Un fauteuil pour trois ! Libreville - Présidentielles 2009

, par Baudouin Mouanda

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Ali Bongo, fils du défunt président en route pour hériter du fauteuil présidentiel © Baudouin Mouanda

Après deux semaines d’une campagne présidentielle qui a fait vibrer la capitale Libreville, à l’ère du scrutin à un seul tour. Des poids lourds se sont affrontés. Des opposants qui n’avaient jamais approché de si près le fauteuil présidentiel après quarante et un ans de pouvoir sans partage du « boss » feu Omar Bongo Ondiba. Celui-ci est décédé en juin dernier à Barcelone en cours de mandat. Une page se tourne sans que nul ne sache où nous emmènera le prochain chapitre.

Des inconnus se sont engouffrés dans la brèche : au total vingt-trois candidats contre un seul, Ali Bongo, fils du défunt président, investi comme candidat du Parti Démocratique Gabonais. Derrière ce choix, les rumeurs laissaient entendre le mécontentement de certains poids lourds du parti provocant leur départ du parti et l’annonce de leur candidature en indépendant : parmi eux André Mba Obame ancien ministre de l’intérieur, Jean Eyenge Dong premier ministre, Zacharie Myboto, Manganga Moussavou, Casimir Oye Mba… et le principal opposant de longue date Pierre Mamboundou.

Aux premières nouvelles, le soir même du scrutin le 30 août 2009, André Mba Obame, Ali Bongo et Pierre Mamboudou sont tous trois arrivés en tête. Ils revendiquent chacun d’avoir le plus grand nombre de votants. Cela laisse deviner la Loi du plus fort. Mais à qui va revenir le fauteuil présidentiel  ?

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© Baudouin Mouanda

Nous attendons le verdict du CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente). Seul André Mba Obame s’est risqué à avancer des chiffres. L’atmosphère dans la ville ne laisse personne indifférent. Certain candidat parle de coup de force électoral. Bruno ben Moubamba, le charismatique jeune opposant prône la dissolution du système du Parti Démocratique Gabonais. Après une grève de la faim pendant les deux semaines de campagne devant le palais du peuple, cet opposant a exigé le report du scrutin et se définit comme la clé du changement, et précise n’avoir pas serré la main du défunt président :« Ma grève de la faim est une pression sur le pouvoir pour que sérieusement on annule cette élection et qu’on l’organise dans de meilleures conditions. Est-ce que le Conseil d’Etat et la Cour constitutionnelle vont l’entendre ? Je crains que non ».

Pendant ce temps les électeurs qui ont chanté, dansé au concert de klaxons et de cris de joie, dans les rues et avenues… couvertes d’affiches et banderoles, ont exprimé massivement leurs droits de citoyenneté dans les bureaux de vote dans tout le pays.
Ce que je voudrais pour une fois, au Gabon, c’est qu’on élise un président de manière transparente de façon à ce que l’on puisse tous s’en féliciter. Ce serait la fierté du Gabon et de l’Afrique francophone.

VOIR LE PORTEFOLIO DE BAUDOUIN SUR LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES AU GABON.

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© Baudouin Mouanda