Très tôt, Anicet a voulu prendre sa liberté. Il loue, toujours dans la même cour, un deux-pièces. C’est l’une de ces pièces qui lui sert de lieu de travail. “Je suis pâtissier-cuisinier à domicile. Un métier que j’ai appris à aimer au coté de mon père qui était lui même un pâtissier réputé” . Malgré les réticences de son père qui aurait préféré qu’il continue ses études, à 18 ans il se lance dans le métier. Non sans que son père lui fasse comprendre qu’il n’aura pas les moyens de lui payer une formation.

- Anicet Bayala est pâtissier à domicile depuis 3 ans. Il commence à être connu à Abidjan et des clients des quartiers chics lui passent commande. En gagnant entre et par jour, il considère faire partie de la classe moyenne modeste. Il n’a personne à charge pour l’instant et tente d’économiser pour faire une formation en Europe © Joan Bardeletti
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Loin d’être découragé Anicet va se faire la main dans plusieurs lieux de restauration de la place jusqu’au jour où il pense pouvoir voler de ses propres ailes et se mettre à son compte. Son handicap majeur : les moyens financiers et matériels pour débuter.
Plutôt qu’une couteuse boutique, il travaille à domicile et aujourd’hui même des clients des quartiers aisés lui passent commande. Il peut ainsi gagner jusqu’à 150 000 CFA/mois ( $300/mois soit $10/jour) quand tout va bien. Un gâteau à la crème coûtant 8000 CFA ($16) lui rapportera 2000 CFA ($4) pour une demi journée de travail.
Pourtant tout n’a pas été simple : « pour trouver les clients, il a fallu au début que je prenne des risques et que je confectionne des gâteaux démonstration pour les proposer à des clients potentiels qui ne me prenaient pas au sérieux du fait de mon jeune âge. Ils étaient en fait nombreux qui pensaient que l’album que je leur présentais n’était pas de moi » .
Quelles difficultés avez-vous affronté ?
Combien gagnez-vous ?
Pendant que nous discutons, Ulrich son jeune frère de 25 ans qu’il a pris en apprentissage depuis quelques mois, assiste les étapes de préparation du gâteau et répond aux appels. D’ailleurs, le week-end dernier Anicet lui a confié la réalisation de sa première commande et en a profité pour passer le dimanche à la plage, un loisir dont il avait du se priver pendant les périodes de vaches maigres de ses débuts.
Anicet est célibataire et sans enfant. Il vit avec un ami, et la plupart de ses 9 frères et sœur travaillent. Il n’est donc responsable financièrement que de lui-même ou presque. Il ne se considère donc pas comme pauvre : “Chaque matin, je me réveille avec au moins 2000 F CFA ($4) en poche pour subvenir à mes besoins de la journée” . Plutôt comme faisant partie des couches intermédiaires donc car il est conscient qu’avec une famille ses ressources n’y suffiraient pas et qu’il ne fait pas partie de la haute bourgeoisie qui habite les quartiers huppés, dispose de maisons de luxe, de voitures derniers cris et de divers biens matériels.
L’avenir, Anicet y pense. Il entend un jour quitter sa cour commune de Treichville pour s’installer dans une pâtisserie digne de ce nom à Abidjan ou à Ouagadougoucar sa famille est d’origine burkinabé. Pour lui, ce rêve passe forcément par l’exil en Europe pour passer un diplôme. Mais un exil à la régulière, pas de manière clandestine. “Il me faut un diplôme dans ma vie” ajoute-il d’un air très engagé. Pour cela, il fait des économies pour mieux préparer son aventure.
Texte de Mohamed Fofana Dara, journaliste à BBC Afrique
Pensez-vous faire partie de la classe moyenne ?
Avez-vous pensé à émigrer ?
www.classesmoyennes-afrique.org

- Annicet monte un gâteau d’anniversaire pour un client dans son salon. Le gateau coûte et lui en rapportera , pour une demi journée de travail. Son frère Ulrich, 20 ans, l’assiste. Depuis 4 mois Anicet l’a pris en apprentissage auprès de lui, sans le rémunerer pour l’instant © Joan Bardeletti

- Un dimanche à la plage à Bassam à une heure de route d’Abidjan. Son activité de pâtissier se développant bien, Annicet se permet maintenant des loisirs. Il a confié pour la première fois la réalisation d’une commande à son frère Ulrich et est anxieux de voir le résultat à son retour © Joan Bardeletti
Afrique in visu
Vos commentaires
# Le 20 novembre 2011 à 12:01, par benedicte
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
je suis heureuse de savoir que ce jeune s’en sort plutot bien. je débute des activités dans le meme domaine et j’aimerai pouvoir profiter de son expérience. je suis au k_bognan chez yahoo.fr
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# Le 29 juin 2011 à 22:48, par khelly MANOU DE MAHOUNGOU
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
je suis très passionner de ce travail car je trouve ici dans ces images un vrai regard sur les sociétés africaines. Et vu que je travail sur des sujets de sociétés ce travail à sa place dans le contient. bon regard et j’apprécie beaucoup.bonne continuation
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# Le 8 septembre 2010 à 16:56, par Anicet Bayala
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
Pour tout ceux qui désirent contacter Anicet Bayala veuillez utiliser l’un des numéros suivants
Contact:Fixe 21 24 31 75
Portable ; 07 20 26 87 / 67 09 37 50
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# Le 2 juillet 2010 à 15:10, par ouattara katchien
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
slt.je vous tire mon chapeau car c’est rare de voir un homme de nos jour s’impliquer dans la cuisine.j’aimerais avoir si possible une recette facile pour confectionner le gateau d’anniversaire de ma nièce qui aura bientôt ces un an je tiens à lui faire cette suprise.tout en espérant que vous me repondrai très bientôt j’attent votre mail impatiament.coordialement miss katchien
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# Le 8 juin 2010 à 11:28, par mimi
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
à part les gateau d’anniversaire faites vous aussi les gateaux au four
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# Le 8 juin 2010 à 11:27, par mimi
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
bonjour j’aimerais avoir ton numero et si possible connaitre tes tarifs pour un gateau d’anniversaire pour un enfant
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# Le 22 mai 2010 à 23:28, par didier
En réponse à : Bayala Anicet Michael, pâtissier à Abidjan
tres bien,je trouve le jeune homme tres serieux,dommage pour lui de ne pas avoir de moyen pour develloper une affaire plus rentable.
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