Patrick Wokmeni à la Platform 102

, par Estelle Lecaille

Au dernier étage d’un immeuble bruxellois du centre ville se niche Platform 102 : un espace privé curaté par O. Rynell Cash et David Lambert qui sert à la fois de lieu d’exposition pour des artistes émergents et en milieu de carrière et de forum pour les nouveaux collectionneurs, les penseurs et les amateurs d’art. Jusqu’au 20 juillet, y sont montrées les photographies de l’artiste camerounais basé à Gand Patrick Wokmeni.

Autodidacte, il a commencé à photographier la vie nocturne de son quartier de New Bell après être tombé en amour avec la photographie grâce à la vidéaste française Anne Chabert.

Trois images de la série sur le mouvement hip hop réalisées en 2009 à Douala sont des portraits instantanés dans un style ’vérité documentaire’ qui traduisent l’engouement des jeunes camerounais pour le phénomène hip-hop.
Deux autres photographies de grand format de la série Purgatoire réalisée en 2013 au Maroc nous montrent les difficiles conditions de vie des immigrés clandestins bloqués à Rabat dans l’attente d’un hypothétique départ. Amis proches de Patrick Wokmeni, certains sont peintres, écrivains etc...au delà de toute critique des politiques d’immigration, le photographe nous donne à voir un aperçu intime de la vie précaire de ces individus capturés entre contexte culturel et systèmes politiques dans l’espoir de trouver une vie meilleure en Europe. Représentés dans l’acte d’attente perpétuelle, ils racontent : "Ce n’est pas mon tour encore, Le temps de Dieu n’est pas encore venu". Les photographies de Patrick Wokmeni entre lutte individuelle et recherche d’identité révèlent certaines valeurs de son pays qui ont notamment façonné son activisme à travers la photographie.

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Que d’obstacles, Douala, 2009 © Patrick Wokmeni
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Sans titre, Douala, 2009 © Patrick Wokmeni
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Sans Titre, Rabat, 2013 © Patrick Wokmeni