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	<title>Archives des photographie argentique - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Archives des photographie argentique - Afrique In Visu</title>
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		<title>La photographie, une suite d&#8217;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2022 11:14:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Driss Aroussi]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie expérimentale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a trois ans, nous rencontrions à Marseille, Driss Aroussi , artiste prolifique ,&#160;&#160; c&#8217;est avant tout son goût pour expérimenter qui dirige ses projets pour comme il l&#8217;explique dans cette interview: « comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques« .&#160; Travaillant entre Marseille et le Sud du Maroc, Driss Arroussi ici revient sur ses différentes séries, sa pratique, et différentes techniques (argentique, numérique, postproduction) jusqu&#8217;à ses derniers projets tournés entre autre vers la vidéo.&#160; Ton travail tourne toujours autour de l&#8217;image, comment</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-photographie-une-suite-dexperiences-interview-de-driss-aroussi/">La photographie, une suite d&rsquo;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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<p><strong>Il y a trois ans, nous rencontrions à Marseille, Driss Aroussi , artiste prolifique ,&nbsp;&nbsp; c&rsquo;est avant tout son goût pour expérimenter qui dirige ses projets pour comme il l&rsquo;explique dans cette interview: « <i>comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques</i>« .&nbsp; Travaillant entre Marseille et le Sud du Maroc, Driss Arroussi ici revient sur ses différentes séries, sa pratique, </strong><strong><strong>et différentes techniques (argentique, numérique, postproduction)</strong> jusqu&rsquo;à ses derniers projets tournés entre autre vers la vidéo.&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Ton travail tourne toujours autour de l&rsquo;image, comment en es-tu venu à explorer ce médium et pourquoi ?</strong><br>L’image est centrale dans mon travail artistique; effectivement, avec des grammaires et des approches assez multiples. À vrai dire, je ne sais pas vraiment comment j’en suis arrivé à faire des images et je m’interroge encore pourquoi la photographie est-elle le médium que j’utilise principalement ? Je ne suis pas un héritier du monde culturel et artistique, le champ de l’art j’y suis presque arrivé par hasard. Ma démarche artistique est assez prosaïque, quel que soit l’angle d’approche d’un sujet. Aussi et il faut le dire mes choix artistiques ne sont pas téléguidés par les tendances, parce que le milieu fantasme ou bien par les bourses de recherches… Si j’ai choisi la photographie, c’est certainement pour sa simplicité d’exécution, et pour cette capacité à reproduire des fragments du monde par captation de la lumière, de la couleur, du temps ou finalement parce que l’appareil photographique est un outil d’interaction sociale. Depuis son invention, la photographie est une suite d’expériences, et c’est ça qui s’apprécie.&nbsp;</p>
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<p><strong>Pendant plusieurs années, c&rsquo;est le thème du travail que tu explores comme par exemple dans tes séries « en Chantier » et « Edificios parados » pourquoi ce thème ?</strong><br>Ce n’est pas vraiment un thème, mais un endroit qui est proche de mon histoire, je suis un fils de travailleur agricole immigré, j’ai grandi dans ce contexte social, mes premières études m’ont conduit vers le devenir d’un ouvrier, puis j’ai fait un autre choix. Photographier le travail c’est aussi s&rsquo;inscrire dans le prolongement d’une histoire de la photographie, et aussi rendre hommage (et rendre visible) ces contextes et ces lieux du labeur et ces humains qui y œuvrent. Avant ce corpus sur les chantiers de construction, j’avais réalisé un corpus (2003/05) de photographies, de vidéos et de cartographie en lien avec les zones agraires et les ouvriers agricoles maghrébins qui sont venus dans le Var dans les années 1960-1980. J’étais en école d’art à ce moment là et&nbsp; pas tout le monde acceptait un travail plutôt marqué par des questions sociales et politiques, aujourd’hui c’est plus simple, heureusement.Dans cette série d’images dans les zones agricoles, il y figure des portraits, des outils, des logements, etc…<br>Puis de manière assez mécanique, et sans hésiter, je me suis intéressé au travail sur les chantiers de construction, je connaissais des proches qui étaient maçons, carreleurs, plaquistes, électriciens…Ces photographies d’En Chantier dont tu parles ont commencé dès 2005, c’est une certaine façon une typologie, une collection d&rsquo;images assez variées qui nous présente ce que l’on trouve sur un chantier de construction. La présence de l’humain est toujours sous-jacente dans toutes les images. Ce sont des images prises sur le vif, sans mise en scène, il y a quelque chose de très sculptural, certainement que la photographie permet d’isoler et mettre en évidence ce que l’on choisit de saisir. J’ai passé beaucoup de temps sur de nombreux chantiers à glaner des images, à provoquer des instants de prise de vues. Pour les portraits des travailleurs, c’est plutôt des mises en situation, simple dans la non action, la personne est de face. Aussi je cherche à trouver dans ces moments photographiques sur les chantiers ce que l’on a déterminé avec Jean Cristofol ; la fragilité des équilibres éphémères.&nbsp;</p>
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<figure class="wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7947" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_013-1024x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7949" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_019.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="7948" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_017.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_031-1024x701.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<p>Pour la série Edificios Parados, c’est le résultat d’un travail que j’ai réalisé en Espagne en 2010/11, grâce à la bourse de La Casa de Velázquez. Ici j’ai photographié des bâtiments dont la construction a été arrêtée à cause de la crise immobilière. On est dans la dynamique inverse des images d’En Chantier, ce n’est plus des objets mais des vues d’ensembles des immeubles qui sont arrêtés depuis un certain temps.<br>Ce qui m’intéresse dans le chantier c’est le fait d’être un espace temporel et social qui est déterminé avec un début et une fin. Le chantier est aussi un lieu avec des formes de poésie que l’on retrouve dans les écrits de Francis Ponge, c’est aussi un endroit du travail manuel, de l’exploitation et du capitalisme. Les chantiers de construction disent l&rsquo;essentiel de nos sociétés contemporaines.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_01-1024x531.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7945" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_03.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="7944" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_02.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_012-513x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<p><strong>Puis quelques années après, c&rsquo;est encore davantage autour du processus que sur l&rsquo;image que tes projets s&rsquo;articulent. Pourquoi ? Dans tes différentes pratiques liées à l&rsquo;image, il y a toujours une part d’expérimentation mêlant analogique et numérique. Comment joues-tu avec ces deux pratiques qui sont souvent présentées comme contradictoires ?</strong><br>Les pratiques expérimentales et « artistique-documentaire » ont commencé quasiment au même moment, c’est-à-dire en 2003/4, d’un côté il y a un travail d’enquête et de documentation-témoignage et de l’autre un travail sur le processus qui fait advenir l’image. Ce sont deux pratiques concomitantes qui se croisent pour se séparer et pour de nouveau se re-connecter…La façon de réaliser des images a toujours été importante car je ne suis pas un bon photographe déjà, et je ne sais encore moins faire des images-spectacles. Le bricolage et l’expérimentation sont venus par défaut, c’est-à-dire que mes outils étaient obsolètes, périmés, d’occasion, et au final tu fais avec les moyens que tu as.Ces dernières années le processus qui génère l’image devient plus présent dans ma pratique artistique, finira t-il par éclipser le reste…C’est un peu à la découverte du livre de Vilém Flusser en 2006 que j’ai trouvé un support intellectuel sur lequel je pouvais m’appuyer et continuer à bricoler sereinement si on peut dire. S’interroger sur le processus qui fait l’image c’est se poser la question de notre position en tant qu’artiste, comment et pourquoi on fabrique du sensible. Mais aussi il y a un goût à expérimenter, à bricoler, à comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques. L’hybridation entre photographie analogique et numérique vient de l’envie de les associer non les mettre en opposition. Essayer de combiner ces deux façons de concevoir des images allaient nécessairement laisser place à quelque chose d’autre. Par conséquent j’ai fabriqué des dispositifs qui m’ont permis de mélanger argentique et numérique ; le sel d’argent et le pixel. Pour exemplifier ce que je viens de te dire ; en fin d’année 2006 j’avais fabriqué un agrandisseur photo qui permettait d’agrandir des images d’un téléphone portable (Sagem myX52) sur du papier photo argentique. Aujourd’hui, je continue à imaginer des dispositifs qui posent la question de l’appareil et des images qui en résulte.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Récemment à Marseille, nous avons pu redécouvrir une ancienne pièce où un scanner recréé en direct des paysages fragmentaires, comme une sorte de photocollage. Peux-tu nous présenter ce projet ?</strong><br>La visionneuse est le nom de la machine qui a été montrée récemment à Marseille dans le cadre de l’exposition collective&nbsp; “Déclencheur”. C’est une installation assez simple, qui associe plusieurs appareils (un scanner à plat, un cadre numérique, un raspberry et une télévision). Ce dispositif fonctionne de la manière suivante: le cadre numérique est posé sur le scanner à plat, ce même cadre&nbsp; numérique diffuse un diaporama (images récoltées sur divers supports), le scanner scanne le diaporama et quasi simultanément le “scan” est diffusé sur la télévision. Ce que l’on visualise sur l’écran de la TV est un « photo-collage », aléatoire “généré” par le dispositif qui constitue la visionneuse. Le visuel que l’on observe sur la télévision est une image qui combine deux à trois images du diaporama, ainsi on regarde une suite de photo-collage que la visionneuse produit quasi instantanément.Un point important dans cette installation, se sont les images qui servent au diaporama qui est diffusé sur le cadre numérique. Ce groupe d’images, je les ai trouvé sur divers supports tel que disque dur, clef usb, cd, carte sd, etc. Sur ces supports de stockage que je me procure, j’essaie de retrouver les images qui restent, c’est un peu un travail d&rsquo;archéologie numérique, ainsi trouvées elles s’ajoutent au diaporama. Au-delà de la chose technique que je viens de décrire en amont ; de part cette installation visionneuse, j’essaie de produire des outils qui permettent de fabriquer des images en dehors du protocole attendu et programmé de la photographie. Ce que je veux dire par là, c’est que la visionneuse donne à voir le résultat d’un processus où les images traversent plusieurs machines (flux) et finissent par se combiner et donner ici ces collages presque inattendus.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_plan-installation_visionneuse-1024x757.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_Driss_Aroussi_01-683x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7955" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_04_Driss_Aroussi..jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="7954" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_03_Driss_Aroussi..jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_01_Driss_Aroussi-1024x707.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Ces dernières années tu es très engagé dans des projets collaboratifs. Peux-tu nous présenter un projet qui te tient à cœur particulièrement ?</strong><br>Ce n’est pas simple de choisir, mais le projet collaboratif qui me tient à cœur, c’est celui de DeuxBis, qui est notre collectif.<br>On se connaît depuis pas mal de temps avec certain-e-s, et on met en place des projets à court et à long terme. L’idée est de fabriquer un projet artistique et collectif, avec chacun-e sa pratique et ses objets de recherches. À travers les projets, on interroge comment le groupe de travail existe dans des questions artistiques et humaines.Nous avions récemment déployé un travail entre trois pays, Finlande, Maroc, France, trois artistes de chaque pays ont contribué au projet “Déplacer l’horizon” qui est une question ouverte ou chacun des neuf artistes à répondu. (3 artistes finlandais, 3 artistes marocains, 3 artistes français). Ce travail à commencé en fin d’année 2018 et s&rsquo;est terminé en fin d’année 2020. Aujourd’hui nous sommes sur un autre projet qui se nomme “Déclencheur” et qui question cette notion de déclenchement. Nous sommes 5 artistes et cette proposition à eu déjà quelques présentations publiques et une exposition. Déclencheur va continuer à se déployer.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Tu bascule sur la vidéo à travers un très beau projet intitulé « Sisyphe » …. réalisé au Maroc. Pourquoi et que raconte cette vidéo ?</strong><br>La vidéo est présente dans mon travail depuis l’école d’art, mais de manière assez timide.<br>Le récit du film Sisyphe se déroule au Maroc, dans une zone pré-désertique, le village (oasis) de ma famille. Sisyphe c’est l’histoire d’un homme qui casse la masse rocheuse dans une carrière à ciel ouvert, pour en extraire de la pierre qui sera utilisée pour la construction. Dans son labeur quotidien, il médite sur la vie et la mort…<br>Avec ce premier film, je raconte une histoire, la narration prend une dimension plus importante, construire un récit qui dit des choses dans une temporalité avec un début et une fin (ouverte) c’est intéressant. Dans un premier temps, ce film est la suite de mon travail artistique sur les chantiers de construction. Ce film je voulais le réaliser en 2013, mais il ne s&rsquo;est pas fait. C’est en 2017 que les astres se sont alignés et que j’ai pu le faire, grâce à un travail d’équipe. Deuxièmement, le contexte est tel qu’il nous interroge sur l’homme et la nature, le corps face à cette masse minérale, les scènes peuvent sembler mythiques.J’ai essayé à travers ce film d’écrire une fable, qui parle de l’humain, de son rapport aux choses, de cette fragilité corporelle et temporelle que Sisyphe apporte comme conclusion à ce film.</p>
<p></p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Borj_el_mechkouk_Driss_Aroussi-1024x768.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Borj el mechkouk © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Actuellement tu réalise un film qui se déroule aussi au Maroc, est-ce la suite de Sisyphe&nbsp; et quel est son synopsys ?</strong><br><em>Borj el mechkouk</em> est un film (fable-cinématographique) que j’ai commencé à concevoir, juste après avoir terminé <em>Sisyphe</em>, c&rsquo;est-à-dire en 2018. Le sujet de départ, c’est le système des galeries drainantes souterraines “Khettaras*” et la raréfaction de l’eau. ça se joue dans l’oasis de Fezna, là où a été tourné Sisyphe. D’une certaine manière mais assez détachée c’est le prolongement de Sisyphe, un travail artistique dans le même contexte, évoquant d’autres éléments structurant des conditions d’existences des habitants de ces lieux arides. La rareté de l’eau qui est le sujet pourrait inscrire le film dans un registre flottant du « documentaire-fiction-poétique-dramatique »…<br>Le synopsis est le suivant : Prenant la forme d&rsquo;une fable-cinématographique, Borj el mechkouk nous emmène sur les traces d’un homme envoyé par le village afin d&rsquo;observer et éventuellement dé-sabler un système de galeries d&rsquo;eau souterraines utilisées par les villageois pour irriguer les terres agricoles. Nous suivrons le protagoniste tout au long de ces quelques jours passés dans le désert pour effectuer les tâches pour lesquelles il a été envoyé.<br>*Les Khettaras sont des ouvrages créés par les hommes qui permettent de mobiliser les eaux souterraines des nappes de manière continue.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Quels sont tes projets en 2022/2023 (Expositions, résidences, projets artistiques)?</strong><br>Le projet principal pour les mois avenir est de finaliser et terminer Borj el mechkouk ! La poursuite du projet avec notre collectif Deux-Bis. Il y a aussi une exposition présentant plusieurs travaux sur les chantiers et les zones agraires qui sera exposé en 2023, etc&#8230;</p>
<p></p>						</div>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-photographie-une-suite-dexperiences-interview-de-driss-aroussi/">La photographie, une suite d&rsquo;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Du skateboard à la photographie argentique. Interview de Yassine Sellame.</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/du-skateboard-a-la-photographie-argentique-interview-de-yassine-sellame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2022 06:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
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		<category><![CDATA[Street Photographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Yassine Sellame]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.afriqueinvisu.org/?p=7837</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 2021 grâce au projet Dabaphoto 6 au 18 à Marrakech, nous rencontrions le travail de Yassine Sellame autour du portrait et découvrions aussi ses projets collectifs, Noorseen&#160; et Moroccan DarkRoom&#160;autour de la photographie argentique. A travers cette interview, Yassine Sellame revient sur son parcours, ses dernières séries et ses projets collectifs.&#160; Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours et sur comment tu es devenu photographe&#160;?Je m&#8217;appelle Yassine Sellame, J’ai 28 ans, je suis originaire de Marrakech. J’ai grandi comme la plupart des jeunes de Marrakech. J’ai fait des études supérieures dans différentes villes marocaines (Fès, Mohammedia, Marrakech) ce</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/du-skateboard-a-la-photographie-argentique-interview-de-yassine-sellame/">Du skateboard à la photographie argentique. Interview de Yassine Sellame.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 2021 grâce au projet <a href="https://le18marrakech.com/dabaphoto/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dabaphoto 6</a> au 18 à Marrakech, nous rencontrions le travail de <strong>Yassine Sellame</strong> autour du portrait et découvrions aussi ses projets collectifs, <a href="https://noorseencollective.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Noorseen</a>&nbsp; et Moroccan DarkRoom&nbsp;autour de la photographie argentique. A travers cette interview, Yassine Sellame revient sur son parcours, ses dernières séries et ses projets collectifs.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours et sur comment tu es devenu photographe&nbsp;?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Yassine Sellame, J’ai 28 ans, je suis originaire de Marrakech. J’ai grandi comme la plupart des jeunes de Marrakech. J’ai fait des études supérieures dans différentes villes marocaines (Fès, Mohammedia, Marrakech) ce qui m’a permis de voyager davantage et rencontrer plus de gens, grâce au skateboard que je pratique depuis 2008. J’ai découvert la photo argentique en 2014. N’ayant pas assez de moyens pour acheter un appareil digital, j’ai commencé à collecter des appareils depuis les souks et j’ai commencé à documenter la scène du skateboard au Maroc. Avec mes premières photos, j’ai fait une première exposition en 2018 en République tchèque, dans un festival de skateboard. Cette expérience m&rsquo;a motivé à continuer de prendre des photos et les partager. J’ai commencé à fréquenter beaucoup plus les espaces artistiques à Marrakech, où j’ai rencontré d’autres artistes. Par la suite, j’ai commencé à développer mes propres pellicules, processus qui fait partie intégrante de mon travail. Depuis, j’ai entamé diverses collaborations avec des artistes en résidence. Cela m’a donné l’opportunité de partager différents points de vue concernant la photographie, et m’a également permis de faire connaître mon travail.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="934" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-934x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7843" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-934x1024.jpg 934w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-274x300.jpg 274w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-768x842.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-1402x1536.jpg 1402w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-1869x2048.jpg 1869w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-480x526.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan.jpg 1920w" sizes="(max-width: 934px) 100vw, 934px" /><figcaption>Brayan © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1024x667.jpg" alt="" class="wp-image-7840" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1024x667.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-300x195.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-768x500.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1536x1000.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-480x313.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Beurdies &#8211; Casablanca, 2019 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1024x679.jpg" alt="" class="wp-image-7855" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1024x679.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-768x509.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1536x1018.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-480x318.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The choice &#8211; Casablanca, 2015 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-7853" width="840" height="558" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1536x1021.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019.jpg 1679w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>Stranger things &#8211; Casablanca, 2019 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<p><strong>Avant de revenir sur tes projets personnels en photographie. J&rsquo;aimerai revenir sur deux projets collectifs dont tu fais parti.Tu es actif sur la scène marocaine de plusieurs manières, à la fois avec le Collectif Noorseen et aussi avec Blackroom. On voit depuis quelques années une résurgences des collectifs au Maroc. Pourquoi selon toi&nbsp;? Quel en est le sens&nbsp;?&nbsp;</strong><br>La photographie au Maroc est en plein développement, notamment grâce à internet et les réseaux sociaux. Beaucoup de communautés se sont retrouvées dans plusieurs disciplines artistiques. Aujourd&rsquo;hui au Maroc il n’y a pas vraiment une industrie photographique, la plupart des passionnés se retrouvent parmi des communautés ou collectifs, afin de partager, d’échanger, et de se donner une visibilité, créant ainsi des opportunités à travers leur pratique artistique.</p>



<p><strong>Peux- tu nous raconter ces deux projets, comment ils sont nés, qui sont les membres et en quoi ils consistent&nbsp;?&nbsp;</strong><br>Noorseen est un collectif de 14 jeunes photographes marocains. Ce projet rassemble des jeunes artistes photographes au Maroc et remet en question l’approche représentative des idées modernes à travers une diversité de styles, démarches et visions mettant en relief la richesse que le groupe évoque.<br>Noorseen a été créé pendant le confinement, après de longues soirées de discussions entre les membres. Nous avons réussi à nous regrouper au sein d’un collectif constitué de membres des quarres coins du Maroc, chacun ayant un parcours et une toile de fond particulière. Chacun de nous a sa manière singulière de percevoir le monde et la volonté infaillible d’exprimer cette perception.&nbsp;<br><strong>Ali Daniel </strong>(Casablanca), <strong>Mehdi Ait El Mallali</strong> (El Hajeb), <strong>Ismail Zaidy</strong> (Marrakesh) <strong>Fatimazohra Serri</strong> (Nador), <strong>Marouane Beslem</strong> (Oujda), <strong>Yassine Sellame</strong> (Marrakesh), <strong>Hind Moumou</strong> (Rabat), <strong>Rida Tabit</strong> (Marrakesh), <strong>Anass Ouaziz</strong> (Beni Mellal), <strong>Houssam Eddine Gorfti</strong> (Guercif), <strong>Mohammed Amine Houari</strong> (Fes), <strong>Brahim Hour</strong> (Meknes), <strong>Jalal Bouhsain</strong> (Agadir), <strong>Amine Faiz</strong> (Beni Mellal).<br>Moroccan DarkRoom est un projet ayant pour but de démocratiser et relancer la pratique de l&rsquo;argentique au Maroc, au travers d&rsquo;ateliers d&rsquo;initiation à la prise de vue et au développement artisanal. L&rsquo;argentique n&rsquo;est pas mort, il faut juste continuer à le faire vivre et à le faire découvrir, c&rsquo;est pourquoi Moroccan DarkRoom se propose de continuer à faire connaître ce médium au charme et aux qualités séduisantes.</p>



<p><strong>Avez-vous des projets prévus dans les prochains mois avec ces structures&nbsp;?</strong><br>Avec Noorseen Collective nous sommes toujours en train de travailler sur des projets et de développer davantage notre pratique, chaque membre est en train de développer ses projets artistiques. Nous travaillons aussi en parallèle sur une série photos que nous partagerons prochainement.<br>Moroccandarkroom c’est un projet qui se développe jour après jour, grâce aux ateliers et aux projets et résidences durant lesquels nous travaillons. Nous continuons toujours à faire des ateliers en collaboration avec&nbsp; des institutions ou des espaces artistiques, en parallèle avec des free workshops pour continuer à faire connaître et diffuser la photographie argentique. Nous travaillons sur un projet de documentation que nous dévoilerons à la fin de notre recherche.<br>Aujourd’hui grâce a moroccan darkroom et Noorseen collective j’ai commencé à transmettre et apprendre de manière plus concrète ma passion pour la photographie.</p>



<p><strong>Concernant Blackroom, peux-tu nous raconter comment vous trouvez tout le matériel, pellicules, appareils, ou vous développez… Enfin tout le processus du début à la fin&nbsp;!</strong><br>Quand j’ai commencé à prendre des photos argentiques, je cherchais toujours des films dès que je voyais un labo, un ancien épicier. Je leur demandai s&rsquo; ils avaient de la pellicule et j&rsquo;arrivai toujours à trouver de l’expiré. En rencontrant la communauté des photographes j’ai commencé à localiser des endroits où trouver de nouveaux films, mais malheureusement&nbsp; n&rsquo; avait&nbsp; pas le choix au Maroc.<br>On trouvait que de la kodak color plus. Je développais souvent pendant mon passage à Casablanca.&nbsp; il y’avait encore des labos qui développe et scanner la pellicule couleur et noir et blanc.&nbsp;<br>Les labos étaient toujours contre le développement pellicule car ça n’est plus commun. <br>J&rsquo;ai toujours continué à déposer des films au labo et il fallait attendre 10 jours pour avoir une pellicule.<br>Durant mes balades dans les souks je trouve toujours des anciens agrandisseurs, appareil photos, pellicules… c&rsquo;était toujours à l&rsquo;imprévu, un jour j&rsquo;étais de passage et j’ai trouvé tout un labo dans le souk. Quelle surprise ! je n’avais bien sûr pas les moyens pour tout acheter mais j’ai pris l’essentiel (Une cuve jobo de deux pellicules, une cuve d’une pellicule, une cuve pour developpement papier couleurs et un Negative noir et blanc developper).<br>Grâce à Nossair, un ami qui fait de la photo argentique , sur Casablanca il a trouvé un produit machine Konica C41, j’ai commandé le produit et nous avons fait un premier essai en montrant les étapes par appel téléphonique. une fois que j’ai vu le résultat je n’ai jamais arrêté.<br>Depuis je visite toujours les espaces artistiques et j&rsquo;ai continué à donner et partager davantage des films et des appareils avec des amis. A la fin de l’année 2017 et au début 2018 j’ai rencontré <strong>Ishmail Claxton</strong> à travers <strong>Laila Hida</strong>. Il était en résidence artistique au Queens Collective. J’ai commencé avec lui sur ces projets. Lui et moi on développait de la couleur et du noir et blanc. Après un moment de travail, nous avons organisé un premier workshop au 18 Derb el ferrane.<br>Au premier workshop j’ai rencontré Paulin qui est venu comme participant et qui suivait ses études à l’<a href="https://esavmarrakech.com/en/">ESAV Marrakech</a>. On a commencé à se rencontrer et à travailler ensemble souvent.<br>Après la fin des études en 2019 on s’est installé sur Casablanca, paulin qui travaille en freelance dans le cinéma et moi je travaillais dans une agence de communication.&nbsp;<br>On a créé Moroccan Darkroom un projet pour pouvoir partager l&rsquo;expérience et le savoir faire afin de faire revivre l&rsquo;argentique au Maroc.&nbsp;<br>Aujourd’hui nous travaillons essentiellement avec un kit poudre Cinestill C41 facile à importer et pas cher. Pour pouvoir fournir les ateliers,&nbsp;on cherche toujours des stocks de films qu’on teste avant pour pouvoir vérifier la qualité des émulsions.&nbsp;<br>L&rsquo;argentique est devenu un luxe à l&rsquo;international, aujourd’hui il reprend sa place même s&rsquo;il y a une rareté de films et produits mais on continue toujours à creuser dans l’archive.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="689" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-7854" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1024x689.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--300x202.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--768x517.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1536x1034.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--480x323.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021-.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Skatepark &#8211; Taghazout, 2021 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="793" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1024x793.jpg" alt="" class="wp-image-7851" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1024x793.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-300x232.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-768x595.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1536x1190.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-480x372.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Nadra &#8211; Marrakech, 2021 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-795x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7848" width="795" height="1024" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-795x1024.jpg 795w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-233x300.jpg 233w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-768x990.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-1192x1536.jpg 1192w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-480x619.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020.jpg 1490w" sizes="(max-width: 795px) 100vw, 795px" /><figcaption>Hassan &#8211; Rabat, 2020 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="671" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-671x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7849" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-671x1024.jpg 671w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-197x300.jpg 197w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-768x1172.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-1006x1536.jpg 1006w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-480x733.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020.jpg 1258w" sizes="(max-width: 671px) 100vw, 671px" /><figcaption>Let&rsquo;s go &#8211; Casablanca, 2020 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1024x679.jpg" alt="" class="wp-image-7850" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1024x679.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-768x509.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1536x1018.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-480x318.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Local skate spot &#8211; Marrakech, 2017 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<p><strong>Il y a plus d&rsquo;un an nous avons découvert ton travail suite à l&rsquo;appel à candidature de Dabaphoto sur la question de la photographie argentique et du retour de celle-ci chez la jeune génération de photographe au&nbsp; Maroc.&nbsp; Peux-tu nous raconter ta vision de cet événement et ce que tu y a exposé ?</strong><br>Le premier aperçu de cet événement était une surprise pour moi, un appel à exposition 100% argentique, au 18 derb el ferrane dans ma ville natale et surtout l&rsquo;ancien médina ou j’ai grandi.&nbsp; je n’ai pas hésité et j’ai soumis ma candidature, j’ai exposé des portraits de mon ami bryan avec son histoire, une série photo que j’ai shooté avec mon appareil Mamiya RB 67 et un portra 800NC expiré en 2009. que j’ai développé moi-même et scanner moi-même.<br>J&rsquo;étais très satisfait par l&rsquo;installation de l’expo, j’ai exposé avec des artistes que je connais et j’ai aussi découvert d&rsquo;autres photographes.<br>J’ai beaucoup aimé le retour des gens, cela&nbsp; m&rsquo;a vraiment ému. un grand merci au 18 derb el ferrane et aux organisateurs de daba photo.</p>



<p><strong>Dans tes images, on y découvre&nbsp; une recherche de l’accident à coup de pellicules périmées et de procédés de surimpression. Comment définirais -tu&nbsp; ta pratique et ton approche photographique ? </strong>Depuis que j’ai commencé à shooter de la pellicule, je faisais principalement avec de la pellicule périmée, car c’était le seul moyen pour moi d’avoir du film au Maroc.<br>&nbsp;Mon premier SLR c’était un Canon AE1, grâce auquel&nbsp; j’ai pu expérimenter la double exposition. C&rsquo;est une technique qui m’a aidé à représenter et donner une touche spéciale pour mes séries photos.<br>J’ai toujours choisi de garder la texture du film Expiré, il est rare que j&rsquo;édite mes photos je préfère toujours garder la texture imparfaite du film expiré, cela représente ma vie au Maroc, les galères, l’amour du partage, la chaleurs des couleurs et aussi les imperfections….</p>



<p><strong>Le portrait semble être au centre de ta pratique. Pourquoi&nbsp;?</strong><br>Le portrait me rend toujours amoureux de plus en plus de la photo argentique, avec la pellicule je donne plus d’importance au moment de la rencontre avec la deuxième personne. plutôt que de seulement prendre des photos, je trouve beaucoup plus le temps pour discuter et prendre des photos en parallèle, ce qui m&rsquo;aide toujours à garder des bonnes relations avec les gens que je prends en photo. Vivre chaque fois une nouvelle expérience avec une nouvelle personne et créer un lien de confiance est précieux, car en film le résultat ne se voit qu’après, contrairement au digital.<br>Vu aussi que je suis fils unique mon appareil est toujours un moyen pour rencontrer des nouvelles personnes et le portrait a pris sa place dans ma pratique</p>



<p><strong>Tu mène un travail sur le milieu de Skate au Maroc. Quelle est la génèse de ce projet et son développement&nbsp;? (si tu peux parler aussi du livre)</strong><br>Le skate au Maroc est en développement, avec la construction de plein de skateparks dans la plupart des villes marocaines. Ma première série photo “Marrakech On Skateboard” qui a été aussi ma première exposition, est un projet durant lequel j’ai appris à documenter à ma manière le skate au Maroc et ce qui se passe du côté artistique. Cette année j’ai édité cette série dans un fanzine en collaboration avec la maison d&rsquo;édition Alamaison Printing à Paris. Le Fanzine était pour moi la fin d’une première recherche sur le skate au Maroc.<br>J’ai aussi contribué au Nouveau Magazine <em>I come for couscous</em>, avec une nouvelle série photo que j’ai shooté avant le confinement et après le confinement. c’est un projet de documentation de la vie des skateurs au Maroc, et leurs inspirations à travers le skate. Je veux montrer à travers cette série que le skate n’est pas juste une planche avec quatre roues, mais c’est une pratique à travers laquelle on apprend des valeurs de vie, c’est tout un univers, une manière de se sentir libre aussi.<br>J’insiste aussi sur le manque d&rsquo;industrie ici au Maroc, où il y a des talents qui sont toujours un peu laissés à l’abandon, livrés à eux mêmes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7860" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7858" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7857" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Si tu as d&rsquo;autres projets en parallèle que celui du Skate, peux-tu nous décrire tes projets en cours&nbsp;?</strong><br>Aujourd&rsquo;hui je me consacre à temps plein à la photographie.<br>Pour le moment je documente un projet de construction d&rsquo;un skatepark pour l&rsquo;orphelinat Fier et fort à Tamesslouht avec une Concrete Jungle Fondation. Un projet qui va introduire le skate aux enfants de l’orphelinat et&nbsp; aux jeunes du village.<br>&nbsp;Après la fin du Projet je vais continuer à documenter le skate dans d&rsquo;autres villes au Maroc et pourquoi pas dans d&rsquo;autres pays en Afrique.<br>Je suis aussi sur un projet&nbsp; de recherche avec Moroccan Darkroom, et en train de préparer une exposition à l&rsquo;international pour le mois de juillet&#8230;</p>



<p><strong>Quels sont tes envies et projets pour le futur&nbsp;?</strong><br>Je veux bien continuer a partager l&rsquo;argentique et que l’industrie reprend sa place au Maroc, et j’aimerai bien avoir un fond pour mes projets de recherche, soit à travers un appel projet ou une résidence artistique. Et pourquoi pas avoir un espace de partage entre les photographes et les skateurs et d’autres différents médiums artistiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/du-skateboard-a-la-photographie-argentique-interview-de-yassine-sellame/">Du skateboard à la photographie argentique. Interview de Yassine Sellame.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2022 14:13:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie de studio]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Pointe-Noire]]></category>
		<category><![CDATA[République du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[studio pellosh]]></category>
		<category><![CDATA[studio photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 décembre 1973 Maurice Bidilou ouvre le Studio Pellosh à Pointe Noire au Congo Brazzaville. Jusqu&#8217;au milieu des années 90, Pellosh voit défiler dans son studio, toutes les strates de la société congolaises : les sapeurs bien sur mais aussi les familles, les amoureux, les travailleurs &#8230; Contemporain de ses confrères, Jean Depara, Malick Sidibé ou Sakaly, ses images racontent un pan de l&#8217;histoire du portrait de la capitale économique du Congo. Il revient dans cette interview sur l&#8217;histoire de ce studio mythique de Pointe Noire: création, matériel, contexte de l&#8217;époque jusqu&#8217;à sa rencontre il y a quelques années</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/">Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 17 décembre 1973 Maurice Bidilou ouvre le Studio Pellosh à Pointe Noire au Congo Brazzaville. Jusqu&rsquo;au milieu des années 90, Pellosh voit défiler dans son studio, toutes les strates de la société congolaises : les sapeurs bien sur  mais aussi les familles,  les amoureux, les travailleurs &#8230; Contemporain de ses confrères, Jean Depara, Malick Sidibé ou Sakaly, ses images racontent un pan de l&rsquo;histoire du portrait de la capitale économique du Congo. </p>



<p>Il revient dans cette interview sur l&rsquo;histoire de ce studio mythique de Pointe Noire: création, matériel, contexte de l&rsquo;époque jusqu&rsquo;à sa rencontre il y a quelques années avec Emmanuèle Béthery qui s&rsquo;attache aujourd&rsquo;hui à numériser son travail  et à l&rsquo;exposer à travers le monde. </p>



<p></p>



<p></p>



<p><strong>Maurice Pellosh:Pour commencer, comment en êtes-vous venu à la photographie ?</strong><br>Je suis né à Bouansa en 1951 et j’y ai grandi jusqu’à mes 17 ans. Puis j’ai rejoint mon frère à Pointe Noire. J’ai fait quelques petits boulots puis mon oncle m’a incité à apprendre la photographie. C’est comme ça que j’ai commencé mon apprentissage en 1971 au Studio Janot Père. Contre une dame jeanne de vin, un régime de bananes et 20 000 FCFA, j’ai été formé pendant 20 mois au métier de photographe portraitiste ; prise de vue , lumière et tirage.<br>Le sobriquet de Pellosh , je l’ai choisi quand j’avais 14 ans bien avant de devenir photographe. Je trouvais que ce mot sonnait bien et était agréable à écrire. On avait tous des sobriquets, c’était la mode !</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:Quel était le contexte culturel au Congo Brazzaville à l&rsquo;époque ?</strong><br>La ville était animée, il y avait un cinéma, Le Rex (devenu une église, que décrit <strong>Alain Mabanckou</strong>), mon studio était dans ce quartier du grand Marché. Il y avait des clubs ou passaient des groupes de musique, principalement le groupe <a href="https://www.discogs.com/fr/artist/2495954-Orchestre-African-Mod-Matata">Africa Mod Matata</a>.<br>Quand j’ai ouvert mon studio le 17 décembre 1973, il y avait déjà quelques studios photos qui ne sont plus de ce monde : Studio Photo Pelé, Studio Photo Yves, Studio Photo A.Sept et le Studio Photo B Luc Magloire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7797" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Maurice Pellosh devant son studio</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Dès 1973, vous ouvrez votre studio, studio Pellosh à Pointe noire, qui est le premier public dans les années 70 ?</strong><br>Au Congo, la Sape qui est à la fois le vêtement et l’acronyme de la <strong>S</strong>ociété des <strong>A</strong>mbianceurs et des <strong>P</strong>ersonnes <strong>É</strong>légantes, est une vielle passion. Dans les années 70, la Sape est en plein boum et la clientèle ponténégrine aspire à des clichés-souvenirs très étudiés que l’on destine à ses proches et dont on peut commander des agrandissements.<br>Des voisins, des familles quand il y avait des enfants qui naissaient, des couples d’amoureux et des jeunes hommes sapeurs pour offrir les tirages à leur petite copine. Les gens se faisaient beaux et dans le studio, je finissais de les préparer. Il y avait des habits à disposition et des accessoires ; sacs à main, chapeaux, mobylettes, lunettes. Dès qu’ils voulaient montrer un évènement, ils venaient me voir. Je prenais des photos N et B et je m’occupais des tirages. J’allais aussi dans les soirées et dans les clubs de danse.<br>Puis petit à petit, les produits et le papier sont venus à manquer et au début des années 80, j‘ai fait des photos couleurs. J’envoyais les films à développer en France dans les labos Mourette S.A et PhotoRush. Les photos tirées revenaient en 15 ou 20 jours. En 1985, le 1er labo Couleur Yvon Riou, a ouvert ses portes à Pointe Noire. Puis peu à peu le numérique a tout remplacé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7798" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Pleins feux ! © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7795" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les amoureux, 1976 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse.jpg" alt="" class="wp-image-7791" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Achille et Alphonse © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:Vous poursuivez jusqu&rsquo;à la fin des années 90, le public a-t-il évolué ?</strong><br>C’étaient toujours des bandes de copains sapeurs et copines, des enfants, des familles. Il y a eu aussi plus de photos d’identité car les gens ont commencé à avoir des papiers.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Et votre pratique, parlez nous de l&rsquo;évolution technique, appareil, pellicule N&amp;B , couleur ?</strong><br>J’ai commencé avec un appareil Yashica mat-124 G que j’avais commandé en France, des pellicules 6&#215;6 format 120 de 12 et 24 poses. Puis sont arrivés des appareils des films 24&#215;36 de 12, 24 et 36 poses, N et B et couleurs. Les marques étaient Yashica, Minolta et Nikon. C’est comme ça, que nous avons mis à l’écart les appareils 6&#215;6. La qualité n’est plus la même, les photos argentiques étaient de meilleur qualité que les photos numériques</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Quelques années plus tard, quand on revient sur l&rsquo;ensemble de vos images, quels sont les sujets ou communautés qui se distinguent ?</strong><br>J’aime l&rsquo;idée que tout le monde pouvait venir à mon studio. Les prix étaient bas et fixés par l’union des photographes congolais (l’UNEAC, union national écrivains et arts congolais). Les gens choisissaient des petits tirages (9&#215;13 ou 13&#215;18). Les photos étaient recadrées même si les négatifs étaient 6&#215;6.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Avec Emmanuèle Béthery, vous contactez les anciens modèles de vos photographies, quelles sont leurs réactions ? Racontez nous une image&#8230;</strong><br>Emmanuèle a commencé à rechercher des gens. Ils ont tous entre 50 et 70 ans maintenant et certains ne sont plus de ce monde. Il y a un ancien client Bernard Bioka qui à la suite d’un contact d’Emmanuèle , est venu me rendre visite car il habite encore à Pointe Noire. Avec ses 2 amis, Dieudonné et Romuald, ils venaient régulièrement au Studio. Ils offraient les tirages à leurs petites copines. Ils n’ont plus aucun tirage chez eux ! ça m’a fait plaisir de le rencontrer.<br>C&rsquo;est la photographie que l&rsquo;on voit au début de cette interview, Bernard Bioka est  à droite sur la photo, sa cravate était rouge !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs.jpg" alt="" class="wp-image-7794" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Les 2 soeurs © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7792" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Antoinette © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7796" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les communiantes, 1975 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Aujourd&rsquo;hui , plusieurs photographes de studio comme Malick Sidibé, Jean Depara, Sakaly ont une grande reconnaissance, qu&rsquo;en est-il pour vous sur place et à l&rsquo;étranger?</strong><br>A Pointe Noire, je ne travaille plus à part de temps en temps des photos d’identité. Je n’ai plus de studio, c’est chez moi et tout le monde à un appareil téléphone qui prend des photos ! A part mes amis à qui j’ai fait part du travail d’Emmanuèle avec mes photos, plus personne ne me connait.<br>Je commence à être connu en France, en Europe et aussi aux USA. Beaucoup de collectionneurs afro américains s’intéressent à mes photos. Les nouveaux tirages argentiques faits à Paris format carré sont très beaux. Il y a aussi des collectionneurs africains d’Art qui commencent à acheter des tirages. Emmanuèle prépare, avec mon accord, des prochaines expositions et avec mon compte Instagram, les personnes intéressées de toute la planète commandent des photos. Je n’ai pas Instagram mais Emmanuèle m&rsquo;explique ce qu’elle fait. Elle m’envoie de l’argent tous les mois par un ami commun qui a un compte à la banque et internet.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Votre studio existe-il encore ou a-t-il repris ? Continuez vous la photographie ?</strong><br>Mon studio, dans le quartier du Rex (devenu une église) et de la Grande mosquée du Grand Marché a été repris par un coiffeur. C’est encore un quartier très animé en bord de l’ancienne ville coloniale.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Où en êtes vous de la numérisation de votre fond d&rsquo;archives et pouvez vous nous raconter, de combien d&rsquo;images, types de sujets il se constitue ?</strong><br>C’est Emmanuèle qui s’occupe d’archiver tous mes négatifs, et elle n’a pas finit car il y en a beaucoup.<br>A Pointe Noire, chez moi, les conditions de conservation n’étaient pas bonnes et beaucoup de négatifs ont disparu à cause de l’humidité, des termites et des souris ! Il était temps de faire différemment.<br>Les photographes comme moi gardaient les négatifs dans leur studio pour que les clients reviennent faire des tirages quand ils voulaient.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Que s’est il passé pendant la guerre civile (1997/2000) pour vous à Pointe Noire mais aussi pour vos confrères de Brazzaville ?<br></strong>La guerre civile n’est pas arrivée jusqu’à Pointe-Noire, le maire et le préfet avait dit non à la guerre civile. Elle a été à Brazzaville, la région du Pool, de Bouenza et du Niari. A cette époque, j’avais prévu d’installer le Studio Pellosh à Brazzaville mais j’ai renoncé à cause de la guerre. Les studios photo de Brazza ont dû stopper l’activité et leur studio a souvent brulé, les négatifs et le matériel aussi.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Quels sont les projets d&rsquo;exposition ou que vous avez ?</strong><br>Malheureusement, l’exposition à l’Institut français de Pointe Noire a été repoussée 2 fois à cause du Covid. C’est une exposition où j’aurais pu être présent, et on avait prévu de reconstituer mon studio avec des vieux pagnes. J’aurais pris en photo les visiteurs avec des accessoires de l’époque.<br>Emmanuèle a prévu une exposition à l’alliance française de Dar es Saalam en octobre 2022, je suis d’accord car c’est bien que mes photos soient exposées sur le continent africain. Comme il y a beaucoup d’amateurs et collectionneurs aux états unis, ça serait bien d’exposer à New York. Emmanuèle y pense. On voudrait faire aussi un film documentaire où ensemble, on rechercherait des anciens clients dans Pointe Noire et peut être Brazzaville pour qu’ils racontent cette époque. C’est une époque qui était joyeuse et tout le monde était optimiste pour l’avenir. Un livre aussi avec les meilleures photos.<br>Il y a beaucoup à faire car il y a à peine 2 ans, personne ne connaissait mon nom ! Je suis heureux d’être encore en vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances.jpg" alt="" class="wp-image-7800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Vives les vacances © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7793" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Clopes et chapeaux © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7799" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Toujours élégantes, 1977 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Emmanuèle Bethery:  Comment avez-vous rencontrer Maurice Bidilou ?</strong><br>J’ai rencontré Maurice à Pointe Noire en 2018 via un ami commun. Je travaillais avec des peintres sur place et de fil en aiguille et m’intéressant au passé photographique de la ville, je me suis rendue chez Maurice. A cette époque, Maurice ne m’a montré uniquement des tirages d’époque que les clients n’étaient pas venus chercher. Je suis repartie en France, obsédée par ces tirages. Je n’avais qu’une idée en tête; retourner chez Maurice et explorer avec lui les dizaines de boites en carton Kodak contenant des milliers de négatifs ! Notre collaboration a commencé de façon « officielle » fin 2019. Totalement inconnu, depuis, je le hisse au rang d’artiste de renom malgré la crise du Covid qui a attaqué de plein fouet tous nos projets. Pourtant, Une exposition parisienne en juin 2021 a connu un grand succès et un compte Instagram dynamique génère des commandes de tirages tous les mois et des contacts enrichissants avec des professionnels et des amateurs avertis.<br>Avec Maurice, nous avons retenu les années 1970/80, représentatives d’une société joyeuse et empreinte d’optimisme, une période bouillonnante de l’indépendance acquise. Des années qui lui sont chères ; ce sont ses débuts et une époque où le studio ne désemplissait pas. Très sollicité, le soir, Maurice arpentait bars, dancings et concerts et se mêle à la jeunesse éprise de liberté. Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel de ce que fut la société congolaise après la colonisation et révèlent la patte unique et sensible d’un photographe portraitiste doté d’un regard bienveillant.<br>Je souhaite promouvoir Maurice en le positionnant comme l’un des plus grands photographe portraitiste africain. Le labo N&amp;B que j’ai choisi, Stéphane Cormier, assure des tirages argentiques de collection. Les tirages sont numérotés, limités, légendés et gaufrés. (Et bien sûr 2 certificats d’authenticité sont fournis dont un signé par Maurice).<br>Maurice commence tout juste à accepter d’être considéré comme un photographe talentueux. Pour lui, il faisait « juste correctement son travail ». Il est encore incrédule et ne comprend pas toujours cet engouement dont il fait l’objet, lui et ses merveilleux clichés. Je souhaite qu’il puisse profiter encore longtemps de cette reconnaissance tardive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/">Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&#8217;Hana Gamal</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 08:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Hana Gamal]]></category>
		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres de l’échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition “Mon ami n’est pas d’ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l’Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai. Après une première interview avec Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers, nous avons invité Hana Gamal, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée « Fragments de nous-mêmes ». Chère Hana, pouvez-vous vous</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/">Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&rsquo;Hana Gamal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rencontres de l’échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition <em>“Mon ami n’est pas d’ici”</em> sous le commissariat de <a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Bruno Boudjelal</strong>.</a> Après une escale à l’<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>. Après une <a href="https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/">première interview avec <strong>Salih Bacheer</strong> </a>autour de sa série exposée <em>The Home Seekers</em>, nous avons invité <strong><a href="https://www.hanagamal.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hana Gamal</a></strong>, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée <em>« Fragments de nous-mêmes »</em>.</p>



<p><strong>Chère Hana, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez commencé la photographie ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Hana Gamal, je suis une artiste visuelle égyptienne, née et élevée au Caire. Je dirais que c&rsquo;est une expérience unique qui m&rsquo;a mené là où je suis. C&rsquo;est la révolution qui a déclenché ma passion pour la photographie. À l&rsquo;époque, j&rsquo;étais encore étudiante à l&rsquo;université (double spécialisation en communication de masse et arts médiatiques et en psychologie). La révolution a eu lieu. Et j&rsquo;ai senti que quelque chose de beau et d&rsquo;étrange se passait, c&rsquo;était un sentiment indescriptible que seuls ceux qui étaient là pouvaient comprendre et ressentir. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression d&rsquo;être la témoin d&rsquo;une histoire qui se déroulait sous mes yeux et j&rsquo;ai voulu garder ce souvenir avec moi pour toujours, alors j&rsquo;ai spontanément sorti mon téléphone et commencé à prendre des photos. Et je n&rsquo;ai jamais arrêté depuis. Je dois aussi dire que cela m&rsquo;a aidé à me comprendre et à me redécouvrir, moi et mon pays, et m&rsquo;a rapproché de la rue et de mes concitoyens. Depuis lors, la photographie est rapidement devenue ma passion. Lorsque je me sentais déprimée, descendre dans la rue et commencer à prendre des photos qui pourraient dépeindre ce que je ressentais et c&rsquo;était et c&rsquo;est toujours très thérapeutique pour moi. C&rsquo;est pourquoi je suis en quelque sorte émotionnellement attachée à la photographie. Je ne m&rsquo;imaginerais vraiment pas vivre sans elle.De plus, à cette époque, tous mes projets avaient changé, passant de la volonté de faire carrière dans la psychologie et l&rsquo;art-thérapie à celle de devenir photographe. J&rsquo;ai alors suivi de nombreux cours de photographie à l&rsquo;université pour en apprendre davantage sur son histoire et son aspect technique. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment trouvé ma voix après avoir obtenu mon diplôme. Lorsque j&rsquo;étais perdue dans le monde et que je ne savais pas si je devais prendre des photos, j&rsquo;ai trouvé ma voie, la bonne décision en passant par des phases de frustrations, d&rsquo;échecs et de pertes. Tant de gens autour de moi me disaient d&rsquo;abandonner la photographie ou de la garder comme un hobby à côté et de trouver un emploi stable de 9 à 5 ; mais les voix dans ma tête étaient beaucoup plus fortes que les leurs, quelque chose en moi me disait de continuer. De continuer. De ne pas abandonner. J&rsquo;ai écouté mon cœur et j&rsquo;ai continué à photographier, à apprendre, à évoluer &#8211; sans savoir où je vais ni quelle serait ma destination finale, mais au fond de moi, je savais que c&rsquo;était la voie qui me convenait.</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur la scène photographique en Egypte&nbsp;?</strong><br>La scène photographique égyptienne s&rsquo;est beaucoup développée au cours des dix dernières années, mais elle a encore un long chemin à parcourir. Il y a beaucoup de talents en Égypte, mais aussi très peu d&rsquo;exposition et d&rsquo;opportunités, la scène est comme un cercle qui ne fait que tourner en rond. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il y ait plus d&rsquo;espaces qui proposent des pratiques et des formations photographiques appropriées, ce qui aiderait la scène photographique à se développer et à s&rsquo;étendre collectivement, et donc à être perçue différemment. Cependant, je suis convaincu que les choses vont changer.</p>



<p><strong>Vous avez été formée en Amérique et au Danemark. Racontez-nous&#8230;</strong><br>Oui, j&rsquo;ai étudié le théâtre à l&rsquo;Université de Berkeley en Californie, puis je suis revenue au Caire et j&rsquo;ai terminé ma licence à l&rsquo;Université américaine du Caire, j&rsquo;ai obtenu un double diplôme en arts médiatiques et en psychologie. Plus tard en 2020, j&rsquo;ai reçu une bourse pour étudier à DMJX et j&rsquo;ai terminé le programme en 2021.</p>



<p><strong>Vos premières images sont liées à la photographie de rue, pouvez-vous nous dire comment vous travailliez alors et comment votre approche photographique a évolué ?</strong><br>Mon approche dans tous mes premiers travaux était liée à la photographie de rue &#8211; je pense que c&rsquo;était une phase très importante de ma vie que je chéris tant car elle m&rsquo;a beaucoup appris sur moi-même et sur le monde.<br>autour de moi. Pour moi, la photographie de rue est une forme de poésie &#8211; elle dépeint la vie sous sa forme la plus honnête. Rien n&rsquo;est mis en scène, tout est réel et brut. Je pense que c&rsquo;est l&rsquo;un des aspects les plus importants qui m&rsquo;ont attiré vers la photographie de rue. Je crois qu&rsquo;au fil des ans, mon style visuel a changé et évolué &#8211; il est devenu plus intime et plus personnel &#8211; et je pense que c&rsquo;est la beauté du voyage. Tout est lié et chaque phase est cruciale pour arriver gracieusement à la suivante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7681" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7695" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7693" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7678" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7679" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment définissez-vous les sujets sur lesquels travailler ?</strong><br>Tous les sujets sur lesquels je travaille proviennent d&rsquo;un endroit très honnête et vulnérable en moi. Pour moi, c&rsquo;est très thérapeutique, mais ce n&rsquo;est pas toujours facile à faire. Il est important d&rsquo;être honnête avec soi-même pour pouvoir créer de l&rsquo;art</p>



<p><strong>Vous vous définissez comme une artiste visuelle, pouvez-vous nous dire comment vous explorez les images sous la photographie ?</strong><br>Honnêtement, je n&rsquo;aime pas m&rsquo;étiqueter parce que j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les étiquettes imposent des limites &#8211; et quand il s&rsquo;agit de mon art, je n&rsquo;ai pas de limites. J&rsquo;explore tout le temps et je travaille avec différents médiums. Je crois fermement que chaque artiste est un travail en cours, qui grandit et évolue en permanence &#8211; et je trouve cela rassurant et beau.</p>



<p><strong>Vous avez une esthétique très singulière et très personnelle pour raconter vos histoires, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?</strong><br>Tout dépend de mon état interne/émotionnel. Je pense que toute photographie est un acte de projection &#8211; vous projetez ce que vous ressentez sur ce que vous voyez. Je pense que cela a un impact majeur sur mon esthétique. J&rsquo;aime aussi raconter mes histoires d&rsquo;une manière poétique qui me permet de déverser toutes mes émotions intérieures dans ce que je crée</p>



<p><strong>Nous avons pu voir votre travail en France lors de l&rsquo;exposition <em>« Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici »</em> à Tourcoing et Marseille, pouvez-vous nous raconter l&rsquo;histoire de la série exposée : <em>« Fragments de nous-mêmes »</em> et comment elle a été réalisée techniquement, pourquoi la couleur et le noir et blanc ?</strong><br>Fragments de nous-mêmes est l&rsquo;un des projets les plus intenses sur lequel j&rsquo;ai travaillé, mais aussi l&rsquo;un de ceux qui me tiennent le plus à cœur. Il porte sur les danseuses soudanaises de henné (enterrement de vie de jeune fille du Moyen-Orient) vivant en Égypte. J&rsquo;ai commencé à y travailler juste avant la pandémie de COVID-19, puis j&rsquo;ai arrêté pendant un certain temps. Lorsque je suis revenu pour poursuivre le projet, je voulais l&rsquo;aborder sous un angle plus personnel et plus intime. Même si le fait de travailler sur le projet pendant la pandémie était très difficile, c&rsquo;était aussi une bénédiction déguisée, car cela m&rsquo;a permis de me rapprocher des femmes et de passer plus de temps avec elles et de trouver notre connexion. Pas en tant que photographe, mais de femme à femme. Je me suis rendue compte qu&rsquo;elles sont engagées dans beaucoup d&rsquo;attente dans leur vie ; des mères célibataires qui attendent de retourner dans leur pays d&rsquo;origine, le Soudan, après avoir été trahies et abandonnées par leur mari ; des danseuses au henné qui vivent au jour le jour, partagent leur solitude, dansent pour oublier &#8211; ou pour se souvenir ; et certaines attendent simplement rien et tout. Quant à moi, c&rsquo;était aussi une période très douloureuse, et en fait j&rsquo;ai été engagée dans beaucoup d&rsquo;attente dans ma vie.Cette série est donc une tentative de comprendre la douleur qui accompagne l&rsquo;attente où nous pouvons trouver des morceaux réels, précieux et sensibles de nous-mêmes. La douleur de l&rsquo;attente qui vient parfois d&rsquo;un certain nombre de désirs et de sentiments inconnus, inatteignables ou insondables. En ce qui concerne la partie technique, l&rsquo;ensemble du projet a été tourné en analogique. Pour être plus précise, je l&rsquo;ai tourné en utilisant des films périmés. Comme vous l&rsquo;avez vu sur les photos, elles ne sont pas toutes parfaites, elles sont pleines d&rsquo;imperfections, de rayures et de grain, etc. Je l&rsquo;ai fait exprès, car je voulais que cette série soit aussi brute que possible et qu&rsquo;elle dépeigne la vie sous sa forme la plus honnête. Parce que la vie n&rsquo;est pas parfaite, elle est pleine d&rsquo;éraflures, d&rsquo;erreurs, et de tant de choses entre les deux &#8211; alors si la vie elle-même n&rsquo;est pas parfaite, pourquoi voulons-nous que les photos le soient ? J&rsquo;ai aussi utilisé la couleur et le noir et blanc parce que je voulais dépeindre toutes les couleurs et les émotions qui accompagnent la douleur de l&rsquo;attente, je veux créer un dialogue poétique entre nos fragments. Un rouge intense, un bleu meurtri, et tout le noir et blanc silencieux entre les deux.</p>



<p><strong>Vous avez récemment eu une exposition solo au Caire en 2021, <em>« Forgotten as If You Never Were »</em>, de quoi s&rsquo;agissait-il ? Et comment a été la réaction du public cairote ?</strong><br>Forgotten as if you never been est un voyage de réconciliation à plusieurs niveaux, à la fois introspectif et rétrospectif. Dérivant entre la réalité et le rêve, le physique et l&rsquo;intangible, le non-dit et l&rsquo;exprimé, le voyage dévoile couche par couche les souvenirs, les expériences et les rêves qui sont à moitié inventés, à moitié vécus ou à moitié oubliés. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exploration personnelle et intime de la perte, de l&rsquo;amour et de la mémoire. La question principale de l&rsquo;exposition était la suivante : sommes-nous vraiment libérés lorsque nous oublions ? Ou quand nous sommes oubliés ? Existe-t- il un certain chemin qui réconcilie tous nos désirs ? Le passé reviendra-t-il un jour ? Et au moment du retour &#8211; si le retour- quelle partie reste oubliée et quelle partie sera retenue ? Les œuvres présentées étaient le reflet d&rsquo;un voyage &#8211; la fin d&rsquo;une route mais pas la destination finale. Les émotions que j&rsquo;ai ressenties et les expériences que j&rsquo;ai vécues le long de cette route. L&rsquo;exposition tire son titre d&rsquo;un poème de Mahmoud Darwish qui fait allusion à la grâce de la mélancolie et à la libération de l&rsquo;oubli ou du fait d&rsquo;être oublié. Ce poème m&rsquo;a toujours rappelé que tout s&rsquo;efface malgré tous les efforts déployés pour se souvenir.L&rsquo;exposition a eu lieu sur un toit oublié de l&rsquo;un des plus anciens bâtiments du centre-ville du Caire. Le retour des gens était un peu écrasant pour moi, mais j&rsquo;en suis reconnaissante. Tout le monde a aimé l&rsquo;exposition et, plus important encore, l&rsquo;a ressentie et pas seulement  » vue  » &#8211; chacun l&rsquo;a perçue différemment et je pense que c&rsquo;est la beauté de l&rsquo;art. Beaucoup de gens ont fait des commentaires sur le commissariat, ce qui m&rsquo;a également rendue très heureuse, car j&rsquo;ai fait tout le commissariat moi-même, avec tout mon cœur et toute mon âme. J&rsquo;ai également découvert que la conservation de l&rsquo;art est une autre de mes passions.</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous dire où vous êtes basés actuellement et quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publications, expositions, recherches, résidences,&#8230;)</strong><br>Je suis basée au Caire, en Égypte. J&rsquo;ai beaucoup de projets pour l&rsquo;avenir mais le projet principal serait mon premier livre. C&rsquo;est l&rsquo;un de mes rêves de rassembler mon voyage des dix dernières années en quelque chose d&rsquo;intemporel. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est la fin d&rsquo;une très longue route et la meilleure fin sera ce livre.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7696" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7694" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7675" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7674" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7680" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7690" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7685" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7684" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7688" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7687" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7686" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<p></p>
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		<item>
		<title>The Home Seekers</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2021 16:51:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Salih Basheer]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres à l&#8217;échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l&#8217;exposition “Mon ami n&#8217;est pas d&#8217;ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l&#8217;Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai.Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&#8217;Afrique in visu comme Seif Kousmate ou Abdo Shanan. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/">Rencontres à l&rsquo;échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l&rsquo;exposition <em>“Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici”</em> sous le commissariat de <strong><a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Boudjelal</a></strong>. Après une escale à l&rsquo;<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>.<br>Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&rsquo;Afrique in visu comme <strong><a href="https://www.seifkousmate.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Seif Kousmate</a></strong> ou <strong><a href="https://www.abdoshanan.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abdo Shanan</a></strong>. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais <strong><a href="https://www.salihbasheer.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Salih Bacheer</a></strong> autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en noir et blanc telle un journal intime raconte l&rsquo;histoire de deux personnages, Ali et Essam, leurs parcours et la difficulté du vivre ensemble en Egypte en tant que soudanais.</p>



<p><strong>Bonjour Salih, Pouvez-vous vous présenter et nous raconter comment vous en êtes venus à la photographie </strong>?</p>



<p>Je viens d&rsquo;Omdurman, au Soudan. J&rsquo;ai déménagé au Caire en 2013 et j&rsquo;ai obtenu une licence en géographie de l&rsquo;Université du Caire en 2017 puis un diplôme en photojournalisme à l&rsquo;école danoise de médias et de journalisme « DMJX » en 2021 . Je ne sais pas trop quand ma passion pour la photographie a commencé, car j&rsquo;ai toujours été fasciné par le médium . Déjà à l&rsquo;époque, je regardais les vieilles photos de mes oncles et les émissions de National Geographic sur notre téléviseur à la maison et j&rsquo;adorais aussi prendre des photos avec l&rsquo;appareil photo de mon téléphone. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment commencé à devenir super passionné par le médium quand j&rsquo;ai déménagé au Caire pour mon baccalauréat à mes 18 ans. J&rsquo;étais fasciné par la culture égyptienne et par la vie dans la rue au Caire. C&rsquo;était très inspirant pour moi et aussi c&rsquo;était la première fois que je voyageais hors du Soudan.<br>Après avoir obtenu mon diplôme universitaire en 2017, j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon premier projet à long terme « Sweet Taste Of Sugarcane ».</p>



<p><strong>Nous savons très peu de choses sur la photographie soudanaise en dehors du projet El nour. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le contexte de la photographie, formation, collectif, exposition ?</strong></p>



<p>Notre scène photographique soudanaise est à la fois développée et à de nombreux manquements. Nous avons d&rsquo;excellents photographes mais pas assez d&rsquo;expositions. Quant à la formation à la photographie, il y a des réels efforts menés par les photographes établis qui veulent offrir un espace aux autres et leur apporter le soutien qu&rsquo;eux-mêmes n&rsquo;ont pas trouvé dans leur parcours professionnel.<br>Par exemple, Ala Kheir propose de nombreux projets pour dynamiser la scène photographique Soudanaise. Il organise des programmes de mentorat pour les photographes locaux et il est également le fondateur de la semaine photo d&rsquo;Al-Mugran qui a malheureusement dû s&rsquo;arrêter pour des problèmes de financement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7559" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Pouvez-vous nous parler de votre pratique photographique&nbsp;?</strong></p>



<p>Tous mes projets naissent au départ de pensées aléatoires . Je commence par les écrire et ils grandissent avec le temps. J&rsquo;aime prendre mes idées, mes observations et les transformer en quelque chose que les autres peuvent comprendre d&rsquo;une manière plus profonde. J&rsquo;espère toujours que les gens apprendront des choses dans les histoires que je raconte. Pour moi, mon appareil est une arme pour raconter des expériences, des luttes et des aspirations qui peuvent inspirer les gens et regarder avec un œil interrogateur, leurs modes de vie, leur environnement, leurs rôles, le fonctionnement de divers systèmes et les moyens d&rsquo;améliorer leur vie et de contribuer au monde également.<br>En parallèle de mes séries personnelles,&nbsp;je travaille sur des commandes, la majorité d&rsquo;entre elles concernaient la révolution au Soudan directement en couvrant les manifestations pour l&rsquo;AP, Sputnk et Al Jazirah… j&rsquo;ai aussi pu développer des histoires sur des personnes en lien avec la révolution pour le magazine en ligne suisse Republik, et aussi j&rsquo;ai fait quelques commandes en Égypte sur les Soudanais pour le magazine local du Soudan <a href="https://www.andariya.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Andariya Magazine</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-7556" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-300x203.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-768x519.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1536x1038.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-480x325.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-7557" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1536x1021.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-7558" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-768x516.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1536x1031.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-480x322.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Vos sujets semblent toujours débuter par une histoire personnelle. La question de la communauté à laquelle vous appartenez est au centre de votre travail, comment est née cette recherche et pourquoi est-elle importante pour vous ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai, je choisis toujours de travailler sur les projets qui me concernent personnellement. Je dois ressentir le sujet sur lequel je travaille. Je crois aussi que lorsque toi même tu as expérimenté cette réalité, le travail est plus honnête.</p>



<p><strong>En 2017, vous démarrez une série Sweet taste of sugarcane / le goût sucré de la canne à sucre, pouvez-vous nous parler de cette série ?</strong></p>



<p>La série traite de la souffrance à laquelle sont confrontés les étudiants d&rsquo;une Khalwa «&nbsp;un endroit où le Coran est enseigné&nbsp;» au Soudan. La série est basée sur l&rsquo; expérience personnelle que mon frère et moi avons vécu. Nous avons étudié à l&rsquo;école coranique lorsque nous étions jeunes. Je suis allé dans de nombreuses écoles coraniques au Soudan et dans la capitale Khartoum pour documenter la vie des étudiants à l&rsquo;intérieur de ces écoles. Les conditions de logement et du bien-être des étudiants sont mauvaises et inquiétantes. Les étudiants sont généralement entassés dans un seul endroit, un pièce qui abrite souvent plus de huit étudiants. Le système nutritionnel général est inadéquat et la nourriture elle-même n&rsquo;est pas bonne, et il n&rsquo;y a pas de système de soins de santé . L&rsquo;une des écoles intéressantes où je suis allé était « Hamish Kurabe » dans l&rsquo;est du Soudan, à la frontière avec l&rsquo;Éthiopie. Elle accepte les étudiants handicapés dont les parents ne peuvent s&rsquo;occuper ou qui ressentent la honte et la stigmatisation de leur communauté. Une somme mensuelle est dûment versée au cheikh pour agir en tant que gardien et enseignant. Je voulais montrer que le système éducatif du Khalwa est obsolète et qui ne convient plus à l&rsquo;avancement de l&rsquo;esprit des étudiants qui y sont hébergés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sweet taste of sugarcane<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>J&rsquo;aimerais que vous reveniez sur votre série que vous menez depuis 2018, The Home Seekers. Pouvez-vous nous parler du sujet et nous présenter vos deux personnages ?</strong></p>



<p>Il y a sept ans, je suis venu en Égypte pour commencer mes études universitaires. J&rsquo;avais du mal à m&rsquo;adapter. J&rsquo;étais submergé par un mélange de sentiments : aliénation, nostalgie et solitude. J&rsquo;ai pensé à tout abandonner et à rentrer chez moi. Mais &#8211; la maison n&rsquo;était plus la maison. « The Home Seekers » explore mes sentiments complexes. Elle reflète le manque d&rsquo;appartenance ressenti par les réfugiés soudanais au Caire et la discrimination raciale ressentie au quotidien dans les lieux publics, dans les transports ou en marchant dans la rue. C&rsquo;est difficile d&rsquo;être Noir en Egypte. Les personnes à la peau noire sont stéréotypées et étiquetées par les médias égyptiens, ce qui contribue à promouvoir des mouvements anti-noir dans la société égyptienne. J&rsquo;ai suivi deux hommes soudanais dans leur quête d&rsquo;un foyer. « Ali » est venu en Égypte pour échapper au fléau des persécutions politiques et des difficultés économiques, mais il a fini par vivre dans les rues du Caire en vendant des livres, au lieu d&rsquo;immigrer dans le pays de ses rêves. «&nbsp;Essam&nbsp;» est homosexuel et a subi l&rsquo;oppression au Soudan. Sa grand-mère était la seule personne qui lui offrait un foyer et une sécurité. Il a quitté le Soudan après sa mort et il a été expulsé de la maison familiale. Il pensait qu&rsquo;il trouverait une société tolérante au Caire mais ce n&rsquo;était pas le cas. Il a pensé retourner au Soudan, mais finalement sa demande de réinstallation en Suède a été acceptée.<br>The Home Seekers touche à sa fin. La dernière fois que j&rsquo;ai produit des images, c&rsquo;était le 11 avril 2021 lorsque j&rsquo;ai visité Essam en Suède. En octobre 2020, Essam est arrivé à Göteborg, en Suède, pour commencer sa nouvelle vie. Dans mon projet « Is This Home? » chapitre 2 de mon projet à long terme « The Home Seekers », je suis le voyage d&rsquo;installation d&rsquo;Essam dans la ville de Göteborg. Si Ali retourne au Soudan, je pense aussi continuer à le suivre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7562" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7564" width="840" height="560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="713" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7563" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg 713w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-209x300.jpg 209w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-768x1103.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-1070x1536.jpg 1070w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-480x689.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3.jpg 1337w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publication, exposition, recherche, résidences, …..)</strong></p>



<p>En ce moment, je travaille sur mon projet personnel «&nbsp;22 Days In Between&nbsp;» pour lequel j&rsquo;ai eu deux bourses <a href="https://www.everydayprojects.org/grant" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« THE EVERYDAY PROJECTS GRANT 2021&nbsp;»</a> et <a href="https://photo.dmjx.dk/index.php/2021/10/07/salih-basheer-receives-the-2021-w-eugene-smith-student-grant/?fbclid=IwAR1mu6umhazs-8bP1L5lbTlChv3skRtm3y1qpSNKPpf_ULNFmEujuDsWxLg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2021 W. Eugene Smith Student Grant</a>. Le projet est une sorte de voyage dans le temps à l&rsquo;époque où j&rsquo;ai perdu mes parents à l&rsquo;âge de 3 ans. Je n&rsquo;ai que peu de souvenirs de cette époque alors à travers ce projet je mène une enquête visuelle pour essayer d&rsquo;en savoir plus sur mes parents et moi-même. C&rsquo;est ma manière à moi de guérir de ce traumatisme.<br>En parallèle, je travaille au format carré sur un projet intitulé «&nbsp;From the square&nbsp;» sur la révolution soudanaise et l&rsquo;évolution de la situation politique au cours des trois dernières ( depuis 2019) C&rsquo;est une période très difficile au Soudan maintenant et très complexe politiquement depuis 2019. En voici les <a href="https://www.salihbasheer.com/from-the-square" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers extraits !</a></p>
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		<title>Lettres à Embona &#8211; Interview de Christian Sanna</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/lettres-a-embona/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jeanne Mercier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jan 2021 08:20:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Sanna]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2016, le photographe Christian Sanna développe un travail autour de Madagascar. C’est au départ à travers une approche documentaire qu’il interroge son rapport à l’île. En 2018, un basculement opère : ses images deviennent une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona, ce mot qui à Madagascar, signifie tant la nostalgie que la réminiscence et qui symbolise l’île. Il y est question de fragilité et du métissage. A travers cette interview, nous revenons sur sa pratique depuis 5 ans, son évolution et «&#160;sa photographie sentimentale&#160;». Peux tu nous parler de ton parcours, en passant par tes</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p><em>Depuis 2016, le photographe <strong>Christian Sanna</strong> développe un travail autour de Madagascar. C’est au départ à travers une approche documentaire qu’il interroge son rapport à l’île. En 2018, un basculement opère : ses images deviennent une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona, ce mot qui à Madagascar, signifie tant la nostalgie que la réminiscence et qui symbolise l’île. Il y est question de fragilité et du métissage. A travers cette interview, nous revenons sur sa pratique depuis 5 ans, son évolution et «&nbsp;sa photographie sentimentale&nbsp;».</em></p>



<p><strong>Peux tu nous parler de ton parcours, en passant par tes années à Madagascar jusqu&rsquo;à ton arrivée à la photographie&nbsp;? </strong></p>



<p>Bonjour Jeanne,<br>Comment on commence… l’origine, ou le métissage, ma mère est Malgache/Anglaise et mon père Italien. Ils se sont rencontrés à Milan après que ma mère soit partie de Madagascar pour vivre plusieurs années en Europe. Juste après ma naissance mes parents décident de partir s’installer à Madagascar dans la région Nord sur l’île de Nosy Be. C’est là, sur cette île que tout commence. J’y ai grandi et passé toute mon enfance sur cette petite île qui à l’époque n’était pas encore l’une des grandes destination touristique. Après l’enfance, mon métissage ainsi que les dynamiques au sein de ma famille et de mon entourage font que je questionne de plus en plus mon identité. Au fil des années je développe un sentiment de non-appartenance à Madagascar.</p>



<p>Quand j’obtiens mon Baccalauréat, je suis soulagé de pouvoir quitter Madagascar et de partir étudier et vivre en France, il fallait que je m’éloigne. Bien évidemment c’était une erreur, il fallait que j’amorce une nouvelle relation avec mon pays. Je décide de partir plusieurs mois dans différentes régions de Madagascar pour commencer. À ce moment là je faisais des photos souvenirs, pour enregistrer mon voyage comme nous le faisons tous. Après ce voyage je rentre déçu, ces deux mois sont brefs, rapides les rencontres fugaces, un voyage touristique en somme ce n’était pas ce que je recherchais.</p>



<p>Cependant de retour en France, je découvre que certaines photographies que j’ai prises sont différentes, elles me laissent du temps pour regarder ce que je n’avais pas vu et éveillent en moi des sentiments cachés. D’un coup tout bascule et je me retrouve à plonger littéralement dans la photographie, je découvre des photographes comme Alberto Garcia Alix, Max Pam, Diane Arbus, Dana Lixenberg, Rineke Dijkstra, etc… J’apprend qu’une photographie peut montrer et exprimer et non pas qu’illustrer, qu’une photographie c’est une rencontre, elle sera mon outil pour reconstruire mon rapport à mon identité, pour me donner une direction.</p>



<p>Après tout s’enchaine, je pars étudier la photographie à l’ETPA de Toulouse, je suis majeur de promo et je commence à exposer dans différents lieux, Le Festival Manifesto, Summer Open d’Aperture, Les rencontres de Bamako, et aussi à Madagascar à l’institut français d’Antananarivo avec Rina Ralay-Ranaivo comme curateur. Je rencontre des artistes Malgaches dont Joël Andrianomearisoa qui me soutiendra et me conseillera et m’invitera à exposer dans son exposition Almost Home à la galerie RX à Paris.</p>



<p>C’est un peu bizarre à dire, mais cette rencontre avec la photographie m’a sauvé d’une certaine manière de moi-même.</p>



<p><strong>Tu qualifies ta photographie de sentimentale. Peux tu nous en dire plus&nbsp;? Ton rapport s&rsquo;apparente-t-il à une forme de nostalgie&nbsp;?</strong></p>



<p>J’aime beaucoup ce terme de photographie sentimentale. Il ne s’agit pas d’un thème dans ma photographie mais du rapport que j’entretiens avec ce médium. Ce qui m’intéresse c’est de matérialiser mon regard et mes émotions, photographier ce qui est proche de moi, que je connais ou que j’essaye de connaitre. Je ne peux photographier que si je ressens une forte connexion. Je n’aime pas créer une image, dans le sens de la mise en scène, il faut que je laisse une porte ouverte en moi et que je parte à la rencontre des émotions qui vont être invoquées dans le réel par l’appareil photographique. C’est une question de sentiments, qu’importe le style photographique ou le sujet, je considère chacune de mes séries comme un travail intime. C’est pour cela que je qualifie ma photographie de sentimentale, je parle d’une photographie qui vient puiser dans mes sentiments dans ce que je ressens face au réel qui m’entoure et proposer une rencontre avec celui-ci.</p>



<p>La nostalgie est pertinente car c’est l’émotion la plus présente en moi en ce moment. La nostalgie de Madagascar et de cette relation perdue ou manquée avec mon identité. C’est cette émotion qui m’a amené à la photographie, mais elle ne sera pas éternelle, car la photographie est pour moi l’espace d’une rencontre ou se forme un lien.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5895"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5895" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5896"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5896" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Tes premières séries étaient davantage documentaires, comme on peut le voir avec Fady Kambana et Moraingy, peux tu nous en dire plus sur ses choix de sujets&nbsp;? </strong></p>



<p>Ces deux séries furent réalisées durant mes études à l’ETPA de Toulouse. Cette école possède une forte tradition documentaire qui m’a beaucoup influencé. À l’époque, je recherchais des sujets qui parlent des liens qui soudent ou séparent des personnes dans une même communauté. J’approche cela dans ces deux premiers sujets d’école.</p>



<p>Fady Kambana est une série documentaire mais aussi un travail engagé, j’aborde l’histoire du tabou des jumeaux dans la région de Mananjary à Madagascar. Chez les Antambahoaka on pense que les jumeaux portent malheur et les parents ont l’obligation de les abandonner. Dans cette série j’ai réalisé des portraits familiaux des parents (en grande majorité les mères) qui ont décidé de ne pas obéir à cette croyance, ce qui leur vaut d’être rejetées par leurs proches et la communauté. La photographie ici est une prise de position pour parler du problème que subissent ces enfants et mères mais aussi de la solution. Il fallait pour moi parler de famille, du lien qui unit la mère aux enfants pour montrer la violence et l’absurdité de cette croyance.</p>



<p>Moraingy, est ma première série photographique, elle est réalisée à Nosy Be. Quand je suis revenu la première fois avec un appareil photo, je ne faisais que des portraits, je voulais rencontrer ceux qui partageaient mon île. Je cherchais un sujet sans savoir ce que j’allais raconter et c’est comme ça que je suis tombé sur le Moraingy. Au début je ne faisais que le portrait des lutteurs après leur combat. Mais avec le temps, un lien se forma entre moi qui recherchait mon identité et eux qui en construisaient une nouvelle en résilience aux changements de l’île. Je me suis attaché à eux et à cette petite histoire qui en disait beaucoup sur l’île et c’est comme ça que j’ai pu construire cette série. D’ailleurs cette série est multiple, car elle se compose d’une série de portraits assis, de scènes d’entrainements, et de scènes de combats, et chaque partie à une esthétique spécifique et raconte la transformation de chaque jeune à travers ce sport traditionnel.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5897"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5897" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5898"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5898" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Peux-tu nous décrire ta pratique photographique et son évolution&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai commencé la photographie très tardivement, exactement à 25 ans. Comme beaucoup j’ai commencé avec un appareil numérique format 24&#215;36, mais très rapidement j’ai compris que ce format et le numérique ne me correspondaient pas. Je me suis donc mis à la photographie argentique. Ce rapport à l’argentique est difficile à expliquer, mais j’ai l’impression que le support est plus sensible, fragile, lent et ce passage par la chambre noire me procure une émotion qui me correspond mieux. Je développe moi même mes pellicules, et je tire moi-même quand je le peux mes photographies dans mon atelier à La Courneuve. En ce qui concerne la prise de vue, j’essaye de faire avec peu, je photographie majoritairement en noir et blanc, parfois avec un flash simple, et j’aime être en face à face, que ce soit avec une personne ou un paysage.</p>



<p>Au début je partais d’un sujet que je creusais pour en développer une série figée autour du sujet, une approche documentaire. Mais j’ai eu besoin de gagner en fluidité dans ma pratique photographique une fois mes années d’études terminées, je voulais construire un regard, une vision qui vient exprimer mes émotions. Je n’ai pas changé de technique ni de pratique mais la forme dans laquelle j’écris mon travail photographique est en ce moment entrain de changer. Je ne saurais le dire exactement car c’est un changement actuel. Mais ma nouvelle série “Lettres à Embona”, est une exploration de cette nouvelle voie, dans laquelle les formats, les supports, et la construction des images dans le temps prend une place dans le discours de la série.</p>



<p><strong>Tu vis désormais à Paris mais tes sujets traitent essentiellement de Madagascar , pourquoi&nbsp;? </strong></p>



<p>La réponse est simple, je suis originaire de Madagascar et je veux parler de sujets qui me sont proches, j’ai aussi compris avec le temps que mon regard est sentimental comme je le disais précédemment. Madagascar et mon métissage font que l’île prend énormément de place dans mon travail. Mais pour autant j’ai déjà travaillé sur des séries en France, par exemple lors d’une résidence à Toulouse la “1+2” où je ne traitais pas de Madagascar. Mais ces travaux là n’ont jamais pris d’essor, on peut en tirer plusieurs conclusions plus ou moins critiques sur le milieu photographique. Vous savez, on me demandait toujours dans mon école pourquoi je voulais absolument travailler sur Madagascar cependant on ne demandait pas aux autres étudiants pourquoi ils travaillent sur des sujets en France.</p>



<p>Il faut sûrement que je finisse une étape à Madagascar.</p>



<p><strong>Parle nous de Lettre à Embona qui constitue un tournant dans ton imagerie&nbsp;? </strong></p>



<p>“Lettres à Embona” est le projet que j’attendais depuis le premier jour où j’ai commencé à photographier. Dans cette série j’opère un basculement dans mon travail. L’approche émotionnelle avec une écriture d&rsquo;auteur y est plus assumée à l&rsquo;opposé de mes premiers sujets à Madagascar. Les images sont très fragmentées dans le temps; le temps entre les prises de vues est plus long et son écriture plus floue; j’aborde mon rapport à Nosy Be, à la nostalgie et à mes blessures intérieures qui m’ont mené à la pratique artistique. Il y est question de fragilité, du métissage, et d&rsquo;une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona et qui symbolise l’île.</p>



<p>C’est une série qui s’est construite avec le temps, au fur et à mesure de mes voyages à Nosy Be et Madagascar depuis 2013. Il fallait ouvrir une porte pour que les images apparaissent naturellement. Il me fallait du temps pour les regarder et comprendre ce que je découvrais en moi à travers elles. C’est un processus instinctif et chaotique, mais c’est une belle création et c’est satisfaisant personnellement. Il y a comme une évocation du soi quand on regarde des photographies que l’on fait par instinct, comme si notre subconscient cachait dans les images des messages secrets pour notre conscient.</p>



<p>Ce qui me plait aussi c’est que dans la série je trace pour moi-même un chemin que je reconstruis, je m’autorise à scruter toutes les histoires de l’île, la jeunesse, la nature, l’exotisme, la prostitution, la face plus sombre de l’île. Tout cela m’était interdit lorsque j’étais jeune, par peur que la vie réelle de l’île ait une mauvaise influence sur le jeune blanc métisse que j’étais. M’éloigner de la vie pour me préserver, avec cette série j’essaye de renouer avec cette vie manquée, avec ces émotions en attente.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5899"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5899" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5900"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5900" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Comment est construite l&rsquo;exposition actuelle à Paris&nbsp;? Et un ouvrage est il prévu&nbsp;? </strong></p>



<p>L’exposition est constituée de 16 photographies en plusieurs formats et avec une variété de formes pour rendre l’expérience plus vivante. Nous avons deux grandes impressions sur un textile très léger. Sur le mur d’en face se trouvent des tirages argentiques faits par moi-même dans mon laboratoire/atelier à La Courneuve, eux aussi en plusieurs formats avec au centre un tirage argentique grand format qui est présenté dans un encadrement en caisse. En dessous de ces tirages argentiques sont déposés les bouts d’essais photographiques qui sont issus du travail dans la chambre noire. Ces lettres-brouillons montrent la tentative de trouver les mots justes avec les photographies pour exprimer ma relation complexe avec l’île de mon enfance.</p>



<p>Et pour terminer, au sous-sol est projetée une vidéo d’un plan fixe accompagnée d’une création musicale originale de Romain Barbot du groupe Saåad qui remonte aussi les escaliers et donne une ambiance à l’exposition.   Pas d’ouvrage de prévu car la série est toujours en cours. Une grande partie de mon travail photographique suit ma propre temporalité. Les projets suivent ma vie, qui pour l’instant est dans un entre-deux, ici en France et là bas à Madagascar. Je raccourci la distance au fur et à mesure et à mon propre rythme. Comme beaucoup de photographe je porte un fort attachement aux livres photos et je préfère attendre le temps juste et une proposition juste pour envisager de créer un livre.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets dans les prochains mois&nbsp;? </strong></p>



<p>Ils sont au ralentis, je dois comme tout le monde faire face à la pandémie et aux implications qui concernent les voyages. J’avais prévu en 2020 plusieurs voyages à Madagascar afin de préparer et réfléchir à mon déménagement sur l’île tout en continuant à développer de nouveaux projets.</p>



<p>Mais suite à l’exposition à Paris la Fondation H, nous allons continuer le projet à Antananarivo avec cette fois-ci un curateur dont je me sens proche, Rina Ralay-Ranaivo, qui va m’accompagner dans de nouvelles formes. L’idée est de ne pas répéter l’exposition à Paris mais bien de penser comment la série peut prendre une forme cohérente avec la temporalité du projet, ma situation d’entre-deux, et la capitale. “Lettres à Embona” exposée à Paris, répond à ces contraintes et donne du sens dans sa forme, et il faut aussi que “Lettres à Embona” exposée à Antananarivo prennent du sens.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5901"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5901" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5902"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5902" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>
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		<title>WIRD &#8211; Bruno Hadjih</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/wird/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2020 13:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Algerie]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Hadjih]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le soufisme le Wird est la pratique par laquelle est différenciée une voie mystique d’une autre. Le Wird permet de transmettre le secret qui attachera le maître à son élève. Le wird est un ensemble d’incantations, de prières, et de respirations qui mène au « hal », à l’absolu. Le Hal est l’extinction de soi dans l’autre. L’expérience soufie dépasse les clivages que la société met en place, les problématiques identitaires s’annulent. Là où la pratique du soufisme est permise, la société est rarement à l’écoute des intégrismes. Cette recherche est aussi ce qui nous constitue. Elle est la</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans le soufisme le Wird est la pratique par laquelle est différenciée une voie mystique d’une autre. Le Wird permet de transmettre le secret qui attachera le maître à son élève. Le wird est un ensemble d’incantations, de prières, et de respirations qui mène au « hal », à l’absolu. Le Hal est l’extinction de soi dans l’autre.</p>



<p>L’expérience soufie dépasse les clivages que la société met en place, les problématiques identitaires s’annulent. Là où la pratique du soufisme est permise, la société est rarement à l’écoute des intégrismes. Cette recherche est aussi ce qui nous constitue. Elle est la part qui nous relie aussi bien à l’univers qu’à notre partie nucléique.</p>



<p>Ce qui sépare les hommes s’annule lorsqu’ils se retrouvent à expérimenter un état de grâce et de souffle, que ce soit à Montreuil, dans le sud algérien ou n’importe où ailleurs dans le monde. Il n’est plus question d’individu mais de présence.</p>



<p>Le paysage, la nature sont parties intégrantes de cette beauté. Ce sont des lieux de fixation et de révélation.</p>



<p>Si par le passé, j’allais loin pour photographier ces soufis, ma rencontre avec des confréries du Sahel à Montreuil ou en île de France, a transformé mon approche du sujet. C’est dans ces lieux ordinaires, intimes et clos, presque souterrains que j’ai trouvé mon écriture photographique.</p>



<p>C’est à Montreuil que le schéma de la représentation commençait à se dessiner. Dans ces lieux impersonnels et insignifiants, j’ai compris qu’il n’est pas nécessaire d’aller loin pour rencontrer ce qui est proche.</p>



<p>Pendant 20 ans, j’ai continué à les fréquenter et à fixer leur présence.<br>Le matériel utilisé répond aux attentes liées à ma pratique photographique. Différents formats sont utilisés; 24&#215;36, 6&#215;7, 6&#215;6 et 4&#215;5 inch, avec des films argentiques. Le format des négatifs a son importance. Il est mon rapport au temps. On n’est plus dans l’instantané, on est d’avantage dans la mise en scène de la prise de vue. Le format participe de l’élaboration même du discours à venir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">ACTUALITE</h3>



<p>La série <em>Wird</em> est actuellement exposée dans l&rsquo;exposition <em>« Croyances, Faire et défaire l’invisible »</em>, à l&rsquo;<a href="https://www.institut-cultures-islam.org/">Institut des Cultures d&rsquo;Islam</a>. Cette exposition rassemble seize artistes photographes, vidéastes et performeurs, qui se saisissent de façon poétique, critique ou décalée de la question du “ Croire”. Ils donnent à voir différentes nuances des représentations des croyances sur le continent africain, revendiqué comme lieu d’expérimentation, de glissements, de frictions et de négociations. C’est une affirmation de cosmologies possibles, augmentées par des siècles de croisement et de flux humains.</p>



<p>L&rsquo;exposition embarque les visiteurs dans les vibrations de la transe et les mystères de l’envoûtement. Les six images issues de <em>Wird</em>, travail mené depuis de longues années à travers le monde par <strong>Bruno Hadjih</strong>, ont été réalisées en Algérie. Elles immergent le spectateur à travers un voyage sensoriel dans la mystique du soufisme. L’auteur en revendique l’universalité&nbsp;: en dépassant les clivages que la société met en place, elle permet l&rsquo;annulation des problématiques identitaires. A travers des photographies de paysages et de transes individuelles et collectives, Hadjih dévoile un état de grâce.</p>



<h3 class="wp-block-heading">A PROPOS DE BRUNO HADJIH</h3>



<p><strong>Bruno Hadjih</strong> est né en Kabylie en Algérie. Il vit et travaille entre Paris, le Gers et le Sahara. Après des études de sociologie, il s&rsquo;oriente vers la photographie documentaire, plasticienne. Ses travaux portent particulièrement sur la redéfinition des espaces décrits comme intangible, espace mental, espace géographique.</p>



<p>Réflexion ou regard neuf porté sur le monde méditerranéen, son histoire, sa culture et ses relations avec le reste du monde, le travail de Bruno Hadjih n’est pas une interrogation mais une prise de position, un engagement.<br>Son travail a été exposé dans divers musées et festivals&nbsp;: BNF, CCCB Barcelone, Musée-Herzilia, Museum of the African Diaspora (MOAD) San Francisco, Visa pour l’image, Biennale Africaine de la photographie à Bamako, Biennale de photographie du monde arabe. Depuis plus de 21 ans, Bruno Hadjih mène une réflexion sur le soufisme&nbsp;: WIRD. Fin 2020, un essai documentaire prolongera ce travail. Après les expositions et le film AT(H)OME, une parution d&rsquo;un livre est prévue courant 2020.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5858"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1414" height="992" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_7_-_copie.jpg" alt="© Bruno Hadjih" class="wp-image-5858" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_7_-_copie.jpg 1414w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_7_-_copie-300x210.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_7_-_copie-1024x718.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_7_-_copie-768x539.jpg 768w" sizes="(max-width: 1414px) 100vw, 1414px" /><figcaption>© Bruno Hadjih</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5859"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1424" height="992" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_8_-_copie.jpg" alt="© Bruno Hadjih" class="wp-image-5859" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_8_-_copie.jpg 1424w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_8_-_copie-300x209.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_8_-_copie-1024x713.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_transes_8_-_copie-768x535.jpg 768w" sizes="(max-width: 1424px) 100vw, 1424px" /><figcaption>© Bruno Hadjih</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5860"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_lieux_21_-_copie_web.jpg" alt="© Bruno Hadjih" class="wp-image-5860" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_lieux_21_-_copie_web.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_lieux_21_-_copie_web-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_lieux_21_-_copie_web-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/les_lieux_21_-_copie_web-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>© Bruno Hadjih</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5861"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_14_-_copie.jpg" alt="© Bruno Hadjih" class="wp-image-5861" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_14_-_copie.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_14_-_copie-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_14_-_copie-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_14_-_copie-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>© Bruno Hadjih</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5862"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_4_-_copie.jpg" alt="© Bruno Hadjih" class="wp-image-5862" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_4_-_copie.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_4_-_copie-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_4_-_copie-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/06/khalwa_4_-_copie-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>© Bruno Hadjih</figcaption></figure></div>
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		<title>Zanzibar &#8211; Ania Gruca</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/zanzibar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ania Gruca]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2020 08:51:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Ania Gruca]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Zanzibar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zanzibar, est un projet né d’une volonté de vouloir m&#8217;imprégner totalement dans cette identité insulaire, fruit d’un métissage entre l’Afrique, l’Asie et l’Orient avec une teinture d’occidentalisation. Dans un archipel où les communautés portent les stigmates de l’esclavage, de la révolution et de l’immigration, les divisions perdurent. Aujourd’hui cette société se cherche une unité au travers de l’Islam, qui joue un rôle distinctif dans la vie quotidienne. A l’heure des grands changements, où le tourisme et la mondialisation avancent à grands pas, je souhaite capturer la singularité de cet archipel mythique et de ses habitants.&#160; Ce projet photographique sur la</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Zanzibar, est un projet né d’une volonté de vouloir m&rsquo;imprégner totalement dans cette identité insulaire, fruit d’un métissage entre l’Afrique, l’Asie et l’Orient avec une teinture d’occidentalisation. Dans un archipel où les communautés portent les stigmates de l’esclavage, de la révolution et de l’immigration, les divisions perdurent. Aujourd’hui cette société se cherche une unité au travers de l’Islam, qui joue un rôle distinctif dans la vie quotidienne. A l’heure des grands changements, où le tourisme et la mondialisation avancent à grands pas, je souhaite capturer la singularité de cet archipel mythique et de ses habitants.&nbsp;</p>



<p>Ce projet photographique sur la société Swahili de Zanzibar est une exploration des vies de ceux qui m’entourent, quel que soit l’espace du monde social où ils se trouvent. J’ai centré mon approche sur des groupes d’individus – des familles aux travailleurs et travailleuses – et leur vie quotidiennement mais aussi sur des évènements majeurs qui affectent leur vie, comme les célébrations publiques ou religieuses et les élections. En me laissant le temps de me familiariser avec les gens, et en revenant régulièrement dans l’Archipel, je me déplace au gré des rencontres à travers les couches sociales et les divers milieu culturels, les monde de la jeunesse, des femmes et des hommes, dans le but de donner un visage intime de Zanzibar mais aussi afin de rappeler une réalité souvent très dure d’inégalités, Néanmoins dans ce projet, j’inscris mon travail dans une démarche à long terme, dans l’espoir de faire progresser à la fois la compréhension et l’appréciation de la société zanzibarite à Zanzibar et ailleurs dans le monde.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5813"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/01_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5813" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/01_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/01_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/01_zanz_aniagruca-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/01_zanz_aniagruca-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5814"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="793" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/02_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5814" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/02_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/02_zanz_aniagruca-300x198.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/02_zanz_aniagruca-1024x677.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/02_zanz_aniagruca-768x508.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5815"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="785" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/03_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5815" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/03_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/03_zanz_aniagruca-300x196.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/03_zanz_aniagruca-1024x670.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/03_zanz_aniagruca-768x502.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5816"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="782" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/04_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5816" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/04_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/04_zanz_aniagruca-300x196.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/04_zanz_aniagruca-1024x667.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/04_zanz_aniagruca-768x500.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5817"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/05_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5817" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/05_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/05_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/05_zanz_aniagruca-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/05_zanz_aniagruca-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5818"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/06_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5818" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/06_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/06_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/06_zanz_aniagruca-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/06_zanz_aniagruca-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5819"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="796" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/07_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5819" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/07_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/07_zanz_aniagruca-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/07_zanz_aniagruca-1024x679.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/07_zanz_aniagruca-768x509.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5820"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="794" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/08_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5820" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/08_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/08_zanz_aniagruca-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/08_zanz_aniagruca-1024x678.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/08_zanz_aniagruca-768x508.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5821"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/09_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5821" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/09_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/09_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/09_zanz_aniagruca-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/09_zanz_aniagruca-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5822"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="798" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/10_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5822" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/10_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/10_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/10_zanz_aniagruca-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/10_zanz_aniagruca-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5823"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="810" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/11_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5823" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/11_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/11_zanz_aniagruca-300x203.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/11_zanz_aniagruca-1024x691.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/11_zanz_aniagruca-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5824"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/12_zanz_aniagruca.jpg" alt="© Ania Gruca" class="wp-image-5824" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/12_zanz_aniagruca.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/12_zanz_aniagruca-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/12_zanz_aniagruca-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2020/01/12_zanz_aniagruca-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Ania Gruca</figcaption></figure></div>
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		<title>Farewell Cape Town &#8211; Interview de Sophie Bouillon et Benjamin Hoffman</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/farewell-cape-town/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Nov 2019 08:44:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du sud]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Hoffman]]></category>
		<category><![CDATA[Capetown]]></category>
		<category><![CDATA[edition]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Bouillon]]></category>
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<p></p>



<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de la sortie de leur livre <em>Farewell Cape Town</em> que nous avons échangé avec <strong>Sophie Bouillon</strong> et <strong>Benjamin Hoffman</strong>. Benjamin Hoffman a vécu et photographié plusieurs mois au Cap, en Afrique du Sud. La violence et l’intensité des contrastes de la ville l’ont fasciné ; avec Farewell Cape Town, il nous livre sa réflexion sur la relation de l’homme à l’autre et à son environnement. Son regard, à la fois attentif et tendu, est toujours emprunt de tendresse et de bienveillance. Sophie Bouillon nous parle de son histoire d’amour avec le pays tout en nous rappelant son engagement de journaliste indépendante. En 2009, elle a été la plus jeune lauréate du Prix Albert-Londres pour son reportage « Bienvenue chez Mugabe ! », publié dans la revue XXI.</p>



<p><a href="https://www.editionsdejuillet.com/products/farewell-cape-town"><em>Farewell Cape Town</em>, Les Éditions de Juillet, 25 €, 76 pages, disponible ici !</a></p>



<p><strong>Pourquoi le Cap&nbsp;? </strong><br>Je m’étais rendu en Afrique du Sud pour la première fois fin 2013, un peu par accident. J’étais en reportage au Mozambique voisin, et les circonstances du projet m’avaient poussé à quitter le pays précipitamment. L’arrivée s’est faite à Johannesburg le jour du décès de Mandela, c’était ma première rencontre avec le pays, d’une grande intensité. J’y suis retourné quelques mois plus tard, avec une envie de traverser le pays et ai effleuré le Cap quelques jours. Coup de cœur absolu et complexe à expliquer. Mon amie à l’époque a par la suite obtenu une résidence de peintre pour plusieurs mois en 2017 et c’était enfin l’occasion de s’y confronter sur le plus long terme et de répondre à toutes les questions que la ville me posait.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5792"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5792" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-47-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5793"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5793" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-44-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p><br><strong>Comment est née l&rsquo;idée de ce projet de livre&nbsp;?</strong><br><br>J’ai, par périodes, une quête obsessionnelle de la documentation par l’image. Le smartphone est dans cette démarche un outil formidable, de par sa discrétion, sa disponibilité et sa réactivité de tous les moments. Dans mes recherches au Cap et les travaux photos parallèles que j’y ai menés, j’ai beaucoup photographié&nbsp;ce quotidien dans lequel je m’étais installé, en local provisoire.<br>Je travaille depuis des années dans une relation de grande confiance et d’amitié avec Richard Volante et Yves Bigot des Éditions de Juillet. Ils ont lancé il y a quelques années une collection appelée ‘Villes Mobiles’, qui est la discussion d’un(e) auteur(e) et d’un(e) photographe autour d’une ville. Lorsque j’étais au Cap, nous avons eu une discussion sur leur envie de repenser la collection avec de nouvelles maquettes, une nouvelle narration, et ils m’ont proposé de commencer par le Cap. L’affaire était entendue et le défi excitant. J’entretiens un rapport très organique et intime avec l’objet livre qui représente à mon sens le meilleur des écrins pour la photographie.</p>



<p><strong>Benjamin, peux-tu nous parler de ton approche esthétique&nbsp;?</strong><br><br>Les contraintes techniques de ce projet ont pour partie conditionné l’approche esthétique. L’utilisation du téléphone comme outil de prise de vues et son grand angle imposent une distance et un rapport au sujet particulier qui me plaisent beaucoup dans la proximité que ça implique.<br>J’ai fait dès les toutes premières images le choix du noir et blanc, qui s’est imposé comme une évidence. Evidemment pour l’écho tout en contrastes à l’histoire raciale du pays et de cette ville en particulier, mais je trouve qu’il apporte une homogénéité au récit. Et à la ville brute et violente qu’on m’a si souvent dépeinte, j’ai essayé de conserver et de rendre une douceur mélancolique qui m’a habité là-bas, un peu désillusionnée et douloureuse mais sans agressivité.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5794"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="852" height="935" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d.jpg" alt="Couverture du livre Farewell Cape Town" class="wp-image-5794" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d.jpg 852w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d-273x300.jpg 273w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/couv3d-768x843.jpg 768w" sizes="(max-width: 852px) 100vw, 852px" /><figcaption>Couverture du livre Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p><strong>Et comment ce livre rejoint ta démarche autour des questions de migrations de cultures et de la disparition&nbsp;? </strong><br><br>Le lien m’a semblé très vite évident. J’ai toujours eu cette sensation très étrange pendant tous mes séjours au Cap, ou je continue de retourner assez fréquemment d’être dans un pays très neuf mais portant le poids très ancré d’un passé lourd.<br>Je raconte souvent de mon expérience dans ce pays me sentir comme un visiteur étranger arrivant en France 25 ans après la Révolution.<br>La ville est bouillonnante, en foisonnement permanent, pourtant le reliquat de l’Apartheid est présent partout, tout le temps.<br>J’ai passé beaucoup de mon temps avec de jeunes gens nés après la fin du régime d’Apartheid (1994), ceux que l’on appelle les Born Free. C’était intéressant pour moi de questionner leur lien avec les existences vécues de leurs parents et leurs parents avant eux.<br>J’ai été aussi très frappé et curieux d’explorer le manque de mixité raciale, plus frappant au Cap que dans d’autres grandes villes d’Afrique du Sud, qui s’explique en partie par la construction de la ville, la répartition des communautés raciales par cercles concentriques.<br>Enfin, je retrouve cette thématique de la disparition dans le texte de Sophie. Il a été écrit après la réalisation des images. Et dans nombre de ses mots je retrouve aussi des bouts d’une histoire personnelle. Elle évoque une disparition, les illusions perdues. On parle toujours de soi lorsqu’on écrit ou qu’on raconte en images, on se raconte toujours un peu. Je me suis trouvé dans ses mots, j’y ai retrouvé un amour perdu là-bas.</p>



<p><strong>Sophie, dans ton texte se mêle des parties autobiographiques et des citations de lycéen, etudiante, retraitée, peux-tu nous en parler&nbsp;?</strong><br><br>Quand Benjamin m&rsquo;a proposé de collaborer avec lui pour cette ouvrage, j&rsquo;ai été plutôt sceptique au départ. Même si je m&rsquo;y rends assez régulièrement, ça faisait très très longtemps que je n&rsquo;y avais pas habité, presque 15 ans. Je ne me sentais pas vraiment légitime pour raconter la ville&#8230; qui a du beaucoup changer depuis.<br>Mais la démarche de la collection, est vraiment d&rsquo;en faire une appropriation de la ville; un ressenti personnel. Donc j&rsquo;ai voulu jouer la dessus. Cape Town a été une étape décisive dans mon parcours de vie: une ouverture sur le monde, sur mon choix de devenir journaliste, et a surtout tissé un lien inamovible avec le continent africain, une histoire d&rsquo;amour presque inconditionnelle. « Même si je sais que je ne le comprendrai jamais tout à fait ». En tout cas, c&rsquo;est ces histoires d&rsquo;amour là que je raconte.<br>Je voulais donc replonger dans la personne que j&rsquo;étais en 2005. Ce n&rsquo;est pas « moi ». Je n&rsquo;étais pas « moi » avant de vivre au Cap. C&rsquo;est pour cela que j&#8217;emploie le pronom « elle » et que c&rsquo;est faussement autobiographique.&nbsp;</p>



<p>D&rsquo;autre part, je me souviens de conversations, des questions, qui me semblaient autrefois sur-réalistes&#8230; qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui je comprends. mais à l&rsquo;époque, elles tombaient au milieu de mes journées, de ma vie, de ma découverte du monde et de l&rsquo;Afrique. je les notais, comme pour mieux y réfléchir après coup. Inserer ces paroles, c&rsquo;est aussi pour rendre hommage à mes souvenirs, à toutes les personnes que j&rsquo;ai rencontrées au Cap et en Afrique du Sud de manière plus générale. Elles m&rsquo;ont donné des bribes pour « essayer de comprendre » en m&rsquo;interrogeant. Je voulais aussi faire ressentir toute la diversité de pensée et de réflexion, d&rsquo;intérêts, des combats, qui divisent (ou devrais-je dire, parcourent) la société sud-africaine.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment as tu imaginé le dialogue avec les images de Benjamin&nbsp;?</strong><br><br>Les images de Benjamin renvoient (pour moi) à une sensation de flottement. De calme. Bien que ce qu&rsquo;il photographie est parfois acerbe.<br>Je voulais donc que l&rsquo;écriture reste dans cet esprit, un peu doux, sans grande phrase, sans emphase. Par contre, comme il a utilisé le noir et blanc -ce qui est un parti pris que j&rsquo;adore dans une ville aussi « colorée » et dans un pays faussement surnommé « arc-en-ciel »- je voulais quand même que les mots dépeignent des tableaux colorés (la nuit qui scintille, la lumière dorée, le ciel bleu,&#8230;) pour faire contre-point. Idem en insérant un peu les sons de la musique, des voix, des phrases plus rapides,&#8230; dans un univers qui semble presque en coton, entre le texte des souvenirs et le noir et blanc des photos.&nbsp;</p>



<p><strong>Benjamin, peux-tu nous parler du dialogue entre tes portraits et paysages&nbsp;?</strong><br><br>Je photographie très peu les paysages, j’ai toujours eu une attirance quasi exclusive pour les gens qui les peuplent.<br>Au Cap pourtant, il m’a semblé impossible de dissocier les habitants de leur espace. A la fois parce que les paysages sont d’une force esthétique enivrante et parce que la géographie du Cap et les choix faits dans la construction de cette ville en racontent toute l’histoire depuis des siècles.<br>Et je nourris une obsession sur la question du rapport de l’homme à la mer, et la relation qu’entretiennent les habitants du littoral à cet élément. Au Cap j’ai trouvé&nbsp;une matière inépuisable que j’ai développé dans d’autres travaux qui seront bientôt publiés, mais que je tenais à montrer dans Farewell Cape Town.</p>



<p><strong>Et décrire deux images qui pour toi, racontent le Cap&nbsp;? ( et nous les mettre dans ta sélection d&rsquo;images)</strong><br><br>Instinctivement, je pense à deux images. Celle du couple page 11. Nous sommes à bord du bateau qui fait la navette entre le port du Cap et Robben Island, l’île sur laquelle se trouvait la prison dans laquelle Nelson Mandela, au milieu d’autres détenus moins célèbres, a été incarcéré plus de 18 ans. Sur ce bateau, des touristes, blancs pour la plupart, et quelques sud-africains noirs. L’émotion qui était la leur était extrêmement palpable, matérialisée. Je suis assis sur un siège à quelques mètres d’eux quand je les observe pour la première fois. Ils étaient si absorbés par leur voyage, que je me suis approché, à moins d’un mètre de la femme. Ils étaient blottis fermement l’un contre l’autre, et n’ont pas échangé un mot de la traversée.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5795"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5795" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-3-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<p>Et l’image page 19. Un de mes souvenirs les plus intenses émotionnellement. Nous venions d’arriver au Cap pour nous installer, et sommes arrivés en plein Kaapse Klopse, qui est un carnaval annuel qui est une survivance d’un jour de fête accordé aux esclaves pendant l’Apartheid. Il a lieu dans toute la ville, et des groupes costumés et maquillés paradent accompagnés de musiciens. Tout le Cap ne bat que pour le carnaval dans une atmosphère hors du temps et de tout repère.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5796"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5796" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-10-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5797"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5797" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-33-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5798"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5798" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-31-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5799"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5799" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-30-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5800"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-26-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5801"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="961" height="962" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5801" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25.jpg 961w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-25-768x769.jpg 768w" sizes="(max-width: 961px) 100vw, 961px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5802"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5802" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-17-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5803"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5803" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-22-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5804"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5804" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-1-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5805"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5805" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/ajout-2-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5806"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="960" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8.jpg" alt="Farewell Cape Town" class="wp-image-5806" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8.jpg 960w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2019/11/farewellcpt-8-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>© Benjamin Hoffman<br>Farewell Cape Town</figcaption></figure></div>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/farewell-cape-town/">Farewell Cape Town &#8211; Interview de Sophie Bouillon et Benjamin Hoffman</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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