Rencontres de Bamako 2011 - édition du 5 novembre La 9ème biennale africaine de la photographie au jour le jour...

, par L’ équipe d’ Afrique in visu/ Rencontres de Bamako 2011

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Par Jeanne Mercier

Le rôle de la biennale de Bamako dans la reconnaissance de la créativité contemporaine des photographes et vidéastes du continent africain n’est plus à démontrer depuis 17 ans. Les prix qui ont été remis hier au soir ont mis à l’honneur quelques uns des artistes exposant majoritairement issus des pays d’Afrique du Nord :

  • Prix Seydou Keita : Pieter Hugo (Afrique du sud)
  • Prix Fondation Blachère : Khaled Hafez (Egypte)
  • Prix Casa Africa : Elise Fitte-Duval (Martinique)
  • Prix du jury : Jehad Nga (Lybie)
  • Prix de l’UE : Nyani Quarmyne (Egypte) & Nyaba Léon Ouedraogo (Burkina Faso) (ex eaquo)
  • Prix de l’Organisation Internationnale de la Francophonie : Khalil Nemmaoui ( Maroc)

Mais les autres photographes du Off, du In, de studio, de reportage, les artistes sont tout aussi talentueux et cette édition vient encore montrer la richesse de la création photographique et vidéo en Afrique.

Hier au soir, même les photographes en herbe étaient à l’honneur. En effet, l’expo " les enfants au cœur d’un monde durable" à la Cité des enfants à Niamakoro, cité UNICEF présente 40 photographies (numériques et sténopés) réalisées par 20 enfants âgés de 11 à 18 ans (10 garçons et 10 filles) sur les thèmes de la santé, l"éducation, l’eau, l’environnement, l’habitat... L’atelier et l’exposition ont été coordonnés par les élèves du CFP. Elle montre ainsi que la problématique des Rencontres choisie par les commissaires est universelle et en écho avec l’actualité mondiale.

Aujourd’hui, samedi 5 novembre, un autre festival commence sa deuxième édition à Bamako : le festival Africain d’Images Virtuelles Artistiques (FAIVA). L’inauguration aura lieu à partir de 17h sur la place du monument obélisque ACI 2000 Hamdallaye. Cet événement organisé par le Centre Soleil d’Afrique se tiendra jusqu’au 26 novembre. Tout au long de ce festival des débats, workshops et projections de vidéos artistiques auront lieu.
La ville de Bamako sera donc encore pour quelques semaines en pleine ébullition !

Dans le programme du In, la semaine professionnelle continue avec toujours des lectures de portfolio, et des rencontres au Musée National du Mali. A noter dans vos agendas, deux rendez-vous à la cinémathèque, l’un à 10h30 autour du workshop « La sécurité alimentaire en Afrique », organisé par le World Press Photo et Fonds International pour le Développement Agricole où l’on retrouvera Frederieck Biemans, Susan Beccio, The Imagine project à l’IFAD, Fatoumata Diabate, Amadou Keita, Rodrig Mbock.

A 15h00, en écho à l’exposition Carte Blanche de Ruth Belinga « hommage à Goddy Leye », artiste camerounais récemment disparu début 2011, une rencontre se tiendra autour de son projet Art Bakery avec Ruth Belinga, Bill Kouélany et Adeline Chapelle.

Un beau programme pour cette avant-dernière journée de la semaine professionnelle, de beaux échanges et de belles rencontres... à prévoir !

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Par Perrine del Jesus

Les printemps arabes : à l’heure de la révolution digitale

Exposition au Mémorial Modibo Keita

Le Mémorial Modibo Keita accueille les Printemps arabes, une sélection de photographies et de vidéos sur les révolutions tunisienne et égyptienne. C’est la commissaire Michket Krifa qui a souhaité honorer le courage, la résistance et la créativité des artistes pendant ces événements.
Le Mémorial Modibo Keita est un lieu immense situé en bordure de route tout près du pont du roi Fahd. Lieu de mémoire et pourtant fermé depuis longtemps, il a ouvert après des travaux pour accueillir des expositions des Rencontres Africaines de la Photographie. C’est donc avec plaisir et émotion que l’on pénètre le lieu, dont les espaces ont été aménagés pour recevoir des images et surtout projeter des vidéos.
Et les images sont fortes, elles sont le reflet de la vision des artistes depuis le cœur des événements.

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Nermine Hammam, sans titre, série « Upekkha », 2011 © Nermine Hammam

Cette exposition se compose de plusieurs volets :
En photographie, Artocratie en Tunisie, projet de la série Inside Out de JR autour de cinq photographes tunisiens, initié par Marco Berrebi et Slim ZeghalSophia Baraket, Rania Dourai, Aziz Tnani, Hichem Driss et Hela Ammar. Ces photographes ont traversé leur pays pour réaliser les portraits d’une centaine de personnes. Ces portraits ont ensuite été affichés dans les rues tunisiennes où pendant 23 ans trônaient les portraits du président Ben Ali.
Pour l’Egypte, Michket Krifa, a invité la plasticienne Nermine Hammam qui présente sa série UPPEKKAH qui illustre le lien très fort et le mythe que représente l’armée égyptienne pour le peuple.

En vidéo, la Tunisie nous invite dans un voyage initiatique, dans un DVD intitulé « Liberté, quand tu nous tiens ». Dirigé par Faten Gaddes, il regroupe des photographies et des vidéos réalisés par différents artistes entre autre : Captain 5OBZA, Hela Lamine, Yasmine Ben Khalil (vidéos), Kharabech, Wassim Ghozlani et Willis From Tunis.

Pour l’Egypte, Khaled Hafez a invité12 artistes pour sa vidéo Field statements : Images from Tahrir Square.

Dans l’ensemble de l’exposition, le rôle des réseaux sociaux dans les événements est rappelé de manière récurrente dans les images que l’on peut voir sur les écrans installés au Mémorial. Les caricatures foisonnent, ainsi que de nombreuses images pixelisées, telles qu’elles ont pu être prises sur le vif par des téléphone portables ou des appareils numériques bon marché.
Certains témoignages sont très émouvants, notamment celui où l’on voit des images de journaux télévisés sans le son, avec une douce musique orientale en fond, et en bas de l’écran des fleurs qui s’ajoutent un à une au fur et à mesure du déroulement de la vidéo.

Les images de Nermine Hammam dans sa série UPPEKKAH , à la fois naïves et fortement symboliques, marquent durablement le regard du visiteur qui découvre au détour d’une salle des photographies de soldats, souvent jeunes, avec parfois le regard amusé, sur des fonds de cartes postales représentant les Alpes ou des champs de fleurs.
Si les images sont parfois dures, si l’on est impressionné par des regards, des attitudes, des paroles, il y a au-delà de tout cela souvent un message d’espoir, une vague de positivisme qui laisse espérer pour tous des jours meilleurs.

Nous attendons maintenant de voir ce que l’avenir réserve aux peuples qui se sont soulevés cette année, après tant de temps passé à vivre sous des régimes totalitaires. On sait en tout cas que l’on peut compter sur les artistes, photographes et vidéastes, et d’autres encore, pour nous livrer leur témoignage et nous livrer leur vision personnelle de l’histoire.

Arret sur Images

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(à gauche) Michket Krifa et le très chic Warren Sare / (à droite) Le très chic Warren Sare en compagnie de notre collaboratrice Olivia Marsaud © Sébastien Rieussec
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(à gauche) Remise du Prix Seidou Keita à Pieter Hugo / (à droite) Remise du Prix de l’Organisation International de la Francophonie à Khalil Nemmaoui © Sébastien Rieussec
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(à gauche) Remise du Prix de l’UE à Nyani Quarmyne (ex aequo) / (à droite) Remise du Prix de la fondation Blachère à Khaled Hafez © Sébastien Rieussec
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(à gauche) Remise du Prix du jury à Jehad Nga / (à droite) Remise du Prix Casa Africa à Elise Fitte-Duval © Sébastien Rieussec
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Remise du Prix de l’UE à Nyaba Léon Ouedraogo (ex aequo) © Sébastien Rieussec
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Tous les lauréats des différents prix décernés pendant les Reocntres © Sébastien Rieussec
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Un certain Dagara Dakin en train de jouer avec son APN © Sébastien Rieussec
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L’incontournable studio photo du CFP pendant les Rencontres © Sébastien Rieussec
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Vernissage de l’exposition Témoin à la galerie Medina © Sébastien Rieussec
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Le photographe nigerian, Abraham Oghobase, devant son exposition à la galerie Medina © Sébastien Rieussec

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Fabrice Monteiro

Je suis émerveillé par le niveau de la photographie africaine aujourd’hui et le grand nombre d’approches différentes que j’ai pu voir. C’est beau et plein de sens lorsque les africains posent un œil sur leur continent !
Pouvoir de surcroit rencontrer tout ces auteurs venus de tant d’horizons ainsi que les acteurs du marché est d’un enrichissement unique pour moi.
Magnifique événement !

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Pour tout ceux qui n’ont pas les moyens de payer 7000 fcfa le buffet du musée... © Fabrice Monteiro

Né en 1972, Fabrice Monteiro, métis bénino-belge, a grandi au Bénin. Il est un Agouda, descendant d’esclaves déportés vers le Brésil au XIXe siècle. À 22 ans, il débute une carrière de mannequin et parcourt le monde devant l’objectif de multiples photographes. En 2007, il fait la connaissance du photographe new-yorkais Alfonse Pagano auprès duquel il s’exerce à la photographie de studio. De 2010 à 2011, il suit une formation sur les techniques de photo graphie argentique à l’école de photojournalisme Le Septantecinq à Bruxelles. Associée à son histoire personnelle, son expérience de l’image oriente sa sensibilité sur les faits de société marquants de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui.
fabricemonteiro.viewbook.com