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	<title>Archives des Egypte - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Archives des Egypte - Afrique In Visu</title>
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		<title>History as proposed &#8211; Interview de Marianne Fahmy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 07:14:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[marianne fahmy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de sa participation à l&#8217;exposition «&#160;Alexandrie&#160;: Futurs antérieurs&#160;» au Mucem, Marianne Fahmy revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&#8217;installation, la vidéo, et l&#8217;échange avec des scientifiques &#38; historiens. Au Mucem, elle expose «&#160;History as proposed&#160;», installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien «&#160;the Knowledge&#160;».En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&#8217;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&#8217;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique. Bonjour Marianne,</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de sa participation à l&rsquo;exposition<em> «&nbsp;Alexandrie&nbsp;: Futurs antérieurs&nbsp;»</em> au Mucem, <strong>Marianne Fahmy </strong>revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&rsquo;installation, la vidéo, et l&rsquo;échange avec des scientifiques &amp; historiens. Au Mucem, elle expose <em>«&nbsp;History as proposed&nbsp;»</em>, installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien <em>«&nbsp;the Knowledge&nbsp;»</em>.<br>En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&rsquo;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&rsquo;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique.</p>



<p><strong>Bonjour Marianne, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment as-tu fait la transition entre ta spécialité, la peinture, et le fait que tu travailles aujourd&rsquo;hui principalement avec l&rsquo;installation et le ﬁlm ?</strong><br>J&rsquo;ai étudié aux Beaux-Arts d&rsquo;Alexandrie, en suivant notamment l&rsquo;enseignement de Farouk Wahba qui a encouragé l&rsquo;introduction de l&rsquo;art vidéo et de l&rsquo;installation dans le cursus universitaire. Entre-temps, nous avons fondé avec des collègues un espace où nous avons travaillé sur divers projets, tels que des films en stop motion et d&rsquo;autres médias. Plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, j&rsquo;ai participé à Mass Alexandria, fondé par Wael Shawki. C&rsquo;était une excellente occasion de développer mon travail dans un cadre indépendant, où nous avons eu des critiques de groupe, des ateliers avec des artistes et des commissaires d&rsquo;exposition. Pendant ce programme, j&rsquo;ai produit mon premier court-métrage  » 31 Silent Encounters  » , ainsi que  » History as proposed » qui est maintenant exposé au Mucem.</p>



<p><strong>Tu exposes la série « History as proposed » au Mucem dans le cadre de l&rsquo;exposition « Alexandria- Futurs antérieurs ». Peux-tu nous parler du magazine « the Knowledge » « المعرفة », et comment t&rsquo;est venue l&rsquo;idée de faire une version ﬁctionnelle de ce document ?</strong><br>Lors d&rsquo;une visite dans une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, j&rsquo;ai été étonné par les vestiges du bâtiment qui présentaient des caractéristiques architecturales importantes, telles que des arches et des colonnes. J&rsquo;ai commencé à faire des recherches sur l&rsquo;histoire de la gare et sur les raisons de sa détérioration. Des conversations avec des spécialistes du patrimoine et des archéologues m&rsquo;ont permis de recueillir des hypothèses sur la date de construction de la gare, ainsi que de vieilles illustrations qui pourraient représenter le bâtiment à l&rsquo;époque de sa construction. Les informations manquaient, ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;élaborer mes propres hypothèses et scénarios sur l&rsquo;histoire de la gare. Et j&rsquo;avais l&rsquo;intention de la rendre absurde d&rsquo;une certaine façon.<br>Le magazine « The Knowledge » était distribué dans les kiosques dans les années 1970 en Égypte. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un magazine éducatif alternatif qui fournissait des informations scientiﬁques et historiques de manière simpliﬁée et illustrée. Nous avions des tonnes de numéros de ce magazine chez mes grands-parents et, enfant, j&rsquo;étais bien sûr fascinée par les illustrations. Lorsque j&rsquo;ai travaillé sur le projet, j&rsquo;ai commencé à insérer les images que j&rsquo;avais du bâtiment comme arrière-plan dans les illustrations du magazine. Cela a fonctionné différemment pour chaque image&nbsp;: certaines montraient Napoléon envahissant la vue, l&rsquo;ère des dinosaures, l&rsquo;âge de pierre…etc. Au début, je les ai exposées sous forme de tirages, puis j&rsquo;ai retravaillé le projet pour l&rsquo;exposition « Alexandria past futures », et c&rsquo;est à ce moment-là que j&rsquo;ai produit un numéro complet du magazine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" width="842" height="561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie.jpg 1152w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Ode to a desert”, Installation, 2021</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8238" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1000w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Magic carpet land ,2020.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8239" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“What things may come”,2019.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8240" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="738" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg" alt="" class="wp-image-8245" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-300x216.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-768x554.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-480x346.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui te parle particulièrement dans la notion de « fabulation » élaborée par Deleuze et Guattari, et comment l&rsquo;associes-tu aux différentes temporalités explorées dans ton travail ?</strong><br>J&rsquo;ai découvert ce terme lorsque j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon deuxième ﬁlm « What things may come ». Ce film s&rsquo;inspire d&rsquo;études prédisant la submersion du delta du Nil dans le futur. Il m&rsquo;a fait penser à l&rsquo;avenir, c&rsquo;est-à-dire à la migration des habitants du delta, à ce que signifie la création d&rsquo;une nouvelle société, et à la signification des projets nationaux à l&rsquo;avenir. Deleuze lui-même parlait du rôle des artistes dans la création du peuple à venir.<br>A travers le montage, j&rsquo;ai transformé des séquences de found footage et celles que j&rsquo;ai tournées dans l&rsquo;entreprise de traitement des eaux d&rsquo;Alexandrie, sur la côte marocaine, sur l&rsquo;île du Sénégal et au musée d&rsquo;anatomie en Suisse, en images plus grandes que nature, des images qui reflètent ce qui est à venir. Le mélange de prophéties, de mythes et d&rsquo;histoire dans le ﬁlm émet une nouvelle structure d&rsquo;identité permettant la création d&rsquo;une nouvelle société.</p>



<p><strong>Tu collabores souvent avec des urbanistes ou des scientifiques pour vos projets, comment ces échanges inﬂuencent-ils vos travaux respectifs ?</strong><br>Pendant la phase de recherche, il est important pour moi de parler à des experts dans le domaine que j&rsquo;inclus dans le projet. Cela me permet d&rsquo;acquérir des connaissances et de répondre à des questions dont je parlerai plus tard. Par exemple, lorsque je travaillais sur « What things may come », je me suis penchée sur la question de la mémoire collective et de la mémoire héréditaire. La conversation avec le Dr Maged Goubran, dont les recherches portent sur les neurosciences computationnelles et la neuro-imagerie, m&rsquo;a énormément aidé à développer cette partie du film, car les données scientiﬁques qu&rsquo;il a partagées avec moi m&rsquo;ont permis de me les réapproprier dans un scénario ﬁctionnel mais plausible. Je pense également à Mirhan Damir, architecte et conservateur de bâtiments patrimoniaux, qui est extrêmement généreux lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de fournir des informations historiques et des références aux sites architecturaux dont je parle. Nous partageons le même enthousiasme pour l&rsquo;étude des structures architecturales marginalisées, et nous essayons de les mettre en lumière par nos différentes approches.<br>Chaque projet m&rsquo;a amené à parler avec des personnes exceptionnelles. J&rsquo;ai une attitude historiciste lorsque j&rsquo;étudie les récits sociaux et politiques du passé. Et j&rsquo;ai tendance à rencontrer des personnes qui sont liées à l&rsquo;Histoire, ou dont les parents l&rsquo;ont été. Je dois dire que le cheminement de chaque projet a été stimulant et instructif, et j&rsquo;essaie dans mon travail de transmettre des histoires d&rsquo;une façon qui puisse permettre aux spectateurs de s&rsquo;y identifier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8241" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Exposition Alexandrie, Mucem, février 2023</figcaption></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="806" height="1024" data-id="8242" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8242" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg 806w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-236x300.jpg 236w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x976.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x610.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 806px) 100vw, 806px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" data-id="8243" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8243" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg 724w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x1087.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x679.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption">”History as Proposed”, 2022, courtesy of the artist</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont tes principales inﬂuences ?</strong><br>Je suis inspirée par les récits de personnes qui ont lutté contre la notion de nationalisme. Cela me permet de mieux comprendre les événements majeurs de l&rsquo;Histoire, ceux qui ont suscité des sentiments et des émotions fortes. J&rsquo;explore ces récits à partir des œuvres qu&rsquo;ils ont produites, telles que des lettres, des journaux intimes, des livres ou des poèmes.<br>Je me réapproprie ces œuvres dans un cadre ou un scénario différent, ce qui permet de les comprendre avec plus de recul. Comme dans « Magic carpet Land », un ﬁlm qui revient sur les journaux intimes du premier océanographe égyptien. Cet homme a fait partie d&rsquo;une expédition qui a profondément influencé le développement de l&rsquo;océanographie en Égypte et, par la suite, dans plusieurs pays arabes et africains, ce qui a également eu un impact socio-économique.<br>Le film explore le conflit intérieur de cet océanographe, déchiré entre ses idéologies nationales et l&rsquo;évolution de ses relations avec les scientifiques britanniques, à une époqueoù l&rsquo;Égypte était sous occupation britannique.</p>



<p><strong>Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?</strong><br>Je suis basé à Alexandrie, en Égypte. L&rsquo;évolution rapide de l&rsquo;infrastructure de la ville m&rsquo;incite à explorer les lieux et les histoires marginalisés.<br>Depuis quelques années, mes recherches portent principalement sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;eau en Égypte. Cela m&rsquo;a amenée à explorer le tout premier système d&rsquo;approvisionnement en eau construit à Alexandrie et qui a pour but de fournir et distribuer de l&rsquo;eau douce à la ville. Les citernes ont été construites sous terre, certaines avec les vestiges de structures plus anciennes.  Sauf que les citernes ne servaient pas seulement à stocker l&rsquo;eau, elles également fait usage, au fil du temps, de chambres souterraines, de cachettes pour les fugitifs, de lieux de sépulture et même de cellules de prison. Dans mon prochain ﬁlm, les systèmes d&rsquo;approvisionnement en eau sont abordés comme un symbole de résistance, notamment parce qu&rsquo;ils seront sont explorés à travers les journaux intimes d&rsquo;une grande militante des années 1970. Ces journaux remettent en question sa position dans l&rsquo;Histoire lorsqu&rsquo;elle réagit à un rêve collectif qui n&rsquo;a pas eu la chance de prospérer. C&rsquo;est une époque qui a laissé de nombreux de nombreux « rêveurs » brisés, dispersés et plongés dans une forme de « nihilisme national ».</p>
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		<title>Interview de Amina Kadous</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jul 2022 07:16:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Amina Kadous]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2018, nous avions découvert la très belle installation&#160; « Si mon grand-père m’avait écrit une lettre » d’Amina Kadous&#160; exposée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire. Aujourd’hui, nous revenons à travers une interview sur son parcours , son approche photographique et sa dernière série&#160; « White Gold » exposée actuellement dans le cadre des Rencontres d’Arles. Pour commencer, pourriez-vous nous raconter votre parcours et comment vous êtes devenue une artiste visuelle ?Le métier d&#8217;artiste visuel s&#8217;est développé parallèlement à ma fascination pour les changements récurrents de ma ville, Le Caire, où je suis née</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/">Interview de Amina Kadous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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<p><strong>En 2018, nous avions découvert la très belle installation&nbsp; « Si mon grand-père m’avait écrit une lettre » d’Amina Kadous&nbsp; exposée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire. Aujourd’hui, nous revenons à travers une interview sur son parcours , son approche photographique et sa dernière série&nbsp; <i>« White Gold »</i> exposée actuellement dans le cadre des <a href="https://www.rencontres-arles.com/fr/actualites/view/488/if-a-tree-falls-in-a-forestprogramme-en-ligneuntitled-duo" target="_blank">Rencontres d’Arles</a>. <br></strong></p><p><strong>Pour commencer, pourriez-vous nous raconter votre parcours et comment vous êtes devenue une artiste visuelle ?</strong><br>Le métier d&rsquo;artiste visuel s&rsquo;est développé parallèlement à ma fascination pour les changements récurrents de ma ville, Le Caire, où je suis née et où je suis maintenant installée. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après mon retour en Égypte que mes visions, mes pensées et mes sentiments ont pu s&rsquo;exprimer au mieux à travers les arts visuels.<br>J&rsquo;avais vécu à l&rsquo;étranger pendant cinq ans. Lorsque je suis revenue en 2015, la ville n&rsquo;était plus la même. La révolution avait eu lieu, et l&rsquo;Égypte subissait un bouleversement d&rsquo;événements et de turbulences dans le cadre du printemps arabe de 2011. J&rsquo;avais vécu la révolution à distance, à travers les appels téléphoniques de ma famille, les publications sur Facebook et le fil d&rsquo;actualité des gens, pendant que j&rsquo;étais à Londres. Un tourbillon d&rsquo;émotions et de sentiments s&rsquo;est accumulé et construit au fil du temps.<br>Au cours de ces cinq années d&rsquo;études à l&rsquo;étranger, j&rsquo;ai passé mes deux premières années à Central Saint Martins à Londres pour obtenir ma licence en beaux-arts, puis je suis partie à Boston pour poursuivre mon cursus artistique avec une double spécialisation en sociologie. La combinaison de la sociologie et des arts m&rsquo;a permis de comprendre l&rsquo;influence de l&rsquo;art sur la société . À cette époque, je m&rsquo;intéressais à la façon dont l&rsquo;art était un outil majeur pour documenter et sauver la révolution. Plus précisément, j&rsquo;ai été impressionnée par la façon dont les graffitis étaient utilisés comme un outil underground par les jeunes pour raconter les histoires de ceux qui sont partis en perdant leur vie pour le bien d&rsquo;autres vies. Je suivais les révoltes qui se déroulaient dans les rues du Caire, en particulier sur la place Tahrir, et je voyais comment la place devenait comme le creuset des rêves de chacun avec le passé, le présent et les futurs ré-imaginés. La place était l&rsquo;endroit où il fallait être et je n&rsquo;y étais pas physiquement, mais mentalement. Le Caire n&rsquo;a plus jamais été le même pour moi après cela et une partie de moi a toujours ressenti la perte du passé, de ce que le Caire avait été. Il manquait quelque chose.<br>À cette époque également, ma famille vivait une révolution interne semblable à la révolution politique que connaissait l&rsquo;Égypte. J&rsquo;ai perdu mes deux grands-parents… ils étaient le pilier qui maintenait toute notre famille unie. Pourtant, je n&rsquo;ai appris le décès de ma grand-mère que lorsque je suis retourné au Caire six mois plus tard. C&rsquo;est le deuxième grand concours de circonstances qui a influencé le cours de ma vie.<br>De retour au Caire, j&rsquo;ai eu envie de me reconnecter à tous les endroits que j&rsquo;ai connus et à ceux que je n&rsquo;ai jamais connus. L&rsquo;appareil photo est devenu l&rsquo;outil qui m&rsquo;a fait découvrir les lieux, les rues et les personnes que je cherchais constamment. Je cherchais le Caire et, par conséquent, je me cherchais moi-même.<br>Depuis que j&rsquo;ai commencé à tenir l&rsquo;appareil photo, ma vie avec lui a été un voyage continu de recherche et d&rsquo;apprentissage. Je me suis interrogée sur le fait que mes souvenirs perdus sont le récit et le moteur de mon processus de création aujourd&rsquo;hui.<br>La plupart de mes projets sont construits à partir de souvenirs.<br>En 2018, un voyage dans la maison abandonnée de ma famille à El Mehalla El Kubra a déclenché tous mes sentiments et émotions refoulées d&rsquo;un passé silencieux et perdu. Un passé dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. Mon voyage a commencé à partir de là. Le choix d&rsquo;être une artiste visuelle est devenu un voyage mentalement thérapeutique d&rsquo;exploration de soi dans lequel j&rsquo;essaie de comprendre et d&rsquo;affronter mes doutes, mes peurs, mes pertes et les questions soulevées par tous les changements autour de moi. Je creuse profondément dans des parties de moi et je définis comment je vois et ré-imagine ma lignée à travers les souvenirs de mes lieux, des gens, des villes : Les rues et l&rsquo;héritage.<br>Nous nous souvenons des choses d&rsquo;une certaine manière. Le sentiment que j&rsquo;ai, est que pour faire face aux changements rapides, il faut saisir instantanément ce qui se passe quotidiennement. Je suis dans une course continue avec le temps. J&rsquo;ai commencé à voir ma ville à travers les vieux films et les histoires de mes ancêtres, d&rsquo;une soi-disant « époque glorieuse » qui a existé mais qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai ressenti le besoin urgent de partir à la recherche de ces histoires. À la recherche de ces lieux qui remplissaient mon imagination. Les points de repère et les lieux historiques qui ont façonné le passé de mes ancêtres et les ont remplis de vie.<br>J&rsquo;ai fini par voir tous ces changements et comment chacun d&rsquo;entre nous réagit différemment et de manière très personnelle. D&rsquo;une certaine manière, la photographie est devenue pour moi un outil qui immortalise et met la vie en pause. Une fois que l&rsquo;obturateur est déclenché et que la lumière est capturée, vous vous retrouvez avec un moment dans le temps et un objet de mémoire qui est embrassé non seulement dans votre mémoire mais aussi physiquement, à travers vos paumes, pour toujours. L&rsquo;appareil photo est devenu mon arme contre tous ces changements. En outre, grâce à ma pratique des arts visuels et de l&rsquo;expression, je suis en mesure de vivre de nouvelles expériences et d&rsquo;expérimenter chaque jour en découvrant de nouvelles couches en moi, ce qui m&rsquo;aide à redéfinir et à ré-imaginer mon passé, mon présent et mon avenir, et à m&rsquo;adapter et à accepter les changements qui m&rsquo;entourent.<br>Toutes mes tentatives personnelles de construire des histoires à partir de ce que j&rsquo;ai trouvé, je les vois comme une autre tentative de combler le vide et l&rsquo;espace qui ont été créés par la perte de mes grands-parents. Trouver des liens et comprendre comment l&rsquo;image peut être tout ce que vous avez de ce moment peut aussi ne rien vouloir dire en même temps, car elle ne dira jamais toute la vérité ou ne vous fournira jamais tous les angles et toutes les réponses. Une image est les deux, elle sauve une partie de la vérité, mais pas toute la vérité ; elle reste une tranche de la réalité…</p>
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<p><strong>En vous écoutant et en regardant vos images, on comprend que le fil conducteur de votre travail est la mémoire. Comment est né cet intérêt et pourquoi ?</strong><br>Les souvenirs sont la structure de mon identité. J&rsquo;ai grandi en chassant le passé dans le présent et en recherchant l&rsquo;authenticité en rapport avec mon identité dans tout ce que je fais. J&rsquo;admire certaines icônes personnelles, les racines principales et le lien de toute notre famille, mes grands-parents. Je vis la plupart du temps dans les vieux souvenirs, les souvenirs des gens qui sont venus avant moi et les souvenirs des gens qui sont venus écrire notre histoire d&rsquo;une certaine période qui est passée.<br>Ma découverte des archives et des souvenirs perdus de mon grand-père a approfondi mon exploration et mon intérêt pour les différentes notions de mémoire. La maison de ma famille est restée fermée et intacte pendant des années jusqu&rsquo;à ce que je la visite il y a presque 8 ans. Ma visite avait pour but de rassembler toutes nos affaires, car la maison devait être vendue et transmise à de nouveaux propriétaires. Je suis entré dans la maison et je ne l&rsquo;ai plus quittée mentalement. Mon autre moitié y existait. Le temps était stocké en un seul endroit et la montre s&rsquo;était arrêtée. Je pouvais me souvenir de l&rsquo;histoire comme de chaque coin de rue. J&rsquo;ai vu ma vie défiler en me déplaçant entre les objets et les meubles. En me regardant dans des photos de moi et en me reflétant dans les portraits d&rsquo;époque de mes grands-parents, chaque partie de moi revivait dans chaque vestige de la maison. Les pièces n&rsquo;étaient pas seulement de la maison ou des objets typiques. C&rsquo;étaient plutôt des morceaux de moi, des morceaux de ma famille que j&rsquo;avais fabriqués et rassemblés au fil des ans. J&rsquo;ai été frappé par la façon dont les objets aléatoires et ordinaires portent tant de choses de nous et nous portons tant de choses d&rsquo;eux. Les souvenirs collectés qui allaient former les fondations de notre présent et de notre avenir constituaient un chemin vers le passé de ma famille, vers les histoires de moi-même et de ceux qui nous ont précédés, me conduisant de la maison de mon enfance aux rues et ruelles du Caire, prolongeant mon voyage au-delà de la maison de ma famille.<br>C&rsquo;était comme si j&rsquo;étais celle qui devait déterrer ces photographies et ces objets de mémoire. Du trésor de mon grand-père, son bureau fermé, à leur chambre et au reste de la maison, j&rsquo;ai continué à creuser et à chercher. J&rsquo;ai découvert une vie entière sous les couches de poussière, les tiroirs et les placards dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. J&rsquo;ai appris à connaître mon grand-père pour la première fois. C&rsquo;était comme si on me présentait la même personne différemment. J&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;incarnait à travers ce qu&rsquo;il avait laissé derrière lui, les objets. Sa voix m&rsquo;a parlé à travers les échanges de lettres entre ses amis du monde entier, la collection de timbres et de pièces de monnaie et les photographies du Caire dans les années 60.<br>Selon les mots de ma tante, « Tu as continué à chercher, Amina, jusqu&rsquo;à ce que tu les trouves… Je n&rsquo;avais jamais vu les affaires de Gedo auparavant… c&rsquo;est toi qui les as trouvées. Ton grand-père n&rsquo;a jamais beaucoup parlé, nous ne savions pas beaucoup de choses jusqu&rsquo;à sa mort, nous étions perdus. « et par conséquent, j&rsquo;étais perdue dans les archives et les souvenirs de mon grand-père. Mon passé semblait incertain et je ne pouvais pas accepter mon présent.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-gedo-and-nanour-portrait-683x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Portrait de Gedo et Nanou : Le portrait de mariage de mes grands-parents, 1961. Image transférée sur du papier coton fait à la main.<br>© Amina Kadous</figcaption>
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<p><strong>Dans votre démarche artistique, il y a une grande notion d&rsquo;intimité, qu&rsquo;est-ce que ce mot évoque pour vous ?</strong><br>Personnellement, le mot « intime » évoque la connexion, la proximité, la transparence, la profondeur et l&rsquo;honnêteté. Honnête avec moi-même et avec la façon dont je présente et crée mon travail. Je trouve que le processus de mon travail est un processus intime en soi, car j&rsquo;essaie d&rsquo;ouvrir, de chercher et de comprendre mes dialogues et conversations internes. Principalement animée par l&rsquo;esprit de recherche, je cherche des significations et des parties cachées de notre vie qui ne sont pas nécessairement les miennes mais auxquelles je suis toujours liée. Dans mon travail, il y a aussi une grande part de découverte de soi, un voyage continu d&rsquo;exploration de soi et de compréhension de qui je suis en tant que personne. Dans notre culture, exprimer ses sentiments personnels et exposer les photos, les histoires et l&rsquo;histoire de sa famille n&rsquo;est pas tout à fait normal et est considéré comme un tabou culturel. Pourtant, à travers mes histoires et mes recherches, j&rsquo;expose ma vulnérabilité. Ce faisant, je crée un espace dans lequel les gens s&rsquo;identifient et résonnent avec l&rsquo;œuvre, avec moi. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un « espace dans lequel [les gens] peuvent grandir » qui permet aux gens, en particulier aux femmes, de parler de choses dont les gens ne sont pas capables de parler.</p>
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<p>Dans mon premier récit personnel, <em>She Is My Home</em>, j&rsquo;ai documenté la vie de ma dernière grand-mère survivante, avec laquelle j&rsquo;ai vécu la plus grande partie de ma vie et à laquelle je me sens le plus lié. C&rsquo;était la première fois que je m&rsquo;immisçais dans l&rsquo;espace de ma grand-mère avec une caméra. Il m&rsquo;a fallu du temps pour qu&rsquo;elle se sente à l&rsquo;aise et qu&rsquo;elle oublie l&rsquo;appareil photo. Ma relation avec ma grand-mère s&rsquo;est renforcée grâce à ce travail, créant un lien intime qui a permis de dévoiler davantage de discussions sur l&rsquo;histoire, l&rsquo;appartenance et l&rsquo;identité. Lorsque ce travail a été présenté lors de la première édition de la Semaine de la photo du Caire, je ne m&rsquo;attendais pas à la réaction des gens. Tout le monde s&rsquo;est identifié aux photos parce que nous avons tous une grand-mère et que nous partageons tous des expériences similaires autour d&rsquo;elle. Elles sont des personnages majeurs et emblématiques de notre vie. L&rsquo;exposition a révélé la manière dont nous communiquons et interagissons avec elles et comment elles ressemblent à une certaine période de notre vie et à nos souvenirs d&rsquo;enfance.</p>
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<p>Je travaille d&rsquo;abord de manière introspective, puis je me dirige vers l&rsquo;extérieur et les thèmes universels généraux. Au cours de mon processus, j&rsquo;ai réalisé que nous sommes tous différents et que nous avons tous de multiples dynamiques dans nos histoires, mais que nous avons tous besoin du même besoin essentiel universel, le besoin de se connecter. Et pour moi, les connexions commencent par les histoires intimes que nous essayons tous de cacher, mais je crois que c&rsquo;est à travers ces nuances de la vie que la vie elle-même se produit et que ces histoires révèlent les relations microcosmiques de la vie.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-01-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-03-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-02-1024x679.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<p><strong>Quand on observe votre travail, il y a une singularité, on a l&rsquo;impression que chaque nouvelle série est associée à un nouveau processus créatif, une nouvelle expérimentation. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce processus ?</strong><br>Travailler sur toute nouvelle série vient du besoin de combler un vide, de trouver une réponse ou même de soulever une question à l&rsquo;intérieur de moi… Une lutte et une conversation intérieure qui est continue. Par conséquent, le processus de mon travail commence toujours par l&rsquo;écriture et la mémoire. L&rsquo;écriture est une partie importante de ma façon de penser et de développer mes pensées. Lorsque je mets en mots toutes mes idées et tous mes sentiments, je commence à penser à la manière dont je veux exprimer certains sujets et dont je veux que les gens les visualisent avec moi. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intention derrière cela, mais cela fait partie de mon voyage, de ma recherche. Par conséquent, chaque histoire vient avec son support et chaque histoire a sa propre approche. À travers ma pratique, j&rsquo;essaie également de franchir les frontières entre la photographie et les autres médiums. Maximiser l&rsquo;utilisation d&rsquo;une image et voir au-delà de ses couches 2D. Parfois, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que la photographie elle-même ou l&rsquo;image elle-même n&rsquo;est pas suffisante. Ayant une formation en beaux-arts, une partie de moi veut sentir, interagir et permettre une expérience pratique. J&rsquo;aime travailler avec mes mains dans tout ce que je fais.</p>
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<p><strong>Vous utilisez souvent des archives dans vos images, sont-elles familiales / personnelles ou anonymes ? Comment les mélangez-vous avec vous propres images ?</strong><br>Les archives sont devenues, en quelque sorte, l&rsquo;outil qui m&rsquo;a aidé à traverser les frontières du temps. L&rsquo;exploration des récits du passé m&rsquo;a conduit à découvrir des histoires qui ont été laissées derrière et abandonnées. Grâce aux archives retrouvées de mon grand-père, dont personne ne savait rien, j&rsquo;ai été amené à poursuivre mes recherches, des chemins que je suis aujourd&rsquo;hui en voyant comment les fils de mon passé continuent de façonner de nouvelles visions, mes propres réalités et des futurs qui doivent encore se déployer.<br>Elles constituent le matériel et les informations à partir desquels je construis mes histoires et mes questions. Je ne travaille pas à partir d&rsquo;archives anonymes, même si j&rsquo;aime les collectionner à côté. Je me sers principalement des archives de ma famille et de mon histoire personnelle en les fouillant et en les utilisant comme un moteur d&rsquo;analyse pour mes propres photographies et récits et ma propre interprétation de mon présent. D&rsquo;une certaine manière, je les utilise comme un outil méthodologique pour réinterpréter, ré-imaginer et me remémorer mes propres souvenirs du passé afin d&rsquo;essayer de comprendre mon présent actuel, en nous aidant à construire les archives du futur à travers nos histoires actuelles, celles que nous créons maintenant.</p>
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<p><strong>Nous avons connu votre travail à travers la superbe installation  » Si mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre « . Pouvez-vous nous présenter ce projet, de sa genèse à son exposition ?</strong><br>« Si mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre » était une installation interactive en salle qui a été présentée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire en 2018. Cette exposition était ma réponse à mon passé, à ces personnes qui sont parties, emportant avec elles leurs histoires tout en laissant derrière elles des indices qui racontent, rappellent et réveillent nos émotions et nos souvenirs collectifs et notre histoire.<br>Cette exposition est aussi une réponse à la maison abandonnée de ma famille à El Mehalla El Kubra qui a déclenché tous mes sentiments et émotions refoulés d&rsquo;un passé silencieux et perdu. J&rsquo;avais découvert une vie de mon grand-père dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. Un passé dont je n&rsquo;avais pas conscience. Une vie entière qui se déroulait devant moi. Des souvenirs, des photos, des enveloppes, des documents, des bagages, des objets transportés sur des étagères du temps et bien plus encore. Tout était resté inchangé depuis le décès de mes grands-parents. Une partie de moi restait brisée.</p>
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<figure><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-02-1024x668.jpg" alt="" width="841" height="548"><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-01-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-03-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
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<p>J&rsquo;ai commencé à regarder comment le temps était visualisé devant moi. La matérialité d&rsquo;une photo en tant qu&rsquo;objet du temps et la manière dont elle prend la vie d&rsquo;autrui. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que mon grand-père m&rsquo;avait laissé ses affaires pour mieux le connaître et j&rsquo;ai découvert que je le connaissais davantage, lui aussi, à travers des objets physiques. J&rsquo;ai commencé à remettre en question la dynamique de l&rsquo;image et de la photographie. En même temps, j&rsquo;ai aussi questionné la relation entre l&rsquo;idée de la mort et la photographie qui préserve ces moments et les éternise. C&rsquo;est de là qu&rsquo;est née la réalisation de mon projet.<br>Je me demande « pourquoi ai-je trouvé ces souvenirs maintenant ? Pourquoi les ai-je déterrés seulement après qu&rsquo;ils m&rsquo;aient quitté ? Je me suis rendu compte que j&rsquo;étais perdu. J&rsquo;avais entre les mains un trésor dont je ne savais que faire ni comment le manipuler. C&rsquo;est à travers ces souvenirs oubliés que j&rsquo;ai été réintroduite auprès de mon grand-père, le connaissant plus, mieux maintenant que jamais. C&rsquo;est de là qu&rsquo;est née l&rsquo;idée de l&rsquo;exposition : imaginer que mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre à travers les souvenirs qu&rsquo;il avait laissés derrière lui.<br>En visitant chaque fois la maison de ma famille à El Mehalla, j&rsquo;étais téléporté dans une machine à remonter le temps. Je n&rsquo;arrêtais pas de penser que si je pouvais recréer cet endroit maintenant, qu&rsquo;est-ce que je voudrais voir et comment je voudrais interagir avec cet endroit. Dans le cadre de ce processus, j&rsquo;ai voulu ré-imaginer la maison de ma famille, mais cette fois-ci pas à Mehalla, mais plutôt dans un espace différent et, bien sûr, à une époque différente. Un lieu qui peut englober tout le monde. Un lieu où les gens peuvent se promener, chercher, se souvenir et redécouvrir leur histoire également.<br>Tant de questions ont surgi, ont éclaté en moi : Comment se fait-il que je n&rsquo;ai jamais trouvé aucune de ces affaires de leur vivant ? Comment se fait-il que mon grand-père ne m&rsquo;ait jamais montré aucune de ces photos ? Comment et pourquoi sont-elles apparues seulement maintenant et suis-je la seule personne censée les trouver maintenant ? Pourquoi mes grands-parents se sont-ils accrochés à tous ces objets pendant toutes ces années, sans jamais rien lâcher ?</p>
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<p>J&rsquo;ai commencé à remettre en question l&rsquo;idée d&rsquo;une photographie et ce qui la constitue, en dépassant le cadre de la 2D et, plus encore, en allant au-delà. J&rsquo;ai abordé les notions de temps, d&rsquo;espace muséal, de maison, de mots, de lettres et le rôle que joue la relation entre un objet et sa personne dans la réflexion sur la façon dont ces possessions peuvent servir et parler de nous-mêmes, même si elles sont des parties détachées de nous. Je voulais mettre en place l&rsquo;installation comme une vraie maison, avec tous les objets réels de nos maisons, rideaux et meubles. D&rsquo;une certaine manière, je construisais la photo ou une grande image à partir de nombreux éléments, de nombreux fragments et pièces. Comme un puzzle, je l&rsquo;ai construit à partir de la réalité que je vivais et des souvenirs oubliés de mon enfance, à côté des personnages principaux de ma vie, mes grands-parents.</p>
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<p>Le choix du papier peint s&rsquo;explique par le fait que je voulais que le public se sente englobé dans l&rsquo;espace et qu&rsquo;il ait le sentiment qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas seulement de mes grands-parents, mais qu&rsquo;ils symbolisaient aussi une époque et ressemblaient aux grands-parents de chacun.</p>
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<p>Un autre facteur qui traverse cette installation est le jeu avec le temps à travers les messages des gens. Le public a joué un rôle important dans l&rsquo;installation. Les interactions des gens à travers la pièce ont ajouté à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;installation, lui donnant vie. L&rsquo;idée elle-même ne pouvait pas vivre sans l&rsquo;interaction des gens. Les photographies déclenchent des émotions et des sentiments, et nous les associons toujours à tant de choses dans notre vie. En fait, c&rsquo;est à travers les photos que l&rsquo;on réveille ses sens et ses souvenirs.</p>
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<p>Chaque personne qui est entrée dans la pièce a pensé à son grand-père et à sa grand-mère, a pensé à son histoire, à ses souvenirs, à ses vieilles photos qui ont peut-être disparu au fil du temps. Les gens ont été encouragés à embrasser la vulnérabilité de leurs sentiments et de leurs émotions : À s&rsquo;ouvrir à certains moments de leur passé, à rechercher leurs racines et leurs souvenirs qui avaient disparu. Ce fut une expérience révélatrice pour moi de voir comment les gens interagissaient différemment dans cet espace. Certaines personnes ont pleuré et d&rsquo;autres se sont exprimées de manière différente. La salle a servi d&rsquo;espace de guérison permettant à chacun d&#8217;embrasser et d&rsquo;accepter ses sentiments vulnérables, de faire la paix avec son passé et ses moments inachevés, de creuser en profondeur et de chercher qui il est.</p>
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<p><strong>Dans vos deux dernières séries, on retrouve la couleur et l&rsquo;aspect journal intime, avec A crack in the memory et Around My Home. Pouvez-vous nous parler de ce changement et de ces deux séries en cours ?</strong><br>De l&rsquo;exposition de l&rsquo;installation de la pièce s&rsquo;est déroulé un long voyage et un lien avec ma maison familiale à El Mehalla El Kubra. Une fissure dans la mémoire, c&rsquo;est une histoire qui a surgi de ces allers-retours continus sur la route, me rappelant les voyages que je faisais quand j&rsquo;avais cinq ans. Une histoire faite de nombreux changements de terrain, d&rsquo;une lutte intérieure personnelle et mentale pour accepter un présent si différent de toutes les histoires sur lesquelles j&rsquo;ai été élevé. Une fissure qui s&rsquo;est produite au fil des ans… à l&rsquo;intérieur de moi-même, sans m&rsquo;en rendre compte jusqu&rsquo;à un certain moment où j&rsquo;ai été confrontée à la réalité d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Et comme les fissures physiques et mentales se sont brisées en moi, j&rsquo;ai commencé à voir les fissures dans la maison. Les fissures ressemblaient alors à ma ligne de temps et à ma lignée brisées, car j&rsquo;essayais constamment de relier mon passé à mon présent.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Thecrack-1024x770.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-03-1024x674.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-04-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<p>Cette histoire a adopté une approche symbolique et métaphorique, puisque j&rsquo;ai photographié le long de la route qui définissait ma ligne de temps et à l&rsquo;intérieur de ma maison, qui dépeignait mes pensées internes, associées à des objets provenant des archives de mon grand-père sur le Caire des années 60, une ville dont j&rsquo;ai toujours rêvé, sur laquelle j&rsquo;ai lu et dont j&rsquo;ai entendu parler uniquement dans les histoires de mes ancêtres.</p>
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<p>Les années 1960 ont marqué un tournant dans l&rsquo;histoire du Caire. Les gens avaient un sentiment d&rsquo;identité nationale qui résonnait fortement dans tout ce qu&rsquo;ils faisaient. Le Caire était encore assez récent, s&rsquo;étant libéré des « Britanniques ». De nombreux lieux étaient ouverts et trafiqués au public. De nombreuses photos sont également prises du point de vue d&rsquo;un touriste qui n&rsquo;a jamais vécu au Caire et qui est simplement venu dans la capitale pour étudier le commerce à l&rsquo;université du Caire. J&rsquo;ai trouvé de vieilles cartes postales du Caire, d&rsquo;Alexandrie, du célèbre magasin Lehnert et Landrock qui existe encore aujourd&rsquo;hui dans le centre-ville du Caire. J&rsquo;ai également trouvé de nombreuses photos du centre-ville du Caire comme la place Tahrir, le pont Qasr El Nile et l&rsquo;université du Caire pendant sa période d&rsquo;études. Certaines photos ont également été prises lorsqu&rsquo;il a visité le palais Manial et le palais Abdeen de l&rsquo;intérieur (le palais résidentiel de la famille royale repris plus tard après le coup d&rsquo;État de 1952). À travers ce projet, j&rsquo;ai été confronté à mes propres peurs de lâcher prise. Intersectant le personnel au politique, la route servait de rappel constant, un rappel de notre individualité, de notre place et de notre moi en devenir. Elle symbolisait la dichotomie entre le passé et le présent. Au fur et à mesure que nous migrons à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur, physiquement et mentalement, à l&rsquo;extérieur et à l&rsquo;intérieur du Caire, nous nous engageons dans des dialogues informés par nos doutes et nos craintes, mais poussés par nos instincts vers l&rsquo;espoir et la vision d&rsquo;un avenir meilleur.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-operahouse-1024x515.jpg" alt=""></figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-02-1024x732.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-waterandgedo-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/the-crack-206x111cm-1024x548.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<p>« Autour de ma maison » est une petite histoire issue du verrouillage mondial que nous avons tous vécu en 2020. Une série d&rsquo;images juxtaposées et des flux de mots tout au long. Prises dans et autour de la résidence de ma famille où j&rsquo;ai toujours vécu et où je suis né, une série de photos qui, si elles sont regardées séparément, peuvent sembler être des images individuelles qui n&rsquo;ont aucun rapport entre elles, mais qui, lorsqu&rsquo;elles sont placées ensemble, créent un récit personnel de mes propres sentiments altérés pendant la période d&rsquo;isolement que nous avons tous endurée. Une manifestation de la phase de mes propres sentiments de doute et de mes questions continues. Une manifestation de la façon dont la maison peut être envisagée comme un endroit qui vit en vous, autour de vous et un endroit qui est créé par vous. Il peut s&rsquo;agir de votre corps et de votre royaume physique. Le fait de me confiner dans un endroit pendant une longue période m&rsquo;a permis d&rsquo;explorer la notion de ma maison et de sa structure comme un lieu qui se déploie et change sous mes yeux, tout comme mon propre moi qui change : Comme un lieu d&rsquo;évolution et de vie… pas nécessairement un lieu de chaleur et de familiarité, mais comme un lieu d&rsquo;étrangeté et d&rsquo;adaptation.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/flowerportrait3-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Aroundmyhome03_kadousamina-1024x171.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Aroundmyhome02_kadousamina-1024x256.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<p><strong>Dans Around My Home, vous intervenez sur l&rsquo;image avec le texte, qu&rsquo;apporte le texte et que peut-on y lire ?</strong></p>
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<p>Dans la série « Autour de chez moi », l&rsquo;utilisation du texte et de l&rsquo;image n&rsquo;a pas seulement servi d&rsquo;outil thérapeutique, mais aussi d&rsquo;outil de dialogue et de conversation, soulevant des questions sur ce que nous ressentions et sur la manière dont nous faisions face à un tel isolement. Je me souviens qu&rsquo;à cette époque et à travers mes écrits, je passais par une phase de révision ou d&rsquo;auto-évaluation, me rappelant tout ce que j&rsquo;avais fait et le repensant. Je me demandais à quel point j&rsquo;avais atteint ce que j&rsquo;avais accompli, et si je serais capable de réaliser une petite partie de ce dont je rêvais. Je suis obligé de penser et de ressentir la déconnexion et la séparation, bien que je sois embrassé dans l&rsquo;endroit où je me sens le plus familier, pourtant les sentiments du mot « Séparation » m&rsquo;arrêtent toujours. Cela se manifeste en moi physiquement, comme une attraction gravitationnelle, lorsque je regarde ma vie et que je me demande quelles sont les emprises sur le soi ? Les connexions doivent-elles être physiquement visibles ?</p>
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<p><strong>Avec la subvention de la fondation Magnum et de la fondation Prince Claus, vous développez un projet intitulé White Gold autour du coton, pouvez-vous nous parler du sujet de ce projet mais aussi du processus créatif ?</strong><br>White Gold est une série qui s&rsquo;inscrit dans le cadre d&rsquo;une recherche permanente et à long terme de mon identité à mesure que les paysages sociopolitiques et économiques de l&rsquo;Égypte ont changé. J&rsquo;entrelace mes histoires personnelles, familiales et nationales dans un récit de l&rsquo;histoire du coton égyptien, en documentant nos tissus, nos traditions, notre culture et nos symboles du passé qui s&rsquo;estompent grâce aux archives de mon grand-père. S&rsquo;interrogeant sur les changements d&rsquo;identité des agriculteurs égyptiens, sur l&rsquo;histoire de ma ville, sur moi-même et sur ce qui fait de nous ce que nous sommes, le projet dépeint une lutte collective pour exister, pour enregistrer et intérioriser nos souvenirs, dans une tentative personnelle de garder nos histoires vivantes, nous aidant à façonner la façon dont nous nous percevons et dont nous voyons notre histoire nationale.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-Aminakadous_03-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Pendant la saison de la récolte du coton. Cette saison s&rsquo;étend généralement jusqu&rsquo;à l&rsquo;automne. Autour du coton, tout semble léger, comme des nuages flottants d&rsquo;espoir à la fois malléables et interchangeables avec leur environnement. La production de coton demande beaucoup de travail. Les agriculteurs doivent travailler sous le soleil brûlant jusqu&rsquo;à 10 heures par jour. La croissance de la culture du coton, de la graine jusqu&rsquo;à son filage et son tissage en fils, nécessite beaucoup de mains.<br>Septembre 2020 © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-aminakadous_24-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Autoportrait pris debout, tenant un bouquet de fleurs en coton recouvert d&rsquo;un voile, dans la cuisine de ma grand-mère, dans l&rsquo;ancienne maison familiale. Déclenché par un moment inachevé, je me languis du temps où tout semblait plus complet. Je cherche cette pause à travers les vestiges de la maison et de la terre de ma famille. J&rsquo;ai réalisé ma peur de me défaire du fil, de l&rsquo;arbre et de l&rsquo;histoire qui nous lie. Une identité m&rsquo;a façonnée, mais je ne l&rsquo;ai découverte qu&rsquo;en vieillissant et en perdant ceux qui avaient planté mes graines.<br>Janvier 2021 © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<p>Cette histoire est née non seulement de multiples voyages dans la vieille ferme de ma famille à Mehalla, mais surtout de la tension interne des doutes et des interrogations sur mon identité dans le contexte plus large de mon identité nationale altérée. J&rsquo;essaie de tisser le tissu de mon identité personnelle et de ne pas me cacher derrière mon histoire. En observant mes liens familiaux historiques et actuels, il y a un élément qui me procure un sentiment d&rsquo;appartenance, que je suis des autres, c&rsquo;est le sentiment de connexion avec le passé de ma famille et de l&rsquo;Égypte. Il se peut que je me sente parfois enchaîné par ces liens traditionnels, ce qui conduit à une tendance à penser que notre tradition enracinée de liens familiaux est une tradition qui lie, construisant notre sentiment de connexion avec notre terre et nos ancêtres, comme les racines des arbres qui s&rsquo;étendent dans le passé, profondément sous le sol de notre terre. En tant que famille qui a grandi et a été élevée et ensemencée à partir des terres cultivées d&rsquo;Égypte, mon grand-père disait toujours avec fierté, « Nous sommes des agriculteurs » et c&rsquo;est de là que nous venons « , du sol… Nous sommes créés et nous y retournerons « . « Je me suis vu dans le cotonnier, tous les deux, plante et humain, fils perdus, fragmentés, essayant de tisser nos fils d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Je n&rsquo;ai jamais eu le courage de me confronter à moi-même et de parler de mon identité personnelle alors que je luttais pour exister dans la tourmente des événements sociopolitiques, économiques et culturels de l&rsquo;Égypte post-révolutionnaire. Je me suis cachée et j&rsquo;ai utilisé mon histoire comme un bouclier pour me protéger de mon présent. J&rsquo;étais enchaîné à mon passé sans savoir comment aller de l&rsquo;avant. Grâce à cette histoire, je peux enfin dire que je suis capable d&rsquo;aller de l&rsquo;avant.</p>
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<p></p>
<p>Dans le cadre de ma pratique créative, j&rsquo;ai essayé de percer, d&rsquo;expérimenter et de jouer avec le coton physiquement, comme un symbole de mes souvenirs d&rsquo;enfance. La création de papier à partir de coton et le transfert d&rsquo;images m&rsquo;ont permis de regarder une photographie différemment. L&rsquo;utilisation de moi-même et de la métaphore du coton pour fournir la structure de ma narration personnelle de l&rsquo;histoire est un élément de mon histoire. L&rsquo;histoire se dévoile au fur et à mesure que je marche sur les traces de mon grand-père, visitant les lieux qu&rsquo;il avait l&rsquo;habitude de visiter pendant l&rsquo;âge d&rsquo;or de l&rsquo;industrie de l&rsquo;or blanc, tout en documentant et en interrogeant ce qu&rsquo;il en reste aujourd&rsquo;hui.</p>
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<p><strong>Quels sont vos projets et expositions pour la fin de l&rsquo;année 2022 et le début de l&rsquo;année 2023 ?</strong><br>Comme j&rsquo;espère poursuivre mon projet à long terme « White Gold », je prévois de le développer et d&rsquo;y travailler pendant le reste de l&rsquo;année. Je présenterai une partie de ce projet lors des Rencontres d&rsquo; Arles cette année avec le collectif Untitled Duo dans une<a href="https://www.rencontres-arles.com/fr/actualites/view/488/if-a-tree-falls-in-a-forestprogramme-en-ligneuntitled-duo" target="_blank"> exposition collective organisée par Untitled Studio, Soukaina Aboulaoula et Yvon Langue</a>. J&rsquo;attends cela avec impatience.</p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/">Interview de Amina Kadous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&#8217;Hana Gamal</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 08:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Hana Gamal]]></category>
		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres de l’échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition “Mon ami n’est pas d’ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l’Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai. Après une première interview avec Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers, nous avons invité Hana Gamal, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée « Fragments de nous-mêmes ». Chère Hana, pouvez-vous vous</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/">Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&rsquo;Hana Gamal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rencontres de l’échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition <em>“Mon ami n’est pas d’ici”</em> sous le commissariat de <a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Bruno Boudjelal</strong>.</a> Après une escale à l’<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>. Après une <a href="https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/">première interview avec <strong>Salih Bacheer</strong> </a>autour de sa série exposée <em>The Home Seekers</em>, nous avons invité <strong><a href="https://www.hanagamal.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hana Gamal</a></strong>, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée <em>« Fragments de nous-mêmes »</em>.</p>



<p><strong>Chère Hana, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez commencé la photographie ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Hana Gamal, je suis une artiste visuelle égyptienne, née et élevée au Caire. Je dirais que c&rsquo;est une expérience unique qui m&rsquo;a mené là où je suis. C&rsquo;est la révolution qui a déclenché ma passion pour la photographie. À l&rsquo;époque, j&rsquo;étais encore étudiante à l&rsquo;université (double spécialisation en communication de masse et arts médiatiques et en psychologie). La révolution a eu lieu. Et j&rsquo;ai senti que quelque chose de beau et d&rsquo;étrange se passait, c&rsquo;était un sentiment indescriptible que seuls ceux qui étaient là pouvaient comprendre et ressentir. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression d&rsquo;être la témoin d&rsquo;une histoire qui se déroulait sous mes yeux et j&rsquo;ai voulu garder ce souvenir avec moi pour toujours, alors j&rsquo;ai spontanément sorti mon téléphone et commencé à prendre des photos. Et je n&rsquo;ai jamais arrêté depuis. Je dois aussi dire que cela m&rsquo;a aidé à me comprendre et à me redécouvrir, moi et mon pays, et m&rsquo;a rapproché de la rue et de mes concitoyens. Depuis lors, la photographie est rapidement devenue ma passion. Lorsque je me sentais déprimée, descendre dans la rue et commencer à prendre des photos qui pourraient dépeindre ce que je ressentais et c&rsquo;était et c&rsquo;est toujours très thérapeutique pour moi. C&rsquo;est pourquoi je suis en quelque sorte émotionnellement attachée à la photographie. Je ne m&rsquo;imaginerais vraiment pas vivre sans elle.De plus, à cette époque, tous mes projets avaient changé, passant de la volonté de faire carrière dans la psychologie et l&rsquo;art-thérapie à celle de devenir photographe. J&rsquo;ai alors suivi de nombreux cours de photographie à l&rsquo;université pour en apprendre davantage sur son histoire et son aspect technique. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment trouvé ma voix après avoir obtenu mon diplôme. Lorsque j&rsquo;étais perdue dans le monde et que je ne savais pas si je devais prendre des photos, j&rsquo;ai trouvé ma voie, la bonne décision en passant par des phases de frustrations, d&rsquo;échecs et de pertes. Tant de gens autour de moi me disaient d&rsquo;abandonner la photographie ou de la garder comme un hobby à côté et de trouver un emploi stable de 9 à 5 ; mais les voix dans ma tête étaient beaucoup plus fortes que les leurs, quelque chose en moi me disait de continuer. De continuer. De ne pas abandonner. J&rsquo;ai écouté mon cœur et j&rsquo;ai continué à photographier, à apprendre, à évoluer &#8211; sans savoir où je vais ni quelle serait ma destination finale, mais au fond de moi, je savais que c&rsquo;était la voie qui me convenait.</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur la scène photographique en Egypte&nbsp;?</strong><br>La scène photographique égyptienne s&rsquo;est beaucoup développée au cours des dix dernières années, mais elle a encore un long chemin à parcourir. Il y a beaucoup de talents en Égypte, mais aussi très peu d&rsquo;exposition et d&rsquo;opportunités, la scène est comme un cercle qui ne fait que tourner en rond. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il y ait plus d&rsquo;espaces qui proposent des pratiques et des formations photographiques appropriées, ce qui aiderait la scène photographique à se développer et à s&rsquo;étendre collectivement, et donc à être perçue différemment. Cependant, je suis convaincu que les choses vont changer.</p>



<p><strong>Vous avez été formée en Amérique et au Danemark. Racontez-nous&#8230;</strong><br>Oui, j&rsquo;ai étudié le théâtre à l&rsquo;Université de Berkeley en Californie, puis je suis revenue au Caire et j&rsquo;ai terminé ma licence à l&rsquo;Université américaine du Caire, j&rsquo;ai obtenu un double diplôme en arts médiatiques et en psychologie. Plus tard en 2020, j&rsquo;ai reçu une bourse pour étudier à DMJX et j&rsquo;ai terminé le programme en 2021.</p>



<p><strong>Vos premières images sont liées à la photographie de rue, pouvez-vous nous dire comment vous travailliez alors et comment votre approche photographique a évolué ?</strong><br>Mon approche dans tous mes premiers travaux était liée à la photographie de rue &#8211; je pense que c&rsquo;était une phase très importante de ma vie que je chéris tant car elle m&rsquo;a beaucoup appris sur moi-même et sur le monde.<br>autour de moi. Pour moi, la photographie de rue est une forme de poésie &#8211; elle dépeint la vie sous sa forme la plus honnête. Rien n&rsquo;est mis en scène, tout est réel et brut. Je pense que c&rsquo;est l&rsquo;un des aspects les plus importants qui m&rsquo;ont attiré vers la photographie de rue. Je crois qu&rsquo;au fil des ans, mon style visuel a changé et évolué &#8211; il est devenu plus intime et plus personnel &#8211; et je pense que c&rsquo;est la beauté du voyage. Tout est lié et chaque phase est cruciale pour arriver gracieusement à la suivante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7681" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7695" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7693" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7678" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7679" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment définissez-vous les sujets sur lesquels travailler ?</strong><br>Tous les sujets sur lesquels je travaille proviennent d&rsquo;un endroit très honnête et vulnérable en moi. Pour moi, c&rsquo;est très thérapeutique, mais ce n&rsquo;est pas toujours facile à faire. Il est important d&rsquo;être honnête avec soi-même pour pouvoir créer de l&rsquo;art</p>



<p><strong>Vous vous définissez comme une artiste visuelle, pouvez-vous nous dire comment vous explorez les images sous la photographie ?</strong><br>Honnêtement, je n&rsquo;aime pas m&rsquo;étiqueter parce que j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les étiquettes imposent des limites &#8211; et quand il s&rsquo;agit de mon art, je n&rsquo;ai pas de limites. J&rsquo;explore tout le temps et je travaille avec différents médiums. Je crois fermement que chaque artiste est un travail en cours, qui grandit et évolue en permanence &#8211; et je trouve cela rassurant et beau.</p>



<p><strong>Vous avez une esthétique très singulière et très personnelle pour raconter vos histoires, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?</strong><br>Tout dépend de mon état interne/émotionnel. Je pense que toute photographie est un acte de projection &#8211; vous projetez ce que vous ressentez sur ce que vous voyez. Je pense que cela a un impact majeur sur mon esthétique. J&rsquo;aime aussi raconter mes histoires d&rsquo;une manière poétique qui me permet de déverser toutes mes émotions intérieures dans ce que je crée</p>



<p><strong>Nous avons pu voir votre travail en France lors de l&rsquo;exposition <em>« Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici »</em> à Tourcoing et Marseille, pouvez-vous nous raconter l&rsquo;histoire de la série exposée : <em>« Fragments de nous-mêmes »</em> et comment elle a été réalisée techniquement, pourquoi la couleur et le noir et blanc ?</strong><br>Fragments de nous-mêmes est l&rsquo;un des projets les plus intenses sur lequel j&rsquo;ai travaillé, mais aussi l&rsquo;un de ceux qui me tiennent le plus à cœur. Il porte sur les danseuses soudanaises de henné (enterrement de vie de jeune fille du Moyen-Orient) vivant en Égypte. J&rsquo;ai commencé à y travailler juste avant la pandémie de COVID-19, puis j&rsquo;ai arrêté pendant un certain temps. Lorsque je suis revenu pour poursuivre le projet, je voulais l&rsquo;aborder sous un angle plus personnel et plus intime. Même si le fait de travailler sur le projet pendant la pandémie était très difficile, c&rsquo;était aussi une bénédiction déguisée, car cela m&rsquo;a permis de me rapprocher des femmes et de passer plus de temps avec elles et de trouver notre connexion. Pas en tant que photographe, mais de femme à femme. Je me suis rendue compte qu&rsquo;elles sont engagées dans beaucoup d&rsquo;attente dans leur vie ; des mères célibataires qui attendent de retourner dans leur pays d&rsquo;origine, le Soudan, après avoir été trahies et abandonnées par leur mari ; des danseuses au henné qui vivent au jour le jour, partagent leur solitude, dansent pour oublier &#8211; ou pour se souvenir ; et certaines attendent simplement rien et tout. Quant à moi, c&rsquo;était aussi une période très douloureuse, et en fait j&rsquo;ai été engagée dans beaucoup d&rsquo;attente dans ma vie.Cette série est donc une tentative de comprendre la douleur qui accompagne l&rsquo;attente où nous pouvons trouver des morceaux réels, précieux et sensibles de nous-mêmes. La douleur de l&rsquo;attente qui vient parfois d&rsquo;un certain nombre de désirs et de sentiments inconnus, inatteignables ou insondables. En ce qui concerne la partie technique, l&rsquo;ensemble du projet a été tourné en analogique. Pour être plus précise, je l&rsquo;ai tourné en utilisant des films périmés. Comme vous l&rsquo;avez vu sur les photos, elles ne sont pas toutes parfaites, elles sont pleines d&rsquo;imperfections, de rayures et de grain, etc. Je l&rsquo;ai fait exprès, car je voulais que cette série soit aussi brute que possible et qu&rsquo;elle dépeigne la vie sous sa forme la plus honnête. Parce que la vie n&rsquo;est pas parfaite, elle est pleine d&rsquo;éraflures, d&rsquo;erreurs, et de tant de choses entre les deux &#8211; alors si la vie elle-même n&rsquo;est pas parfaite, pourquoi voulons-nous que les photos le soient ? J&rsquo;ai aussi utilisé la couleur et le noir et blanc parce que je voulais dépeindre toutes les couleurs et les émotions qui accompagnent la douleur de l&rsquo;attente, je veux créer un dialogue poétique entre nos fragments. Un rouge intense, un bleu meurtri, et tout le noir et blanc silencieux entre les deux.</p>



<p><strong>Vous avez récemment eu une exposition solo au Caire en 2021, <em>« Forgotten as If You Never Were »</em>, de quoi s&rsquo;agissait-il ? Et comment a été la réaction du public cairote ?</strong><br>Forgotten as if you never been est un voyage de réconciliation à plusieurs niveaux, à la fois introspectif et rétrospectif. Dérivant entre la réalité et le rêve, le physique et l&rsquo;intangible, le non-dit et l&rsquo;exprimé, le voyage dévoile couche par couche les souvenirs, les expériences et les rêves qui sont à moitié inventés, à moitié vécus ou à moitié oubliés. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exploration personnelle et intime de la perte, de l&rsquo;amour et de la mémoire. La question principale de l&rsquo;exposition était la suivante : sommes-nous vraiment libérés lorsque nous oublions ? Ou quand nous sommes oubliés ? Existe-t- il un certain chemin qui réconcilie tous nos désirs ? Le passé reviendra-t-il un jour ? Et au moment du retour &#8211; si le retour- quelle partie reste oubliée et quelle partie sera retenue ? Les œuvres présentées étaient le reflet d&rsquo;un voyage &#8211; la fin d&rsquo;une route mais pas la destination finale. Les émotions que j&rsquo;ai ressenties et les expériences que j&rsquo;ai vécues le long de cette route. L&rsquo;exposition tire son titre d&rsquo;un poème de Mahmoud Darwish qui fait allusion à la grâce de la mélancolie et à la libération de l&rsquo;oubli ou du fait d&rsquo;être oublié. Ce poème m&rsquo;a toujours rappelé que tout s&rsquo;efface malgré tous les efforts déployés pour se souvenir.L&rsquo;exposition a eu lieu sur un toit oublié de l&rsquo;un des plus anciens bâtiments du centre-ville du Caire. Le retour des gens était un peu écrasant pour moi, mais j&rsquo;en suis reconnaissante. Tout le monde a aimé l&rsquo;exposition et, plus important encore, l&rsquo;a ressentie et pas seulement  » vue  » &#8211; chacun l&rsquo;a perçue différemment et je pense que c&rsquo;est la beauté de l&rsquo;art. Beaucoup de gens ont fait des commentaires sur le commissariat, ce qui m&rsquo;a également rendue très heureuse, car j&rsquo;ai fait tout le commissariat moi-même, avec tout mon cœur et toute mon âme. J&rsquo;ai également découvert que la conservation de l&rsquo;art est une autre de mes passions.</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous dire où vous êtes basés actuellement et quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publications, expositions, recherches, résidences,&#8230;)</strong><br>Je suis basée au Caire, en Égypte. J&rsquo;ai beaucoup de projets pour l&rsquo;avenir mais le projet principal serait mon premier livre. C&rsquo;est l&rsquo;un de mes rêves de rassembler mon voyage des dix dernières années en quelque chose d&rsquo;intemporel. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est la fin d&rsquo;une très longue route et la meilleure fin sera ce livre.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7696" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7694" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7675" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7674" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7680" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7690" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7685" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7684" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7688" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7687" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7686" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<p></p>
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		<item>
		<title>The Home Seekers</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2021 16:51:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Salih Basheer]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres à l&#8217;échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l&#8217;exposition “Mon ami n&#8217;est pas d&#8217;ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l&#8217;Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai.Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&#8217;Afrique in visu comme Seif Kousmate ou Abdo Shanan. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/">Rencontres à l&rsquo;échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l&rsquo;exposition <em>“Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici”</em> sous le commissariat de <strong><a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Boudjelal</a></strong>. Après une escale à l&rsquo;<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>.<br>Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&rsquo;Afrique in visu comme <strong><a href="https://www.seifkousmate.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Seif Kousmate</a></strong> ou <strong><a href="https://www.abdoshanan.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abdo Shanan</a></strong>. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais <strong><a href="https://www.salihbasheer.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Salih Bacheer</a></strong> autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en noir et blanc telle un journal intime raconte l&rsquo;histoire de deux personnages, Ali et Essam, leurs parcours et la difficulté du vivre ensemble en Egypte en tant que soudanais.</p>



<p><strong>Bonjour Salih, Pouvez-vous vous présenter et nous raconter comment vous en êtes venus à la photographie </strong>?</p>



<p>Je viens d&rsquo;Omdurman, au Soudan. J&rsquo;ai déménagé au Caire en 2013 et j&rsquo;ai obtenu une licence en géographie de l&rsquo;Université du Caire en 2017 puis un diplôme en photojournalisme à l&rsquo;école danoise de médias et de journalisme « DMJX » en 2021 . Je ne sais pas trop quand ma passion pour la photographie a commencé, car j&rsquo;ai toujours été fasciné par le médium . Déjà à l&rsquo;époque, je regardais les vieilles photos de mes oncles et les émissions de National Geographic sur notre téléviseur à la maison et j&rsquo;adorais aussi prendre des photos avec l&rsquo;appareil photo de mon téléphone. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment commencé à devenir super passionné par le médium quand j&rsquo;ai déménagé au Caire pour mon baccalauréat à mes 18 ans. J&rsquo;étais fasciné par la culture égyptienne et par la vie dans la rue au Caire. C&rsquo;était très inspirant pour moi et aussi c&rsquo;était la première fois que je voyageais hors du Soudan.<br>Après avoir obtenu mon diplôme universitaire en 2017, j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon premier projet à long terme « Sweet Taste Of Sugarcane ».</p>



<p><strong>Nous savons très peu de choses sur la photographie soudanaise en dehors du projet El nour. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le contexte de la photographie, formation, collectif, exposition ?</strong></p>



<p>Notre scène photographique soudanaise est à la fois développée et à de nombreux manquements. Nous avons d&rsquo;excellents photographes mais pas assez d&rsquo;expositions. Quant à la formation à la photographie, il y a des réels efforts menés par les photographes établis qui veulent offrir un espace aux autres et leur apporter le soutien qu&rsquo;eux-mêmes n&rsquo;ont pas trouvé dans leur parcours professionnel.<br>Par exemple, Ala Kheir propose de nombreux projets pour dynamiser la scène photographique Soudanaise. Il organise des programmes de mentorat pour les photographes locaux et il est également le fondateur de la semaine photo d&rsquo;Al-Mugran qui a malheureusement dû s&rsquo;arrêter pour des problèmes de financement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7559" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Pouvez-vous nous parler de votre pratique photographique&nbsp;?</strong></p>



<p>Tous mes projets naissent au départ de pensées aléatoires . Je commence par les écrire et ils grandissent avec le temps. J&rsquo;aime prendre mes idées, mes observations et les transformer en quelque chose que les autres peuvent comprendre d&rsquo;une manière plus profonde. J&rsquo;espère toujours que les gens apprendront des choses dans les histoires que je raconte. Pour moi, mon appareil est une arme pour raconter des expériences, des luttes et des aspirations qui peuvent inspirer les gens et regarder avec un œil interrogateur, leurs modes de vie, leur environnement, leurs rôles, le fonctionnement de divers systèmes et les moyens d&rsquo;améliorer leur vie et de contribuer au monde également.<br>En parallèle de mes séries personnelles,&nbsp;je travaille sur des commandes, la majorité d&rsquo;entre elles concernaient la révolution au Soudan directement en couvrant les manifestations pour l&rsquo;AP, Sputnk et Al Jazirah… j&rsquo;ai aussi pu développer des histoires sur des personnes en lien avec la révolution pour le magazine en ligne suisse Republik, et aussi j&rsquo;ai fait quelques commandes en Égypte sur les Soudanais pour le magazine local du Soudan <a href="https://www.andariya.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Andariya Magazine</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-7556" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-300x203.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-768x519.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1536x1038.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-480x325.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-7557" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1536x1021.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-7558" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-768x516.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1536x1031.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-480x322.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Vos sujets semblent toujours débuter par une histoire personnelle. La question de la communauté à laquelle vous appartenez est au centre de votre travail, comment est née cette recherche et pourquoi est-elle importante pour vous ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai, je choisis toujours de travailler sur les projets qui me concernent personnellement. Je dois ressentir le sujet sur lequel je travaille. Je crois aussi que lorsque toi même tu as expérimenté cette réalité, le travail est plus honnête.</p>



<p><strong>En 2017, vous démarrez une série Sweet taste of sugarcane / le goût sucré de la canne à sucre, pouvez-vous nous parler de cette série ?</strong></p>



<p>La série traite de la souffrance à laquelle sont confrontés les étudiants d&rsquo;une Khalwa «&nbsp;un endroit où le Coran est enseigné&nbsp;» au Soudan. La série est basée sur l&rsquo; expérience personnelle que mon frère et moi avons vécu. Nous avons étudié à l&rsquo;école coranique lorsque nous étions jeunes. Je suis allé dans de nombreuses écoles coraniques au Soudan et dans la capitale Khartoum pour documenter la vie des étudiants à l&rsquo;intérieur de ces écoles. Les conditions de logement et du bien-être des étudiants sont mauvaises et inquiétantes. Les étudiants sont généralement entassés dans un seul endroit, un pièce qui abrite souvent plus de huit étudiants. Le système nutritionnel général est inadéquat et la nourriture elle-même n&rsquo;est pas bonne, et il n&rsquo;y a pas de système de soins de santé . L&rsquo;une des écoles intéressantes où je suis allé était « Hamish Kurabe » dans l&rsquo;est du Soudan, à la frontière avec l&rsquo;Éthiopie. Elle accepte les étudiants handicapés dont les parents ne peuvent s&rsquo;occuper ou qui ressentent la honte et la stigmatisation de leur communauté. Une somme mensuelle est dûment versée au cheikh pour agir en tant que gardien et enseignant. Je voulais montrer que le système éducatif du Khalwa est obsolète et qui ne convient plus à l&rsquo;avancement de l&rsquo;esprit des étudiants qui y sont hébergés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sweet taste of sugarcane<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>J&rsquo;aimerais que vous reveniez sur votre série que vous menez depuis 2018, The Home Seekers. Pouvez-vous nous parler du sujet et nous présenter vos deux personnages ?</strong></p>



<p>Il y a sept ans, je suis venu en Égypte pour commencer mes études universitaires. J&rsquo;avais du mal à m&rsquo;adapter. J&rsquo;étais submergé par un mélange de sentiments : aliénation, nostalgie et solitude. J&rsquo;ai pensé à tout abandonner et à rentrer chez moi. Mais &#8211; la maison n&rsquo;était plus la maison. « The Home Seekers » explore mes sentiments complexes. Elle reflète le manque d&rsquo;appartenance ressenti par les réfugiés soudanais au Caire et la discrimination raciale ressentie au quotidien dans les lieux publics, dans les transports ou en marchant dans la rue. C&rsquo;est difficile d&rsquo;être Noir en Egypte. Les personnes à la peau noire sont stéréotypées et étiquetées par les médias égyptiens, ce qui contribue à promouvoir des mouvements anti-noir dans la société égyptienne. J&rsquo;ai suivi deux hommes soudanais dans leur quête d&rsquo;un foyer. « Ali » est venu en Égypte pour échapper au fléau des persécutions politiques et des difficultés économiques, mais il a fini par vivre dans les rues du Caire en vendant des livres, au lieu d&rsquo;immigrer dans le pays de ses rêves. «&nbsp;Essam&nbsp;» est homosexuel et a subi l&rsquo;oppression au Soudan. Sa grand-mère était la seule personne qui lui offrait un foyer et une sécurité. Il a quitté le Soudan après sa mort et il a été expulsé de la maison familiale. Il pensait qu&rsquo;il trouverait une société tolérante au Caire mais ce n&rsquo;était pas le cas. Il a pensé retourner au Soudan, mais finalement sa demande de réinstallation en Suède a été acceptée.<br>The Home Seekers touche à sa fin. La dernière fois que j&rsquo;ai produit des images, c&rsquo;était le 11 avril 2021 lorsque j&rsquo;ai visité Essam en Suède. En octobre 2020, Essam est arrivé à Göteborg, en Suède, pour commencer sa nouvelle vie. Dans mon projet « Is This Home? » chapitre 2 de mon projet à long terme « The Home Seekers », je suis le voyage d&rsquo;installation d&rsquo;Essam dans la ville de Göteborg. Si Ali retourne au Soudan, je pense aussi continuer à le suivre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7562" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7564" width="840" height="560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="713" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7563" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg 713w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-209x300.jpg 209w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-768x1103.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-1070x1536.jpg 1070w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-480x689.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3.jpg 1337w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publication, exposition, recherche, résidences, …..)</strong></p>



<p>En ce moment, je travaille sur mon projet personnel «&nbsp;22 Days In Between&nbsp;» pour lequel j&rsquo;ai eu deux bourses <a href="https://www.everydayprojects.org/grant" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« THE EVERYDAY PROJECTS GRANT 2021&nbsp;»</a> et <a href="https://photo.dmjx.dk/index.php/2021/10/07/salih-basheer-receives-the-2021-w-eugene-smith-student-grant/?fbclid=IwAR1mu6umhazs-8bP1L5lbTlChv3skRtm3y1qpSNKPpf_ULNFmEujuDsWxLg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2021 W. Eugene Smith Student Grant</a>. Le projet est une sorte de voyage dans le temps à l&rsquo;époque où j&rsquo;ai perdu mes parents à l&rsquo;âge de 3 ans. Je n&rsquo;ai que peu de souvenirs de cette époque alors à travers ce projet je mène une enquête visuelle pour essayer d&rsquo;en savoir plus sur mes parents et moi-même. C&rsquo;est ma manière à moi de guérir de ce traumatisme.<br>En parallèle, je travaille au format carré sur un projet intitulé «&nbsp;From the square&nbsp;» sur la révolution soudanaise et l&rsquo;évolution de la situation politique au cours des trois dernières ( depuis 2019) C&rsquo;est une période très difficile au Soudan maintenant et très complexe politiquement depuis 2019. En voici les <a href="https://www.salihbasheer.com/from-the-square" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers extraits !</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/">The Home Seekers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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