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	<title>Archives des Benjamin Hoffman - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Archives des Benjamin Hoffman - Afrique In Visu</title>
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		<title>Studio Kameni &#8211; Interview de Benjamin Hoffman</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2020 10:32:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Hoffman]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[photographie de studio]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Studio Kameni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet hiver, c’est le noir et blanc qui prédomine dans nos publications. Cela rejoint plusieurs projets menés de front sur le continent pour sauvegarder et numériser les archives de photographes de studio du continent. Le patrimoine et les héros d’antan sont au cœur des initiatives comme les images du Studio Kameni. Fondé en 1963 par Michel Kameni, ce studio photo, implanté à Yaoundé au Cameroun, a immortalisé tout une époque.Nous avons rencontré Benjamin Hoffman, à l&#8217;initiative du projet de faire revivre les archives du Studio Kameni ! Peux-tu nous parler de la genèse du projet et pourquoi vous êtes vous</p>
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<p></p>



<p><strong>Cet hiver, c’est le noir et blanc qui prédomine dans nos publications. Cela rejoint plusieurs projets menés de front sur le continent pour sauvegarder et numériser les archives de photographes de studio du continent. Le patrimoine et les héros d’antan sont au cœur des initiatives comme les images du Studio Kameni. Fondé en 1963 par Michel Kameni, ce studio photo, implanté à Yaoundé au Cameroun, a immortalisé tout une époque.<br>Nous avons rencontré Benjamin Hoffman, à l&rsquo;initiative du projet de faire revivre les archives du Studio Kameni !</strong></p>



<p><strong>Peux-tu nous parler de la genèse du projet et pourquoi vous êtes vous intéressés au travail de Michel Kameni&nbsp;?</strong><br>Ce projet est le fruit d’une rencontre fortuite très inattendue. Il y a 4 ans je me trouvais à Yaoundé ou j’étais invité pour une projection d’un documentaire que j’avais réalisé au Cameroun l’année précédente (Aventure, retour au pays natal). Un jour dans un taxi, pour éviter un embouteillage, le chauffeur a opté pour un chemin alternatif. Nous nous sommes retrouvés dans le quartier de la Briqueterie, à l’arrêt à nouveau puisque la rue était également embouteillée. Le taxi s’est retrouvé bloqué devant la vitrine du Studio Kameni. C’est étrange à raconter rétrospectivement, mais j’ai ressenti la situation comme un appel irrépressible à y pénétrer. En tant que photographe, j’ai toujours été très attiré par les travaux des portraitistes, et dans ma culture de l’image j’ai depuis longtemps été bercé par ce qu’ont pu faire des Sidibé, des Keita, des Depara ou plus récemment Sory Sanlé.<br>En entrant pour la première fois dans le studio, j’ai rencontré un des fils de Michel Kameni. Nous avons discuté du studio, du photographe qui avait longtemps occupé les lieux. Devant ma curiosité et mon entrain, il s’est décidé&nbsp;à me montrer quelques tirages réalisés dans les années 60 et 70. J’ai été immédiatement surpris par leur qualité, la tendresse qui émane de chaque photo et la conservation des archives présentes.<br>J’étais à l’époque déjà attaché au Cameroun et à son histoire et j’ai découvert dans ces images le récit de plusieurs décennies d’un pays depuis son indépendance jusqu’aux années 2000. Dans les semaines qui ont suivi mon retour en France j’ai été très obsédé par cette découverte et je me suis mis en tête de faire vivre ces images, de rencontrer leur auteur, et de porter avec lui dans un livre, le récit de ces années en studio.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5830"><figure class="aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5830" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv1-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5831"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5831" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv2-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<p><strong>Qui est Michel Kameni, comment s&rsquo;est-il formé&nbsp;? Et ce studio existe-il toujours&nbsp;?</strong><br>Michel&nbsp;Papami&nbsp;Kameni est né vers 1935 à Bana Bafang dans l’Ouest du Cameroun. En 1947, un oncle ancien soldat engagé dans l’armée coloniale française pendant la seconde guerre mondiale est de passage et décide de l’emmener à Yaoundé pour parfaire son éducation. Son oncle ayant appris la photographie auprès de militaires français et exercé dans l’armée continue cette activité dans les rues de la capitale camerounaise. Il inscrit le jeune Michel à l’école, lui offre son premier appareil et l’incite à devenir photographe. Dès 1950 il lui enseigne les bases de la prise de vue, du développement et du tirage. La rue est le seul studio disponible à l’époque, il n’y avait pas encore de projecteurs au Cameroun.&nbsp;« Le studio était la rue, tout se faisait en lumière naturelle ». Son oncle tombe malade de la tuberculose dans les mois qui suivent et Michel assure le travail de prises de vues en prenant le relais tous les jours à la sortie de l’école. Portraits d’identité sur rideau rouge au châssis presse sur la route. À l’époque les seuls photographes formés au Cameroun sont français. Quelques mois plus tard l’oncle malade décède et sa veuve décide de reprendre à Michel son appareil.  Il parvient en 1954 à faire ses preuves devant le préfet de Yaoundé et est missionné pour sillonner le Nord du pays et le Tchad afin de réaliser des portraits de la population. La France cette année là entreprend l’établissement de papiers d’identité dans ses colonies. Il réalise des milliers d’images jusqu’à l’indépendance du pays en 1960 et les troubles générés. A cette époque établi à Ngaoundéré (Nord Cameroun), il arrive au début 1963 à Douala et auprès d’un photographe français, Mr Chevalier, apprend 6 mois le travail de photographe de studio, l’éclairage et le développement en chambre.   Et le 23 septembre 1963 il ouvre son premier studio dans le quartier de la Briqueterie à Yaoundé qu’il occupe quatre ans avant de s’installer dans le Studio Kameni, toujours en activité, en face du précédent. Le milieu des années 60 marque le début de la photo souvenir. Le champ de la pratique photographique s’élargit. Les clients ne viennent plus uniquement pour des photos de pièces d’identité mais cherchent les&nbsp;photos de&nbsp;nyanga&nbsp;(de vantardise). C’est le début de l’ère des images personnelles. De celles que l’on envoie aux amis, aux proches, qui se retrouvent accrochées aux murs. Toujours un même tirage de 9&#215;14, mais les clients les plus ravis peuvent commander des agrandissements.  C’est l’époque ou Papami commence à penser en pose et en composition. On sort enfin du champ restreint du portrait d’identité. Dans le studio ouvert tous les jours de l’année c’est l’effervescence. Il ne désemplit pas. Les clients sont citadins ou provinciaux en voyage découvrant les prises de vues en lumière artificielle.  Et la Briqueterie est un quartier bouillonnant de Yaoundé, haut lieu de regroupement pour les migrants des pays alentours. On retrouve sur les films de Papami autant de Musulmans en habits traditionnels que de Chrétiens partant au culte.  Mais son travail a vite dépassé les murs du studio et il lui est souvent arrivé de partir en reportage commandé armé de son Rolleiflex, au village pour des cérémonies d’intronisation dans des chefferies traditionnelles ou lors de surprise parties endiablées à Yaoundé́. Plus surprenant, il était fréquemment appelé lors de deuils par des familles souhaitant une dernière représentation d’un proche décédé.  Le parcours des archives est ponctué de nombreux autoportraits.&nbsp;<em>« Une bonne cuisinière n’a aucune chance de réussir une sauce sans la gouter ! J’ai beaucoup testé sur moi avant de réussir sur les clients »</em>.   Pour Papami, la plus belle période du studio a duré de son ouverture jusqu’au milieu des années 1980. Les appareils reflex ont commencé à inonder le marché. C’est le moment des ‘photographes de carrefour’ qui œuvrent dans la rue. Les gens sont ravis d’avoir leur image prise à coté des monuments. Mais la décennie suivante est pire encore, les clients ne venant plus que pour des photos de formalités administratives. Papami perd progressivement l’usage de ses yeux au début des années 2000. Il est conscient de l’impact qu’a eu l’arrivée puis l’apogée du numérique sur les studios comme le sien.  Mais il claironne :&nbsp;<em>« Mon plus beau souvenir, ça n’est que le présent. C’est de voir mon studio toujours ouvert. Malgré́ la maladie, il existe toujours. Le long des années, certains ont ouvert des studios dans le quartier. Mais tous ont fermé. Moi, je suis toujours ouvert »</em>.&nbsp;​</p>



<p><strong>Comment se compose le fond de ce studio&nbsp;? Quel type d&rsquo;images peut- on y voir&nbsp;?</strong><br>Le fonds est particulièrement bien conservé, et ce depuis les débuts du studio. Chaque pellicule exposée a été archivée dans une enveloppe dédiée, qui précise le nombre de vues réalisées et la date. Je pense avoir vu pendant les plusieurs semaines que j’ai passé dans le studio environ 120.000 images, qui correspondent à la quasi intégralité des photographies réalisées en noir et blanc.<br>Le travail de Kameni est essentiellement du portrait, en lumière studio particulièrement bien construite. On y distingue les images type photos d’identité, et les photos dites Nyanga, ou de vantardise. Elles regroupent les scènes de beauté, de jeu, d’apparat. J’y vois dans chacune beaucoup de délicatesse, de douceur et d’humour.<br>Il a également réalisé une certaine quantité de reportages, dans le monde de la boxe ou pour des cérémonies rituelles. Une série qui s’étale sur de nombreuses années et qui me touche particulièrement est consacrée aux deuils. Il était appelé par des familles qui venaient de perdre un proche et mandataient un photographe pour établir un dernier portrait du défunt. Kameni faisait poser l’intégralité de la famille autour du corps pour un dernier instantané réunissant toutes les générations. Ces images détiennent une force évocatrice très troublante, son sens de la composition et ses références non conscientes à la peinture de la renaissance me troublent encore aujourd’hui.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5832"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5832" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv3-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5833"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5833" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv4-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5834"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5834" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv5-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<p><br><strong>Et si tu peux nous parler de l&rsquo;évolution des images, en fonction de la société camerounaise&nbsp;? </strong><br>Dès les premières années du studio on sent l’influence occidentale, dans l’habillement, les accessoires présents dans les photos. Par exemple, cette formidable série de 1965, juste après la projection d’un film de John Wayne au cinéma. Tous les jeunes, hommes et femmes souhaitaient lui ressembler et Michel Kameni a dû se procurer un chapeau de cowboy et un revolver pour satisfaire ses clients.<br>On voit également la place importante de la religion et la représentation des deux monothéismes présents au Cameroun. Beaucoup d’images de baptêmes chrétiens et de musulmans en habits traditionnels.<br>Au fil des années on perçoit que le rapport des sujets à l’image, à leur image, s’apaise, fait place au jeu et à la légèreté, c’est une appropriation, l’affirmation de leur identité par la photographie.<br>La localisation du studio est importante. Le quartier Briqueterie de Yaoundé est un vrai carrefour. On y croise les citadins comme les provinciaux de passage dans la capitale. Et de nombreux étrangers car le Cameroun est une terre d’immigration ou l’on retrouve des citoyens des pays limitrophes.</p>



<p><strong>On connaissait bien les studiotistes du Mali comme Seydou Keita ou Malick Sidibé ou encore les sénégalais comme Oumar Ly, en quoi la pratique au Cameroun s&rsquo;en rapproche et s&rsquo;en distingue&nbsp;?</strong><br>Il y a évidemment des similitudes nombreuses. Les formateurs de tous ces photographes, sans être les mêmes, avaient des références communes. Il y a beaucoup de bases partagées. Le travail de Michel Kameni s’inscrit au milieu de ceux cités plus haut, mais il a son écriture propre. Je le trouve techniquement à un niveau supérieur à de nombreux portraitistes de la même époque en Afrique de l’Ouest ou en Afrique centrale. Il existe dans ses portraits une approche très douce et empathique, une compréhension du sujet photographié et de ses attentes. Chacune de ses images est emplie d’une tendre émotion qui n’est pas due au hasard. Il savait parfaitement orienter ceux qui posaient devant lui.<br>Dans sa pratique, il a expérimenté beaucoup, a découvert seul des procédés de tirage notamment (surimpressions), qu’il est le seul à avoir utilisé et pérennisé.<br>Je me rappelle d’une anecdote amusante. Il y a deux ans j’étais assis chez Michel Kameni, j’avais apporté pour lui montrer, un livre de Sidibé et un de Keita. Il n’avait jamais entendu parler de leur existence ou de leur travail. Sa fille était assise à ses côtés. Ils ont été très surpris que ces deux photographes maliens l’aient copié…</p>



<p><strong>Et le fond Kameni est il singulier au Cameroun&nbsp;? </strong><br>Il existe de nombreux autres photographes portraitistes au Cameroun qui ont travaillé à la même époque, notamment Jacques Toussele, ou Samuel Finlak et Joseph Chila. Les studios ont été très nombreux à une époque, pour quasiment tous disparaître.<br>Très fréquemment les archives ont été détruites ou jetées à la fermeture. Quand ce n’était pas le cas elles ont souffert des mauvaises conditions de conservation.<br>A mes yeux le fonds Kameni est unique en sa cohérence depuis les toutes premières images, la qualité technique rare des photographies, la poésie qui s’en dégage, l’engagement fort de photographe et l’innovation.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5835"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6.jpg" alt="The watch, 1972 © Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5835" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv6-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>The watch, 1972 © Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5836"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5836" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv7-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5837"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8.jpg" alt="© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman" class="wp-image-5837" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/03/aiv8-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Michel Kameni, Studio PHOTO KM, courtesy Benjamin Hoffman</figcaption></figure></div>



<p><br><strong>Comment envisagez -vous de faire vivre ces archives&nbsp;? Exposition, livres&nbsp;?</strong><br>Le travail de Michel Kameni a été montré pour la toute première fois lors de la foire d’art africain 1:54 à Londres en octobre 2019. En janvier 2020 a eu lieu le vernissage d’une très grande exposition rétrospective à l’African Studies Gallery de Tel Aviv. Elle va rester accrochée jusqu’au mois de juin. En mars lors de la quinzaine de la photographie de Yaoundé les images de Michel Kameni seront présentées au Musée National du Cameroun.<br>Nous sommes avec Michel Kameni ouverts à des collaborations avec des galeries ou des institutions pour montrer ce travail au plus grand nombre. Un projet de livre est en cours, pour une parution courant 2021.<br>Le 9 février, pour marquer l’anniversaire des 60 ans de l’indépendance des premiers pays africains, le New York Times consacrera un dossier spécial sur l’influence que ces indépendances ont eu sur le continent et le reste du monde. Des penseurs issus de la diaspora post-indépendance vont écrire des textes originaux en regard avec des images sélectionnées pour l’occasion. Une image de Michel Kameni a été retenue par les éditeurs du NYT pour ce projet.</p>



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<p><a href="https://vimeo.com/361691299">Studio Kameni</a> from <a href="https://vimeo.com/benjaminhoffman">Ben H</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
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		<item>
		<title>Farewell Cape Town &#8211; Interview de Sophie Bouillon et Benjamin Hoffman</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/farewell-cape-town/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Nov 2019 08:44:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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		<category><![CDATA[Sophie Bouillon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion de la sortie de leur livre Farewell Cape Town que nous avons échangé avec Sophie Bouillon et Benjamin Hoffman. Benjamin Hoffman a vécu et photographié plusieurs mois au Cap, en Afrique du Sud. La violence et l’intensité des contrastes de la ville l’ont fasciné ; avec Farewell Cape Town, il nous livre sa réflexion sur la relation de l’homme à l’autre et à son environnement. Son regard, à la fois attentif et tendu, est toujours emprunt de tendresse et de bienveillance. Sophie Bouillon nous parle de son histoire d’amour avec le pays tout en nous rappelant son</p>
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<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de la sortie de leur livre <em>Farewell Cape Town</em> que nous avons échangé avec <strong>Sophie Bouillon</strong> et <strong>Benjamin Hoffman</strong>. Benjamin Hoffman a vécu et photographié plusieurs mois au Cap, en Afrique du Sud. La violence et l’intensité des contrastes de la ville l’ont fasciné ; avec Farewell Cape Town, il nous livre sa réflexion sur la relation de l’homme à l’autre et à son environnement. Son regard, à la fois attentif et tendu, est toujours emprunt de tendresse et de bienveillance. Sophie Bouillon nous parle de son histoire d’amour avec le pays tout en nous rappelant son engagement de journaliste indépendante. En 2009, elle a été la plus jeune lauréate du Prix Albert-Londres pour son reportage « Bienvenue chez Mugabe ! », publié dans la revue XXI.</p>



<p><a href="https://www.editionsdejuillet.com/products/farewell-cape-town"><em>Farewell Cape Town</em>, Les Éditions de Juillet, 25 €, 76 pages, disponible ici !</a></p>



<p><strong>Pourquoi le Cap&nbsp;? </strong><br>Je m’étais rendu en Afrique du Sud pour la première fois fin 2013, un peu par accident. J’étais en reportage au Mozambique voisin, et les circonstances du projet m’avaient poussé à quitter le pays précipitamment. L’arrivée s’est faite à Johannesburg le jour du décès de Mandela, c’était ma première rencontre avec le pays, d’une grande intensité. J’y suis retourné quelques mois plus tard, avec une envie de traverser le pays et ai effleuré le Cap quelques jours. Coup de cœur absolu et complexe à expliquer. Mon amie à l’époque a par la suite obtenu une résidence de peintre pour plusieurs mois en 2017 et c’était enfin l’occasion de s’y confronter sur le plus long terme et de répondre à toutes les questions que la ville me posait.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5792"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5792" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5793"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5793" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p><br><strong>Comment est née l&rsquo;idée de ce projet de livre&nbsp;?</strong><br><br>J’ai, par périodes, une quête obsessionnelle de la documentation par l’image. Le smartphone est dans cette démarche un outil formidable, de par sa discrétion, sa disponibilité et sa réactivité de tous les moments. Dans mes recherches au Cap et les travaux photos parallèles que j’y ai menés, j’ai beaucoup photographié&nbsp;ce quotidien dans lequel je m’étais installé, en local provisoire.<br>Je travaille depuis des années dans une relation de grande confiance et d’amitié avec Richard Volante et Yves Bigot des Éditions de Juillet. Ils ont lancé il y a quelques années une collection appelée ‘Villes Mobiles’, qui est la discussion d’un(e) auteur(e) et d’un(e) photographe autour d’une ville. Lorsque j’étais au Cap, nous avons eu une discussion sur leur envie de repenser la collection avec de nouvelles maquettes, une nouvelle narration, et ils m’ont proposé de commencer par le Cap. L’affaire était entendue et le défi excitant. J’entretiens un rapport très organique et intime avec l’objet livre qui représente à mon sens le meilleur des écrins pour la photographie.</p>



<p><strong>Benjamin, peux-tu nous parler de ton approche esthétique&nbsp;?</strong><br><br>Les contraintes techniques de ce projet ont pour partie conditionné l’approche esthétique. L’utilisation du téléphone comme outil de prise de vues et son grand angle imposent une distance et un rapport au sujet particulier qui me plaisent beaucoup dans la proximité que ça implique.<br>J’ai fait dès les toutes premières images le choix du noir et blanc, qui s’est imposé comme une évidence. Evidemment pour l’écho tout en contrastes à l’histoire raciale du pays et de cette ville en particulier, mais je trouve qu’il apporte une homogénéité au récit. Et à la ville brute et violente qu’on m’a si souvent dépeinte, j’ai essayé de conserver et de rendre une douceur mélancolique qui m’a habité là-bas, un peu désillusionnée et douloureuse mais sans agressivité.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5794"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="852" height="935" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d.jpg" alt="Couverture du livre Farewell Cape Town" class="wp-image-5794" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d.jpg 852w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d-273x300.jpg 273w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d-768x843.jpg 768w" sizes="(max-width: 852px) 100vw, 852px" /><figcaption>Couverture du livre Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p><strong>Et comment ce livre rejoint ta démarche autour des questions de migrations de cultures et de la disparition&nbsp;? </strong><br><br>Le lien m’a semblé très vite évident. J’ai toujours eu cette sensation très étrange pendant tous mes séjours au Cap, ou je continue de retourner assez fréquemment d’être dans un pays très neuf mais portant le poids très ancré d’un passé lourd.<br>Je raconte souvent de mon expérience dans ce pays me sentir comme un visiteur étranger arrivant en France 25 ans après la Révolution.<br>La ville est bouillonnante, en foisonnement permanent, pourtant le reliquat de l’Apartheid est présent partout, tout le temps.<br>J’ai passé beaucoup de mon temps avec de jeunes gens nés après la fin du régime d’Apartheid (1994), ceux que l’on appelle les Born Free. C’était intéressant pour moi de questionner leur lien avec les existences vécues de leurs parents et leurs parents avant eux.<br>J’ai été aussi très frappé et curieux d’explorer le manque de mixité raciale, plus frappant au Cap que dans d’autres grandes villes d’Afrique du Sud, qui s’explique en partie par la construction de la ville, la répartition des communautés raciales par cercles concentriques.<br>Enfin, je retrouve cette thématique de la disparition dans le texte de Sophie. Il a été écrit après la réalisation des images. Et dans nombre de ses mots je retrouve aussi des bouts d’une histoire personnelle. Elle évoque une disparition, les illusions perdues. On parle toujours de soi lorsqu’on écrit ou qu’on raconte en images, on se raconte toujours un peu. Je me suis trouvé dans ses mots, j’y ai retrouvé un amour perdu là-bas.</p>



<p><strong>Sophie, dans ton texte se mêle des parties autobiographiques et des citations de lycéen, etudiante, retraitée, peux-tu nous en parler&nbsp;?</strong><br><br>Quand Benjamin m&rsquo;a proposé de collaborer avec lui pour cette ouvrage, j&rsquo;ai été plutôt sceptique au départ. Même si je m&rsquo;y rends assez régulièrement, ça faisait très très longtemps que je n&rsquo;y avais pas habité, presque 15 ans. Je ne me sentais pas vraiment légitime pour raconter la ville&#8230; qui a du beaucoup changer depuis.<br>Mais la démarche de la collection, est vraiment d&rsquo;en faire une appropriation de la ville; un ressenti personnel. Donc j&rsquo;ai voulu jouer la dessus. Cape Town a été une étape décisive dans mon parcours de vie: une ouverture sur le monde, sur mon choix de devenir journaliste, et a surtout tissé un lien inamovible avec le continent africain, une histoire d&rsquo;amour presque inconditionnelle. « Même si je sais que je ne le comprendrai jamais tout à fait ». En tout cas, c&rsquo;est ces histoires d&rsquo;amour là que je raconte.<br>Je voulais donc replonger dans la personne que j&rsquo;étais en 2005. Ce n&rsquo;est pas « moi ». Je n&rsquo;étais pas « moi » avant de vivre au Cap. C&rsquo;est pour cela que j&#8217;emploie le pronom « elle » et que c&rsquo;est faussement autobiographique.&nbsp;</p>



<p>D&rsquo;autre part, je me souviens de conversations, des questions, qui me semblaient autrefois sur-réalistes&#8230; qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui je comprends. mais à l&rsquo;époque, elles tombaient au milieu de mes journées, de ma vie, de ma découverte du monde et de l&rsquo;Afrique. je les notais, comme pour mieux y réfléchir après coup. Inserer ces paroles, c&rsquo;est aussi pour rendre hommage à mes souvenirs, à toutes les personnes que j&rsquo;ai rencontrées au Cap et en Afrique du Sud de manière plus générale. Elles m&rsquo;ont donné des bribes pour « essayer de comprendre » en m&rsquo;interrogeant. Je voulais aussi faire ressentir toute la diversité de pensée et de réflexion, d&rsquo;intérêts, des combats, qui divisent (ou devrais-je dire, parcourent) la société sud-africaine.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment as tu imaginé le dialogue avec les images de Benjamin&nbsp;?</strong><br><br>Les images de Benjamin renvoient (pour moi) à une sensation de flottement. De calme. Bien que ce qu&rsquo;il photographie est parfois acerbe.<br>Je voulais donc que l&rsquo;écriture reste dans cet esprit, un peu doux, sans grande phrase, sans emphase. Par contre, comme il a utilisé le noir et blanc -ce qui est un parti pris que j&rsquo;adore dans une ville aussi « colorée » et dans un pays faussement surnommé « arc-en-ciel »- je voulais quand même que les mots dépeignent des tableaux colorés (la nuit qui scintille, la lumière dorée, le ciel bleu,&#8230;) pour faire contre-point. Idem en insérant un peu les sons de la musique, des voix, des phrases plus rapides,&#8230; dans un univers qui semble presque en coton, entre le texte des souvenirs et le noir et blanc des photos.&nbsp;</p>



<p><strong>Benjamin, peux-tu nous parler du dialogue entre tes portraits et paysages&nbsp;?</strong><br><br>Je photographie très peu les paysages, j’ai toujours eu une attirance quasi exclusive pour les gens qui les peuplent.<br>Au Cap pourtant, il m’a semblé impossible de dissocier les habitants de leur espace. A la fois parce que les paysages sont d’une force esthétique enivrante et parce que la géographie du Cap et les choix faits dans la construction de cette ville en racontent toute l’histoire depuis des siècles.<br>Et je nourris une obsession sur la question du rapport de l’homme à la mer, et la relation qu’entretiennent les habitants du littoral à cet élément. Au Cap j’ai trouvé&nbsp;une matière inépuisable que j’ai développé dans d’autres travaux qui seront bientôt publiés, mais que je tenais à montrer dans Farewell Cape Town.</p>



<p><strong>Et décrire deux images qui pour toi, racontent le Cap&nbsp;? ( et nous les mettre dans ta sélection d&rsquo;images)</strong><br><br>Instinctivement, je pense à deux images. Celle du couple page 11. Nous sommes à bord du bateau qui fait la navette entre le port du Cap et Robben Island, l’île sur laquelle se trouvait la prison dans laquelle Nelson Mandela, au milieu d’autres détenus moins célèbres, a été incarcéré plus de 18 ans. Sur ce bateau, des touristes, blancs pour la plupart, et quelques sud-africains noirs. L’émotion qui était la leur était extrêmement palpable, matérialisée. Je suis assis sur un siège à quelques mètres d’eux quand je les observe pour la première fois. Ils étaient si absorbés par leur voyage, que je me suis approché, à moins d’un mètre de la femme. Ils étaient blottis fermement l’un contre l’autre, et n’ont pas échangé un mot de la traversée.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5795"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5795" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p>Et l’image page 19. Un de mes souvenirs les plus intenses émotionnellement. Nous venions d’arriver au Cap pour nous installer, et sommes arrivés en plein Kaapse Klopse, qui est un carnaval annuel qui est une survivance d’un jour de fête accordé aux esclaves pendant l’Apartheid. Il a lieu dans toute la ville, et des groupes costumés et maquillés paradent accompagnés de musiciens. Tout le Cap ne bat que pour le carnaval dans une atmosphère hors du temps et de tout repère.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5796"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5796" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5797"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5797" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5798"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5798" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5799"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5799" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5800"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5801"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="961" height="962" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5801" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25.jpg 961w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-768x769.jpg 768w" sizes="(max-width: 961px) 100vw, 961px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5802"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5802" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5803"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5803" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5804"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5804" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5805"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5805" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5806"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5806" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/farewell-cape-town/">Farewell Cape Town &#8211; Interview de Sophie Bouillon et Benjamin Hoffman</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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