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	<title>Archives des Photographie Noir &amp; Blanc - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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		<title>« Ce qui nous arrive ici, en plein visage » &#8211; Interview de Yasmine Chemali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 11:20:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis son ouverture il y a un an et demi, nous suivions les projets du Centre de la Photographie de Mougins, dernier centre photographique ouvert en France. C&#8217;est à l&#8217;occasion de son exposition en deux volets  » Ce qui nous arrive ici, en plein visage » que nous avons eu l&#8217;occasion de nous y rendre et de rencontrer sa directrice Yasmine Chemali. C&#8217;est une plongée dans deux univers photographiques et vidéos très diverses, avec Catherine de Clippel et « Photographier les vodous » et Marie Baronnet et « Amexica » sur lesquels nous revenons dans cet entretien à trois voix. Pour mieux comprendre ce rapprochement</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/ce-qui-nous-arrive-ici-en-plein-visage-interview-de-yasmine-chemali/">&lt;strong&gt;« Ce qui nous arrive ici, en plein visage »&lt;/strong&gt; &#8211; Interview de Yasmine Chemali</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="8158" class="elementor elementor-8158">
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<p>Depuis son ouverture il y a un an et demi, nous suivions les projets du<strong> Centre de la Photographie de Mougins</strong>, dernier centre photographique ouvert en France.</p>
<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de son exposition en deux volets  » <em>Ce qui nous arrive ici, en plein visage</em> » que nous avons eu l&rsquo;occasion de nous y rendre et de rencontrer sa directrice <strong>Yasmine Chemali</strong>. C&rsquo;est une plongée dans deux univers photographiques et vidéos très diverses, avec <strong>Catherine de Clippel</strong> et « <strong>Photographier les vodous</strong> » et <strong>Marie Baronnet</strong> et « <em>Amexica</em> » sur lesquels nous revenons dans cet entretien à trois voix. Pour mieux comprendre ce rapprochement de deux approches, périodes, territoires différents dans ce projet d&rsquo;exposition,  quelques mots de la préface de <strong>François Cheval</strong> : « <em>Entre les photographies de Marie Baronnet, prises à la frontière mexicaine, et celles de Catherine De Clippel, capturées en Afrique de l’Ouest, se noue pourtant une relation étonnante. Toutes deux saisissent ce qui se passe entre ce qui s’ouvre et ce qui se ferme, cet au-delà qui attise la curiosité propre à l’homme. Car, pour ce dernier, il faut toujours appréhender ce qui se cache et se trouve de l’autre côté. Le désir du franchissement affirme la volonté quasi génétique de percer à jour le mystère d’un autre territoire. »</em></p>
<p> </p>
<p><strong>Nous avons pu découvrir le Centre de la photographie de Mougins dans le cadre de l&rsquo;exposition actuelle, « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet et le public de ce centre ?</strong><br />Le <a href="https://centrephotographiemougins.com/les-expositions/">Centre de la photographie de Mougins</a> ouvrait ses portes en juillet 2021 en période de pandémie, dans l’espoir d’ouvrir un nouveau lieu qui servirait les multiples tendances de la photographie contemporaine. La mission principale du Centre est le soutien à la création et aux expérimentations des artistes, qu’ils soient français ou étrangers, émergents ou confirmés, par les trois expositions annuelles. Nous réalisons également une publication en lien avec les expositions qui appelle une réflexion anthropologique, historique, littéraire voire musicale et sort du champ de l’histoire de l’art. Enfin, les résidences de création, de transmission ainsi que l’éducation à l’image font du Centre un lieu vivant, engagé auprès des publics.<br />Le Centre de la photographie de Mougins est un service municipal et travaille en cela pour son public local, celui du 06 et de la région Sud. Le public du Centre est aussi celui d’un réseau, à l’échelle locale et régionale (réseau Botox(s), Plein Sud, Grand Arles Express), dans le but de promouvoir la photographie telle que nous la défendons, l’édition photographique telle que nous la concevons, ainsi que les valeurs que nous prônons. Sur le plan photographique, nous créons des liens avec le réseau Diagonal, ou encore l’association des éditeurs France Photo Book. Ouvert à tous, avec une programmation exigeante, le Centre participe à la politique culturelle d’une ville et à son rayonnement.</p>
<p></p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_1-685x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vue de l&rsquo;exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Comment peut-on définir la ligne curatoriale et les premières expositions ?</strong><br />Être en lien avec le réel par le choix de sujets actuels puissants, en respectant les critères de parité, en attribuant la place qui est due à la photographie féminine, être en état de vigilance permanente, à l’affût d’autres expressions extra-européennes, est la seule règle présidant aux choix de la programmation. Cette appétence, une ambition, requiert une mise en œuvre soutenue de dispositifs et d’actions en vue d’une diffusion de l’art contemporain. Sur les cinq expositions réalisées, nous avons présenté sept artistes dont cinq sont des femmes : Isabel Muñoz, Jenny Rova, Natasha Caruana, Li Lang, Yuki Onodera, Tom Wood et Catherine De Clippel. La ville de Mougins soutient cette diversité et ambition en nous permettant, à François Cheval – directeur artistique du Centre – et moi-même de soutenir des artistes et des projets photographiques puissants. Avec Isabel Muñoz, nous découvrions le Japon des danseurs de butoh, le monde des yakusas ou du shibari ; Jenny Rova et Natasha Caruana nous proposaient leur propre interprétation de l’amour se mettant à nu avec un recul et un regard d’analyste scientifique (Caruana) ou avec un sens certain de l’autodérision (Rova). Li Lang avec son parcours en train à travers la Chine, une photo par minute, projetée en installation par cinq vidéoprojecteurs, plongeait le public dans un voyage initiatique, alors que les tirages recomposés de Yuki Onodera jouaient avec notre cerveau. Les séries « historiques » de Tom Wood nous plongeait dans un Liverpool haut en couleurs de la fin des années Thatcher, échappant aux stéréotypes auxquels une certaine photographie documentaire britannique nous a habitué.</p>
<p></p>
<figure class="wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<p> </p>
<figure><img decoding="async" data-id="8173" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_6-1024x770.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vues de l_exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8171" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_4-1024x684.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vues de l_exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Actuellement, vous présentez une exposition dont la singularité est de s&rsquo;articuler autour de deux volets, intitulée « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », pourriez-vous en nous en évoquant ce titre, revenir pour nous sur l&rsquo;histoire du projet ?</strong><br />Je crois que la préface écrite par François Cheval répond parfaitement à cette question :<br />À la frontière séparant les États-Unis et le Mexique se dresse une barrière, une muraille sinistre et connue de tous. À elle seule, elle incarne tous les murs et refus de l’autre. Ailleurs, en pays dogon, d’autres bornes se dressent, sous forme de sculptures en terre, posées directement sur le sol. Des protubérances qui dissocient les vivants des esprits. Entre les photographies de Marie Baronnet, prises à la frontière mexicaine, et celles de Catherine De Clippel, capturées en Afrique de l’Ouest, se noue pourtant une relation étonnante. Toutes deux saisissent ce qui se passe entre ce qui s’ouvre et ce qui se ferme, cet au-delà qui attise la curiosité propre à l’homme. Car, pour ce dernier, il faut toujours appréhender ce qui se cache et se trouve de l’autre côté. Le désir du franchissement affirme la volonté quasi génétique de percer à jour le mystère d’un autre territoire. Les vodous, fréquentant les mêmes espaces que les humains, errant dans des zones aux limites incertaines, symbolisent ainsi ce qui lie et ce qui sépare, pour mieux confondre le même et l’autre. La frontière est bien plus qu’un événement historique. Elle est pour nos deux photographes un entre-deux où, à la fois, vie et mort se frôlent pour parfois se confondre. Et c’est dans ces moments, entre chien et loup, dans ces nuits fantomatiques, dans l’instabilité qui est la nature même du vivant, que l’on nous conduit dans ces zones de confins, à la fois rupture et point de départ. Là où se repensent les nouvelles frontières de l’identité.</p>
<p></p>
<p>Dans sa préface à Dieux d’Afrique,<br />Théodore Monod pose cette phrase fulgurante :<br />« Ce qui nous arrive ici, en plein visage, à l’improviste,<br />ce n’est pas l’habituelle matière à curiosité […],<br />ce précieux butin, il n’était pas à la portée<br />d’un touriste ordinaire, ou même à un ethnologue<br />du modèle habituel, de le conquérir […],<br />Pierre Verger ne dit pas tout, et ne montre pas tout.<br />Car c’est, aussi, un sage. »<br />Pierre Verger,<br />Dieux d’Afrique,<br />Paris, Paul Hartmann,<br />1954.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Jean-Paul-Colleyn-Catherine-De-Clippel-filmant-une-ceremonie-de-succession-1988-Anfouin-Togo-1024x669.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Jean-Paul Colleyn Catherine De Clippel filmant une cérémonie de succession 1988 Anfouin, Togo</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure class="wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<p> </p>
<figure><img decoding="async" data-id="8161" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Hache-du-vodou-Hevieso-1988-Aklakou-Togo-683x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Catherine De Clippel Hache du vodou Hevieso 1988 Aklakou, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8164" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Vodou-Legba-1989-Seko-Togo-670x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Catherine De Clippel Vodou Legba 1989 Séko, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8166" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Vodou-Zangbeto-1989-Seko-Togo-659x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Catherine De Clippel Vodou Zangbeto 1989 Séko, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
</figure>
<p></p>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Acolyte-au-vodou-Djagli-1989-Seko-Togo-1024x680.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Catherine De Clippel Acolyte au vodou Djagli 1989 Séko, Togo</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Nous connaissions le travail vidéo de Catherine De Clippel sur l&rsquo;Afrique mais finalement très mal son travail photographique. Comment s&rsquo;est passé le travail de recherche, documentation, et numérisation ?</strong><br />Assez simplement (pour nous) ! Catherine est une bonne élève, cela a été très facile de travailler avec elle. Elle nous a fait directement confiance pour monter le projet. À son origine, un texte, celui que François Cheval écrit pour le livre Photographier les vodous : Togo-Bénin 1988-2019 paru à la Maison des sciences de l’homme en 2020. Ça a été le point de départ à l’invitation à Mougins. Catherine était aussi la photographe qu’il fallait pour tisser et renforcer encore ce lien que nous établissons entre photographie et entropie, entre photographie et anthropologie. Catherine nous a donné accès à beaucoup de matériel, nous sommes allées chez elle pour visionner les films aussi.<br />Pour les tirages, par la suite, il a fallu qu’elle fasse renumériser en haute définition ses négatifs, afin de pouvoir les tirer aussi grand pour l’exposition (90&#215;135 cm). Cela n’empêche pas le grain qui est très largement présent, et l’impression sur du papier de riz renforce cet effet presque sableux du tirage. Pour le film, la colorimétrie a complètement été retravaillée aussi par l’agence de création numérique on situ avec qui nous avons travaillé pour projeter le film « Les dieux-objets » (1989).</p>
<p></p>
<p><strong>Vous exposez ici, un travail autour des vodous, au Togo et au Bénin, sous le titre « Photographier les vodous : Catherine De Clippel », que découvre -t-on ? Et comment le public réagit ?</strong><br />Les médiations sont incroyables. Les retours très positifs. Les échanges avec le public passionnants. Quasiment chaque semaine (sans exagération), nous rencontrons une personne qui a eu une ou des expériences avec un vodou : bien sûr quelques visiteurs originaires du Togo ou des voyageurs, mais aussi des personnes venant du Brésil, de la Réunion ou d’ailleurs. Je salue mon équipe de médiatrices qui ont été encore plus humbles dans leurs discours et beaucoup dans le partage. Nous accompagnons les visiteurs, comme à chaque exposition, mais peut-être que c’est encore plus nécessaire ici.</p>
<p></p>
<p><strong>En mars, vous ouvrirez le second volet de l&rsquo;exposition en couleur, avec un travail contemporain « Amexica » de Marie Baronnet. Que pourra-t-on y voir ?</strong><br />Oui. Si le terme « vodun » suggère l’insaisissable, le projet Amexica donne à voir une frontière bien visible. C’est en 2009 que Marie Baronnet (photographe française vivant et travaillant à Los Angeles) commence à photographier et à filmer régulièrement la frontière mexico-américaine, d’un bout à l’autre, allant de l&rsquo;océan Pacifique jusqu’au golfe du Mexique. Elle explore toutes les facettes de cette frontière pendant une dizaine d’années, rencontrant des migrants et des militants, des médecins légistes, des « coyotes », des shérifs et des agents de la police des frontières ou encore des Minutemen. Tous incarnent la vie à la frontière. Dans un va-et-vient constant entre deux mondes, entre perte et espoir, Marie Baronnet crée un documentaire qui aide à comprendre ce qu’il se joue aujourd&rsquo;hui au cœur du territoire « amexicain ».<br />L’exposition présentera un long métrage de 95 minutes que Marie a réalisé avec Raoul Peck (Velvet Film) en collaboration avec Arte ainsi que des tirages de son travail à la frontière.</p>
<p></p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9660-1024x683.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Mur ouvert : ancienne et nouvelle clôture. Les panneaux métalliques datant de la guerre du Vietnam, installés au milieu des années 1990, ont été remplacés par de nouvelles clôtures. Le 17 décembre 2019, le commissaire des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a déclaré que 149 669 kilomètres de barrières avaient été construits pendant l&rsquo;administration Trump, la plupart, remplaçant des structures existantes.<br />Baja California, Basse-Californie, Tijuana, Mexique, 2009</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure class="wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<p> </p>
<figure><img decoding="async" data-id="8185" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9992-1024x683.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Migrants traversant la frontière du côté américain.<br />Naco, Arizona, États-Unis, 2010<br />Tirage jet d&rsquo;encre</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8184" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9956-683x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Glen Spencer, militant d&rsquo;extrême droite luttant contre l&rsquo;immigration clandestine, fondateur et président de la American Border Patrol.<br />Tucson, Arizona, États-Unis, 2011<br />Tirage jet d&rsquo;encre</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8182" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_5248-683x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet<br />Miroir, outil de communication entre migrants<br />Naco, Mexique, 2010</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8180" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_5045-1024x683.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Billets de banque, dollars et pesos.<br />Mexicali, Mexique, 2009<br />Tirage jet d&rsquo;encre<br />29 x 42,5 cm</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8178" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_DSC9033-1024x681.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Tea Party Rally<br />Désert de Sonora, Arizona, États-Unis, 2010</figcaption>
</figure>
<p></p>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Pourriez- vous revenir sur le projet éditorial qui accompagne vos expositions et en particulier celui de « Ce qui nous arrive ici, en plein visage » ?</strong><br />Croiser, mettre en conversation les disciplines hors du champ photographique : l’anthropologie, la géographie, le scientifique, les études postcoloniales ou de genre ; ramener la photographie à sa mission première, un élément de compréhension du monde, tel est l’objectif des Cahiers du Centre de la photographie de Mougins. Croire que la photographie est un geste utile dans sa capacité à agir sur le monde et prenant part aux changements qui le traversent. Croire encore au papier comme support d’expression et d’écritures diverses. Penser cette revue sous format papier pour l’objet qu’il représente, sa nature transportable et le seul bonheur de tourner les pages. Imaginer une édition qui installe l’image et le propos dans une lecture et une temporalité différentes.<br />Cahiers est une revue, sous format papier, trimestrielle et indépendante.<br />Son positionnement : se situer entre le livre photo luxueux, le catalogue d’exposition à la faible pérennité et le livre de vulgarisation. Initié par le Centre de la photographie et en réflexion avec Michel Lepetitdidier, designer graphique à qui est confiée la lourde tâche de trouver la voie d’une nouvelle écriture des pratiques photographiques, Cahiers se veut simple et économique, l’hybride entre le roman et la reproduction de l’image pointue.<br />Alternant cahiers en une seule couleur sur papier de type bouffant pour le texte et cahiers couleur sur papier propre à la restitution la plus fine de l’objet photographique, en bichromie ou en quadrichromie, le format est optimisé (17 x 24 cm) réduisant au maximum la chute de papier. Une impression en circuit-court auprès d’imprimeurs garantissant le savoir-faire en matière d’édition sera privilégiée, assurant la maîtrise de l’impression, de la reliure en cahiers cousus et du façonnage.</p>
<p></p>
<p>Pour les Cahiers #5, « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », nous avons invité deux auteurs : le premier, Jean-Paul Colleyn, anthropologue et chercheur à l’Institut des mondes africains (IMAF / CNRS-IRD-EHESSuniv. Paris I-EPHE-AMU) dont les travaux portent essentiellement sur les pratiques religieuses au Mali, les cultes de possession en Afrique, l’anthropologie de l’art ainsi que l’anthropologie visuelle ; le second, Jérôme Esnouf, normalien, agrégé de philosophie et docteur en science politique.</p>
<p></p>
<p>« Les murs ont manifestement quelque chose<br />à voir avec la mort, qu’il s’agisse de la provoquer<br />ou de l’écarter. Lorsqu’ils séparent arbitrairement<br />les groupes humains, certains murs peuvent<br />susciter le désir risqué d’être franchis ; d’hier et<br />d’aujourd’hui, leur imposante masse vise à empêcher<br />des dynamiques nomadiques et migratoires<br />de menacer les territoires circonscrits. »<br />Extrait du texte de Jérome Esnouf, « Des murs et des morts », Cahiers #5 « Ce qui nous arrive ici, en plein visage ». </p>
<p></p>
<p><strong>Quels sont vos prochains projets et enjeux pour 2023/ 2024 ?</strong><br />On continue ! En matière d’expositions déjà, nous poursuivrons nos engagements en présentant des photographes femmes avec Marie Baronnet, Anna Niskanen à l’automne 2023, Jessica Backhaus en hiver 2024,  puis un travail sur la place des femmes au sein du Black Panther Party pour l’été 2024. Pour cet été, nous mettons en avant la figure d’Harold Feinstein (1931-2015). Photographies de New York, de Coney Island, Brooklyn, Feinstein est le plus jeune membre de la Photo League. Il photographiera le conflit en Corée (1954) avant revenir à Coney Island d’où il n’est jamais très loin. L’enseignement du photographique, la pédagogie, sera une des grandes passions du photographe.<br />Le Centre participe de l’offre culturelle de la ville de Mougins. Nous travaillerons avec et pour les publics locaux et des alentours, pour faire du Centre un lieu encore plus convivial et d’échanges.</p>
<p></p>
<p><strong>Chère Catherine de Clippel, Chère Marie Baronnet, après notre entretien avec Yasmine Chemali nous avions envie de revenir sur  la genèse de vos deux projets exposés ici respectivement .<br />Pourriez-vous nous raconter comment vous voyez ce rapprochement opéré de vos deux pratiques à travers cette exposition ?<br />Quels sont vos prochains projets en 2023/2024 ? <br /></strong></p>
<p></p>
<p><strong>Catherine De Clippel :</strong><br /><strong>Genèse :</strong><br />La publication de la Maison des sciences de l’homme est le point du départ du projet. Nous avions déjà fait des livres avec les films de la série « Vivre avec les dieux ». Jean-Pierre Dozon a proposé à la Maison des sciences de l’homme de faire un livre de photographies, ce qui était une première. François Cheval, anthropologue, a été contacté pour écrire une contribution dans Photographier les vodous ; c’est lui qui a ensuite eu l’idée de faire l’exposition à Mougins.</p>
<p></p>
<p><strong>Nos deux pratiques : </strong><br />Dans les deux cas, nous sommes dans le monde des frontières. C’est évident dans le travail de Marie Baronnet. Le monde des vodous c’est le monde du seuil, du visible à l’invisible. Cette population sud-américaine se lance dans un projet car la vie est devenue insupportable et les migrants se rendent en territoire inconnu, car non vécu. C’est l’inconnaissable pour eux. Dans le vodou, on retrouve ce dialogue entre le visible et l’invisible, à la différence que dans le vodou tout est encadré d’invisibles puissants, dangereux mais aussi on est apaisés parce qu’il y a la présence humaine qui encadre le tout grâce au bokono (devin) qui est l’intermédiaire. L’homme qui va voir le bokono fait face, avec toute la société autour au malheur ; alors que de l’autre côté de la frontière, eux, sont seuls. Seuls pour appréhender ce qu’ils souhaitent comme un nouveau départ.</p>
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<p><strong>Prochains projets : </strong><br />Le prochain projet est une exposition à Nantes en juin, une initiative de Jean-Yves Augel. Seront présentés des artistes béninois du siècle dernier ainsi que des artistes contemporains. Le vodou y aura une grande place avec une présentation d’objets de culte et une collection de masques. Je réfléchis à y présenter des tirages d’Egungun avec un travail sur la couleur, assez différent de ce qui est présenté à Mougins.</p>
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<p><strong>Marie Baronnet :</strong><br />Genèse :<br />J’ai commencé à travailler à la frontière Mexicaine et Américaine en 2009 influencée par les livres de Mike Davis et Julian Cardona sur ce sujet. Avec comme objectif initial de marcher le long du mur et de photographier cette frontière, la vie et la mort, d’un bout à l’autre, allant de la Californie jusqu’au golfe du Mexique vers l’Atlantique. <br />En 2011 ce projet réalisé en photos et en vidéo m’amène à m’installer en Californie. Ma condition d’immigrante en Amérique me pousse à documenter les différents destins moins favorisés de ceux et celles qui tentent de traverser cette frontière dans l’espoir d’une vie meilleure. Et à travers ces histoires, documenter et comprendre les tensions politiques, géopolitiques, économiques et humaines qui se jouent entre ces deux pays frontaliers. </p>
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<p><strong>Nos deux pratiques : </strong><br />Je ne serai pas vraiment comme répondre à cette question autrement qu’en disant que ce qui nous rapprocherait (Catherine et moi) serait peut-être notre pratique documentaire à travailler sur un sujet sur la durée et au-delà du spectre médiatique. En le documentant sous tous ces angles de façon presque anthropologique. <br />Quelle est l’histoire personnelle qui se joue à travers nos pratiques aussi distinctes l’une que l’autre ? Deux femmes photographes dans un milieu artistique éminemment privilégié et masculin, c’est déjà ça. Deux femmes blanches aussi. De fait nos sujets nous renvoient la question. La réponse à mon avis se trouve quelque part entre la pratique artistique et l’activisme individuel et personnel et comment ces deux questions se répondent et se nourrissent l’une de l’autre. </p>
<p><strong>Prochains projets : </strong><br />Je suis actuellement en phase de pré-production de mon second film documentaire (produit par VelvetFilms / Raoul Peck) Ou depuis 2020 je suis le parcours d’hommes et de femmes sans abris dans les rues de Los Angeles ou je vis. <br />Je poursuis aussi le tournage d’un documentaire sur un groupe de (femmes, de mères principalement) à la recherche de leurs enfants disparus dans la région du Sonora au Mexique. <br />J’ai terminé en 2022 un livre intitulé AMEXICA sur la frontière Mexicaine et Américaine en collaboration avec le graphiste Ricardo Baez. Je n’ai pas encore d’éditeur(trice) à ce jour. </p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/ce-qui-nous-arrive-ici-en-plein-visage-interview-de-yasmine-chemali/">&lt;strong&gt;« Ce qui nous arrive ici, en plein visage »&lt;/strong&gt; &#8211; Interview de Yasmine Chemali</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Les identités géo-émotionelles, Interview de Ziad Naitaddi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-ziad-naitaddi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2022 14:33:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[ziad naitaddi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Photographe, Ziad Naitaddi est né en 1995 à Rabat, au Maroc. A travers une approche cinématographique de la narration, » Il se peut que des gens pensent que mes photos ressemblent à des plans de films mais non, l’influence du cinéma sur mon travail est plutôt du narratif, de l’invisible, de creuser dans l’âme humaine. Le cinéma s’applique invisiblement à ma pratique photographique« , il explore depuis 2013&#160; sous la forme de documentaire et de fiction différents sujets&#160; allant de l&#8217;identité, la migration ou encore aux paysages . Dans cette interview, il revient sur son parcours et son esthétique propre. Peux -tu</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-ziad-naitaddi/">Les identités géo-émotionelles, Interview de Ziad Naitaddi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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<p><p><strong>Photographe, Ziad Naitaddi est né en 1995 à Rabat, au Maroc. A travers une approche cinématographique de la narration, » <em>Il se peut que des gens pensent que mes photos ressemblent à des plans de films mais non, l’influence du cinéma sur mon travail est plutôt du narratif, de l’invisible, de creuser dans l’âme humaine. Le cinéma s’applique invisiblement à ma pratique photographique</em>« , il explore depuis 2013&nbsp; sous la forme de documentaire et de fiction différents sujets&nbsp; allant de l&rsquo;identité, la migration ou encore aux paysages . Dans cette interview, il revient sur son parcours et son esthétique propre.<br></strong></p>
<p><strong>Peux -tu nous raconter comment tu es devenu photographe ?</strong><br>À l’âge de 16 ans, je voulais&nbsp; devenir cinéaste.&nbsp; Je ne sais pas comment m’est venu cet amour envers le cinéma mais c’était le rêve du moment. J’étais déterminé à devenir cinéaste après mon BAC. A ce moment là, je découvre un film qui s’appelle <em>Le Silence</em> d’Ingmar Bergman. Véritable coup de foudre. J&rsquo;étais encore au lycée et&nbsp; inconsciemment je m’étais rendu compte qu’un autre cinéma existait que celui que je connaissais. Que le cinéma pouvait raconter des choses alors qu’on pensait qu’elles n’étaient pas racontables.&nbsp; En regardant ce film ; il y a eu quelque chose qui s’est imposé en moi:&nbsp; le fait le cinéma soit un art spirituellement fort, divin… sa capacité de creuser l’intérieur humain. ça a été&nbsp; le premier déclic et puis j&rsquo;ai commencé à enchainer les films: Bergman m’a emmené vers Ozu, Tarkovski, Angelopoulos, Les frères Dardenne, Zviaguintsev, jusqu’au jour où je découvre accidentellement un film qui s’appelle <em>UZAK</em> de Nuri Bilge Ceylan. La en fait, je me regarde, je me vois dans ces personnages, je m’identifie pour la première fois dans ma vie, en ne sachant même pas ce que ça veut dire s’identifier à un personnage.&nbsp; En effet ma relation avec le cinéma c’est cette identification humaine a l’autre et cette réflexion sur l’intérieur humain. C’est surtout grâce à Uzak, qui a reflété mes parts sombres, en mon âme, que je pensais être le seul a les sentir, mais en les découvrant chez Ceylan, ça n’est plus que moi ou Ceylan, mais c’est quelque chose d’universelle. C’est pour ça j’ai eu l’envie de devenir auteur, avant que je devienne photographe, l’envie de devenir auteur-cinéaste. Faire un film à 17 ou 18 ans, c’était impossible, déjà je ne disposais pas des moyens afin de faire des études de cinéma, c’était très dur financièrement pour moi de&nbsp; payer une école de cinéma au Maroc ou à l’étranger.&nbsp; De plus,&nbsp; le cinéma aux yeux de mon environnement familial n&rsquo;était pas un art qui&nbsp; allait m’assurer une forme de stabilité sociale et financière, je me suis donc inscrit à l’université à Rabat pour des études économiques . A coté j’essayais de combler cette envie de devenir cinéaste par le fait de découvrir de manière infinie, les grands maîtres du cinéma de tout les temps , leurs pensées. Jusqu’au jour où une amie qui est aujourd’hui professeure de cinéma, m’a dit que si je voulais apprendre le cinéma sans aller à l’école… « achètes-toi un appareil photo, commences à photographier des scènes qui seront dans tes films futurs, ça te permettra d’apprendre le cadre, la lumière, la mise en scène, le repérage…etc. « . En achetant mon premier appareil, je commence à prendre des images de ce que j’imaginais être mon prochain film, et bien évidemment en ce moment-là, j’avais découvert que Nuri Ceylan était photographe. C’est la première fois que nait une connexion émotionnelle et intellectuelle avec la photographie . Après, quand j&rsquo;ai commencé&nbsp; à prendre des images que j’appelais des exercices, je n’ai jamais eu cette prétention de faire des photographies de photographe. En montrant a des cinéastes dont j’admirais le travail avec qui j’étais en contact notamment le directeur de la photographie des films de Ceylan, le cinéaste Michel Hazanavicius…ou même des cinéphiles et critiques ; j’avais toujours des retours auxquels je m’attendais pas, on ne me parlait pas de ces images comme exercices de mes futurs films, la valeur de plan…etc. non, c’était des retour émotionnels, intellectualisant la photo. C&rsquo;était comme&nbsp; si je réussissais déjà à faire anticiper ces états d’âme et ces histoires par le biais de la photographie. Mes intentions narratives et cinématographiques étaient déjà clairement bel et bien présentes photographiquement, sans que je m’en rends compte moi même.&nbsp; Ces retours m’encourageaient à continuer . Puis j’ai été sollicité pour deux expositions et une première résidence artistique à l’étranger. A ce moment, j’ai décidé de me consacrer à la photo en attendant le jour où les portes du cinéma s’ouvriront pour moi. Je commençais à devenir conscient qu’il y a déjà des choses chez moi à raconter par le medium de la photo. La photo n’était qu’un intermédiaire pour anticiper l’apprentissage du cinéma en attendant ce miracle de pouvoir étudier ou faire des films un jour.</p></p>



<p><strong>Comment cette influence du cinéma sur l’ensemble de ta pratique affecte-il ta<br>narration photographique&nbsp;</strong><br>justement, en fait c’est la suite de ce que je viens de dire et je pense beaucoup à Bruno Dumont qui parle souvent du fait qu’il toujours venir de l’extérieur, l’ailleurs. Lui est venu de la philosophie, Bergman et Farhadi du théâtre, Tarkovski de la poésie (de par son père, le poète Arseny Tarkovski), Ceylan de la littérature et la photographie&#8230; Grâce à ce magnifique propos de Dumont, j’ai réalisé que tous les grands ne venaient pas du cinéma, ils venaient d’un autre medium, il est important de venir de l’ailleurs car on n’est plus sous-influence et on apporte des choses à ce medium en l’ignorant, en n’y connaissant pas assez de choses, on apporte des choses nouvelles. Je pense que c’est comme cela que ça s’est passe l’enrichissement créatif dans l’art. Je pense que la plus belle période du cinéma c’est ses début. A ce moment, ils s’inspiraient plutôt de la peinture, du théâtre et de la littérature, c’est ce qui a pu contribué à la brillance du cinéma, je parle d’un point de vue mental et intellectuel et pas technique (ça, c’est un autre sujet). Peut-être que si je m&rsquo;inspirais de la photographie, je serai dans une forme de redondance de la démarche photographique de photographes que j’aurai idolâtré ou admiré. Ca me rappelle la fameuse réplique de Monica Viti dans<em> l’Eclipse</em> quand elle dit que pour que deux personnes s’aiment, il faut qu’ils s’ignorent et se connaître de moins en moins… c’est peut-être une déclaration d’amour non-officielle à la photographie. Je pense&nbsp; que l’influence du cinéma est ce qui m’a simplement pousser a être photographe. Robert Bresson a été clair quand il a dit que la valeur d’un film se substitue à la valeur d’une photographie, donc quand on voit un film avec ses 24 images par secondes, qui forment à la fin du film, une émotion, un état d’âme, un regard sur l’existence humaine, je pense qu’une photographie doit être pareil, cette déambulation dans plusieurs compositions décoratives, humaines et atmosphériques dans un cadre qui nous fait sortir à la fin avec un état d’âme, une émotion et une vision sur l’existence humaine. Il se peut que des gens pensent que mes photos ressemblent à des plans de films mais non, l’influence du cinéma sur mon travail est plutôt du narratif, de l’invisible, de creuser dans l’âme humaine. Le cinéma s’applique invisiblement à ma pratique photographique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="512" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-1024x512.jpg" alt="" class="wp-image-8042" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-1024x512.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-300x150.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-768x384.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-1536x768.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3-480x240.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_3.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Untitled Morocco, 2015-2018, Salé (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 15 x 30 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8043" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_4.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Untitled Morocco, 2015-2018, Salé (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 40 x 40 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8052" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_5.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Untitled Morocco, 2015-2018, Salé (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 30 x 45 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8044" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-1536x1023.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_6.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Untitled Morocco, 2015-2018, Salé (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 30 x 45 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<p><strong>Ta pratique est assez singulière au Maroc, avec une imagerie très dé-saturée, souvent en<br>Noir et Blanc, et des images souvent dans le brouillard ou tramées, comment s’est créée<br>cette palette et cette recherche esthétique&nbsp;?</strong><br>Je peux me permettre de dire que les images où ce brouillard apparait, ce noir et blanc assez brumeux, sont venues à la période où j’étais encore dans cette découverte et cette identification émotionnelle et humaine a des grands films de cinéma, notamment de l’Est comme Nikita Mikhalkov, Khalatozov, Tchoukhrai, Bela Tarr, Antonioni. Ce dernier a joué un grand rôle dans ma formation visuelle. Pour revenir à ce brouillard dans mes images, je parlerai également de la littérature, notamment Tchekhov ou Pamuk qui ont formé ma sensibilité de photographe. Je parle souvent d’identification aux autres personnages dans mes œuvres qui sont tournées dans un brouillard, on peut le comprendre comme une réflexion intérieure des humains dont on&nbsp; raconte l’histoire . Il ne faut jamais oublier que le cinéma c’est le temps, ou&nbsp; comme le mentionne Tarkovski c&rsquo;est ‘Sculpter le temps’… Ces personnages auxquels je m’identifiais, je m’identifie également a tout ce qui les entoure, notamment l’atmosphère . Cela m&rsquo; a amené&nbsp; à me demander ce que serait la différence entre ces personnages japonais ou italiens et moi en tant que marocain car à la fin on partage les mêmes complexités existentielles. C&rsquo;est ce e sens de l’universel qui&nbsp; m’a poussé à raconter mes propres histoires en plagiant la palette géographique et l’identité visuelle d&rsquo;autres artistes. Je m’approprie émotionnellement et intérieurement par l’identification à ces personnages. Comme je n&rsquo;avais pas encore une clé d’expérimentation visuelle sur mon intérieur, j’en ai emprunté à ceux qui m&rsquo;inspirent.<br>Ce qui est fascinant, c’est que ces atmosphères&nbsp; sont totalement le contraire de l’atmosphère qui identifie le Maroc comme pays. Je trouvais&nbsp; souvent dans les films que les atmosphère pour représenter&nbsp; le Maroc était assez cliché , assez fausse à mon sens.<br><br></p>



<p><strong>La question du paysage est centrale&nbsp; dans ton travail, pourquoi&nbsp;? Qui est-il&nbsp;?</strong><br>Le paysage est central parce que c’est l’humain qui m’intéresse . Pour moi,&nbsp; l’existence des contraire dans une œuvre est la chose la plus représentative de la réalité. Je ne signifie pas la réalité sociale mais plutôt une réalité subjective de ce que chacun de nous perçoit avec ses sens. Quand je parle de paysage, de l’extérieur et quand je parle de l’âme humaine, de l’intérieur, un vrai intérieur qu’on ne voit pas, c’est l’extra-intime, que nous n’arriverons jamais à voir à l’œil nu. Vouloir raconter des choses c’est avoir la curiosité de s’introduire dans cet intérieur invisible tout en ayant confiance en ce concept des contraires, dans ce cas, le plus clair et le plus visible, le plus extime, c’est peut -être la forme la plus proche pour représenter et s’embarquer dans le plus profond de l’âme humaine. Souvent, quand je me questionne sur mes inspirations d’espaces/paysages à photographier, mes repérages se font dans mon intérieur et dans mon âme , la suite n’est qu’une traduction visuelle en des formes de paysages qui me donnent cet effet de miroir, ce sentiment d’être dans un processus échographique.</p>



<p><strong>Depuis plusieurs années tu exposes autant au Maroc qu’à l’étranger, peux-tu nous parler<br>de tes expositions actuelles&nbsp;?</strong><br>J’ai exposé autant à l’étranger qu’au Maroc.<br>J&rsquo;ai exposé récemment&nbsp; à la galerie 127 de Montreuil et aux 32e encontros da imagem a Braga . J&rsquo;ai aussi exposé&nbsp;&nbsp; au Cube à Rabat, un projet qui s’intitule UM, que j’ai réalisé en collaboration avec artiste brésilienne Alina d’Alva.<br>Pour l’expo à 127, c’est un projet que j’ai conçu avec Nathalie Locatelli, qui est une curation à partir de plusieurs&nbsp; de mes projets depuis mon premier projet fait en 2015 jusqu’à mon dernier projet en 2021. Cela montre différents&nbsp;&nbsp; projets réalisés à l’étranger notamment en France, au Liban et en Jordanie. A partir de ces projets on a essayé de questionner qu’est-ce que c’est l’œuvre d’un artiste, est ce que c’est juste une pièce ou l’ensemble de ce qu’aurait réalisé cet artiste dans sa carrière. Dans cette exposition qui s&rsquo;intitule « <em>Observations Hivernales</em> » , on découvre des extraits de plusieurs projets avec des démarches différentes et des histoires prises dans plusieurs pays et cultures, pendant plusieurs étapes de mon développement professionnel et intellectuel. Ça commence avec cette spontanéité de débutant, cette magie que malheureusement l’existence nous condamne à&nbsp; perdre graduellement si on choisit de continuer et cela va&nbsp; jusqu’à présent avec cette semi maturité que je suis entrain de développer. Enfin, j’ai essayé de présenter tout ça comme étant un seul projet, une seule vision.<br>Le projet au Cube-Independent art room,&nbsp; est soutenu par l’ambassade du brésil. Je suis né dans ville de Salé au Maroc. Ma ma collaboratrice, elle est brésilienne. Mais nous avons découvert que dans le bassin amazonien il y a un lac qui s’appelle le lac de Salé. En faisant une recherche on a réalisé que c’était des juifs de Salé qui avait migré au 19e siècle au brésil pour travailler dans le caoutchouc. Ils sont restés la bas, aujourd’hui leur descendants sont des indigènes d’Amazonie. C’est une histoire de connexion entre nos deux pays qui est follement fascinante. On a essayé de la reconstituer de par notre imaginaire et une recherche archivique et historique . On a travaillé sur cette histoire avec un aspect imaginaire, narratif et fantastique .</p>



<p><strong>J’aimerai que tu nous parles de ton projet « Epilogue: Withered Green, Thrived Red » qui<br>sera bientôt publié dans le livre « Working Men Have No Country » avec la maison<br>d’édition Essarter. Peux- tu nous raconter la génèse du projet photographique puis<br>éditorial&nbsp;?</strong><br>Je sentais que j’arrivais au summum sur mon questionnement de ce que c’est l’identité humaine: Est ce que notre appartenance est-elle influencée par la géographie elle-même ou par une certaine atmosphère geo-emotionnelle ? Comment se situe notre chez soi géographiquement ? Comment ce chez soi change à travers le temps, à travers un périple émotionnel que nous aurons traverse ? Tout ça pour revenir au sujet de la migration, pas la migration comme on en parle dans la presse ou le reportage, mais ce qui m’intéresse que la migration soit un outil de recherche sur l’âme humaine et sur nos déplacements intérieurs, migrer d’un lieu à un autre c’est comme migrer de l’adolescence a l’âge adulte, de migrer de l’islam vers l’athéisme, de la vie de couple vers le célibat et vice versa c’est subir un changement intérieur. Pour moi l’identité humaine, est ce que c’est une identité qui est constante chez l’humain ou une variable ?… ou une constante mais mutation permanente ? est ce qu’elle change totalement en se déplaçant ? est ce qu’on garde la même qu’on détient par défaut et elle rentre juste dans un processus de mutation en se déplaçant ? Est on obligé de jeter notre identité par défaut et d’épouser une nouvelle identité selon un nouveau lieu ou une nouvelle situation ? C’est ça la question. Pour comprendre ce processus, jai choisi de commencer à de l’histoire d’une personne que je connais, et qui est un ami avec qui je partage le même amour du cinéma. Il a vécu 25 ans en Biélorussie, il vient de la même culture que moi, de Salé, une famille traditionnelle… Il a voyagé à l’âge de 20 ans a Moscou, ensuite à Minsk et puis il est retourné au Maroc après 25 ans. Ce qui m’intéresse ce n&rsquo;est pas son histoire, ni lui mais comment paradoxalement cette histoire et tous ces détails intéressants, profonds, banales ,ennuyeux et stupides qui constituent ce périple de vie vont m’éclaircir et surexposer ce que c’est l’identité géo-emotionnelle. Comment elle change et elle mute à travers des temps et des lieux et également .. Ce qui m’intéresse, c’est toutes ces contradictions humaines qui sont plus vraies, sincères et réelles. Contrairement à ce qui se raconte aujourd’hui avec des formes puritaines où soit on lutte contre le mal ou on héroïse le bien. A mon sens, c&rsquo;est obsolète, propagandiste et cela n&rsquo; aucune relation avec la réalité humaine l. Je pense que toute forme de bienpensance créative aveugle, abrutit et abêtit notre perception de la réalité humaine. L’héroïsation du mal, la remise en question de l’aspect bienséant du bien étaient des choses importantes à creuser. Enfin tous ces détails qui constituent l’identité de mon personnage, la richesse de ses contradictions, de sa vie, m’ont poussé à utiliser cette narration pour percer dans la vie humaine et cette question d’identité géo émotionnelle dont je parle toujours.<br>Quand à la genèse du projet éditorial, il y a eu une rencontre Skype en plein pandémie de covid avec l’équipe éditorial d’essarter&nbsp; (édition) après leur lancement de l’appel à projet. Vu que c’est une maison d’édition spécialisée dans les histories de l’Europe de l’Est et l’Afrique,&nbsp; le fait que mon personnage soit africain et comment il a vécu tous ces périples entre les deux continents, son expérience URSS, chute de l’URSS, venue de Gorbachev, tous ces changements s’incrustaient parfaitement dans la démarche éditoriale d’essarter.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-682x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8039" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-682x1024.jpg 682w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-768x1153.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-1023x1536.jpg 1023w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_0.jpg 1266w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px" /><figcaption class="wp-element-caption">Epilogue: Withered Green, Thrived Red, 2021 (archives)<br>Tirage pigmentaire, 30 x 45 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure></div>

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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8040" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_1.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Epilogue: Withered Green, Thrived Red, 2021 (archives)<br>Tirage pigmentaire, 40 x 40 cm &#8211; Édition de 7<br>© Ziad Naitaddi Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peux- tu nous décrire aussi la série «&nbsp;Paysages Absentées&nbsp;» et une image en particulier&nbsp;?</strong><br>Les absents, c’est un projet que j’ai commencé au Liban dans le cadre de mon travail sur l’identité et la migration.&nbsp; Pour moi au début le Liban c’est un espace assez riche pour comprendre ce que c’est la migration, contrairement par exemple à l’Allemagne. C’est un pays assez petit géographiquement pour accueillir a peu près 1,5 million de réfugiés syriens et des palestiniens qui sont là depuis des décennies et les travailleurs kenyanes, sri lankaise, Ethiopiens, philippins et bangladais, pour moi il y a avait de la matière pour comprendre ce concept et ce processus de la migration. C’est un projet qui a commencé de manière frontalement documentaire . J’allais photographier directement des personnages en retranscrivant leur histoires en intégrale. Je leur demandais pourquoi ils sont venus, pourquoi d’autres veulent partir, pourquoi d’autres ne sont ni arrivés et ne veulent partir nulle part&nbsp; et pourtant leurs vies a changé depuis l’arrive d’autres migrants. Ce qui m’intéressait, ce n&rsquo;était pas de rencontrer des migrants mais des gens influencés par ce flux migratoire. Un travail sur l’âme humaine et comment elle serait influencée par ces tous déplacements. C’est un projet très documentaire et formel photographiquement. Dans le cadre, de ce programme il a fallu que je réalise une suite de ce projet au Haut Atlas marocain . Il fallait que je continue sur la même démarche, la migration des jeunes de l’atlas. Ce qui est drôle, c’est qu’en arrivant au Haut-Atlas, j’ai réalisé que tous les jeunes sont partis. Ils ont déjà migré. Il n&rsquo; y avait que des vieux et leur petits-enfants qui sont encore bébés. Et même si je suis venu pour documenter la vie de ces jeunes qui ne&nbsp; sont pas là,&nbsp;&nbsp; ils étaient-là car&nbsp; ils appartiennent à ces lieux. Je reviens a ce concept des contraires, pour moi le fait qu’ils soient absents, c’est qu’ils sont déjà présents, ils sont là, ils ont certainement laissé quelque chose derrière. J’ai beaucoup pensé à l’avant dernier film d’Agnès Varda avec JR ‘Visages Villages’, je me suis dit là j’ai les paysages qui connaissent certainement bien ces jeunes. Les paysages sont encore là et son les témoins de ces histoires si loin, si proches à présent. Ce qui m’intéresse principalement, c’est la recherche photographique. Cette idée là m’a ouverte une fameuse piste de recherche sur la notion de l’invisible dans la photographie et comment visibiliser émotionnellement l’invisible photographique.<br>J&rsquo;adore l&rsquo;image où il y a les montagnes et la petite lampe au-dessus . Pour rester dans cette notion des contraires mais en même temps de mettre en juxtaposition la force du naturel et de l’artificiel. La photo en grec c’est la lumière, et cette lampe qui est une lumière technologique est une métaphore pour remettre en question le pouvoir et la force de mon appareil et de la photographie, et les limites de ses capacités et son impact sur l’Histoire et la condition humaine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8045" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_7.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les Absents, 2019, Haut-Atlas (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 60 x 90 cm &#8211; Édition de 3<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="680" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-1024x680.jpg" alt="" class="wp-image-8046" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-1024x680.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-1536x1020.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_8.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les Absents, 2019, Haut-Atlas (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 60 x 90 cm &#8211; Édition de 3<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8047" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_9.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les Absents, 2019, Haut-Atlas (Maroc)<br>Tirage pigmentaire, 60 x 90 cm &#8211; Édition de 3<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<p><strong>J’aimerai te demander de nous parler d’un autre travail qui a tes yeux te semblent<br>important, si tu peux nous expliquer ce projet, comment tu<br>l’a créé&nbsp;?</strong><br>J’aimerai parler de EL BEER. Je l’ai réalisé pendant ma résidence a la villa perochon en France sous le mentorat d’Isabel Munoz. C&rsquo;est un projet assez spécial dans ma pratique, parce que c’était ma première fois ou je vais résider a l’étranger a Niort en France, et c’était ma toute première fois et à ce moment-là j’étais encore dans cette recherche profondément cinéphile je m’intéressais moins à la photographie . Je traversais une période que le philosophe tunisien Fethi Meskini appelle ‘l’adolescence intellectuelle’. Je partageais avec tous les jeunes de ma génération l’envie de quitter ce pays, de vivre ailleurs d’avoir accès a l’art la littérature la cinémathèque mais enfin nous y avons accès aussi ici, par d’autres moyens… à ce moment, l’Europe c’était quelque chose d’assez parfait et paradisiaque pour le naïf que j’étais et le souci c’était qu’il fallait faire un projet photo en France, la question c’était comment dissocier le jeune rêveur d’une vie européenne et le jeune photographe-auteur qui doit raconter une histoire qui lui est intime et personnelle dans un espace qui lui est méconnu. J’ai réfléchi à ce moment-là a ce qui m’identifie a ce continents, a ces sociétés, et la réponse c’était le cinéma européen auquel je me suis beaucoup identifie, et là je retourne à mon propos sur le fait de s’identifier à un japonais, italien, personnage femme, comment je m’identifiais a tout ça, en étant ce que je suis, alors le cinéma était le point en commun entre moi et cet espace, pour mieux appréhender et approcher cet espace, je vais aller fouiller dans mes inspirations cinématographiques et essayer de remettre en scène à partir de mes propres états d’âme des images qui sont inspirées de films européens auxquels je m’identifiais, même en me sentant identifié plus à eux, qu’à quoi j’appartiens familialement et géographiquement au Maroc, en même temps c’était une forme d’hommage à ces films, a cet espace qui nous a donné la chance d’être bercé dans cette œuvre cinématographique paradisiaque , j’ai alors réalisé la première photo qui s’intitule Cécile, qui était totalement inspirée d’un personnage auquel je me suis identifié dans ses dimensions contradictoires et émotionnel qui est Monica Vitti dans l’Avventura, une autre photo du personnage d’Uzak dans sa solitude…etc. C’est comme ça qu’a eu lieu ce projet et j’ai pu couper cette barrière et frontière identitaire entre moi et l’universel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8048" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_10.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">EL Beer, 2017, Niort (France)<br>Tirage pigmentaire, 50 x 75 cm &#8211; Édition de 5<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-1024x819.jpg" alt="" class="wp-image-8049" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-1024x819.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-300x240.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-768x614.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-1536x1229.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11-480x384.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_11.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">EL Beer, 2017, Niort (France)<br>Tirage pigmentaire, 50 x 70 cm &#8211; Édition de 5<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8050" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/10/AIV_12.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">EL Beer, 2017, Niort (France)<br>Tirage pigmentaire, 50 x 75 cm &#8211; Édition de 5<br>© Ziad Naitaddi, Courtesy GALERIE 127</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles seront tes prochaines aventures cette année&nbsp;?</strong><br>Je m’envole à Genève pour trois mois, dans le cadre de ma résidence avec pro Helvetia pour travailler sur mon projet qui s’inscrit dans le même démarche, du lieu et du paysage, du chez soi intérieur, du chez soi invisible et mental, j’ai très hâte de me lancer dans cette nouvelle recherche qui est beaucoup plus une recherche sur la photographie elle-même avant que ce soit sur l’âme humaine et avant même que ce soit une recherche sur la notion de la migration.<br>Ce projet va être le dernier volet de cette recherche sur l’identité géo émotionnelle, et ensuite je passe à autre chose. Je ne sais pas encore quoi, j’attends que les choses s’imposent incompréhensiblement.&nbsp; Comme un pécheur qui va a la pèche, il sait pas ce qu’il va pêcher, on lance la canne qui est une métaphore de l’observation et la contemplation existentielles permanentes jusqu’à ce que les choses se dirigent vers mon âme.<br>Ce projet en Suisse sera sur la notion de l’expulsion et du retour et où se situe le chez soi dans cette notion.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-ziad-naitaddi/">Les identités géo-émotionelles, Interview de Ziad Naitaddi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Du skateboard à la photographie argentique. Interview de Yassine Sellame.</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/du-skateboard-a-la-photographie-argentique-interview-de-yassine-sellame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2022 06:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
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		<category><![CDATA[Street Photographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Yassine Sellame]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2021 grâce au projet Dabaphoto 6 au 18 à Marrakech, nous rencontrions le travail de Yassine Sellame autour du portrait et découvrions aussi ses projets collectifs, Noorseen&#160; et Moroccan DarkRoom&#160;autour de la photographie argentique. A travers cette interview, Yassine Sellame revient sur son parcours, ses dernières séries et ses projets collectifs.&#160; Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours et sur comment tu es devenu photographe&#160;?Je m&#8217;appelle Yassine Sellame, J’ai 28 ans, je suis originaire de Marrakech. J’ai grandi comme la plupart des jeunes de Marrakech. J’ai fait des études supérieures dans différentes villes marocaines (Fès, Mohammedia, Marrakech) ce</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 2021 grâce au projet <a href="https://le18marrakech.com/dabaphoto/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dabaphoto 6</a> au 18 à Marrakech, nous rencontrions le travail de <strong>Yassine Sellame</strong> autour du portrait et découvrions aussi ses projets collectifs, <a href="https://noorseencollective.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Noorseen</a>&nbsp; et Moroccan DarkRoom&nbsp;autour de la photographie argentique. A travers cette interview, Yassine Sellame revient sur son parcours, ses dernières séries et ses projets collectifs.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours et sur comment tu es devenu photographe&nbsp;?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Yassine Sellame, J’ai 28 ans, je suis originaire de Marrakech. J’ai grandi comme la plupart des jeunes de Marrakech. J’ai fait des études supérieures dans différentes villes marocaines (Fès, Mohammedia, Marrakech) ce qui m’a permis de voyager davantage et rencontrer plus de gens, grâce au skateboard que je pratique depuis 2008. J’ai découvert la photo argentique en 2014. N’ayant pas assez de moyens pour acheter un appareil digital, j’ai commencé à collecter des appareils depuis les souks et j’ai commencé à documenter la scène du skateboard au Maroc. Avec mes premières photos, j’ai fait une première exposition en 2018 en République tchèque, dans un festival de skateboard. Cette expérience m&rsquo;a motivé à continuer de prendre des photos et les partager. J’ai commencé à fréquenter beaucoup plus les espaces artistiques à Marrakech, où j’ai rencontré d’autres artistes. Par la suite, j’ai commencé à développer mes propres pellicules, processus qui fait partie intégrante de mon travail. Depuis, j’ai entamé diverses collaborations avec des artistes en résidence. Cela m’a donné l’opportunité de partager différents points de vue concernant la photographie, et m’a également permis de faire connaître mon travail.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="934" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-934x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7843" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-934x1024.jpg 934w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-274x300.jpg 274w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-768x842.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-1402x1536.jpg 1402w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-1869x2048.jpg 1869w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan-480x526.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Brayan.jpg 1920w" sizes="(max-width: 934px) 100vw, 934px" /><figcaption>Brayan © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1024x667.jpg" alt="" class="wp-image-7840" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1024x667.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-300x195.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-768x500.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-1536x1000.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019-480x313.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-BEURDIES.-Casablanca-2019.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Beurdies &#8211; Casablanca, 2019 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1024x679.jpg" alt="" class="wp-image-7855" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1024x679.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-768x509.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-1536x1018.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015-480x318.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-The-choice-casablanca-2015.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The choice &#8211; Casablanca, 2015 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-7853" width="840" height="558" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-1536x1021.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Stranger-Things.Casablanca-2019.jpg 1679w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>Stranger things &#8211; Casablanca, 2019 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<p><strong>Avant de revenir sur tes projets personnels en photographie. J&rsquo;aimerai revenir sur deux projets collectifs dont tu fais parti.Tu es actif sur la scène marocaine de plusieurs manières, à la fois avec le Collectif Noorseen et aussi avec Blackroom. On voit depuis quelques années une résurgences des collectifs au Maroc. Pourquoi selon toi&nbsp;? Quel en est le sens&nbsp;?&nbsp;</strong><br>La photographie au Maroc est en plein développement, notamment grâce à internet et les réseaux sociaux. Beaucoup de communautés se sont retrouvées dans plusieurs disciplines artistiques. Aujourd&rsquo;hui au Maroc il n’y a pas vraiment une industrie photographique, la plupart des passionnés se retrouvent parmi des communautés ou collectifs, afin de partager, d’échanger, et de se donner une visibilité, créant ainsi des opportunités à travers leur pratique artistique.</p>



<p><strong>Peux- tu nous raconter ces deux projets, comment ils sont nés, qui sont les membres et en quoi ils consistent&nbsp;?&nbsp;</strong><br>Noorseen est un collectif de 14 jeunes photographes marocains. Ce projet rassemble des jeunes artistes photographes au Maroc et remet en question l’approche représentative des idées modernes à travers une diversité de styles, démarches et visions mettant en relief la richesse que le groupe évoque.<br>Noorseen a été créé pendant le confinement, après de longues soirées de discussions entre les membres. Nous avons réussi à nous regrouper au sein d’un collectif constitué de membres des quarres coins du Maroc, chacun ayant un parcours et une toile de fond particulière. Chacun de nous a sa manière singulière de percevoir le monde et la volonté infaillible d’exprimer cette perception.&nbsp;<br><strong>Ali Daniel </strong>(Casablanca), <strong>Mehdi Ait El Mallali</strong> (El Hajeb), <strong>Ismail Zaidy</strong> (Marrakesh) <strong>Fatimazohra Serri</strong> (Nador), <strong>Marouane Beslem</strong> (Oujda), <strong>Yassine Sellame</strong> (Marrakesh), <strong>Hind Moumou</strong> (Rabat), <strong>Rida Tabit</strong> (Marrakesh), <strong>Anass Ouaziz</strong> (Beni Mellal), <strong>Houssam Eddine Gorfti</strong> (Guercif), <strong>Mohammed Amine Houari</strong> (Fes), <strong>Brahim Hour</strong> (Meknes), <strong>Jalal Bouhsain</strong> (Agadir), <strong>Amine Faiz</strong> (Beni Mellal).<br>Moroccan DarkRoom est un projet ayant pour but de démocratiser et relancer la pratique de l&rsquo;argentique au Maroc, au travers d&rsquo;ateliers d&rsquo;initiation à la prise de vue et au développement artisanal. L&rsquo;argentique n&rsquo;est pas mort, il faut juste continuer à le faire vivre et à le faire découvrir, c&rsquo;est pourquoi Moroccan DarkRoom se propose de continuer à faire connaître ce médium au charme et aux qualités séduisantes.</p>



<p><strong>Avez-vous des projets prévus dans les prochains mois avec ces structures&nbsp;?</strong><br>Avec Noorseen Collective nous sommes toujours en train de travailler sur des projets et de développer davantage notre pratique, chaque membre est en train de développer ses projets artistiques. Nous travaillons aussi en parallèle sur une série photos que nous partagerons prochainement.<br>Moroccandarkroom c’est un projet qui se développe jour après jour, grâce aux ateliers et aux projets et résidences durant lesquels nous travaillons. Nous continuons toujours à faire des ateliers en collaboration avec&nbsp; des institutions ou des espaces artistiques, en parallèle avec des free workshops pour continuer à faire connaître et diffuser la photographie argentique. Nous travaillons sur un projet de documentation que nous dévoilerons à la fin de notre recherche.<br>Aujourd’hui grâce a moroccan darkroom et Noorseen collective j’ai commencé à transmettre et apprendre de manière plus concrète ma passion pour la photographie.</p>



<p><strong>Concernant Blackroom, peux-tu nous raconter comment vous trouvez tout le matériel, pellicules, appareils, ou vous développez… Enfin tout le processus du début à la fin&nbsp;!</strong><br>Quand j’ai commencé à prendre des photos argentiques, je cherchais toujours des films dès que je voyais un labo, un ancien épicier. Je leur demandai s&rsquo; ils avaient de la pellicule et j&rsquo;arrivai toujours à trouver de l’expiré. En rencontrant la communauté des photographes j’ai commencé à localiser des endroits où trouver de nouveaux films, mais malheureusement&nbsp; n&rsquo; avait&nbsp; pas le choix au Maroc.<br>On trouvait que de la kodak color plus. Je développais souvent pendant mon passage à Casablanca.&nbsp; il y’avait encore des labos qui développe et scanner la pellicule couleur et noir et blanc.&nbsp;<br>Les labos étaient toujours contre le développement pellicule car ça n’est plus commun. <br>J&rsquo;ai toujours continué à déposer des films au labo et il fallait attendre 10 jours pour avoir une pellicule.<br>Durant mes balades dans les souks je trouve toujours des anciens agrandisseurs, appareil photos, pellicules… c&rsquo;était toujours à l&rsquo;imprévu, un jour j&rsquo;étais de passage et j’ai trouvé tout un labo dans le souk. Quelle surprise ! je n’avais bien sûr pas les moyens pour tout acheter mais j’ai pris l’essentiel (Une cuve jobo de deux pellicules, une cuve d’une pellicule, une cuve pour developpement papier couleurs et un Negative noir et blanc developper).<br>Grâce à Nossair, un ami qui fait de la photo argentique , sur Casablanca il a trouvé un produit machine Konica C41, j’ai commandé le produit et nous avons fait un premier essai en montrant les étapes par appel téléphonique. une fois que j’ai vu le résultat je n’ai jamais arrêté.<br>Depuis je visite toujours les espaces artistiques et j&rsquo;ai continué à donner et partager davantage des films et des appareils avec des amis. A la fin de l’année 2017 et au début 2018 j’ai rencontré <strong>Ishmail Claxton</strong> à travers <strong>Laila Hida</strong>. Il était en résidence artistique au Queens Collective. J’ai commencé avec lui sur ces projets. Lui et moi on développait de la couleur et du noir et blanc. Après un moment de travail, nous avons organisé un premier workshop au 18 Derb el ferrane.<br>Au premier workshop j’ai rencontré Paulin qui est venu comme participant et qui suivait ses études à l’<a href="https://esavmarrakech.com/en/">ESAV Marrakech</a>. On a commencé à se rencontrer et à travailler ensemble souvent.<br>Après la fin des études en 2019 on s’est installé sur Casablanca, paulin qui travaille en freelance dans le cinéma et moi je travaillais dans une agence de communication.&nbsp;<br>On a créé Moroccan Darkroom un projet pour pouvoir partager l&rsquo;expérience et le savoir faire afin de faire revivre l&rsquo;argentique au Maroc.&nbsp;<br>Aujourd’hui nous travaillons essentiellement avec un kit poudre Cinestill C41 facile à importer et pas cher. Pour pouvoir fournir les ateliers,&nbsp;on cherche toujours des stocks de films qu’on teste avant pour pouvoir vérifier la qualité des émulsions.&nbsp;<br>L&rsquo;argentique est devenu un luxe à l&rsquo;international, aujourd’hui il reprend sa place même s&rsquo;il y a une rareté de films et produits mais on continue toujours à creuser dans l’archive.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="689" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-7854" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1024x689.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--300x202.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--768x517.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--1536x1034.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021--480x323.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-TAGHAZOUT-SKATEPARK-2021-.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Skatepark &#8211; Taghazout, 2021 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="793" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1024x793.jpg" alt="" class="wp-image-7851" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1024x793.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-300x232.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-768x595.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-1536x1190.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021-480x372.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-Nadra1.-Marrakech-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Nadra &#8211; Marrakech, 2021 © Yassine Sellame</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-795x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7848" width="795" height="1024" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-795x1024.jpg 795w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-233x300.jpg 233w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-768x990.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-1192x1536.jpg 1192w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020-480x619.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-HASSAN-RABAT-2020.jpg 1490w" sizes="(max-width: 795px) 100vw, 795px" /><figcaption>Hassan &#8211; Rabat, 2020 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="671" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-671x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7849" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-671x1024.jpg 671w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-197x300.jpg 197w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-768x1172.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-1006x1536.jpg 1006w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020-480x733.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-lets-go.-Casablanca-2020.jpg 1258w" sizes="(max-width: 671px) 100vw, 671px" /><figcaption>Let&rsquo;s go &#8211; Casablanca, 2020 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1024x679.jpg" alt="" class="wp-image-7850" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1024x679.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-768x509.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-1536x1018.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017-480x318.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-LOCAL-SKATE-SPOT-AT-MARRAKECH.2017.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Local skate spot &#8211; Marrakech, 2017 © Yassine Sellame</figcaption></figure></div>



<p><strong>Il y a plus d&rsquo;un an nous avons découvert ton travail suite à l&rsquo;appel à candidature de Dabaphoto sur la question de la photographie argentique et du retour de celle-ci chez la jeune génération de photographe au&nbsp; Maroc.&nbsp; Peux-tu nous raconter ta vision de cet événement et ce que tu y a exposé ?</strong><br>Le premier aperçu de cet événement était une surprise pour moi, un appel à exposition 100% argentique, au 18 derb el ferrane dans ma ville natale et surtout l&rsquo;ancien médina ou j’ai grandi.&nbsp; je n’ai pas hésité et j’ai soumis ma candidature, j’ai exposé des portraits de mon ami bryan avec son histoire, une série photo que j’ai shooté avec mon appareil Mamiya RB 67 et un portra 800NC expiré en 2009. que j’ai développé moi-même et scanner moi-même.<br>J&rsquo;étais très satisfait par l&rsquo;installation de l’expo, j’ai exposé avec des artistes que je connais et j’ai aussi découvert d&rsquo;autres photographes.<br>J’ai beaucoup aimé le retour des gens, cela&nbsp; m&rsquo;a vraiment ému. un grand merci au 18 derb el ferrane et aux organisateurs de daba photo.</p>



<p><strong>Dans tes images, on y découvre&nbsp; une recherche de l’accident à coup de pellicules périmées et de procédés de surimpression. Comment définirais -tu&nbsp; ta pratique et ton approche photographique ? </strong>Depuis que j’ai commencé à shooter de la pellicule, je faisais principalement avec de la pellicule périmée, car c’était le seul moyen pour moi d’avoir du film au Maroc.<br>&nbsp;Mon premier SLR c’était un Canon AE1, grâce auquel&nbsp; j’ai pu expérimenter la double exposition. C&rsquo;est une technique qui m’a aidé à représenter et donner une touche spéciale pour mes séries photos.<br>J’ai toujours choisi de garder la texture du film Expiré, il est rare que j&rsquo;édite mes photos je préfère toujours garder la texture imparfaite du film expiré, cela représente ma vie au Maroc, les galères, l’amour du partage, la chaleurs des couleurs et aussi les imperfections….</p>



<p><strong>Le portrait semble être au centre de ta pratique. Pourquoi&nbsp;?</strong><br>Le portrait me rend toujours amoureux de plus en plus de la photo argentique, avec la pellicule je donne plus d’importance au moment de la rencontre avec la deuxième personne. plutôt que de seulement prendre des photos, je trouve beaucoup plus le temps pour discuter et prendre des photos en parallèle, ce qui m&rsquo;aide toujours à garder des bonnes relations avec les gens que je prends en photo. Vivre chaque fois une nouvelle expérience avec une nouvelle personne et créer un lien de confiance est précieux, car en film le résultat ne se voit qu’après, contrairement au digital.<br>Vu aussi que je suis fils unique mon appareil est toujours un moyen pour rencontrer des nouvelles personnes et le portrait a pris sa place dans ma pratique</p>



<p><strong>Tu mène un travail sur le milieu de Skate au Maroc. Quelle est la génèse de ce projet et son développement&nbsp;? (si tu peux parler aussi du livre)</strong><br>Le skate au Maroc est en développement, avec la construction de plein de skateparks dans la plupart des villes marocaines. Ma première série photo “Marrakech On Skateboard” qui a été aussi ma première exposition, est un projet durant lequel j’ai appris à documenter à ma manière le skate au Maroc et ce qui se passe du côté artistique. Cette année j’ai édité cette série dans un fanzine en collaboration avec la maison d&rsquo;édition Alamaison Printing à Paris. Le Fanzine était pour moi la fin d’une première recherche sur le skate au Maroc.<br>J’ai aussi contribué au Nouveau Magazine <em>I come for couscous</em>, avec une nouvelle série photo que j’ai shooté avant le confinement et après le confinement. c’est un projet de documentation de la vie des skateurs au Maroc, et leurs inspirations à travers le skate. Je veux montrer à travers cette série que le skate n’est pas juste une planche avec quatre roues, mais c’est une pratique à travers laquelle on apprend des valeurs de vie, c’est tout un univers, une manière de se sentir libre aussi.<br>J’insiste aussi sur le manque d&rsquo;industrie ici au Maroc, où il y a des talents qui sont toujours un peu laissés à l’abandon, livrés à eux mêmes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7860" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_113057.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7858" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112937.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7857" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/04/AIV-IMG_20220122_112513.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Si tu as d&rsquo;autres projets en parallèle que celui du Skate, peux-tu nous décrire tes projets en cours&nbsp;?</strong><br>Aujourd&rsquo;hui je me consacre à temps plein à la photographie.<br>Pour le moment je documente un projet de construction d&rsquo;un skatepark pour l&rsquo;orphelinat Fier et fort à Tamesslouht avec une Concrete Jungle Fondation. Un projet qui va introduire le skate aux enfants de l’orphelinat et&nbsp; aux jeunes du village.<br>&nbsp;Après la fin du Projet je vais continuer à documenter le skate dans d&rsquo;autres villes au Maroc et pourquoi pas dans d&rsquo;autres pays en Afrique.<br>Je suis aussi sur un projet&nbsp; de recherche avec Moroccan Darkroom, et en train de préparer une exposition à l&rsquo;international pour le mois de juillet&#8230;</p>



<p><strong>Quels sont tes envies et projets pour le futur&nbsp;?</strong><br>Je veux bien continuer a partager l&rsquo;argentique et que l’industrie reprend sa place au Maroc, et j’aimerai bien avoir un fond pour mes projets de recherche, soit à travers un appel projet ou une résidence artistique. Et pourquoi pas avoir un espace de partage entre les photographes et les skateurs et d’autres différents médiums artistiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/du-skateboard-a-la-photographie-argentique-interview-de-yassine-sellame/">Du skateboard à la photographie argentique. Interview de Yassine Sellame.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2022 14:13:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie de studio]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Pointe-Noire]]></category>
		<category><![CDATA[République du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[studio pellosh]]></category>
		<category><![CDATA[studio photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 décembre 1973 Maurice Bidilou ouvre le Studio Pellosh à Pointe Noire au Congo Brazzaville. Jusqu&#8217;au milieu des années 90, Pellosh voit défiler dans son studio, toutes les strates de la société congolaises : les sapeurs bien sur mais aussi les familles, les amoureux, les travailleurs &#8230; Contemporain de ses confrères, Jean Depara, Malick Sidibé ou Sakaly, ses images racontent un pan de l&#8217;histoire du portrait de la capitale économique du Congo. Il revient dans cette interview sur l&#8217;histoire de ce studio mythique de Pointe Noire: création, matériel, contexte de l&#8217;époque jusqu&#8217;à sa rencontre il y a quelques années</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/">Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 17 décembre 1973 Maurice Bidilou ouvre le Studio Pellosh à Pointe Noire au Congo Brazzaville. Jusqu&rsquo;au milieu des années 90, Pellosh voit défiler dans son studio, toutes les strates de la société congolaises : les sapeurs bien sur  mais aussi les familles,  les amoureux, les travailleurs &#8230; Contemporain de ses confrères, Jean Depara, Malick Sidibé ou Sakaly, ses images racontent un pan de l&rsquo;histoire du portrait de la capitale économique du Congo. </p>



<p>Il revient dans cette interview sur l&rsquo;histoire de ce studio mythique de Pointe Noire: création, matériel, contexte de l&rsquo;époque jusqu&rsquo;à sa rencontre il y a quelques années avec Emmanuèle Béthery qui s&rsquo;attache aujourd&rsquo;hui à numériser son travail  et à l&rsquo;exposer à travers le monde. </p>



<p></p>



<p></p>



<p><strong>Maurice Pellosh:Pour commencer, comment en êtes-vous venu à la photographie ?</strong><br>Je suis né à Bouansa en 1951 et j’y ai grandi jusqu’à mes 17 ans. Puis j’ai rejoint mon frère à Pointe Noire. J’ai fait quelques petits boulots puis mon oncle m’a incité à apprendre la photographie. C’est comme ça que j’ai commencé mon apprentissage en 1971 au Studio Janot Père. Contre une dame jeanne de vin, un régime de bananes et 20 000 FCFA, j’ai été formé pendant 20 mois au métier de photographe portraitiste ; prise de vue , lumière et tirage.<br>Le sobriquet de Pellosh , je l’ai choisi quand j’avais 14 ans bien avant de devenir photographe. Je trouvais que ce mot sonnait bien et était agréable à écrire. On avait tous des sobriquets, c’était la mode !</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:Quel était le contexte culturel au Congo Brazzaville à l&rsquo;époque ?</strong><br>La ville était animée, il y avait un cinéma, Le Rex (devenu une église, que décrit <strong>Alain Mabanckou</strong>), mon studio était dans ce quartier du grand Marché. Il y avait des clubs ou passaient des groupes de musique, principalement le groupe <a href="https://www.discogs.com/fr/artist/2495954-Orchestre-African-Mod-Matata">Africa Mod Matata</a>.<br>Quand j’ai ouvert mon studio le 17 décembre 1973, il y avait déjà quelques studios photos qui ne sont plus de ce monde : Studio Photo Pelé, Studio Photo Yves, Studio Photo A.Sept et le Studio Photo B Luc Magloire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7797" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Maurice-Pellosh-devant-son-studio-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Maurice Pellosh devant son studio</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Dès 1973, vous ouvrez votre studio, studio Pellosh à Pointe noire, qui est le premier public dans les années 70 ?</strong><br>Au Congo, la Sape qui est à la fois le vêtement et l’acronyme de la <strong>S</strong>ociété des <strong>A</strong>mbianceurs et des <strong>P</strong>ersonnes <strong>É</strong>légantes, est une vielle passion. Dans les années 70, la Sape est en plein boum et la clientèle ponténégrine aspire à des clichés-souvenirs très étudiés que l’on destine à ses proches et dont on peut commander des agrandissements.<br>Des voisins, des familles quand il y avait des enfants qui naissaient, des couples d’amoureux et des jeunes hommes sapeurs pour offrir les tirages à leur petite copine. Les gens se faisaient beaux et dans le studio, je finissais de les préparer. Il y avait des habits à disposition et des accessoires ; sacs à main, chapeaux, mobylettes, lunettes. Dès qu’ils voulaient montrer un évènement, ils venaient me voir. Je prenais des photos N et B et je m’occupais des tirages. J’allais aussi dans les soirées et dans les clubs de danse.<br>Puis petit à petit, les produits et le papier sont venus à manquer et au début des années 80, j‘ai fait des photos couleurs. J’envoyais les films à développer en France dans les labos Mourette S.A et PhotoRush. Les photos tirées revenaient en 15 ou 20 jours. En 1985, le 1er labo Couleur Yvon Riou, a ouvert ses portes à Pointe Noire. Puis peu à peu le numérique a tout remplacé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7798" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Pleins-feux.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Pleins feux ! © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7795" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-amoureux-1976-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les amoureux, 1976 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse.jpg" alt="" class="wp-image-7791" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Achille-et-Alphonse-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Achille et Alphonse © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:Vous poursuivez jusqu&rsquo;à la fin des années 90, le public a-t-il évolué ?</strong><br>C’étaient toujours des bandes de copains sapeurs et copines, des enfants, des familles. Il y a eu aussi plus de photos d’identité car les gens ont commencé à avoir des papiers.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Et votre pratique, parlez nous de l&rsquo;évolution technique, appareil, pellicule N&amp;B , couleur ?</strong><br>J’ai commencé avec un appareil Yashica mat-124 G que j’avais commandé en France, des pellicules 6&#215;6 format 120 de 12 et 24 poses. Puis sont arrivés des appareils des films 24&#215;36 de 12, 24 et 36 poses, N et B et couleurs. Les marques étaient Yashica, Minolta et Nikon. C’est comme ça, que nous avons mis à l’écart les appareils 6&#215;6. La qualité n’est plus la même, les photos argentiques étaient de meilleur qualité que les photos numériques</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Quelques années plus tard, quand on revient sur l&rsquo;ensemble de vos images, quels sont les sujets ou communautés qui se distinguent ?</strong><br>J’aime l&rsquo;idée que tout le monde pouvait venir à mon studio. Les prix étaient bas et fixés par l’union des photographes congolais (l’UNEAC, union national écrivains et arts congolais). Les gens choisissaient des petits tirages (9&#215;13 ou 13&#215;18). Les photos étaient recadrées même si les négatifs étaient 6&#215;6.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Avec Emmanuèle Béthery, vous contactez les anciens modèles de vos photographies, quelles sont leurs réactions ? Racontez nous une image&#8230;</strong><br>Emmanuèle a commencé à rechercher des gens. Ils ont tous entre 50 et 70 ans maintenant et certains ne sont plus de ce monde. Il y a un ancien client Bernard Bioka qui à la suite d’un contact d’Emmanuèle , est venu me rendre visite car il habite encore à Pointe Noire. Avec ses 2 amis, Dieudonné et Romuald, ils venaient régulièrement au Studio. Ils offraient les tirages à leurs petites copines. Ils n’ont plus aucun tirage chez eux ! ça m’a fait plaisir de le rencontrer.<br>C&rsquo;est la photographie que l&rsquo;on voit au début de cette interview, Bernard Bioka est  à droite sur la photo, sa cravate était rouge !</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs.jpg" alt="" class="wp-image-7794" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-2-soeurs-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Les 2 soeurs © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7792" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Antoinette.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Antoinette © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7796" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Les-communiantes-1975-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les communiantes, 1975 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Aujourd&rsquo;hui , plusieurs photographes de studio comme Malick Sidibé, Jean Depara, Sakaly ont une grande reconnaissance, qu&rsquo;en est-il pour vous sur place et à l&rsquo;étranger?</strong><br>A Pointe Noire, je ne travaille plus à part de temps en temps des photos d’identité. Je n’ai plus de studio, c’est chez moi et tout le monde à un appareil téléphone qui prend des photos ! A part mes amis à qui j’ai fait part du travail d’Emmanuèle avec mes photos, plus personne ne me connait.<br>Je commence à être connu en France, en Europe et aussi aux USA. Beaucoup de collectionneurs afro américains s’intéressent à mes photos. Les nouveaux tirages argentiques faits à Paris format carré sont très beaux. Il y a aussi des collectionneurs africains d’Art qui commencent à acheter des tirages. Emmanuèle prépare, avec mon accord, des prochaines expositions et avec mon compte Instagram, les personnes intéressées de toute la planète commandent des photos. Je n’ai pas Instagram mais Emmanuèle m&rsquo;explique ce qu’elle fait. Elle m’envoie de l’argent tous les mois par un ami commun qui a un compte à la banque et internet.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Votre studio existe-il encore ou a-t-il repris ? Continuez vous la photographie ?</strong><br>Mon studio, dans le quartier du Rex (devenu une église) et de la Grande mosquée du Grand Marché a été repris par un coiffeur. C’est encore un quartier très animé en bord de l’ancienne ville coloniale.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Où en êtes vous de la numérisation de votre fond d&rsquo;archives et pouvez vous nous raconter, de combien d&rsquo;images, types de sujets il se constitue ?</strong><br>C’est Emmanuèle qui s’occupe d’archiver tous mes négatifs, et elle n’a pas finit car il y en a beaucoup.<br>A Pointe Noire, chez moi, les conditions de conservation n’étaient pas bonnes et beaucoup de négatifs ont disparu à cause de l’humidité, des termites et des souris ! Il était temps de faire différemment.<br>Les photographes comme moi gardaient les négatifs dans leur studio pour que les clients reviennent faire des tirages quand ils voulaient.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Que s’est il passé pendant la guerre civile (1997/2000) pour vous à Pointe Noire mais aussi pour vos confrères de Brazzaville ?<br></strong>La guerre civile n’est pas arrivée jusqu’à Pointe-Noire, le maire et le préfet avait dit non à la guerre civile. Elle a été à Brazzaville, la région du Pool, de Bouenza et du Niari. A cette époque, j’avais prévu d’installer le Studio Pellosh à Brazzaville mais j’ai renoncé à cause de la guerre. Les studios photo de Brazza ont dû stopper l’activité et leur studio a souvent brulé, les négatifs et le matériel aussi.</p>



<p><strong>Maurice Pellosh:</strong> <strong>Quels sont les projets d&rsquo;exposition ou que vous avez ?</strong><br>Malheureusement, l’exposition à l’Institut français de Pointe Noire a été repoussée 2 fois à cause du Covid. C’est une exposition où j’aurais pu être présent, et on avait prévu de reconstituer mon studio avec des vieux pagnes. J’aurais pris en photo les visiteurs avec des accessoires de l’époque.<br>Emmanuèle a prévu une exposition à l’alliance française de Dar es Saalam en octobre 2022, je suis d’accord car c’est bien que mes photos soient exposées sur le continent africain. Comme il y a beaucoup d’amateurs et collectionneurs aux états unis, ça serait bien d’exposer à New York. Emmanuèle y pense. On voudrait faire aussi un film documentaire où ensemble, on rechercherait des anciens clients dans Pointe Noire et peut être Brazzaville pour qu’ils racontent cette époque. C’est une époque qui était joyeuse et tout le monde était optimiste pour l’avenir. Un livre aussi avec les meilleures photos.<br>Il y a beaucoup à faire car il y a à peine 2 ans, personne ne connaissait mon nom ! Je suis heureux d’être encore en vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="992" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances.jpg" alt="" class="wp-image-7800" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances.jpg 992w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Vive-les-vacances-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption>Vives les vacances © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7793" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Clopes-et-chapeaux.jpg 1757w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Clopes et chapeaux © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7799" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-2048x2048.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV-Toujours-élégantes-1977-480x480.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Toujours élégantes, 1977 © Studio Pellosh</figcaption></figure>



<p><strong>Emmanuèle Bethery:  Comment avez-vous rencontrer Maurice Bidilou ?</strong><br>J’ai rencontré Maurice à Pointe Noire en 2018 via un ami commun. Je travaillais avec des peintres sur place et de fil en aiguille et m’intéressant au passé photographique de la ville, je me suis rendue chez Maurice. A cette époque, Maurice ne m’a montré uniquement des tirages d’époque que les clients n’étaient pas venus chercher. Je suis repartie en France, obsédée par ces tirages. Je n’avais qu’une idée en tête; retourner chez Maurice et explorer avec lui les dizaines de boites en carton Kodak contenant des milliers de négatifs ! Notre collaboration a commencé de façon « officielle » fin 2019. Totalement inconnu, depuis, je le hisse au rang d’artiste de renom malgré la crise du Covid qui a attaqué de plein fouet tous nos projets. Pourtant, Une exposition parisienne en juin 2021 a connu un grand succès et un compte Instagram dynamique génère des commandes de tirages tous les mois et des contacts enrichissants avec des professionnels et des amateurs avertis.<br>Avec Maurice, nous avons retenu les années 1970/80, représentatives d’une société joyeuse et empreinte d’optimisme, une période bouillonnante de l’indépendance acquise. Des années qui lui sont chères ; ce sont ses débuts et une époque où le studio ne désemplissait pas. Très sollicité, le soir, Maurice arpentait bars, dancings et concerts et se mêle à la jeunesse éprise de liberté. Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel de ce que fut la société congolaise après la colonisation et révèlent la patte unique et sensible d’un photographe portraitiste doté d’un regard bienveillant.<br>Je souhaite promouvoir Maurice en le positionnant comme l’un des plus grands photographe portraitiste africain. Le labo N&amp;B que j’ai choisi, Stéphane Cormier, assure des tirages argentiques de collection. Les tirages sont numérotés, limités, légendés et gaufrés. (Et bien sûr 2 certificats d’authenticité sont fournis dont un signé par Maurice).<br>Maurice commence tout juste à accepter d’être considéré comme un photographe talentueux. Pour lui, il faisait « juste correctement son travail ». Il est encore incrédule et ne comprend pas toujours cet engouement dont il fait l’objet, lui et ses merveilleux clichés. Je souhaite qu’il puisse profiter encore longtemps de cette reconnaissance tardive.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/studio-pellosh-interview-de-maurice-pellosh-et-emmanuelle-bethery/">Studio Pellosh &#8211; Interview de Maurice Pellosh et Emmanuèle Béthery</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>La poétique photographique &#8211; Interview de Youcef Senous</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/la-poetique-photographique-interview-de-youcef-senous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rachet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Mar 2022 07:35:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Youcef Senous]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On avait découvert le travail du photographe algérien Youcef Senous, inspiré alors des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, lors de l’édition 2019 des Nuits photographiques d’Essaouira, au Maroc. Son approche intimiste de la photographie n’exclut pas pour autant un travail plus documentaire, dans lequel le sens du collectif prévaut souvent sur la recherche personnelle. Il revient avec nous sur le parcours qui est le sien. Comment es-tu arrivé à la photographie&#160;? As-tu suivi une formation de départ&#160;?Mon intérêt pour la photographie est né lors de mes fréquentations multiples avec un cousin photographe. J’ai vu en cet art un</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>On avait découvert le travail du photographe algérien <strong>Youcef Senous</strong>, inspiré alors des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, lors de l’édition 2019 des Nuits photographiques d’Essaouira, au Maroc. Son approche intimiste de la photographie n’exclut pas pour autant un travail plus documentaire, dans lequel le sens du collectif prévaut souvent sur la recherche personnelle. Il revient avec nous sur le parcours qui est le sien.</p>



<p><strong>Comment es-tu arrivé à la photographie&nbsp;? As-tu suivi une formation de départ&nbsp;?</strong><br>Mon intérêt pour la photographie est né lors de mes fréquentations multiples avec un cousin photographe. J’ai vu en cet art un moyen d’expression encore plus agressif que l’écriture et de fil en aiguille, je me suis retrouvé avec mon premier appareil. J’ai dû apprendre les techniques photographiques en pratiquant et en essayant de faire un peu comme tout le monde. En 2016, j’intègre l’association LA GRANDE MAISON de DIB par le biais de son atelier photo parrainé par Houari Bouchenak et je peux dire que c’était mon premier vrai contact avec le langage et la narration visuelle.</p>



<p><strong>Tu es d’ailleurs co-fondateur de La Maison de la photo à Tlemcen abritée par l’association La Grande Maison de Mohamed Dib. Quelle est l’ambition de ce lieu&nbsp;?</strong><br>L&rsquo;association LA GRANDE MAISON est née à Tlemcen en 2001 avec le consentement de l’écrivain de son vivant, son nom porte un clin d’œil bien entendu au roman qui a propulsé Mohammed Dib au-devant de la scène d’écriture. C’est aussi une belle métaphore pour décrire la convivialité de cette structure culturelle.<br>L’association œuvre pour la promotion et la glorification du travail dibien à travers son activité phare qui est le PRIX LITTÉRAIRE DE M.DIB, mais aussi à travers des ateliers de création artistique dont l’atelier photo qui a été lancé par Houari Bouchenak en 2007, dans lequel j’ai évolué et qui est devenu LA MAISON DE LA PHOTO, partie intégrante de l’association. La Maison de la photo, qui est aussi un lieu d’exposition et de résidence, se veut comme une sorte de laboratoire, un espace de réflexion, d’expérimentation et de création photographique, qui mêle différents médiums plastique et littéraire à la photographie, tout en conjuguant la narration littéraire et la narration visuelle.</p>



<p><strong>Depuis 2016, tu as participé à plusieurs ateliers photos et a coutume de dire que tu t’es développé «&nbsp;grâce au groupe&nbsp;». Que t’apporte cette approche collective&nbsp;?</strong><br>Le fait d’évoluer au sein d’un groupe m’a donné la chance et le privilège d’être confronté à plusieurs visions et surtout à plusieurs sensibilités dès mes débuts. Cela a fait en sorte que je peux développer un sens critique et une réflexion propre à moi.</p>



<p><strong>Dans l’une de tes premières séries <em>Attente</em>, tu te réfères à l’œuvre de Barthes <em>Fragments d’un discours amoureux</em> afin de créer «&nbsp;une scénographie de l’attente&nbsp;». Sur quoi repose cette scénographie&nbsp;?</strong><br>La scénographie de l’attente repose sur la mise en scène du deuil amoureux qui est un huis clos de solitude. La perte de l’être ou de l’objet aimé tel qu’il est appelé par Roland Barthes se joue comme dans une pièce de théâtre où le corps de l’acteur devient artificiel, il renvoie ainsi à un monde excessif qui est le monde de l’autre.<br>Ce monde n’est pas irréel mais déréel, le réel en a fui, de telle sorte que je n’ai plus aucun sens, aucun paradigme à ma disposition.<br>Dans le processus du développement de cette série, il y avait une certaine temporalité à respecter pour marquer cette attente par l’image, qui venait spontanément, puisque le reflet de de ce chapitre de Barthes n’était que le reflet d’une phase que j’ai déjà vécue et qu’il fallait ressusciter. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-7772" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-1024x687.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-768x515.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-1536x1030.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1-480x322.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7773" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7774" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<p><strong>Barthes a consacré aussi un ouvrage à la photographie La Chambre claire dans lequel il opère une distinction entre le dictum de la photo et son punctum. Cette conception guide-t-elle ton travail de composition, en ce sens que tu réfléchirais à l’effet produit sur le spectateur&nbsp;?</strong><br>À travers ses œuvres, Barthes met au jour une essence de la photographie grâce à laquelle il surmonte une double défiance : d’une part, son antipathie mêlée de fascination pour l’image et, de l’autre, la lassitude de plus en plus perceptible que lui inspire la langue. À La Chambre claire, la mort de Barthes a donné valeur de testament. Cet ultime essai n’est pourtant nullement funèbre car la photographie produit une réconciliation longtemps recherchée : réconciliation entre soi et les signes, entre la Chair et le Verbe, entre la vie et une transcendance non despotique. «&nbsp;La photographie ne console pas. Elle déchire et pourtant apaise puisqu’elle permet d’aller au bout du déchirement&nbsp;». D’une certaine manière, la sémiologie de Barthes a permis à la photographie d’avoir son propre langage, un langage visuel bien entendu qui se compose de signes lui donnant ainsi un sens intemporel. Cette vision me permet de bien cerner mon sujet et de me projeter vers lui pour arriver à cette fascination visuelle procurée par le réel chez le spectateur.</p>



<p><strong>Ta série Trabendo comporte plusieurs chapitres et semble vouloir donner une image plurielle de la société algérienne. Peux-tu nous présenter ce travail&nbsp;?</strong><br>Grâce à la recherche sémiologique que j’ai menée ces deux dernières années, j’ai pu enfin donner une structure de réflexion bien déterminée à ce projet, entamé en 2018 et ayant pour idée de documenter l&rsquo;Algérie. Trabendo s’est développé en un témoignage subjectif de mon sentiment par rapport à l’autre, une démarche tantôt documentaire, tantôt conceptuelle et euphorique, un fil conducteur qui m’a permis de réaliser les deux premiers chapitres de ce projet.</p>



<p><strong>Tu privilégies parfois une approche plus documentaire comme dans la série À contre-sens documentant le mouvement du Hirak. Comment définirais-tu ton approche documentaire&nbsp;?</strong><br>Mon approche documentaire est purement humaine, j’essaye de m&rsquo;approprier mon sujet et de me fondre en lui. À contre sens est un projet portant sur l’individu qui me permet d’autopsier cette foule, une démarche qui m’a aidé à procurer un choc photographique en mettant l’accent sur le côté émotionnel du mouvement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7777" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_7.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7779" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_10.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7780" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_12.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7781" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_13.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7782" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/03/AIV_14.jpg 1280w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>© Youcef Senous</figcaption></figure></div>



<p><strong>La thématique de l’enfance occupe une place importante dans ton travail comme en témoigne la série On attend, ce qui peut te rattacher parfois à la photographie humaniste. Pourquoi les enfants t’intéressent-ils autant en tant que modèles à photographier&nbsp;?</strong><br>Je suis guidé vers les scènes de l’enfance par le besoin irrépressible de recréer ces atmosphères que j’ai connues autrefois. C&rsquo;est formidable de prendre en photo les enfants, ils représentent ce que l’humain fait de mieux, c&rsquo;est-à-dire donner un avenir à l’avenir, et à travers eux on peut constater les conséquences de ce qu’il a fait de pire. Quand je fixe la scène avec mon objectif, le temps d’un instant, ce que je vois est merveilleux.&nbsp;</p>



<p><strong>Tu photographies souvent en noir et blanc. Ce choix dépend-il de contraintes techniques ou esthétiques&nbsp;?</strong><br>Le choix de du noir et blanc est surtout dû à mon goût classique de l’image, c’est une pratique qui aide à pénétrer intimement l’objet photographié. La couleur étant absente, le photographe doit utiliser d&rsquo;autres techniques pour faire passer son message comme les lignes, les textures, les formes ou les perspectives. La photo en noir et blanc permet de voir les choses sous un angle diffèrent.</p>



<p><strong>Quel regard portes-tu sur la situation de la photographie en Algérie&nbsp;?</strong><br>La photographie en Algérie est une pratique qui reste à ce jour méconnue du grand public, ce qui lui impose un certain nombre de contraintes, mais je dirais que depuis quelque temps les jeunes s’y intéressent de plus en plus et on voit l’émergence de plusieurs talents avec des visions diversifiées et aussi différentes les unes que les autres, ce qui laisse prévoir un bel avenir photographique.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets à venir&nbsp;?</strong><br>Déjà il y a le projet Trabendo qui occupe un vaste champ de ma réflexion photographique actuelle, de par sa nature générale qui se veut être un récit formant un usage de l’histoire. Il constitue une dimension existentielle dans des temporalités et des représentations que l’on peut rapporter aux différents protocoles de transformation. Je pense aussi continuer mon travail de recherche sur Barthes et sur l’adaptation visuelle de ses œuvres en essayant de m’approprier encore plus le langage des signes et le matérialiser à travers des illustrations de ces textes notamment Fragments d’un discours amoureux et La Chambre claire.</p>
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		<title>Le pélerinage de Layenne &#8211; Interview de Nathalie Guironnet</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-nathalie-guironnet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Feb 2022 08:52:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Guironnet]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[senegal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà 7 ans que nous avions présenté pour la première fois le travail noir et blanc si sensible de Nathalie Guironnet avec sa série sur Le Pélerinage Layenne, puis quelques temps après avec la série Gonzague Ville réalisé en regards croisés avec Lucien Kablankan. Récemment Nathalie nous a partagé ses derniers travaux, notamment son travail sur l&#8217;Egypte où elle s&#8217;est installée. L&#8217;occasion parfaite pour lui poser quelques questions autour de l&#8217;évolution de son travail et de sa pratique. Pour commencer, nous aurions aimé te demander de revenir sur ton passé et d&#8217;en savoir plus sur ton parcours et ton approche</p>
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<p>Déjà 7 ans que nous avions présenté pour la première fois le travail noir et blanc si sensible de Nathalie Guironnet avec sa série sur <em>Le Pélerinage Layenne</em>, puis quelques temps après avec la série Gonzague Ville réalisé en regards croisés avec Lucien Kablankan. Récemment Nathalie nous a partagé ses derniers travaux, notamment son travail sur l&rsquo;Egypte où elle s&rsquo;est installée. L&rsquo;occasion parfaite pour lui poser quelques questions autour de l&rsquo;évolution de son travail et de sa pratique. </p>



<p><strong>Pour commencer, nous aurions aimé te demander de revenir sur ton passé et d&rsquo;en savoir plus sur ton parcours et ton approche photographique&nbsp;?</strong><br>Mes parents sont des enfants d’expatriés et je suis née dans une famille qui a immigré et qui s’est installée en Côte d’Ivoire à son indépendance. Ce pays fait partie de mes racines, mais j’ai aussi des origines asiatiques et européennes. Je n’ai pas eu de relation particulière à l’art avant de faire des études d’Histoire de l’art, mais mon père avait pour habitude de faire des soirées de projection de diapositives et j’ai toujours en mémoire des ambiances particulières liées à l’usage de la caméra (sons et lumières), et aux interjections familiales. J’ai eu mon premier appareil à 15 ans, un argentique que j’ai abandonné progressivement avec l’arrivée du numérique. Après les photos de voyage j’ai continué en photographiant mes enfants. Une amie m’a dit un jour que j’avais un appareil photo greffé à la main&nbsp;! En fait il m’a fallu du temps avant de me rendre compte qu’à l’évidence la photographie avait toujours fait partie de moi. J’ai passé ma vie à démissionner, à passer d’un pays à l’autre, et donc à passer d’un travail à l’autre, tout en m’occupant de mes enfants. Et un jour j’ai décidé de suivre l’évidence. Mais on ne peut pas se former en photographie dans tous les pays. J’ai suivi quelques cours par correspondance, avant de me lancer et d’explorer la photographie via des tutoriels en ligne, et aussi grâce à la rencontre d’un milieu artistique bienveillant au Sénégal. J’ai appris sur le terrain, je suis ce qu’on appelle une «&nbsp;photodidacte&nbsp;». Mon apprentissage a été long. J’étais blogeuse en parallèle et il m’a fallu faire un choix douloureux.<br>Comme j’ai besoin d’exprimer mes émotions, et que je suis plutôt introvertie et solitaire de caractère, j’utilise l’appareil photo comme outil de transmission et d’expression.<br>Mon travail est plutôt intime, il a été qualifié d’humaniste&nbsp;; je suis très sensible et curieuse de la vie des autres. J’ai assez vite compris que je ferais de la photographie documentaire. Je suis aussi une collectionneuse de sons, et j’ai commencé à faire du montage. Je les associe à mes images parfois pour leur apporter plus de texture et pour les contextualiser, mais je les utilise aussi seuls, toujours avec pour objectif de garder en mémoire des espaces-temps, des individualités ou des communautés.</p>



<p><strong>Tu fais partie de deux collectifs, membre du Laboratoire Agit’Art et du Collectif DR, peux- tu nous en dire plus sur ceux-ci&nbsp;? Et ce que cela t&rsquo;apporte&nbsp;?</strong><br>Mon aventure avec le <a href="http://www.partcours.art/lieu/laboratoire-agitarts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laboratoire Agit’Art</a> est liée au Sénégal, un pays dans lequel j’ai vécu 8 ans. Des membres fondateurs, je n’ai connu que <strong>Issa Samb</strong>. C’est un «&nbsp;laboratoire de création et d’expérimentations&nbsp;» qui réunit de très nombreux artistes dont la plupart sont basés au Sénégal, mais une partie de ses membres évolue sur la scène internationale. «&nbsp;Le projet c’est l’Homme&nbsp;». Avec Agit’Art j’ai appris l’engagement, l’activisme créatif, et j’ai trouvé une première famille artistique&nbsp;!<br>C’est l’utilisation du médium photographique pour documenter et transmettre une mémoire collective et individuelle qui m’intéressait le plus, qui émergeait de mes premières années d’apprentissage sur le terrain. C’est pour cela que j’ai intégré le Collectif DR en 2019, à sa création.<br>Je suivais déjà son fondateur, Fred M., sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas hésité, et je ne le regrette pas. La plupart des membres sont des créateurs visuels français, et ont pour objectif de vendre leurs travaux à la presse. C’est primordial, quand on est indépendant, de faire partie d’une communauté qui a les mêmes objectifs que soi, surtout quand on vit loin de tout. Ensuite le collectif met à disposition des ateliers formateurs, progressifs et riches, des outils de communication en interne (canal slack, groupe privé Facebook etc), des «&nbsp;live&nbsp;» hebdomadaires qui permettent aussi de garder le lien avec l’actualité et les membres, et de se mettre en condition réelle de vendre nos reportages. C’est très formateur, on est entrainé dans une dynamique plus forte, plus créative, et même si nous sommes éparpillés en France et dans le monde, il y a une cohésion qui me permet de penser qu’en cas de gros problème je sais vers qui me tourner pour m’aider. Enfin, j’y ai découvert des méthodes de travail, et j’y ai rencontré des photographes talentueux, inspirants, avec qui je m’entends bien.</p>



<p><strong>Ton sujet de prédilection est celui des communautés, qu&rsquo;elles soient sociales ou religieuses. Pourquoi cet intérêt et peux-tu nous raconter comment s&rsquo;articulent ces corpus&nbsp;?</strong><br>Je crois que mon intérêt pour les communautés est profondément ancré dans mon besoin d’en trouver une moi-même. J’ai toujours été partagée entre mes origines et ma nationalité française&nbsp;! J’ai toujours eu du mal à trouver ma place dans des pays qui privilégient la préférence nationale ou régionale, et le débat sur l’appropriation culturelle m’a profondément mise mal à l’aise… En France, mon travail «&nbsp;africain&nbsp;» n’entre pas non plus dans le cadre car la tendance serait plutôt de favoriser une scène émergente d’origine africaine.<br>De plus, mon parcours nomade d’expatriée fait que je suis obligée d’abandonner et de retisser des liens sociaux régulièrement&nbsp;; mais j’ai de plus en plus de difficultés à m’adapter. Et puis ma curiosité naturelle fait le reste. Au Sénégal, c’est tout à fait par hasard que je me suis intéressée à la communauté des Layennes, en pleine manifestation religieuse.<br>J’avais aussi commencé un travail sur les jeunes Lébous et sur leurs aspirations et leur adaptation entre société traditionnelle et moderne.<br>Depuis ces travaux, je reste très curieuse par rapport à toute forme de manifestation collective, sociale (manifestations de la société civile) et genrée. Et je vois bien que je croise souvent mes interrogations.</p>



<p><strong>Nous avions commencé notre dialogue en 2015 après la publication de ton travail sur le Pèlerinage de Layenne, Peux-tu nous raconter où tu en es de ce projet et comment celui-ci évolue&nbsp;?</strong><br>J’ai documenté pendant 5 ans les différentes étapes du pèlerinage annuel de la communauté. J’ai vécu de l’intérieur ces pèlerinages, en participant aux cérémonies.<br>L’exemple de la communauté Layenne (trop souvent oubliée en dehors du Sénégal) qui connaît un vrai regain depuis les années 90, permet d’observer sa manière de se réinventer et de s’adapter aux exigences traditionnelles tout en considérant l’évolution de la société. Elle participe au «&nbsp;développement d’un nouvel islam sénégalais&nbsp;».<br>Mon regard s’est confronté à l’idée contemporaine de la différence qui doit être enrichissante – or le monde est fractionné par de nombreuses tensions entraînant des dégâts, le repli sur soi et le fanatisme religieux notamment.<br>Ce travail sur les Layennes n’a pas encore trouvé d’écho car je pense que le sujet est trop sensible. Je le vois plus comme un travail ethnographique.<br>D’ailleurs, une partie de mon travail s’articule autour de la place de la femme dans ces manifestations religieuses. Car elles y occupent un statut particulier.<br>Mais mon travail n’est pas fini, je ressens le besoin de le compléter. Grâce à des contacts privilégiés avec des amis de la communauté Layenne, j’envisage de repartir très prochainement au Sénégal pour cela.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7746" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Juché sur le toit d&rsquo;un véhicule, un groupe de jeunes pèlerins essaie, de loin, d&rsquo;assister à la cérémonie,pèlerinage de la confrérie Layenne,Dakar, Yoff Diamalaye, 09 mai 2016</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-718x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7747" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-718x1024.jpg 718w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-210x300.jpg 210w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-768x1096.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-1077x1536.jpg 1077w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-480x685.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034.jpg 1346w" sizes="(max-width: 718px) 100vw, 718px" /><figcaption>Les deux jours de pèlerinage sont ponctués de manifestations « extraordinaires ». Ici, les pèlerins essaient d&rsquo;attraper des gouttes d&rsquo;eau coulant « anormalement » de la bâche.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, site de Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, mai 2016<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="614" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1024x614.jpg" alt="" class="wp-image-7748" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1024x614.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-300x180.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-768x460.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1536x921.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-480x288.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Une jeune layenne dans la foule des pèlerins se protège avec un parapluie.<br>Mausolée de Cambérène, Dakar, Sénégal, mai 2015<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7749" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="820" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-820x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7750" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-820x1024.jpg 820w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-240x300.jpg 240w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-768x959.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-1230x1536.jpg 1230w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-480x600.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299.jpg 1537w" sizes="(max-width: 820px) 100vw, 820px" /><figcaption>Fille-mère, Layennes, Dakar, Sénégal, mai 2015<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7751" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-768x1151.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-1025x1536.jpg 1025w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-480x719.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768.jpg 1281w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Les deux jours de pèlerinage sont ponctués de manifestations « extraordinaires ». Ici, les pèlerins prennent en photo une apparition sur la bâche.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, site de Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, mai 2016<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7752" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Une foule compacte se retrouve pour la dernière journée de la cérémonie<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7753" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Certaines années, la mer apporte également son lot de « miracles » pendant le pèlerinage. Ici de jeunes femmes se rafraîchissent, pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7754" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La police montée sénégalaise assure la sécurité des pèlerins sur la plage de Yoff Diamalaye.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, 06 avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1024x819.jpg" alt="" class="wp-image-7755" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1024x819.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-300x240.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-768x614.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1536x1229.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-480x384.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les albinos au Sénégal souffrent généralement de rejet et de discrimination. Cependant, ici cette jeune femme semble paisible, intégrée dans sa communauté<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, mausolée de Cambérène, Dakar, 16 avril 2018<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="663" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1024x663.jpg" alt="" class="wp-image-7756" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1024x663.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-300x194.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-768x498.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1536x995.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-480x311.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Des jeunes femmes se regroupent en surplomb de la plage de la grotte sacrée de Ngor, fin de la première journée<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Dakar Almadies, Sénégal, avril 2017<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<p><strong>Après avoir vécu à Dakar, tu vis désormais en Egypte. Peux-tu nous raconter ton expérience photographique de ce pays&nbsp;?</strong><br>Et bien je suis arrivée dans un pays où la liberté d’expression n’existe pas&nbsp;! Et la méfiance envers les médias est tellement forte que je n’ai pas pu y développer de travail photojournalistique.<br>C’est tellement paradoxal car par rapport à Dakar, on peut trouver au Caire de bonnes formations en techniques et procédés photographiques, qui donnent envie d’aller au-delà.<br>Mais à cause du climat ambiant et de la barrière linguistique aussi, je n’ai pas réussi à créer des liens particuliers et non-superficiels. L’inconscient collectif fait qu’il est difficile de creuser et de développer des histoires photographiques, surtout en tant qu’étrangère.<br>J’ai donc été obligée de m’adapter à plusieurs niveaux. Ma manière de photographier d’abord&nbsp;: j’ai rangé mon reflex pro et je suis revenue au bridge plus passe-partout, que je ne sors qu’au moment de déclencher. J’ai aussi investi dans un Iphone car dans l’inconscient collectif le téléphone est moins professionnel. J’ai vite adhéré à un groupe de randonneurs photo majoritairement égyptien qui m’a donné des pistes de techniques de travail en Egypte et qui m’a indiqué les lieux «&nbsp;faciles&nbsp;» et moins dangereux (surtout touristiques), ce qui me permet de faire un peu de photographie d’art et d’illustration.<br>Mais il faut en permanence faire attention à ce qu’on prend en photo, c’est une routine frustrante et fatigante. Je dois aussi m’entourer de personnes qui puissent m’accompagner pour la traduction, je dépends de leur disponibilité, et le coût m’empêche d’utiliser autant que je le voudrais leurs services.<br>J’ai donc essayé de trouver comment travailler de manière moins visible, plus intime, et sur une période plus longue.</p>



<p><strong>Tu as réalisé récemment un travail sur Le Caire, la nuit. Cette ville que beaucoup de nos lecteurs ne connaissent qu&rsquo;en image et à travers la littérature. D&rsquo;ailleurs, peux-tu nous raconter comment tu as commencé cette série&nbsp;? Et si la littérature t&rsquo;a inspirée&nbsp;?</strong><br>Quand j’ai commencé cette série sur la nuit au Caire (où je réside), j’avais besoin de me retrouver seule avec moi-même, hors-cadre, loin de mon environnement quotidien et de sa charge mentale. Une échappée belle qui se caractérisait par une quête de solitude.<br>La marche à pied s’est imposée naturellement&nbsp;: elle a d’abord été arbitraire, puis réfléchie, jusqu’à me sortir des limites que je m’étais imposée, poussée par la curiosité d’en voir plus. Je suis une urbaine, et adepte de la street-photographie, j’ai très vite aimé prendre la ville en photo, surtout le rapport homme-ville, et l’atmosphère qui résulte de son patrimoine immobilier.<br>Je me suis beaucoup documentée sur la nuit urbaine (essentiellement à travers la lecture de thèses de soutenance), et je dois dire que le sujet m’a passionné&nbsp;!<br>J’ai lu notamment qu’en 1996, l’anthropologue et sociologue <strong>Pierre Sansot</strong> avait mis en avant dans son ouvrage, La poétique de la ville, un concept «&nbsp;de lien analogique qui existerait entre les chemins de conscience et les avenues d’une ville&nbsp;», et je me suis questionnée sur ces routes aléatoires où m’ont menée mon esprit…<br>La nuit, on n’utilise pas les mêmes sens que dans la journée, on se retrouve au centre de l’histoire, on s’écoute, on se découvre. On se retrouve face à soi. C’est vraiment une expérience enrichissante, dans certains endroits on peut presque s’entendre penser&nbsp;!<br>Je précise que la nuit ne m’a jamais effrayée, elle est chez moi plutôt propice au repos, à la méditation, à la réflexion, à la contemplation. J’aurais pu juste marcher encore et encore, et vider ainsi le trop plein d’émotions qui me submergeaient. Au lieu de ça, j’ai pris mon appareil photo pour aller à la rencontre de ce monde intermédiaire qui m’attirait, de cet espace-temps particulier qui s’anime à la tombée du jour alors que la plupart rentrent après une journée de travail.<br>J’ai aussi opté pour un parti-pris très personnel de photographier en noir et blanc pour que la ville apparaisse dans sa dimension plus intime, plus graphique, plus poétique….Mon travail propose donc à chacun de construire sa propre narration, d’imaginer l’histoire derrière la photographie, de donner libre court à son imagination et de rendre, peut-être, sa part de rêve et de mystère à la nuit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7757" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, mai 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7758" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, mai 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7759" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-1152x1536.jpg 1152w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566.jpg 1440w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Le Caire la nuit, septembre 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7760" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire, Egypte, 01 décembre 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7761" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, janvier 2022<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont tes prochains projets&nbsp;?</strong><br>Je travaille sur une autre série au Caire, toujours sur la nuit, mais sur un métier bien précis.<br>Je commence aussi fin février une formation de photo-journalisme qui durera plusieurs mois, et dans ce cadre je vais travailler sur le rapport homme-animal au Caire.<br>Enfin, j’envisage de rentrer l’été prochain et de poser un temps mes valises en France, pendant au moins un an. J’aimerais installer et pérenniser mon activité en France, puisque c’est là que je reviendrai un jour vivre.</p>



<p><strong>Je crois que tu exposes prochainement. Que pourra-t-on découvrir&nbsp;?</strong><br>Oui, j’expose ma série sur La nuit au Caire au festival PHEMINA à Fontainebleau qui se tiendra du 12 au 20 mars prochains. On pourra y découvrir une partie des photos, et aussi j’y animerai un atelier le 13 mars sur mon expérience de photographe femme à l’étranger.<br>Et fin mars j’expose aussi dans le cadre du Printemps des artistes au Caire&nbsp;: c’est un évènement artistique et caritatif qui réunit de très nombreux artistes de la scène égyptienne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-nathalie-guironnet/">Le pélerinage de Layenne &#8211; Interview de Nathalie Guironnet</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Interview croisée de 4 collectifs de photographes : Yamarouphoto (Mali), Kamera (Cameroun), 220 (Algérie), Koz (Maroc)</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-croisee-de-4-collectifs-de-photographes-yamarouphoto-mali-kamera-cameroun-220-algerie-koz-maroc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Feb 2022 16:24:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Biennale Africaine de la photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif]]></category>
		<category><![CDATA[collectif 220]]></category>
		<category><![CDATA[kamera]]></category>
		<category><![CDATA[Koz]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Yamarou]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S&#8217;il est indéniable que l&#8217;Afrique a marqué l&#8217;histoire de la photographie de son empreinte, elle semble désormais désireuse d&#8217;en écrire une nouvelle page. Le continent assiste en effet à l&#8217;émergence de plusieurs collectifs de photographes, qui réinventent et redéfinissent chacun les contours de leur pratique, à l&#8217;aune des réalités qu&#8217;ils habitent. Nous avons invité quatre collectifs issus du Mali Yamarouphoto, du Cameroun avec Kamera, de l&#8217;Algérie avec le collectif 220 ou encore du Maroc Koz lors d’une interview et table-ronde. Bonjour, pourriez vous présenter votre collectif et ses objectifs ? YAMAROU : Créé en 2018, l’association Yamarou Photo est un</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>S&rsquo;il est indéniable que l&rsquo;Afrique a marqué l&rsquo;histoire de la photographie de son empreinte, elle semble désormais désireuse d&rsquo;en écrire une nouvelle page. Le continent assiste en effet à l&rsquo;émergence de plusieurs collectifs de photographes, qui réinventent et redéfinissent chacun les contours de leur pratique, à l&rsquo;aune des réalités qu&rsquo;ils habitent. Nous avons invité quatre collectifs issus du Mali Yamarouphoto, du Cameroun avec Kamera, de l&rsquo;Algérie avec le <a href="https://www.collective220.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">collectif 220</a> ou encore du Maroc <a href="https://www.kozcollective.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Koz </a>lors d’une interview et table-ronde.</p>



<p><strong>Bonjour, pourriez vous présenter votre collectif et ses objectifs ?</strong></p>



<p><strong>YAMAROU :</strong> Créé en 2018, l’association Yamarou Photo est un espace de rencontre, de formation et d’échanges, créé par un groupe de professionnels de la photographie. Elle a pour objectif principal le développement et la professionnalisation du secteur de la photographie au Mali.<br>Elle intervient dans les domaines prioritaires suivants :Séances d’initiation à la technique de prise de vue et formation continue des jeunes artistes photographes ; Masters class professionnels animés par d’éminents artistes photographes africains, occidentaux et de la diaspora ;Expositions monographiques et collectives ;Programme de médiation scolaire visant à inculquer aux jeunes scolaires et collégiens la culture de l’image et de l’art photographique ; Réseautage et marketing culturels.<br>Les objectifs de Yamarou Photo sont :Appuyer la politique de Promotion de la photographie au Mali ;Créer un espace de dialogue entre les jeunes autour de la photographie ; Créer un cadre de rencontre entre les photographes nationaux et internationaux ; Organiser des expositions, des ateliers et des résidences artistiques et aussi encourager la participation des femmes dans le secteur de la photographie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7707" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-1V7A6066.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Yamarou photo</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7708" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0103.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Yamarou photo</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7709" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-A99A0490.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Yamarou photo</figcaption></figure>



<p><strong>KAMERA :</strong> Le collectif kamera est le premier collectif de photographes Camerounais créer en 2011 par 06 photographes professionnel (Rodrig MBOCK, Landry MBASSI, Emkhal Eyongakpa, Mvondo Walter, Silas Ngantar Aimay Menoba, Romuald Dikoume). Le collectif met en place le projet 4&#215;4 en 2016, le projet 4&#215;4 naît de la volonté de contribuer au développement de la photographie au Cameroun, plus précisément dans le domaine de la jeune création visuelle. En effet, compte tenue du manque de formation et du manque de proposition dans le champs artistique photographique, les photographes Camerounais sont souvent absents aux différents festivals photo en Afrique. Le Collectif Kamera et le Studio Globule se sont mobilisés depuis 2016 pour imaginer une forme alternative de formation en photographie par les ateliers.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7712" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/75339478_945092719205235_4721591298069364736_n.jpg 1772w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Collectif Kamera</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7711" width="840" height="560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/52974064_774065736307935_4815359775694913536_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>Collectif Kamera</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>220 : </strong>Le Collective 220 est né en 2015, dans la chambre 220 de l’hôtel Albert Ier à Alger. Au départ, il s’agissait d’un groupe de photographes qui participait au Festival national de la photographie (FesPA). Ce nom est un hommage à cette rencontre impromptue et aux rencontres qui en ont découlé.<br>L&rsquo;envie de créer ce groupe était principalement due à notre besoin d’un espace d&rsquo;échange, de réflexion et de travail dans un environnement qui manquait alors de ce type d&rsquo;expériences collectives. Nos approches et nos langages visuels varient mais nous partageons le même désir de raconter nos histoires, de photographier nos réalités de manière personnelle et subjective. Nous avons envie de raconter l’Algérie contemporaine autrement, mais nos territoires de prise de vue ne se limitent pas à ce pays : plusieurs de nos membres ont des projets en France, en Jordanie, au Maroc ou en Tunisie…<br>Le nombre de photographes du collectif a évolué au fil des années, certains des membres ne sont plus des membres actifs du collectif, mais sont toujours présents par leurs conseils ou leur participation à certains projets<br>Aujourd’hui, le collectif compte dix personnes, dont cinq qui l&rsquo;ont rejoint cet été : Ramzy Bensaadi, Houari Bouchenak, Célia Bougdal, Soufian Chemcham, Bilel Madi, Youcef Krache, Cléa Rekhou, Fethi Sahraoui, Abdo Shanan et Lynn S.K..</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7714" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Clea-Rekhou.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>« I could have killed her […] if only you knew how much I regret. Alcohol drained me into this ». He is today released from the centre but continues to attend a program to fight against his alcohol addiction. His ex-partner has recently expressed the wish to get back in touch and to progressively rebuild a life together.<br>© Clea Rekhou / collectif 220</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7716" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Soufian-Chemcham.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Soufian Chemcham / Collectif 220</figcaption></figure>



<p><strong>KOZ :</strong> Le collectif KOZ est né en été 2020 et est la fusion de plusieurs discussions entre <strong>M’hammed Kilito</strong>, <strong>Imane Djamil</strong>, <strong>Seif Kousmate</strong> et <strong>Yasmine Hatimi</strong>. Il vient d’un désir profond de collaboration et de mutualisation des savoirs pour contrer le travail solitaire que peut être celui du photographe d’une part, et d’une envie de créer des dialogues autour de l’industrie photographique dans un pays où les pratiques, autant que les “législations” restent fragiles. Au sein de KOZ, nous cherchons à nous professionnaliser davantage individuellement grâce à l’aide des autres, et à partager nos expériences (au sens très large du terme) avec des gens curieux du métier ou souhaitant en savoir plus sur les pratiques photographiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7718" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-2048x1365.jpg 2048w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/Série-80-Miles-to-Atlantis_Imane-Djamil1-480x320.jpg 480w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The pool II, 2020 From series 80 Miles to Atlantis © Imane Djamil</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="767" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-1024x767.jpg" alt="" class="wp-image-7717" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-1024x767.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-768x575.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-1536x1150.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Away-from-the-Dreamland_Seif-Kousmate.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Portrait of Oumarou and a handdrawn map of his journey to the European border . Casablanaca 15/05/2019. Oumarou SIDIBE, 29, Malian living in the Ivory Coast. Oumarou used to sell mobile phones and credit top-ups on a street shop near Abidjan, Ivory Coast. In 2014, he gathered his savings and put his younger brother in charge of the shop to attempt a move to Europe. His goal was to give his family better living conditions than his current work allowed him to. Oumarou first spent time in Algeria, where he worked on farms to earn money, before traveling to Tangier and trying to reach Europe for six months. In November 2015, he moved to Gourougou, where he spent three years trying to reach Melilla &#8211; to no avail. Needing money, Oumarou moved to Rabat to earn enough to head back to Gourougou for more attempts. Early in 2019, his mother called him and asked him to come home. She believed God would have helped him reach Europe had it been meant to be. Oumarou thus signed up for voluntary repatriation through the IOM but tried crossing the border until July 31, the day before he was scheduled to fly back to Mali. He is now back in Abidjan in the Ivory Coast and has taken up his store again. He said that he might try to join Europe again.<br>Série from the dreamland © Seif Kousmate</figcaption></figure>



<p><strong>Qu&rsquo;apporte le collectif à la pratique photographique en Afrique ?</strong></p>



<p><strong>YAMAROU : </strong>Le Collectif Yamarou Photo, de sa création à nos jours, à apporter beaucoup d’innovations à la photographie au Mali et en Afrique.<br>D’abord sur le plan de l’initiation des jeunes de 16 à 25 ans à la technique de prise de vue photographique, Yamarou Photo a dédié un programme d’activités à ce volet. De 2018 à 2021, plus de cent cinquante jeunes ont été initiés à la prise de vue et certains parmi eux ont commencé à amorcer une carrière artistique avec nous.<br>Pour élargir la base du vivier photographique, nous avons développé une grande médiation autour de la communauté scolaire et collégienne, qui reçoit chaque année une séance d’intermédiation ponctuée par des formations et des expositions photos dans les écoles.<br>Exemple : cette année, une exposition, intitulée « Sur le mur » a été organisée dans plus de 10 écoles à Bamako, au mois de juin 2021.<br>Le crédo de notre Collectif est la formation continue et le renforcement des capacités des photographes aux techniques de l’art photographique.<br>Nous dispensons cette formation à nos photographes et aussi aux photographes des autres associations et collectifs de photographes. Le but de ces formations est d’outiller les photographes dans les techniques professionnelles et artistiques.<br>Aussi, nous organisation des Master class à l’endroit de nos photographes (cette année, nous en avons organisé 4 qui ont été animés par des artistes maliens et étrangers, notamment Fatoumata Coulibaly dite FC, artiste et réalisatrice de cinéma, membre du jury de FESPACO ; Ludovic Faidaro, photographe Belge, etc.).<br>Yamarou Photo apporte son expérience et son savoir-faire dans la formation en photographie, dans la création artistique, le management culturel en Afrique et le réseautage. Le Directeur Artistique de Yamarou, Monsieur Seydou CAMARA a participé courant Mai 2021 à un Master class en Guinée Conakry en prélude au festval « les 72 heures du livre ». <br>Notre collectif fait du CLPIA qui est le réseau des centres de formation en photographie en Afrique. Le collectif reçoit des photographes africains venus échanger ou participer à un Master class organisé par Yamarou Photo. Yamarou Photo fait partie des initiateurs de la création de l’inter biennale photographique du Mali, qui est une grande rencontre de photographes maliens et africains, organisée chaque temps creux des Rencontres de Bamako.</p>



<p><strong>KAMERA : </strong>Le collectif cherche avant tout à renforcer les capacités des jeunes photographes par des ateliers théoriques et pratiques. Le collectif a créé une communauté de photographes au Cameroun, cela a permis à ceux ci de se rapprocher des anciens pour bénéficier de leurs conseils, nous encourageons les photographes artistes à participer aux différents festivals en Afrique. Les jeunes photographes étant parmi les populations les plus précaires dans les villes Africaines, le collectif essaye de préparer les photographes à l’entrepreneuriat en essayant de mieux les organiser.</p>



<p><strong>220 : </strong>Le constat de l’invisibilité de la photographie dans le champ culturel national nous a confrontés à l’obligation de combler ce vide, notamment en multipliant l’accès à la photographie par le biais de différents canaux : ateliers, expositions, festivals, publications, rencontres, débats, projets d’édition… L’ambition du collectif est aussi celle de créer une banque d’images qui servira de repère visuel mais qui sera aussi une source d’archives, un vecteur par lequel une histoire contemporaine de la photographie algérienne pourra être élaborée.<br>Et bien sûr il est important pour nous de nous inscrire dans le continent africain, dans les échanges qu’on fait avec les pays voisins, par le biais d’expositions, de rencontres, que ce soit à Bamako, Tunis ou Casablanca… Mais nous pensons aussi que ce n’est pas assez : on a toutes et tous (collectifs, institutions, individus…) un travail à faire en ce sens afin de développer des liens entre tous les pays du continent africain. Des choses ont bougé mais nous pouvons encore contribuer à développer ces collaborations.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7729" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-1152x1536.jpg 1152w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-1536x2048.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Celia-Bougdal.jpg 1920w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>© Celia Bougdal</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-7715" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-1024x685.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-768x514.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-1536x1028.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Houari-Bouchenak-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Houari Bouchenak</figcaption></figure>



<p><strong>KOZ : </strong>Depuis que nous avons débuté cette aventure ensemble, nous nous sommes rendus compte que le collectif nous apportait d’abord à nous en tant que photographes. En renforçant, grâce aux outils apportés par les autres, notre discipline, nous avons pu bénéficier de bourses, prix etc, ce qui nous a permis d’avoir les fonds et le temps nécessaires pour raconter des histoires documentaires et visibiliser d’une part certains récits, de l’autre la scène photographique marocaine, auprès d’audiences de proximité, mais aussi celles des réseaux de distribution étrangers que nous aurions eu plus de peine à aborder sans cette mutualisation (notamment les grands festivals de photographie en Afrique, Europe…). Cette organisation plutôt fructueuse répond d’abord à une question à laquelle beaucoup de nos collègues en Afrique sont confrontés: celle de l’impossibilité de collaborer dans nos pays. Nous entendons souvent qu’il n’est ni simple ni bon de s’associer, tous domaines confondus, mais les collectifs présents lors de cette journée à l’Institut pour la photo prouve que non seulement il est possible de le faire, mais que le collectif est peut-être l’une des seules façons d’envisager une vision sur le long terme et d’être dans une logique de développement à tous les niveaux. A partir de cette discipline de travail qu’on a établie, il nous a été possible de faire un travail auprès d’autres photographes qui débutent leur aventure, d’être de bon conseil, d’accompagner une série photographique en abordant les différentes étapes de l’écriture d’un projet etc…<br>Nous souhaitons aussi ajouter qu’en Afrique, les métiers des industries créatives peinent à être reconnus, à la fois dans l’aspect juridique, professionnel, mais aussi dans le regard que la société porte sur les artistes. C’est par le biais de la solidarité entre les professionnels de ces métiers là, qui imposent leur vision, leur méthodologie, et leur devis hahaha, qu’on pourra, par respect au métier de photographe, le faire reconnaître et diffuser ses réalités et mécanismes de fonctionnement pour que d’autres puissent prendre conscience qu’il est un métier comme les autres. Et nous avons indéniablement besoin de plus de visual storytellers au Maroc!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="740" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-1024x740.jpg" alt="" class="wp-image-7727" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-1024x740.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-300x217.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-768x555.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-1536x1110.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1-480x347.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Amarcord_Yasmine-Hatimi-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Série Amarcord © Yasmine Hatimi</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7728" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-Série-Among-you_Mhammed-Kilito-1-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Série Among you © M&rsquo;hammed Kilito</figcaption></figure></div>



<p><strong>A quels besoins répond cette organisation en collectif ?</strong></p>



<p><strong>KAMERA :</strong> Le collectif met le photographe au centre de ses préoccupations. Nous contribuons à son épanouissement au sein de la grande communauté, mais aussi au renforcement de ses capacités techniques. Le matériel étant au centre de la pratique de la photographie, nous avons depuis deux ans imaginer une plate-forme destinée à la vente de matériel photo d’occasion à petit prix pour notre communauté.</p>



<p><strong>220 : </strong>Cela répondait à un besoin de structuration du travail. Tous les 220 le disent, travailler en groupe, en collectif, c&rsquo;est une force. C&rsquo;est pouvoir s’entraider, partager des avis, s&rsquo;accompagner les un.es les autres sur des questions d&rsquo;editing, de participations à des appels à projet… Cela se fait de façon assez fluide, c’est comme si chaque photographe pouvait être l’éditeur photo d’un autre membre du collectif.<br>Cela permet aussi une meilleure visibilité pour l&rsquo;ensemble des photographes mais également pour la photographie algérienne en général, à l’échelle nationale et internationale.</p>



<p><strong>KOZ :</strong> Le collectif, c’est la mutualisation des savoirs pour que nous puissions chacun aller plus loin. C’est aussi la force du groupe face à des clients, galeristes, média etc… parfois eux-mêmes ignorants de certaines réalités, et parfois conscients mais de mauvaise foi. C’est le désir profond de créer une plateforme solide pour accompagner des projets par des workshops, mais aussi du one to one, du mentoring. C’est pouvoir envisager de nouvelles façons de diffuser, d’exposer, de donner à voir des histoires singulières. Et pour finir, c’est aussi de reprendre le droit sur son histoire collective, sur la mémoire d’une ville, région, pays et ensuite continent qui a souvent été écrite par des “explorateurs”, historiens, académiciens et qui doit être complétée dans certains cas, ou remise en question dans d’autres.</p>



<p><strong>Quelles sont les difficultés / les défis que vous rencontrez ?</strong></p>



<p><strong>YAMAROU :</strong> Les difficultés de notre collectif sont surtout financières. Les défis de Yamarou Photo sont entre autres; Rehausser le niveau technique de la photographie malienne à celui de la norme africaine par la formation, les Masters class, etc&#8230; ; Contribuer à consolider la place de Bamako comme capitale de la photographie africaine.</p>



<p><strong>KAMERA :</strong> Les difficultés du collectif sont liées à la logistique (local), au manque de matériel et surtout au manque de financement qui empêche l’ accomplissement de nos activités. L’un des gros défis que nous rencontrons est celui de permettre au photographe de vivre de son art. Comment la formation peut aider les stagiaires à créer des activités génératrices de revenus, à créer leurs entreprises, et leurs studios photo.</p>



<p><strong>220 : </strong>Le collectif est justement né de ces difficultés/défis, comme celle de photographier dans l’espace public en Algérie. Ce ne sont pas des difficultés propres au collectif mais à la pratique photographique et le fait d’être un groupe nous aide là-dessus et nous motive à avancer. Une difficulté qui revient, c’est le fait que nous n’avons pas de statut (et nous tenons à notre indépendance) et il y a donc certains appels à projets pour lesquels nous ne pouvons pas postuler.</p>



<p><strong>Le collectif contribue-t-il à construire une iconographie nouvelle du continent ?</strong></p>



<p><strong>YAMAROU :</strong> Oui, le collectif contribue à construire une image de la photographie plus juste en Afrique, dans la mesure où toutes les créations de Yamarou Photo sont autocentrées sur la création contemporaine africaine. Nous voulons que, à travers tous ceux que nous produisons comme œuvres artistiques, soient le reflet des réalités sociales et culturelles de l’Afrique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7725" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-1536x1023.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-DJI_0137©Abdoul_K_Diallo.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Yamarou photo</figcaption></figure>



<p><strong>KAMERA : </strong>Nous sommes convaincus et nous le vivons déjà. La photographie africaine est en train de se reconstruire. Mais cette reconstruction ne pourra se faire que par les Africains eux même, les festivals ne répondent pas toujours aux réalités du vécu des photographes en Afrique car ces festivals sont pour la majorité inspirés des festivals européens. Nous essayons avant tout de permettre aux photographes de travailler dans leurs environnements et sur les thématiques quotidiennes, en étant les témoins de leur époque, car une des missions de nos photographes est l’archivage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7726" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/239561322_1469387426775759_7778261748334083145_n-1.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>220 : </strong>Ce qui est certain c’est que dès le début, il y avait une volonté d&rsquo;en découdre avec les stéréotypes orientalistes ou post-coloniaux et la façon dont l’Algérie est parfois montrée à l’étranger, avec des images réalisées par des photographes ou peintres occidentaux dans des conditions parfois très ambiguës. En ce sens, nous travaillons toutes et tous sur des projets documentaires exigeants et sur le temps long. C’était (et c’est toujours) une nécessité pour les photographes du collectif de proposer leurs propres regards, des visions de l&rsquo;Algérie vue de l&rsquo;intérieur. Et puis, il y avait aussi la volonté d&rsquo;en découdre avec la façon dont la photographie d&rsquo;auteur était traitée en Algérie. C’est donc une résistance à la fois locale et internationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7724" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-youcef-krache-antidote.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Youcef Krache</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-7723" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-1536x1026.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-LynnSK.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Lynn SK</figcaption></figure>



<p><strong>KOZ : </strong>Sans aucun doute, et ceci en alliant la qualité à la quantité. Le collectif pallie au manque de formation qui existe dans nos pays. Nous avons tous beaucoup appris les uns des autres et continuons jour après jour à le faire (à la fois au sein de KOZ mais aussi d’autres collectifs). Maintenant, les acquis doivent être partagés pour que d’autres puissent construire leur vision photographique. Nous insistons sur la quantité car au sein d’un même espace, il existe différentes cultures, différents vécus et points de vue, et qui d’autres que ses acteurs, s’ils sont en plus en quête de professionnalisation photographique, pour mieux nous plonger dans ses micro-mémoires qui, tissées, construisent une mémoire collective qui répond à ce qu’on a beaucoup trop souvent donné à voir du continent?</p>



<p><strong>Vos projets en 2021/ 2022 ?</strong></p>



<p><strong>YAMAROU : </strong>Nos projets dans le futur sont : La création d’un grand centre international de photographie au Mali et la mise en place et le développement d’un réseau international de professionnels de la photographie (commissaires d’expos, galeristes, mécènes, photographes, etc.).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7721" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/AIV-IMG_3944.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Collectif Yamarou</figcaption></figure>



<p><strong>KAMERA : </strong>En 2021 nous avons organisé une grande exposition collective. Notre défi en 2022 est de sortir des salles d’expositions car notre constat est que l’Afrique vit dehors. tout se passe à l&rsquo;extérieur, nous souhaitons aller à la rencontre des communauté pour leur faire connaître et les sensibiliser au travers de la photographie.</p>



<p><strong>220 :</strong> Nous sommes sur pas mal de fronts en même temps. Tous les membres sont sur des projets de séries, d’expositions ou d’éditions, parfois au sein du collectif et parfois à titre individuel. Nous avons un projet commun avec le collectif Koz, qui va se poursuivre tout le long de l’année 2022. C’est un projet dans lequel nous avons envie de travailler sur les représentations et préjugés que chaque peuple se fait de l’autre… Grand sujet !<br>Nous allons également reprendre certains projets ralentis par la situation sanitaire, comme un roadtrip en Algérie avec plusieurs des photographes du collectif, ou encore la première édition des Rencontres photographiques de Mascara. <br>Il y a aura également une exposition collective cette année en Algérie, avant tout pour le public algérien, mais que nous rendrons visibles par ailleurs sur les réseaux sociaux.<br>En 2022, le Collectif fêtera ses 7 ans et ce qui nous anime c’est toujours de faire bouger les lignes et d’avancer ensemble.</p>



<p><strong>KOZ : </strong>En tant que collectif, nous avons un projet avec nos amis de 220 qui se construira petit à petit tout au long de l’année 2022. Nous ne pouvons pas en dire plus, but we’re definitely cooking something. Nous avons également pas mal de workshops prévus et accompagnons d’autres photographes plus jeunes dans leur pratique. Nous réfléchissons beaucoup à ce que pourraient aux business plans que nous pourrions adopter étant donné la déception qui a suivi nos collaborations avec les circuits de distribution nationaux. Et nous avons quelques autres projets sur lesquels nous préférons ne pas communiquer pour le moment.<br>Individuellement, chaque photographe continue, à l’aide de bourses notamment (…..) à travailler sur des séries déjà entamées.</p>



<p><strong>Pour approfondir cette interview, revenez sur la table-ronde <em>Les Collectifs de photographes en Afrique: 4 exemples.</em> L’Institut pour la photographie invite Afrique in visu pour une journée de rencontres autour des collectifs de photographes du continent africain avec Imane Djamil, Lynn S.K, Seydou Camara et Rodrigue Mbock. Introduction par Alice Rougeulle (Institut pour la photographie) et Houda Outarahout (modératrice de la journée, journaliste, photographe et documentariste)</strong><br><a href="https://www.youtube.com/watch?v=iI_8oM9Ppvs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.youtube.com/watch?v=iI_8oM9Ppvs</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-croisee-de-4-collectifs-de-photographes-yamarouphoto-mali-kamera-cameroun-220-algerie-koz-maroc/">Interview croisée de 4 collectifs de photographes : Yamarouphoto (Mali), Kamera (Cameroun), 220 (Algérie), Koz (Maroc)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&#8217;Hana Gamal</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 08:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Hana Gamal]]></category>
		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.afriqueinvisu.org/?p=7655</guid>

					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres de l’échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition “Mon ami n’est pas d’ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l’Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai. Après une première interview avec Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers, nous avons invité Hana Gamal, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée « Fragments de nous-mêmes ». Chère Hana, pouvez-vous vous</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/">Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&rsquo;Hana Gamal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rencontres de l’échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition <em>“Mon ami n’est pas d’ici”</em> sous le commissariat de <a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Bruno Boudjelal</strong>.</a> Après une escale à l’<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>. Après une <a href="https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/">première interview avec <strong>Salih Bacheer</strong> </a>autour de sa série exposée <em>The Home Seekers</em>, nous avons invité <strong><a href="https://www.hanagamal.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hana Gamal</a></strong>, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée <em>« Fragments de nous-mêmes »</em>.</p>



<p><strong>Chère Hana, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez commencé la photographie ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Hana Gamal, je suis une artiste visuelle égyptienne, née et élevée au Caire. Je dirais que c&rsquo;est une expérience unique qui m&rsquo;a mené là où je suis. C&rsquo;est la révolution qui a déclenché ma passion pour la photographie. À l&rsquo;époque, j&rsquo;étais encore étudiante à l&rsquo;université (double spécialisation en communication de masse et arts médiatiques et en psychologie). La révolution a eu lieu. Et j&rsquo;ai senti que quelque chose de beau et d&rsquo;étrange se passait, c&rsquo;était un sentiment indescriptible que seuls ceux qui étaient là pouvaient comprendre et ressentir. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression d&rsquo;être la témoin d&rsquo;une histoire qui se déroulait sous mes yeux et j&rsquo;ai voulu garder ce souvenir avec moi pour toujours, alors j&rsquo;ai spontanément sorti mon téléphone et commencé à prendre des photos. Et je n&rsquo;ai jamais arrêté depuis. Je dois aussi dire que cela m&rsquo;a aidé à me comprendre et à me redécouvrir, moi et mon pays, et m&rsquo;a rapproché de la rue et de mes concitoyens. Depuis lors, la photographie est rapidement devenue ma passion. Lorsque je me sentais déprimée, descendre dans la rue et commencer à prendre des photos qui pourraient dépeindre ce que je ressentais et c&rsquo;était et c&rsquo;est toujours très thérapeutique pour moi. C&rsquo;est pourquoi je suis en quelque sorte émotionnellement attachée à la photographie. Je ne m&rsquo;imaginerais vraiment pas vivre sans elle.De plus, à cette époque, tous mes projets avaient changé, passant de la volonté de faire carrière dans la psychologie et l&rsquo;art-thérapie à celle de devenir photographe. J&rsquo;ai alors suivi de nombreux cours de photographie à l&rsquo;université pour en apprendre davantage sur son histoire et son aspect technique. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment trouvé ma voix après avoir obtenu mon diplôme. Lorsque j&rsquo;étais perdue dans le monde et que je ne savais pas si je devais prendre des photos, j&rsquo;ai trouvé ma voie, la bonne décision en passant par des phases de frustrations, d&rsquo;échecs et de pertes. Tant de gens autour de moi me disaient d&rsquo;abandonner la photographie ou de la garder comme un hobby à côté et de trouver un emploi stable de 9 à 5 ; mais les voix dans ma tête étaient beaucoup plus fortes que les leurs, quelque chose en moi me disait de continuer. De continuer. De ne pas abandonner. J&rsquo;ai écouté mon cœur et j&rsquo;ai continué à photographier, à apprendre, à évoluer &#8211; sans savoir où je vais ni quelle serait ma destination finale, mais au fond de moi, je savais que c&rsquo;était la voie qui me convenait.</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur la scène photographique en Egypte&nbsp;?</strong><br>La scène photographique égyptienne s&rsquo;est beaucoup développée au cours des dix dernières années, mais elle a encore un long chemin à parcourir. Il y a beaucoup de talents en Égypte, mais aussi très peu d&rsquo;exposition et d&rsquo;opportunités, la scène est comme un cercle qui ne fait que tourner en rond. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il y ait plus d&rsquo;espaces qui proposent des pratiques et des formations photographiques appropriées, ce qui aiderait la scène photographique à se développer et à s&rsquo;étendre collectivement, et donc à être perçue différemment. Cependant, je suis convaincu que les choses vont changer.</p>



<p><strong>Vous avez été formée en Amérique et au Danemark. Racontez-nous&#8230;</strong><br>Oui, j&rsquo;ai étudié le théâtre à l&rsquo;Université de Berkeley en Californie, puis je suis revenue au Caire et j&rsquo;ai terminé ma licence à l&rsquo;Université américaine du Caire, j&rsquo;ai obtenu un double diplôme en arts médiatiques et en psychologie. Plus tard en 2020, j&rsquo;ai reçu une bourse pour étudier à DMJX et j&rsquo;ai terminé le programme en 2021.</p>



<p><strong>Vos premières images sont liées à la photographie de rue, pouvez-vous nous dire comment vous travailliez alors et comment votre approche photographique a évolué ?</strong><br>Mon approche dans tous mes premiers travaux était liée à la photographie de rue &#8211; je pense que c&rsquo;était une phase très importante de ma vie que je chéris tant car elle m&rsquo;a beaucoup appris sur moi-même et sur le monde.<br>autour de moi. Pour moi, la photographie de rue est une forme de poésie &#8211; elle dépeint la vie sous sa forme la plus honnête. Rien n&rsquo;est mis en scène, tout est réel et brut. Je pense que c&rsquo;est l&rsquo;un des aspects les plus importants qui m&rsquo;ont attiré vers la photographie de rue. Je crois qu&rsquo;au fil des ans, mon style visuel a changé et évolué &#8211; il est devenu plus intime et plus personnel &#8211; et je pense que c&rsquo;est la beauté du voyage. Tout est lié et chaque phase est cruciale pour arriver gracieusement à la suivante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7681" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7695" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7693" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7678" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7679" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment définissez-vous les sujets sur lesquels travailler ?</strong><br>Tous les sujets sur lesquels je travaille proviennent d&rsquo;un endroit très honnête et vulnérable en moi. Pour moi, c&rsquo;est très thérapeutique, mais ce n&rsquo;est pas toujours facile à faire. Il est important d&rsquo;être honnête avec soi-même pour pouvoir créer de l&rsquo;art</p>



<p><strong>Vous vous définissez comme une artiste visuelle, pouvez-vous nous dire comment vous explorez les images sous la photographie ?</strong><br>Honnêtement, je n&rsquo;aime pas m&rsquo;étiqueter parce que j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les étiquettes imposent des limites &#8211; et quand il s&rsquo;agit de mon art, je n&rsquo;ai pas de limites. J&rsquo;explore tout le temps et je travaille avec différents médiums. Je crois fermement que chaque artiste est un travail en cours, qui grandit et évolue en permanence &#8211; et je trouve cela rassurant et beau.</p>



<p><strong>Vous avez une esthétique très singulière et très personnelle pour raconter vos histoires, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?</strong><br>Tout dépend de mon état interne/émotionnel. Je pense que toute photographie est un acte de projection &#8211; vous projetez ce que vous ressentez sur ce que vous voyez. Je pense que cela a un impact majeur sur mon esthétique. J&rsquo;aime aussi raconter mes histoires d&rsquo;une manière poétique qui me permet de déverser toutes mes émotions intérieures dans ce que je crée</p>



<p><strong>Nous avons pu voir votre travail en France lors de l&rsquo;exposition <em>« Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici »</em> à Tourcoing et Marseille, pouvez-vous nous raconter l&rsquo;histoire de la série exposée : <em>« Fragments de nous-mêmes »</em> et comment elle a été réalisée techniquement, pourquoi la couleur et le noir et blanc ?</strong><br>Fragments de nous-mêmes est l&rsquo;un des projets les plus intenses sur lequel j&rsquo;ai travaillé, mais aussi l&rsquo;un de ceux qui me tiennent le plus à cœur. Il porte sur les danseuses soudanaises de henné (enterrement de vie de jeune fille du Moyen-Orient) vivant en Égypte. J&rsquo;ai commencé à y travailler juste avant la pandémie de COVID-19, puis j&rsquo;ai arrêté pendant un certain temps. Lorsque je suis revenu pour poursuivre le projet, je voulais l&rsquo;aborder sous un angle plus personnel et plus intime. Même si le fait de travailler sur le projet pendant la pandémie était très difficile, c&rsquo;était aussi une bénédiction déguisée, car cela m&rsquo;a permis de me rapprocher des femmes et de passer plus de temps avec elles et de trouver notre connexion. Pas en tant que photographe, mais de femme à femme. Je me suis rendue compte qu&rsquo;elles sont engagées dans beaucoup d&rsquo;attente dans leur vie ; des mères célibataires qui attendent de retourner dans leur pays d&rsquo;origine, le Soudan, après avoir été trahies et abandonnées par leur mari ; des danseuses au henné qui vivent au jour le jour, partagent leur solitude, dansent pour oublier &#8211; ou pour se souvenir ; et certaines attendent simplement rien et tout. Quant à moi, c&rsquo;était aussi une période très douloureuse, et en fait j&rsquo;ai été engagée dans beaucoup d&rsquo;attente dans ma vie.Cette série est donc une tentative de comprendre la douleur qui accompagne l&rsquo;attente où nous pouvons trouver des morceaux réels, précieux et sensibles de nous-mêmes. La douleur de l&rsquo;attente qui vient parfois d&rsquo;un certain nombre de désirs et de sentiments inconnus, inatteignables ou insondables. En ce qui concerne la partie technique, l&rsquo;ensemble du projet a été tourné en analogique. Pour être plus précise, je l&rsquo;ai tourné en utilisant des films périmés. Comme vous l&rsquo;avez vu sur les photos, elles ne sont pas toutes parfaites, elles sont pleines d&rsquo;imperfections, de rayures et de grain, etc. Je l&rsquo;ai fait exprès, car je voulais que cette série soit aussi brute que possible et qu&rsquo;elle dépeigne la vie sous sa forme la plus honnête. Parce que la vie n&rsquo;est pas parfaite, elle est pleine d&rsquo;éraflures, d&rsquo;erreurs, et de tant de choses entre les deux &#8211; alors si la vie elle-même n&rsquo;est pas parfaite, pourquoi voulons-nous que les photos le soient ? J&rsquo;ai aussi utilisé la couleur et le noir et blanc parce que je voulais dépeindre toutes les couleurs et les émotions qui accompagnent la douleur de l&rsquo;attente, je veux créer un dialogue poétique entre nos fragments. Un rouge intense, un bleu meurtri, et tout le noir et blanc silencieux entre les deux.</p>



<p><strong>Vous avez récemment eu une exposition solo au Caire en 2021, <em>« Forgotten as If You Never Were »</em>, de quoi s&rsquo;agissait-il ? Et comment a été la réaction du public cairote ?</strong><br>Forgotten as if you never been est un voyage de réconciliation à plusieurs niveaux, à la fois introspectif et rétrospectif. Dérivant entre la réalité et le rêve, le physique et l&rsquo;intangible, le non-dit et l&rsquo;exprimé, le voyage dévoile couche par couche les souvenirs, les expériences et les rêves qui sont à moitié inventés, à moitié vécus ou à moitié oubliés. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exploration personnelle et intime de la perte, de l&rsquo;amour et de la mémoire. La question principale de l&rsquo;exposition était la suivante : sommes-nous vraiment libérés lorsque nous oublions ? Ou quand nous sommes oubliés ? Existe-t- il un certain chemin qui réconcilie tous nos désirs ? Le passé reviendra-t-il un jour ? Et au moment du retour &#8211; si le retour- quelle partie reste oubliée et quelle partie sera retenue ? Les œuvres présentées étaient le reflet d&rsquo;un voyage &#8211; la fin d&rsquo;une route mais pas la destination finale. Les émotions que j&rsquo;ai ressenties et les expériences que j&rsquo;ai vécues le long de cette route. L&rsquo;exposition tire son titre d&rsquo;un poème de Mahmoud Darwish qui fait allusion à la grâce de la mélancolie et à la libération de l&rsquo;oubli ou du fait d&rsquo;être oublié. Ce poème m&rsquo;a toujours rappelé que tout s&rsquo;efface malgré tous les efforts déployés pour se souvenir.L&rsquo;exposition a eu lieu sur un toit oublié de l&rsquo;un des plus anciens bâtiments du centre-ville du Caire. Le retour des gens était un peu écrasant pour moi, mais j&rsquo;en suis reconnaissante. Tout le monde a aimé l&rsquo;exposition et, plus important encore, l&rsquo;a ressentie et pas seulement  » vue  » &#8211; chacun l&rsquo;a perçue différemment et je pense que c&rsquo;est la beauté de l&rsquo;art. Beaucoup de gens ont fait des commentaires sur le commissariat, ce qui m&rsquo;a également rendue très heureuse, car j&rsquo;ai fait tout le commissariat moi-même, avec tout mon cœur et toute mon âme. J&rsquo;ai également découvert que la conservation de l&rsquo;art est une autre de mes passions.</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous dire où vous êtes basés actuellement et quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publications, expositions, recherches, résidences,&#8230;)</strong><br>Je suis basée au Caire, en Égypte. J&rsquo;ai beaucoup de projets pour l&rsquo;avenir mais le projet principal serait mon premier livre. C&rsquo;est l&rsquo;un de mes rêves de rassembler mon voyage des dix dernières années en quelque chose d&rsquo;intemporel. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est la fin d&rsquo;une très longue route et la meilleure fin sera ce livre.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7696" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7694" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7675" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7674" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7680" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7690" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7685" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7684" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7688" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7687" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7686" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<p></p>
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		<title>The Home Seekers</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2021 16:51:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Salih Basheer]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres à l&#8217;échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l&#8217;exposition “Mon ami n&#8217;est pas d&#8217;ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l&#8217;Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai.Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&#8217;Afrique in visu comme Seif Kousmate ou Abdo Shanan. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/">Rencontres à l&rsquo;échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l&rsquo;exposition <em>“Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici”</em> sous le commissariat de <strong><a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Boudjelal</a></strong>. Après une escale à l&rsquo;<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>.<br>Dans cette exposition, il y a plusieurs collaborateurs d&rsquo;Afrique in visu comme <strong><a href="https://www.seifkousmate.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Seif Kousmate</a></strong> ou <strong><a href="https://www.abdoshanan.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abdo Shanan</a></strong>. Nous avons eu envie de démarrer un dialogue via une interview avec le photographe soudanais <strong><a href="https://www.salihbasheer.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Salih Bacheer</a></strong> autour de sa série exposée The Home Seekers. Cette série en noir et blanc telle un journal intime raconte l&rsquo;histoire de deux personnages, Ali et Essam, leurs parcours et la difficulté du vivre ensemble en Egypte en tant que soudanais.</p>



<p><strong>Bonjour Salih, Pouvez-vous vous présenter et nous raconter comment vous en êtes venus à la photographie </strong>?</p>



<p>Je viens d&rsquo;Omdurman, au Soudan. J&rsquo;ai déménagé au Caire en 2013 et j&rsquo;ai obtenu une licence en géographie de l&rsquo;Université du Caire en 2017 puis un diplôme en photojournalisme à l&rsquo;école danoise de médias et de journalisme « DMJX » en 2021 . Je ne sais pas trop quand ma passion pour la photographie a commencé, car j&rsquo;ai toujours été fasciné par le médium . Déjà à l&rsquo;époque, je regardais les vieilles photos de mes oncles et les émissions de National Geographic sur notre téléviseur à la maison et j&rsquo;adorais aussi prendre des photos avec l&rsquo;appareil photo de mon téléphone. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment commencé à devenir super passionné par le médium quand j&rsquo;ai déménagé au Caire pour mon baccalauréat à mes 18 ans. J&rsquo;étais fasciné par la culture égyptienne et par la vie dans la rue au Caire. C&rsquo;était très inspirant pour moi et aussi c&rsquo;était la première fois que je voyageais hors du Soudan.<br>Après avoir obtenu mon diplôme universitaire en 2017, j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon premier projet à long terme « Sweet Taste Of Sugarcane ».</p>



<p><strong>Nous savons très peu de choses sur la photographie soudanaise en dehors du projet El nour. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le contexte de la photographie, formation, collectif, exposition ?</strong></p>



<p>Notre scène photographique soudanaise est à la fois développée et à de nombreux manquements. Nous avons d&rsquo;excellents photographes mais pas assez d&rsquo;expositions. Quant à la formation à la photographie, il y a des réels efforts menés par les photographes établis qui veulent offrir un espace aux autres et leur apporter le soutien qu&rsquo;eux-mêmes n&rsquo;ont pas trouvé dans leur parcours professionnel.<br>Par exemple, Ala Kheir propose de nombreux projets pour dynamiser la scène photographique Soudanaise. Il organise des programmes de mentorat pour les photographes locaux et il est également le fondateur de la semaine photo d&rsquo;Al-Mugran qui a malheureusement dû s&rsquo;arrêter pour des problèmes de financement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7559" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sudan-Revolution2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudan revolution<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Pouvez-vous nous parler de votre pratique photographique&nbsp;?</strong></p>



<p>Tous mes projets naissent au départ de pensées aléatoires . Je commence par les écrire et ils grandissent avec le temps. J&rsquo;aime prendre mes idées, mes observations et les transformer en quelque chose que les autres peuvent comprendre d&rsquo;une manière plus profonde. J&rsquo;espère toujours que les gens apprendront des choses dans les histoires que je raconte. Pour moi, mon appareil est une arme pour raconter des expériences, des luttes et des aspirations qui peuvent inspirer les gens et regarder avec un œil interrogateur, leurs modes de vie, leur environnement, leurs rôles, le fonctionnement de divers systèmes et les moyens d&rsquo;améliorer leur vie et de contribuer au monde également.<br>En parallèle de mes séries personnelles,&nbsp;je travaille sur des commandes, la majorité d&rsquo;entre elles concernaient la révolution au Soudan directement en couvrant les manifestations pour l&rsquo;AP, Sputnk et Al Jazirah… j&rsquo;ai aussi pu développer des histoires sur des personnes en lien avec la révolution pour le magazine en ligne suisse Republik, et aussi j&rsquo;ai fait quelques commandes en Égypte sur les Soudanais pour le magazine local du Soudan <a href="https://www.andariya.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Andariya Magazine</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-7556" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1024x692.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-300x203.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-768x519.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-1536x1038.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2-480x325.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-7557" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-300x199.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-768x510.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-1536x1021.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-7558" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1024x687.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-768x516.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-1536x1031.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home-480x322.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Is-this-home.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Is this home<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Vos sujets semblent toujours débuter par une histoire personnelle. La question de la communauté à laquelle vous appartenez est au centre de votre travail, comment est née cette recherche et pourquoi est-elle importante pour vous ?</strong></p>



<p>C&rsquo;est vrai, je choisis toujours de travailler sur les projets qui me concernent personnellement. Je dois ressentir le sujet sur lequel je travaille. Je crois aussi que lorsque toi même tu as expérimenté cette réalité, le travail est plus honnête.</p>



<p><strong>En 2017, vous démarrez une série Sweet taste of sugarcane / le goût sucré de la canne à sucre, pouvez-vous nous parler de cette série ?</strong></p>



<p>La série traite de la souffrance à laquelle sont confrontés les étudiants d&rsquo;une Khalwa «&nbsp;un endroit où le Coran est enseigné&nbsp;» au Soudan. La série est basée sur l&rsquo; expérience personnelle que mon frère et moi avons vécu. Nous avons étudié à l&rsquo;école coranique lorsque nous étions jeunes. Je suis allé dans de nombreuses écoles coraniques au Soudan et dans la capitale Khartoum pour documenter la vie des étudiants à l&rsquo;intérieur de ces écoles. Les conditions de logement et du bien-être des étudiants sont mauvaises et inquiétantes. Les étudiants sont généralement entassés dans un seul endroit, un pièce qui abrite souvent plus de huit étudiants. Le système nutritionnel général est inadéquat et la nourriture elle-même n&rsquo;est pas bonne, et il n&rsquo;y a pas de système de soins de santé . L&rsquo;une des écoles intéressantes où je suis allé était « Hamish Kurabe » dans l&rsquo;est du Soudan, à la frontière avec l&rsquo;Éthiopie. Elle accepte les étudiants handicapés dont les parents ne peuvent s&rsquo;occuper ou qui ressentent la honte et la stigmatisation de leur communauté. Une somme mensuelle est dûment versée au cheikh pour agir en tant que gardien et enseignant. Je voulais montrer que le système éducatif du Khalwa est obsolète et qui ne convient plus à l&rsquo;avancement de l&rsquo;esprit des étudiants qui y sont hébergés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/Sweet-taste-of-sugarcane.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sweet taste of sugarcane<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>J&rsquo;aimerais que vous reveniez sur votre série que vous menez depuis 2018, The Home Seekers. Pouvez-vous nous parler du sujet et nous présenter vos deux personnages ?</strong></p>



<p>Il y a sept ans, je suis venu en Égypte pour commencer mes études universitaires. J&rsquo;avais du mal à m&rsquo;adapter. J&rsquo;étais submergé par un mélange de sentiments : aliénation, nostalgie et solitude. J&rsquo;ai pensé à tout abandonner et à rentrer chez moi. Mais &#8211; la maison n&rsquo;était plus la maison. « The Home Seekers » explore mes sentiments complexes. Elle reflète le manque d&rsquo;appartenance ressenti par les réfugiés soudanais au Caire et la discrimination raciale ressentie au quotidien dans les lieux publics, dans les transports ou en marchant dans la rue. C&rsquo;est difficile d&rsquo;être Noir en Egypte. Les personnes à la peau noire sont stéréotypées et étiquetées par les médias égyptiens, ce qui contribue à promouvoir des mouvements anti-noir dans la société égyptienne. J&rsquo;ai suivi deux hommes soudanais dans leur quête d&rsquo;un foyer. « Ali » est venu en Égypte pour échapper au fléau des persécutions politiques et des difficultés économiques, mais il a fini par vivre dans les rues du Caire en vendant des livres, au lieu d&rsquo;immigrer dans le pays de ses rêves. «&nbsp;Essam&nbsp;» est homosexuel et a subi l&rsquo;oppression au Soudan. Sa grand-mère était la seule personne qui lui offrait un foyer et une sécurité. Il a quitté le Soudan après sa mort et il a été expulsé de la maison familiale. Il pensait qu&rsquo;il trouverait une société tolérante au Caire mais ce n&rsquo;était pas le cas. Il a pensé retourner au Soudan, mais finalement sa demande de réinstallation en Suède a été acceptée.<br>The Home Seekers touche à sa fin. La dernière fois que j&rsquo;ai produit des images, c&rsquo;était le 11 avril 2021 lorsque j&rsquo;ai visité Essam en Suède. En octobre 2020, Essam est arrivé à Göteborg, en Suède, pour commencer sa nouvelle vie. Dans mon projet « Is This Home? » chapitre 2 de mon projet à long terme « The Home Seekers », je suis le voyage d&rsquo;installation d&rsquo;Essam dans la ville de Göteborg. Si Ali retourne au Soudan, je pense aussi continuer à le suivre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7562" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7564" width="840" height="560" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="713" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7563" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-713x1024.jpg 713w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-209x300.jpg 209w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-768x1103.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-1070x1536.jpg 1070w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3-480x689.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/11/The-Home-Seekers-3.jpg 1337w" sizes="(max-width: 713px) 100vw, 713px" /><figcaption>The home seekers<br>© Salih Basheer</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publication, exposition, recherche, résidences, …..)</strong></p>



<p>En ce moment, je travaille sur mon projet personnel «&nbsp;22 Days In Between&nbsp;» pour lequel j&rsquo;ai eu deux bourses <a href="https://www.everydayprojects.org/grant" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« THE EVERYDAY PROJECTS GRANT 2021&nbsp;»</a> et <a href="https://photo.dmjx.dk/index.php/2021/10/07/salih-basheer-receives-the-2021-w-eugene-smith-student-grant/?fbclid=IwAR1mu6umhazs-8bP1L5lbTlChv3skRtm3y1qpSNKPpf_ULNFmEujuDsWxLg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2021 W. Eugene Smith Student Grant</a>. Le projet est une sorte de voyage dans le temps à l&rsquo;époque où j&rsquo;ai perdu mes parents à l&rsquo;âge de 3 ans. Je n&rsquo;ai que peu de souvenirs de cette époque alors à travers ce projet je mène une enquête visuelle pour essayer d&rsquo;en savoir plus sur mes parents et moi-même. C&rsquo;est ma manière à moi de guérir de ce traumatisme.<br>En parallèle, je travaille au format carré sur un projet intitulé «&nbsp;From the square&nbsp;» sur la révolution soudanaise et l&rsquo;évolution de la situation politique au cours des trois dernières ( depuis 2019) C&rsquo;est une période très difficile au Soudan maintenant et très complexe politiquement depuis 2019. En voici les <a href="https://www.salihbasheer.com/from-the-square" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premiers extraits !</a></p>
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		<title>Lettres à Embona &#8211; Interview de Christian Sanna</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/lettres-a-embona/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jeanne Mercier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jan 2021 08:20:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Sanna]]></category>
		<category><![CDATA[Madagascar]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2016, le photographe Christian Sanna développe un travail autour de Madagascar. C’est au départ à travers une approche documentaire qu’il interroge son rapport à l’île. En 2018, un basculement opère : ses images deviennent une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona, ce mot qui à Madagascar, signifie tant la nostalgie que la réminiscence et qui symbolise l’île. Il y est question de fragilité et du métissage. A travers cette interview, nous revenons sur sa pratique depuis 5 ans, son évolution et «&#160;sa photographie sentimentale&#160;». Peux tu nous parler de ton parcours, en passant par tes</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p><em>Depuis 2016, le photographe <strong>Christian Sanna</strong> développe un travail autour de Madagascar. C’est au départ à travers une approche documentaire qu’il interroge son rapport à l’île. En 2018, un basculement opère : ses images deviennent une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona, ce mot qui à Madagascar, signifie tant la nostalgie que la réminiscence et qui symbolise l’île. Il y est question de fragilité et du métissage. A travers cette interview, nous revenons sur sa pratique depuis 5 ans, son évolution et «&nbsp;sa photographie sentimentale&nbsp;».</em></p>



<p><strong>Peux tu nous parler de ton parcours, en passant par tes années à Madagascar jusqu&rsquo;à ton arrivée à la photographie&nbsp;? </strong></p>



<p>Bonjour Jeanne,<br>Comment on commence… l’origine, ou le métissage, ma mère est Malgache/Anglaise et mon père Italien. Ils se sont rencontrés à Milan après que ma mère soit partie de Madagascar pour vivre plusieurs années en Europe. Juste après ma naissance mes parents décident de partir s’installer à Madagascar dans la région Nord sur l’île de Nosy Be. C’est là, sur cette île que tout commence. J’y ai grandi et passé toute mon enfance sur cette petite île qui à l’époque n’était pas encore l’une des grandes destination touristique. Après l’enfance, mon métissage ainsi que les dynamiques au sein de ma famille et de mon entourage font que je questionne de plus en plus mon identité. Au fil des années je développe un sentiment de non-appartenance à Madagascar.</p>



<p>Quand j’obtiens mon Baccalauréat, je suis soulagé de pouvoir quitter Madagascar et de partir étudier et vivre en France, il fallait que je m’éloigne. Bien évidemment c’était une erreur, il fallait que j’amorce une nouvelle relation avec mon pays. Je décide de partir plusieurs mois dans différentes régions de Madagascar pour commencer. À ce moment là je faisais des photos souvenirs, pour enregistrer mon voyage comme nous le faisons tous. Après ce voyage je rentre déçu, ces deux mois sont brefs, rapides les rencontres fugaces, un voyage touristique en somme ce n’était pas ce que je recherchais.</p>



<p>Cependant de retour en France, je découvre que certaines photographies que j’ai prises sont différentes, elles me laissent du temps pour regarder ce que je n’avais pas vu et éveillent en moi des sentiments cachés. D’un coup tout bascule et je me retrouve à plonger littéralement dans la photographie, je découvre des photographes comme Alberto Garcia Alix, Max Pam, Diane Arbus, Dana Lixenberg, Rineke Dijkstra, etc… J’apprend qu’une photographie peut montrer et exprimer et non pas qu’illustrer, qu’une photographie c’est une rencontre, elle sera mon outil pour reconstruire mon rapport à mon identité, pour me donner une direction.</p>



<p>Après tout s’enchaine, je pars étudier la photographie à l’ETPA de Toulouse, je suis majeur de promo et je commence à exposer dans différents lieux, Le Festival Manifesto, Summer Open d’Aperture, Les rencontres de Bamako, et aussi à Madagascar à l’institut français d’Antananarivo avec Rina Ralay-Ranaivo comme curateur. Je rencontre des artistes Malgaches dont Joël Andrianomearisoa qui me soutiendra et me conseillera et m’invitera à exposer dans son exposition Almost Home à la galerie RX à Paris.</p>



<p>C’est un peu bizarre à dire, mais cette rencontre avec la photographie m’a sauvé d’une certaine manière de moi-même.</p>



<p><strong>Tu qualifies ta photographie de sentimentale. Peux tu nous en dire plus&nbsp;? Ton rapport s&rsquo;apparente-t-il à une forme de nostalgie&nbsp;?</strong></p>



<p>J’aime beaucoup ce terme de photographie sentimentale. Il ne s’agit pas d’un thème dans ma photographie mais du rapport que j’entretiens avec ce médium. Ce qui m’intéresse c’est de matérialiser mon regard et mes émotions, photographier ce qui est proche de moi, que je connais ou que j’essaye de connaitre. Je ne peux photographier que si je ressens une forte connexion. Je n’aime pas créer une image, dans le sens de la mise en scène, il faut que je laisse une porte ouverte en moi et que je parte à la rencontre des émotions qui vont être invoquées dans le réel par l’appareil photographique. C’est une question de sentiments, qu’importe le style photographique ou le sujet, je considère chacune de mes séries comme un travail intime. C’est pour cela que je qualifie ma photographie de sentimentale, je parle d’une photographie qui vient puiser dans mes sentiments dans ce que je ressens face au réel qui m’entoure et proposer une rencontre avec celui-ci.</p>



<p>La nostalgie est pertinente car c’est l’émotion la plus présente en moi en ce moment. La nostalgie de Madagascar et de cette relation perdue ou manquée avec mon identité. C’est cette émotion qui m’a amené à la photographie, mais elle ne sera pas éternelle, car la photographie est pour moi l’espace d’une rencontre ou se forme un lien.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5895"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5895" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/florette_avec_ses_enfants_joseph_et_flavienne_mananjary_2016-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5896"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5896" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ve_ronique_et_ses_filles_nantenaina_et_mahery_mananjary_2014-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Tes premières séries étaient davantage documentaires, comme on peut le voir avec Fady Kambana et Moraingy, peux tu nous en dire plus sur ses choix de sujets&nbsp;? </strong></p>



<p>Ces deux séries furent réalisées durant mes études à l’ETPA de Toulouse. Cette école possède une forte tradition documentaire qui m’a beaucoup influencé. À l’époque, je recherchais des sujets qui parlent des liens qui soudent ou séparent des personnes dans une même communauté. J’approche cela dans ces deux premiers sujets d’école.</p>



<p>Fady Kambana est une série documentaire mais aussi un travail engagé, j’aborde l’histoire du tabou des jumeaux dans la région de Mananjary à Madagascar. Chez les Antambahoaka on pense que les jumeaux portent malheur et les parents ont l’obligation de les abandonner. Dans cette série j’ai réalisé des portraits familiaux des parents (en grande majorité les mères) qui ont décidé de ne pas obéir à cette croyance, ce qui leur vaut d’être rejetées par leurs proches et la communauté. La photographie ici est une prise de position pour parler du problème que subissent ces enfants et mères mais aussi de la solution. Il fallait pour moi parler de famille, du lien qui unit la mère aux enfants pour montrer la violence et l’absurdité de cette croyance.</p>



<p>Moraingy, est ma première série photographique, elle est réalisée à Nosy Be. Quand je suis revenu la première fois avec un appareil photo, je ne faisais que des portraits, je voulais rencontrer ceux qui partageaient mon île. Je cherchais un sujet sans savoir ce que j’allais raconter et c’est comme ça que je suis tombé sur le Moraingy. Au début je ne faisais que le portrait des lutteurs après leur combat. Mais avec le temps, un lien se forma entre moi qui recherchait mon identité et eux qui en construisaient une nouvelle en résilience aux changements de l’île. Je me suis attaché à eux et à cette petite histoire qui en disait beaucoup sur l’île et c’est comme ça que j’ai pu construire cette série. D’ailleurs cette série est multiple, car elle se compose d’une série de portraits assis, de scènes d’entrainements, et de scènes de combats, et chaque partie à une esthétique spécifique et raconte la transformation de chaque jeune à travers ce sport traditionnel.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5897"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5897" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/portrait_apre_s_le_moraingy_nosy_komba_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5898"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5898" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/le_blesse_dzamandzara_nosy_be_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Peux-tu nous décrire ta pratique photographique et son évolution&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai commencé la photographie très tardivement, exactement à 25 ans. Comme beaucoup j’ai commencé avec un appareil numérique format 24&#215;36, mais très rapidement j’ai compris que ce format et le numérique ne me correspondaient pas. Je me suis donc mis à la photographie argentique. Ce rapport à l’argentique est difficile à expliquer, mais j’ai l’impression que le support est plus sensible, fragile, lent et ce passage par la chambre noire me procure une émotion qui me correspond mieux. Je développe moi même mes pellicules, et je tire moi-même quand je le peux mes photographies dans mon atelier à La Courneuve. En ce qui concerne la prise de vue, j’essaye de faire avec peu, je photographie majoritairement en noir et blanc, parfois avec un flash simple, et j’aime être en face à face, que ce soit avec une personne ou un paysage.</p>



<p>Au début je partais d’un sujet que je creusais pour en développer une série figée autour du sujet, une approche documentaire. Mais j’ai eu besoin de gagner en fluidité dans ma pratique photographique une fois mes années d’études terminées, je voulais construire un regard, une vision qui vient exprimer mes émotions. Je n’ai pas changé de technique ni de pratique mais la forme dans laquelle j’écris mon travail photographique est en ce moment entrain de changer. Je ne saurais le dire exactement car c’est un changement actuel. Mais ma nouvelle série “Lettres à Embona”, est une exploration de cette nouvelle voie, dans laquelle les formats, les supports, et la construction des images dans le temps prend une place dans le discours de la série.</p>



<p><strong>Tu vis désormais à Paris mais tes sujets traitent essentiellement de Madagascar , pourquoi&nbsp;? </strong></p>



<p>La réponse est simple, je suis originaire de Madagascar et je veux parler de sujets qui me sont proches, j’ai aussi compris avec le temps que mon regard est sentimental comme je le disais précédemment. Madagascar et mon métissage font que l’île prend énormément de place dans mon travail. Mais pour autant j’ai déjà travaillé sur des séries en France, par exemple lors d’une résidence à Toulouse la “1+2” où je ne traitais pas de Madagascar. Mais ces travaux là n’ont jamais pris d’essor, on peut en tirer plusieurs conclusions plus ou moins critiques sur le milieu photographique. Vous savez, on me demandait toujours dans mon école pourquoi je voulais absolument travailler sur Madagascar cependant on ne demandait pas aux autres étudiants pourquoi ils travaillent sur des sujets en France.</p>



<p>Il faut sûrement que je finisse une étape à Madagascar.</p>



<p><strong>Parle nous de Lettre à Embona qui constitue un tournant dans ton imagerie&nbsp;? </strong></p>



<p>“Lettres à Embona” est le projet que j’attendais depuis le premier jour où j’ai commencé à photographier. Dans cette série j’opère un basculement dans mon travail. L’approche émotionnelle avec une écriture d&rsquo;auteur y est plus assumée à l&rsquo;opposé de mes premiers sujets à Madagascar. Les images sont très fragmentées dans le temps; le temps entre les prises de vues est plus long et son écriture plus floue; j’aborde mon rapport à Nosy Be, à la nostalgie et à mes blessures intérieures qui m’ont mené à la pratique artistique. Il y est question de fragilité, du métissage, et d&rsquo;une conversation avec un entité fictive qui porte le prénom d’Embona et qui symbolise l’île.</p>



<p>C’est une série qui s’est construite avec le temps, au fur et à mesure de mes voyages à Nosy Be et Madagascar depuis 2013. Il fallait ouvrir une porte pour que les images apparaissent naturellement. Il me fallait du temps pour les regarder et comprendre ce que je découvrais en moi à travers elles. C’est un processus instinctif et chaotique, mais c’est une belle création et c’est satisfaisant personnellement. Il y a comme une évocation du soi quand on regarde des photographies que l’on fait par instinct, comme si notre subconscient cachait dans les images des messages secrets pour notre conscient.</p>



<p>Ce qui me plait aussi c’est que dans la série je trace pour moi-même un chemin que je reconstruis, je m’autorise à scruter toutes les histoires de l’île, la jeunesse, la nature, l’exotisme, la prostitution, la face plus sombre de l’île. Tout cela m’était interdit lorsque j’étais jeune, par peur que la vie réelle de l’île ait une mauvaise influence sur le jeune blanc métisse que j’étais. M’éloigner de la vie pour me préserver, avec cette série j’essaye de renouer avec cette vie manquée, avec ces émotions en attente.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5899"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5899" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/les_jambes_de_tinah_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5900"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5900" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/fouge_res_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<p><strong>Comment est construite l&rsquo;exposition actuelle à Paris&nbsp;? Et un ouvrage est il prévu&nbsp;? </strong></p>



<p>L’exposition est constituée de 16 photographies en plusieurs formats et avec une variété de formes pour rendre l’expérience plus vivante. Nous avons deux grandes impressions sur un textile très léger. Sur le mur d’en face se trouvent des tirages argentiques faits par moi-même dans mon laboratoire/atelier à La Courneuve, eux aussi en plusieurs formats avec au centre un tirage argentique grand format qui est présenté dans un encadrement en caisse. En dessous de ces tirages argentiques sont déposés les bouts d’essais photographiques qui sont issus du travail dans la chambre noire. Ces lettres-brouillons montrent la tentative de trouver les mots justes avec les photographies pour exprimer ma relation complexe avec l’île de mon enfance.</p>



<p>Et pour terminer, au sous-sol est projetée une vidéo d’un plan fixe accompagnée d’une création musicale originale de Romain Barbot du groupe Saåad qui remonte aussi les escaliers et donne une ambiance à l’exposition.   Pas d’ouvrage de prévu car la série est toujours en cours. Une grande partie de mon travail photographique suit ma propre temporalité. Les projets suivent ma vie, qui pour l’instant est dans un entre-deux, ici en France et là bas à Madagascar. Je raccourci la distance au fur et à mesure et à mon propre rythme. Comme beaucoup de photographe je porte un fort attachement aux livres photos et je préfère attendre le temps juste et une proposition juste pour envisager de créer un livre.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets dans les prochains mois&nbsp;? </strong></p>



<p>Ils sont au ralentis, je dois comme tout le monde faire face à la pandémie et aux implications qui concernent les voyages. J’avais prévu en 2020 plusieurs voyages à Madagascar afin de préparer et réfléchir à mon déménagement sur l’île tout en continuant à développer de nouveaux projets.</p>



<p>Mais suite à l’exposition à Paris la Fondation H, nous allons continuer le projet à Antananarivo avec cette fois-ci un curateur dont je me sens proche, Rina Ralay-Ranaivo, qui va m’accompagner dans de nouvelles formes. L’idée est de ne pas répéter l’exposition à Paris mais bien de penser comment la série peut prendre une forme cohérente avec la temporalité du projet, ma situation d’entre-deux, et la capitale. “Lettres à Embona” exposée à Paris, répond à ces contraintes et donne du sens dans sa forme, et il faut aussi que “Lettres à Embona” exposée à Antananarivo prennent du sens.</p>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5901"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5901" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/ballade_a_la_mare_e_basse_nosy_be_madagascar_2017-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-5902"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1200" src="https://preprod.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015.jpg" alt="© Christian Sanna" class="wp-image-5902" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015.jpg 1200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2021/01/lieu_de_prie_re_nosy_be_madagascar_2015-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>© Christian Sanna</figcaption></figure></div>
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