78,61 % : Regards sur les présidentielles en République du Congo par le collectif Génération Elili, en direct de Brazza.

, par Collectif Generation Elili

En ce mois de juillet, nous retrouvons le Collectif Elili pendant les élections électorales au Congo Brazzaville où le président sortant, N’Gesso a été réélu à 78, 61 %. Deux regards sur cette campagne : Désiré Loutsono dit Kinzenguele et Baudouin Mouanda nous livrent en images et en textes leur vision de cette élection.

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Le président Dénis Sassou Nguesso avec son épouse Antoinette © Baudouin Mouanda et Affichage sauvage. © Désiré Kinzenguelé Loutsono
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Les militants des opposants, écoute attentivement les derniers mots qui appelle au boycott du scrutin appelant aux lecteurs de rester chez eux. © Baudouin Mouanda

République du Congo, présidentielles 2009 : Baudouin Mouanda

Après deux semaines de campagne présidentielle 2009, les congolais se sont rendus aux urnes dimanche, dans le calme mais timidement, pour élire leur président, le sortant Denis Sassou Nguesso faisant figure de grand favori face à douze adversaires, dont plusieurs ont appelé au boycottage du scrutin. Denis Sassou Nguesso, 66 ans dont près de 25 cumulés à la tête du pays, est soutenu par une centaine de partis et d’associations formant le Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP). Son ex-ministre des Finances devenu un opposant radical, Mathias Dzon 62 ans, est considéré comme son principal adversaire. Si aucun candidat n’obtient plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour sera organisé à une date encore non déterminée, mais rien n’est sûr de donner la chance aux opposants. Officiellement, 2,2 millions de Congolais sur 3,6 millions d’habitants sont appelés à voter, un chiffre contesté par l’opposition selon laquelle le fichier électoral a été « gonflé » au profit du président sortant.
Du quartier de Poto poto à celui de Bacongo, Makélékélé, Mougali en passant par Ouenze ou Talangai, l’effigie du président sortant s’affiche partout sur les murs de Brazzaville ou en banderoles dans les rues. Des jeunes financés pour battre campagne exhibent leur talent avec des transports publics, voir privés pour des fonctionnaires bien assis qui voudront bien préserver leur poste.

Au centre-ville, le QG de campagne du candidat est en effervescence. Denis Sassou Nguesso, rentré jeudi soir d’une tournée harassante à travers le pays. Une tournée qui s’est prolongée dans la région du Pool, l’ancien fief de Bernard Kolelas aujourd’hui relié au rassemblement de la majorité présidentielle.
Le dernier grand meeting de campagne est réservé aux Brazzavillois. A la mi-journée, sur le boulevard des Armées, le chef de l’Etat doit s’adresser aux Congolais. Mais au même moment, au centre sportif de Makékélékélé, les candidats de l’opposition également sur l’estrade demande le report du scrutin. Parmi eux Mathias Dzon et Guy Romain Kinfoussia, Clement….
Plus le scrutin approche, plus la psychose s’empare des habitants de Brazzaville. Craignant des violences alors que les principaux candidats de l’opposition demandent le report de l’élection, ils sont de plus en plus nombreux à avoir décidé, ces derniers jours de se mettre au vert.
« J’ai envoyé ma femme et mes enfants à Kinkala, on ne sait jamais » raconte cet habitant de Bacongo hanté par le souvenir de la guerre de 1997. « Moi je pars demain matin », dit cet autre, sans donner plus d’explication sur ses craintes. Toujours est-il qu’il devient, jour après jour, plus difficile de quitter la capitale.
A l’aéroport de Maya Maya, tous les vols pour Pointe-Noire et Dolisie ont été pris d’assaut. Plus aucune place n’est disponible avant le 22 juillet. A la gare ferroviaire, les trains en direction de la région du Pool, au nord de la capitale, sont bondés. Même affluence dans les gares routières du nord et du sud de la ville ou encore au Beach, le port fluvial qui relie Brazzaville à Kinshasa.
Si cet exode touche les habitants des quartiers sud de Bacongo et de Makelekele, proche de l’opposition, les citadins des quartiers de Mfilou, Talengai et Ouenze réputés acquis au président Sassou Nguesso s’en vont également. Mais tous ne partent pas, d’autres préfèrent rester chez eux redoutant d’éventuels pillages le jour du vote.

VOIR LA GALERIE DU REPORTAGE DU BAUDOUIN MOUANDA

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Devant le bureau de vote de la commune de Ouénze où le président Dénis Sassou nguesso vote habituellement, les lecteurs se sont précipités à faire leur choix. © Baudouin Mouanda

Campagne présidentielle 2009 : Regards sur la Rue Congolaise : Désiré Kinzenguele Loutsono

Votez moi, je suis le fils du pays.
Votez moi, c’est moi le candidat pour la paix.
Votez moi, je suis le candidat du changement pur.
… Tout une pléiade des morceaux choisis pour les candidats.
Tant des promesses pour une population de près de trois millions qui continue à sembler dans les ténèbres et laquelle avait plus peur pour les troubles fêtes pour une quelque paix retrouvée au sortir des événements malheureux que le Congo ait connus. Douze jours ont suffit pour que les candidats à la magistrature suprême puissent convaincre le peuple et donner plus de courage aux militants.
La rue congolaise a donné une autre vision et les regards ont été portés sur les banderoles et les à côtés de la campagne. Les affichages sauvages partout dans la ville et les vraies banderoles en plastique accrochées dans les croisements des grandes artères et parfois placées sur les mêmes lieux.
« Douze candidats pauvres contre un candidat riche du pouvoir » titrait La Griffe, un journal satirique de la place. L’homme a dominé tout le reste des candidats qui voulaient postuler à ce fauteuil présidentiel, il était partout.
De nos jours dans la capitale, l’homme qui n’a pas un tee shirt avec effigie du candidat du pouvoir est en déphasage du monde brazzavillois.

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Devant l’écran géant au Boulevard © Désiré Kinzenguelé Loutsono
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Campagne électorale © Désiré Kinzenguelé Loutsono