Tout en parlant, Rafiy fait défiler sur son ordinateur toutes sortes de clichés tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc. Assis sur de jolis coussins fleuris posés sur des nattes, entre deux sodas et quelques cacahuètes, nous poursuivons :

- Petit déj’ © Rafiy Okefolahan
Peux-tu nous parler de cette démarche que tu développes actuellement en photographie ?
J’ai intitulé mon dernier projet « Alice au pays des merveilles » .
Ce projet est le fruit de ma rencontre avec Fabiola, une roumaine parachutée au pays du vodoun. C’est son étonnement face à certaines choses, qui pour moi sont anodines, habituelles, qui ont suscité ma curiosité. Par exemple une personne urinant au bord de la voie, une dame transportant une grosse bassine sur la tête, des zemidjans (taxi-moto) véhiculant 4 personnes sur la même moto, etc. Lorsque Fabiola m’a rejoint à Dakar pour la Biennale, nous avons décidé de redescendre à Cotonou par la route. Faire ce bout de chemin ensemble m’a permis d’approfondir ce thème que nous avions commencé au Bénin. Les photographies en noir et blanc me paraissaient très expressives pour mener à bien ce projet.
Un regard croisé en soi.
Un jeu de miroir ou comment par leurs errances deux personnes (re)découvrent, une, voire des Afriques, à travers le regard de l’autre.
Rafiy d’ajouter à mon interrogation sur ces multiples voyages qu’il cherche à s’affirmer, se trouver parmi ces Afriques traversées. Trouver en quelque sorte son identité car ce n’est pas parce que l’on est natif de quelque part qu’on ne peut pas trouver son identité ailleurs.
Fabiola me glisse quelques mots deLewis Caroll extraits d’ « Alice au pays des merveilles » en fin d’après-midi. Ces quelques mots savoureux suffiront à clore cette belle rencontre et à résumer le merveilleux parcours de Rafiy.
Alice au chat :
« Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
- Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
- Peu m’importe l’endroit…
- En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
- … pourvu que j’arrive quelque part, ajoute Alice en guise d’explication
- Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelques part, si tu marches assez longtemps »

- Rassemblement © Rafiy Okefolahan

- Danse contemporaine © Rafiy Okefolahan

- Christmas day © Rafiy Okefolahan
Afrique in visu
Vos commentaires
# Le 22 septembre 2010 à 03:04, par Mathieu
En réponse à : Sur la route de Rafiy Okefolahan
Bonjour,
Très beau travail ! Beau, puissant et inspirant...
A un de ces jours j’espère
Mathieu, 35 ans, Nantes
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