong>Dokountin</strong> il consiste en la résidence de deux plasticiens africains dont le béninois <a href="http://afriqueinvisu.org/atelier-photographique-ouidah,787.html">Thierry Oussou</a> et le burkinabé <a href="http://afriqueinvisu.org/ondes-de-perturbation,851.html">Nestor Da</a>. La résidence, qui prendra fin en septembre de cette année avec l’exposition des travaux réalisés dans ce cadre, bénéficie du support financier de Wallonie Bruxelles International (WBI), de la Maison des cultures et de la Cohésion Sociale du quartier bruxellois de Molenbeek Saint-Jean, ainsi que des partenariats de la galerie C<strong>écile Fakhour</strong>y (sise à Abidjan) et d’autres encore. </p>
<h2>**Paris &#8211; Bruxelles</h2>
<p>Le chauffeur conclut sa longue tirade tout en se dirigeant vers le volant par un : <em>« Yes I, Jah Rastafari »</em>. Ce qui ne manque pas de surprendre et de faire sourire certains des passagers, moi y compris. Bien que celui qui s’exprime de la sorte ne porte pas de dreadlocks &#8211; il arbore plutôt des tresses qui épousent la forme de son crâne – il n’en parle pas moins un langage que l’on prête plutôt aux rastas. </p>
<p>Détail comique qui donne le ton à ce voyage lequel s’annonce sous le signe de la bonne humeur. Toutefois, je ne vous raconterai rien de plus à ce propos, l’objet de mon article étant de vous rendre compte du projet de résidence qui a pour titre <em>Dokountin</em> – ce qui en langue fon, une des langues les plus parlées au Bénin – signifie : <em>« Là où se trouve la richesse »</em>. J’y cours donc.</p>
<p>Après cinq heures de route – je n’ai pas choisi le plus court chemin – me voilà rendu à Bruxelles. À la descente du bus, je suis accueilli par Estelle Lecaille, l’une des responsables de l’asbl Mòsso qui est à l’origine et en charge du projet <em>Dokountin</em>. Après dix à quinze minutes en voiture dans la ville nous voilà dans la rue du Cheval Noir dans le quartier de Molenbeek. C’est là, dans cet ensemble d&rsquo;appartements abritant essentiellement des artistes que sont logés les deux artistes invités, à savoir Nestor Da et Thierry Oussou. Après m’être installé dans mes appartements, je pars à leur rencontre. Ce n’est pas la première fois que nous nous voyons, les retrouvailles sont donc spontanées et amicales.<br />
<figure id="attachment_4099" aria-describedby="caption-attachment-4099" style="width: 567px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4099" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_nestor_da_a_bruxelles.jpg" alt="Thierry Oussou et Nestor Da à Bruxelles © Nestor Da" title="Thierry Oussou et Nestor Da à Bruxelles © Nestor Da" class="caption" align="center" width="567" height="756" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_nestor_da_a_bruxelles.jpg 567w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_nestor_da_a_bruxelles-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 567px) 100vw, 567px" /><figcaption id="caption-attachment-4099" class="wp-caption-text">Thierry Oussou et Nestor Da à Bruxelles © Nestor Da</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4100" aria-describedby="caption-attachment-4100" style="width: 533px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4100" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/estelle_lecaille_thierry_oussou_a_bruxelles.jpg" alt="Estelle Lecaille et Thierry Oussou à Bruxelles © Nestor Da" title="Estelle Lecaille et Thierry Oussou à Bruxelles © Nestor Da" class="caption" align="center" width="533" height="800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/estelle_lecaille_thierry_oussou_a_bruxelles.jpg 533w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/estelle_lecaille_thierry_oussou_a_bruxelles-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 533px) 100vw, 533px" /><figcaption id="caption-attachment-4100" class="wp-caption-text">Estelle Lecaille et Thierry Oussou à Bruxelles © Nestor Da</figcaption></figure></p>
<h2>**En résidence</h2>
<p>Nestor Da et Thierry Oussou ont tous deux six ans de différence et des parcours très différents. L’un est plasticien et vidéaste, l’autre est photographe. Mais la photographie pour Nestor Da, est un matériau brut dont il use pour créer de nouvelles images. Il <em>« construit son travail non seulement à partir de ses propres photographies, mais aussi à partir de matériaux trouvés. Il les juxtapose, les confronte les uns aux autres, les peint et les fait se chevaucher dans la même image afin de déconstruire l’original. (&#8230;) Il collectionne et rassemble des fragments qui dévoilent une nouvelle vision de l’image et crée un univers singulier sur papier photographique »</em>[[Extrait de la biographie de l’artiste présent sur le site de la Galerie Cécile Fakhoury]] </p>
<p>Né en 1982 à Bingerville en Côte d’Ivoire de parents burkinabés, Nestor Da semble vouloir se jouer des catégories, éviter de se laisser enfermer dans une quelconque case, comme si son maître mot était avant tout d’être libre de s’exprimer comme il l’entend. Il accepte cependant sans rechigner qu’on le qualifie de photographe, après tout c’est ce qu’il est même s’il retravaille ses images.<em> « La photographie</em>, dit-il, <em>me donne confiance, elle est ma force et ma passion »</em>[[Nestor Da, photographe », éditions de l’œil, Paris, 2011, p.11]]. Le personnage promène sa figure longiligne &#8211; qui lui donne des allures de personnage de bande dessinée &#8211; dans les rues de la capitale européenne depuis le 5 juillet, date à laquelle il a débarqué pour la première fois à Bruxelles. Depuis, à la recherche de son sujet, il part à la rencontre des personnes qui ont accepté de se prêter au jeu de modèle et deviennent ainsi les éléments de ses futures compositions.<br />
<br />Son travail est à découvrir sur le site de sa <a href="http://cecilefakhoury.com/artist/nestor-da/">galerie Cécile Fakhoury.</a><br />
<figure id="attachment_4101" aria-describedby="caption-attachment-4101" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4101" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_tournage_au_jardin_urbain_de_molenbeek.jpg" alt="Thierry Oussou Tournage au Jardin Urbain de Molenbeek © Dagara Dakin" title="Thierry Oussou Tournage au Jardin Urbain de Molenbeek © Dagara Dakin" class="caption" align="center" width="800" height="600" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_tournage_au_jardin_urbain_de_molenbeek.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_tournage_au_jardin_urbain_de_molenbeek-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/thierry_oussou_tournage_au_jardin_urbain_de_molenbeek-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-4101" class="wp-caption-text">Thierry Oussou Tournage au Jardin Urbain de Molenbeek © Dagara Dakin</figcaption></figure><br />
Thierry Oussou, né en 1988 est autodidacte. Il se fait remarquer sur la scène artistique béninoise en remportant dès le collège de nombreux prix. En 2012, il a été sélectionné pour participer à l’atelier photographique « Inventer le monde en image » dans le cadre de la biennale du Bénin avec l’association Afrique in visu. Il est pour le moins déterminé dans son souhait de faire de son art son moyen d’exister. Son parcours est assez éloquent pour ne pas dire impressionnant, quand on connaît les conditions de travail des artistes sur le continent. Dernièrement il a été accepté pour une bourse d’enseignement d’une durée de deux ans à la Rijksakademie (Académie Royale des Beaux Arts) à Amsterdam. Ce qui, nous le lui souhaitons, donnera de l’ampleur à sa vision, élargira son champ de prospection et lui permettra d’asseoir un certain nombre de ses connaissances. Plus connu pour ses vidéos, il développe dans le cadre de cette résidence un genre de reportage expérimental basé sur le thème des quatre éléments. Ce thème de réflexion est celui proposé cette année par la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek, l’un des partenaires de cette résidence d’artistes. Pour ce faire, c’est accompagné d’Estelle Lecaille preneuse de son pour l’occasion, que Thierry Oussou va à la rencontre des habitants du quartier et à la découverte de l’architecture de la ville. </p>
<p>Thierry Oussou et Nestor Da s’étaient déjà croisés une première fois lors de la Biennale de Cotonou en 2012. Nestor Da exposait alors dans l’exposition officielle et y décrochait le prix d’encouragement de l’Institut Français tandis que Thierry Oussou à ce même moment présentait son travail dans le lieu Unik à Abomey. </p>
<h2>**Sur tous les fronts</h2>
<p>La résidence <em>Dokountin</em> est non seulement une occasion pour les deux artistes d&rsquo;apprendre à mieux se connaître mais aussi un moyen de faire connaissance avec la scène artistique bruxelloise et accroître leur réseau. C’est à cela que servent les moments de convivialité à l’exemple de la soirée organisée par Mòsso le 17 juillet. À cette occasion les deux résidents ont pu échanger avec les artistes africains installés ou de passage à Bruxelles à l’exemple de Freddy Tsimba, Sammy Baloji ou encore Aimé Mpane, Christelle Yaovi, etc. Tous étaient présents afin de permettre les échanges et de faciliter les possibles à venir.<br />
<figure id="attachment_4102" aria-describedby="caption-attachment-4102" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4102" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_en_cours_durant_le_stage_re_alise_par_nestor_da_a_molenbeek.jpg" alt="Travail en cours durant le stage réalisé par Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da" title="Travail en cours durant le stage réalisé par Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da" class="caption" align="center" width="800" height="533" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_en_cours_durant_le_stage_re_alise_par_nestor_da_a_molenbeek.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_en_cours_durant_le_stage_re_alise_par_nestor_da_a_molenbeek-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_en_cours_durant_le_stage_re_alise_par_nestor_da_a_molenbeek-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-4102" class="wp-caption-text">Travail en cours durant le stage réalisé par Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4103" aria-describedby="caption-attachment-4103" style="width: 646px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4103" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_re_alise_durant_le_stage_de_nestor_da_a_molenbeek.jpg" alt="Travail réalisé durant le stage de Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da" title="Travail réalisé durant le stage de Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da" class="caption" align="center" width="646" height="567" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_re_alise_durant_le_stage_de_nestor_da_a_molenbeek.jpg 646w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/08/travail_re_alise_durant_le_stage_de_nestor_da_a_molenbeek-300x263.jpg 300w" sizes="(max-width: 646px) 100vw, 646px" /><figcaption id="caption-attachment-4103" class="wp-caption-text">Travail réalisé durant le stage de Nestor Da à Molenbeek © Nestor Da</figcaption></figure><br />
Estelle Lecaille doit être sur tous les fronts : faciliter les démarches de chacun des artistes et s’occuper des questions administratives et logistiques. Au moment où je suis arrivé, elle attendait encore des réponses concernant les financements de la résidence. Il lui a bien fallu lancer le projet sans attendre, sans quoi le risque était que rien ne se fasse. Bien lui en a pris puisque au final tous les partenaires qui s’étaient engagés sont au rendez-vous et que de belles surprises ont jalonné ce dédale dans lequel elle s’était engagée. Les refus furent nombreux, le doute était aussi de l’aventure mais tout semble être en bonne voie. </p>
<p>En reprenant le bus pour Paris le 18 juillet en début d’après midi sous un soleil de plomb, je laisse derrière moi Thierry Oussou, Nestor Da, Estelle Lecaille et bien d’autres encore croisés lors de ce bref séjour bruxellois. La présentation du résultat de la résidence en septembre pourrait bien être une belle occasion pour revoir la plupart d’entre eux.</p>
<p>L’asbl Mòsso est en route et on ne peut que lui souhaiter que le long trajet qui l’attend soit jalonné de belles réalisations et la conduise à bon port : <em>Là ou se trouve la richesse</em>, en somme.</p>
<p>Bruxelles &#8211; Paris, juillet 2014</p>
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			</item>
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		<title>Nathalie Mba Bikoro, artiste pluridisciplinaire</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/nathalie-mba-bikoro-artiste769/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dagara Dakin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 May 2012 07:29:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Saint Louis du Sénégal, le 16 mai 2012. Dans une maison d’hôte qui a pour nom « Au fil du fleuve », se tient, dans le cadre du off de la biennale de Dakar, le vernissage de l’exposition titrée « La traversée Jaune, la valse des peuples ». Cette dernière présente des estampes de Nathalie Mba Bikoro, et des objets et meubles design de Marie-Caroline Camara, la propriétaire des lieux. Un bel endroit, spacieux, fort agréablement bien agencé. Les visiteurs apprécient. Sur les murs, les estampes de Nathalie Mba Bikoro interpellent. On les regarde une à une avec attention, et on se rend rapidement</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/nathalie-mba-bikoro-artiste769/">Nathalie Mba Bikoro, artiste pluridisciplinaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Saint Louis du Sénégal, le 16 mai 2012. Dans une maison d’hôte qui a pour nom « Au fil du fleuve », se tient, dans le cadre du off de la biennale de Dakar, le vernissage de l’exposition titrée <em>« La traversée Jaune, la valse des peuples »</em>. <figure id="attachment_2889" aria-describedby="caption-attachment-2889" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2889" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/last_independence_3aiv.jpg" alt="The Uncomfortable Truth / St Bartholomea  ArtEvict London 2010 (photos by Kiki Taira) &#038; Poland EPAF Festival Warsaw 2011 (photos by EPAF)" title="The Uncomfortable Truth / St Bartholomea  ArtEvict London 2010 (photos by Kiki Taira) &#038; Poland EPAF Festival Warsaw 2011 (photos by EPAF)" class="caption" align="right" width="300" height="393" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/last_independence_3aiv.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/last_independence_3aiv-229x300.jpg 229w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-2889" class="wp-caption-text">The Uncomfortable Truth / St Bartholomea  ArtEvict London 2010 (photos by Kiki Taira) &#038; Poland EPAF Festival Warsaw 2011 (photos by EPAF)</figcaption></figure>Cette dernière présente des estampes de <strong>Nathalie Mba Bikoro</strong>, et des objets et meubles design de <strong>Marie-Caroline Camara</strong>, la propriétaire des lieux. Un bel endroit, spacieux, fort agréablement bien agencé. Les visiteurs apprécient. </p>
<p>Sur les murs, les estampes de Nathalie Mba Bikoro interpellent. On les regarde une à une avec attention, et on se rend rapidement compte que beaucoup de choses se disent dans ces cadres où des silhouettes d’animaux, de personnages et de divers objets se découpent silencieuses dans des paysages essentiellement vides. Seul l’agencement des personnages sur les réserves du papier crée la profondeur, l’espace. </p>
<p>Nathalie Mba Bikoro, quant à elle, se trouve dans un coin de la pièce. Vêtue d&rsquo;une robe aux motifs africains, elle se recouvre le visage de feuilles d’or. Un masque. Elle se lève et le public la suit. Bientôt nous nous retrouvons dans la rue Ex Ribet. C’est là que se joue la suite de la performance que l’artiste vient d’entamer sous nos yeux intrigués. Elle court, comme appâtée par ces cœurs de mouton cru tenus au bout d’un bâton de part et d’autre de la rue par deux garçons qui n’ont de cesse d’agiter leurs cannes à pêche improvisées. Dans ces cœurs crus sont plantés des clous que dans ses allers-retours la performeuse s’évertue à retirer un à un. Épuisée, elle souffle, elle crache.<br />
Une fois tous les clous retirés du cœur, l&rsquo;artiste se saisie d&rsquo;une plaque portant le nom d&rsquo;une rue « Passage Devès »&#8230; La rue Ex Ribet rebaptisée, la performance se termine. L&rsquo;hommage est rendu.  </p>
<h2>Entretien avec Nathalie Mba Bikoro</h2>
<p><strong>Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?</strong></p>
<p>Je suis une artiste franco-gabonaise née en 1985. Ma démarche se veut une réflexion sur les thèmes que sont la mémoire, l’histoire, les cultures et les issues concernant les droits de l’homme. Ma pratique artistique est pluridisciplinaire mais je me réfère principalement à la littérature. Toutefois, la performance occupe une place majeure dans ma pratique.</p>
<p><strong>Votre actualité dans le cadre de la biennale de Dakar 2012 est double, à la fois vous êtes présente dans le IN et dans le OFF, c’était important pour vous de présenter vos travaux dans ces deux espaces de la biennale ?</strong></p>
<p>En effet ma sélection dans le IN nous a permis, mon galeriste <strong><a href="http://edcrossfineart.com/">Ed Cross</a></strong> et moi, d’organiser une exposition dans le OFF. C’était  très important pour moi de présenter la série d’estampes à Saint Louis pour révéler le monde d’Alice, une œuvre très différente de ce que je présente dans le IN. C’était l’occasion de créer des travaux en hommage aux habitants et à l’histoire de Saint Louis.</p>
<p><strong>Vous avez reçu le prix du Centre Soleil pour votre proposition dans le IN, en quoi consiste ce prix ?</strong></p>
<p>Ce prix consiste en une résidence d’artiste à Bamako. Laquelle à pour objet de mener une étude de 1 à 2 mois sur des thèmes lié à l’environnement actuel du site. Le but est de créer des liens entre l’art et l’éducation. Dans la perspective de création d’un lieu permanent où je pourrai continuer à travailler, mettre en place des workshops pour les élèves et faire des activités concernant la position des femmes. L’idée est d’introduire de nouvelles idées, d’entretenir des relations pour soutenir le travail et la vision des populations locales tout en proposant des dialogues entre les artistes et les communautés.</p>
<p><strong>Votre technique navigue entre la photographie et l’estampe, pouvez-vous nous en parler ?</strong></p>
<p>La série que je présente dans le OFF est un mixte de dessins et de photogravures rassemblés dans un collage sur estampe. C’est une technique qui permet de graver sur une plaque métallique puis ensuite de la traiter sous des acides liquides avant de pouvoir l’imprimer sur papier. Pour la deuxième partie de l&rsquo;expo je me suis inspirée d&rsquo;ancienne photos d&rsquo;archive que je me suis réappropriée.<br />
<figure id="attachment_2890" aria-describedby="caption-attachment-2890" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2890" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/cutting_down_the_fetish_treeaiv.jpg" alt="Cutting down the fetish tree - Estampe  17,2x8,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro" title="Cutting down the fetish tree - Estampe  17,2x8,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro" class="caption" align="center" width="800" height="379" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/cutting_down_the_fetish_treeaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/cutting_down_the_fetish_treeaiv-300x142.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/cutting_down_the_fetish_treeaiv-768x364.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2890" class="wp-caption-text">Cutting down the fetish tree &#8211; Estampe  17,2&#215;8,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro</figcaption></figure><br />
<strong>Quand on voit l’exposition on songe bien sur à l’œuvre de Kara Walker de par son aspect narratif et le découpage qui renvoie vaguement à ses films d’animation. Sans parler d’influence, est-ce une artiste dont vous appréciez le travail ?</strong></p>
<p>Bien sur le travail de <strong>Kara Walker</strong> est très fort et m´inspire beaucoup !!! J&rsquo;aime le traitement littéraire q&rsquo;elle utilise pour construire ses animations avec le son et les traits de couleurs. Elle discute parfaitement l’enjeu de l&rsquo;histoire des civilisations aux Etats-Unis. Quand j´ai commencé Alice Aux Pays Des Merveilles j’ai puisé mon inspiration dans la littérature de <strong>Lewis Carroll</strong>,  <strong>Morrison</strong>, <strong>Kebede</strong>, <strong>Césaire</strong>, <strong>Diop</strong>, <strong>Courtemanche</strong>, <strong>Hooks</strong>, <strong>Rodney</strong>, <strong>Lucie Mba</strong>. L&rsquo;intention était de créer un livre pour enfant qui serait disponible dans les écoles en commençant par le Gabon. C&rsquo;est pour enrichir l&rsquo;imaginaire et réécrire nos dialogues. La technique est venu un peu comme le sens du vent, j&rsquo;ai suivi, j&rsquo;ai découvert mes images et je voyage avec Alice. La technique de cette gravure opère naturellement avec ses ombres, encre noir brut, qui parfois s&rsquo;effacent comme des fantômes. </p>
<p><strong>Pouvez-vous nous détailler le propos de votre proposition dans le OFF ? Pourquoi ce titre <em>« La traversée Jaune, la valse des peuples »</em> ?</strong></p>
<p><em>« La traversée Jaune, la valse des peuples »</em> évoque le voyage de l&rsquo;histoire, des familles et nos responsabilités en tant qu’être humain. La valse des peuples rebondie sur l’idée des racines, l’immigration et la politique, toujours en changement comme une valse métissée, créolisée entre plusieurs cultures. La couleur jaune renvoie également à la gomme arabique qui a une teinte jaune et orange à la lumière. Cela est un rappel de l’histoire de la famille Devès qui était propriétaire, dans la rue ex Ribet, d’une usine de gomme arabique. D’où l’hommage que je lui rends par le biais de ma performance que je réalise en partie dans cette rue. C’est aussi en référence à la fièvre jaune : l’idée de la maladie, de l’aveuglement, de la folie. </p>
<p>À la fois on retrouve bien cette histoire dans la maison avec l’une des lampes créées par <strong>Marie-Caroline Camara</strong> qui utilise de la gomme arabique entre les verres et ressort avec un reflet jaune. La maison est aussi peinte en jaune. La traversée jaune introduit donc un hommage à la famille Devès, à son histoire et à l’espace. Elle introduit très lentement les étapes que la famille a dû franchir, la manière dont la communauté les auraient traitée, cette ‘maladie’ de la dichotomie entre noir et blanc. A travers cette exposition, nous répondons à l’amour de la famille, la célébration de rencontres de cultures et nous commémorons la mémoire de ceux qui se sont battus pour notre futur.<br />
<figure id="attachment_2891" aria-describedby="caption-attachment-2891" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2891" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_playgroundaiv.jpg" alt="The Playground / Giraffes - Estampe 29x11 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro" title="The Playground / Giraffes - Estampe 29x11 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro" class="caption" align="center" width="800" height="398" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_playgroundaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_playgroundaiv-300x149.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_playgroundaiv-768x382.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2891" class="wp-caption-text">The Playground / Giraffes &#8211; Estampe 29&#215;11 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2011 © Nathalie Mba Bikoro</figcaption></figure><br />
<strong>Quel sens donner à la performance qui accompagne l’exposition <em>« La traversée jaune »</em> ?</strong></p>
<p>La performance The Middle Passage accompagne l&rsquo;expo, agrandie le voyage et montre les étapes à la fois d’Alice, et celles que nous traversons tous dans nos vies. Nos passages, nos rencontres. Elle parle des injustices, de l&rsquo;amour de nos familles, de la fin du sortilège, de la culpabilité de la mère, des mythes et représentations de nos cultures, tout en concluant sur l&rsquo;amour du peuple et de la famille. La performance se termine avec l’inauguration de la rue « Passage Devès », qui permet de lier le chemin de la traversée jaune.</p>
<p>L&rsquo;or sur le visage exprime l’idée de la représentation imaginaire dans l&rsquo;histoire. Un peu comme remettre le corps, à la manière d’un objet sans signification, dans le cimetière d´un musée.  On me baptise avec de l&rsquo;eau et je cours entre deux cœurs suspendus enlevant des clous jusqu&rsquo;à les libérer avant de rendre hommage aux peuples et d’inaugurer la rue « Passage Devès ».</p>
<p><strong>La dimension pédagogique tient une grande place dans votre démarche à ce que je crois savoir ? </strong> </p>
<p>En effet j’aime communiquer et découvrir avec les gens. Et cette passion je l’exerce dans ma profession d’enseignante, auprès de gens de tous les âges. J’organise des workshops créatifs en direction d’un public adulte ou plus jeune. J&rsquo;enseigne la philosophie et les arts (arts management, digital media arts, production documentaire, littérature et théories) et je donne des cours d´histoire de l´art.</p>
<p>Ce qui m’intéresse c&rsquo;est de donner une formation de base aux communautés qui peuvent l&rsquo;entretenir dans le futur. Je fais ces voyages à travers l&rsquo;Europe, le Brésil et au Gabon où je m’occupe d’un centre d´art et de culture.</p>
<p>L&rsquo;exposition de Nathalie Mba Bikoro se tient dans le cadre du off de la Biennale de Dakar du 16 mai au 10 juin 2012.<br />
<br />Pour s&rsquo; y rendre : Maison d&rsquo;hôtes <a href="http://fildufleuve.com/">« Au fil du Fleuve »</a>, Sud, Quai Henry Jay, rue El Hadji Malick Sy, Saint Louis, Sénégal.</p>
<figure id="attachment_2892" aria-describedby="caption-attachment-2892" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2892" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_voyage_of_venusaiv.jpg" alt="The voyage of Venus / Middle Passage - Estampe 18,7x12,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2012 © Nathalie Mba Bikoro" title="The voyage of Venus / Middle Passage - Estampe 18,7x12,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2012 © Nathalie Mba Bikoro" class="caption" align="center" width="800" height="369" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_voyage_of_venusaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_voyage_of_venusaiv-300x138.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/05/the_voyage_of_venusaiv-768x354.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2892" class="wp-caption-text">The voyage of Venus / Middle Passage &#8211; Estampe 18,7&#215;12,2 cm, Encre noir sur papier ivoire, 2012 © Nathalie Mba Bikoro</figcaption></figure>
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		<title>Lentement, ou l’absence en creux</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/lentement-ou-l-absence-en-creux633/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dagara Dakin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2011 08:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://preprod.afriqueinvisu.org/lentement-ou-l-absence-en-creux633/</guid>

					<description><![CDATA[<p>On oppose bien souvent la lenteur à la vitesse, laquelle est en quelque sorte devenue la colonne vertébrale de nos sociétés modernes. Un peu comme s’il fut un temps ou nous ne vivions que dans la lenteur, un temps avant le mode moderne, avant la modernité. Par conséquent la lenteur renvoie comme par effet miroir, mais un miroir inversé, aux sociétés du sud qui, dans l’imaginaire du monde occidental, sont comme figées à jamais dans le temps. Et ce, bien que cette pensée soit complètement erronée. Si on lie la vitesse à l’Histoire avec un grand H, très vite on</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On oppose bien souvent la lenteur à la vitesse, laquelle est en quelque sorte devenue la colonne vertébrale de nos sociétés modernes. Un peu comme s’il fut un temps ou nous ne vivions que dans la lenteur, un temps avant le mode moderne, avant la modernité. Par conséquent la lenteur renvoie comme par effet miroir, mais un miroir inversé, aux sociétés du sud qui, dans l’imaginaire du monde occidental, sont comme figées à jamais dans le temps. Et ce, bien que cette pensée soit complètement erronée.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2146" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/visuelcouvaiv.jpg" alt="visuelcouvaiv.jpg" align="right" width="350" height="502" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/visuelcouvaiv.jpg 350w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/visuelcouvaiv-209x300.jpg 209w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" />Si on lie la vitesse à l’Histoire avec un grand H, très vite on en arrive aux dérives que nous avons connues récemment et sur lesquelles nous ne reviendrons pas, parce que le temps passe, bien que les insultes ne soient pas toujours de la même nature ou consistance. Certains ont encore des enseignements à tirer de la raison d’être de la lenteur. Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, dit la formule.</p>
<p>Nous y voilà donc : les relations nord/sud. Parce que c’est aussi de cela dont il est question dans cet ouvrage. <em>« Mais au delà de ce dialogue nord/sud, c’est surtout de l’attente dont il s’agit ici, et de la relation de ces mères à l’absence de l’être aimé. L’attente trop longue de ces femmes siciliennes au prise avec la Mafia face à une justice trop lente (ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas combat de leur part),<br />
l’attente trop longue de ces femmes sénégalaises (ce qui ne signifie pas non plus qu’il n’y a pas combat au quotidien) de revoir leurs enfants »</em> précise, la photographe <strong>Sophie Bachelier</strong>. Et de poursuivre : <em>« Finalement le seul regard “nord/sud” est le mien par la force des choses, car Boris Boubacar Diop et Nando della Chiesa écrivent sur leur propre société. »</em></p>
<p><em>Lentement</em>, parce qu’il faut ralentir le rythme des événements pour ne pas les subir, ne pas reproduire les mêmes erreurs que de par le passé. Faire le tri, tisser des ponts ici et là. Ne pas s’évertuer à creuser les écarts. Prendre le temps de comprendre. Et Sophie Bachelier d’ajouter : <em>« Et c’est là aussi que l’éditeur je pense (mais il faudrait lui poser la question) a eu l’intuition du temps arrêté induit par la pose (attente) photographique. Comme si je me regardais dans un miroir. Pour que celui qui regarde les visages de ces femmes se regarde aussi dans le miroir. Le regard de ces femmes nous pose &#8211; il me semble &#8211; dans leur profondeur les vraies questions. Pour moi c’est comme poser une interrogation dont chacun peut ensuite aller chercher les réponses. C’est pour cela que j’ai choisi la pose, le face à face, au 35 mm. »</em></p>
<p><figure id="attachment_2147" aria-describedby="caption-attachment-2147" style="width: 500px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2147" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/005-800_largeaiv.jpg" alt="© Sophie Bachelier" title="© Sophie Bachelier" class="caption" align="right" width="500" height="334" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/005-800_largeaiv.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/005-800_largeaiv-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-2147" class="wp-caption-text">© Sophie Bachelier</figcaption></figure>Les trois auteurs, est-il rappelé en quatrième de couverture, «<em> se rencontrent ici pour la première fois. Ils sont de cultures et de provenances différentes. Chacun évoque des mères d’enfants éloignés ou disparus. Chacun désigne la violence d’une absence si forte et si douloureuse qu’elle devient présence. Les portraits longuement approchés de Sophie Bachelier alternent avec les textes de Boubacar Boris Diop et Nando dalla Chiesa. » </em></p>
<p>De beaux portraits en noir et blanc, des mères dont le regard dit la perte, l’absence, font face à l’objectif. Les textes soutiennent le propos, élargissent la discussion, permettent d’approcher au plus près ces femmes, ces mères aux regards lointains.</p>
<p>L’écrivain sénégalais <strong>Boubacar Boris Diop</strong> et l’italien <strong>Nando dalla Chiesa</strong>, usent de mots qui vont à l’essentiel sans se départir de l’émotion. Leurs récits s’équilibrent parfaitement avec les images de Sophie Bachelier.</p>
<p>On ne peut parler d’un livre de photographie ou d’un essai. L’ouvrage échappe à ces catégories. Ce que le lecteur tient en main est tout simplement un beau livre qui offre cette particularité de nous donner à voir un regard féminin sur la question migratoire. La justesse des mots associés à la pudeur des images de la photographe met en avant la douceur, mais aussi la colère de ses mères de douleur. Douleur qui naît du sentiment d’injustice. Impuissantes devant la tragédie, elles doivent pourtant continuer à se battre pour elle, mais également pour la mémoire de ceux qui ne sont plus et pour que vivent ceux qui sont encore là.</p>
<p>Sur la partie interne de la couverture de l’ouvrage on trouve cette définition qui justifie le choix du nom de la collection : <em>« d’ici là, l’expression désigne un écart dans le temps comme dans l’espace. Un gué, d’une rive à l’autre, un passage, d’un moment l’autre. »</em></p>
<p>Ce n’est pas par fantaisie que <strong>Valerio Maria Ferrari</strong>, qui est à l’origine de cette collection a fait se rencontrer les auteurs de ce livre, mais bien parce qu’il y a une évidence à tisser des ponts entre l’ici et l’ailleurs.</p>
<p><figure id="attachment_2148" aria-describedby="caption-attachment-2148" style="width: 500px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2148" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/009-800_largeaiv.jpg" alt="© Sophie Bachelier" title="© Sophie Bachelier" class="caption" align="right" width="500" height="334" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/009-800_largeaiv.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/06/009-800_largeaiv-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-2148" class="wp-caption-text">© Sophie Bachelier</figcaption></figure>Le propos n’est pas de mettre l’accent sur des différences qui pour certains sont infranchissables mais de trouver des passerelles. La douleur en est une et peut-être même celle que nous partageons le plus souvent. Il n’est pas question de pathos mais bien au contraire de dignité rendue ou recherchée. En filigrane apparaît cette évidence qu’il est bon de remettre en mémoire : la migration n’est pas une histoire nouvelle qui aurait commencée avec les migrants africains.</p>
<p>De la lenteur, l’enseignement que nous avons a tirer pourrait être résumé par cette formule de Hume que l’on retrouve dans l’introduction du livre : <em>« La répétition ne change rien dans l’objet qui se répète, mais elle change quelque chose dans l’esprit qui la contemple »</em>. Pour se rendre compte de la répétition il faut déjà de la distance. La prise de conscience de cette répétition est sans doute l’expression de ce changement qui s’opère dans l’esprit.</p>
<p>La question des frontières revient régulièrement dans l’actualité parce que le monde est mouvement. La violence liée à la Mafia, est, quant à elle, récurrente. Mais des logiques plus urgentes préoccupent le monde politique. Pourtant, on se dit qu’un jour, peut-être, tout cela changera. Mais parce que <em>« quelque chose change  dans l’esprit qui contemple »</em>, on rectifie : <em>« d’ici là, … »</em>. </p>
<p>En attendant, on ne peut que souhaiter longue vie à cette entreprise et enjoindre les uns et les autres à se procurer ce livre à lire absolument sur le rythme qu’il nous impose. Lentement mais sûrement.</p>
<h2>Les auteurs</h2>
<p>&#8211; <strong>Boubacar Boris Diop</strong><br />
<br />Né à Dakar, Boubacar Boris Diop est l’auteur de plusieurs romans, dont notamment Les tambours de la mémoire (Harmattan 1990), Le Cavalier et son ombre (nouvelle édition, Philippe Rey 2010), Murambi, le livre des ossements (nouvelle édition, Zulma 2011) et Kaveena (Philippe Rey, 2006). Les petits de la guenon est la version française de son roman en wolof Doomi Golo (Papyrus, Dakar 2003) dont il a lui-même assuré la traduction.Co-auteur, avec Odile Tobner et François-Xavier Verschave, de Négrophobie (Les Arènes, 2005) on lui doit aussi un essai intitulé L’Afrique au-delà du miroir (Philippe Rey, 2007). Il a collaboré en 2008 à l’ouvrage collectif L’Afrique répond à Sarkozy, chez le même éditeur. Boubacar Boris Diop a été en 2004 et 2008 “visiting professor” à Rutgers university, dans l’Etat de New Jersey et Writing Fellow à l’université Witwatersrand de Johannesburg de mars à septembre 2010.</p>
<p>&#8211; <strong>Nando dalla Chiesa</strong><br />
<br />Nando dalla Chiesa, fils du général des Carabiniers assassiné à Palerme en 1982, président de l’association Libera, est en Italie une personnalité engagée dans la lutte contre la Mafia, tant à l’université que dans la vie politique (au Partie démocrate). Il a publié de nombreux ouvrages, la convergenza. Mafia e politica nella Seconda Republica (Ed. Maltempo, 2010) et Contro la mafia. I testi classici (ed. Einaudi, 2010). Un seul a été traduit en français : Meurtre imparfait (éd. Liana Levi, 1998).</p>
<p>&#8211; <strong>Sophie Bachelier</strong><br />
<br />Photographe indépendante, cinéaste, Sophie Bachelier travaille depuis 1995 entre Paris (France) et Dakar (Sénégal). Diplômée de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris et titulaire d’un D.E.S.S. d’ethnologie à Paris VII, productrice des albums du chanteur sénégalais El Hadj N’Diaye, elle travaille aujourd’hui en images fixes et animées sur l’émigration sénégalaise vue du côté des femmes.</p>
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