Amadou Keita | Mali Chronique formation "Imagine l’Afrique"

, par World Press Photo

Je suis né en 1967 à Bamako / Mali. Dès mon jeune âge, je m’intéressai à la photo surtout les photographies familiales. Cette passion a évolué au fil du temps. Sur la base de ma profonde inspiration, j’ai compris que la photographie pouvait être une source d’activités pour moi. En 1986, j’ai débuté le métier en tant que photographe des évènements sociaux tels les mariages, baptêmes et autres... Les quelques rencontres avec des professionnels et les stages épisodiques de formation m’ont permis de me lancer dans la photographie d’art contemporain.

En 2006 j’ai créé avec quelques photographes une association : l’APAM (Association des Photographes Artistes au Mali), qui a pour but d’utiliser la photographie comme un outil de communication et de développement. J’ai été souvent encadreur des ateliers photos à Bamako. J’ai réalisé et/ou participé à plusieurs expositions. La dernière (internationale) était les rencontres de Bamako’9, biennale photo (Focus sur le Mali).

La formation que je viens de subir à Dakar du 17 au 30 octobre 2010 a été pour moi, une nouvelle fenêtre sur le métier de photographe. J’ai eu la chance d’être encadré par des personnes compétentes avec une grande capacité de transmission de leurs connaissances.
J’adresse mes reconnaissances pour le travail bien fait à Mme Frederiek Biemans, Sylvie Robbot et Cedric Gerbehaye. Cette initiative du World Press Photo mérite un encouragement à l’égard des photographes Africains. L’atelier a été un espace de partage et d’échanges sur la photographie journalistique. Il m’a permis d’approfondir mes connaissances et de porter un autre regard sur la photographie.

« Le mil du village, N’Diouckh Fissel »

Ce travail a été réalisé lors de la 1ère semaine de la formation dans la localité de N’Diouckh Fissel, un village à majorité de petits agriculteurs. Il fait partie de la ville de M’bour au Sénégal. Il est situé à 98 km au Sud de Dakar, à 23 km de la station balnéaire de Saly. Il a une population environ de 1200 habitants.
La région a un écosystème d’exception classée "réserve naturelle". Cette réserve couvre une superficie d’environ 7000 ha où de nombreux pélicans et flamants roses viennent s’ébattre. La zone de M’bour s’est fortement développée autour de pêche et de l’agriculture.

L’activité principale du village porte sur la culture du mil, l’arachide et le niébé ; et est effectuée par des agriculteurs avec des petites parcelles (il est rare de voir des paysans avec plus d’un hectare). Ils utilisent une quantité de leur production dans leur consommation quotidienne et l’autre moitié est vendue au marché pour améliorer les conditions de vie de la famille.
Cette formation en photographie de presse m’y a aidé, à travailler sur la sécurité alimentaire au Mali, enjeu prédominant du monde d’aujourd’hui.
« Le riz » est l’aliment de base d’une grande partie de la population africaine notamment au Mali. J’ai déjà réalisé une partie de mon reportage sur cette denrée de première nécessité. Le Mali est l’un des plus grand producteur de riz en Afrique de l’ouest. Il a plusieurs périmètres irriguées (Baguinéda, Sélingue, et l’Office du Niger...), ce qui me permet de faire un large reportage et de montrer les opportunités que le Mali possède pour assurer une sécurité alimentaire. L’expérience acquise pendant la formation à Dakar m’aide sans doute à améliorer ma capacité technique et professionnelle pour la réalisation de ce travail. Après ce projet j’envisage de grands projets de reportage à travers le Mali, en Afrique et pourquoi pas en occident.
J’encourage l’initiative de World Press Photo et le Fond International de Développement Agricole (FIDA) pour ce projet « Imaginez Afrique » dont le but est de renforcer la capacité professionnelle des photographes africains.

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Ce matin d’octobre, ce groupe de jeunes motivés, sort du village pour leur activité quotidienne, le travail champêtre du mil. N’Diouckh Fissel.Sénégal.2010 © Amadou Keita
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En fin d’hivernage, les oiseaux ravagent les champs de mil. Ce cultivateur se contente d’observer les dégâts. Sénégal.2010 © Amadou Keita
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Partout on constate que le stock est immédiatement consommé par la population, les greniers sont presque vides. Sénégal.2010 © Amadou Keita
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Le pilon est le compagnon de ces femmes rurales. Il n’existe qu’un seul moulin dans le village et l’argent n’est pas toujours disponible. N’Diouckh Fissel.2010 © Amadou Keita
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Après les courses du marché, la dame regagne sa cuisine familiale, dans la sou région la cuisine est une affaire de femme. M’Bour. Sénégal.2010 © Amadou Keita