D’argile et d’or Reportage de Seydou Camara sur le secteur de la poterie au Mali

, par Seydou Camara

Si la poterie a longtemps été vue comme un simple art ornemental à travers les cartes postales sur l’Afrique, elle est devenue aujourd’hui un véritable moyen de développement économique et social pour de nombreuses personnes, notamment les jeunes gens déscolarisés et les femmes. Les tourbillons de la modernité n’ont pas emporté cet art ancestral. Il est devenu un secteur important parce que novateur et productif, qui contribue aux efforts pour un développement durable.

Ainsi, grâce aux travailleurs de l’argile de plus en plus nombreux et créatifs, nous sommes tous devenus, d’une façon ou d’une autre, des consommateurs des produits de la poterie, sous toutes ses formes. L’argile fait donc partie de notre quotidien. Il n’y a qu’à voir le nombre de vendeurs de pots et dérivés dans les rues de Bamako, et les objets qui décorent les bureaux des différents services administratifs du Mali… Mieux, on trouve de plus en plus de boutiques ouvertes uniquement pour la vente des produits potiers. Et le nombre élevé de villages où la poterie est la première activité génératrice de revenus donne à comprendre toute l’importance de ce secteur rentable, 100% local et sans risque pour l’environnement.

Le cycle de la fabrication du pot met en évidence la nature saine et non polluante de cette activité. En effet, l’extraction de l’argile se fait manuellement, et le transport se fait en charrettes tirées par des ânes. Ensuite le potier foule la pâte d’argile additionnée à de l’eau, puis forme des boudins. Vient ensuite le modelage, à l’aide de tour mécanique, puis la cuisson et la finition….

Par cette activité, beaucoup de jeunes ont abandonné tous projets d’exode et d’immigration. « Nous préférons rester et exploiter notre sol très riche en argile et gagner notre vie dans la paix et la joie, au lieu d’aller nous donner la mort dans les océans, sur la route de l’Europe », m’a raconté Drissa, un jeune diplômé devenu potier.

La poterie s’insère également dans le commerce équitable, un jeune confie : « Je suis un comptable de formation, mais aujourd’hui je gagne bien ma vie dans la poterie, surtout avec les boutiques qui sont dans le réseau de l’artisanat équitable. »

De son côté, un chef de famille m’a dit : « Avec la poterie, je parviens à scolariser mes enfants, à payer mes impôts régulièrement. J’ai aussi donné du travail à ma femme qui vend les poteries et à mes deux frères qui sont mes assistants. »

Ainsi, même s’ils sont faits d’argile, les objets de la poterie, du fait qu’ils rapportent du gain et surtout par leur effet non agressif sur la nature, sont semblables à de l’or et méritent l’attention de tous ceux qui se battent pour un environnement sain, pilier d’un monde durable.

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