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	<title>Annabelle Giudice, auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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		<title>Les Messagers</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annabelle Giudice]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2015 11:10:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je suis arrivée alors que le noir était déjà fait dans la salle du Musée de l’Histoire de l’Immigration. C’est la façade imposante, terrifiante et si étrange du musée, qui m’avait retenue quelques minutes, quelques minutes de trop. Une façade pleine d’histoires passées et présentes entre les ailleurs et les ici ; des histoires de vie et de mort ; des messages de vivants et de morts gravés dans la pierre. « Les Messagers », c’est le titre du film réalisé par Laetitia Tura et Hélène Crouzillat qui sortira en salle le 8 avril prochain. Un message d’alerte, urgent de</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Je suis arrivée alors que le noir était déjà fait dans la salle du Musée de l’Histoire de l’Immigration. C’est la façade imposante, terrifiante et si étrange du musée, qui m’avait retenue quelques minutes, quelques minutes de trop. Une façade pleine d’histoires passées et présentes entre les ailleurs et les ici ; des histoires de vie et de mort ; des messages de vivants et de morts gravés dans la pierre.</strong></p>
<p><em>« Les Messagers »</em>, c’est le titre du film réalisé par <strong>Laetitia Tura</strong> et <strong>Hélène Crouzillat</strong> qui sortira en salle le 8 avril prochain. Un message d’alerte, urgent de vie, un manifeste qui dépasse de très loin tout ce qui a déjà pu être fait sur la question des migrants qui traversent la Méditerranée. L’harmonie très rythmée et implacable du film, composé de longs entretiens avec des personnes filmées à hauteur d’homme, de dos ou de face, et de photographies qui étirent les silences ou au contraire, étendent les paroles, vous atteint de plein fouet, à mi-chemin entre la douleur et la colère.</p>
<p>Une colère qui me faisait écrire dès le lendemain, en partageant le lien vers les annonces des projections futures sur les réseaux sociaux : <em>« Nous sommes les membres, les citoyens, les contributeurs &#8211; parfois les pions, d&rsquo;un système qui aujourd&rsquo;hui, détruit, tue et fait taire des milliers de personnes sur les lignes imaginaire qui s&rsquo;appellent frontières. Un système absurde, brutal et oppresseur qui fait taire aussi en nos intérieurs des revendications sociales et politiques en normalisant nos indignations. Pourtant, « Les messagers » sont là &#8211; ils existent &#8211; et ne pas écouter leurs voix, c&rsquo;est refuser de voir demain. »</em></p>
<p>Retour après colère sur l’incroyable travail d’écoute, d’observation et de traduction cinématographique des paroles de ceux qui savent que nous existons sur ses lignes imaginaires, et que nous y mourrons.</p>
<p><em>Entretien avec <strong>Laetitia Tura</strong> et <strong>Hélène Crouzillat</strong> au Bar Le Floréal, à Paris.</em></p>
<p><strong>Comment est né le projet du film « Les Messagers » ? Comment vivez-vous aujourd’hui la perspective de la sortie en salle ?</strong></p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; Le projet lui même  a duré 6 ou 7 ans, mais ça fait déjà un an qu’on est au bout, depuis la première projection qui a été suivie de nombreuses autres, en France et à l’étranger. Il y a forcément un décalage entre le moment où toi tu finis les choses, où tu es dans la construction, et le moment où ça prend une vie pour l’extérieur.</p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; Ce décalage a aussi été très marqué dans la construction du film : on a compris les choses il y a déjà au moins 4 ans. Arrivées au montage, nous avons assis des réflexions que nous avions déjà élaborées depuis plusieurs années. Bien sûr, nous les avons mises en forme du point de vue plastique, à travers l’écriture cinématographique, mais c’est vraiment intéressant de voir à quel point cette dernière étape de travail s’est faite avec le sentiment d’être « en retard ». La durée étirée du tournage, et les étapes de compréhension qui se sont succédées lentement, nous ont permis de travailler ces réflexions afin de les rendre intelligibles. La difficulté ensuite, c’est que le matériau de tournage qui a permit de pousser des réflexions marque presque un « retard » au moment du montage. </p>
<p><strong>Laetitia, tu es photographe ; Hélène, tu es réalisatrice. Au départ vous n’étiez pas du tout parties pour faire un film mais pour construire un projet qui aurait mêlé photo, et création et captation sonore. Comment le projet  s’est-il mué en film ?</strong></p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; C’est le terrain. C’est ce qui se passe quand on veut pouvoir dire ce qu’on a envie de dire… C’est le sujet qui va déterminer la forme. Au départ, les toutes premières idées étaient de faire un travail sur la mise à l’écart des migrants. Et pour moi la photo seule était insuffisante. Alors s’est rajoutée l’idée d’une création sonore à partir d’entretiens. Et quand les entretiens ont commencé, dans le cadre de ces récits sur la mise à l’écart, il y a d’autres récit qui ont émergé : ils parlaient de la mort. Et ça, c’est quelque chose qu’on pouvait difficilement prévoir…</p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; Moi je me souviens qu’au départ, nous nous sommes orientées sur l’idée de recueillir des témoignages sur la disparition &#8211; enfin sur la mort, parce qu’à ce moment là nous parlions des morts et non des disparus. Nous étions parties sur le montage d’un dispositif formel : une exposition ou une installation, quelque chose comme ça. Nous cherchions à comprendre comment les matériaux que nous récoltions au fur et à mesure, pouvaient résonner avec ce type de formes. A un moment donné, il a été envisagé de faire une vidéo qui serait intégrée à ce dispositif : un moment de parole face caméra d’un récit sur la mort. Et c’est à partir du moment où on a filmé et recueilli cette parole, qu’un autre type de récit a commencé à se dessiner, au-delà de ce que nous avions envisagé jusque là. Nous avons aperçu un travail intéressant à mener avec l’image et l’image fixe, comme une proposition qui viendrait résonner avec ce récit, cette parole sur la mort.</p>
<p><strong>Le sujet de la mort semble en effet être le cœur du film; mais progressivement, on passe des paroles qui racontent les morts, à un récit plus vaste sur la disparition…</strong></p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; Nous nous sommes d’abord demandées : où est-ce qu’il pouvait y avoir traces de migrants décédés ? Nous avons d’abord été orientées vers des morts « visibles », lorsque des corps avaient été mis en bière et enterrés dans des cimetières de Rabat, de Casablanca ou d’Oujda. Puis à travers les témoignages que nous filmions, de migrants qui nous racontaient la mort, nous demandions : « tu sais ce qu’il est devenu, le corps ? » Il me semble que le fil du récit est parti de là. </p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; A Oujda, il y avait la figure du père Lépine qui est un personnage assez connu au Maroc. En effet, Oujda est un point central dans l’organisation des parcours des migrants, donc tout le monde savait qu’il y a avait déjà eu des enterrements de migrants à Oujda. Dans le même temps, nous avons commencé à entendre les premiers témoignages sur les disparitions, des témoignages qui nous disaient qu’il se passait quelque chose et qu’il n’y avait pas de traces de corps.</p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; Par la suite, on découvre que les corps qui sont enterrés, le sont dans des conditions qui nous paraissent hallucinantes à nous pour qui il semble normal que chaque corps se devrait d’avoir une tombe dédiée. Une des photographies du film montre une pierre tombale sous laquelle 13 personnes ont été enterrées… Un écho direct aux conditions de vie et à la mise à l’écart des migrants, à la disparition politique de ces personnes.</p>
<p><strong>Le film est rythmé par les photographies qui marquent des temps et des étapes. Ce rythme est-il venu à la construction du film ? Ou davantage sur le pas de ce que vous avez vécu sur le terrain ?</strong></p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; C’est le rythme de la découverte. Et le rythme des rencontres : des personnes relais, comme Fabien, nous ont fait progresser dans notre récit, étapes par étapes.</p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; Le rythme du terrain était très aléatoire: je me souviens de 2 jours de tractations qu’a mené Fabien pour convaincre des migrants venus du Cameroun de nous rencontrer, c’était laborieux. Tu ne peux pas savoir à l’avance ce que va te raconter telle ou telle personne, et si ça va servir la construction de ton film ; il y a des témoignages et des pistes que nous avons laissé de côté au montage parce que ça ne nous semblait pas pertinent. </p>
<p><strong>Vous avez essuyé beaucoup de refus de la part de personnes que vous souhaitiez faire témoigner ?</strong></p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; À Tanger par exemple, nous voulions rencontrer des personnes qui vivaient dans un camp et quand nous sommes arrivés, le camp était vide…</p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; Nous avons tissé des relations avec des personnes qui ont été de véritables passeurs pour le projet, comme Fabien Didier Yene, Oumar Diao, ou Marcel Amyeto. Des personnes qui ont servis de relais sans être forcément des témoins eux-mêmes. Notre travail n’aurait pas pu se faire sans eux.<br />
<figure id="attachment_4570" aria-describedby="caption-attachment-4570" style="width: 1500px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4570" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/fabien_didier_yene_les_messagers_c_the_kingdom_territoires_en_marge.jpg" alt="© The Kingdom / Territoires en marge" title="© The Kingdom / Territoires en marge" class="caption" data-description="Fabien Didier Yene / Les Messagers" align="center" width="1500" height="1128" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/fabien_didier_yene_les_messagers_c_the_kingdom_territoires_en_marge.jpg 1500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/fabien_didier_yene_les_messagers_c_the_kingdom_territoires_en_marge-300x226.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/fabien_didier_yene_les_messagers_c_the_kingdom_territoires_en_marge-1024x770.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/fabien_didier_yene_les_messagers_c_the_kingdom_territoires_en_marge-768x578.jpg 768w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /><figcaption id="caption-attachment-4570" class="wp-caption-text">© The Kingdom / Territoires en marge</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4571" aria-describedby="caption-attachment-4571" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4571" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/hamidou_d.jpg" alt="© The Kingdom / Territoires en marge" title="© The Kingdom / Territoires en marge" class="caption" data-description="Hamidou D. / Les Messagers" align="center" width="1200" height="943" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/hamidou_d.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/hamidou_d-300x236.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/hamidou_d-1024x805.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/hamidou_d-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-4571" class="wp-caption-text">© The Kingdom / Territoires en marge</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4572" aria-describedby="caption-attachment-4572" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4572" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/mogrosso_l.jpg" alt="© The Kingdom / Territoires en marge" title="© The Kingdom / Territoires en marge" class="caption" data-description="Mogrosso L. / Les Messagers" align="center" width="1200" height="943" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/mogrosso_l.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/mogrosso_l-300x236.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/mogrosso_l-1024x805.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/mogrosso_l-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-4572" class="wp-caption-text">© The Kingdom / Territoires en marge</figcaption></figure><br />
<strong>A propos des témoignages justement, beaucoup témoignent de face à visage découvert ; je suppose qu’ils étaient peu nombreux, les migrants, à avoir ce courage…</strong></p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; Les migrants, c’est un terme générique. Ce qu’il y a vraiment ce sont des personnes et des parcours très différents ; et entre le moment de leurs vécus, et le moment de la rencontre, certains vont pouvoir se dévoiler et d’autres non. Des personnes qui ont témoigné dans le film ont le statut de réfugiés au Maroc, si tant est que ce statut protège de quelque chose… c’est un petit peu plus que celui qui n’a aucun statut. Et puis il y a des gens qui n’ont plus rien à perdre ; il y a ceux qui savaient qu’ils allaient revenir chez eux ; et puis il y a des gens qui estiment que c’est important de témoigner à visage découvert parce qu’il faut dire. Ce qu’ils ont vécu, ils ne peuvent pas le garder. Et il faut trouver l’écoute pour dire.</p>
<p><strong>De plus en plus de films s’intéressent à ceux que nous appelons « migrants » [<em>Ceuta, douce prison</em> de Jonathan Millet et Loïc H. Rechi; <em>L&rsquo;escale</em> de Kaveh Bakhtiari ; <em>Hope</em> de Boris Lojkine … ], en réaction à cette urgence de dire peut-être. Au cours de votre projet, avez-vous croisé d’autres personnes qui, comme vous, travaillaient sur cette question spécifique de la mort et de la disparition ? </strong> </p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; A part Sara Prestianni, une photographe qui travaillait également pour  Migreurop et qui voyage beaucoup dans la zone, non, nous n’avons pas croisé grand monde en 6 ans… quelques personnes venues faire des reportages ponctuellement. Ce qui est sûr, c’est que sur cette question de la mort et des disparitions, très précisément, nous n’avons entendu parler de personne d’autre.</p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; Par endroit, parfois, tu rencontres des gens qui prennent en charge un maillon de la chaine. Par exemple, dernièrement, un article a été écrit sur un prêtre en Tunisie qui est très actif auprès des communautés migrantes ; un autre prêtre à Nouadhibou a fait enterrer des migrants dans un cimetière. Mais ce sont presque toujours des actions qui sont le résultat de l’initiative d’un individu : ce sont des gens qui sont confrontés à quelque chose et prennent en charge ce qu’ils peuvent, en réaction. Et il y a certainement d’autres personnes qui agissent sans qu’on en entendent parler&#8230;</p>
<p><strong>Comment s’est passé le financement du projet ?</strong></p>
<p><strong>LAETITIA</strong> &#8211; La venue des financements a été longue ! Nous avons financé une bonne partie de nos premiers voyages et de nos premières expériences, avec les pauses que ça impliquait parce que nos moyens étaient limités, comme tu t’en doutes. Nous ne trouvions pas de répondant auprès des producteurs. Ceux qui étaient susceptibles de s’intéresser à ce genre de démarche n’étaient pas très nombreux… Nous avons lancé une souscription en 2011, en contrepartie de laquelle nous offrions aux souscripteurs un livret et un tirage photographique original. C’était quelques mois après les printemps arabes ; au même moment, il y a eu aussi plusieurs naufrages très médiatisés… Nous avons reçu beaucoup des souscriptions qui nous ont permis de relancer le tournage. Le tournage reprenait sans que nous ayons trouvé de producteur…</p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; C’est à ce moment là que nous avons fait la rencontre de Michèle Soulignac, qui dirige « Périphérie », un centre de création cinématographique à Montreuil. Elle nous a encouragées à déposer un dossier, et nous avons été sélectionnées  pour être en résidence de montage alors que nous n’avions pas terminé le tournage ; nous avons pu avancer le montage du film et c’est par le biais de cette résidence que nous avons trouvé une productrice : Marie-Odile Gazin de The Kingdom. Finalement tout le travail de production a été fait un peu à l’envers : nous avons travaillé sur l’écriture et le développement cinématographique, alors que nous avions déjà commencé le montage. C’est ce qui fait qu’il a été si long et étalé, presque 6 mois sur un an et demi.</p>
<p><strong>Comment se passe les premières projections du film ? Comment est-il reçu ?</strong></p>
<p><strong>HELENE</strong> &#8211; Le film a déjà été projeté dans de nombreux festivals (notamment au festival du film de Lampedusa, Lampedusainfest) et à plusieurs occasions en France, très souvent dans le cadre de rencontres et de débats. Nous avons eu des discussions très intéressantes lors de la projection à l’EHESS le 3 Mars, c’était vraiment riche. </p>
<p><strong>LAETITA</strong> &#8211; Il y a souvent un silence, un moment qui peut être long juste après la projection, durant lequel les spectateurs « encaissent » le coup… Il faut souvent un peu de temps pour que la parole émerge et que le temps des questions-réponses s’enclenche.<br />
Le film a été projeté lors du FESPACO ; malheureusement nous avons peu de retours de la projection pour l’instant… Nous avons hâte qu’il soit davantage projeté en Afrique même s’il est d’abord destiné à être vu en Europe.</p>
<p>…………………………………………….</p>
<h2>+ INFOS +</h2>
<p><strong>Sortie en salle le 8 AVRIL 2015 </strong><br />
<br />Paris, Espace Saint-Michel ; Nantes &#8211; Le Concorde …</p>
<p><strong>Production</strong> : <a href="https://www.facebook.com/thekingdomfilms/timeline">The Kingdom</a><br />
<br /><strong>Coproduction</strong> : <a href="http://territoiresenmarge.fr/accueil.php">Territoires En Marge</a><br />
<br /><strong>En association avec</strong> : Périphérie (Page de Périphérie Docs)<br />
<br /><strong>Distribution</strong> : <a href="http://www.primaluce.fr">Prima Luce</a><br />
<br /><strong>Sortie en partenariat</strong> avec <a href="http://www.lacimade.org/">La Cimade</a> et <a href="http://www.migreurop.org/">Migreurop</a><br />
<br /><strong>Durée</strong> : 70 min </p>
<p><strong>Synopsis</strong> :<br />
Du Sahara à Melilla, des témoins racontent la façon dont ils ont frôlé la mort, qui a emporté leurs compagnons de route, migrants littéralement et symboliquement engloutis dans la frontière. « Ils sont où tous les gens partis et jamais arrivés ? »<br />
<br />Les Messagers se poste sur la frêle limite qui sépare les migrants vivants des migrants morts. Cette focalisation sur les morts sans sépulture interroge la part fantôme de l’Europe.</p>
<p><strong>Charlotte Garson</strong> pour le Catalogue du Cinéma du Réel 2014 </p>
<p>Toutes les infos : <a href=" http://www.primaluce.fr/portfolio/les-messagers/">www.primaluce.fr</a></p>
<p>Pour en savoir plus sur le travail de Laetitia Tura : <a href="http://www.laetitiatura.fr/">www.laetitiatura.fr</a></p>
<p><figure id="attachment_4573" aria-describedby="caption-attachment-4573" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4573" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_filet_zarzis_tunisie_2012_c_l.jpg" alt="© Laetitia Tura / le bar Floréal" title="© Laetitia Tura / le bar Floréal" class="caption" data-description="Disparitions – filet, Zarzis, Tunisie, 2012" align="center" width="1200" height="943" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_filet_zarzis_tunisie_2012_c_l.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_filet_zarzis_tunisie_2012_c_l-300x236.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_filet_zarzis_tunisie_2012_c_l-1024x805.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_filet_zarzis_tunisie_2012_c_l-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-4573" class="wp-caption-text">© Laetitia Tura / le bar Floréal</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4574" aria-describedby="caption-attachment-4574" style="width: 1500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4574" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/2_la_valla_melilla_espagne_2008_c_l.jpg" alt="© Laetitia Tura / le bar Floréal" title="© Laetitia Tura / le bar Floréal" class="caption" data-description="La valla, Melilla, Espagne, 2008" align="center" width="1500" height="1125" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/2_la_valla_melilla_espagne_2008_c_l.jpg 1500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/2_la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/2_la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/2_la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /><figcaption id="caption-attachment-4574" class="wp-caption-text">© Laetitia Tura / le bar Floréal</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4575" aria-describedby="caption-attachment-4575" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4575" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/la_valla_melilla_espagne_2008_c_l.jpg" alt="© Laetitia Tura / le bar Floréal" title="© Laetitia Tura / le bar Floréal" class="caption" data-description="La valla Melilla Espagne, 2008" align="center" width="1200" height="943" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/la_valla_melilla_espagne_2008_c_l.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-300x236.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-1024x805.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/la_valla_melilla_espagne_2008_c_l-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-4575" class="wp-caption-text">© Laetitia Tura / le bar Floréal</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4576" aria-describedby="caption-attachment-4576" style="width: 1500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4576" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/no_man_s_land_entre_le_maroc_et_la_mauritanie_2011_c_l.jpg" alt="© Laetitia Tura / le bar Floréal" title="© Laetitia Tura / le bar Floréal" class="caption" data-description="No man's land entre le Maroc et la Mauritanie, 2011" align="center" width="1500" height="1125" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/no_man_s_land_entre_le_maroc_et_la_mauritanie_2011_c_l.jpg 1500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/no_man_s_land_entre_le_maroc_et_la_mauritanie_2011_c_l-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/no_man_s_land_entre_le_maroc_et_la_mauritanie_2011_c_l-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/no_man_s_land_entre_le_maroc_et_la_mauritanie_2011_c_l-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /><figcaption id="caption-attachment-4576" class="wp-caption-text">© Laetitia Tura / le bar Floréal</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4577" aria-describedby="caption-attachment-4577" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4577" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_bateau_echoue_zarzis_tunisie_2012_c_l.jpg" alt="© Laetitia Tura / le bar Floréal" title="© Laetitia Tura / le bar Floréal" class="caption" data-description="Disparitions – bateau échoué, Zarzis, Tunisie, 2012" align="center" width="1200" height="943" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_bateau_echoue_zarzis_tunisie_2012_c_l.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_bateau_echoue_zarzis_tunisie_2012_c_l-300x236.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_bateau_echoue_zarzis_tunisie_2012_c_l-1024x805.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/disparitions_-_bateau_echoue_zarzis_tunisie_2012_c_l-768x604.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-4577" class="wp-caption-text">© Laetitia Tura / le bar Floréal</figcaption></figure><br />
<img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4578" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers.jpg" alt="affiche-les-messagers.jpg" align="center" width="1200" height="1698" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers-212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers-724x1024.jpg 724w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers-768x1087.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2015/04/affiche-les-messagers-1086x1536.jpg 1086w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
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			</item>
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		<title>« Everyday Africa » et « The Everyday Project » : une première !</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/everyday-africa-et-the-everyday962/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annabelle Giudice]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2014 11:39:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 18 au 28 septembre 2014, Photoville accueille la première exposition « The Everyday Project » qui a commencé avec « Everyday Africa », une initiative portée par Austin Merrill et Peter Di Campo. Point de vue sur cette proposition photographique et humaine, à l’heure de la société globalisée, en instantané&#8230; Photoville, c’est un festival international de photographie qui a ouvert les portes de sa troisième édition sur le dock n°5 de l’East River, au Brooklyn Bridge Park, à New York. Festival en espace public, proposant plus de 60 expositions accrochées dans des containers, cet événement entièrement gratuit est une</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Du 18 au 28 septembre 2014, Photoville accueille la première exposition « The Everyday Project » qui a commencé avec « Everyday Africa », une initiative<br />
portée par Austin Merrill et Peter Di Campo. Point de vue sur cette proposition<br />
photographique et humaine, à l’heure de la société globalisée, en instantané&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://www.photoville.com/">Photoville</a>, c’est un festival international de photographie qui a ouvert les portes de sa troisième édition sur le dock n°5 de l’East River, au Brooklyn Bridge Park, à New York. Festival en espace public, proposant plus de 60 expositions accrochées dans des containers, cet événement entièrement gratuit est une véritable porte ouverte sur le monde de la photographie professionnelle, hétéroclite et accessible au plus grand nombre. Pologne, Lituanie, Estonie, Etats-Unis, Mexique ou encore Turquie, les propositions photographiques présentées ici sont aussi variées sur les sujets et les lieux dont elles parlent, que sur les choix esthétiques qui les composent. Comme toujours, l’Afrique y est présente principalement à travers des sujets de reportages : la rétrospective de <strong>James Nachtwey</strong> proposée par le Time par exemple, <em>« James Natchwey : 30 years in Time »</em>, ou celle de la fondation Chris Hondros, <em>« Testament »</em>, présentée par <strong>Sandy Ciric</strong> et <strong>Christina Piaia</strong>.<br />
<img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4218" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/p1040338.jpg" alt="p1040338.jpg" align="center" width="1000" height="750" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/p1040338.jpg 1000w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/p1040338-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/p1040338-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><br />
Un peu plus loin dans les dédales de Photoville, une bannière est accrochée<br />
sur toute la longueur d’un container : des visages, une scène de fête ou de mariage, des couleurs et des ambiances de vie, un vendeur de beignets ou un cliché pris dans un bus. Des images du quotidien prises en Égypte, en Iran, au Pérou, en Jamaïque ou au Ghana. C’est ici, container n°10, que sont exposées pour la première fois des images de <em>« The Everyday Project »</em>, un mouvement qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur le réseau social Instagram. A l’origine : <em>« Everyday Africa »</em>, une collection d’images prises avec des téléphones portables &#8211; aujourd’hui, Smartphones et Iphones, parfois tout aussi performants que des appareils photo &#8211; dans plusieurs pays du continent. Les clichés sont pris sur le vif, dans la familiarité de situations universelles (un repas en famille, des enfants sur un terrain de foot, un<br />
portrait), et dans le particularisme culturel et situationnel de chaque moment, de chaque personne, de chaque regard. L’exposition <em>« Everyday Africa »</em> entre dans un dialogue indirect avec les rétrospectives des deux photoreporters cités plus haut. En effet, c’est en réaction à ces images devenues stéréotypes par leur omniprésence médiatique, conditionnant un imaginaire global de l’Afrique (et c’est plus particulièrement vrai aux États-Unis), que s’est bâtie le projet « Everyday Africa ».<br />
<br />Déplacer le regard compassionnel vers un échange de même portée, à partir de ce qui a lieu au jour le jour dans la vie de chaque individu, voilà ce qui pourrait résumer l’essence de ce projet. <a href="http://everydayafrica.tumblr.com/">Voici les mots exacts de présentation, extrait du site interne</a>t :</p>
<blockquote><p>« (…) a collection of images shot on mobile phones across the continent, is an attempt to re-direct focus toward a more accurate understanding of what the majority of Africans experience on a day-to-day basis: normal life. (…) the project is a response to the common media portrayal of the African continent as a place consumed by war, poverty, and disease. »</p></blockquote>
<p><figure id="attachment_4219" aria-describedby="caption-attachment-4219" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4219" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n75ojc3gjm1rgx8vno1_500.jpg" alt="Everyday Africa @pdicampo © Peter Di Campo" title="Everyday Africa @pdicampo © Peter Di Campo" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n75ojc3gjm1rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n75ojc3gjm1rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n75ojc3gjm1rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4219" class="wp-caption-text">Everyday Africa @pdicampo © Peter Di Campo</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4220" aria-describedby="caption-attachment-4220" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4220" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n3aun9kgm21rgx8vno1_500.jpg" alt="Everyday Africa @nicholesobecki © Nichole Sobecki" title="Everyday Africa @nicholesobecki © Nichole Sobecki" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n3aun9kgm21rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n3aun9kgm21rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_n3aun9kgm21rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4220" class="wp-caption-text">Everyday Africa @nicholesobecki © Nichole Sobecki</figcaption></figure><br />
Cette proposition est née de la frustration d’un journaliste et d’un photographe, tous les deux américains : <strong>Peter Di Campo</strong> et <strong>Austin Merrill</strong>. Austin Merill est auteur, éditeur et journaliste ; après avoir vécu en Côte d’Ivoire plusieurs années, il y repart en 2002 pour couvrir le conflit. Il retrouve des lieux déjà parcourus en proie désormais au chaos le plus total, et au cœur de cette situation qui doit être son sujet de travail, il éprouve toute la douleur de confronter ce qu’il connaissait de ce pays (des amis, des lieux de vie) à la destruction et à l’horreur de la guerre. Peter Di Campo est sur place lui aussi. Ils repartiront ensemble en 2012 pour commencer un projet de photoreportage sur la situation post-conflit, soutenus par une subvention du Centre Pulitzer. Au cœur de leur travail, ils se prennent au jeu de photographier des moments du quotidien, des petits riens, des petites histoires de vie qui viennent certainement alléger leurs regards tournés vers la difficile reconstruction de la Côte d’Ivoire. C’est le début du <em>« Everyday Africa »</em>. Ils postent leurs photos sur Instagram en utilisant le marqueur « #everydayafrica », à destination principalement de leurs proches et de leurs amis. Puis le nombre d’abonnés au flux de publication vient à augmenter considérablement. Très vite, le hashtag « #everydayafrica » est utilisé par<br />
d’autres : les images « taguées » se multiplient, prises par des photographes ou des amateurs, depuis le Zimbabwe, la Tanzanie, l’Ethiopie ou le Bénin. Avec le soutien du Centre Pulitzer et de l’Open Foundation Society, Austin et Peter décident de structurer ce réseau et cette collection prolifique d’images, et créent un site internet qui vient reprendre chaque nouvelle image postée. Les meilleures images, souvent celles de photographes professionnels, sont présentées dans la colonne principale. Les contributeurs réguliers créent leurs profils et soutiennent la gestion de cette communauté virtuelle.</p>
<p>Car c’est bien de communauté dont il est question. D’autres mots-clés utilisant le même concept d’instantanés pris sur le vif des « vies normales », apparaissent sur la toile. Ces marqueurs portent le nom de pays, « #everydayChina », « #everydayIran », « #everydayEgypte ; de région englobant plusieurs nations « #everydayMiddleEast » ; ou de communauté telle que « #everydayblackamerica ». En écoutant le panel des représentants des différents « #everyday… », dimanche 21 septembre, autour d’<a href="http://www.photoville.com/2014-programming/2014-talks-workshops/everyday-movement/">une discussion intitulée « The Everyday Movement and the Uphill Battle Against Media Stereotypes »</a>, on est étonné par cette appropriation pressante.<br />
<br />Pourquoi partager des images du quotidien ? Comment des clichés qui<br />
pourraient rester dans la banalité, deviennent, à travers ce mouvement, une<br />
documentation de réalités, suivies et commentées par des milliers de personnes ? Rejoignant les paroles de Peter et d’Austin, <strong>Nana Kofi Acquah</strong> (Everyday Africa), <strong>Tina Remiz</strong> (Everyday Eastern Europe), <strong>Oscar Durand </strong> (Everyday Latin America), <strong>Kiana Hayeri</strong> (Everyday Middle East), et <strong>Shin Woong-jae</strong> (Everyday Asia), nous font part de leur conviction : donner une place au vécu individuel, c’est apprendre à mieux se comprendre, à mieux connaître votre voisin et une personne d’un autre pays, d’une autre culture. Tous pointent du doigt les médias (la télévision et les médias web principalement) qui suggèrent des partis pris en s’intéressant à certains sujets d’actualité plutôt qu’à d’autres, et participent souvent de l’expansion d’idées toutes faites. Les images des « Everyday Project », rendent plus accessible une  information compréhensible par tous &#8211; faisant appel davantage aux émotions, qui ne se cache pas de sa subjectivité, et se partage immédiatement. La technologie a transformé chaque téléphone portable en un outil portatif faisant office d’ordinateur,<br />
de caméra et d’appareil photo (parmi d’autres applications), aussi performants que connectés. On notera que les individus qui n’ont pas accès à des téléphones « modernes », ou qui font le choix de ne pas en avoir, ne sont pas concernés par cette conversation, au demeurant comme sujets photographiques. Au cours de cet échange, un argument revient dans le discours de chaque représentant : il s’agit de faire entendre ces petites voix, toutes les petites voix que forment le monde qui ne se trouve pas sous les projecteurs. Mais pour Nana Kofi Acquah, représentant du Everyday Africa, il s’agit surtout d’ouvrir la voie ! Pointant du doigt la méconnaissance des populations africaines au sujet de leurs propres histoires, c’est la soif de voir l’Afrique parler par elle-même qui anime son implication au projet. Ce<br />
photographe ghanéen souhaiterait voir naître de nouvelles perspectives que celles proposées par l’expert ou le consultant occidental, dont les sociétés africaines sont encore trop tributaires pour « bien savoir », « bien faire » ou « bien vivre ».<br />
<figure id="attachment_4221" aria-describedby="caption-attachment-4221" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4221" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mfeekzbu8k1rgx8vno1_500.jpg" alt="Everyday Africa @glennagordon © Glenna Gordon" title="Everyday Africa @glennagordon © Glenna Gordon" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mfeekzbu8k1rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mfeekzbu8k1rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mfeekzbu8k1rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4221" class="wp-caption-text">Everyday Africa @glennagordon © Glenna Gordon</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4222" aria-describedby="caption-attachment-4222" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4222" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mhhnuljj5a1rgx8vno1_500.jpg" alt="Everyday Africa @charlieshoemaker © Charlie Shoemaker" title="Everyday Africa @charlieshoemaker © Charlie Shoemaker" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mhhnuljj5a1rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mhhnuljj5a1rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mhhnuljj5a1rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4222" class="wp-caption-text">Everyday Africa @charlieshoemaker © Charlie Shoemaker</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4223" aria-describedby="caption-attachment-4223" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4223" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mji8to19nr1rgx8vno1_500.jpg" alt="tumblr mji8to19nr1rgx8vno1 500" title="tumblr mji8to19nr1rgx8vno1 500" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mji8to19nr1rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mji8to19nr1rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_mji8to19nr1rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4223" class="wp-caption-text">tumblr mji8to19nr1rgx8vno1 500</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_4224" aria-describedby="caption-attachment-4224" style="width: 500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-4224" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_ms1qleipzk1rgx8vno1_500.jpg" alt="Everyday Africa @africashowboy © Nana Kofi Acquah" title="Everyday Africa @africashowboy © Nana Kofi Acquah" class="caption" align="center" width="500" height="500" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_ms1qleipzk1rgx8vno1_500.jpg 500w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_ms1qleipzk1rgx8vno1_500-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2014/09/tumblr_ms1qleipzk1rgx8vno1_500-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption id="caption-attachment-4224" class="wp-caption-text">Everyday Africa @africashowboy © Nana Kofi Acquah</figcaption></figure><br />
Mais qui sont ces « voix » ? Qui sont les contributeurs de ce projet démultiplié ? Et, comme a judicieusement interrogé le médiateur de cette conversation, <strong>Stephen Mayes</strong>, quelle est la valeur de cet observateur ? La liste des<br />
photographes présentées sur le site du projet « Everyday Africa » est parlante : la majorité des noms ont des consonances européennes ou américaines, et les portraits viennent confirmer leurs origines supposées. A la question posée d’un engagement en faveur d’un équilibre entre des contributeurs « extérieurs » et des contributeurs « locaux », Peter et Austin plaident coupables: ils n’ont pas assez de temps et de moyens à consacrer à la recherche et à l’implication de photographes africains, disent-ils. C’est une étape à venir, du moins l’espèrent-ils sincèrement, et les rencontres qui auront lieu durant toute la semaine entre les représentants des différents « everyday », visent en partie à penser une structure qui permette davantage une gestion et l’alimentation d’un réseau local. Des contacts déjà bien établis en Afrique du Sud, en Éthiopie et en Tanzanie, sont un premier pas qui pourraient être largement développés par le vaste réseau de soutiens issu de la notoriété dont bénéficie Austin et Peter.<br />
<br />Pourtant, même dans l’expectative d’un tel développement, ces arguments ne viennent pas à bout d’une interrogation sur le sens donné à ces clichés très personnels, diffusés sans explications de ce qui est donné à voir, et qui ne nous disent que ce que notre sensibilité peut y apprécier. A côté d’un plat de bananes plantains arrosées de pili-pili, le site Everyday Africa contient des photos qui appartiennent  au catalogue du touriste en Afrique, ou de l’expatrié à la<br />
découverte de l’exotique cuisine africaine… Le stéréotype flirt avec la caricature. Les photographies présentées à Photoville au contraire, ont été soigneusement sélectionnées et on en apprécie la beauté, l’originalité et même une certaine forme de poésie. Mais décontextualisés, les clichés ne permettent guère de réellement acquérir une connaissance sur ce qui est montré. Cependant, ne prenons pas le contrepied du défaut évoqué, il pourrait paraitre caricatural de penser qu’un européen vivant en Afrique ne pourrait trouver sa place: il est aussi une voix du quotidien. Et, ainsi que le conclut Nana Kofi Acquah avec une rhétorique toute 21ème siècle et un rien de geste théâtral :</p>
<p><quote>« Your are not african because you are born in Africa.<br />
<br />You are african because Africa is born in you. »</quote></p>
<p>Saluons donc cette initiative qui a le mérite d’ouvrir le regard, et qui répond à<br />
son époque, bariolée et mouvementée, où consumérisme et curiosité ne sont peut être pas si opposés. Encore un petit effort, et cette idée de partage d’instantanées pourrait devenir une nouvelle forme d’éducation au « vivre-ensemble », adaptée à l’extension des liens qui se tissent désormais tout autour du globe, en un clic.</p>
<p>Prochaine exposition « The Everyday Project » en Iran dans 2 semaines !</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/everyday-africa-et-the-everyday962/">« Everyday Africa » et « The Everyday Project » : une première !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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