La Guinée-Équatoriale accéda à l’indépendance en 1968. L’actuel président de la république de Guinée-Équatoriale, M. Teodoro Obiang Nguema, a pris le pouvoir lors du coup d’État du trois août 1979.
La Guinée Équatoriale est l’un des pays les plus riches du continent africain. Les trois quarts de sa population vivent en dessous du seuil de pauvreté [1].
Ce pays offre la particularité d’avoir sa capitale Malabo sur l’île de Bioko, située à une quarantaine de kilomètres des côtes camerounaises. C’est à Malabo que j’ai réalisé l’essentiel de mon travail, une série de portraits de personnes ayant un parcours de vie similaire.
Tous exercent une activité artistique et attachent une grande valeur à cette pratique, vecteur de leur culture. En m’ouvrant leur porte, ils m’ont ouvert une part de leur histoire. Pour des raisons “diverses“ j’ai choisi de ne garder que leur témoignage picturale et de leur rendre hommage en demandant à des auteurs africains, sans leur donner aucune précision quant au contexte dans lequel ont été réalisées ces prises de vues, d’écrire un texte s’inspirant, à la fois, de leur choix picturale (une ou deux photographies) et du thème « Le temps est l’attente »
C’est une partie de ce travail que je vous propose de découvrir.
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- Hallway Malabo © Cédric Spilthooren
Plus tard, quand la guerre sera terminée, quand la misère aura cessé, le ciel s’éclaircira et nous dirons que le temps à été long et dur. Alors, nous pourrons enfin regrouper nos espoirs.Véronique Tadjo
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- Anita Oscar Malabo © Cédric Spilthooren
Espérer vivreEspérer croireLe temps se consume à l’infinie vers des étendus éternellesL’abîme et la tourmente tourbillonnent dans les profondeurs célestesL’espoir est éteint dans ces baraquements de fortuneEspérer vivreEspérer croireEspérer atteindre les flots du désespoir à la frontière de la raisonOublié son destin, laisser son cœur à la porte de l’illusionRefuser le passé où les ondes floues narguent notre instinctEspérer vivreEspérer croireAppréhender le futur, là-bas au large des horizonsLes ailes de la colombe nous couvrent de sa blancheurEspérer résister à son destin, espérerEspérer vivreEspérer croireAïssatou Diamanka-Besland
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- The singer and fan Malabo © Cédric Spilthooren
Dans un monde aux horizons imperceptibles,A l’heure où la brise vespérale souffle sur le ciel brumeux,Elle chante de sa voix angélique, les merveilles de l’universEn attendant la chaleur vaincue par l’air doux du ventilateur déchaîné.Dans son point de fuite, mais assise sur le sommet d’un roc,La chanteuse au ventilateur attend,Chantant de sa voix brûlante de passion.Elle attend ce temps qui passeElle attend ces moments de plaisir non encore vécusElle attend ce temps qui passe et ne revient plus jamais le même.Julien Kilanga Musinde
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- Armand Malabo © Cédric Spilthooren
Enfin, les murmures de ses pas raisonnent en moi. Enfin, elle caresse le sol et fait tanguer mon coeur comme un bateau sans gouvernail dans l’océan inquiet de l’attente. J’ai attendu comme une poussière d’étoile, tapie dans l’univers sombre. J’ai attendu comme un rêve suspendu, comme une parole esquissée. Et je souris. Je souris à la lumière qui donne à son reflet les ombres bleues du silence. Je souris car chacun de ses pas dessine sur le sol les lettres ouvertes de notre prochaine rencontre.Youssef Amghar
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- Street window Malabo © Cédric Spilthooren
Un coup d’œil par la fenêtre.Un vide. Un silence écrasant.Par une fenêtre entrouverte,Je me vois passer sur la rueC’est ma silhouette que de tout temps j’attends.Je l’attends désespérément pour retrouver mon pouvoir sur elle.Mais elle disparaît quand cesse de briller le soleil.Jamais je n’ai compris qu’en fonction de la mienne et de celle du soleilSon existence était.Et pourtant devant cette fenêtre ouverte vers des espoirs incommensurables,J’attends pénétrer cet univers des créateursQui s’incarnent dans le temps du destinCe destin du temps des existences généreusesLaissant germer des fruits qui se moissonnent quand vient la saison.Ce temps d’attente qui pousse à toujours regarder par la fenêtreLe message de l’avenir à venir :« Quand une fenêtre de la vie se fermeElle annonce l’ouverture d’une autre ».Julien Kilanga Musinde