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	<title>Benjamin Seze, auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Benjamin Seze, auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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		<title>Le Soudan en noir et blanc</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Seze]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Oct 2012 08:11:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir débuté dans le milieu de la mode puis de la presse d’information, le photographe Claude Iverné travaille essentiellement depuis 14 ans sur le Soudan. Avec seize photographes soudanais et des chercheurs internationaux, il a fondé il y a presque une dizaine d’années le bureau de documentation Elnour. Comment donner à voir un territoire aussi complexe que le « Bilad es Sudan » (« Pays des Noirs », nom d’origine du pays en arabe) ? C’est la question à laquelle tente de répondre cet arabophone, fin connaisseur du territoire et de ses populations, à travers une exposition qui se</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir débuté dans le milieu de la mode puis de la presse d’information, le photographe <strong>Claude Iverné</strong> travaille essentiellement depuis 14 ans sur le Soudan. Avec seize photographes soudanais et des chercheurs internationaux, il a fondé il y a presque une dizaine d’années le bureau de documentation Elnour. Comment donner à voir un territoire aussi complexe que le <em>« Bilad es Sudan »</em> (« Pays des Noirs », nom d’origine du pays en arabe) ? C’est la question à laquelle tente de répondre cet arabophone, fin connaisseur du territoire et de ses populations, à travers une exposition qui se tient jusqu’au 7 novembre dans le 11e arrondissement de Paris. </p>
<p><strong>Quel est le but de l’exposition les Photographies soudanaises, faire découvrir le Soudan ?</strong></p>
<p>Pas exactement. L’objectif premier de cette exposition est de proposer une réflexion sur la façon dont nous nous représentons un territoire que nous ne connaissons pas. Pour illustrer cette idée qui vaut pour tout autre endroit, je mets a contribution mes travaux au Soudan, qui deviennent prétexte à essai.<br />
<figure id="attachment_3139" aria-describedby="caption-attachment-3139" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3139" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/mnaima_adjakaiv.jpg" alt="Mnaima Adjak / Tribu Shenabla / Nomade / Kordofan Nord / Août 2001 © Claude Iverné / Elnour" title="Mnaima Adjak / Tribu Shenabla / Nomade / Kordofan Nord / Août 2001 © Claude Iverné / Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="1004" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/mnaima_adjakaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/mnaima_adjakaiv-239x300.jpg 239w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/mnaima_adjakaiv-768x964.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3139" class="wp-caption-text">Mnaima Adjak / Tribu Shenabla / Nomade / Kordofan Nord / Août 2001 © Claude Iverné / Elnour</figcaption></figure><br />
<strong>Justement, pourquoi avoir choisi le Soudan ?</strong></p>
<p>Précisément parce que je dispose de matière, sujette à essai, c’est à dire dont éprouver la pertinence tombait sous le sens. Le Soudan est un territoire quasi inconnu de nos sociétés occidentales, donc sujet de bien des phantasmes.</p>
<p><strong>Des fantasmes en partie nourris par l’image qui transparaît à travers les médias ? Vous y consacrez d’ailleurs la première salle de l’exposition. Votre démarche s’oppose-t-elle à celle de la presse ?</strong></p>
<p>Non, elle ne s’y oppose pas. La presse a son utilité pour mobiliser face à des situations de guerre, de pauvreté, de catastrophe humanitaire. Son but est de convaincre. L’esthétique des images choisies est donc guidée par l’émotion. L’imagerie y est emblématique, efficace et facile à consommer. C’est une imagerie utilitaire. Je ne dis pas que ce n’est pas bien. Je pense en revanche qu’il faut faire attention à prendre ces images pour ce qu’elles sont, et non pour argent comptant. </p>
<p><strong>Votre démarche, au contraire, est-elle objective ?</strong></p>
<p>Non. D’une part elle ne se prétend pas contraire. D’autre part elle ne revêt pas non plus de caractère objectif. Je ne prétends pas réduire le Soudan à mon travail. Mon intention est de nourrir l’intuition du visiteur par l’agencement d’indices. Mes photos, et les légendes (précises mais succinctes. NDLR) qui les accompagnent, recèlent des signes parfois peu visibles à première lecture. C’est une sorte de jeu de piste.<br />
<br />Je joue parfois, dans l’exposition comme dans le livre, de l’accumulation qui tantôt nivelle tantôt singularise. Par exemple une série de portraits en plein pied qui permet de constater le port généralisé de la djellaba, de souligner  l’uniformité de tenues malgré l’éloignement géographique des personnes.<br />
Ailleurs, les légendes d’une série des déchets révèle les liens commerciaux du Pays soumis à embargo par des pays mêmes qui ont voté cet embargo.<br />
<br />Dans le choix des images, que ce soit au moment de les prendre ou des les exposer, réside forcément une part de subjectivité que j’assume. D’ailleurs, cette exposition est accompagnée d’un Livre sous forme d’essai. J’ai sollicité des spécialistes du Soudan sur des essais lyriques en place d’articles scientifiques. L’idée est de montrer que le lyrisme subjectif d’un auteur peut être tout aussi pertinent qu’une forme officielle dite sérieuse et objective.<br />
<figure id="attachment_3140" aria-describedby="caption-attachment-3140" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3140" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/1306-1_sakani_shelter-1aiv.jpg" alt="Maison de Fayçal Mohamed Jaber / Tribu Nouba Miri / Camp de Déplacés "Mayo" / Extention Mandela / Khartoum / Octobre 2005 © Claude Iverné / Elnour" title="Maison de Fayçal Mohamed Jaber / Tribu Nouba Miri / Camp de Déplacés "Mayo" / Extention Mandela / Khartoum / Octobre 2005 © Claude Iverné / Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/1306-1_sakani_shelter-1aiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/1306-1_sakani_shelter-1aiv-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/1306-1_sakani_shelter-1aiv-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/1306-1_sakani_shelter-1aiv-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3140" class="wp-caption-text">Maison de Fayçal Mohamed Jaber / Tribu Nouba Miri / Camp de Déplacés</figcaption></figure><br />
<strong>Qu’est-ce qui va vous inciter à photographier une personne ou une scène ?</strong></p>
<p>Je travaille dans l’errance en total opportunisme. Je ne provoque rien, je prends ce qui vient à moi. Parfois, la beauté seule de l’image – souvent par son intemporalité et sa sobriété – suscitera mon intérêt. Ensuite, j’entreprends l’écriture visuelle d’une narration dont le but est de retranscrire l’intuition que j’ai de ce territoire. Je photographie une scène propice à contribuer à ma « fable », à révéler un indice. </p>
<p><strong>Que souhaitez-vous raconter sur ce territoire ?</strong></p>
<p>Je décris une certaine violence, différente de celle qu’évoquent les médias. J’évoque un pays sous développé, grand comme la France qui compte seulement 200 km d’asphalte. Un pays qui vit depuis quelques années, à marche forcée, ce que nous avons vécu de manière progressive en plusieurs milliers d’années, non sans conflits : le passage d’une société tribale à une société globalisée. Une image montre une jeune fille d’une tribu nomade devant la tente de son père. Elle porte un tissu où sont imprimés une tour Eiffel et des immeubles parisiens, ce qui pour elle est totalement abstrait. Ce tissu est en polyester, matière peu adaptée au climat local. La frange du tissu laisse apparaître «  Made In Corea ». Alors que le Soudan était dans les années 70 un important producteur de coton, cette jeune fille porte aujourd’hui un tissu importé et inadapté. Elle n’a aucune prise sur la globalisation mais la subit. Pour moi, cette image est beaucoup plus violente qu’une photo de guerre. Ailleurs, je présente un tableau d’école installé sous une tente de l’Unicef, dans un camp. À la craie sont inscrits les chiffres 1,2,3&#8230; le niveau 1 de l’éducation. C’est ce à quoi  a accès pour la première fois, une génération de Darfouris. Il a fallu attendre une crise pour qu’on se rende compte que ces populations n’avaient pas d’école. Cela illustre un retard  indécent. On peut aussi s’interroger sur les transformations que va opérer l’école dans ces populations.<br />
<figure id="attachment_3141" aria-describedby="caption-attachment-3141" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3141" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/abdulla_ibeid-1aiv.jpg" alt="Abdulla Ibeid et deux de ses fils / Tribu Rezeigat / Clan Chigerat Darfour Ouest / Novembre 2004 © Claude Iverné / Elnour" title="Abdulla Ibeid et deux de ses fils / Tribu Rezeigat / Clan Chigerat Darfour Ouest / Novembre 2004 © Claude Iverné / Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="986" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/abdulla_ibeid-1aiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/abdulla_ibeid-1aiv-243x300.jpg 243w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/abdulla_ibeid-1aiv-768x947.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3141" class="wp-caption-text">Abdulla Ibeid et deux de ses fils / Tribu Rezeigat / Clan Chigerat Darfour Ouest / Novembre 2004 © Claude Iverné / Elnour</figcaption></figure><br />
<strong>Vous travaillez essentiellement en noir et blanc, pourquoi ? </strong> </p>
<p>Cela correspond à une approche intemporelle. Dans cette recherche, La couleur perturbe souvent l’intention globale. Tout le monde sait que l’herbe est verte, il n’est pas nécessaire de le montrer. Je privilégie l’imagination plutôt que de paraphraser le réel. Il m’arrive de photographier en couleur, lorsque je considère que la couleur ajoute une information ou l’enrichit. Par exemple, l’image d’une file d’attente que j’expose en taille réelle. Le visiteur se rend compte ou non… de par les couleurs vives des tissus, que les vêtements portés par les femmes sont neufs et repassés. C’est une information.<br />
J’utilise des négatifs de grand formats, propres à restituer les matières. Je n’utilise ni grand angles ni téléobjectif. Je photographie comme l’homme voit.<br />
<figure id="attachment_3142" aria-describedby="caption-attachment-3142" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3142" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/bande_blanketaiv.jpg" alt="Distribution de rations alimentaires / Jour des Garçons / Camp de Mornei / Darfour Sud / Décembre 2004 © Claude Iverné / Elnour" title="Distribution de rations alimentaires / Jour des Garçons / Camp de Mornei / Darfour Sud / Décembre 2004 © Claude Iverné / Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="140" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/bande_blanketaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/bande_blanketaiv-300x53.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/bande_blanketaiv-768x134.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3142" class="wp-caption-text">Distribution de rations alimentaires / Jour des Garçons / Camp de Mornei / Darfour Sud / Décembre 2004 © Claude Iverné / Elnour</figcaption></figure><br />
<strong>Pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>C’est un parti pris, celui de restituer la vision de l’œil humain. Tout comme je n’utilise pas le flou ni ne me baisse pour prendre une photo. L’idée générale est l’édification du réel par le banal.  Cela correspond à mon envie de transposer telle quelle ma découverte d&rsquo;un territoire pour la proposer aux visiteurs.</p>
<p><strong>Un troisième volet de l’exposition est consacré à des photographes soudanais.</strong></p>
<p>Oui. Après ce qui peut transparaître dans les médias, puis à travers mes propres photos, je propose aux visiteurs de découvrir une troisième facette du Soudan, via les images de photographes soudanais du vingtième siècle tirées des archives d’Elnour. Le Soudan occupe une place à part dans la photographie en Afrique.  Dans les années 70, Gaafar Nimeiry (à la tête du pays de 1969 à 1985. ndlr) était passionné de photographie. À l’instar de Roosevelt et de la Farm Security Administration (FSA), il a créé les archives nationales photographiques dont il se servait comme instrument de propagande. Le pays a connu à cette époque une floraison d’expositions et de clubs de photos. Chacune des trente-deux régions avait son bureau de photographes relié au ministère de la culture et de l’information. À travers ces images d’archives, le visiteur découvre avec surprise un pays insoupçonné ici. Une société qui pressait sa propre bière et où on sortait dans les clubs de jazz. On a du mal à imaginer tout cela aujourd’hui. Sont aussi exposées des images de photographes soudanais actuels.<br />
<figure id="attachment_3143" aria-describedby="caption-attachment-3143" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3143" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/rachid_mahdiaiv.jpg" alt="Portrait Colored with Ink 3/07/1972 © Rachid Mahdi/Elnour" title="Portrait Colored with Ink 3/07/1972 © Rachid Mahdi/Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="1095" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/rachid_mahdiaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/rachid_mahdiaiv-219x300.jpg 219w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/rachid_mahdiaiv-748x1024.jpg 748w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/rachid_mahdiaiv-768x1051.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3143" class="wp-caption-text">Portrait Colored with Ink 3/07/1972 © Rachid Mahdi/Elnour</figcaption></figure><br />
<figure id="attachment_3144" aria-describedby="caption-attachment-3144" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-3144" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/madani_gahoryaiv.jpg" alt="Multiautoportrait 2/Khartoum 1984 © Madani Gahory/Elnour" title="Multiautoportrait 2/Khartoum 1984 © Madani Gahory/Elnour" class="caption" align="center" width="800" height="517" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/madani_gahoryaiv.jpg 800w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/madani_gahoryaiv-300x194.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2012/10/madani_gahoryaiv-768x496.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-3144" class="wp-caption-text">Multiautoportrait 2/Khartoum 1984 © Madani Gahory/Elnour</figcaption></figure><br />
<strong>Vous proposez aussi aux visiteurs de participer à une exposition de rue.</strong></p>
<p>Je leur propose de se saisir de tirages de l&rsquo;exposition afin d’aller les afficher dans les rues autour de la Maison des métallos. Ils peuvent ainsi exposer leur propre point de vue sur ce territoire de par leur choix. L’idée est également de susciter une interaction entre l’exposition et le quartier.</p>
<p><strong> <em>Photographies soudanaises</em>, une proposition de description d’un territoire, jusqu’au 7 novembre à la Maison des métallos et à l’Usine Spring Court, dans le 11e arrondissement, à Paris.<br />
<br />Plus d’infos sur <a href="http://www.maisondesmetallos.org/">www.maisondesmetallos.org</a></strong></p>
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		<title>La Revue noire revient après dix ans d’absence</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/la-revue-noire-revient-apres-dix684/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Seze]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 08:29:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De 1991 à 2001, la Revue Noire s’est employé à sortir l&#8217;Afrique d&#8217;une image exotique, en faisant connaître les expressions artistiques contemporaines qui se développent sur ce continent. Après 10 ans d’interruption, la nouvelle Revue Noire ne se limite plus au continent africain mais conserve son rôle de défricheur de talents. Interview de Pascal Martin Saint Leon, un de ses fondateurs. Il y a 20 ans, avec Jean Loup Pivin, Simon Njami et Bruno Tilliette, vous fondiez la Revue noire, magazine sur l&#8217;art contemporain en Afrique. Pourquoi ce projet ? L&#8217;idée de la revue date de 1989. Simon était écrivain,</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-revue-noire-revient-apres-dix684/">La Revue noire revient après dix ans d’absence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De 1991 à 2001, la <strong>Revue Noire</strong> s’est employé à sortir l&rsquo;Afrique d&rsquo;une image exotique, en faisant connaître les expressions artistiques contemporaines qui se développent sur ce continent. Après 10 ans d’interruption, la nouvelle Revue Noire ne se limite plus au continent africain mais conserve son rôle de défricheur de talents. Interview de <strong>Pascal Martin Saint Leon</strong>, un de ses fondateurs.</p>
<p><strong>Il y a 20 ans, avec Jean Loup Pivin, Simon Njami et Bruno Tilliette, vous fondiez la Revue noire, magazine sur l&rsquo;art contemporain en Afrique. Pourquoi ce projet ?</strong><br />
<br />L&rsquo;idée de la revue date de 1989. Simon était écrivain, Bruno, journaliste (ancien rédacteur en chef de la revue Autrement) et Jean Loup et moi, architectes. Nous avions tous les quatre envie de faire quelque chose sur l&rsquo;Afrique.<br />
<br />Avec Jean Loup, nous avons mené plusieurs projets sur ce continent, notamment le Musée national du Mali à Bamako, et l&rsquo;avons pas mal sillonné. Nous y avons découvert une volonté d&rsquo;être dans l&rsquo;air du temps, il y a beaucoup de similarités avec ici. La réalité que nous connaissions tranchait avec l&rsquo;image de l&rsquo;Afrique qui transparaissait en Europe et notamment en France.<br />
<br />L&rsquo;élément déclencheur de notre envie de créer la Revue noire est l&rsquo;exposition Magiciens de la Terre (1989), de Jean Hubert Martin. Un face à face entre des artistes occidentaux très à la pointe et des créateurs, notamment africains, assimilés à des magiciens dans le sens où ils transmettaient une traditions. L&rsquo;idée de l&rsquo;exposition était d&rsquo;opposer ces démarches. Nous nous sommes demandés : Pourquoi ? Pour nous, c&rsquo;était comme si on refusait à l&rsquo;autre d&rsquo;avoir un statut individuel, comme s&rsquo;il ne pouvait que faire partie d&rsquo;un groupe de personnes qui se transmettaient une tradition.<br />
<br />L&rsquo;idée de la revue était de sortir l&rsquo;Afrique d&rsquo;une image exotique. Faire connaître les expressions artistiques contemporaines qui se développaient sur ce continent, et ainsi montrer une Afrique moderne, fabricant des cultures urbaines avec ses expressions propres dignes d’être internationalement reconnues.<br />
<figure id="attachment_2442" aria-describedby="caption-attachment-2442" style="width: 758px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2442" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/revuenoire.jpg" alt="de gauche à droite, de haut en bas : RN 01, Ousmane Sow (1991) / RN 26, Madagascar J Andsrianomearisoa (1997) / RN 30, Nigeria, Babatunde Ayinde Okoya (1998) / RN 31, Urbis African City, Dorris Haron Kasco (1998) / RN, Anthologie Photo africaine (1998) / RN, Art Africain, Ouattara (2011)" title="de gauche à droite, de haut en bas : RN 01, Ousmane Sow (1991) / RN 26, Madagascar J Andsrianomearisoa (1997) / RN 30, Nigeria, Babatunde Ayinde Okoya (1998) / RN 31, Urbis African City, Dorris Haron Kasco (1998) / RN, Anthologie Photo africaine (1998) / RN, Art Africain, Ouattara (2011)" class="caption" align="center" width="758" height="691" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/revuenoire.jpg 758w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/revuenoire-300x273.jpg 300w" sizes="(max-width: 758px) 100vw, 758px" /><figcaption id="caption-attachment-2442" class="wp-caption-text">de gauche à droite, de haut en bas : RN 01, Ousmane Sow (1991) / RN 26, Madagascar J Andsrianomearisoa (1997) / RN 30, Nigeria, Babatunde Ayinde Okoya (1998) / RN 31, Urbis African City, Dorris Haron Kasco (1998) / RN, Anthologie Photo africaine (1998) / RN, Art Africain, Ouattara (2011)</figcaption></figure><br />
<strong>Quel était le concept de la revue ?</strong><br />
<br />C&rsquo;était une revue d&rsquo;investigation. Chaque numéro était consacré à une ville, un pays, parfois à un thème artistique, social ou politique. Nous défrichions un terrain inconnu, à la recherche d&rsquo;artistes africains contemporains, photographes, peintres, sculpteurs, plasticiens&#8230; Nous excluions l&rsquo;art pour touristes que l’on peut trouver dans les aéroports. Nous évitions le ghetto – ce n&rsquo;est pas parce que c&rsquo;est africain que c&rsquo;est forcément bien. Nous nous interdisions aussi tout parallèle avec un mouvement quelconque, le cubisme par exemple, et nous ne faisions aucun commentaire.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong><br />
<br />Parce que le commentaire induit une histoire de l&rsquo;art. Or la seule histoire de l&rsquo;art qui existait à l&rsquo;époque était celle de l&rsquo;art occidental. Or ces références à l&rsquo;art occidental pour parler de créations d&rsquo;artistes africains n&rsquo;avaient pour nous aucun lieu d&rsquo;être. Une oeuvre passe par le ressenti et non par une analyse. Elle ne prend pas sens en étant commentée. Nous avions pris le parti de laisser les formes parler par elles-mêmes.</p>
<p><strong>Aujourd’hui avec le recul, pensez-vous avoir atteint votre objectif de l’époque ?</strong><br />
<br />J’espère ! (Rire) Le marché comme les besoins des musées et des collectionneurs limitent nécessairement le nombre de nouveaux artistes pouvant être intégrés. Et plus encore d&rsquo;Afrique, l&rsquo;ouverture sur l&rsquo;Asie, le Moyen Orient l&rsquo;Amérique latine… introduisant déjà nombre d&rsquo;artistes. Pourtant, aucune exposition thématique, aujourd’hui, ne se permettrait de ne pas présenter des artistes africains, asiatiques, sud américains, arabes… Il est évident pour tous, maintenant, que l&rsquo;apport d&rsquo;autres cultures est important, même si trop souvent, pour ne pas dire toujours, ces nouvelles démarches artistiques sont placées et commentées par rapport à l&rsquo;histoire de l&rsquo;art occidental. Le jour où la sensibilité de chacun sera ouverte à ces autres contextes, on pourra supposer que l&rsquo;autre n&rsquo;est plus extérieur à soi, et  à ce moment-là, nous pourrons dire que nous avons pleinement atteint notre objectif.<br />
<figure id="attachment_2443" aria-describedby="caption-attachment-2443" style="width: 758px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2443" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/rv_couvaiv.jpg" alt="3 monographies de photographes majeurs d'Afrique éditées par la Revue Noire en 2011 : MAMA CASSET son studio African Photo de Dakar  /  JEAN DEPARA Night &#038; Days in Kinshasa 1950-75  /  SAMUEL FOSSO des premiers autoportraits à African Spirits" title="3 monographies de photographes majeurs d'Afrique éditées par la Revue Noire en 2011 : MAMA CASSET son studio African Photo de Dakar  /  JEAN DEPARA Night &#038; Days in Kinshasa 1950-75  /  SAMUEL FOSSO des premiers autoportraits à African Spirits" class="caption" align="center" width="758" height="345" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/rv_couvaiv.jpg 758w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/rv_couvaiv-300x137.jpg 300w" sizes="(max-width: 758px) 100vw, 758px" /><figcaption id="caption-attachment-2443" class="wp-caption-text">3 monographies de photographes majeurs d&rsquo;Afrique éditées par la Revue Noire en 2011 : MAMA CASSET son studio African Photo de Dakar  /  JEAN DEPARA Night &#038; Days in Kinshasa 1950-75  /  SAMUEL FOSSO des premiers autoportraits à African Spirits</figcaption></figure><br />
<strong>Pensez-vous avoir joué un rôle important dans cette évolution ?</strong><br />
<br />Oui, la Revue noire a eu sa place, dans la mesure où nous avons permis une certaine visibilité à certains artistes.  Les deux anthologies que nous  avons sortis par la suite &#8211; Anthologie de l&rsquo;Art Africain au XXe siècle, qui donne quelques éléments de références de manifestations, écoles, courants artistiques, tenant compte de chaque cultures, origines, et  Anthologie de la Photographie africaine – y ont sans doute aussi contribué. Bien sûr, nous ne sommes pas les seuls. Nous faisions partie d’un mouvement plus général.  Par exemple, la collection Picozzi et Jean Hubert Martin ont aussi joué un rôle pour porter un autre regard sur ce qui est différent.</p>
<p><strong>Justement, que sont devenus les milliers d&rsquo;artistes passés dans vos pages ?</strong><br />
<br />Des 3500 créateurs présentés dans  la Revue noire, un nombre important ont consolidé leur place chez eux et dans leurs régions périphériques. Certains ont franchi toutes les frontières comme Pascale Marthine Tayou, William Kendridge, El Anatsui, Malick Sidibé, Seydou Keïta, Joël Andrianomearisoa, Georges Adeagbo, Abdoulaye Konaté… et d&rsquo;autres, selon leurs aptitudes à comprendre les lois du milieu de l&rsquo;art. Reste que pour atteindre ce niveau, il faut s’ouvrir au monde et à son fonctionnement, et sortir d&rsquo;une « production » limitée aux regards de son pays, ce qui n&rsquo;est pas facile. </p>
<p><strong>Pourquoi cette décision en 2001, après 10 ans d’existence,  d’interrompre la publication de la Revue noire ?</strong><br />
<figure id="attachment_2444" aria-describedby="caption-attachment-2444" style="width: 450px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2444" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/af_rdc_jdeparafem_ph001.jpg" alt="© Photo Jean Depara, légende “Jeune femme devant l'Afro Negro Club", série "Night &#038; Day in Kinshasa" ca.1955, courtesy Revue Noire Galerie" title="© Photo Jean Depara, légende “Jeune femme devant l'Afro Negro Club", série "Night &#038; Day in Kinshasa" ca.1955, courtesy Revue Noire Galerie" class="caption" align="right" width="450" height="675" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/af_rdc_jdeparafem_ph001.jpg 450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/af_rdc_jdeparafem_ph001-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption id="caption-attachment-2444" class="wp-caption-text">© Photo Jean Depara, légende “Jeune femme devant l&rsquo;Afro Negro Club</figcaption></figure>_ Il y a eu sans doute une forme de lassitude. Mais la principale raison  est que se limiter à un continent finissait par ne plus rien dire. À l’heure d’Internet,  il n’ y a plus le même rapport entre l’Afrique et l’Europe, cette bipolarité n’existe plus. Exemple très parlant : la première fois que le jeune artiste de Kinshasa Alain Polo (photographe et plasticien) a quitté son pays, c’est pour aller en Chine. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes africains vont en Asie ou au Brésil.  Il fallait changer le contenu de la revue limité par notre regard de Parisiens face à l’Afrique, même si, à chaque fois, un comité de rédaction était établi sur place, avec des acteurs locaux de toutes disciplines, pour sentir l&rsquo;effervescence de la création locale et la retranscrire.</p>
<p><strong>Dix ans plus tard, avec la même équipe, vous relancez la Revue noire. Pourquoi cette envie ?</strong><br />
<br />Tout d’abord, parce que aucun autre acteur n&rsquo;a réellement pris la relève, avec une approche critique sur les créations, et qu’il nous semble maintenant important comme acte militant de poursuivre, notamment en proposant une galerie pour permettre à ces artistes d&rsquo;avoir un premier tremplin dans le marché de l&rsquo;art et une visibilité plus grande. Ensuite parce que l&rsquo;approche d&rsquo;un artiste africain, ou autre, est toujours trop liée à des commentaires qui n&rsquo;ont que peu de rapport avec son « background », sa culture, ses tripes. Encore aujourd’hui, trop souvent, les références occidentales reprennent le dessus niant l&rsquo;identité de l&rsquo;Autre, en fait sa réelle existence. Nous ne nions pas que tel artiste connaisse les oeuvres des sculpteurs grecs, Giacometti, Michelange, ou encore Cindy Sherman et d&rsquo;autres, ou l&rsquo;Histoire de l&rsquo;Art occidental, mais ces référents ne sont pas premiers et uniques, il y en a d&rsquo;autres propres à chacun, sa vie, son, pays, ses moeurs, ses idées… D&rsquo;où l&rsquo;obligation de connaître l&rsquo;artiste et sa démarche, son milieu. Et ça peu de personnes ou critiques ont eu la possibilité d&rsquo;être en contact réel avec ces artistes.</p>
<p><strong>La Revue noire, version 2011, sera-t-elle différente de celle d’il y a dix ans ?</strong><br />
<br />Ces dix ans d’interruption ont été un temps de réflexion et de bilan. Nous avons fait des constats sur l&rsquo;impact réel, les défauts et les manques de la Revue noire. De cette réflexion est notamment née l’idée de la galerie comme nouveau tremplin complémentaire aux publications et vitrine sur internet. Trop souvent, nous ne savions pas où diriger un artiste, vers quelle galerie ou quel lieu qui travailleraient en profondeur avec un artiste africain et le suivraient sur une longue durée.<br />
<br />En ce moment, nous exposons les photographies du Congolais Jean Depara (1928-1997). Une très belle série sur le monde de la nuit à Kinshasa (ex Léopoldville) dans les années 50-60.<br />
<br />En ce qui concerne la revue en elle-même, nous poursuivons dans notre rôle de défricheurs de talents. Nous nous intéressons aux artistes émergeants, souvent connus localement sans pour autant que leur travail dépasse leurs frontières. Pas pour la nouveauté du truc, mais justement par envie de montrer des choses qui n’ont pas la possibilité d’être facilement visibles.<br />
<br />En revanche, notre démarche n’est plus la même. La Revue noire d’il y a dix ans était une revue d’investigation, presque un inventaire. Aujourd’hui, la revue sera beaucoup plus subjective. Nous choisissons des artistes qui nous tiennent à cœur et montrons  leur processus physique et mental dans la création. En plus des œuvres,  ce sont les chemins de la création qui nous intéressent.<br />
<br />Enfin, nous ne nous limitons plus aux artistes africains. Le sous-titre de la revue est « Créations contemporaines d’Afrique et du Monde ». L&rsquo;Afrique sera toujours très présente, car c’est le territoire que nous connaissons le mieux, mais dans un autre face à face, avec l&rsquo;ensemble du monde.<br />
<figure id="attachment_2445" aria-describedby="caption-attachment-2445" style="width: 708px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2445" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/depara_ph035.jpg" alt="© Photo Jean Depara, légende “En voiture pour la nuit", série "Night &#038; Day in Kinshasa" ca.1955, courtesy Revue Noire Galerie" title="© Photo Jean Depara, légende “En voiture pour la nuit", série "Night &#038; Day in Kinshasa" ca.1955, courtesy Revue Noire Galerie" class="caption" align="center" width="708" height="460" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/depara_ph035.jpg 708w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/depara_ph035-300x195.jpg 300w" sizes="(max-width: 708px) 100vw, 708px" /><figcaption id="caption-attachment-2445" class="wp-caption-text">© Photo Jean Depara, légende “En voiture pour la nuit</figcaption></figure><br />
<strong>Entre le moment où vous avez arrêté la Revue noire (2001) et aujourd&rsquo;hui, avez vous constaté des évolutions de la scène artistique contemporaine en Afrique. Si oui, lesquelles ?</strong><br />
<br />On voit aujourd&rsquo;hui aux Rencontres de Bamako de nombreuses vidéos d&rsquo;artistes africains, ce qui n&rsquo;était pas le cas encore autour de 2000, et d’autres photos utilisant habilement le numérique.<br />
<br />Le conservatoire des arts et métiers et multimédia (CAMM) de Bamako permet chaque année à une cinquantaine de personnes (dont environ 5 à 10 se tourneront d&rsquo;abord vers la création artistique) de se former aux outils multimédia. Des plasticiens à venir utiliseront certainement sous peu ce média dans des performances.<br />
<br />Par ailleurs, de plus en plus d&rsquo;artistes ont en eux la dimension mondiale lors de leur processus de création et ne travaille plus seulement pour un public local. L’envergure des œuvres est du coup différente. Ils circulent de plus en plus, allant en Asie, en Amérique latine, aux Caraïbes, souvent avant même d&rsquo;aller en Europe ou aux USA. Le rapport Afrique-Occident s&rsquo;en trouve changé, en mieux. Même si certains artistes travaillent sur l&rsquo;esclavage et la colonisation (ou post colonisation), en « utilisant » la mauvaise conscience occidentale, beaucoup d&rsquo;autres travaillent à l&rsquo;équivalent des artistes du monde, occidentaux et autres, sur des problématiques communes : identité, conditions de vie, politique, mystique, historique, formel&#8230;<br />
<br />Un point me paraît très important. Depuis cinq ans, on voit de nouvelles fondations et institutions culturelles africaines se créer en Afrique même (Afrique du sud, Angola, Bénin, Côte d&rsquo;Ivoire…) et avec moins un souci d&rsquo;investissement rentable et plus la volonté de créer des fonds patrimoniaux d&rsquo;une culture africaine contemporaine. Contrairement à il y a 30 – 40 ans, les centres culturels français, instituts Goethe allemands… n&rsquo;ont plus les moyens de régner en maître. Les institutions locales avec le soutien, même financier, des gouvernements locaux et des fondations étrangères, souvent américaines, ont pris possession de l&rsquo;activité culturelle de leur pays. Ce qui est indispensable. L&rsquo;art doit avoir son public localement pour permettre à l&rsquo;artiste d&rsquo;exister. Même si celui-ci vit ailleurs, une partie de son être reste là où est sa racine, sa raison d&rsquo;exister et de travailler. L&rsquo;Afrique s&rsquo;est ouvert au monde et participe pleinement à sa construction, ses idées, son monde des formes.</p>
<h2>ACTUALITES</h2>
<p>Cette année, REVUE NOIRE est à Paris Photo (stand A43) au Grand-Palais du 09 au 13 novembre 2011.<br />
<br />Focus sur 2 jeunes artistes :<br />
<br /><strong>Alain POLO</strong><br />
<img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2446" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/alainpolo-3photweb.jpg" alt="alainpolo-3photweb.jpg" align="center" width="704" height="167" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/alainpolo-3photweb.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/alainpolo-3photweb-300x71.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><br />
<strong>Joël ANDRIANOMEARISOA</strong><br />
<img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2447" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/andria_3photweb.jpg" alt="andria_3photweb.jpg" align="center" width="704" height="154" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/andria_3photweb.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/11/andria_3photweb-300x66.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><br />
parmi une sélection d&rsquo;une vingtaine de photographes africains qui constituent un panorama de la photographie africaine du début de XXe siècle à nos jours.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.afriqueinvisu.org/night-and-day-in-kinshasa-1951,306.html">exposition à la galerie Revue Noire « DEPARA, NIGHT &#038; DAY IN KINSHASA, 1955-1965 »</a> se poursuit jusqu&rsquo;au 24 décembre 2011 et est exceptionnellement ouverte durant Paris Photo les vendredi 11 et dimanche 13 novembre de 13h à 19h.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-revue-noire-revient-apres-dix684/">La Revue noire revient après dix ans d’absence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Et pourtant, ils tournent</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/et-pourtant-ils-tournent672/</link>
					<comments>https://www.afriqueinvisu.org/et-pourtant-ils-tournent672/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Seze]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 07:34:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son livre « Minorité visible cinéma invisible », le photographe Samuel Nja Kwa propose une série de portraits de comédiens et réalisateurs noirs évoluant dans le cinéma français et pourtant peu connus du grand public. Soixante. Comme soixante fois deux pages. Ils auraient pu être une centaine, voire plus, « mais je me suis tenu à la limite fixée par l’éditeur », explique Samuel Nja Kwa. Le photographe franco-camerounais consacre son dernier ouvrage « Minorité visible cinéma invisible » aux comédiens, réalisateurs, metteurs en scènes et compositeurs français d’origine africaine. « Au début, j’avais prévu de me cantonner aux Africains, puis j’ai élargi aux Afro Antillais. »</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/et-pourtant-ils-tournent672/">Et pourtant, ils tournent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son livre <em>« Minorité visible cinéma invisible »</em>, le photographe <strong>Samuel Nja Kwa</strong> propose une série de portraits de comédiens et réalisateurs noirs évoluant dans le cinéma français et pourtant peu connus du grand public.</p>
<p><figure id="attachment_2326" aria-describedby="caption-attachment-2326" style="width: 350px" class="wp-caption alignright"><img loading="lazy" decoding="async" class=" alignright size-full wp-image-2326" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/aissa_maigaaiv.jpg" alt="Aïssa Maïga © Samuel Nja Kwa" title="Aïssa Maïga © Samuel Nja Kwa" class="caption" align="right" width="350" height="524" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/aissa_maigaaiv.jpg 350w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/aissa_maigaaiv-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /><figcaption id="caption-attachment-2326" class="wp-caption-text">Aïssa Maïga © Samuel Nja Kwa</figcaption></figure>Soixante. Comme soixante fois deux pages. Ils auraient pu être une centaine, voire plus, « mais je me suis tenu à la limite fixée par l’éditeur », explique Samuel Nja Kwa. </p>
<p>Le photographe franco-camerounais consacre son dernier ouvrage « Minorité visible cinéma invisible » aux comédiens, réalisateurs, metteurs en scènes et compositeurs français d’origine africaine. </p>
<p><em>« Au début, j’avais prévu de me cantonner aux Africains, puis j’ai élargi aux Afro Antillais. »</em> </p>
<p>Le livre est né d’un constat : « Les comédiens noirs ne sont pas assez visibles dans le cinéma français. » </p>
<p>Pour tirer le projet, il fallait « quelques figures de proues ». Samuel Nja Kwa contacte les comédiens <strong>Émil Abossolo Mbo</strong> et <strong>Jean-Michel Martial</strong>, les actrices <strong>Aïssa Maïga</strong> et <strong>Mata Gabin</strong>. Parmi les autres, certains lui ont été présentés par un ami, puis <em>« ils se sont passés le mot, j’ai reçu pas mal d’appels. »</em>. Il dit ne pas avoir fait de choix. La seule exigence : un CV un peu fourni.</p>
<p>Spontanéité.</p>
<p>Le photographe a voulu privilégier la spontanéité. Pas de rendez-vous dans un studio, mais un coup de fil à l’improviste et Samuel rejoint illico son sujet là où il se trouve. Une sorte de casting dans la ville. La pose ? <em>« Je les ais laissé faire. »</em> Pris « sur le vif », sans costume, sans maquillage, ni mise en scène, chacun se montre tel qu’il est.</p>
<p>Résultat : à la lecture, les images se suivent mais ne se ressemblent pas. Les contrastes entre les comédiens apparaissent. Un seul élément fait le lien entre tous : un « clap » sur lequel chacun s’est exprimé, à la craie. En une phrase, le comédien résume l’idée qu’il se fait du cinéma français. </p>
<p>Pour accompagner les photos, une filmographie succincte du sujet. Rien en revanche sur son histoire, son parcours, ses galères, ses envies. Pour en savoir plus, il faudra chercher ailleurs. Dommage.</p>
<p>L’auteur explique ne pas avoir voulu faire une enquête, ni un recueil de témoignages, encore moins une encyclopédie. Son travail s’apparente plutôt à un catalogue.  <em>« Je voulais montrer leur gueule et leur CV. Trop souvent, on voit des réalisateurs blancs dire à la télévision : « On ne trouve pas de comédiens noirs ».  Et pourtant, ils sont là, et ils ont de l’expérience. Il n’y a qu’à se servir. »</em></p>
<figure id="attachment_2327" aria-describedby="caption-attachment-2327" style="width: 704px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class=" aligncenter size-full wp-image-2327" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/eriq_ebouaneyaiv.jpg" alt="Eric Ebouaney (à gauche) et JM Martial (à droite) © Samuel Nja Kwa" title="Eric Ebouaney (à gauche) et JM Martial (à droite) © Samuel Nja Kwa" class="caption" align="center" width="704" height="524" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/eriq_ebouaneyaiv.jpg 704w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2011/10/eriq_ebouaneyaiv-300x223.jpg 300w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /><figcaption id="caption-attachment-2327" class="wp-caption-text">Eric Ebouaney (à gauche) et JM Martial (à droite) © Samuel Nja Kwa</figcaption></figure>
<p><strong>Minorité visible, cinéma invisible</strong><br />
<br />Parution Octobre 2011<br />
<br /><a href="http://www.editionsdagan.com/">Dagan éditions</a><br />
<br />Photographies de <strong>Samuel Nja Kwa</strong><br />
<br />Préface de Jenny Alpha<br />
<br />Bilingue anglais-français, 156 p, 35€<br />
<br /><a href="http://livre.fnac.com/a2789757/Samuel-Nja-Kwa-Minorite-visible-cinema-invisible">Commander le livre</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/et-pourtant-ils-tournent672/">Et pourtant, ils tournent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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