Les tirailleurs congolais gravé la mémoire avec mon appareil photo

, par Bourges Naboutawo

Plusieurs années sont passées, le monde a connu différents conflits et des combats armés qui ne sont autres que des guerres. J’ai appris cette histoire pas plus tard qu’hier, quand j’étais encore sur les bancs de l’école en classe de 3ème ; mais cela ne me paraissait pas aussi réel à travers l’explication du professeur. Aujourd’hui, je l’apprends d’une manière différente comme si je la vivais, à les entendre parler, ces tirailleurs.

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Ancien combattant M. Villa Joachin, né en 1924, membre des FFL (Forces Françaises Libres), engagé en 1942 dans une unité de combat mélangé avec les Français a combattu en Italie, Allemagne, Birmanie et Egypte. Après sa blessure à l’œil, il est revenu au Congo en 1945 et est resté dans l’armée Congolaise jusqu’en 1947. © Bourges Naboutawo

Ce n’est pas facile d’imaginer aujourd’hui ce que le monde a connu comme histoire. Il y a eu un grand nombre de pertes en vies humaines avec les deux grandes guerres mondiales, mais c’est sans compter les autres conflits sur les terres de diverses nations.

Il est difficile, très difficile de nos jours de ressentir ce violent vent, la douleur de la perte de frères d’armes ou la souffrance d’une blessure par balle. C’est à travers les souvenirs et les phrases historiques de nos grands-parents et/ou de nos parents, les anciens combattants que nous pouvons revivre cela.

Parmi ceux qui ont lutté pour le règne de la paix dans le monde, il y a les tirailleurs Congolais. En effet, cette histoire m’a été relatée par ces derniers. Ces anciens combattants, leurs visages et leurs souvenirs resteront gravés en ma mémoire grâce à mon appareil photo .Ces tirailleurs ont combattu lors de la 1ère moitié du 20ème siècle, pendant la 2ème guerre mondiale (1939-1945), la guerre d’Indochine (1946-1954), la guerre d’Algérie (1954-1962), et celle du Cameroun (1955-1971). Certains d’entre eux ont laissé des empreintes sur des armes sans savoir si la cause du conflit était juste, mais ils essayaient de récolter la victoire . A chaque instant, la mort les guettait et ne pouvait s’empêcher de choisir certains d’entre eux.

Je me souviendrai des quelques secondes que j’ai passées avec eux et de leurs témoignages. Car cela a été pour moi un moment historique et inoubliable : le fait de les voir, si vieux et si courageux. Je me souviendrai des événements qu’ils m’ont relatés avec l’honneur, la fierté et la dignité d’être d’anciens combattants. Mais avant tout ils se revendiquent comme citoyens africains prêts à aider l’Europe. Je me souviendrai de leurs souvenirs de guerres (médailles, tenues…) qu’ils m’ont permis de toucher, bien que d’autres aient été pillés pendant les trois guerres civiles que le Congo ait connues.

J’ai écrit ce texte en mémoire de tous les anciens combattants et victimes des guerres afin qu’ils demeurent infiniment en moi.

« Ce fut un honneur pour moi de participer à cette histoire mondiale et je suis fier, très fier quand je suis en uniforme d’ancien combattant pendant les défilés, dans les rues quand je passe, les enfants crient regardez ! un ancien combattant ! donc je suis digne de ce titre. »
Phrase dite par l’ancien combattant Thomas Mazikou.

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Né en 1937, engagé en 1960 pour combattre au Cameroun, aussi chauffeur des capitaines de l’armée française. Bayidikila Georges et la mère de ces enfants. © Bourges Naboutawo

Voir en ligne : eliliblog.free.fr