8ème Biennale africaine de la photographie, belles rencontres !
Les lampions viennent de s’éteindre sur la semaine professionnelle des Rencontres de Bamako. Sept jours de beauté, de volupté, de ferveur, d’extase photographiques ! Sept jours d’un festival d’images qui nous a tous emportés sur des ailes d’inspirations diverses. Sept jours de communication, d’échanges et de communion entre les chasseurs d’images d’un Sud qui se bat et ceux d’un Nord qui se cherche.

- © Baptiste de Ville d’Avray
On retiendra que cette 8ème édition des Rencontres de Bamako a encore contribué à faire éclore de nouveaux prodiges de la photographie et à confirmer des talents. Les Prix attribués le mercredi 11 novembre 2009 sont autant d’expressions de confiance en des jeunes dont l’avenir est prometteur en photographie et en vidéo.
Mais ce qui, aux dires de nombreux artistes rencontrés ici et là, a toujours fait le mérite de la Biennale photo de Bamako, c’est la somme de contacts noués, des rencontres faites au détour d’une image, autour d’un pot. « Pour moi, la valeur de cet événement repose sur la richesse des rencontres », m’a confié un photographe de l’Afrique centrale. En effet, que de belles rencontres parfois enthousiasmantes, inspirantes et propulsives ! Pourvu que ces flammes vives qui naissent de complicités instantanées dans le couloir d’une exposition ne s’éteignent pas avec la fin des Rencontres. Pourvu que ces rencontres contribuent à la naissance de réseaux forts de photographes du continent capables de comprendre et de faire comprendre l’importance de la photographie en tant que Art certes, mais surtout en tant que pilier possible d’une industrie culturelle rentable en Afrique.
Heureux d’avoir été témoin de cette nouvelle version des Rencontres africaines de la photographie, il ne me reste plus qu’à dire : vivement 2011 ! Pour les 9èmes Rencontres qui, j’ose l’espérer ardemment, sera moins une biennale européenne de la photographie africaine qu’une vraie biennale africaine de la photographie. Alors seulement, on saura que les Rencontres, à 17 ans, auront mûri enfin et seront devenues capables de se prendre en charge, ne serait-ce que techniquement.

- © Robert Mafuta
Robert Mafuta
Muili Regeza " récréation en swalli " La noblesse se concrétise par sa vie le soir, après le travail, les riches se détendent dans les lieux luxueux du pays. "
Né le 24 juillet 1966 à Kananga, en République Centrafricaine, Robert Mafuta réside à Bangui depuis dix ans. De formation autodidacte, il participe à un workshop à l’Alliance française de Bangui mené par le photographe Nabil Boutros de mai à octobre 2008.
Dixit
Saidou Dicko (Burkina Faso)
Impressions sur la Biennale 2009
« Par rapport en 2007, je trouve qu’il y a d’importants changements dans cette édition et que l’ensemble est beaucoup plus fort. Je trouve que la scénographie met bien les images en valeur même si parfois on manque de recul.
Au niveau des rencontres, j’ai fait de superbes rencontres avec des professionnels pendant les portfolios entre autre mais aussi de nombreuses discussions avec des photographes. Je trouve qu’il y a toujours un manque de professionnalisation dans la photo africaine mais pour ceux qui se plaignent : Le photographe à un œil qui photographie. Le second œil des photographes, c’est la Biennale car elle complète, concrétise et met en valeur notre travail. Donc notre responsabilité en tant que photographe est à la fois de contribuer en exposant mais aussi en nous professionnalisant en produisant de meilleurs travaux et en les valorisant nous aussi. »
Impressions en images par Baudouin Mouanda

- © Baudouin Mouanda
Né en 1981 à Brazzaville au Congo, Baudouin Mouanda découvre la photographie très jeune et, très vite, il chronique la vie de Brazzaville pour des journaux locaux. Il est membre du collectif Génération Elili. Il vient d’obtenir deux prix dans le cadre des Rencontres de Bamako : Le prix Jeune Talent et un prix de la Fondation Blachère.
A la sortie du vernissage du Musée du District dimanche soir, Baudouin Mouanda enregistre, à l’aide de son appareil, le photographe Armel Louzala en train d’esquisser un pas de danse sous les yeux de deux photographes maliennes, Bintou Camara et Salimata Traore. A la tombée de la nuit, Baudouin photographie l’arrivée des visiteurs au CCF qui découvrent le très beau et doux travail du photographe français Alain Turpault « Albinos ».
Afrique in visu
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