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	<title>Archives des Burundi - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Archives des Burundi - Afrique In Visu</title>
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	<item>
		<title>Amnésie au Burundi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Teddy Mazina]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jun 2012 08:15:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Burundi]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’histoire d’un jeune Burundais contraint à l’exil politique pendant 12 ans qui rentre dans son pays. C’est l’histoire d’un homme qui revient plein d’espoir au Burundi. Mais le présent de sa terre natale draine et traîne toujours son lot de drames, de violences, d’inquiétudes et de précarités. Les années de guerre civile n’ont laissé qu’un mélange d‘«accords de paix» et de nouvelles surprises en forme de crises politiques, sociales et morales. _ Alors comment faire face à un «état des lieux» aux allures chaotiques? Comment prendre part à la reconstruction de son pays d’origine sans être partisan? Comment témoigner</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’histoire d’un jeune Burundais contraint à l’exil politique pendant 12 ans qui rentre dans son pays. C’est l’histoire d’un homme qui revient plein d’espoir au Burundi.<br />
<br />Mais le présent de sa terre natale draine et traîne toujours son lot de drames, de violences, d’inquiétudes et de précarités. Les années de guerre civile n’ont laissé qu’un mélange d‘«accords de paix» et de nouvelles surprises en forme de crises politiques, sociales et morales.<br />
<figure id="attachment_2909" aria-describedby="caption-attachment-2909" style="width: 400px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2909" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/14_a_in_visuaiv.jpg" alt="La douleur - Une jeune fille hurlant de douleur sa mère est morte et emballée dans l’une des nattes sur le sol souillé de sang dans la natte une des victimes du massacre de Gatumba le 19 septembre 2011 © Teddy Mazina" title="La douleur - Une jeune fille hurlant de douleur sa mère est morte et emballée dans l’une des nattes sur le sol souillé de sang dans la natte une des victimes du massacre de Gatumba le 19 septembre 2011 © Teddy Mazina" class="caption" align="right" width="400" height="598" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/14_a_in_visuaiv.jpg 400w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/14_a_in_visuaiv-201x300.jpg 201w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-2909" class="wp-caption-text">La douleur &#8211; Une jeune fille hurlant de douleur sa mère est morte et emballée dans l’une des nattes sur le sol souillé de sang dans la natte une des victimes du massacre de Gatumba le 19 septembre 2011 © Teddy Mazina</figcaption></figure>_ Alors comment faire face à un «état des lieux» aux allures chaotiques? Comment prendre part à la reconstruction de son pays d’origine sans être partisan? Comment témoigner de son temps, plaider pour un avenir meilleur, vivre sans fermer les yeux sur la réalité ? Comment vivre et jouer son rôle dans la communauté, contribuer à la mise en place de conditions de vie dignes, justes, libres et respectueuses des droits humains pour les générations à venir ?<br />
<br />Être témoin et prendre des photos?<br />
<br />Prendre le parti de la population, parler de ses compatriote pour que l&rsquo;Histoire ne soit plus seulement racontée à travers les représentations d’un peuple violent envers lui-même, mais que d’autres images puissent témoigner, et devenir des références nécessaires à la compréhension du passé et des outils de paix.</p>
<p><strong>Témoigner de son temps.</strong></p>
<p><strong>Teddy Mazina</strong> se définit alors comme « un activiste de la mémoire » : il prend des photos pour garder une trace, pour que la population du Burundi n’oublie plus, pour que les images conservent ce que l’on voudrait oublier, ou faire oublier. « Gardien des images » pour ce pays où il est né. <em>« Photographier les événements de l’actualité sociale et politique burundaise est un choix presque vital pour moi et pour l’histoire du Burundi »</em> avoue-t-il. _ Etre témoin au milieu de la foule, des cris, des danses des campagnes électorales, des pleurs des morts et des vivants, voilà où le porte son regard.<br />
C’est l’idée que durant quinze années de guerre civile au cours desquelles plus de 300 000 personnes furent massacrées, seules quelques rares images subsistent, qui a poussé le photographe à tenter de contribuer à sa manière à l’édification d’une mémoire collective. «Objectif Amnésie» propose de figer les événements, le temps d’une image et se définit comme un combat, une résistance contre l’oubli et l&rsquo;amnésie collective de la communauté.<br />
<br />Sa première exposition, baptisée «Objectifs Amnésie / Devoir de Mémoire» est une réaction face à la violence encore bien présente dans son pays et face à l’amnésie ambiante. Teddy Mazina montre des images prises sur le vif d’une réalité intense et dure, mais qui suggèrent plutôt qu’elles ne désignent. Entre images festives et images tristes, le photographe fait ressortir les joies et peines, espoirs, désespoirs que vivent les habitants du Burundi. Ses photographies ouvrent une porte derrière laquelle la liberté d’expression accompagne les premiers pas de la démocratie, du respect des droits humains.<br />
<br />Teddy Mazina s’engage résolument par la photographie dans une lutte contre la violence et l’intolérance politique, afin que l’ignorance et la peur ne soient plus le terreau fertile des mêmes erreurs, des mêmes crimes et des mêmes drames, contre les velléités de revanches que son pays a connus.<br />
<br />Le regard de ce photographe autodidacte ouvre une brèche dans la douleur, la souffrance et le déni, appelle une société à se regarder de l’intérieur et à réagir.</p>
<p><figure id="attachment_2910" aria-describedby="caption-attachment-2910" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2910" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/1_a_ninvisuaiv.jpg" alt="Ruine Royale - Ancien palais du gouverneur au temps de la tutelle belge, devenu par la suite palais du Mwami Mwambutsa, la belle bâtisse est chargée de symboles pour l’histoire nationale. C’est la dernière demeure du héros de la démocratie, Melchiore NDADAYE, bombardée par des véhicules blindés dans la nuit du 20 au 21 octobre 1993, elle fût abandonnée et pillée. Elle est aujourd’hui en ruine et sert d’abri de fortune pour un camp de la police nationale. © Teddy Mazina" title="Ruine Royale - Ancien palais du gouverneur au temps de la tutelle belge, devenu par la suite palais du Mwami Mwambutsa, la belle bâtisse est chargée de symboles pour l’histoire nationale. C’est la dernière demeure du héros de la démocratie, Melchiore NDADAYE, bombardée par des véhicules blindés dans la nuit du 20 au 21 octobre 1993, elle fût abandonnée et pillée. Elle est aujourd’hui en ruine et sert d’abri de fortune pour un camp de la police nationale. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/1_a_ninvisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/1_a_ninvisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/1_a_ninvisuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2910" class="wp-caption-text">Ruine Royale &#8211; Ancien palais du gouverneur au temps de la tutelle belge, devenu par la suite palais du Mwami Mwambutsa, la belle bâtisse est chargée de symboles pour l’histoire nationale. C’est la dernière demeure du héros de la démocratie, Melchiore NDADAYE, bombardée par des véhicules blindés dans la nuit du 20 au 21 octobre 1993, elle fût abandonnée et pillée. Elle est aujourd’hui en ruine et sert d’abri de fortune pour un camp de la police nationale. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2911" aria-describedby="caption-attachment-2911" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2911" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/2_a_invisuaiv.jpg" alt="Boulevard - Avant la parade militaire du 1er Juillet, jour de l’indépendance du Burundi, les militaires marquent les rangs de leurs armes. © Teddy Mazina" title="Boulevard - Avant la parade militaire du 1er Juillet, jour de l’indépendance du Burundi, les militaires marquent les rangs de leurs armes. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="535" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/2_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/2_a_invisuaiv-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/2_a_invisuaiv-768x514.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2911" class="wp-caption-text">Boulevard &#8211; Avant la parade militaire du 1er Juillet, jour de l’indépendance du Burundi, les militaires marquent les rangs de leurs armes. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2912" aria-describedby="caption-attachment-2912" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2912" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/3_a_invisuaiv.jpg" alt="Billbord, 2009 - Campagne de désarmement post conflit financée par le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement. © Teddy Mazina" title="Billbord, 2009 - Campagne de désarmement post conflit financée par le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="447" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/3_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/3_a_invisuaiv-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/3_a_invisuaiv-768x429.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2912" class="wp-caption-text">Billbord, 2009 &#8211; Campagne de désarmement post conflit financée par le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2913" aria-describedby="caption-attachment-2913" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2913" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/4_a_in_visuaiv.jpg" alt="Dossiers - Dans la nuit du 3 décembre 2009, une émeute éclate à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura. Le bureau du directeur prend feu, emportant des milliers de dossiers de détenus. Pour 800 places, la prison comptait à ce moment-là plus de 3500 détenus. © Teddy Mazina" title="Dossiers - Dans la nuit du 3 décembre 2009, une émeute éclate à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura. Le bureau du directeur prend feu, emportant des milliers de dossiers de détenus. Pour 800 places, la prison comptait à ce moment-là plus de 3500 détenus. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="531" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/4_a_in_visuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/4_a_in_visuaiv-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/4_a_in_visuaiv-768x510.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2913" class="wp-caption-text">Dossiers &#8211; Dans la nuit du 3 décembre 2009, une émeute éclate à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura. Le bureau du directeur prend feu, emportant des milliers de dossiers de détenus. Pour 800 places, la prison comptait à ce moment-là plus de 3500 détenus. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2914" aria-describedby="caption-attachment-2914" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2914" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/5_a_invisuaiv.jpg" alt="Campagne Carnaval - Les campagnes électorales au Burundi sont de grandes fêtes, un grand carnaval avec beaucoup de ferveur, de la musique, des personnages et des déguisements. © Teddy Mazina" title="Campagne Carnaval - Les campagnes électorales au Burundi sont de grandes fêtes, un grand carnaval avec beaucoup de ferveur, de la musique, des personnages et des déguisements. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/5_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/5_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/5_a_invisuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2914" class="wp-caption-text">Campagne Carnaval &#8211; Les campagnes électorales au Burundi sont de grandes fêtes, un grand carnaval avec beaucoup de ferveur, de la musique, des personnages et des déguisements. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2915" aria-describedby="caption-attachment-2915" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2915" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/6_a_invisuaiv.jpg" alt="La traversée du Jourdain - Campagne électorale 2010, dernier meeting du FNL, dernier mouvement rebelle à avoir déposé les armes en 2009. Le slogan de campagne est : «la traversée du Jourdain par le peuple burundais», mélange de concepts religieux et politiques. Traversée = Libération. © Teddy Mazina" title="La traversée du Jourdain - Campagne électorale 2010, dernier meeting du FNL, dernier mouvement rebelle à avoir déposé les armes en 2009. Le slogan de campagne est : «la traversée du Jourdain par le peuple burundais», mélange de concepts religieux et politiques. Traversée = Libération. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="532" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/6_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/6_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/6_a_invisuaiv-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2915" class="wp-caption-text">La traversée du Jourdain &#8211; Campagne électorale 2010, dernier meeting du FNL, dernier mouvement rebelle à avoir déposé les armes en 2009. Le slogan de campagne est : «la traversée du Jourdain par le peuple burundais», mélange de concepts religieux et politiques. Traversée = Libération. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2916" aria-describedby="caption-attachment-2916" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2916" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/8_a_in_visuaiv.jpg" alt="Inkona ya DD - Campagne électorale 2010. L’aigle est le symbole du CNDD, parti au pouvoir depuis 2005 au Burundi. Des cerf-volants en forme d’aigle sont distribués pendant la campagne électorale et de fervents partisans sillonnent les quartiers de Bujumbura pour la grande fête de l’espoir et de la liberté. © Teddy Mazina" title="Inkona ya DD - Campagne électorale 2010. L’aigle est le symbole du CNDD, parti au pouvoir depuis 2005 au Burundi. Des cerf-volants en forme d’aigle sont distribués pendant la campagne électorale et de fervents partisans sillonnent les quartiers de Bujumbura pour la grande fête de l’espoir et de la liberté. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="532" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/8_a_in_visuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/8_a_in_visuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/8_a_in_visuaiv-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2916" class="wp-caption-text">Inkona ya DD &#8211; Campagne électorale 2010. L’aigle est le symbole du CNDD, parti au pouvoir depuis 2005 au Burundi. Des cerf-volants en forme d’aigle sont distribués pendant la campagne électorale et de fervents partisans sillonnent les quartiers de Bujumbura pour la grande fête de l’espoir et de la liberté. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2917" aria-describedby="caption-attachment-2917" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2917" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/10_a_invisuaiv.jpg" alt="Sarcophage ou emballage législatif - Photo prise d’une voiture. Militant du CNDD (parti au pouvoir au Burundi) rencontré après le dernier meeting avant les législatives 2010 au Burundi, adossé à mur en plein Bujumbura. Ces élections se terminent par une victoire écrasante du CNDD et un boycott des partis de l’opposition. Un emballage du parlement avec une majorité à plus de 2/3. © Teddy Mazina" title="Sarcophage ou emballage législatif - Photo prise d’une voiture. Militant du CNDD (parti au pouvoir au Burundi) rencontré après le dernier meeting avant les législatives 2010 au Burundi, adossé à mur en plein Bujumbura. Ces élections se terminent par une victoire écrasante du CNDD et un boycott des partis de l’opposition. Un emballage du parlement avec une majorité à plus de 2/3. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/10_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/10_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/10_a_invisuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2917" class="wp-caption-text">Sarcophage ou emballage législatif &#8211; Photo prise d’une voiture. Militant du CNDD (parti au pouvoir au Burundi) rencontré après le dernier meeting avant les législatives 2010 au Burundi, adossé à mur en plein Bujumbura. Ces élections se terminent par une victoire écrasante du CNDD et un boycott des partis de l’opposition. Un emballage du parlement avec une majorité à plus de 2/3. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2918" aria-describedby="caption-attachment-2918" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2918" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/11_a_invisuaiv.jpg" alt="Le Mort X - Dans la nuit du 14 mai 2010, un membre du MSD (parti d’opposition burundais) est assassiné devant chez lui. Quelques rues plus loin, on retrouvera deux autres corps sans vie qui ne seront pas identifiés et dont personne ne parlera vraiment. © Teddy Mazina" title="Le Mort X - Dans la nuit du 14 mai 2010, un membre du MSD (parti d’opposition burundais) est assassiné devant chez lui. Quelques rues plus loin, on retrouvera deux autres corps sans vie qui ne seront pas identifiés et dont personne ne parlera vraiment. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/11_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/11_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/11_a_invisuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2918" class="wp-caption-text">Le Mort X &#8211; Dans la nuit du 14 mai 2010, un membre du MSD (parti d’opposition burundais) est assassiné devant chez lui. Quelques rues plus loin, on retrouvera deux autres corps sans vie qui ne seront pas identifiés et dont personne ne parlera vraiment. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2919" aria-describedby="caption-attachment-2919" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2919" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/12_a_invisuaiv.jpg" alt="Rumeur de mandat - Le 15 juin 2010, une rumeur circule: un mandat d’arrêt a été lancé contre le président du parti FNL, Rwasa Agathon. Des partisans du FNL se précipitent près de sa résidence sur les collines de Bujumbura ; la manifestation improvisée durera 24 heures avant que la police et l’armée ne la disperse. Quelques coups de feu seront entendus dans les beaux quartiers, lorsqu’un officier de police frôle le lynchage dans la foule survoltée. © Teddy Mazina" title="Rumeur de mandat - Le 15 juin 2010, une rumeur circule: un mandat d’arrêt a été lancé contre le président du parti FNL, Rwasa Agathon. Des partisans du FNL se précipitent près de sa résidence sur les collines de Bujumbura ; la manifestation improvisée durera 24 heures avant que la police et l’armée ne la disperse. Quelques coups de feu seront entendus dans les beaux quartiers, lorsqu’un officier de police frôle le lynchage dans la foule survoltée. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="532" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/12_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/12_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/12_a_invisuaiv-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2919" class="wp-caption-text">Rumeur de mandat &#8211; Le 15 juin 2010, une rumeur circule: un mandat d’arrêt a été lancé contre le président du parti FNL, Rwasa Agathon. Des partisans du FNL se précipitent près de sa résidence sur les collines de Bujumbura ; la manifestation improvisée durera 24 heures avant que la police et l’armée ne la disperse. Quelques coups de feu seront entendus dans les beaux quartiers, lorsqu’un officier de police frôle le lynchage dans la foule survoltée. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2920" aria-describedby="caption-attachment-2920" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2920" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/13_a_invisuaiv.jpg" alt="Rukoko - Le 17 septembre 2010, dans la réserve naturelle de la Rukoko, près de Bujumbura, 11 travailleurs de la plantation de canne à sucre sont tués par des hommes armés en tenue militaire. Le lendemain ils reviennent et massacrent des dizaines de vaches dans les environs. Personne ne connaîtra les responsables de ce massacre. © Teddy Mazina" title="Rukoko - Le 17 septembre 2010, dans la réserve naturelle de la Rukoko, près de Bujumbura, 11 travailleurs de la plantation de canne à sucre sont tués par des hommes armés en tenue militaire. Le lendemain ils reviennent et massacrent des dizaines de vaches dans les environs. Personne ne connaîtra les responsables de ce massacre. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/13_a_invisuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/13_a_invisuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/13_a_invisuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2920" class="wp-caption-text">Rukoko &#8211; Le 17 septembre 2010, dans la réserve naturelle de la Rukoko, près de Bujumbura, 11 travailleurs de la plantation de canne à sucre sont tués par des hommes armés en tenue militaire. Le lendemain ils reviennent et massacrent des dizaines de vaches dans les environs. Personne ne connaîtra les responsables de ce massacre. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2921" aria-describedby="caption-attachment-2921" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2921" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/16_a_in_visuaiv.jpg" alt="Stop - Procès politique devant le parquet général de Bujumbura. © Teddy Mazina" title="Stop - Procès politique devant le parquet général de Bujumbura. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="534" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/16_a_in_visuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/16_a_in_visuaiv-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/16_a_in_visuaiv-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2921" class="wp-caption-text">Stop &#8211; Procès politique devant le parquet général de Bujumbura. © Teddy Mazina</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_2922" aria-describedby="caption-attachment-2922" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2922" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/17_a_in_visuaiv.jpg" alt="Dernier Recours «Monsieur Nu» - Le 20 septembre 2011, Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU (parti d’opposition burundais) est interrogé pendants quatre heures par le procureur en mairie de Bujumbura. Un SMS disant que celui-ci allait être arrêté circule, quelques militants du FRODEBU accourent et attendent devant le bureau du procureur. Alors que le procureur annonce une perquisition au domicile de l’interroger, un militant pense que celui-ci est conduit en prison et décide de se déshabiller pour protester. Il bloque la circulation pendant une vingtaine de minutes. © Teddy Mazina" title="Dernier Recours «Monsieur Nu» - Le 20 septembre 2011, Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU (parti d’opposition burundais) est interrogé pendants quatre heures par le procureur en mairie de Bujumbura. Un SMS disant que celui-ci allait être arrêté circule, quelques militants du FRODEBU accourent et attendent devant le bureau du procureur. Alors que le procureur annonce une perquisition au domicile de l’interroger, un militant pense que celui-ci est conduit en prison et décide de se déshabiller pour protester. Il bloque la circulation pendant une vingtaine de minutes. © Teddy Mazina" class="caption" align="center" width="800" height="535" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/17_a_in_visuaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/17_a_in_visuaiv-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/06/17_a_in_visuaiv-768x514.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-2922" class="wp-caption-text">Dernier Recours «Monsieur Nu» &#8211; Le 20 septembre 2011, Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU (parti d’opposition burundais) est interrogé pendants quatre heures par le procureur en mairie de Bujumbura. Un SMS disant que celui-ci allait être arrêté circule, quelques militants du FRODEBU accourent et attendent devant le bureau du procureur. Alors que le procureur annonce une perquisition au domicile de l’interroger, un militant pense que celui-ci est conduit en prison et décide de se déshabiller pour protester. Il bloque la circulation pendant une vingtaine de minutes. © Teddy Mazina</figcaption></figure></p>
<h2>Parcours photographique</h2>
<p>Reportages &#038; exposition :</p>
<ul>
<li> <strong>Les célèbres Inconnus de Burundi</strong> | 2009<br />
<br />Reportage sur différents personnages du Burundi. Être une célébrité locale tout en restant dans l’anonymat</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Mpimba : Surpopulation carcérale</strong> | 2009<br />
<br />Photographies de la prison centrale de Bujumbura</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Femmes de mon Pays cherche Esthétique</strong> | 2010-2011<br />
<br />Portraits de Studio </li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Pigapicha</strong> | 2010<br />
<br />Création d’une banque d’images électorale au Burundi pour les élections de 2010 &#038; diffusion sur télévision Renaissance pendant 6 mois des reportages et «slides show»</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Et l&rsquo;agriculture ?</strong> | 2010<br />
<br />Exposition du projet 11.11.11 Parlement Burundais</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Sembura Ferment Litteraire</strong> | 2011</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Les yeux fermé sur le Burundi</strong><br />
<br />Série de portraits de plusieurs acteurs de la vie sociale et politique du Burundi </li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>Objectifs Amnésie / Devoir de Mémoire</strong> | 2012<br />
<br />Exposition de quatre années de travail sur la mémoire contemporaine du Burundi. </li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>A la recherche du corps du Mwami Ntare V, dernier roi du Burundi</strong> | 2012<br />
<br />Reportage pour le DS De Standaard </li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/amnesie-au-burundi773/">Amnésie au Burundi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>wind of change</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/wind-of-change573/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Monteiro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Mar 2011 10:30:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Burundi]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://preprod.afriqueinvisu.org/wind-of-change573/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Photos: Fabrice Monteiro Interviews: Pauline Lecointe Ruyigi, octobre 2010. Melchior Ndadaye, le premier président élu du Burundi, est assassiné le 21 Octobre 1993, cinq mois après son élection. Très vite la répression et les représailles déchaînent des violences entre les deux principales ethnies du pays, les Hutus et les Tutsis. Le 22 octobre 1993, des groupes armés atteignent les collines de Ruyigi, province située à environ quatre-vingt kilomètres à l’est de Bujumbura. Marguerite Barankitse, dite « Maggy », d’origine tutsie se réfugie à l’évêché de Ruyigi pour protéger ses amis et les enfants hutus qu’elle a adoptés après les premiers</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/wind-of-change573/">wind of change</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Photos: <strong>Fabrice Monteiro</strong><br />
<br />Interviews: <strong>Pauline Lecointe</strong></p>
<p>Ruyigi, octobre 2010.</p>
<p>Melchior Ndadaye, le premier président élu du Burundi, est assassiné le 21 Octobre 1993, cinq mois après son élection. Très vite la répression et<br />
les représailles déchaînent des violences entre les deux principales ethnies du pays, les Hutus et les Tutsis.</p>
<p>Le 22 octobre 1993, des groupes armés atteignent les collines de Ruyigi, province située à environ quatre-vingt kilomètres à l’est de Bujumbura.<br />
Marguerite Barankitse, dite « Maggy », d’origine tutsie se réfugie à l’évêché de Ruyigi pour protéger ses amis et les enfants hutus qu’elle a adoptés<br />
après les premiers massacres de 1972. Le matin du 24 octobre, l’évêché est attaqué et Maggy assiste à l’assassinat de soixante douze de ses<br />
amis.<br />
<br />Elle sauve vingt-cinq enfants avec qui elle fonde la Maison Shalom. Elle leur apprend à grandir dans le respect de soi, loin de la haine de l’autre.<br />
Elle ne voulait pas créer un orphelinat, chaque enfant est réinséré dans une famille ou dans une maison fratrie, une « famille reconstituée » où<br />
plusieurs enfants vivent accompagnés d’une éducatrice. Qu’ils soient orphelins de guerre, du sida, nés en prison ou tout simplement désemparés,<br />
ils trouvent auprès de Maggy les trois piliers qui leurs permettront d’être des adultes accomplis et parfaitement autonomes : l’education, la santé et<br />
un environnement familial. Depuis sa création, Maggy a accueilli et accompagné vingt mille enfants et adolescents de toutes les ethnies du pays.<br />
Aidée par plus de cent vingt personnes, elle oeuvre activement pour la construction d’un avenir durable pour tous ces enfants.</p>
<p>Cette série nommée « Wind of change » (Vent du changement) rend hommage à Maggy dont l’énergie, la sagesse et l’audace ont permis de redonner espoir à une jeunesse blessée. Maggy ne se contente pas de répondre à l’urgence, elle a une vision pour le futur de ces enfants davantage<br />
globale et pérenne. Elle encourage l’agriculture et l’élevage biologique, elle met en place une coopérative et une pépinière. Elle gère un hôpital<br />
moderne pour soigner les burundais sans distinction sociale ou ethnique et tente de mettre en place une mutuelle pour que chacun puisse être<br />
parfaitement responsable et autonome.<br />
<br />Une vingtaine « d’enfants » de la Maison Shalom a participé au projet, chacun a déterminé le lieu de la prise de vue et a raconté son histoire et ses<br />
projets. Ce reportage photographique souhaite contribuer à la diffusion d’une image positive et constructive de l’Afrique.</p>
<p>Tout au long du texte, vous trouverez entre parenthèses la signification<br />
des noms de famille de toutes les personnes citées. Au Burundi, on<br />
héritait traditionnellement du nom et du métier de son père. Mais si le<br />
père avait des antécédents, on devait les assumer tout au long de sa<br />
vie. Pour conjurer le sort, chacun choisit aujourd’hui le prénom et le nom<br />
de famille de son enfant.<br />
<br />En kirundi, on dit « izina niryo muntu » (Le nom c’est la personne), il<br />
reflète la personnalité. Très souvent, il est connoté à Dieu car dans la<br />
société burundaise, ont dit que : « Dieu prend tout ce qui lui appartient,<br />
Dieu contrôle tout ».</p>
<h2>Marguerite BARANKITSE (On m’en veut), dite « Maggy ».</h2>
<p><figure id="attachment_1869" aria-describedby="caption-attachment-1869" style="width: 704px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-1869" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-1aiv.jpg" alt="Maggy, devant la tombe où reposent ses amis assassinés le 24 octobre 1993 à l’évêché de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" title="Maggy, devant la tombe où reposent ses amis assassinés le 24 octobre 1993 à l’évêché de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="center" width="704" height="437" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-1aiv.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-1aiv-300x186.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><figcaption id="caption-attachment-1869" class="wp-caption-text">Maggy, devant la tombe où reposent ses amis assassinés le 24 octobre 1993 à l’évêché de Ruyigi. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure>54 ans, née en 1956 à Ruyigi.<br />
<br />Présidente et coordinatrice de la Maison Shalom.</p>
<p>Avant l’arrivée des Belges, mon grand-père, Jean-Paul MUSHUNGU, était l’un des grands chefs de la Région. Il nous mettait en garde contre les colons qui lui avaient fait perdre sa place de chef. Il nous apprenait à verser de l’urine sur le café et les patates douces, cultures importées par les belges, afin que rien de ce qu’ils nous imposaient, ne pousse sur nos collines. Il refusait d’être asservi. Il raffolait des allégories, celle du sorgho m’a particulièrement marquée : « il faut se comporter avec les colons comme lors de la préparation de la bière de sorgho, quand on trie les graines sur le tamis, il ne faut garder que les bonnes et laisser les mauvaises sinon, elles gâtent toute la bière ».<br />
Il a eu six femmes et quinze fils, dont mon père. Sa maman n’a eu qu’un seul enfant, elle ne souhaitait pas se marier si jeune avec un homme qui lui avait été imposé. Un jour, elle a confié mon père à une grande tante pour aller au marché, elle n’est jamais revenue.</p>
<p>Mon père décède à mes cinq ans. Lors de mon inscription en secondaire à Bujumbura, au sein du lycée Clarté Notre Dame tenue par des religieuses<br />
belges, c’est mon grand-père, un homme très protecteur, qui m’emmène à l’école. Pour garder la mémoire de son fils, il m’inscrit sous le nom de<br />
mon père, BARANKITSE (On m’en veut). Depuis ce jour, je n’ai plus jamais utilisé mon nom de naissance, Margueritte HABONIMANA (Dieu qui<br />
veille). Mon grand-père voulait que tout le monde aime la terre et soit digne, chacun de ses enfants avait une maison au sein de sa propriété et des<br />
terrains pour cultiver. Il est décédé quand j’étudiais à Bujumbura, j’ai eu le sentiment qu’une encyclopédie disparaissait. A sa mort, chacun de ses<br />
fils ainsi que ma mère, Thérèse NTAMAGIRO, ont reçu en héritage, un terrain sur la colline familiale. Elle y a construit une maison, les autres fils<br />
se sont pour la plupart déchirés et ont déménagé.</p>
<p>A la fin de mon secondaire, j’intègre l’école normale de Rusengo. J’avais déjà beaucoup de tempérament. Je suis renvoyée en 1986 pour avoir<br />
monté et joué une pièce de théâtre qui critique le gouvernement. On me taxe d’être mal élevée. J’écris au Ministère de l’éducation pour demander<br />
ma réintégration et j’enseigne à nouveau.<br />
<br />Je me rends de nombreuses fois en Europe. Quand je reveins de Suisse en 1989, je travaille comme secrétaire à l’évêché. Je construis une petite<br />
annexe à la maison familiale puis j’apporte de l’eau et un groupe électrogène. Fidèle à la tradition d’hospitalité de ma maman, j’adopte sept enfants<br />
hutus et tutsis pour la plupart orphelins des événements de 1972.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Lysette IRAKOZE (Dieu merci).</h2>
<p><figure id="attachment_1870" aria-describedby="caption-attachment-1870" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1870" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-2aiv.jpg" alt="Lysette, dans les collines de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" title="Lysette, dans les collines de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="582" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-2aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-2aiv-232x300.jpg 232w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1870" class="wp-caption-text">Lysette, dans les collines de Ruyigi. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure>22 ans, née en 1988 à Ruyigi.<br />
Secrétaire de direction de la Maison Shalom depuis septembre 2009.</p>
<p>Quand la crise éclate à Ruyigi en octobre 1993, j’ai cinq ans et ma soeur, Lydia AKIMANA (Ce qui appartient à Dieu) n’a que deux ans. Nous nous<br />
réfugions à l’évêché avec Maggy avec qui mes parents sont amis de longue date. Mon père, Cyprien NDIMURWANKO (Je suis dans la haine) est<br />
un médecin d’origine hutue. Ma mère, Juliette BIGIRIMAMA (C’est Dieu qui fait), d’origine tutsie, est infirmière. Lorsque les militaires attaquent<br />
l’évêché, ils sélectionnent tous les Hutus pour les tuer. Maman décide de rejoindre le camp des Hutus pour mourir avec papa. Avant de partir,<br />
elle fait promettre à Maggy de s’occuper de nous comme de ses filles. Maggy tente de nous réinsérer chez des tantes de la famille mais elle me<br />
retrouve très affaiblie par une sérieuse anémie due à une crise de paludisme mal soignée et à une mauvaise alimentation. Depuis l’assassinat de<br />
mes parents sous mes yeux, je déclenche des allergies alimentaires à la viande rouge et aux produits laitiers. Je pourrais essayer de me soigner<br />
mais je devrais reparler des événements avec précision et je n’ai pas envie de me remémorer des images que j’ai sorties de ma tête. Après cet épisode,<br />
Maggy nous récupère et s’occupe de nous comme de ses enfants. Lydia étudie au Lycée belge de Bujumbura et je travaille provisoirement<br />
comme secrétaire particulière de Maggy. Je suis diplomée de l’école secondaire et je devrais bientôt intégrer une université canadienne en section<br />
« administration de bureau commis » afin de devenir « parajuriste-adjoint » et accéder ensuite à une spécialité en « droit international ».<br />
Je rêve de réussir mes études et de trouver un travail qui me permettrait de continuer à transmettre le message de la Maison Shalom. J’aimerais<br />
aussi rencontrer un homme exceptionnel pour fonder une famille.<br />
Quoiqu’il vous arrive, ne vous laissez pas abattre, il y a toujours des bonnes choses qui vous attendent quelque part.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Amatus HAKIZIMANA (C’est Dieu qui sauve).</h2>
<p><figure id="attachment_1871" aria-describedby="caption-attachment-1871" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1871" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-5aiv.jpg" alt="Amatus, dans les couloirs de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro" title="Amatus, dans les couloirs de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="677" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-5aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-5aiv-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1871" class="wp-caption-text">Amatus, dans les couloirs de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
30 ans, né en 1975 à Gishubi, Province de Gitega.<br />
<br />Cadre infirmier, service pédiatrie et médecine interne à l’hôpital Réma.<br />
<br />Célibataire, un enfant adopté :</p>
<ul>
<li> Irumva (Dieu entend) BILLY LIBERTE, 18 mois.</li>
</ul>
<p>Il a été abandonné à deux mois par sa maman, prostituée et séropositive. Son premier test VIH est négatif.</p>
<p>Mon père est tué pendant la crise de 1993. Ma famille se réfugie dans un des camps de déplacés de la région mais ma maman, une cultivatrice,<br />
ne peut subvenir à nos besoins sans terre. Elle décède en 1998.<br />
Je termine mon cycle secondaire puis je dois travailler en tant qu’enseignant au Lycée de Ruyigi afin que mes trois petites soeurs terminent leurs<br />
études. Mon salaire d’environ trente euros mensuels ne permet pas de satisfaire nos besoins nutritionnels, vestimentaires et scolaires.<br />
Nous sommes appuyés financièrement par le pasteur de l’église pentecôtiste mais il est assassiné avec le mari de ma grande soeur, en 2001,<br />
par le mouvement rebelle « CDNN-FDD ». La situation financière devient très difficile à gérer. Je rencontre Maggy et la Maison Shalom met une<br />
maison à notre disposition, paie les frais de scolarité et l’alimentation de base. Je réintègre l’Université privée de Ngozi où j’obtiens une licence en<br />
Sciences de la Santé. Mes neveux étudient tous éaglement.<br />
J’espère me marier très bientôt avec ma fiancée rencontrée pendant mes études et qui vit actuellement à Bujumbura. Je rêve de construire une<br />
maison et de continuer à travailler pour prendre en charge ma famille ainsi que d’autres enfants dans le besoin.<br />
Je suis fier d’avoir rencontré Maggy car sans elle, mes efforts auraient été vains et mon parcours sans résultat. Je suis devenu un homme capable<br />
d’affronter les problèmes de la vie.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Pascasie IKURAKURE (Dieu sauve du pire).</h2>
<p><figure id="attachment_1872" aria-describedby="caption-attachment-1872" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1872" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-7aiv.jpg" alt="Pascasie, dans son bureau de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro" title="Pascasie, dans son bureau de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="677" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-7aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-7aiv-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1872" class="wp-caption-text">Pascasie, dans son bureau de l’hôpital REMA. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
30 ans, née en 1980 à Nyange, Commune de Butaganzwa, Province de Ruyigi.<br />
<br />Assistante sociale à l’hôpital Réma.<br />
<br />Mariée, deux enfants :</p>
<ul>
<li> Irera Don key (Dieu est parfait), 3 ans ;</li>
<li> Iteka (Dignité), 4 mois.</li>
</ul>
<p>Le 24 octobre 1993, mes parents sont assassinés et on me mutile l’index droit. Je suis accueillie par Maggy qui me dit : « soit à l’aise, chante,<br />
danse ».<br />
A seize ans, je réussis le concours national mais échoue en première année, une hospitalisation de trois mois pour paludisme m’empêche de me<br />
rendre aux examens. J’étudie au lycée pédagogique de Ruyigi puis je suis une formation d’assistante sociale pendant une année.<br />
Je commence à travailler à vingt-quatre ans auprès de la Maison Shalom en tant que responsable des enfants du centre de Gisuru « L’Oasis de<br />
la paix » avant leur réinsertion chez des parents ou dans des familles d’accueil.<br />
Aujourd’hui, j’accueille les patients en difficulté de l’hôpital Réma en les accompagnant dans leurs démarches financières auprès du siège social<br />
de la Maison Shalom. Je m’occupe notamment des enfants qui ont perdu leurs parents en bas âge et qui ont besoin de lait ou de soins.<br />
En 2004, je rencontre mon mari qui est originaire de Bujumbura mais qui travaille à Ruyigi comme gestionnaire pour la GTZ, la coopération allemande.<br />
Nous vivons dans notre maison construite avec l’aide d’un prêt d’une banque burundaise.<br />
J’espère que la vie va ainsi continuer autour de ma famille, j’aimerais un troisième enfant. J’aime mon travail, ça me rend heureuse de parler avec<br />
les gens et de les aider.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Fratrie de Murehe, maison construite en 2000.</h2>
<p><figure id="attachment_1873" aria-describedby="caption-attachment-1873" style="width: 704px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-1873" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-10aiv.jpg" alt="Joséphine, dans la maison fratrie de Murehe avec six des enfants dont elle s’occupe. © Fabrice Monteiro" title="Joséphine, dans la maison fratrie de Murehe avec six des enfants dont elle s’occupe. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="center" width="704" height="465" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-10aiv.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-10aiv-300x198.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><figcaption id="caption-attachment-1873" class="wp-caption-text">Joséphine, dans la maison fratrie de Murehe avec six des enfants dont elle s’occupe. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
<strong>Joséphine BARANDAGIYE (Les hommes me surveillent)</strong>, 55 ans, née en 1955, éducatrice.<br />
<br />Je suis au côté de Maggy depuis le 23 octobre 1993 et je suis responsable de cette fratrie depuis dix ans. Auparavant, je m’occupais des enfants<br />
à la « Casa della pace », un ancien centre de la Maison Shalom.</p>
<p><strong>Rebecca NIMBONA (Dieu me voit)</strong>, 14 ans, née en 1996, élève à l’école primaire.<br />
<br />Arrivée à la Maison Shalom à deux ans, les recherches familiales permettent de retrouver ma famille à Ruyigi. Une maison est construite pour<br />
nous accueillir avec mes cinq frères et soeurs mais n’ayant pas le même père que les autres, je suis rejetée de la famille. Je viens d’arriver dans<br />
la fratrie de Murehe. Je rêve d’être médecin.</p>
<p><strong>Antoine NSENGIYUMVA (Je prie en Dieu qui entend)</strong>, 15 ans, né en 1995, élève à l’école primaire.<br />
<br />Ma maman est malade mentale, je n’ai jamais pu être réinséré dans ma famille. J’arrive bébé à la Maison Shalom et je connais déja plusieurs<br />
fratries. Je suis dans celle de Murehe depuis près de quatre ans. Je rêve aussi de devenir médecin.</p>
<p><strong>Carmel NDUWIMANA (J’appartiens à Dieu)</strong>, 13 ans, né en 1997, élève à l’école primaire.<br />
<br />Arrivé en 2003 de l’orphelinat de l’ONG « Terre des hommes », je suis réinséré dans une première fratrie. Au départ de l’éducatrice, la fratrie est<br />
fermée et je rejoins celle de Murehe. Je rêve de devenir ingénieur agronome.</p>
<p><strong>Martine NIKEZWE (Que Dieu soit loué)</strong>, 8 ans, née en 2002, élève à l’école primaire.<br />
<br />Ma maman est sourde-muette, elle vit dans l’enceinte de la maison de Maggy mais elle n’arrive pas à s’occuper de nous. Elle ne se rappelle pas<br />
qui est mon père ni celui de ma soeur. Je suis l’ainée et je vis dans la fratrie de Murehe et Délice, ma petite soeur de deux ans vit chez Maggy en<br />
attente d’une adoption.</p>
<p><strong>Guenard IGIRANEZA (Dieu fait du bien)</strong>, 7 ans, né en 2003 , élève à l’école primaire.<br />
<br />Je suis né à la Maison Shalom, ma maman est une ancienne fille de la Maison Shalom, elle est infirmière mais ne s’occupe pas de moi. Je suis<br />
réinséré dans une première fratrie puis, il y a deux ans, je suis transféré à Murehe.</p>
<p><strong>Boaze NIYONYISHU (C’est Dieu la réponse)</strong>, 6 ans, né en 2004, élève à l’école maternelle.<br />
<br />Un jour, ma maman me confie à la Maison Shalom pour la journée mais ne revient jamais. Les recherches familiales n’aboutissent jamais et les<br />
trois tentatives de réinsertion échouent, je suis systématiquement ramené à Maggy pour « bizarrerie ». Je rêve de devenir planteur de feuilles de<br />
lenga lenga (feuilles composant la base de la sauce feuille).</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Jocelyne NTABARESHA (Chacun est unique), dite « La philosophe ».</h2>
<p><figure id="attachment_1874" aria-describedby="caption-attachment-1874" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1874" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-9aiv.jpg" alt="Jocelyne, dans sa maison construite par la Maison Shalom. © Fabrice Monteiro" title="Jocelyne, dans sa maison construite par la Maison Shalom. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="673" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-9aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-9aiv-201x300.jpg 201w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1874" class="wp-caption-text">Jocelyne, dans sa maison construite par la Maison Shalom. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
<br />36 ans, née en 1974 à Butezi.<br />
<br />Aide comptable à l’hôpital Réma.</p>
<p>Mes parents sont handicapés suite à une épidémie de lèpre frappant la région. Mon grand frère, qui gérait la famille, est tué pendant la crise de<br />
1993. Je me suis occupée de mes parents et des enfants de mon frère. Avec l’aide des frères franciscains, je réintègre l’école, je suis la seule de<br />
la famille à avoir étudié.</p>
<p>Maggy me prend sous son aile pour m’aider à poursuivre mes études universitaires. J’étudie la fiscalité à l’Institut Supérieur de Commerce pendant<br />
cinq années universitaires. Tout en préparant un mémoire sur les recettes fiscales, je suis stagiaire auprès de l’ONG américaine « Search<br />
for Common Ground ». A l’obtention de mon diplôme, je suis recrutée par l’ONG en tant qu’assistante logistique, débauchée après l’arrêt d’un<br />
financement puis reprise en tant qu’assistante administrative sur une nouveau projet. Je suis aussi bénévole pour l’ « Association pour les droits<br />
de l’homme et les personnes détenues ». Comme je ne travaille plus vraiment à Bujumbura car le projet de l’ONG ne reçoit plus de financement,<br />
Maggy me propose une place de comptable à l’hôpital de Ruyigi. Je signe mon contrat en mars 2010. Après plusieurs années à la capitale, j’ai<br />
un peu de mal à me réadapter à la vie à Ruyigi, mais je partage aujourd’hui une maison avec deux jeunes infirmières de l’hôpital et j’apprends à<br />
nager à la piscine de la « Cité des Anges ». J’aimerais venir étudier à l’étranger dans une école de « management ». Il faudrait aussi que je trouve<br />
un mari mais c’est difficile de trouver quelqu’un pour la vie. Je rêve tellement de découvrir d’autres pays que j’ai peur de me retrouver bloquée<br />
ici. J’aimerais bien voir toutes les belles choses qu’il y a en Europe et puis j’aime bien être en compagnie des « Blancs ». Maggy m’a permis de<br />
trouver ma vie, elle m’a aussi appris à bien m’habiller et accorder mes vêtements, elle dit que : « ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on<br />
ne doit pas prendre soin de soi ».</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Mathilde HABONIMANA (C’est Dieu qui voit). / Carine SINDIHEBURA (Je ne me suis pas encore découragée).</h2>
<p><figure id="attachment_1875" aria-describedby="caption-attachment-1875" style="width: 704px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-1875" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-13aiv.jpg" alt="Carine, Claudine et Mathide au cinéma de la « Cité des Anges ». © Fabrice Monteiro" title="Carine, Claudine et Mathide au cinéma de la « Cité des Anges ». © Fabrice Monteiro" class="caption" align="center" width="704" height="468" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-13aiv.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-13aiv-300x199.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><figcaption id="caption-attachment-1875" class="wp-caption-text">Carine, Claudine et Mathide au cinéma de la « Cité des Anges ». © Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
<strong>Mathilde HABONIMANA (C’est Dieu qui voit).</strong><br />
<br />22 ans, née en 1988 à Bujumbura.<br />
<br />Élève en secondaire.</p>
<p>Je suis contaminée depuis ma naissance par le VIH, ma maman était séropositive. Je suis recueillie par l’orphelinat des « Soeurs Calcutta » à l’âge<br />
de trois ans. Il y a quelques mois, je deviens majeure et je dois quitter l’orphelinat. Je pars avec Linka dont je m’occupe depuis son arrivée chez les<br />
soeurs. Sans ressource ni métier, je suis accueillie, scolarisée et suivie médicalement par la Maison Shalom. Je vis pour le moment dans la maison<br />
de Maggy mais nous devrions nous installer bientôt dans une maison fratrie avec Linka. J’ai des hauts et des bas, ça varie avec les crises dues à<br />
la maladie mais quand je reviens à la maison, je me réconforte avec les autres filles. Je veille sur Linka comme une maman. Plus tard, j’aimerais<br />
devenir médecin.</p>
<p><strong>Carine SINDIHEBURA (Je ne me suis pas encore découragée).</strong><br />
<br />19 ans, née en 1991 à Bujumbura.<br />
<br />Etudiante en école technique et médicale.</p>
<p>En 1998, à la mort de mes parents, je suis accueillie, avec mes trois frères et soeurs par l’ONG « Terre des hommes ». En 2001, nous sommes<br />
transférés à Ruyigi sans que l’on ne sache vraiment pourquoi, je suppose que l’ONG fermait le projet. En 2003, mon frère âgé de vint-deux ans,<br />
décède du VIH. Mes deux soeurs de vingt et quinze ans retournent étudier à Bujumbura et vivent à « Amani Housem », une antenne de la Maison<br />
Shalom. Moi, je reste à Ruyigi car je veux étudier à l’école médicale et celle de Bujumbura est trop coûteuse. Mes soeurs me manquent, je voudrais<br />
dire aux gens qu’il ne faut jamais renier la famille.<br />
Je rêve d’être médecin, d’avoir un bon boulot pour avoir une bonne vie et aider les autres enfants.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Mathieu NITUNGA (C’est Dieu qui éduque et protège).</h2>
<p><figure id="attachment_1876" aria-describedby="caption-attachment-1876" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1876" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-18aiv.jpg" alt="Mathieu, dans son champ de maïs. © Fabrice Monteiro" title="Mathieu, dans son champ de maïs. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="677" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-18aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-18aiv-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1876" class="wp-caption-text">Mathieu, dans son champ de maïs. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure>23 ans, né en 1987 à Ntega, Province de Kirundo.</p>
<p>Lors des conflits inter-ethniques de 1988, mes parents sont assassinés. Récupérés par un curé avec mon grand frère, nous sommes adoptés<br />
par deux familles différentes. En 1993, quand la crise éclate, ils fuient et nous abandonnent. Nous occupons pendant quatre mois le chantier<br />
d’un hôpital en construction où des frères franciscains italiens nous apportent à manger. Nous sentant en danger, nous nous réfugions dans le<br />
camp de déplacés de Butezi. Sept mois après notre arrivée, la rébellion attaque le camp, on demande alors une place à la « Casa della Pace »,<br />
centre d’accueil construit par la Maison Shalom. Nous sommes réinsérés chez un oncle mais c’est un échec, nous n’arrivons pas à nous faire<br />
accepter car cela fait trop longtemps que nous ne vivons plus dans cette région.</p>
<p>Avant de partir, nous vendons tout ce qu’il est possible de vendre de la maison construite et équipée par Maggy. Malgré cet écart, elle ne nous<br />
abandonne pas et nous intégrons le centre « Oasis de la Paix » de Gisuru, une antenne de la Maison Shalom située à l’Est du Burundi. Ensuite,<br />
j’habite une maison fratrie où je fais de mauvaises rencontres avec des jeunes délinquants de Bujumbura. Je suis accusé de vol de haricots<br />
puis de vol de cuvette de toilette dans la maison en construction d’un médecin. Je suis condamné à dix mois de prison au total. Même si je<br />
reconnais avoir souvent volé pour manger, je ne suis pas l’auteur de ces deux accusations. A ma sortie de prison, je me présente au tribunal à<br />
plusieurs reprises pour être jugé mais la partie adverse est toujours absente et je suis blanchi. Je ne vais pas vraiment à l’école et c’est difficile<br />
de repartir sur les bancs pour étudier quand on a déjà gagné de l’argent. J’apprends à fabriquer le sel d’élevage pour les vaches, ça peut me<br />
rapporter deux à trois euros par jour. Je casse aussi des pierres pour les constructions, je peux vendre jusqu’à un tas à huit euros par jour. Je<br />
rêve de monter un projet d’agriculture car la guerre a appauvri les paysans. Je maîtrise les techniques de transformation du sel et d’apiculture.<br />
Comme je n’ai pas de moyens pour démarrer, je voudrais y aller étape par étape, commencer par un poulailler pour pouvoir ensuite acquérir<br />
des chèvres et puis acheter des vaches. Je commence à planter du haricot et du maïs, et j’espère qu’un jour, je pourrais me présenter avec<br />
mes propres vaches.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
</p>
<h2>Abel MASUMBUKO (Malheur).</h2>
<p><figure id="attachment_1877" aria-describedby="caption-attachment-1877" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-1877" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-22aiv.jpg" alt="Abel, au pied de la cathédrale de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" title="Abel, au pied de la cathédrale de Ruyigi. © Fabrice Monteiro" class="caption" align="right" width="450" height="677" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-22aiv.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-22aiv-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-1877" class="wp-caption-text">Abel, au pied de la cathédrale de Ruyigi. © Fabrice Monteiro</figcaption></figure>21 ans, né en 1990 à Bubanza.<br />
<br />Etudiant en troisième année à l’école normale.</p>
<p>Je n’aime pas utiliser mon nom de famille car c’est le nom de mon père que je ne connais pas. Mes parents divorcent quand j’ai deux ans et chacun<br />
part refaire sa vie de son côté. Un couple de passage dans la Région m’adopte. Lorsque la crise de 1993 éclate, nous fuyons de villages en<br />
villages pendant deux années jusqu’à atteindre la Tanzanie. De retour au Burundi, sept ans plus tard, mon père adoptif est hospitalisé pour un<br />
diabète. N’étant pas son fils naturel, il a peur que sa famille me rejette après sa mort. Il me laisse de l’argent sous son matelas. Je le cache dans le<br />
jardin et je fais mes valises sous les yeux de mes oncles qui me fouillent lorsque je quitte la maison. Je retourne chercher l’argent pendant la nuit,<br />
je m’achète une parcelle et j’y construis une maison. Je reprends ma scolarité mais j’ai du mal à joindre les deux bouts. Un jour, j’entends parler<br />
de Maggy à la radio et la nuit je rêve d’être l’un de ses enfants. Je redouble d’efforts pour terminer mon secondaire avec grand fruit. Je travaille<br />
tout l’été pour m’acheter un ticket de bus pour Ruyigi. Mon bulletin scolaire en main, j’espère convaincre Maggy de m’aider à étudier. A force de<br />
persévérance, je la croise enfin et lui raconte mon histoire. Elle refuse de m’aider mais un étranger qui l’accompagne et qui comprend le kirundi la<br />
convainc de me soutenir. Elle m’installe dans l’une des maisons fratrie avec deux colocataires. Nous nous organisons pour faire les courses, chercher<br />
du bois, puiser de l’eau et faire à manger. La Maison Shalom insiste sur l’autonomie que doit acquérir chacun de ses enfants et la nécessité<br />
de vivre dans la réalité et pas comme des « richards ». Avec mon ami Albert, nous rêvons de devenir les premiers cinéastes burundais. Nous avons<br />
tourné deux courts-métrages, l’un sur le Sida et l’autre sur les enfants des rues. Une jeune fille qui anime un club à Bujumbura vient nous former<br />
pendant les prochaines vacances. Nous aimerions tourner un troisième court-métrage qui met en scène la difficulté de trouver des sponsors pour<br />
réaliser des films. Quand je suis en difficulté, j’en veux à mon père de m’avoir abandonné, j’ai comme envie de le tuer. Je m’interroge sur l’évolution<br />
de la pratique de la religion en Europe et je ne comprends pas pourquoi les colons ont imposé la religion en Afrique il n’y a pas si longtemps alors<br />
qu’aujourd’hui ils sont en train de la laisser.</p>
<hr align="center" width="50%" color="#cccccc" size="1">
<br />
<figure id="attachment_1878" aria-describedby="caption-attachment-1878" style="width: 704px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-1878" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-25aiv.jpg" alt="© Fabrice Monteiro" title="© Fabrice Monteiro" class="caption" align="center" width="704" height="468" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-25aiv.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/03/wind_of_change-25aiv-300x199.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><figcaption id="caption-attachment-1878" class="wp-caption-text">© Fabrice Monteiro</figcaption></figure><br />
Je rêve que la Maison Shalom n’ait plus raison d’être et qu’elle disparaisse, ce serait une grande victoire. La guerre m’a tout pris, jusqu’à la<br />
maison familiale, c’est une partie de mon histoire qui est en ruine. Ma vie est dans cette colline et je veux que ses habitants arrivent à la même<br />
dignité que moi. Au delà de la maison Shalom, je développe des projets plus personnels. Je construis une école hôtelière et des maisons pour<br />
accueillir les touristes et les amis. J’ai un emprunt à la banque et profite des terres héritées de mon grand-père pour démontrer que l’on peut<br />
construire sa vie sans mendier ou faire des requêtes. Je voudrais que les activités lucratives se substituent aux actions humanitaires, c’est la clef<br />
d’un avenir autonome et indépendant.</p>
<p>Je me demande pourquoi les africains pensent qu’ils doivent, pour réaliser leurs projets, demander de l’argent au Nord comme des mendiants ?<br />
On a une belle terre fertile, on marche sur des lingots d’or, on ne va pas continuer à porter toutes les souffrances du monde sur nos épaules.<br />
Je me demande où va l’argent des institutions internationales. Les paysans en profitent-il vraiment ? Nos agronomes africains sont plus souvent<br />
en cravate dans leurs bureaux à rédiger des rapports et rendre des comptes pour les « Objectifs du Millénaire » plutôt qu’à toucher la terre dans<br />
les champs et aider les paysans à optimiser leur culture. Enfant, tout poussait ici, on n’achetait jamais des haricots ou des petits pois. Depuis<br />
que les organisations internationales distribuent des pacotilles, les paysans ne savent plus cultiver leur terre, on ne sait même plus d’où viennent<br />
les semences. J’ai mis du temps à réaliser à quel point notre terre est bousillée par les engrais, plus rien ne pousse sans. C’est comme<br />
les tonnes de riz envoyées par les pays étrangers qui sont vendues sur les marchés moins cher que le riz produit au Burundi. Quel gâchis alors<br />
que nous avons une si belle terre. On trompe ces jeunes mais c’est à nous les africains de réagir, de nous prendre en main pour arriver à l’autosubsistance.<br />
<br />Tout semble fait pour que l’on ne puisse se passer des aides, si on ne s’organise pas, que vont devenir ces jeunes des collines ?<br />
C’est une bombe à retardement, ce ne sont ni les bâtiments que l’on nous construit ni les grandes conférences internationales qui vont redonner<br />
l’espoir. Je l’ai remarqué un peu tard, mais on doit rayonner, ça ne sert à rien de bricoler. Etre debout dans la dignité, c’est possible. Refuser que<br />
nos enfants continuent d’apprendre à l’école la chanson des Frères Jacques au lieu de références culturelles burundaises, c’est possible. Une<br />
main invisible gouverne le monde, on doit refuser d’être des wagons d’un train qu’elle emmenera là où bon lui chante.</p>
<p>Pendant la guerre, je mobilise les femmes combattantes. Je les installe sur un terrain, elles vendent de la bière et des brochettes. Quand les<br />
accords de paix sont signés en 2003, je transforme ce lieu en coopérative. Aujourd’hui, on a des vaches, un bassin de rétention d’eau, des<br />
tuyaux pour irriguer, un tracteur pour le pâturage, une fromagerie et on plante aussi des arbres fruitiers pour protéger les futures cultures. On<br />
voudrait transformer les produits, faire des confitures, du miel, du fromage, des oeufs et aussi décortiquer le riz. On prépare petit à petit le lieu,<br />
on avance tout doucement afin que tout le monde puisse s’approprier le projet. Il faut respecter le rythme de chacun, changer des mentalités ça<br />
prend des siècles. Je ne dois pas m’énerver quand ça ne va pas assez vite, ça ne sert à rien de bousculer les gens, ils en perdent souvent leur<br />
dignité. Quand ils verront que c’est mieux de travailler ensemble, ils adhèreront. C’est comme pour les questions de santé, quarante pour cent<br />
des patients de l’hôpital Réma sont des indigents. Nous devons absolument créer un système mutualiste afin de pouvoir supporter les coûts tout<br />
en mettant en place des mesures préventives comme la gestion des naissances ou la nutrition.</p>
<p>Le problème c’est que tout est lié, comment mettre en place une mutuelle quand il n’y a pas de pouvoir d’achat ? Comment faire cotiser les<br />
paysans à une coopérative tant qu’elle ne rapporte pas ? Il faut aider les gens à s’organiser, travailler de façon globale et holistique. Grâce aux<br />
différents prix internationaux que j’ai reçus, je peux investir en amont des projets afin que les paysans puissent rapidement récolter le fruit de<br />
leur travail. Même si je suis décorée par de nombreux prix internationaux, les autorités ne nous facilitent pas toujours la tâche.</p>
<p>La Maison Shalom, ce ne sont pas des infrastructures mais un message. Je veux contribuer à la reconstruction des coeurs, il n’y a pas de races<br />
supérieures aux autres, nous sommes une même famille humaine. Je compte sur mes enfants et mes collaborateurs de l’ombre pour continuer à<br />
diffuser ce message : « O mort, où est ta victoire ».</p>
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