"Hip-Hop et Société" par Baudouin Mouanda deuxième opus à Libreville - Gabon

, par Baudouin Mouanda

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© Baudouin Mouanda

« On préfère être humble et faire ce qu’on a à faire du rap vis-à-vis de notre société ».

Ils sont jeunes et, comme tous le gens de leur âge, ils ont l’avenir comme horizon. Un avenir qu’ils veulent plein de promesses et de douces certitudes. Mais les réalités quotidiennes d’un pays qui, malgré la manne pétrolière figure toujours sur la liste des pays plus pauvres sont souvent tenaces. Alors ils chantent, versifient, lancent des messages et des phrases incantatoires « pour ce qui ont encore de l’espoir, des rêves… levons nous, et chantons ensemble ». Ces idéalistes, ce sont des jeunes de Libreville répartis en groupe d’ami : Comme Hayoe, Movaiz Haleine, Communauté Black, Pacificator, 241… c’est des noms qu’ils attribuent à leur groupe pour s’identifier.

Sur des chaines de télévision privée, spectacle public, ils occupent presque la quasi totalité du programme de musique. Loin d’être négligés par la population, ils connaissent bien leurs intérêts... "On milite pour le changement, la répartition des biens public, la corruption, les détournements de fonds…" raconte Leint’s, une jeune rappeuse de 23 ans, forte de ses 85kg. Sur scène, dans la baie de cochant ,véritable bidonville de la capitale, elle répète se texte « cette musique me donne de l’espoir, malgré l’image qu’on a de nous, elles nous révèlent des choses ! tu vois derrière le mur, une poubelle, des moustiques… même le portrait du défunt président y figure… ». Bien que les grandes scènes ne soient pas si nombreuses dans la ville, chaque fois, ils interpellent une grande partie de la jeuneuse gabonaise.

Le Gabon est l’une des principales et premières plate forme du hip-hop de la sous région de l’Afrique centrale grâce à son festival Gabao hip-hop organisé chaque année à Libreville par AFRIACTION. Cet évènement donne aux jeunes artistes un espace pour mieux s’exprimer. Naneth réputé pour son franc parlé, très connue des librevillois, elle ne pratique pas la langue de bois : « nous avons tellement des choses à dire que nous pourrions sortir un disque par jour. Mais nous voulons exprimer en toute liberté. Pendant qu’on respire encore ».

 La plus part d’entre eux sont des étudiants sans emploi. Il ne manque pas de temps pour écrire leurs désarrois, mais ils vivent avec. Comme à l’Université Omar Bongo Ondimba, les jeunes entassés dans la cours n’ont qu’une idée : penser au job après leur formation. Malgré les structures qui ne répondent pas aux pratiques, ils n’oublient pas de prêter main forte pour attirer l’ attention aux autorités, afin qu’ils viennent à leur secours. « Nous voulons dire ce que nous pensons. Nos textes retranscrivent l’ambiance dans laquelle nous vivons, nos vies vendues aux enchères, nos quartiers envahis par la boue… » Raconte Mich mwuna dans son petit studio, derrière l’assemblée nationale. Il y accueille des jeunes des environs qui viennent enregistrer leur texte par rendez-vous. Sur le fond de leur son, ils affichent leurs militantismes empreints de subtilité. Subtilité des textes qui allient le fang au français pour faire émerger des néologismes, des périphrases et autres trouvailles linguistiques. C’est ce qui affirme leurs originalités de ces groupes comme le groupe Movaiz Haleine.

Hayoe
Movaiz Haleine

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