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	<title>Lynn S.K., auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Lynn S.K., auteur/autrice sur Afrique In Visu</title>
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		<title>History as proposed &#8211; Interview de Marianne Fahmy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 07:14:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[marianne fahmy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de sa participation à l&#8217;exposition «&#160;Alexandrie&#160;: Futurs antérieurs&#160;» au Mucem, Marianne Fahmy revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&#8217;installation, la vidéo, et l&#8217;échange avec des scientifiques &#38; historiens. Au Mucem, elle expose «&#160;History as proposed&#160;», installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien «&#160;the Knowledge&#160;».En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&#8217;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&#8217;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique. Bonjour Marianne,</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de sa participation à l&rsquo;exposition<em> «&nbsp;Alexandrie&nbsp;: Futurs antérieurs&nbsp;»</em> au Mucem, <strong>Marianne Fahmy </strong>revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&rsquo;installation, la vidéo, et l&rsquo;échange avec des scientifiques &amp; historiens. Au Mucem, elle expose <em>«&nbsp;History as proposed&nbsp;»</em>, installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien <em>«&nbsp;the Knowledge&nbsp;»</em>.<br>En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&rsquo;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&rsquo;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique.</p>



<p><strong>Bonjour Marianne, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment as-tu fait la transition entre ta spécialité, la peinture, et le fait que tu travailles aujourd&rsquo;hui principalement avec l&rsquo;installation et le ﬁlm ?</strong><br>J&rsquo;ai étudié aux Beaux-Arts d&rsquo;Alexandrie, en suivant notamment l&rsquo;enseignement de Farouk Wahba qui a encouragé l&rsquo;introduction de l&rsquo;art vidéo et de l&rsquo;installation dans le cursus universitaire. Entre-temps, nous avons fondé avec des collègues un espace où nous avons travaillé sur divers projets, tels que des films en stop motion et d&rsquo;autres médias. Plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, j&rsquo;ai participé à Mass Alexandria, fondé par Wael Shawki. C&rsquo;était une excellente occasion de développer mon travail dans un cadre indépendant, où nous avons eu des critiques de groupe, des ateliers avec des artistes et des commissaires d&rsquo;exposition. Pendant ce programme, j&rsquo;ai produit mon premier court-métrage  » 31 Silent Encounters  » , ainsi que  » History as proposed » qui est maintenant exposé au Mucem.</p>



<p><strong>Tu exposes la série « History as proposed » au Mucem dans le cadre de l&rsquo;exposition « Alexandria- Futurs antérieurs ». Peux-tu nous parler du magazine « the Knowledge » « المعرفة », et comment t&rsquo;est venue l&rsquo;idée de faire une version ﬁctionnelle de ce document ?</strong><br>Lors d&rsquo;une visite dans une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, j&rsquo;ai été étonné par les vestiges du bâtiment qui présentaient des caractéristiques architecturales importantes, telles que des arches et des colonnes. J&rsquo;ai commencé à faire des recherches sur l&rsquo;histoire de la gare et sur les raisons de sa détérioration. Des conversations avec des spécialistes du patrimoine et des archéologues m&rsquo;ont permis de recueillir des hypothèses sur la date de construction de la gare, ainsi que de vieilles illustrations qui pourraient représenter le bâtiment à l&rsquo;époque de sa construction. Les informations manquaient, ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;élaborer mes propres hypothèses et scénarios sur l&rsquo;histoire de la gare. Et j&rsquo;avais l&rsquo;intention de la rendre absurde d&rsquo;une certaine façon.<br>Le magazine « The Knowledge » était distribué dans les kiosques dans les années 1970 en Égypte. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un magazine éducatif alternatif qui fournissait des informations scientiﬁques et historiques de manière simpliﬁée et illustrée. Nous avions des tonnes de numéros de ce magazine chez mes grands-parents et, enfant, j&rsquo;étais bien sûr fascinée par les illustrations. Lorsque j&rsquo;ai travaillé sur le projet, j&rsquo;ai commencé à insérer les images que j&rsquo;avais du bâtiment comme arrière-plan dans les illustrations du magazine. Cela a fonctionné différemment pour chaque image&nbsp;: certaines montraient Napoléon envahissant la vue, l&rsquo;ère des dinosaures, l&rsquo;âge de pierre…etc. Au début, je les ai exposées sous forme de tirages, puis j&rsquo;ai retravaillé le projet pour l&rsquo;exposition « Alexandria past futures », et c&rsquo;est à ce moment-là que j&rsquo;ai produit un numéro complet du magazine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" width="842" height="561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie.jpg 1152w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Ode to a desert”, Installation, 2021</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8238" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1000w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Magic carpet land ,2020.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8239" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“What things may come”,2019.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8240" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="738" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg" alt="" class="wp-image-8245" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-300x216.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-768x554.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-480x346.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui te parle particulièrement dans la notion de « fabulation » élaborée par Deleuze et Guattari, et comment l&rsquo;associes-tu aux différentes temporalités explorées dans ton travail ?</strong><br>J&rsquo;ai découvert ce terme lorsque j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon deuxième ﬁlm « What things may come ». Ce film s&rsquo;inspire d&rsquo;études prédisant la submersion du delta du Nil dans le futur. Il m&rsquo;a fait penser à l&rsquo;avenir, c&rsquo;est-à-dire à la migration des habitants du delta, à ce que signifie la création d&rsquo;une nouvelle société, et à la signification des projets nationaux à l&rsquo;avenir. Deleuze lui-même parlait du rôle des artistes dans la création du peuple à venir.<br>A travers le montage, j&rsquo;ai transformé des séquences de found footage et celles que j&rsquo;ai tournées dans l&rsquo;entreprise de traitement des eaux d&rsquo;Alexandrie, sur la côte marocaine, sur l&rsquo;île du Sénégal et au musée d&rsquo;anatomie en Suisse, en images plus grandes que nature, des images qui reflètent ce qui est à venir. Le mélange de prophéties, de mythes et d&rsquo;histoire dans le ﬁlm émet une nouvelle structure d&rsquo;identité permettant la création d&rsquo;une nouvelle société.</p>



<p><strong>Tu collabores souvent avec des urbanistes ou des scientifiques pour vos projets, comment ces échanges inﬂuencent-ils vos travaux respectifs ?</strong><br>Pendant la phase de recherche, il est important pour moi de parler à des experts dans le domaine que j&rsquo;inclus dans le projet. Cela me permet d&rsquo;acquérir des connaissances et de répondre à des questions dont je parlerai plus tard. Par exemple, lorsque je travaillais sur « What things may come », je me suis penchée sur la question de la mémoire collective et de la mémoire héréditaire. La conversation avec le Dr Maged Goubran, dont les recherches portent sur les neurosciences computationnelles et la neuro-imagerie, m&rsquo;a énormément aidé à développer cette partie du film, car les données scientiﬁques qu&rsquo;il a partagées avec moi m&rsquo;ont permis de me les réapproprier dans un scénario ﬁctionnel mais plausible. Je pense également à Mirhan Damir, architecte et conservateur de bâtiments patrimoniaux, qui est extrêmement généreux lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de fournir des informations historiques et des références aux sites architecturaux dont je parle. Nous partageons le même enthousiasme pour l&rsquo;étude des structures architecturales marginalisées, et nous essayons de les mettre en lumière par nos différentes approches.<br>Chaque projet m&rsquo;a amené à parler avec des personnes exceptionnelles. J&rsquo;ai une attitude historiciste lorsque j&rsquo;étudie les récits sociaux et politiques du passé. Et j&rsquo;ai tendance à rencontrer des personnes qui sont liées à l&rsquo;Histoire, ou dont les parents l&rsquo;ont été. Je dois dire que le cheminement de chaque projet a été stimulant et instructif, et j&rsquo;essaie dans mon travail de transmettre des histoires d&rsquo;une façon qui puisse permettre aux spectateurs de s&rsquo;y identifier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8241" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Exposition Alexandrie, Mucem, février 2023</figcaption></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="806" height="1024" data-id="8242" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8242" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg 806w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-236x300.jpg 236w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x976.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x610.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 806px) 100vw, 806px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" data-id="8243" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8243" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg 724w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x1087.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x679.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption">”History as Proposed”, 2022, courtesy of the artist</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont tes principales inﬂuences ?</strong><br>Je suis inspirée par les récits de personnes qui ont lutté contre la notion de nationalisme. Cela me permet de mieux comprendre les événements majeurs de l&rsquo;Histoire, ceux qui ont suscité des sentiments et des émotions fortes. J&rsquo;explore ces récits à partir des œuvres qu&rsquo;ils ont produites, telles que des lettres, des journaux intimes, des livres ou des poèmes.<br>Je me réapproprie ces œuvres dans un cadre ou un scénario différent, ce qui permet de les comprendre avec plus de recul. Comme dans « Magic carpet Land », un ﬁlm qui revient sur les journaux intimes du premier océanographe égyptien. Cet homme a fait partie d&rsquo;une expédition qui a profondément influencé le développement de l&rsquo;océanographie en Égypte et, par la suite, dans plusieurs pays arabes et africains, ce qui a également eu un impact socio-économique.<br>Le film explore le conflit intérieur de cet océanographe, déchiré entre ses idéologies nationales et l&rsquo;évolution de ses relations avec les scientifiques britanniques, à une époqueoù l&rsquo;Égypte était sous occupation britannique.</p>



<p><strong>Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?</strong><br>Je suis basé à Alexandrie, en Égypte. L&rsquo;évolution rapide de l&rsquo;infrastructure de la ville m&rsquo;incite à explorer les lieux et les histoires marginalisés.<br>Depuis quelques années, mes recherches portent principalement sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;eau en Égypte. Cela m&rsquo;a amenée à explorer le tout premier système d&rsquo;approvisionnement en eau construit à Alexandrie et qui a pour but de fournir et distribuer de l&rsquo;eau douce à la ville. Les citernes ont été construites sous terre, certaines avec les vestiges de structures plus anciennes.  Sauf que les citernes ne servaient pas seulement à stocker l&rsquo;eau, elles également fait usage, au fil du temps, de chambres souterraines, de cachettes pour les fugitifs, de lieux de sépulture et même de cellules de prison. Dans mon prochain ﬁlm, les systèmes d&rsquo;approvisionnement en eau sont abordés comme un symbole de résistance, notamment parce qu&rsquo;ils seront sont explorés à travers les journaux intimes d&rsquo;une grande militante des années 1970. Ces journaux remettent en question sa position dans l&rsquo;Histoire lorsqu&rsquo;elle réagit à un rêve collectif qui n&rsquo;a pas eu la chance de prospérer. C&rsquo;est une époque qui a laissé de nombreux de nombreux « rêveurs » brisés, dispersés et plongés dans une forme de « nihilisme national ».</p>
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		<title>Les mémoires partagées &#8211; Interview de Maya Louhichi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/les-memoires-partagees-interview-de-maya-louhichi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Dec 2022 14:52:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Jaou Photo]]></category>
		<category><![CDATA[Maya Louhichi]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai découvert le travail de Maya Louhichi en tirant une carte postale au hasard dans l&#8217;installation Body Images pensée par Olfa Feki au Central Tunis dans le cadre de Jaou Photo, et j&#8217;ai petit à petit suivi le fil de son travail, entre photographie, écriture et vidéo. Maya Louhichi est une artiste franco-tunisienne, basée entre Marseille et Tunis. A travers cet échange, elle revient plus particulièrement sur la façon dont elle se sert des images (qu&#8217;elles soient des photographies ou des images d&#8217;archive) et du texte pour penser les notions d&#8217;absence, de mémoire et de mémoire intime. Peux-tu nous présenter ton</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>J&rsquo;ai découvert le travail de <strong>Maya Louhichi</strong> en tirant une carte postale au hasard dans l&rsquo;installation <em>Body Images</em> pensée par <strong>Olfa Feki</strong> au Central Tunis dans le cadre de <em>Jaou Photo</em>, et j&rsquo;ai petit à petit suivi le fil de son travail, entre photographie, écriture et vidéo. Maya Louhichi est une artiste franco-tunisienne, basée entre Marseille et Tunis. A travers cet échange, elle revient plus particulièrement sur la façon dont elle se sert des images (qu&rsquo;elles soient des photographies ou des images d&rsquo;archive) et du texte pour penser les notions d&rsquo;absence, de mémoire et de mémoire intime.</p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter ton parcours, comment es-tu devenue une artiste visuelle ?</strong><br>J’ai commencé la photographie de façon autodidacte il y a plusieurs années maintenant. Je faisais des reportages pour des évènements de danse sur Paris et sa région. J’ai progressé petit à petit grâce à la pratique sur le terrain, aux rencontres avec des professionnel.les et à des cours de photo. En parallèle, j’ai réalisé deux films documentaires en Tunisie et j’ai également été assistante réalisation. J’ai toujours baigné dans le milieu du cinéma, mon père était réalisateur. L’amour de l’image m’est venu assez tôt. A son décès, la photographie en tant que médium pour raconter, s’est donc naturellement imposée à moi, ainsi que l’expérimentation de collages et l’utilisation d’images d’archives. Différents stages et notamment l’accompagnement de Klavdij Sluban durant sa masterclass m’ont permis d’apprendre à construire un travail sur le long terme.<br><br><strong>Il y a toujours ce dialogue entre photographie, vidéo et texte dans ton travail, peux-tu nous en dire plus ?</strong><br>J’ai grandi au milieu des tournages de mon père, et j’ai toujours été sensible à l’image, qu’elle soit fixe ou en mouvement. Je dis souvent que mon premier amour est la photographie mais que le cinéma est toujours présent, d’une manière ou d’une autre. Jusque récemment, je pensais qu’il fallait choisir, mais en regardant le parcours d’autres artistes, j’ai compris qu’on pouvait faire ces allers-retours et faire dialoguer ensemble ces différents médiums. Le texte est apparu spontanément, il m’arrive d’écrire des lignes ou quelques poèmes, donc j’ai eu envie d’ajouter aussi un peu d’écriture. Je me nourris beaucoup d’images, de vidéos, de documentaires, de poésie et de réflexions dans mon quotidien. Ce dialogue est toujours présent en fait, et, je pense qu&rsquo;il s’exprime inévitablement dans mon travail</p>



<p><strong>Tu dis que 2018 a été un véritable tournant dans ton travail… Peux tu revenir sur la genèse de ta très belle série « Et dans la terre, je me souviens » ?&nbsp; Comment s&rsquo;est effectué ce travail de ré-appropriation des images d&rsquo;archives de ton père, le cinéaste Taieb Louhichi ?&nbsp;</strong><br>2018 est l’année où mon père est décédé et ça a été un bouleversement sur tous les domaines de ma vie. J’ai eu envie de m’exprimer sur sa mort car c’était naturel pour moi et j’ai remarqué que ça restait un sujet tabou quand j’en parlais autour de moi. En fait, ça a été la suite de plusieurs rencontres&nbsp;: quand j&rsquo;étais au Sénégal – ce pays était le pays de cœur de mon père – un couple de photographes m’a parlé des Rencontres d&rsquo;Arles. J’ai par la suite fait un stage à Arles et le sujet que j’ai choisi était la représentation du deuil. Ça m’a permis de connaître plusieurs personnes dont Klavdij Sluban, qui m’a par la suite accompagné durant un an sur ce sujet. J’avais retrouvé beaucoup d’images d’archives de la Tunisie faites par mon père, qui sont des images de repérages pour ses films. Je les ai toutes numérisées et j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de créer et d’inclure mon père comme collaborateur dans ce travail. On en revient au dialogue… Et comme on était très proches tous les deux, cette collaboration posthume est vraiment arrivée simplement, c’était une évidence.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="640" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1024x640.jpg" alt="" class="wp-image-8114" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1024x640.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-300x188.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-768x480.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1536x960.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-480x300.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8116" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="741" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-741x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8113" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-741x1024.jpg 741w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-217x300.jpg 217w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-768x1062.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-1111x1536.jpg 1111w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-480x664.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya.jpg 1374w" sizes="(max-width: 741px) 100vw, 741px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure></div>


<p><strong>Tu as participé au programme du collectif Contemporaines, ta marraine était Randa Maroufi, dont le travail mêle également cinéma et images fixes, qu&rsquo;est ce que ces échanges ont fait évoluer dans ton travail ?</strong><br>Le travail de Randa Maroufi est incroyable et le fait qu’elle soit ma marraine pour cette année également&nbsp;: c’était juste le match parfait. J’ai découvert son travail grâce à Contemporaines et c’est une artiste qui effectivement mêle différents médiums et approches dans son travail&nbsp;: vidéos, photos, installations, sons, performances… Echanger avec elle m’a permis notamment d’élargir mon horizon concernant la forme de mes travaux. Je m’intéresse aux installations et je cherche à avoir une approche plus vaste et moins cadrée dans l’utilisation des images et du son. Elle m’a également apporté son expérience dans la rédaction de dossiers (subventions, résidences, portfolio…). Je n’ai pas fait d’école photo et il y a toute cette partie qui m’échappait. J’ai appris à mieux présenter mon travail et à construire mes sujets grâce aux rencontres. Et Randa est une très belle rencontre et une artiste généreuse. Son parcours et sa manière de travailler, tout comme ses inspirations, me permettent d’envisager et d’imaginer de nouvelles façons de créer.<br><br><strong>Le choix de la carte postale dans l&rsquo;exposition Body images imaginée par Olfa Feki résonne particulièrement avec ta série Et dans la terre, je me souviens… Qu&rsquo;est ce que cela a changé pour toi de penser cette série sous ce médium ?&nbsp;&nbsp;Et de façon générale comment envisages-tu les différents supports que tu utilises pour montrer ton travail (édition ou vidéo…)?</strong><br>Le format de la carte postale est similaire aux tirages que j’utilise quand j’édite mes photos et que je suis en train de construire un sujet. L’avantage de ce format est de pouvoir l’emmener facilement partout et d’être accessible.<br>Les tirages et le livre sont les supports auxquels je pense d&#8217;emblée. Actuellement je suis en train de réfléchir à d’autres supports, je suis très intéressée par les installations. L’image peut être projetée, imprimée sur une matière… mais je pense qu’il doit y avoir un sens, en tout cas un sens pour soi, et un choix fait consciemment.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8117" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8118" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8119" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8120" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<p><strong>Tu es franco-tunisienne (comme moi, une « hybride » entre deux rives&nbsp;!) : comment cela résonne pour toi de pouvoir montrer ton travail sur le continent africain, que ce soit à Tunis ou bientôt à Bamako ?</strong><br>Bien sûr, exposer ce travail sur le continent africain, Tunis et bientôt Bamako, résonne énormément. Je suis très attachée à ce continent. Mon père est tunisien et c’était un panafricain reconnu. Montrer cette série à Bamako lors de la Biennale, c&rsquo;est comme rester dans la continuité de sa transmission. Je suis ravie,&nbsp;et très heureuse d’exposer à Tunis, chez moi.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets en 2022/2023 ?&nbsp;</strong><br>Il y a le livre Et dans la terre, je me souviens&nbsp; qui devrait sortir bientôt.<br>Je suis en train de finaliser un autre travail sur la mémoire traumatique, en rapport avec l’accident de voiture dont ont été victimes mes parents quand j’étais plus jeune et les conséquences de celui ci. Egalement un projet sur Mareth, le village natal de mon père. Il avait réalisé un film sur la saignée que représentait l’émigration sur sa région et je veux établir un état des lieux, 50 ans après. Un projet de film sur Taieb Louhichi est aussi en pourparlers.<br></p>
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		<title>Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 10:57:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[32bis]]></category>
		<category><![CDATA[Achref Toumi]]></category>
		<category><![CDATA[Bachir Tayachi]]></category>
		<category><![CDATA[Biennale]]></category>
		<category><![CDATA[Camille Levy Sarfati]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation Kamel Lazaar]]></category>
		<category><![CDATA[institut français de Tunis]]></category>
		<category><![CDATA[Jaou Photo]]></category>
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		<category><![CDATA[Myriam Amri]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de Jaou Photo, biennale organisée à Tunis par la Fondation Kamel Lazaar et l’Institut français de Tunisie, le 32bis présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&#8217;honneur la jeune création tunisienne. C&#8217;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&#8217;Achref Toumi, Bachir Tayachi, Myriam Amri et Margaux Fitoussi, une immersion physique et psychique qu&#8217;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&#8217;expérience. C&#8217;est l&#8217;occasion d&#8217;un échange avec la curatrice et directrice artistique Camille Lévy Sarfati, autour de l&#8217;exposition mais aussi de cet espace d&#8217;art en pleine effervescence qu&#8217;est le 32bis. Peux-tu nous présenter</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de <a href="http://jaou.art/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jaou Photo</a>, biennale organisée à Tunis par la <a href="https://www.kamellazaarfoundation.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fondation Kamel Lazaar</a> et l’Institut français de Tunisie, le <a href="https://www.facebook.com/32BISTunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">32bis</a> présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne. C&rsquo;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&rsquo;<strong><a href="https://www.instagram.com/ashreftoumi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Achref Toumi</a></strong>, <strong><a href="https://tayachibachir.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bachir Tayachi</a></strong>, <strong><a href="https://www.marebox.eu/artist/myriam-amri/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Myriam Amri</a></strong> et <strong><a href="https://anthropology.columbia.edu/content/margaux-myriam-fitoussi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Margaux Fitoussi</a></strong>, une immersion physique et psychique qu&rsquo;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&rsquo;expérience. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;un échange avec la curatrice et directrice artistique <strong>Camille Lévy Sarfati</strong>, autour de l&rsquo;exposition mais aussi de cet espace d&rsquo;art en pleine effervescence qu&rsquo;est le 32bis.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-8091" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg 819w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-240x300.jpeg 240w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-768x960.jpeg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-480x600.jpeg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><figcaption class="wp-element-caption">Affiche de l&rsquo;exposition «&nbsp;Injurier le soleil&nbsp;», une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne au 32bis.</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peux-tu nous présenter le 32bis ?</strong><br>Le 32bis est une association culturelle et un espace d’art situé au cœur du centre-ville de Tunis. C’est un lieu hybride de création, de recherche, d’exposition et de partage des savoirs né du désir d’un mécène tunisien, Jamel Mzabi, de soutenir la scène artistique tunisienne et de contribuer à favoriser l’accès de tou.te.s à la création contemporaine.&nbsp;<br>Après trois ans de travaux de rénovation de l’ancien siège Philips, construit en 1953, nous avons débuté nos activités en janvier dernier avec une série de rencontres, résidences, ateliers, et expositions, qui dévoilent progressivement cet espace de 4000 m².&nbsp;<br>L’idée était depuis le départ de créer une sorte de laboratoire, un lieu d’échange et d’émulation autour des grands questionnements qui traversent nos régions et notre époque. Nous voulions prendre part à un réseau grandissant d’espaces et d’acteurs culturels locaux, bâtir des ponts entre les scènes, les publics, les artistes, commissaires, chercheur.se.s et autres professionnel.le.s de l’art au niveau national et international, de la manière la plus&nbsp; inclusive possible.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelle est la ligne directrice artistique du 32bis et&nbsp;comment ce lieu fonctionne-t-il ?</strong><br>Il est toujours difficile de parler de ligne directrice artistique car nous fonctionnons beaucoup sur des&nbsp; coups de cœur, des rencontres. L’exposition Can We Sing Together Again, Old Friend? de Thania Petersen, par exemple, inaugurée en juin 2022, est le fruit d’une rencontre avec son travail lors de la foire 1-54 Marrakech plus de deux ans auparavant. Après des heures de conversations visio passionnées autour de l’expérience minoritaire, de l’exil, de nos luttes et de nos rites respectifs d’un bout à l’autre du continent, nous avons imaginé une résidence de près de 3 mois à Tunis, qui a donné lieu à de superbes collaborations entre l’artiste sud-africaine, des artisan.e.s et artistes tunisien.ne.s, et une troupe soufie aissaouia locale.&nbsp;&nbsp;<br>On trouve bien sûr une cohérence entre les expositions passées et à venir pour cette première année d’ouverture : une réflexion sur l’histoire et la manière dont on l’écrit, sur le divin, le rituel, l’insensible et le spirituel.&nbsp;&nbsp;<br>Je dirais que s’il existe une ligne du 32bis, c’est celle de la distance ou plutôt de la distanciation : la nécessité sans cesse répétée de prendre du recul par rapport aux secousses que nous traversons &#8211;&nbsp; en Tunisie, et ailleurs. Il s’agit toujours de faire un pas de côté, de refuser l’urgence de la réaction, le flux vertigineux de l’image et l’immédiateté quasi-insupportable de l’information.&nbsp;<br>C’est pourquoi nos expositions sont la plupart du temps ancrées dans le temps long &#8211; celui de la réflexion, de l’histoire. Il s’agit aussi, peut-être, de reconnecter les wagons de la mémoire, de restaurer le lien perdu entre les temporalités et les générations. C’est pourquoi les sciences sociales, l’histoire, la philosophie &#8211; et celles et ceux qui les font ! &#8211; se trouvent au cœur de nos projets et réflexions.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8102" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8102" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="561" data-id="8099" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg" alt="" class="wp-image-8099" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-300x164.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-768x421.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1536x842.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-480x263.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="619" data-id="8098" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg" alt="" class="wp-image-8098" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-300x181.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-768x464.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1536x928.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-480x290.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Pour ceux qui ne connaîtraient pas Tunis, je précise que le lieu est situé en centre-ville et que le centre-ville est considéré comme un quartier plutôt populaire, quand beaucoup de galeries sont situées dans des quartiers plus riches, de Sidi Bou Saïd à la Marsa. Pourquoi le choix de cet ancrage ?</strong><br>Pour un centre d’art, à vocation non lucrative et dont le but et de créer, d’imaginer, se trouver au coeur de la cité semble être une évidence. Le 32bis se trouve entre Moncef Bey et la Petite Sicile, derrière l’avenue Bourguiba. C’est un quartier central, au croisement des axes principaux et tout près des gares et autres points névralgiques de la ville. Le jour, le quartier fourmille de commerçants et passants, de voitures, de klaxons.&nbsp;<br>L’entre soi est pénible et terriblement ennuyeux. Ce qui nous intéresse, c’est le mouvement, la friction, la rencontre. Se confronter à l’art, à l’autre, discuter, bousculer… accepter d’être bousculé : n’est-ce pas le seul moyen d’engendrer la pensée ? C’est là la raison d’être du 32bis : malmener les certitudes, nos certitudes, provoquer l’imaginaire, permettre le doute.&nbsp;<br>Ce que nous désirons le plus, c’est voir les publics, et tout particulièrement nos voisin.e.s, s’emparer du lieu. C’est un processus long au coeur duquel la convivialité est cruciale. Et chaque membre de l’équipe fait en sorte que chaque visiteur ou visiteuse se sente parfaitement à l’aise et en droit de questionner, proposer, revenir.</p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter les artistes d&rsquo;<em>Injurier le Soleil</em> ainsi que ton propre parcours ?</strong><br>Pour l’exposition Injurier le soleil, je souhaitais mettre à l’honneur la jeune création tunisienne. Il s’agissait de profiter de la venue de nombreux acteurs internationaux du monde de l’art à l’occasion du festival Jaou, duquel nous sommes partenaires, pour faire connaître de jeunes artistes tunisiens, dont le manque de visibilité internationale et l’isolement sont le premier obstacle au développement artistique et professionnel.&nbsp;&nbsp;<br><strong>Achref Toumi</strong> (The Tiger was Her Keeper) est un jeune réalisateur extrêmement talentueux, capable de jongler avec des genres et des voix très différentes. Il vit et travaille à Tunis, où il termine son master en réalisation à l’École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma (ESAC). Ce qui me touche particulièrement dans son travail, c’est la poésie qu’il crée à partir d’éléments très simples du paysage tunisien &#8211; urbain, familial &#8211; ou de la culture populaire du pays, devenus invisibles tant ils sont répandus (par exemple, dans The Tiger was Her Keeper, la couverture “paux de tigre” importée massivement et venue remplacer les couvertures traditionnelles dans les foyers tunisiens). <strong>Bachir Tayachi</strong> (Anesthesia) est un jeune photographe et réalisateur, architecte de formation. Il a débuté comme photographe de mode, domaine dans lequel il excelle, et développe depuis peu d’autres formes d’expressions artistiques telles que la vidéo et l’installation. Bachir a su créer un univers et une esthétique très identifiables, plein de poésie et de rage, de désir, de violence parfois.&nbsp;<br><strong>Myriam Amri</strong> et <strong>Margaux Fitoussi</strong> (La Piscine) sont toutes deux réalisatrices et anthropologues, elles vivent et travaillent entre la Tunisie et les Etats-Unis, et ont réalisé La Piscine en duo. Leur travaux respectifs (d’écriture, de réalisation ou d’installation) m’intéresse tout particulièrement pour ce qu’il porte et raconte de notre époque,&nbsp; discrètement, subtilement, avec toute la profondeur et les outils que leur offrent les sciences sociales. Margaux, par ailleurs, est issue de la diaspora tunisienne. Son travail est gorgé de la mémoire de sa famille, qu’elle s’efforce de questionner et de reconstruire.&nbsp;<br>Pour ma part, puisque tu poses la question, je suis tombée dans l’art par hasard. J’ai commencé par la littérature, l’histoire, la philosophie… pour terminer ma formation à Sciences Po, où je me suis spécialisée sur la question du fait minoritaire et de l’ehtnonationalisme. J’ai ensuité passé du temps au Moyen-Orient, puis dans les Alpes, où j’ai milité tour à tour pour les droits des Palestiniens puis des demandeurs d’asile, en France.&nbsp;<br>C’était peut-être une manière de comprendre ma propre histoire familiale, une histoire juive, taboue, faite d’exils et de déchirements. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai décidé de m’installer en Tunisie il y a quatre ans &#8211; une façon de reprendre racine dans un pays que nous avions quitté il y a soixante ans. Je me suis alors plongée dans la réalisation d’un documentaire, que je suis en train de terminer, et j’ai eu la chance de rencontrer Jamel Mzabi, qui m’a proposé en juillet 2019 de construire et d’imaginer ce formidable projet avec lui.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8092" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1536x864.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Anesthesia, 2022 © Bachir Tayachi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8094" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022.jpg 1334w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">The Tiger was her keeper, 2022 © Achref Toumi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-8093" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La Piscine, 2021 © Margaux Fitoussi et Myriam Amri</figcaption></figure>



<p><strong>Est ce que les vidéos et les installations ont été conçues spécialement pour cette exposition, peux-tu nous raconter la façon dont cela a pris forme ?</strong><br>Deux des trois vidéos et installations présentées dans Injurier le soleil &#8211; celles de Bachir Tayachi et Achref Toumi &#8211; sont de nouvelles productions, conçues spécialement pour l’exposition. Pour être honnête, nous avons décidé très tardivement de monter cette exposition. Les artistes se sont prêtés au jeu et sont parvenus à relever le défi du développement et de la production en un temps record (un mois et demi tout au plus).<br>Le processus est simple : j’ai d’abord écrit quelques notes, une ébauche de texte curatorial portant le nom de l’exposition, qui parlait d’extase, de cri, d’âme et de corps. J’y expliquais mon désir d’aborder la sortie hors de soi, l’instant de grâce ou d’effroi où l’âme s’échappe du corps.&nbsp;<br>J’ai tout de suite pensé à une idée d’installation vidéo qu’Achref avait partagée avec moi quelques semaines plus tôt. Je lui ai proposé d’en produire et d’en présenter la première pièce pour cette exposition, et il a accepté.&nbsp;<br>Pour Bachir, les choses se sont faites autrement. Après avoir lu le texte que j’avais écrit, Bachir a fait une première proposition, très prometteuse, que nous n’avons pas pu réaliser. Nous avons poursuivi nos échanges, intensément, pendant quelques semaines, jusqu’à ce qu’émerge, in extremis, l’idée d’Anesthesia&nbsp; qu’il s’est alors agi de produire. Techniquement, cela n’a pas été aisé. Nous avons dû abandonner plusieurs pistes en route, et Bachir a terminé la post-production des vidéos le matin même du vernissage ! Roya Mansar et Hela Djebbi, membres de l’équipe du 32bis et chargées de production de l’exposition, ont fait un travail remarquable.&nbsp;</p>



<p><strong>De quelles façons le livre d&rsquo;Ahmadou Kourouma t&rsquo;a inspirée pour cette exposition ?</strong><br>Ahmadou Kourouma m’accompagne depuis mes 17 ans. La découverte de ses romans a été pour moi l’une de ces grandes claques politique, esthétique, littéraire &#8211; comme l’avait été auparavant la rencontre avec Primo Levi, et comme le sera, plus tard, celle avec Pasolini.<br>J’ai gardé cette formule en tête toutes ces années. “Injurier le soleil”. Elle raconte à elle-seule toute la révolte, la poésie, l’absurde que porte l&rsquo;œuvre de Kourouma. Elle parle de désobéissance, de transgression, témoigne d’un univers sensoriel très fort, enveloppant, parfois carrément répugnant.<br>Lorsqu’il s’est agi de réfléchir à la question du corps, qui formait le thème général de Jaou, j’ai tout de suite songé à Kourouma &#8211; au rêve de Fama dans Le Soleil des Indépendances, aux doubles, aux morts, à ce que l’intangible, l’irrationnel, permet dans la révolte et l’insoumission.<br>Kourouma parle de violence, de corruption, de totalitarisme. Il raconte tantôt l’Afrique désenchantée d’avant colonisation, tantôt les totalitarismes de l’après. Mais il y a toujours, chez lui, la langue pour survivre et s’indigner. Un français malinkisé, une langue à lui, étrange d’abord puis parfaitement enivrante. L’ailleurs ou l’au-delà, le monde insensible ou plutôt suprasensible devient la seule échappatoire lorsque le politique nous étouffe.<br>C’est peut-être en cela que ses mots résonnaient avec mes préoccupations du moment. J’aimerais aller plus loin, bien sûr, et cette exposition n’est qu’une première étape, j’espère, vers un travail plus approfondi sur les pas de Kourouma. </p>



<p><strong>Dans « Injurier le soleil » comme dans l&rsquo;exposition de début 2022 de Bruno Hadjih on est dans une approche très immersive : par le son, par l&rsquo;installation, c&rsquo;est une véritable expérience physique que de traverser les œuvres… Comment s&rsquo;est opéré ce choix de croiser les écritures et les médiums ?</strong><br>Nous imaginons nos expositions comme des bulles dans lesquelles les publics plongent et s’oublient, peut-être, le temps d’une visite. Il s’agit de faire dialoguer les artistes, les disciplines, les époques. C’est ainsi que nous avons décidé, par exemple, à deux reprises, d’emprunter des pièces des siècles passés au&nbsp; Musée d’art islamique Lalla Hadria, à Djerba.&nbsp;<br>Pour Wird, de Bruno Hadjih, qui retraçait à travers 20 photographies une réflexion sur le soufisme menée par l’artiste pendant plus de vingt ans, nous avons proposé à Imed Alibi, artiste et musicien tunisien, de concevoir une création sonore originale qui embaumerait toute l’exposition. Tout à coup, il ne s’agissait plus uniquement pour les visiteurs d’observer des images, mais de plonger véritablement dans l’univers qu’elles racontaient. Bien sûr, la musique, la pénombre… cela n’a rien d’automatique. Certaines œuvres imposent le silence, et chaque nouvelle idée d’exposition pose de nouveau la question.&nbsp;<br>Les expositions sont des histoires que l’on raconte, et chaque élément sonore ou scénographique contribue à façonner le récit. Croiser les médiums, c’est peut-être aussi, pour nous, une manière de sortir du piège du “white cube”, d’un espace froid, aseptisé, souvent intimidant pour des publics non familiers avec les espaces dédiés à l’art, et à plus forte raison à l’art contemporain.<br>A ce propos, Meriem Berrada, directrice du Macaal, évoquait dernièrement lors d’une discussion que nous donnions à l’Institut français de Tunis l’importance des œuvres d’art qui sollicitent le toucher. Nous n’avons pas encore exploré ce sens, mais je garde cette idée en tête pour de futurs projets.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8103" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8103" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8100" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8100" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8101" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8101" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="572" data-id="8096" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg" alt="" class="wp-image-8096" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-768x429.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1536x859.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-480x268.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2.jpg 1549w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Peux-tu nous dire un mot sur l&rsquo;AFC Academy que vous avez co-organisé avec l&rsquo;African Culture Found ?</strong>&nbsp;<br>L’ACF Academy a été un moment très fort de cette année d’ouverture, en juillet dernier. C’est un programme d’accompagnement dédié à 12 jeunes artistes nord-africains et maliens, sélectionnés par un jury indépendant. Nous avons développé ce programme avec le Fond Africain pour la Culture, basé à Bamako, qui soutient de très nombreuses initiatives artistiques et culturelles sur le continent africain, et pour lequel l’artiste Abdoulaye Konaté joue un rôle central.&nbsp;<br>Pendant trois semaines, le groupe d’artistes a participé à de nombreux ateliers, rencontres et discussions avec des professionnel.le.s de l’art dans le but de contribuer à l’élaboration de leur réflexion artistique, au développement de leurs connaissances théoriques et de leurs compétences à entreprendre, en particulier au niveau international. C’est ainsi qu’Amel Bennys et Ismail Bahri, artistes tunisien.ne.s confirmé.e.s installé.e.s à Paris, ont mené tour à tour des ateliers de création qui ont pris fin par une présentation publique des travaux effectués. Mariam Elnozahy, Alicia Knock, Jean-Loup Pivin, Laetitia Catoir, Fatma Kilani, Ibrahim Mahama, Cécilia Muriel et Simon Njami, se sont prêtés au jeu du mentorat et du débat avec les participants, autour de questions telles que celles du marché de l’art, du financement de la création, des pratiques muséales, etc.&nbsp;<br>Pour couronner ces trois semaines d’intenses rencontres et de création, nous avons proposé à Ismail et Amel d’assurer le commissariat d’une exposition qui réunira les 12 participants au programme, à l’hiver 2024. Une belle manière d’accueillir la deuxième promotion de l’ACF Academy !</p>



<p><strong>Quel.les sont les futur.es expositions/ projets du 32 bis que tu pourrais nous partager ? (la médiathèque les résidences etc)</strong><br>Le Cheveu de Mu’awiya, curaté par l’historienne de l’art et commissaire d’exposition Nadine Atallah, nous occupe depuis deux ans déjà et s’ouvrira en janvier prochain. Nous avons pensé cette exposition comme la grande exposition d’inauguration du 32bis, après une année de résidences, de rencontres, d’ateliers et d’expositions…&nbsp;<br>Elle réunira une vingtaine d’artistes, de générations et d’horizons très différents, des plus émergents aux plus établis, et dont les pratiques varient beaucoup. Parmi elles et eux : Dorothy Iannone, Abdoulaye Konaté, Slavs and Tatars, Lina Ben Rejeb, Siryne Eloued, Doa Aly, Joëlle de la Casinière, et d’autres… On y parlera d’histoire, d’amour, de discorde, de crise et de résilience, en s’inspirant de&nbsp; toute la polysémie du terme fitna, cher à Hichem Djaït, historien médiéviste spécialiste de l’histoire de l’islam décédé en 2021, à qui l’on entend aussi rendre hommage à travers cette exposition.&nbsp;<br>Plus tard dans l’année, nous aurons le plaisir de présenter le travail de Sana Chamekh, jeune artiste tunisienne extrêmement prometteuse, puis d’Aïcha Snoussi, qu’on ne présente plus, et qui clôturera dans sa ville d’origine un cycle initié au Bénin, à la Fondation Zinsou, puis au Palais de Tokyo à Paris, avec de toutes nouvelles productions.&nbsp;<br>En attendant, on prépare l’ouverture prochaine de la médiathèque, spécialisée en art moderne et contemporain, avec une attention particulière donnée à l’Afrique et plus largement aux Suds. On poursuit, bien sûr, les ateliers de création menés par de jeunes artistes tunisiennes auprès de groupes d’adolescents, et prévoyons des ateliers pour adultes, en lien très étroit avec nos voisin.e.s qui nous proposent de nombreuses idées liées à leurs savoir-faire, tels que la broderie.<br>Côté résidences, nous recevons depuis plus d’un an et pour les trois prochains mois encore les artistes participant à l’exposition Le Cheveu de Mu’awiya. Ainsi Wiame Haddad, Jan Kopp, Amel Bennys, Ngozi-Omeje Ezema, Lina Ben Rejeb… se succèdent dans le studio du 32bis pour donner forme à leurs créations.<br>Mais j’en ai déjà trop dit, on vous garde quelques surprises…&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Tilawin &#8211; Interview de Liasmine Fodil</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/tilawin-interview-de-liasmine-fodil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 09:55:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif]]></category>
		<category><![CDATA[Liasmine Fodil]]></category>
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		<category><![CDATA[workshop]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’ai rencontré Liasmine lors d’un workshop de Bruno Boudjelal à Alger, en 2015. Liasmine est photographe, elle vit à Tizi-Ouzou, en Kabylie, et elle poursuit un travail photographique personnel tout en organisant des ateliers. Nous échangeons régulièrement sur nos propres pratiques, entre Tizi et Paris, sur nos doutes, nos réussites, nos espoirs, mais aussi sur les envies de plus en plus de photographes algérien.nes de faire bouger les lignes. Car ces dernières années, la photographie est en pleine effervescence dans l’Algérie, et Liasmine accompagne cet élan avec la création de Tilawin, le projet de mentorat par des femmes photographes pour</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/tilawin-interview-de-liasmine-fodil/">Tilawin &#8211; Interview de Liasmine Fodil</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>J’ai rencontré Liasmine lors d’un workshop de Bruno Boudjelal à Alger, en 2015. Liasmine est photographe, elle vit à Tizi-Ouzou, en Kabylie, et elle poursuit un travail photographique personnel tout en organisant des ateliers. Nous échangeons régulièrement sur nos propres pratiques, entre Tizi et Paris, sur nos doutes, nos réussites, nos espoirs, mais aussi sur les envies de plus en plus de photographes algérien.nes de faire bouger les lignes. Car ces dernières années, la photographie est en pleine effervescence dans l’Algérie, et Liasmine accompagne cet élan avec la création de Tilawin, le projet de mentorat par des femmes photographes pour des femmes photographes. Dans cette interview, Liasmine revient sur sa propre pratique, sur son engagement pour la transmission, et sur la nécessité d’un tel projet.</p>



<p><strong>Comment as-tu personnellement découvert la photographie d’auteur et quand as tu commencé ta pratique&nbsp;?</strong><br class="manualbr">Mon tout premier contact avec la photographie d’auteur (mais à l’époque je ne savais pas que c’en était) c’était au lycée. J’avais reçu un catalogue d’exposition qui s’appelait LA VILLE ENTIÈRE. Le catalogue contenait des séries de portraits, des photos d’intérieurs, des fragments de paysages urbains… Bref pour moi ces images racontent plein d’histoires et puis, elles étaient différentes de ce que je voyais habituellement (je n’ai eu accès qu’à des magazines, mais jamais à des livres de photo à cette époque là ). Tout ça me fascinait. Mais je ne comprenais pas pourquoi.<br class="manualbr">En fait, c’est au workshop de Bruno Boudjelal en 2015 à Alger autour justement de la photographie d’auteur que j’en ai réellement pris conscience la toute première fois. J’étais juste auditrice libre le week-end car je travaillais la semaine. J’y ai d’ailleurs rencontré Lynn SK et Lola Khalfa qui sont mentors dans le projet TILAWIN J’ai commencé à faire des photos pendant mes années fac. Mais la photographie est pour moi un médium réel depuis 2015 &#8211; 2016. Je veux dire que j’utilise la photographie comme un médium depuis ce moment-là en tout cas. Avant ça je ne mesurais pas l’envergure et les possibilités qu’offrait la photo à l’expression d’un discours ou d’une narration, je faisais des photos isolées qui étaient plutôt descriptives.</p>



<p><strong>Peux-tu nous parler de tes derniers projets photographiques&nbsp;?</strong><br class="manualbr">Mon tout dernier travail est une série sur une femme artisane passionnée de voyage, qui était pharmacienne et qui a quitté son travail pour vivre de ce qu’elle produit avec ses mains. Elle vit essentiellement de la vente de carnets de voyage faits main. (voici le lien pour en savoir davantage <a class="spip_url spip_out auto" href="https://liasminefodil.wixsite.com/monsite/un-carner-pour-affronter-le-monde" rel="nofollow external">https://liasminefodil.wixsite.com/monsite/un-carner-pour-affronter-le-monde</a>)<br class="autobr">(le nom de la série UN CARNET ARTISANAL POUR AFFRONTER LE MONDE) (le titre est pensé en arabe car la série et le texte sont apparus sur un site arabophone dont voici le lien <a class="spip_url spip_out auto" href="https://www.khatt30.com/author/liasmine-fodil/" rel="nofollow external">https://www.khatt30.com/author/liasmine-fodil/</a>) Avant ça, j’avais réalisé mon premier véritable travail d’auteur. Une série qui parle de ma grand-mère, mais aussi de moi même. Dans ce travail je questionne le bonheur des femmes (et notamment des femmes kabyles puis ce que c’est ce que nous comme ma grand-mère et moi, mais c’est valable je pense partout dans le monde.) Je suis retournée dans la maison où elle a vécu la majeure partie de sa vie et j’ai cherché des réponses à toutes les questions que je n’ai jamais osé lui poser sur son bonheur et sa condition de femme non instruite qui ne sortait que très rarement. (<a class="spip_url spip_out auto" href="https://liasminefodil.wixsite.com/monsite/copie-de-accueil&nbsp;" rel="nofollow external">https://liasminefodil.wixsite.com/monsite/copie-de-accueil&nbsp;</a>)</p>


<div class="wp-block-image wp-image-6901 size-full">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="801" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala.jpg" alt="" class="wp-image-6901" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/fossil-et-plante-ds-le-jardin-de-hala-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Fossil et plante dans le jardin de hala © Liasmine Fodil</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6902">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="801" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019.jpg" alt="" class="wp-image-6902" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Hala-à-Laghouat-2019-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Hala à Laghouat, 2019 © Liasmine Fodil</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6900">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="797" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou.jpg" alt="" class="wp-image-6900" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou-1024x680.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/façade-de-la-maison-de-ma-grand-mère-un-an-et-demi-après-sa-disparition.-Tizi-Ouzou-480x319.jpg 480w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Façade de la maison de ma grand mère un an et demi après sa disparition, Tizi Ouzou © Liasmine Fodil</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6899">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="801" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane.jpg" alt="" class="wp-image-6899" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/autoroute-EST-OUEST-quelque-part-entre-Oran-et-Ghelizane-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Autoroute EST OUEST quelque part entre Oran et Ghelizane © Liasmine Fodil</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6898">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="797" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016.jpg" alt="" class="wp-image-6898" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016-1024x680.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/Autoportrait-devant-une-robe-de-ma-grand-mère.-Dans-sa-maison-Tizi-Ouzou-2016-480x319.jpg 480w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Autoportrait devant une robe de ma grand mère Dans sa maison, Tizi Ouzou, 2016 © Liasmine Fodil</figcaption></figure></div>


<p><strong>Y a-t-il des difficultés spécifiques aux femmes dans le métier de photographe en Algérie&nbsp;? Par exemple le rapport à l’espace public&nbsp;? </strong><br class="manualbr">On me pose souvent cette question, et je l’ai moi même posée à plusieurs femmes photographes, notamment pour préparer une intervention à Tunis où j’ai rencontré des femmes reporters des pays dits “arabes”.<br class="manualbr">A vrai dire, je crois que pour le moment y a plus de difficultés liés au statut de femme en tant que tel ou au statut de photographe, plus qu’au statut de femme photographe. <br class="manualbr">Je pense que les hommes photographes rencontrent les mêmes difficultés que nous les femmes. C’est à dire qu’il n y a pas de marché de la photographie (de l’art en général à part la musique peut être qui échappe un peu à ça) les difficultés à photographier dans la rue sans autorisation, la peur de se faire voler son appareil photo ou la peur qu’ont les gens des appareils photos&#8230;etc<br class="manualbr">Quant aux autres difficultés comme voyager seule, assumer sa profession c’est plus lié au fait d’être une femme. <br class="manualbr">Après, je crois que quand on a un appareil entre les mains, on doit adapter son comportement avec autrui, et passer par la discussion au lieu de la confrontation. C’est à dire que si en tant que femme, un homme me dit bonjour dans la rue, je répondrai «&nbsp;tu ne me connais pas, ne me parle pas&nbsp;» ou je ferai semblant de ne pas avoir entendu. Mais si j’ai mon appareil, je répondrai à son bonjour, et s’il veut engager la conversation je répondrai à ses questions de façon cordiale.</p>


<div class="wp-block-image size-full wp-image-6903">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="535" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/tilawin.jpg" alt="" class="wp-image-6903" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/tilawin.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/tilawin-300x223.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/tilawin-480x357.jpg 480w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption class="wp-element-caption">Réunion virtuelle de Tilawin</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peut-on parler d’une spécificité de la photographie algérienne&nbsp;?</strong><br class="autobr">La photographie algérienne à mon avis commence à se construire dans le sens où elle commence à traiter de sujets de société et puis … elle devient accessible au grand public, via quelques galeries et salles d’expositions.<br class="autobr">Il y a toujours eu des photographes algériens depuis l’indépendance, et même avant, mais soit ils faisaient juste des photos d’identité et des photos de famille, soit c’étaient des photojournalistes. Pour ceux qui ont photographié des histoires, nous n’avons pas accès à leurs archives. Ce n’était pas l’époque d’Internet&#8230;<br class="manualbr">(J’ai mené une petite recherche à Tizi Ouzou dans ma ville pour savoir comment y est née la photo, je suis allée à la rencontre des descendants des premiers photographes l’un d’eux m’a dit que son grand père a commencé la photographie en Allemagne, alors qu’il a été envoyé à la guerre la bas mais il a appris avec des français- ça parait fou- et il a quelques archives documentaire de la région, mais pour le moment il ne souhaite pas les montrer).<br class="manualbr">Même pendant les années 70-80 il y avait beaucoup de jeunes qui pratiquaient la photographie chez eux, mais ce n’est pas allé plus loin… ça serait génial de pouvoir faire une petite étude sur le sujet d’ailleurs.<br class="manualbr">Pour l’édition, il y a très peu de livres photo et souvent ils sont édités par des maisons d’édition qui ne sont pas spécialisées. <br class="manualbr">La Chambre claire a été créée par Youcef Krach et son épouse Zohor Fateh, j’avoue que j’attends avec impatience ce qu’ils vont nous offrir comme bijoux de photographie.<br class="manualbr">Les lieux d’expositions commencent à émerger depuis quelques temps, Les plus connus restent centralisés à Alger et Oran (d’après ce que je sais) et n’ont pas un programme chargé en expo photo, mais ça commence à venir et la qualité est au rendez vous donc, ça vient…<br class="manualbr">Concernant les aides et les financements, parfois des résidences et des expos sont organisées ça et là, Mais ça reste peu fréquent et difficile d’accès pour diverses raisons. <br class="manualbr">Il y a tant à faire. Créer des collectifs, organiser des expos, créer des espaces d’apprentissage dédiés à la photographie, propager la culture photo, et avoir des institutions qui peuvent aider au développement de cette discipline. Et puis, plein de photographes ne vendent pas leurs œuvres parce que c’est fastidieux.<br class="manualbr">Rappelons que plus il y aura un environnement favorable à la création et mieux on rémunèrera les photographes, tant qu’ils produisent du bon travail.</p>



<p><strong>De quelle façon penses-tu que la photographie puisse accompagner les mouvements sociaux et historiques comme celle que l’Algérie traverse&nbsp;?</strong><br class="manualbr">L’image photographique est un bout de réalité, elle permet de mieux mémoriser les choses, de se rafraîchir la mémoire quand elle flanche. Et elle est là pour assurer la préservation de la mémoire collective (si je peux dire ça).<br class="manualbr">Il est primordial de garder des images, non seulement comme archives pour retracer l’histoire mais pour l’analyser avec recul aussi après qu’un temps soit passé. Les images permettent d’appuyer des études sociologiques et anthropologiques aussi. Elles sont comme des repères.<br class="manualbr">Après il faut aussi se méfier des utilisations à but de manipulation.</p>



<p><strong>Peux- tu nous raconter la génèse du projet Tilawin&nbsp;?</strong><br class="manualbr">1. J’ai mesuré à quel point il est difficile en Algérie de comprendre le métier de photographe. Expliquer qu’on est pas forcément photographe de mariage et qu’on a pas de studio&#8230; Expliquer qu’il y a des photographes auteurs(es) expliquer ce que c’est que la photo documentaire&#8230;<br class="manualbr">2. Il est difficile d’accéder à une bonne formation. Lors des formations techniques souvent on ne parle que très très peu de culture photo voire pas du tout.<br class="manualbr">3. J’ai constaté mes lacunes sur le volet culture photo et je souhaite l’éviter aux autres<br class="manualbr">4. J’ai vu comme il m a été difficile de trouver des personnes pour m’orienter. J’ai eu la chance d’avoir eu deux mentors qui ont su me guider ( c’était des hommes). J’ai aussi fait beaucoup de recherches pour trouver des photographes avec une démarche, un propos et un engagement en Algérie<br class="autobr">(il ne sont pas très visibles). Je voudrais en faire bénéficier les autres.<br class="manualbr">5. Je connais moi-même peu de femmes photographes en Algérie <br class="manualbr">6. Je sais que les photographes débutants ont beaucoup de mal à accéder aux expos, et ne maîtrisent pas du tout le processus de production d’un travail cohérent. Parfois ils/elles bloquent dès qu’il s’agit de travailler sur un thème<br class="manualbr">7. J’ai décidé depuis fin 2019 de m’engager dans la transmission du savoir autour de la photographie. J’avoue que je ne me sentais pas légitime. Mais, je me suis dit que je devais commencer et que j’allais m’améliorer avec le temps. De toute façon, il valait mieux mon “enseignement” imparfait<br class="autobr">que rien du tout.<br class="manualbr">8. Il y a eu je pense une rupture entre la génération de photographes d’avant et la nôtre, nous devons éviter que cela ne se reproduise.<br class="manualbr"> 9. À force qu’on me dise&nbsp;: ah mais c’est inaccessible de devenir photographe&nbsp;! On m’a donné envie de montrer qu’avec un projet comme celui-là, le métier deviendrait moins mystérieux. Et plus il y aura de photographes, plus on pourra avoir de droits, tant qu on pourra rêver d’avoir des galeries spécialisées, des festivals, un marché …etc. Pour espérer vivre de ce métier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="740" height="993" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/capture-instagram.jpg" alt="" class="wp-image-6922" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/capture-instagram.jpg 740w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/capture-instagram-224x300.jpg 224w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/capture-instagram-480x644.jpg 480w" sizes="(max-width: 740px) 100vw, 740px" /></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6905">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1696" height="2560" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-6905" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-scaled.jpg 1696w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-199x300.jpg 199w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-678x1024.jpg 678w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-768x1160.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-1017x1536.jpg 1017w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-1356x2048.jpg 1356w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/IKRAM-BOSLIM-480x725.jpg 480w" sizes="(max-width: 1696px) 100vw, 1696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Ikram Boslim</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6908">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="1280" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE.jpg" alt="" class="wp-image-6908" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE.jpg 1920w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Hiba-ZOUANE-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Hiba Zouane</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peux-tu parler de ce fossé entre générations de photographes et de cette<br class="autobr">absence de transmission que tu évoques, à quoi penses tu qu’il est dû&nbsp;? </strong> <br class="manualbr">Je me pose la question moi même. Je ne comprends pas&nbsp;!</p>



<p><strong>Comment s’est faite la sélection des mentors et des filleules&nbsp;? </strong><br class="manualbr">J’ai contacté des femmes photographes algériennes que je connais et dont je connais le travail, les valeurs et l’engagement, et j’ai aussi contacté quelques unes qui m’ont été recommandées. On a échangé autour de l’idée, elles ont dit oui. Il y en a une qui a décliné car elle n’avait pas le temps et ne se sentait pas prête, les autres ont dit oui, j’ai été très heureuse de leur enthousiasme.<br class="manualbr">Le choix des filleules pour cette première édition qui sera l’édition test s’est fait spontanément. Ce sont toutes des filles qui ont un grand intérêt pour la photo. Elles sont au stade du questionnement autour de cette pratique et il me semble que c’est le bon moment pour elles de trouver une personne qui a un peu d’expérience avec qui échanger. <br class="manualbr">Pour les prochaines éditions &#8211; car nous souhaitons que ce projet continue &#8211; nous ferons des appels à candidatures.</p>



<p><strong>Pourquoi seulement des femmes&nbsp;?</strong><br class="manualbr">Est ce qu’on demande aux hommes pourquoi vous n’êtes qu’entre hommes&nbsp;! haha <br class="autobr">Plus sérieusement, je disais plus haut que certaines difficultés étaient dûes au fait d’être femme, et j’ai jugé plus judicieux d’avoir uniquement des femmes car je me dis&nbsp;: une femme comprendrait sans doute mieux une autre femme, et puis après plusieurs échanges avec Lynn, Sonia, Lola et d’autres nous sommes toujours tombées d’accord que nous devons prendre plus de place, car le système fait que nous restons souvent à l’écart. Je disais que je connais moi même peu de femmes photographes algériennes. Nous sommes parfois juste dans notre petit coin, personne ne viendra nous y chercher si nous n’en sortons pas par nous même. <br class="autobr">Il y a aussi ces choses que je lis sur la sous-représentation des femmes photographes dans le monde.<br class="manualbr">Et puis il y a eu toutes ces fois où j’ai vu des séries documentées par les hommes et où je me suis demandée&nbsp;: si ça avait été une femmes qui avait raconté l’histoire à quoi elle aurait ressemblé&nbsp;?<br class="manualbr">C’est aussi un engagement féministe, nous devons assumer complètement notre égalité avec les hommes. (En ce moment dans ma vie, des discours sexistes reviennent souvent. J’ai voulu transformer toute ma colère, en énergie positive et productive)</p>



<p><strong>Tu réalises aussi de nombreux ateliers photos, peux- tu nous raconter le déroulé&nbsp;?</strong><br class="manualbr">Oui tout à fait.<br class="manualbr">Il y a peu de lieux pour apprendre la photographie, et quand on trouve une formation, ça s’arrête à la technique, le plus souvent et c’est peu flexible. <br class="autobr">J’ai créé le concept de LA PLANQUE des camarades de la photo.<br class="manualbr">A LA PLANQUE, on apprend à utiliser la photographie comme un médium pour exprimer nos idées et réflexions. <br class="manualbr">Bien que je donne des ateliers sur la technique, j’explique comment elle est au service du discours et puis, j’inclus toujours une partie que j’appelle (+) Bonus culture ou je présente des œuvres photographiques majeures ou pas d’ailleurs&nbsp;! Je parle un peu de la démarche des auteurs. Et l’un des meilleurs moment c’est quand on me dit&nbsp;: “eh bien… tu as changé ma façon de voir la photo”<br class="manualbr">Quand je tombe sur des personnes dont la sensibilité est palpable, je les pousse à créer des choses et on en discute quand on peut, même après que la formation soit terminée, c’est le cas par exemple de Hiba Zouane qui est une des filleules de TILAWIN</p>


<div class="wp-block-image size-full wp-image-6911">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="1280" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID.jpg" alt="" class="wp-image-6911" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID.jpg 1920w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Yasmine-BELKAID-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Yasmine Belkaid</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6910">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="1280" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI.jpg" alt="" class="wp-image-6910" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI.jpg 1920w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Salma-SALHI-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Salma Salhi</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image size-full wp-image-6909">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="1182" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI.jpg" alt="" class="wp-image-6909" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI.jpg 1920w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI-300x185.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI-1024x630.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI-768x473.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI-1536x946.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/04/WEB-Loubna-Sephora-BOGHARI-480x296.jpg 480w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Loubna Sephora Boghari</figcaption></figure></div>


<p><strong>Quels sont tes rêves pour le collectif Tilawin et pour la photographie en<br class="autobr">Algérie&nbsp;? </strong><br class="manualbr">Pour le projet Tilawin c’est qu’il devienne un collectif avec un noyau dur et une rotation de nouvelles photographes chaque année, je parle des mentors, c’est clair que les filleules changeront chaque année. ça serait excellent si chaque fin de cycle de mentorat on aboutit à une expo collective et itinérante aussi.<br class="manualbr">Que les participantes (mentors et filleules) puissent profiter de cette expérience pour apprendre et essayer de nouvelles choses. Qu’à la fin de leur expérience, elles partent avec une plus grande confiance en elles-même et qu’elles entreprennent de nouveaux projets photographiques. J’adorerai aussi qu’on puisse trouver des financements pour pouvoir rémunérer les mentors et produire les expos.<br class="manualbr">Pour la photographie en Algérie, ça serait d’arriver à créer un vrai écosystème comme on dit en économie. Insérer la photographie “d’art” petit à petit dans la société, que les gens n’aient plus peur des appareils photos et puis avoir un marché de la photo, avoir des festivals et des rencontres annuelles aux quatre coins du pays. Il y a déjà des salons dans plusieurs régions, mais je sais qu’on peut faire beaucoup plus que ça. Ca serait génial si les algériens voyaient la photographie comme on voit la littérature par exemple, comme quelque chose de noble et d’utile.</p>



<p><strong>Et quels sont tes projets personnels dans le futur&nbsp;?</strong><br class="manualbr">Déjà arriver à vivre de la photographie. Ca fera 5 ans que j’ai quitté mon emploi et c’est la dernière année que je m’autorise à passer sans revenu stable.<br class="manualbr">Sinon, actuellement, je pense à un travail que je ne savais pas comment aborder mais auquel je pense depuis plusieurs années, il questionne le lien familial et le lien à la terre natale chez les algériens.<br class="autobr">J’ai fait mes premières photos ce mois de mars. Cette période est particulière en Algérie, mais en même temps ça a toujours été comme ça. Ici les algériens se sentent mal, et à l’étranger, ils ont le mal du pays. Les familles sont de plus en plus fragmentées, quelques membres sont ici et les autres ailleurs dans le monde. De plus en plus de parents se retrouvent seuls ici car tous leurs enfants émigrent. Je veux raconter ça, parce que c’est terrible surtout maintenant avec cette pandémie où voyager est compliqué. Les familles ne se retrouvent plus pour les fêtes une fois par an comme de coutume. Je n’ai aucune idée de combien de temps va me prendre ce travail, mais il me tient à cœur.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Aller, retour&#8230; &#8211; Lynn S.K.</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/aller-retour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Sep 2019 08:31:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Algerie]]></category>
		<category><![CDATA[Lynn S.K.]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://preprod.afriqueinvisu.org/aller-retour/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Je suis née en Algérie et y ai vécu jusqu’à mes sept ans ; puis, en raison de la guerre civile, nous nous sommes réfugiés en France. Par la suite, nous y sommes retournés jusqu’à mes dix ans. Et puis mes parents ont cessé de m’y emmener. Longtemps, des souvenirs me sont revenus par éclats. Boumerdès surtout, la ville de mon enfance. Et le quartier Champ de Manœuvre à Alger. Mais il a fallu un certain cheminement mental pour envisager un cheminement géographique, petit à petit, Algérie et quête de soi sont devenues indissociables. Et c’est à l’automne 2014 que</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Je suis née en Algérie et y ai vécu jusqu’à mes sept ans ; puis, en raison de la guerre civile, nous nous sommes réfugiés en France. Par la suite, nous y sommes retournés jusqu’à mes dix ans. Et puis mes parents ont cessé de m’y emmener. Longtemps, des souvenirs me sont revenus par éclats. Boumerdès surtout, la ville de mon enfance. Et le quartier Champ de Manœuvre à Alger. Mais il a fallu un certain cheminement mental pour envisager un cheminement géographique, petit à petit, Algérie et quête de soi sont devenues indissociables. Et c’est à l’automne 2014 que j’ai franchi le cap, après dix-sept ans d’absence.</p>



<p><em>Actualités :<strong> 11.09 &gt; 14/11</strong> &#8211; Aller, retour, à la Mairie du 4ème, à l’occasion de la <a href="http://biennalephotomondearabe.com/">Biennale des Photographes du Monde Arabe Contemporain</a>, Paris. <strong>22.01 &gt; 28.02.2020</strong> &#8211; Sororités, Espace Magh, Bruxelles.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</h3>



<p>Lors de mon retour à Alger, en 2014, j’habite rue Belouizdad, dans un quartier populaire. Je retrouve mes tantes, H. et N.. Depuis la mort récente de leur sœur, elles ont rejoint son appartement pour ne plus le quitter. Il y a aussi B. qui était la garde-malade de ma tante décédée et qui est restée.<br><br>Cette série de photographies s’est construite dans ce petit appartement où nous vivons à quatre ; quatre femmes.<br><br>N. qui est retraitée, et H. en arrêt maladie de longue durée. H. et N. passent une grande partie de leur temps à regarder par la fenêtre, fumer des cigarettes, et puis dormir, comme pour se reposer d’un pays qui les a malmenées, que ce soit par sa hogra (en algérien : le mépris, l’injustice, l’oppression), ou sa « décennie noire », dont les cicatrices se referment à peine. Et puis il y a B. qui prend soin de tout, et qui, quand elle ne fait pas sa prière, ne manque jamais de préparer nos plats préférés.<br><br>Et au milieu de tout ça, il y a moi qui me réconcilie avec mes souvenirs dans un monde qui m’est à la fois familier et étranger. Je fabrique des images en dépit du temps perdu, et qui traversent mes images mentales. Après ces quelque dix-sept ans d’absence, je fixe avec la photographie ce qui ne doit plus être oublié.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5764"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="999" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad1.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5764" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad1.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad1-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad1-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption>© Lynn S<strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5765"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="999" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad2.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5765" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad2.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad2-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5766"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="999" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad3.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5766" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad3.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad3-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5767"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="999" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad4.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5767" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad4.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad4-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad4-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad4-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5768"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="999" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad5.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5768" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad5.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad5-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-ruebelouizdad5-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Rue Belouizdad, Alger (2014 &#8211; 2017)</figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Jenima (2014-2015)</h3>



<p>En octobre 2014, je rencontre B. qui était la garde-malade de ma tante décédée. Très vite, elle me parle de sa mère et de sa famille vivant dans la banlieue jijelienne. Je lui demande si je peux l’y accompagner ; elle accepte. À Jenima, petit village de la wilaya (commune) de Jijel, je vis dans une ferme, sans gaz de ville ni eau courante. Les parents de B. sont là, ainsi que les fils, la femme de l’un d’eux, et leurs filles qui sont restées célibataires. Ils m’adoptent, bien qu’ils ne parlent pas français et que mon arabe soit alors relativement médiocre.<br>J’apprends qu’ils ont été touchés de très près par le terrorisme durant les années 1990. Ceux qu’on appelle « les terros » rackettaient leurs terrains, leurs poules, leurs vaches, menaçaient de tuer les hommes et de violer les femmes. Ils étaient trop loin de la ville pour bénéficier d’une quelconque protection ; ils vivaient dans la peur, ne mangeant qu’une fois par jour, ne dormant que par intermittence.<br>Pourtant, la vie est revenue très vite dans la ferme de Mohammed S. ; alors que celui-ci s’occupe des champs et que ses fils sont en ville pour vendre les poules, je reste avec les femmes, les enfants.<br>Ils doivent gagner environ 10 000 dinars par mois (l’équivalent de 70 euros) et pourtant ils m’ont adoptée. C’est ce quotidien-là dont j’ai voulu rendre compte à travers ces photographies.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5769"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1000" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima1.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5769" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima1.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima1-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Jenima (2014-2015)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5770"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1001" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima2.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5770" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima2.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima2-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima2-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Jenima (2014-2015)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5771"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1000" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima3.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5771" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima3.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Jenima (2014-2015)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5772"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1000" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima4.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5772" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima4.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima4-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima4-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima4-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Jenima (2014-2015)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5773"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1000" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima5.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5773" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima5.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jenima5-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série Jenima (2014-2015)</figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">JE TU ELLES (2015-2018)</h3>



<p>Depuis mon premier retour en Algérie en 2014, je me suis posé la question de ce que signifie « être une femme » dans l’Algérie contemporaine, au-delà des clichés exotiques ou post-coloniaux. J’ai exploré l’idée du féminin et de la sororité, entre la région de Jijel, à l’est du pays, et Tamnrasset, aux portes du Sahara.<br><br>Dans la série JE TU ELLES, je poursuis ce travail à travers la forme de l’autoportrait.<br><br>Dans un pays où la pratique de la photographie est si complexe, si entravée, où le rapport à l’image est si ambigu, passer par la mise en scène me permet plus de liberté pour raconter des histoires que j’aurais difficilement pu photographier.<br><br>Ce qui m’interpelle notamment, ce sont les rôles souvent contradictoires que doivent jouer les algériennes, dans la rencontre entre tradition et modernité. Et cela me marque d’autant plus qu’à travers ma « double culture », j’ai souvent la sensation de jouer un rôle, de n’exister que de manière fragmentée.<br><br>À Alger, Djanet, Jijel, en Kabylie&#8230; je me réapproprie les tenues de mes tantes, grand-mères, et celles des femmes qui m’entourent. Tantôt avec ou sans voile, en tenue kabyle ou touareg, je tente d’interroger à la fois la représentation du féminin, et ma propre fiction identitaire.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5775"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1001" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-2.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5775" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-2.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-2-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-2-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série JE TU ELLES (2015-2018)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5776"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1001" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-3.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5776" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-3.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-3-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-3-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série JE TU ELLES (2015-2018)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5777"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1001" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-4.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5777" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-4.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-4-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-4-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-4-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série JE TU ELLES (2015-2018)</strong></figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5778"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1499" height="1001" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-5.jpg" alt="© Lynn S.K." class="wp-image-5778" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-5.jpg 1499w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-5-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/09/lynnsk-jetuelles-5-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 1499px) 100vw, 1499px" /><figcaption><strong>© Lynn S.K.</strong><br>Série JE TU ELLES (2015-2018)</figcaption></figure></div>
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