1er cours au CFP

, par Afrique in visu

Le premier cours au CFP a commencé mardi à 9h du matin. Nous sommes un lendemain de fête. Huit élèves entre 22 ans et 29 ans sont au rendez-vous : les quatre élèves de première année, deux sur cinq de deuxième année et deux anciens élèves sont présents...

Initiation à l’Histoire de l’art et cours sur les droits d’auteurs.

Après m’être présentée ainsi que le projet Afrique in visu, les élèves expliquent leurs parcours (nous y reviendrons ultérieurement). Je commence le cours à l’aide d’une projection, les élèves voient défilés les débuts de l’histoire de la photographie : du daguerréotype aux premières photos sur papier, en passant par Grande vague de Legray.

Certains élèves en ont entendu parler mais la plupart ne connaissent pas du tout cette partie de l’histoire de la photo. Nous en venons à parler de l’histoire coloniale et sa représentation photographique (vieilles images d’ethnies ou de vieilles photos de Tombouctou ou du marché aux roses de Bamako). Comment la photographie est arrivée en Afrique ?
Les élèves écoutent mais ne posent pas trop de questions.
Nous faisons une pause et les élèves prennent leur petit déjeuner. Certain ont travaillé toute la nuit pour développer les photos de la fête ; ils sont épuisés.

Les filles de première année sont très réservées mais elles profitent de la pause pour me poser des questions sur une photographie d’Uche James Iroha (photographe nigérian) que j’ai dans mes archives.
Certaines ont vu son travail à la Biennale et ont été séduites. On parle du travail de ce dernier, formé aux Beaux-Arts, il a un sens de la couleur sans pareil. Un débat commence auquel les autres élèves viennent s’ajouter. Qu’est ce qu’un style photographique ? Pourquoi en photographie doit-on répondre à des règles régies par un marché ?
Toutes leurs questions sonnent parfois comme une évaluation de ma démarche. Elles sont parfois provocantes mais très intéressantes. La confrontation se brise peu à peu. Ces questionnements me permettent d’avancer. Les élèves m’interrogent par rapport à mon mémoire sur les Rencontres. Ces dernières sont au cœur de leurs préoccupations. Ils prennent la parole, se révoltent mais écoutent patiemment ce que je raconte.
Nous parlons de la difficulté de certains artistes africains en résidence en France à qui l’on impose des règles qu’ils étaient loin d’imaginer. Ils m’expliquent ensuite que de nombreux photographes africains ont un complexe : Ils ne pensent pas qu’un de leurs homologues africains puissent leur apprendre quelques choses, ils pensent que seul, l’homme "blanc" peut leurs enseigner. Ces jeunes souhaitent tous casser ce cliché et nous en parlons.

Toutes ces questions sont biens loin de l’histoire de la photo mais les élèves écoutent et ne partent pas quand je les libère vers 12h 10. Je vois que j’ai réussi à briser un part de méfiance. Je n’en sors pas indemne. De nombreuses questions tournent dans ma tête mais elles me permettront de partir sur de bonnes bases avec les élèves lors de mon prochain cours jeudi. Désormais les élèves osent me poser des questions…