Big house Un témoignage de Clétus Nwadike

, par Cletus Nwadike

Mon père a commencé à construire une maison il y a de nombreuses années. Il ne l’avait pas terminé quand il est mort. Il souhaitait installer dans cette grande maison ses 11 enfants où chacun aurait sa chambre.
Mon père aimait les grosses voitures, les grandes maisons, les grandes personnes, les grandes montagnes, les grands fleuves et les grandes fêtes.

Mon père disait que la raison pour laquelle nous devrions travailler si dur était de pouvoir faire de grandes choses. 
La grande maison de mon père a été abandonné pendant de nombreuses années jusqu’à il y a deux ans lorsque nous avons ré-entrepris de la reconstruire. 
J’ai commencé à documenter les personnes qui achèvent la maison de rêve de mon père. Beaucoup d’entre eux sont très jeunes et n’ont pas terminé leurs études. Mais ce sont de grands esprits et ils font biens leur travail. Quand je prenais ces photos, je voyais mon père dans ma tête. Il était heureux et plein de joie.
Mon père disait que la chose la plus importante que la vie puisse donner à un homme, c’est un dur labeur. Quelque chose qui devrait donner à l’homme du sens et un but. Longtemps après sa mort, j’entends encore sa voix : "Tu dois faire quelque chose de ta vie, tu dois travailler plus dur et ne pas accepter l’argent descendu du ciel dans ta poche".
Mon père et mon grand-père sont morts en travaillant dur. Le travail d’un homme le définit. C’est comme l’air que nous respirons. De temps en temps, je le vois encore dans mon rêve et il parle encore du dur labeur que je dois accomplir.

La plupart des gens qui construisent notre maison de rêve rêvent aussi d’avoir de l’argent pour construire une grande maison. Au Nigeria, un homme sans maison n’est pas un homme du tout. La plupart des personnes que j’ai choisies de photographier sont des maçons. Ils font le travail difficile nécessaire pour construire une maison. Je les connais depuis plus de deux ans et plus j’apprends à les connaitre, plus je comprends ce que nous avons en commun. Beaucoup d’entre eux ont quitté l’école pour trouver un emploi, car leurs parents ne pouvaient pas se permettre de payer leurs frais de scolarité.


Dans une déclaration du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Nigéria compte encore 10,5 millions d’enfants non scolarisés, soit le nombre le plus élevé au monde.
 Notre pays doit se réveiller avant qu’il ne soit trop tard. Notre nation doit embrasser les travailleurs de notre pays, le Nigeria.

J’ai choisi de montrer ces grands travailleurs, particulièrement à travers des portraits car cela me montre leurs durs labeurs.
Aujourd’hui, notre maison est presque terminée. C’est une grande maison, mais ma mère est malade et mon père est mort et je ne vis plus dans ce pays. Je vis dans un autre pays ; la Suède. Cette maison que le père a toujours voulu n’est finalement pas devenue une maison de famille...

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