TUGAWE (Partageons) Campagne multi-plateformes de sensibilisation et de plaidoyer pour l’égalité des genres en R.D. Congo et en Belgique.

, par Eliane Beeson et Francois Vaxelaire

AVANT PROPOS

Tugawe ("Partageons")
Campagne multi-plateformes de sensibilisation et de plaidoyer pour l’égalité des genres en R.D. Congo et en Belgique
Par Free Advice et L’Observatoire de la Parité

Le coeur du projet est une exposition de photographies intitulée "Femmes rurales, bêtes de somme du Kivu ? » qui sera présentée dans les rues de Bukavu, capitale du sud Kivu (est de la RD Congo), dans le cadre de l’évènement de clôture de la troisième Marche Mondiale des Femmes, qui se déroulera du 14 au 18 octobre 2010. Une centaine de photographies -portraits plain-pied grandeur nature de femmes et filles porteuses de ballots regorgeant de racines ou feuilles de manioc, charbon de bois, bananes, oignons, cannes à sucre, volumineux fagots de bois, etc.- seront accrochées le long de la route qu’emprunteront les milliers d’activistes de la Marche. Des acteurs associatifs venus du monde seront à Bukavu durant 4 jours en solidarité avec les femmes congolaises pour promouvoir les droits de la femme ainsi que la paix et la démilitarisation. La MMF donnera une répercussion internationale au lancement de la Campagne et mettra l’accent sur la force et la dignité des femme transporteuses, nombreuses mais invisibles, qui semblent porter sur leurs épaules le poids de la situation sociale, politique et économique de l’est du Congo. Cet évènement visuel fort sera accompagné d’une variété d’activités programmées par les délégations de la Marche Mondiale des Femmes à Bukavu et notre partenaire "L’Observatoire de la Parité". Le 10 octobre, quelques photographies seront visibles au Musée Royal de l’Afrique centrale à Bruxelles étant donné que les organisations internationales de femmes se mobilisent dans la capitale belge juste avant de s’envoler pour Bukavu.

LE PROJET

Campagne multi-plateformes de sensibilisation et de plaidoyer pour promouvoir l’égalité des chances entre les hommes et les femmes dans le contexte social, politique et économique des provinces de l’Est de la République démocratique du Congo à travers l’autonomisation et le renforcement de la participation des femmes à tous les niveaux ainsi que la sensibilisation de tous les acteurs, hommes et femmes, en RD Congo et en Belgique.

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Femmes porteuses © Eliane Beeson & Francois Vaxelaire / Free Advice

La Campagne est constituée de :

  • Une exposition itinérante et « hors les murs » de photographies des « femmes transporteuses » : la question du travail de portage des marchandises agricoles au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, renvoie à une situation concrète d’inégalité fondée sur le genre. L’exposition marquera le lancement de la Campagne en octobre 2010 et aura une répercussion internationale grâce à la troisième « Marche Mondiale des Femmes » ;
  • Des spots radio, tables de discussions et ateliers de formation sur les stéréotypes et les rôles liés au genre aux Nord et Sud-Kivu ;
  • Un site web interactif avec du contenu multimédia (web-documentaire) qui donne une répercussion internationale et de la viabilité à la Campagne.

PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE

Le projet adresse la question des violences contre les femmes (VCF) dans les
provinces de l’est de la RD Congo à partir d’une approche intégrée, globale et basée sur le genre qui prend en compte les différentes facettes de ce phénomène. Les violations des droits des femmes sont majoritairement présentées comme un aspect de la vulnérabilité inhérente des femmes, et très peu d’attention continue à être octroyée aux VCF dans les sphères politique, sociale et économique.

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Femmes porteuses © Eliane Beeson & Francois Vaxelaire / Free Advice

Nous avons choisi de prendre la situation des « femmes transporteuses » comme point de départ pour une compréhension approfondie de la nature complexe des VCF dans la région de l’Est Congo et dans le monde. La VCF est un phénomène de portée mondiale : « la violence à l’égard des femmes traverse les frontières d’âge, de race, culture, richesse et de géographie. Elle a lieu dans les maisons, les rues, les écoles, les lieux de travail, les champs, les camps de réfugiés, durant les conflits et les crises. Elle se manifeste sous
plusieurs formes (..). Au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, forcée d’avoir des rapports sexuels ou brutalisée d’une autre manière au cours de sa vie. Elle connaît généralement l’auteur de ces sévices »1. La situation des « femmes transporteuses » de l’est du Congo est à peine une forme et un exemple de violence à l’égard des femmes.
Dans les provinces du Nord et Sud Kivu, le travail de portage est exécuté
presqu’exclusivement par des femmes, de tous âges, qui parcourent de longues distances en transportant sur leur dos de très lourdes charges (jusqu’à 200 kg) comme de véritables bêtes de somme. La plupart des femmes ont commencé ce lourd travail comme conséquence des pertes
et désastres découlant de la guerre.
Dans d’autres pays et dans d’autres coins du Congo, ces charges sont transportées à dos d’animal ou sur des camions surchargés ou, là où les routes sont impraticables, sur des vélos d’origine chinoise. Pour des raisons sociales et culturelles, les hommes ne peuvent pas transporter de lourdes charges sur leur dos. Beaucoup sont sans emploi. L’économie entière de
la région repose sur les épaules des femmes, principales transporteuses de marchandises vers les marchés locaux.
De cette répartition des rôles déséquilibrée et de cette disparité choquante entre les hommes et les femmes dans l’exécution des travaux quotidiens découlent d’autres inégalités.
Ce projet réalisé en partenariat avec « l’Observatoire de la Parité », une ONG de droit congolais, s’inscrit dans la "Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le Genre" lancée récemment par la Ministre du Genre en RD Congo.

CONTEXTE ET JUSTIFICATIONS

Les provinces de l’Est de la RD Congo ont reçu le label de « pire endroit au monde pour être une femme ». La guerre a éclaté dans l’est de la RD Congo comme une conséquence indirecte du génocide rwandais, et avec elle l’accroissement des violences contre les femmes.

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Femmes porteuses © Eliane Beeson & Francois Vaxelaire / Free Advice

Malgré la transition en cours depuis la signature des accords de paix signés en 2003 suivie par les premières éléctions générales en 2006, le conflit ravage sporadiquement la région depuis 1996.
De notre point de vue, les femmes transporteuses sont un symbole : elles sont courbées, supportant la charge familiale ainsi que le poids de la situation sociale, politique et économique de l’Est de la RDC. Cette situation de « violence économique » n’est pas seulement une conséquence, mais aussi une cause des inégalités liées au genre. Comme le définissent les Nations-Unies, les VCF sont le résultat « de relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes ». Par conséquent, les VCF sont « tout acte de violence qui concerne les personnes de sexe féminin et qui occasionne directement ou indirectement un mal ou une souffrance physique, sexuelle ou mentale aux femmes, y compris les menaces de tels actes, la coercition, la privation arbitraire de liberté que ce soit dans la vie publique ou privée ».
Fin 2009, après avoir passé plusieurs mois au Mozambique à concevoir et élaborer une Campagne pour promouvoir les Droits des personnes en situation de handicap avec une attention particulière portée aux femmes (victimes d’une double discrimination), nous avons entendu parler des projets de l’ONG congolaise « L’observatoire de la Parité ». A cette époque, cette association sans but lucratif locale entamait une action de plaidoyer sur la situation des femmes transporteuses dans les provinces du Kivu avec un projet d’expositions de photographies. Interessés par l’initiative, nous leur avons proposé de produire une exposition « hors les murs » en Belgique et en RD Congo. Grâce à une compréhension mutuelle, le reportage photographique s’est transformé en Campagne Multi-Plateformes.

PARTENAIRE

L’Observatoire de la parité a pour mission d’assurer le suivi des progrès de la parité en RDC au niveau du pouvoir social, du pouvoir économique et, dans un premier temps, du pouvoir politique en surveillant et en stimulant la mise en oeuvre effective de la parité. L’Observatoire de la parité est un mécanisme de vigilance et de suivi effectif de la parité et de l’égalité entre les sexes et de la promotion de la femme, à travers deux instruments : un Indice de la
parité5 et un Tableau de bord6. Ces deux outils servent de base à des actions de Plaidoyer et de Sensibilisation. Pour plus d’informations, voir le site www.observatoiredelaparite.org.
L’observatoire de la Parité est une organisation de droit congolais créée le 8 mars 2008 qui bénéficie de l’appui du Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH) à travers sa Coordination de lutte contre les violences basées sur le Genre.

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Description projet Femmes Transporteuses

Si le projet d’exposition de photographies sur les femmes transporteuses du Sud Kivu-RD Congo vous intéresse, il est sur kickstarter.com, une plateforme de financement collectif de projets basée sur la collecte de dons en ligne

CONTACT

Free Advice / Meltin’Pop ASBL
131 rue Sans Souci
1050 Brussels - Belgium
info@free-advice.be

Voir en ligne : free-advice.be