Rencontres de Bamako 2011 - édition du 6 novembre La 9ème biennale africaine de la photographie au jour le jour...

, par L’ équipe d’ Afrique in visu/ Rencontres de Bamako 2011

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Par Jeanne Mercier

C’est le dernier jour de la semaine professionnelle... Le dernier jour de la grande fête photographique ! Et c’est aussi une autre grande fête aujourd’hui à Bamako et dans les autres pays musulmans du continent, la Tabaski ou encore l’Aïd al-Kabîr.

Cette année, la biennale a vécu au rythme des projections de films de cinéastes d’Afrique : d’Un Homme qui crie (2010) de Mahamet Saleh Haroun, ou Guimba, un tyran, une époque (1995), de Cheick Oumar Sissoko en passant par le film La petite vendeuse de soleil (1998), de Djibril Diop Mambety. Un bon moyen de mettre en avant un autre médium, le cinéma ou l’image en mouvement et de réaliser des croisements...
La biennale 2011 a montré l’importance de renforcer l’aspect professionnalisant de ses Rencontres. Lectures de portfolio, débats, rencontres, les photographes étaient présents et en demande. Ces moments de partage et d’échanges porteront certainement leurs fruits dans les années à venir en accentuant le développement du secteur photographique.

Une bonne nouvelle pour ces 9èmes Rencontres de Bamako, un off en pleine effervescence signifie qu’un festival va bien. Et cette année, on a pu compter de nombreuses expositions et des projections en écho aux Rencontres. Les fidèles comme le CFP, l’association des femmes photographes du Mali et le Cinéma Numérique Ambulant qui, depuis des années, permettent au public local de découvrir avec humour et bonheur la photographie. Mais il y avait aussi des petits nouveaux, comme le collectif Djabugusso ou encore l’exposition Les Témoins initiée par Le Goethe-Institut d’Afrique du Sud et Simon Njami à la galerie Médina.
Hier dans le cadre du "off", il y avait encore quelques vernissages, l’exposition "Entre brousse et banlieue, le village de Lassa", à l’espace Sackoba à Niomyiranbougou, présente un travail photographique en cours depuis 2009 mené par quatre photographes, Aly Barro, Emmanuel Daou, Patrick Ertel et Yacouba Sangaré et témoigne de l’évolution du village de Lassa, en bordure de la capitale malienne en pleine expansion.
Ainsi le tout Bamako du milieu de la photographie était en fête : du centre ville aux périphéries.

En attendant, espérons que la biennale de Bamako, dont les expositions durent jusqu’au 1er janvier 2012, rencontrera son public. Que le public malien profitera de ce moment pour découvrir les photos en plein air dans les jardins du Musée National du Mali et les expositions parsemées dans de beaux lieux de la ville mis à disposition par le Mali.

Rendez-vous donc dans deux ans pour découvrir de nouveaux talents et continuer ces échanges qui font de la biennale de Bamako des Rencontres !

focus

Par Sarah Gilsoul

Off en extension : tour d’horizon

Cette année, les curieux des événements « en marge » du in de la biennale ne sont pas déçus : on compte une petite vingtaine de off, résultant d’initiatives aussi bien locales qu’étrangères, privées qu’associatives, installées dans des lieux établis ou nouveaux à Bamako.

Absent lors de l’édition précédente, le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) revient cette année pour investir trois cinémas de quartiers, et actuellement le CinéSoudan dans le centre de Bamako. En face, le Studio Photo Numérique Ambulant ne désemplit pas et embellit la rue de portraits colorés de bamakois. Une manière simple et efficace de créer des passerelles entre l’image photographique et cinématographique, et de familiariser le public avec la salle de cinéma, en projet de rénovation.

Le « Blonba » a mis son bel espace à disposition du collectif Diabugusso, le très attendu premier regroupement de photographes maliens, pour une exposition intitulée « La ville en mouvement ». C’est une première, pour laquelle les photographes ont choisis de travailler sur un thème qui leur est cher. On leur souhaite un bel avenir !

Prolongeant cette dernière thématique, la Maison Africaine de la Photographie (MAP) a proposé une exposition, « La Cité et nous », issue d’ateliers organisés dans le cadre de son programme de formation des photographes maliens. En se centrant sur le thème du paysage urbain, ces ateliers cherchent à sortir la photographie malienne des murs du studio et à documenter les évolutions urbaines.

La Galerie « Medina », un superbe nouvel espace dédié à la création contemporaine et qui abrite par ailleurs le bureau d’ARTerial-Mali, a ouvert ses portes avec l’exposition « Témoin/Witness ». Présentée par le Goethe-Institut et issue du projet « Photographers’ Portfolio Meeting », l’exposition questionne les photographes sur leur rapport aux contextes urbains et leurs évolutions, à l’histoire et à la mémoire collective.

A l’ambassade du Burkina Faso, une exposition autour de l’Indépendance montre les résultats d’un atelier organisé par Contraste et le Centre de Photographie de Ouagadougou. Les élèves de ce dernier, accompagnés par Warren Sare, sont venus avec la « caravane de l’image », pour former leur regard et nourrir leur réflexion, en espérant être présents aux prochaines Rencontres !

Hier enfin, la deuxième édition du Festival Africain d’Images Virtuelles Artistiques (FAIVA), proposé par le centre Soleil d’Afrique, s’est inaugurée en musique avec le groupe Bwazan. L’évènement proposera, pendant plus de deux semaines, des projections sur le monument même de l’Obélisque, au beau milieu d’un carrefour dans le quartier d’ACI 2000, fidèle à sa volonté d’engager un dialogue entre le public local, l’art contemporain et son usage des nouveaux médias.

Autant d’initiatives prometteuses donc, qui témoignent du désir des structures locales de participer au « moment biennale » et, au-delà, de prendre leur place dans la « capitale africaine de la photographie  » !

Arret sur Images

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(à gauche) La chèvre pneumatique / (à droite) Le Menu du jour © Sophia Baraket
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Les Unes de Bamako- Ghaddafi. © Sophia Baraket
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Marietou Diabate, une des photographes du studio des Rencontres © Seydou Camara
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Photo prise par les femmes photographes devant leur studio © Seydou Camara
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Abdoulaye Barry arrive au conservatoire © Seydou Camara
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Massira Touré une étudiante au conservatoire devant ces photographies © Seydou Camara
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© Rodrig Mbock
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© Rodrig Mbock
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Abdoulaye Barry, photographe tchadien © Rodrig Mbock
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Laura Serani, commissaire des Rencontres © Rodrig Mbock
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Francis Kodia, photographe congolais © Rodrig Mbock
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vernissage à l’espace Sackoba : Emmanuel Bakary Daou devant son exposition © Sébastien Rieussec
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vernissage à l’espace Sackoba - chef du village de Lassa © Sébastien Rieussec
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vernissage à l’espace Sackoba - Patrick ertel entouré du maire de Lassa (d) et du chef de village (g) © Sébastien Rieussec
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Jardin du Musée national © Seydou Camara
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L’indispensable © Sophia Baraket
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La sape en mode femme. © Sophia Baraket
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Vue panoramique du fleuve du Niger. © Sophia Baraket

invite

Baudouin Mouanda

Bamako, une course aux images !
Cette année, tout le monde l’a bien compris.La qualité des photos et exposition est encore et toujours au rendez-vous. La semaine professionnelle nous laissé le temps de faire aussi un tour dans les rues de la ville et de constater que cette année coïncide avec la fête du mouton, la Tabaski, ce dimanche.
Il ne reste presque plus de photographes dans la ville, ils ont déjà tous pris leurs vols. On a pu croiser dans la biennale, de nombreux collectifs du Nigeria, du Cameroun. Nous, le Collectif Elili de Brazzaville, on a pu se rassurer que le chemin des collectifs s’élargit avec entre autre le dernier né le collectif malien Djabugusso.
En attendant, que mes confrères se bousculent pour les 10èmes Rencontres en 2013, ma visite à Bamako cette 9ème édition m’a permis de comprendre les problématiques de la lutte face a un monde durable. A tous les photographes qui nous ont donné leurs points de vue, Bravo !

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Le repas de l’Aïd el Kébir © Baudouin Mouanda

Baudouin Mouanda (1981), Photographe Congolais, membre du Collectif Génération Elili et d’Afrique in visu.
Ce photographe débute la photographie en 1993. En 2009-2010, il expose ce travail sur la SAPE dans le cadre de l’exposition « L’art d’être un homme » au Musée Dapper à Paris. Cette même année, Baudouin Mouanda a été exposé dans le cadre des Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako où il a obtenu le prix Jeune Talent et un prix de la fondation Blachère. En 2010, Baudouin Mouanda a exposé à Paris, au Bénin, et à Arles. Il expose actuellement son travail sur la Sape et le Hip-Hop à Helsinki dans l’expo Ars 11.