Camjo’s ou journaliste "mobile" un nouveau métier en Afrique ?

, par Jeanne Mercier

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Capture d’ecran du site Voices of Africa

Après avoir touché les Etats- unis et l’ Europe, le photo-journalisme via mobile s’empare du continent africain...

Dans notre enquête il y a un an, sur la blogosphère africaine ou sur l’évolution de la téléphonie mobile en Afrique, nous avions questionner cette idée et son potentiel facteur de développement de la presse. Très vite cette idée a porté ses fruits... Regardez !

Quand on tombe sur le site " Voices of africa’" tout semble "mobile". Les Camjo’s (c’est à dire des journalistes mobiles) nous ont envahi !
Les catégories comme " Mobile reporters" ou "Mobile report series" vous donnent le ton du projet...

" Mobile reporters" vous présente les différents reporters du projet " Voices of Africa" par zone géorgraphique ( Kenya, Afrique du Sud, Ghana , Cameroun). On peut en savoir plus sur ces journalistes via des petites vidéos de présentation.

"Mobile report series" est la rubrique où l’on peut voir différents sujets ou séries comme le business des chinois en Afrique, la preservation de la nature, la musique en Afrique de l’est, ou encore des sujets d’actualité comme la visite de Bush en Afrique ou l’après élection au Kenya.

La plupart des articles sont en anglais et la plupart de ceux-ci traitent de pays anglophones (majoritairement Cameroun, Afrique du Sud, Kenya, Ghana , Mozambique, Tanzanie).Le projet devrait se développer dans le futur dans les pays francophones.

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les outils du Camjo’s

Le projet Voices of Africa mobile a été initié par une ONG néerlandaise en mai 2007. Mais réellement mis en place via des experiences en novembre 2007. Toutes ces images sont produites puis transférées sur internet par un téléphone Nokia, soit le Nokia 73 que l’on peut connecter à un clavier externe ou le Nokia E61i. Un téléphone qui a une forme ordinaire et ainsi ,comme l’explique les initiateurs, permet de ne pas impressionner les gens. Cependant il permet d’obtenir un très bon son et de très bonnes images.

Les Camjo’s peuvent télécharger en direct sur le site leurs vidéos ou images de leurs mobiles. Le but étant de permettre à des jeunes de faire une carrière dans les médias internationaux.

Des ONG ou sociétés comme celle d’Agnès B achètent ces vidéos ou images qui leurs permettent faire de leur communication.

Attention, les Camjo’s ne sont pas vraiment payés : "Africa voices" rembourse leurs frais à hauteur de 75 euros (transport, connexions) et leurs donnent une compensation de 100 euros.

Voici quelques détails explicatifs issus de l’émission sur le sujet dans l’atelier des médias, que vous pouvez écouter en cliquantici .

" "Voices of Africa" a été lancé par Africa interactive qui se présente sur son site comme "une agence de presse multimédia qui dispose de 330 reporters dans 34 pays africains". Elle a été créée par deux journalistes néerlandais (Bas Vlugt, Peter Vlam) et un créateur d’entreprise (Pim de Wit) qui assurent partager une même passion pour l’Afrique.

Le projet émane aussi d’une fondation (The Africa Interactive Media Foundation) qui se charge notamment de collecter les financements extérieurs. Des financements qui permettent de payer les coûts de fonctionnement d’un journaliste mobile multimédia sur le terrain. Les journalistes impliqués dans le projet se voient remettre un téléphone portable capable de tourner des vidéos, de prendre des photos et de se connecter à internet. Ils perçoivent 175 dollars par mois (75 dollars pour leurs frais, et 100 dollars à titre de gratification). Ils sont tenus de livrer une dizaine de reportages vidéo chaque mois."

Se tourne-t-on vers une nouvelle sorte de journalisme ? Chacun peut-il donc devenir "Camjo’s" sans formation ?

A suivre dans les prochains mois.

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Le mobile en Afrique, série réalisée au Mali en 2007 © Tiécoura N’daou