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	<title>Archives des Interview - Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Archives des Interview - Afrique In Visu</title>
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	<item>
		<title>Mémoires et déplacements, une interview de Badr El Hammami</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 14:23:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[badr el hammami]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plus de 10 ans, nous croisons le chemin de Badr El Hammami, tout d’abord en France, puis en Tunisie et au Maroc. C’est au travers de son travail « Thabrate » sur la question de l’oralité et de la correspondance que nous découvrons l’importance de son travail pour raconter la mémoire collective et la question du déplacement. Ces dernières années nous avons l’occasion de le voir développer son projet « Entre nos mains » entre autre à Marseille où il raconte des histoires de vie et de transmission autour d’objets berbères. A travers son interview, il revient pour Afrique</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/memoires-et-deplacements-une-interview-de-badr-el-hammami/">Mémoires et déplacements, une interview de Badr El Hammami</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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<p>Depuis plus de 10 ans, nous croisons le chemin de <strong>Badr El Hammami</strong>, tout d’abord en France, puis en Tunisie et au Maroc. C’est au travers de son travail <em>« Thabrate »</em> sur la question de l’oralité et de la correspondance que nous découvrons l’importance de son travail pour raconter la mémoire collective et la question du déplacement. Ces dernières années nous avons l’occasion de le voir développer son projet <em>« Entre nos mains »</em> entre autre à Marseille où il raconte des histoires de vie et de transmission autour d’objets berbères. A travers son interview, il revient pour Afrique in visu sur son parcours mais aussi sur ses nouveaux projets qui entremêlent toujours la grande Histoire et sa généalogie personnelle.</p>



<p><strong>Bonjour Badr, peux tu te présenter ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Badr EL HAMMAMI, je suis artiste. Mon parcours dans les arts a débuté avec des études en arts plastiques au lycée, suivi d&rsquo;une formation en école d&rsquo;art appliqué à Bordeaux. Ensuite, j&rsquo;ai obtenu un DNSEP à l&rsquo;école des beaux-arts de Valence, et en 2017, j&rsquo;ai complété un post-master à l&rsquo;école des beaux-arts de Paris-Cergy. Depuis lors, je n&rsquo;ai jamais cessé d&rsquo;exercer ce métier.</p>



<p><strong>Ton parcours s&rsquo;articule entre le Maroc et la France en particulier, avec des étapes autour de la méditerranée comme la Tunisie ou encore l&rsquo;Egypte. Peux-tu nous raconter ta trajectoire personnelle ?</strong><br>Mon parcours artistique s&rsquo;est déployé entre le Maroc, la France et d&rsquo;autres destinations méditerranéennes telles que la Tunisie et l&rsquo;Égypte. Initialement, mes déplacements se limitaient au Sénégal pour la Biennale de 2010, puis au Musée National du Mali en 2011. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à partir de 2012 que j&rsquo;ai commencé à retourner au Maroc pour des projets artistiques. En revenant travailler au Maroc, j&rsquo;ai renoué avec mes racines, comme en organisant un atelier dans mon ancienne école primaire, sans prédéfinir le résultat artistique. J&rsquo;aime laisser les choses émerger progressivement pour ensuite les transformer en œuvres.<br>À la suite de cet atelier, j&rsquo;ai créé une vidéo intitulée « Mémoire#2 », où l&rsquo;on voit des enfants refléter la lumière du soleil dans la cour de récréation, filmés à une vitesse réduite pour créer une esthétique entre la photographie et la vidéo. La réalisation finale de cette vidéo m&rsquo;a demandé de retourner au Maroc et de vivre sur place pour me concentrer pleinement sur les images.<br>Par la suite, il est devenu nécessaire pour moi de découvrir d&rsquo;autres espaces et lieux artistiques pour y travailler, comme à Kerkennah en Tunisie, une île intrigante avec une histoire riche. Travailler sur place me permet de capturer l&rsquo;instant présent et d&rsquo;en faire quelque chose d&rsquo;unique et d&rsquo;authentique.<br>Mon projet actuel en Égypte se concentre sur le résistant Abdelkrim al-Khattabi, pionnier de la lutte pour l&rsquo;indépendance du Maroc. Le nord du Maroc était alors sous occupation espagnole, le centre sous occupation française, et le sud également sous domination espagnole. Abdelkrim a mené une guerre de 1921 à 1926, mais a dû se rendre face à la coalition des armées française et espagnole, notamment en raison des bombardements chimiques. Exilé à l&rsquo;île de La Réunion, il est censé y rester trois ans mais y demeure 21 ans avant d&rsquo;être rapatrié en France en 1947. En faisant escale à Port-Saïd en Égypte, il comprend l&rsquo;importance de son rapatriement et choisit de rester en Égypte jusqu&rsquo;à sa mort en 1963. Mon voyage en Égypte vise à mieux comprendre sa vie dans ce pays, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il est originaire de la même ville que moi au Maroc, ce qui lui confère une place importante dans notre mémoire collective.</p>



<p><strong>Dans ta pratique, tu as régulièrement collaborer avec différents artistes, comme Yassine Balbzioui, Fadma Kaddouri ou encore Jean-Paul Thibeau ou encore dans le cadre de projet d&rsquo;exposition ou d&rsquo;écriture collectives, en quoi ces échanges souvent longs t&rsquo;intéressent-t-il et ce qu&rsquo;ils apportent dans ta pratique ?</strong><br>Les collaborations avec d&rsquo;autres artistes sont essentielles dans ma pratique artistique, car elles me permettent d&rsquo;explorer de nouvelles perspectives et de repousser les limites de ma propre créativité. Chaque artiste apporte avec lui sa propre vision, son bagage artistique et ses expériences personnelles. Travailler avec d&rsquo;autres me confronte à des idées et des techniques auxquelles je n&rsquo;aurais peut-être pas pensé seul, élargissant ainsi mes horizons artistiques.<br>En m&rsquo;engageant dans des collaborations artistiques, je suis en mesure d&rsquo;aborder des questions complexes sous différents angles, ce qui enrichit la profondeur et la complexité de mes œuvres. De plus, ces collaborations me permettent d&rsquo;établir des liens avec d&rsquo;autres communautés artistiques et de participer à des dialogues artistiques plus larges, élargissant ainsi mon champ d&rsquo;influence et d&rsquo;inspiration.</p>



<p><strong>Au cœur de ton travail, il y a la notion de mémoire qui traverse nombreux de tes projets. Peux-tu nous raconter comment ce fil rouge se développe ?</strong><br>La notion de mémoire est en effet un élément central de mon travail artistique, et elle se manifeste de différentes manières à travers mes projets.<br>La mémoire est un pilier fondamental de ma démarche artistique, se révélant de multiples façons à travers mes projets. D&rsquo;abord, ma propre histoire personnelle occupe une place prépondérante. Mes expériences passées, mes souvenirs d&rsquo;enfance et mes attaches profondes avec mes racines marocaines imprègnent chacune de mes créations. Par exemple, en retournant dans mon école primaire pour animer un atelier avec les enfants, j&rsquo;ai ravivé des souvenirs enfouis qui ont enrichi ma pratique artistique. En parallèle, j&rsquo;explore également la mémoire collective et historique, cherchant à questionner et à exprimer les multiples facettes de l&rsquo;expérience humaine à travers divers médiums artistiques.</p>



<p><strong>Ce fil rouge de la mémoire n&rsquo;est pas l&rsquo;unique lien qui relie de nombreux projets. Tes réflexions comme ta pratique artistique semblent fonctionner comme un entremêlement de rhizomes où apparaissent cette notion de mémoire dont nous venons de parler mais aussi la question de l&rsquo;exil ou encore de la transmission . J&rsquo;aimerai que tu reviennes sur 3 projets qui pour moi sont importants au sein de ton travail et permettent de comprendre l&rsquo;articulation de ton travail depuis 20 ans. Peux- tu nous décrire chacun d&rsquo;eux et revenir sur le lien qui les relient :</strong></p>



<p><strong><a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/elhammami/repro12.html">Mémoire #2</a> :</strong><br>« Mémoire #2 ». En revenant sur les lieux de mon enfance au Maroc, j&rsquo;ai été inspiré à réinventer la photographie de classe traditionnelle. Plutôt que de figer les souvenirs dans des images immobiles, j&rsquo;ai cherché à les ramener à la vie, à les mettre en mouvement.<br>L&rsquo;utilisation de miroirs et de reflets solaires dans cette réinterprétation visuelle crée une illusion hypnotique, où les souvenirs semblent danser devant nos yeux. Les enfants, protagonistes de cette chorégraphie du souvenir, deviennent les acteurs d&rsquo;une performance où la mémoire s&rsquo;efface aussi vite qu&rsquo;elle se révèle.<br>L&rsquo;analogie de l&rsquo;encre sympathique est particulièrement évocatrice. Comme cette encre invisible qui révèle son message sous l&rsquo;effet de la chaleur, les souvenirs ressurgissent fugitivement avant de s&rsquo;estomper à nouveau. C&rsquo;est dans cet éphémère, dans cette brève révélation de secrets enfouis, que réside toute la magie et la poésie de la mémoire.<br>Ainsi, « Mémoire #2 » devient bien plus qu&rsquo;une simple expérience visuelle. C&rsquo;est une exploration de la fugacité des souvenirs, de leur capacité à se métamorphoser et à s&rsquo;effacer, tout en laissant leur empreinte indélébile dans notre conscience.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8411" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mémoire#2, 2012 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>

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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8408" style="width:840px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mémoire#2, 2012 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>


<p><strong>Thabrate :</strong><br>Le projet « Thabrate » prend racine dans une tradition ancienne de communication entre les populations du Maghreb, confrontées au défi de la distance après les migrations massives vers la France dans les années cinquante et soixante. Le mot « Thabrate », signifiant « la lettre » en berbère, évoque cette pratique d&rsquo;oralité où les proches s&rsquo;échangeaient des nouvelles et des messages à travers des enregistrements sur cassettes magnétiques, avant la démocratisation du téléphone dans les années 80.<br>Pour ce projet, Fadma et moi avons décidé de reprendre cette technique de correspondance par K7 magnétique, dans un hommage à nos parents et à leur ingéniosité pour maintenir le lien avec leur famille restée au Maroc. En reproduisant cette démarche en des conditions similaires à celles de l&rsquo;époque, sans recourir aux possibilités technologiques avancées disponibles aujourd&rsquo;hui, nous nous sommes plongés dans une discussion par cassettes interposées.<br>À travers ces échanges, nous avons voulu explorer la nostalgie du pays, la vision du monde et le quotidien de nos vies en France, tout en inscrivant notre démarche dans une continuité culturelle et historique. « Thabrate » devient ainsi un témoignage de cette pratique traditionnelle de communication, mais aussi une réflexion sur les liens familiaux, la distance et l&rsquo;identité dans un monde en constante évolution.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8409" style="width:840px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1024x685.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-768x514.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1536x1028.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8410" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1024x685.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-768x514.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1536x1028.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Thabrate, 2011_2019 &#8211; Artconnection, Lille, 2018 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>


<p><strong>Entre nos mains :</strong><br>Le projet « Entre nos mains » est une exploration profonde de la transmission culturelle à travers les objets souvenirs et les récits qui les accompagnent, en particulier dans la diaspora amazigh (berbère). Réalisé lors de résidences artistiques à Marseille et à Marrakech en 2021 et 2022, ce projet a transformé l&rsquo;espace de l&rsquo;atelier en un lieu de rencontres et d&rsquo;échanges autour de la mémoire et de l&rsquo;identité.<br>En invitant des personnes d&rsquo;origine amazigh ainsi que des Marseillais possédant des objets en lien avec la culture berbère, j&rsquo;ai donné la parole à ces individus pour qu&rsquo;ils partagent leurs histoires et leurs souvenirs. À travers des enregistrements vidéo, des enregistrements sonores, des photographies et des dessins, j&rsquo;ai capturé ces moments d&rsquo;échanges riches en émotion et en signification.<br>Ce projet est profondément ancré dans la culture de l&rsquo;oralité, où les récits passent souvent par les objets, transformant l&rsquo;espace domestique en un espace social chargé de mémoire collective. Les objets deviennent ainsi des témoins de l&rsquo;histoire familiale, des traditions, des rites de passage et des événements marquants de la vie. En explorant cette mémoire circulaire qui se transmet de génération en génération, j&rsquo;ai cherché à saisir l&rsquo;essence même de l&rsquo;identité amazigh et à mettre en lumière sa richesse et sa diversité.<br>De plus, en reproduisant le même processus lors de la résidence à Marrakech, en travaillant directement avec la population berbère et en incluant des lieux de transmission tels que le Musée Majourelle ou la Place Jamaâ El Fna, j&rsquo;ai élargi la portée du projet et enrichi les perspectives sur la transmission culturelle. « Entre nos mains » est bien plus qu&rsquo;une simple exploration des objets souvenirs. C&rsquo;est une plongée profonde dans l&rsquo;essence même de la mémoire collective, de l&rsquo;identité culturelle et de la transmission intergénérationnelle dans la diaspora amazigh, offrant un regard intime et émouvant sur ce qui nous relie à nos racines et à notre histoire commune.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8412" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Entre nos mains, 2020 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>


<p><strong>Merci pour ces précisions qui permettent de bien comprendre ton approche artistique. Quels sont tes projets en cours ou futurs ? Quelles sont tes actualités (expositions, résidences, projets</strong>&#8230;)<br>En ce moment, je suis très enthousiaste à l&rsquo;idée de participer à une résidence en Égypte avec l&rsquo;Institut Français, dans le cadre d&rsquo;une bourse de recherche artistique appelée « MIRA » (Mobilité Internationale pour la Recherche Artistique). Je vais passer du temps au Caire, où je compte explorer de nouvelles perspectives artistiques et me plonger dans l&rsquo;histoire et la culture de ce pays fascinant.<br>Parallèlement, j&rsquo;ai également l&rsquo;opportunité de proposer une scénographie et une exposition à VK Bruxelles. C&rsquo;est une chance excitante de pouvoir partager mon travail avec un nouveau public et d&rsquo;explorer de nouveaux espaces d&rsquo;exposition.<br>En collaboration avec Fanny Lambert, une commissaire, écrivaine et critique d&rsquo;art, nous travaillons actuellement sur un projet de recherche au Maroc intitulé « Entre Survenances et Apparitions ». Nous avons déjà entamé une première partie du projet en collaboration avec l&rsquo;Appartement 22, dans la région du Rif au Maroc, ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;Appartement 22 lui-même. Cette collaboration promet d&rsquo;être riche en découvertes et en échanges intellectuels, et j&rsquo;ai hâte de voir comment ce projet va se développer dans les mois à venir.</p>
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		<title>Percevoir et recevoir le monde, une interview de Ange-Frédéric Koffi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/percevoir-et-recevoir-le-monde-une-interview-de-ange-frederic-koffi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 10:11:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion de la foire parisienne AKAA que nous avons eu l&#8217;occasion de rencontrer Ange-Frédéric Koffi. Depuis la dernière biennale de Bamako où nous avions aperçu son travail, ce plasticien nomade n&#8217;a cessé de ré-inventer sa pratique pour percevoir et recevoir le monde qui l&#8217;entoure. Dans cette interview, il revient sur ses derniers projets et son approche. Expositions, recherches, curations , Ange-Frédéric Koffi n&#8217;a de cesse de tenter de comprendre les mécanismes de perception et de construction l&#8217;humain a créé . Cher Ange-Frédéric Koffi, pour commencer cette discussion avec toi, peux-tu te présenter.Je m’appelle Ange, Ange-Frédéric Koffi. Je suis</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de la foire parisienne  <a href="https://akaafair.com/" data-type="link" data-id="https://akaafair.com/">AKAA </a>que nous avons eu l&rsquo;occasion de rencontrer Ange-Frédéric Koffi. Depuis la dernière biennale de Bamako où nous avions aperçu son travail, ce plasticien nomade n&rsquo;a cessé de ré-inventer sa pratique pour percevoir et recevoir le monde qui l&rsquo;entoure. Dans cette interview, il revient sur ses derniers projets et son approche. Expositions, recherches, curations , Ange-Frédéric Koffi n&rsquo;a de cesse de tenter de comprendre les mécanismes de perception et de construction l&rsquo;humain a créé .</p>



<p><strong>Cher Ange-Frédéric Koffi, pour commencer cette discussion avec toi, peux-tu te présenter.</strong><br>Je m’appelle Ange, Ange-Frédéric Koffi. Je suis plasticien, et la photographie est un de mes médiums de prédilection.</p>



<p><strong>Nous aimerions que tu nous racontes comment tu en es venu à t&rsquo;intéresser à la photographie.</strong><br>Mon rapport à la photographie, et plus spécifiquement à l&rsquo;image a commencé quand j&rsquo;étais jeune et que je partais en colonie de vacances. L’image était pour moi un moyen de pouvoir immortaliser des souvenirs, des personnes, des lumières, des événements… Je me suis vraiment intéressé à la photographie sur recommandation d&rsquo;un ami de ma mère, Jean-Luc Monterosso. Jean-Luc m&rsquo;a fortement poussé à cultiver ma pratique photographique quand j&rsquo;étais encore lycéen. C&rsquo;est lui qui m&rsquo;a réellement fait prendre conscience du potentiel que pouvait être ce médium. Petit à petit, je me suis formé a la photographie, et il est vrai que ma formation classique (argentique) que m’a donnée Anne Immelé, a de manière inévitable influencée ma pratique.</p>



<p><strong>Aujourd&rsquo;hui comment divises – tu ton temps entre le commissariat et ton travail d&rsquo;artiste visuel&nbsp;? Et ces deux casquettes que tu portes se croisent -elles parfois&nbsp;</strong>?<br>Mon emploi du temps est millimétré et demande une certaine orchestration afin de pouvoir pratiquer le commissariat et avoir en même temps une pratique artistique personnelle. J’ai depuis 2 ans à présent décidé de ne plus avoir de maison. Ne pas voir cette charge, me permet d’être en mouvement perpétuel afin d’embrasser le plus possible ce style de vie (nomadisme) qui me nourrit tant.<br>Pour moi, il s&rsquo;agit d&rsquo;une seule et même pratique, car mon processus curatorial est le fruit de façon indéniable avec ma pratique artistique. Il ne s&rsquo;agit donc pas de deux casquettes. Mon emploi du temps va être régi par ma géographie. Lorsque je me trouve sur le continent africain, ma pratique va être surtout celle d&rsquo;un photographe. Lorsque je me trouve en dehors du continent africain, ma pratique va alors se délaisser la prise de photo pure et continuer une recherche de matérialité diverse. Cette recherche est vague et englobe différents domaines de production.</p>



<p><strong>Revenons sur tes projets en tant qu&rsquo;artiste :<br>Peux-tu nous raconter ce qui t&rsquo;anime et quelle est ton approche ?</strong><br>En tant qu’artiste, ou en tant que commissaire d&rsquo;exposition, ce qui m&rsquo;anime, c&rsquo;est la façon dont nous pouvons percevoir et recevoir le monde et ce qui nous entoure. Je suis fasciné de comprendre les mécanismes de perception et de construction que nous, humains, avons créés et développés. Mes recherches sont par conséquent orientées sur la déconstruction et la création de système de représentation. La Matérialisation des images ainsi que la réception des formes qui en découlent vont être le cœur de mon approche.</p>



<p></p>



<p><strong>En 2022, tu es nominé pour le prix Foam avec ton travail «  Le Grand Voyage &#8211; Version Courte », qu&rsquo;évoque ce travail ?</strong><br>Depuis 2015, je traverse l’Afrique de l’Ouest. De la Mauritanie au Niger, en passant du Mali à la Côte d’Ivoire, je me promène dans cet espace en me questionnant sur la relation que nous entretenons avec la route. Je marche dans les rues, attentif au monde qui m’entoure, aux passants, aux voitures, aux ambiances et tente de capter des moments significatifs, intuitivement pensés dans l’instant photographique. Mes déplacements se veulent multiples et prennent différentes formes. Les moyens varient et les temps diffèrent. Il va naître de toutes ces bribes quelque chose de tangible qui traduit une société en plein changement. Les images que je prends s’imbriquent les unes dans les autres. Ces fragments forment des découpes dans le mouvement et font entrevoir la fugacité de cette société ouest- africaine en bouillonnement perpétuel. Le moyen  de transport n’est plus seulement un objet de l’image, il devient une forme figurée et allégorique du dynamisme. L’enjeu de ma fragmentation photographique n’est pas tant une représentation de l’image que l’agencement des photographies en tant qu’ensemble. La fragmentation photographique rompt l’illusion d’une réalité connue, visible et signifiante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-8299" style="width:840px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1536x1026.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Azimut, 2015</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="744" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1024x744.jpg" alt="" class="wp-image-8302" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1024x744.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--300x218.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--768x558.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1536x1116.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--480x349.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Série Market, 2015</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-8301" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1024x746.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--300x219.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--768x559.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1536x1119.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--480x350.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Grand Voyage &#8211; Version courte, Partie IV, I WAS HERE &#8211; I SAW HERE, La Filature, 2020 @Ange-Frederic Koffi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="742" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1024x742.jpg" alt="" class="wp-image-8300" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1024x742.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-300x217.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-768x557.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1536x1113.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-480x348.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Foam Talent, 2022 Foam Photo- Christian van der Kooy</figcaption></figure>



<p><strong>En 2023, ton exposition personnelle « Territoire des perceptions Sérénade des formes », s&rsquo;est tenue en Côte d&rsquo;ivoire pays dont tu es originaire, peux- tu nous parler de cette exposition et de l&rsquo;écho qu&rsquo;elle a eu sur place ?</strong><br>Depuis 2017, j’ai déjà eu l’occasion de pratiquer l’exercice que peut-être celui d’un solo show. Abidjan n’était donc pas mon premier galop d’essai ! Cependant, cette exposition s’inscrivait dans la dynamique de mes précédentes expositions.  Pouvoir montrer mon travail à Abidjan dans une forme globale était pour moi extrêmement important, car je pouvais enfin présenter l’ensemble de mes recherches et pensées chez moi… Pouvoir appliquer ses théories à ‘la maison’(sur la maison) était extrêmement stimulant, car d’une part il y avait un challenge esthétique (présenter à des personnes concernées un travail qui parle en partie d’eux) et d’autre part une joie immense de pouvoir être chez sois.  La réception sur place à je crois été très bonne. Être à la Galerie Cécile Fakhoury (rare espace de monstration de production contemporaine a Abidjan.) m’offrait une visibilité certaine. Les visiteurs on été sensibles, je crois à l’immersion que je leur proposais, et ceux qui était touchants pour ma part, c’était ceux qui venaient me voir et me disant que l’exposition les faisait prendre conscience du monde qui les entoure ; des détails qui maintenant allaient les animer.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1024x681.jpg" alt="Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly" class="wp-image-8303" style="width:842px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1536x1022.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8304" style="width:839px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1536x1023.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly</figcaption></figure>



<p><strong>Cet automne, on a pu voir ton travail dans une très belle exposition bruxelloise ‘at the limit of dream’ (Aux confins du rêve), où tes recherches visuelles croisent des références textuelles, peux – tu nous parler de ce projet ?</strong><br>At the limit of the dream s’inscrit également dans la traduction de mes recherches dans une forme autres que l’écrit. Toujours universitaire, une grande partie de mes cherches se traduisent naturellement par des essais que je réalise. Cette nouvelle exposition m’a permis donc de développer formellement mon intérêt pour le territoire et de questionner les perceptions que nous avons de ce territoire (qui est certes lier à la terre, et a son aménagement, mais également a l’habitat, la maison, au chez sois, au corps, …). Dans cette nouvelle exposition, je fais réapparaître des formes (écrites) qui étaient déjà présent dans mon exposition Le Grand Voyage &#8211; Version Courte que j’ai présenté à Bamako en 2017.  Dans son essai Towards a Philosophy of Photography qui sort pour la première fois en 1983, Vilèm Flusser nous démontre qu’une image est constituée de plusieurs couches invisibles. Plusieurs niveaux d&rsquo;abstraction viennent construire l&rsquo;image, passant par le dessin, l&rsquo;écriture, l&rsquo;écriture scientifique, avant de devenir les images scientifiques que sont les photographies que nous produisons aujourd’hui. Ma série First proposition &#8211; word image &amp; myth (2023) s’inscrit dans une volonté de crée une tension entre les différentes couches qui composent une image. Parce que les images sont des surfaces significatives, elles font appel à l&rsquo;imagination, car elles nécessitent un décodage. Ce décollage ici ce construit en tension entre les mots et les images, entre les transparences et les superpositions.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-8296" style="width:841px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1536x1096.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ange-Frédéric Koffi, First proposition &#8211; word, image &amp; myth i, 2023 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="767" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1024x767.jpg" alt="" class="wp-image-8295" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1024x767.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--768x575.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1536x1150.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--480x359.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ange-Frédéric Koffi, First proposition &#8211; word, image &amp; myth i, 2023 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="575" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1024x575.jpg" alt="" class="wp-image-8298" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1024x575.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-768x431.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1536x862.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-480x269.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">at the limit of dream, Nosbaum Reding / Bruxelles, Belgique, 2023 @ Audray Jonchères</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="704" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1024x704.jpg" alt="" class="wp-image-8297" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1024x704.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-300x206.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-768x528.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1536x1056.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-480x330.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">at the limit of dream, Nosbaum Reding / Bruxelles, Belgique, 2023 @ Audray Jonchères</figcaption></figure>



<p><strong>En tant que commissaire, on a vu dernièrement ton exposition lors de la foire AKAA autour de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Adama Sylla, comment as-tu découvert son œuvre et pourquoi t&rsquo;a t-elle intéressé ?</strong><br>J’ai la première fois découvert le travail d’Adama Sylla dans l’ouvrage Anthologie de la Photographie Africain &#8211; De l’océan indien et de la Diaspora, paru en 1998 par Revue Noire. J’ai par la suite rencontré son travail physiquement lors d’une exposition à Lyon, où Adama Sylla exposait aux côtés d’Eva Diallo, une amie. Lorsque Marc Monsallier (ancien directeur de l’institut Français de Saint-Louis, Sénégal) me contacte durant l’été 2022 pour organiser une exposition, j’accepte directement. L’exposition qui était présentée à la foire Akaa n’était pas un de mes commissariats, mais elle s’inspirait de l’exposition Mécanique Poétique qui s’est tenue en mars dernier conjointement à la galerie Talmart et à la Galerie Lalalande. L’œuvre de Sylla (89 ans) me fascinait, car en plus d’être passé sous les radars, elle regorge de richesses. Poursuivant une entreprise d’archivage, il est attentif aux corps, aux regards, aux lignes et aux détails qui viennent composer ces images, Adama Sylla n’est pas dans un rapport esthétique. Il capte les histoires personnelles qui l’entourent. Par sa pratique acharnée, il développe une écriture propre à lui et surtout, il révèle les vérités et les formes universelles qui nous unissent. Il dépasse la technique et se focalise sur l’acte de capter une collection d’instants.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets en 2024 et 2023 (résidence, expo, commissariat, écrit</strong>s) ?<br>2023 a été marqué par 2 solos show, 1 commande publique, 1 groupe show, 2 symposiums, 2 résidences et une publication scientifique. C’est une année qui a été expérimentale et chronophage !<br>J’entame 2024 avec la Black Rock Residency a Dakar, et enchaîne avec un voyage d’études. Quelques expositions sont programmées, mais j’attends avec impatience la confirmation d’une exposition pour le mois de juin. Cela promet déjà d’être une année encore sur les chapeaux de roue.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/percevoir-et-recevoir-le-monde-une-interview-de-ange-frederic-koffi/">Percevoir et recevoir le monde, une interview de Ange-Frédéric Koffi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Photosa 2023 &#8211; Interview d&#8217;Adrien Bitibaly</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/photosa-2023-interview-dadrien-bitibaly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 10:33:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[adrien Bitibaly]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[ouagadougou]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Adrien Bitibaly n&rsquo;est pas un anonyme sur Afrique in visu. Depuis quelques années nous avons pu suivre l&rsquo;évolution de son travail photographique. En 2021, Adrien Bitibaly a développé une première édition d&rsquo;un festival intitulé Photosa. Retour à travers cette interview sur ce projet ambitieux, son évolution et son public à Ouagadougou.</p>



<p><strong>J&rsquo;aurais aimé commencer par une question d&rsquo;ordre général sur pourquoi avoir monté un festival à Ouagadougou ? (état général de la photo dans ton pays, festivals, Formations, économie,&#8230;)</strong><br>Au Burkina Faso, la photographie est omniprésente dans les cérémonies de la vie comme les mariages, les baptêmes, les funérailles. Ici, « on aime sortir la phase », c’est-à-dire prendre une position appropriée pour immortaliser l’instant. La photographie fait partie du quotidien. Pourtant, lorsqu’il s’agit de voir le pays à travers le regard d’un artiste, tous ces hommes et femmes qui adorent la photographie sont absents. Les expositions photographiques deviennent des lieux de « privilégiés », accessibles à peu de personnes (les personnes aisées, les occidentaux, les artistes…) : malgré la gratuité, le grand public ne s’y rend pas. Est-ce une question de culture ou un problème d’accès aux expositions photographiques ? Sans avoir nécessairement la réponse à cette question, j’ai souhaité faire quelque chose pour changer la donne.<br>La photographie ne fait pas partie des arts qui sont valorisés au Burkina Faso, au-delà des expositions qui sont parfois organisées par les structures telles que l’Institut Français ou le Goethe Institut. Elle reste avant tout un moyen de documenter les événements publics ou privés et n’est pas perçue comme un art.<br>Pourtant, Ouagadougou accueille de nombreux évènements culturels (le FESPACO, le SIAO, les Récréâtrales, le FITMO, les REMA…), mais la photographie ne connaissait pas d’évènement marquant dans la capitale burkinabè&nbsp;: nous l’avons donc créé, pour donner à cet art toute la place qu’il mérite.</p>



<p><strong>As-tu été inspiré par un festival en particulier pour imaginer ce projet ou est-ce un mélange de plusieurs festivals et idées&nbsp;?</strong><br>Il s’agit avant tout d’une idée personnelle qui a germé depuis 2015. Je commençais à m’établir en tant que photographe, et mon objectif était de faire une exposition chaque année au Burkina Faso. J’ai effectivement réussi à mettre cela en place, mais je voyais que le public burkinabè n’était pas au rendez-vous lors des expositions dans les lieux habituels. A partir de 2017, je me suis alors dit qu’il fallait faire différemment, et j’ai imaginé les choses jusqu’à me lancer en 2021.<br>L’idée d’aller chez les gens est inspirée des Récréâtrales, le festival de théâtre de Ouagadougou qui se déroule dans les cours familiales. J’ai trouvé que c’était une manière intéressante de rendre la culture accessible, et c’était précisément l’objectif que je poursuivais.</p>



<figure><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_DSCF0695-1024x768.jpg" alt="" width="840" height="630" /></figure>



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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa_4-1024x769.jpg" alt="" /></figure>



<p><p><strong>Quels étaient les premiers objectifs en 2021 de Photosa&nbsp;? Ceux-ci ont-ils évolué en 2023&nbsp;?</strong><br>Les objectifs initiaux de PHOTOSA en 2021 étaient de&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Promouvoir la photographie d’art auprès du grand public et dans le milieu culturel du Burkina Faso en offrant un espace de médiation sur la culture visuelle.</li>
<li>Mettre la photographie au cœur des quartiers en impliquant directement les familles dans les expositions qui se tiendront dans leur cour d’habitation</li>
<li>Créer un cadre d’expression, de formation et de promotion pour les photographes burkinabè et internationaux</li>
</ul>
<p>Pour 2023, les objectifs sont restés les mêmes, avec plus d’ambition, puisque le nombre de photographes invités était plus important, il y a également eu plus de formations et plus d’activités pendant le festival. Avec notamment une formation, initialement développée pour les photographes, pour des jeunes commissaires d’expositions.</p></p>



<p><strong>La particularité de Photosa est qu&rsquo;il ne se tient pas dans une institution muséale mais qu&rsquo;il se déplace chez les gens. Peux-tu nous raconter cette idée et son déroulement sur le terrain&nbsp;?</strong><br>L’idée peut se résumer en une phrase&nbsp;: puisque les burkinabè ne vont pas dans les expositions, les expositions viendront à eux, jusque dans leur cour. J’ai choisi de lancer cela dans ma ville, Ouagadougou, et plus précisément dans le quartier de Wemtenga, qui est un quartier réputé pour sa vie nocturne et son animation.<br>Pour la première édition, j’ai dû faire un travail de démarchage auprès des familles pour les convaincre de nous laisser utiliser leur cour. Ils étaient sceptiques au début, ils ne savaient pas ce qui allait se passer, et ce n’est pas forcément facile d’accepter de laisser entrer des étrangers chez soi. L’ambiance lors du festival était telle qu’ils étaient finalement fiers et enchantés de cette expérience. Certains propriétaires de cours sont devenus guides de «leur» exposition. Une attention toute particulière fut donc portée à la médiation auprès de ces personnes afin d’accompagner leur rôle de «transmetteurs». La plupart ont bien voulu nous accueillir de nouveau cette année.<br>Une partie des expositions se tient également dans l’espace public, autour et dans une salle de cinéma, qui se trouve au centre de la place principale du quartier. On trouve autour des bars, des commerces…C’est le cœur de la vie du quartier, ainsi les gens de passage voient forcément les expositions.<br>Il était prévu pour cette édition de compléter le festival par une exposition au Musée National du Burkina Faso, car la photographie n’est pas représentée dans ce musée. Malheureusement, cela n’a pas été possible de réaliser cela cette année faute de financement.<br>Il faut aussi préciser que Photosa, ce n’est pas que des expositions&nbsp;: c’est aussi des formations, un défilé photographique une caravane dans la ville, des soirées de projections et débats, une mise en valeur du mentorat, des lectures de portfolios, des événements dont nous parlerons plus loin.</p>



<p><strong>Quel est le public visé&nbsp;?</strong><br>Le public visé est avant tout celui qui ne va pas dans les expositions, c’est-à-dire ceux qui peuvent avoir tendance à penser que la culture est réservée aux élites. L’idée est aussi de faire se rencontrer les différents types de publics dans un lieu inhabituel et de montrer que la photographie rassemble. Lors de l’édition 2021, la Première Dame était venue par surprise, ce fût une grande émotion pour les gens du quartier&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8270" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1066453-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8269" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1066461-1024x768.jpg" alt="" /></figure>

</figure>



<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa-_3-1024x767.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Pour cette deuxième édition, 16 auteurs sont exposés, peux- tu nous dire comment a été opérée cette sélection et nous dire quelques mots sur chaque participant et la série exposée&nbsp;?</strong><br>L’édition 2023 rend hommage au photographe américain David Pace (1951-2020). David Pace portait le Burkina Faso dans son cœur et a soutenu et encouragé des jeunes photographes burkinabè. Il a consacré dix ans à un projet documentant la vie dans un village du Burkina Faso : Bereba (Province du Tuy, département de Houndé.). En plus de participer à un workshop qu’il a animé, j’ai été son assistant pendant 1 mois lors d’un de ses nombreux séjours à Bereba. Outre l’hommage personnel à un photographe qui a contribué à faire connaître le Burkina Faso dans le monde entier, il s’agit également de montrer la pérennité de l&rsquo;œuvre photographique. Lorsque le photographe disparaît, sa carrière continue : ses images peuvent continuer à inspirer les gens qui les regardent, même si l’artiste n’est plus là pour les présenter et que d’autres prennent le relais afin de le célébrer. Trois séries de David ont été présentées&nbsp;: Friday Night, Sur la route, et Karaba Quarry. J’aime son travail car il montre la réalité de la vie au Burkina Faso, ce qui est assez rare chez les étrangers qui ont tendance à mettre l’accent sur la misère. Il a choisi de célébrer la vie sous toutes formes. Je suis très reconnaissant à sa famille d’avoir accepté que nous exposions ses photos.<br>Ce qui a guidé le choix des artistes, je dirai que c’est le rapport au monde, tout en croisant une programmation d’artistes internationaux et d’artistes burkinabè. Le monde est en proie à de multiples interrogations durant ces dernières décennies. Ces interrogations qui ne laissent personne indifférent, touchent en grande partie la pollution, l&rsquo;écologie, la question des droits de la femme et la culture dans tous ses aspects. Cette année, lors de la seconde édition de la biennale photographique Photosa, les artistes photographes portent un regard assez particulier de l’homme sur son environnement (Philippe et Jacques, Gaëlle Delort, Nicolas Derné, Massow Ka), de l’identité culturelle à travers les rituels et la spiritualité (Adrien Bitibaly), les scarifications faciales (Boureima Regtoumba), l’éducation de la jeune femme sous le regard des religions importées (Eveline Soum Bonkoungou, Kani Sissoko), sur les icônes et personnalités du septième art (Antoine Tempé) mais aussi la culture vestimentaire (Delphine Blast) ou l’appartenance identitaire (Chiara Wettmann). D&rsquo;autres regards sont dirigés sur les liens de parenté (Julia Gat), l’amour sentimental (Nyaba Léon Ouedraogo), l’amour pour le métier de forge (Issa Zoné), de l&rsquo;artisanat. Cet ensemble nous propose un regard photographique sur notre monde actuel, avec 6 photographes burkinabè et 10 photographes d’autres nationalités. L’ambition est d’avoir un impact social à travers les thèmes abordés qui, je l’espère, ont touché le public. Nous avons pris soin de sélectionner des œuvres qui restaient accessibles pour un public non initié.<br>Photosa est une ouverture au monde. L’idée est d’une part, de permettre aux photographes burkinabè de découvrir différentes pratiques photographiques et d’autre part de permettre au public burkinabè de découvrir le monde, car rares sont ceux qui ont l’opportunité de voyager. L’intérêt est de croiser des artistes internationaux avec des artistes burkinabè&nbsp;: lors du festival, les rencontres et les discussions font la richesse pour tous. Ce croisement est bénéfique aux artistes burkinabè pour qu’ils progressent sur leurs projets. En plus des photographes burkinabè présents sur place, nous avons pu faire venir Chiara Wettmann (Allemagne), Kani Sissoko (Mali), Antoine Tempé (Sénégal) et Gaëlle Delort (France). Leur présence a permis d’enrichir les échanges aussi bien avec les artistes locaux qu’avec le public, durant de nombreuses visites guidées.</p>



<p>La thématique récurrente pour Photosa est aussi une interrogation par rapport au contexte burkinabè&nbsp;: quelle place donner à la photographie artistique au Burkina Faso&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8271" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1026573-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8260" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa-1024x769.jpg" alt="" /></figure>

</figure>



<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_POTOSA_2_17-1024x768.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Je crois que ce festival s&rsquo;accompagne aussi de formations, peux tu nous en dire plus&nbsp;?</strong><br>Il n’y a pas au Burkina Faso de formation professionnalisante en photographie. C’est très difficile pour une personne qui souhaite devenir artiste-auteur de trouver comment se former sur place. Il y a quelques workshops avec des photographes étrangers, c’est comme cela que j’ai commencé à me former moi-même. De plus, la profession de photographe est longtemps restée dévalorisée et était très précaire. Cela évolue un peu pour les photographes d’évènementiel, mais être artiste-auteur, c’est encore différent.<br>3 formations ont été faites lors de cette édition 2023&nbsp;: un programme de mentorat, une formation sur l’art du portrait et une formation en commissariat d’exposition.<br>Le Programme de mentorat, que j’ai animé, a permis d’offrir cette année à 7 jeunes aspirants photographes burkinabè l’opportunité d’avoir un parcours artistique sur une durée d’un an. Ce programme se déroule en quatre temps :</p>



<ul>
<li>Deux semaines de formation en présentiel (une semaine de théorie et une semaine de pratique) qui s’est déroulée du 20 février au 3 mars</li>



<li>Un accompagnement par un comité de professionnels de la photographie sur la réalisation de leur projet de création et de professionnalisation (échanges sur les réalisations, les difficultés rencontrées…)</li>



<li>Une nouvelle rencontre en présentiel d’une semaine en fin de parcours (début 2024)</li>



<li>Une exposition collective des œuvres réalisées grâce à cet accompagnement courant 2024 (sous réserve de financements) et une présentation-projection durant les Rencontres d’Arles lors d’un événement à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz<br>La nouveauté pour cette nouvelle édition du programme de mentorat est que je vais mettre à contribution d’autres photographes pour l’accompagnement en ligne et aussi associer le regard d’un commissaire d’exposition.<br>La formation sur «&nbsp;l’art du portrait&nbsp;» a été animée par le photographe Antoine Tempé et a été suivie par 6 personnes.<br>La formation en commissariat d’exposition a été animée par Florent Basiletti, directeur de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz. Cette formation a été très concrète pour la jeune fille qui en a bénéficié puisqu’ils ont pu travailler conjointement à la curation des expositions du festival, de la sélection, scénographie jusqu’au montage et support textuel. Florent a également proposé des lectures de portfolio pendant les 4 jours de festival pour les artistes qui le souhaitent ou pour les jeunes qui avaient suivi les formations et mentorat.</li>
</ul>



<p>La formation se fait aussi par l’intermédiaire des conférences et projections qui ont pu avoir lieu en soirée&nbsp;: une soirée de présentation avec projections et discussions par les artistes de la seconde édition, une soirée hommage à David Pace avec la présentation de 8 séries photographiques sur le Burkina Faso et une table-ronde autour du thème « quelle place donner à la photographie artistique au Burkina Faso aujourd’hui ? ». Les échanges ont ainsi pu se faire entre les photographes burkinabè et les photographes invités, et avec le public qui rassemblait des habitants du quartier et des personnes venues spécifiquement pour l’occasion. Les échanges informels qui ont pu avoir lieu entre les photographes tout au long du festival sont aussi l’opportunité pour chacun d’interroger et d’améliorer sa pratique.</p>



<p>Enfin, les visites guidées des expositions par les photographes et par Ingrid, assistante commissaire d’exposition, sont des opportunités de formation pour les participants. Il y a eu la présence d’étudiants en lettres modernes&nbsp;questionnant le langage critique d’une image, lors de visites guidées ils ont pu exercer des questions critiques aux artistes.</p>



<figure class="wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8253" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_R0004069-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8252" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_WhatsApp-Image-2023-02-24-at-10.33.04-1024x682.jpg" alt="" /></figure>

</figure>



<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa_1.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Comment est soutenu et financé ce projet&nbsp;? Et quels sont les engagements au niveau des politiques culturelles au Burkina Faso&nbsp;?</strong><br>Le projet est soutenu financièrement par l’Institut Français via son programme «&nbsp;Appui à la création, à la diffusion et aux opérateurs de la société civile en Afrique&nbsp;», le Goethe Institut de Ouagadougou, la SAIF-Copie Privée, Jean-François Dubos (Président de la Maison Européenne de la photographie) et l’association Douni’Art qui a lancé une collecte en ligne. La collecte participative menée en France est la contribution la plus élevée dans notre budget. On peut dire en quelque sorte que la solidarité est notre premier financeur, et j’en profite pour remercier tous ceux qui nous ont apporté leur soutien par cet intermédiaire, soit plus d’une cinquantaine de personnes.<br>Il faut également rajouter à cela des fonds personnels et les contributions en nature des bénévoles (renoncement au remboursement des frais engagés) car nous n’avons malheureusement pas obtenu toutes les subventions que nous espérions.<br>Du côté du Burkina Faso, il est malheureusement très difficile d’obtenir un soutien financier des institutions. Nous avons cependant eu la chance de bénéficier d’une audience auprès du Directeur de cabinet Ministre de la Culture et de la Communication, ce qui nous a permis d’avoir la présence de la télévision nationale qui a fait un reportage. Cela nous a beaucoup aidé pour la visibilité de nos activités.<br>Pour les partenaires qui apportent d’autres types de soutien nous comptons la Fondation Manuel Rivera Ortiz, Diana Photo, la Villa Yiri Suma, Permis de faire et bien sûr Afrique in Visu!<br>Il faut également souligner le soutien des bénévoles et des artistes impliqués qui ont donné de leur temps sans compter et sans qui le festival n’aurait pas pu avoir lieu, ainsi que les nombreux habitants du quartier qui se sont investis (montage et démontage des expositions, maintenance de la propreté du site)</p>



<p><strong>Quels sont les développements prévus pour PhotoSa dans les prochaines années&nbsp;? (cela peut être sur plusieurs éditions)</strong><br>La prochaine édition est prévue en 2025. La transmission est quelque chose de très important pour moi. J’espère vraiment pouvoir développer cet aspect, en proposant des formations plus nombreuses et plus longues. Mon rêve est de pouvoir ouvrir un jour une école de photographie au Burkina Faso. J’aimerai vraiment réussir à mettre en place un programme d’échange avec l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, en faisant venir des élèves de l’école pour le festival, et en proposant des résidences à l’ENSP pour les photographes burkinabè, et aussi développer des ateliers pédagogiques avec les enfants et les jeunes publics.<br>Concernant les expositions, l’idée de départ était de changer de quartier à chaque édition. Cependant, l’accueil a été tel à Wemtenga que Photosa est pour moi devenu associé au quartier&nbsp;! J’aimerai donc pouvoir faire une biennale itinérante, qui débuterait à Wemtenga et se déplacerait ensuite dans d’autres quartiers, voire dans d’autres villes pourquoi pas.<br>Je garde également l’idée de proposer, dans le cadre de la biennale, des expositions au Musée National, afin que la photographie artistique soit reconnue par les institutions nationales. Tout dépendra des financements que nous réussirons à obtenir.<br>Enfin, concernant David Pace, il me semble très important qu’il obtienne une reconnaissance par nos institutions du travail qu’il a accompli pour le Burkina Faso. C’est un hommage national qu’il mérite, par l’intégration de ces œuvres dans les archives nationales mais aussi la présentation, je l’espère, au Musée National.</p>



<p>Il est possible d’adhérer à l’association Douni’Art pour soutenir la prochaine édition de Photosa&nbsp;: <a href="https://www.helloasso.com/associations/douni-art/collectes/photosa-acte-2#tickets" data-wplink-edit="true">https://www.helloasso.com/associations/douni-art/adhesions/adhesion-2022-2023</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/photosa-2023-interview-dadrien-bitibaly/">Photosa 2023 &#8211; Interview d&rsquo;Adrien Bitibaly</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<item>
		<title>History as proposed &#8211; Interview de Marianne Fahmy</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/history-as-proposed-interview-de-marianne-fahmy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 07:14:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[marianne fahmy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de sa participation à l&#8217;exposition «&#160;Alexandrie&#160;: Futurs antérieurs&#160;» au Mucem, Marianne Fahmy revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&#8217;installation, la vidéo, et l&#8217;échange avec des scientifiques &#38; historiens. Au Mucem, elle expose «&#160;History as proposed&#160;», installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien «&#160;the Knowledge&#160;».En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&#8217;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&#8217;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique. Bonjour Marianne,</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de sa participation à l&rsquo;exposition<em> «&nbsp;Alexandrie&nbsp;: Futurs antérieurs&nbsp;»</em> au Mucem, <strong>Marianne Fahmy </strong>revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&rsquo;installation, la vidéo, et l&rsquo;échange avec des scientifiques &amp; historiens. Au Mucem, elle expose <em>«&nbsp;History as proposed&nbsp;»</em>, installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien <em>«&nbsp;the Knowledge&nbsp;»</em>.<br>En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&rsquo;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&rsquo;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique.</p>



<p><strong>Bonjour Marianne, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment as-tu fait la transition entre ta spécialité, la peinture, et le fait que tu travailles aujourd&rsquo;hui principalement avec l&rsquo;installation et le ﬁlm ?</strong><br>J&rsquo;ai étudié aux Beaux-Arts d&rsquo;Alexandrie, en suivant notamment l&rsquo;enseignement de Farouk Wahba qui a encouragé l&rsquo;introduction de l&rsquo;art vidéo et de l&rsquo;installation dans le cursus universitaire. Entre-temps, nous avons fondé avec des collègues un espace où nous avons travaillé sur divers projets, tels que des films en stop motion et d&rsquo;autres médias. Plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, j&rsquo;ai participé à Mass Alexandria, fondé par Wael Shawki. C&rsquo;était une excellente occasion de développer mon travail dans un cadre indépendant, où nous avons eu des critiques de groupe, des ateliers avec des artistes et des commissaires d&rsquo;exposition. Pendant ce programme, j&rsquo;ai produit mon premier court-métrage  » 31 Silent Encounters  » , ainsi que  » History as proposed » qui est maintenant exposé au Mucem.</p>



<p><strong>Tu exposes la série « History as proposed » au Mucem dans le cadre de l&rsquo;exposition « Alexandria- Futurs antérieurs ». Peux-tu nous parler du magazine « the Knowledge » « المعرفة », et comment t&rsquo;est venue l&rsquo;idée de faire une version ﬁctionnelle de ce document ?</strong><br>Lors d&rsquo;une visite dans une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, j&rsquo;ai été étonné par les vestiges du bâtiment qui présentaient des caractéristiques architecturales importantes, telles que des arches et des colonnes. J&rsquo;ai commencé à faire des recherches sur l&rsquo;histoire de la gare et sur les raisons de sa détérioration. Des conversations avec des spécialistes du patrimoine et des archéologues m&rsquo;ont permis de recueillir des hypothèses sur la date de construction de la gare, ainsi que de vieilles illustrations qui pourraient représenter le bâtiment à l&rsquo;époque de sa construction. Les informations manquaient, ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;élaborer mes propres hypothèses et scénarios sur l&rsquo;histoire de la gare. Et j&rsquo;avais l&rsquo;intention de la rendre absurde d&rsquo;une certaine façon.<br>Le magazine « The Knowledge » était distribué dans les kiosques dans les années 1970 en Égypte. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un magazine éducatif alternatif qui fournissait des informations scientiﬁques et historiques de manière simpliﬁée et illustrée. Nous avions des tonnes de numéros de ce magazine chez mes grands-parents et, enfant, j&rsquo;étais bien sûr fascinée par les illustrations. Lorsque j&rsquo;ai travaillé sur le projet, j&rsquo;ai commencé à insérer les images que j&rsquo;avais du bâtiment comme arrière-plan dans les illustrations du magazine. Cela a fonctionné différemment pour chaque image&nbsp;: certaines montraient Napoléon envahissant la vue, l&rsquo;ère des dinosaures, l&rsquo;âge de pierre…etc. Au début, je les ai exposées sous forme de tirages, puis j&rsquo;ai retravaillé le projet pour l&rsquo;exposition « Alexandria past futures », et c&rsquo;est à ce moment-là que j&rsquo;ai produit un numéro complet du magazine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" width="842" height="561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie.jpg 1152w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Ode to a desert”, Installation, 2021</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8238" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1000w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Magic carpet land ,2020.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8239" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“What things may come”,2019.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8240" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="738" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg" alt="" class="wp-image-8245" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-300x216.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-768x554.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-480x346.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui te parle particulièrement dans la notion de « fabulation » élaborée par Deleuze et Guattari, et comment l&rsquo;associes-tu aux différentes temporalités explorées dans ton travail ?</strong><br>J&rsquo;ai découvert ce terme lorsque j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon deuxième ﬁlm « What things may come ». Ce film s&rsquo;inspire d&rsquo;études prédisant la submersion du delta du Nil dans le futur. Il m&rsquo;a fait penser à l&rsquo;avenir, c&rsquo;est-à-dire à la migration des habitants du delta, à ce que signifie la création d&rsquo;une nouvelle société, et à la signification des projets nationaux à l&rsquo;avenir. Deleuze lui-même parlait du rôle des artistes dans la création du peuple à venir.<br>A travers le montage, j&rsquo;ai transformé des séquences de found footage et celles que j&rsquo;ai tournées dans l&rsquo;entreprise de traitement des eaux d&rsquo;Alexandrie, sur la côte marocaine, sur l&rsquo;île du Sénégal et au musée d&rsquo;anatomie en Suisse, en images plus grandes que nature, des images qui reflètent ce qui est à venir. Le mélange de prophéties, de mythes et d&rsquo;histoire dans le ﬁlm émet une nouvelle structure d&rsquo;identité permettant la création d&rsquo;une nouvelle société.</p>



<p><strong>Tu collabores souvent avec des urbanistes ou des scientifiques pour vos projets, comment ces échanges inﬂuencent-ils vos travaux respectifs ?</strong><br>Pendant la phase de recherche, il est important pour moi de parler à des experts dans le domaine que j&rsquo;inclus dans le projet. Cela me permet d&rsquo;acquérir des connaissances et de répondre à des questions dont je parlerai plus tard. Par exemple, lorsque je travaillais sur « What things may come », je me suis penchée sur la question de la mémoire collective et de la mémoire héréditaire. La conversation avec le Dr Maged Goubran, dont les recherches portent sur les neurosciences computationnelles et la neuro-imagerie, m&rsquo;a énormément aidé à développer cette partie du film, car les données scientiﬁques qu&rsquo;il a partagées avec moi m&rsquo;ont permis de me les réapproprier dans un scénario ﬁctionnel mais plausible. Je pense également à Mirhan Damir, architecte et conservateur de bâtiments patrimoniaux, qui est extrêmement généreux lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de fournir des informations historiques et des références aux sites architecturaux dont je parle. Nous partageons le même enthousiasme pour l&rsquo;étude des structures architecturales marginalisées, et nous essayons de les mettre en lumière par nos différentes approches.<br>Chaque projet m&rsquo;a amené à parler avec des personnes exceptionnelles. J&rsquo;ai une attitude historiciste lorsque j&rsquo;étudie les récits sociaux et politiques du passé. Et j&rsquo;ai tendance à rencontrer des personnes qui sont liées à l&rsquo;Histoire, ou dont les parents l&rsquo;ont été. Je dois dire que le cheminement de chaque projet a été stimulant et instructif, et j&rsquo;essaie dans mon travail de transmettre des histoires d&rsquo;une façon qui puisse permettre aux spectateurs de s&rsquo;y identifier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8241" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Exposition Alexandrie, Mucem, février 2023</figcaption></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="806" height="1024" data-id="8242" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8242" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg 806w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-236x300.jpg 236w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x976.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x610.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 806px) 100vw, 806px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" data-id="8243" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8243" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg 724w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x1087.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x679.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption">”History as Proposed”, 2022, courtesy of the artist</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont tes principales inﬂuences ?</strong><br>Je suis inspirée par les récits de personnes qui ont lutté contre la notion de nationalisme. Cela me permet de mieux comprendre les événements majeurs de l&rsquo;Histoire, ceux qui ont suscité des sentiments et des émotions fortes. J&rsquo;explore ces récits à partir des œuvres qu&rsquo;ils ont produites, telles que des lettres, des journaux intimes, des livres ou des poèmes.<br>Je me réapproprie ces œuvres dans un cadre ou un scénario différent, ce qui permet de les comprendre avec plus de recul. Comme dans « Magic carpet Land », un ﬁlm qui revient sur les journaux intimes du premier océanographe égyptien. Cet homme a fait partie d&rsquo;une expédition qui a profondément influencé le développement de l&rsquo;océanographie en Égypte et, par la suite, dans plusieurs pays arabes et africains, ce qui a également eu un impact socio-économique.<br>Le film explore le conflit intérieur de cet océanographe, déchiré entre ses idéologies nationales et l&rsquo;évolution de ses relations avec les scientifiques britanniques, à une époqueoù l&rsquo;Égypte était sous occupation britannique.</p>



<p><strong>Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?</strong><br>Je suis basé à Alexandrie, en Égypte. L&rsquo;évolution rapide de l&rsquo;infrastructure de la ville m&rsquo;incite à explorer les lieux et les histoires marginalisés.<br>Depuis quelques années, mes recherches portent principalement sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;eau en Égypte. Cela m&rsquo;a amenée à explorer le tout premier système d&rsquo;approvisionnement en eau construit à Alexandrie et qui a pour but de fournir et distribuer de l&rsquo;eau douce à la ville. Les citernes ont été construites sous terre, certaines avec les vestiges de structures plus anciennes.  Sauf que les citernes ne servaient pas seulement à stocker l&rsquo;eau, elles également fait usage, au fil du temps, de chambres souterraines, de cachettes pour les fugitifs, de lieux de sépulture et même de cellules de prison. Dans mon prochain ﬁlm, les systèmes d&rsquo;approvisionnement en eau sont abordés comme un symbole de résistance, notamment parce qu&rsquo;ils seront sont explorés à travers les journaux intimes d&rsquo;une grande militante des années 1970. Ces journaux remettent en question sa position dans l&rsquo;Histoire lorsqu&rsquo;elle réagit à un rêve collectif qui n&rsquo;a pas eu la chance de prospérer. C&rsquo;est une époque qui a laissé de nombreux de nombreux « rêveurs » brisés, dispersés et plongés dans une forme de « nihilisme national ».</p>
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		<title>Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 10:57:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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		<category><![CDATA[32bis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de Jaou Photo, biennale organisée à Tunis par la Fondation Kamel Lazaar et l’Institut français de Tunisie, le 32bis présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&#8217;honneur la jeune création tunisienne. C&#8217;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&#8217;Achref Toumi, Bachir Tayachi, Myriam Amri et Margaux Fitoussi, une immersion physique et psychique qu&#8217;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&#8217;expérience. C&#8217;est l&#8217;occasion d&#8217;un échange avec la curatrice et directrice artistique Camille Lévy Sarfati, autour de l&#8217;exposition mais aussi de cet espace d&#8217;art en pleine effervescence qu&#8217;est le 32bis. Peux-tu nous présenter</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de <a href="http://jaou.art/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jaou Photo</a>, biennale organisée à Tunis par la <a href="https://www.kamellazaarfoundation.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fondation Kamel Lazaar</a> et l’Institut français de Tunisie, le <a href="https://www.facebook.com/32BISTunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">32bis</a> présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne. C&rsquo;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&rsquo;<strong><a href="https://www.instagram.com/ashreftoumi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Achref Toumi</a></strong>, <strong><a href="https://tayachibachir.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bachir Tayachi</a></strong>, <strong><a href="https://www.marebox.eu/artist/myriam-amri/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Myriam Amri</a></strong> et <strong><a href="https://anthropology.columbia.edu/content/margaux-myriam-fitoussi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Margaux Fitoussi</a></strong>, une immersion physique et psychique qu&rsquo;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&rsquo;expérience. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;un échange avec la curatrice et directrice artistique <strong>Camille Lévy Sarfati</strong>, autour de l&rsquo;exposition mais aussi de cet espace d&rsquo;art en pleine effervescence qu&rsquo;est le 32bis.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-8091" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg 819w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-240x300.jpeg 240w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-768x960.jpeg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-480x600.jpeg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><figcaption class="wp-element-caption">Affiche de l&rsquo;exposition «&nbsp;Injurier le soleil&nbsp;», une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne au 32bis.</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peux-tu nous présenter le 32bis ?</strong><br>Le 32bis est une association culturelle et un espace d’art situé au cœur du centre-ville de Tunis. C’est un lieu hybride de création, de recherche, d’exposition et de partage des savoirs né du désir d’un mécène tunisien, Jamel Mzabi, de soutenir la scène artistique tunisienne et de contribuer à favoriser l’accès de tou.te.s à la création contemporaine.&nbsp;<br>Après trois ans de travaux de rénovation de l’ancien siège Philips, construit en 1953, nous avons débuté nos activités en janvier dernier avec une série de rencontres, résidences, ateliers, et expositions, qui dévoilent progressivement cet espace de 4000 m².&nbsp;<br>L’idée était depuis le départ de créer une sorte de laboratoire, un lieu d’échange et d’émulation autour des grands questionnements qui traversent nos régions et notre époque. Nous voulions prendre part à un réseau grandissant d’espaces et d’acteurs culturels locaux, bâtir des ponts entre les scènes, les publics, les artistes, commissaires, chercheur.se.s et autres professionnel.le.s de l’art au niveau national et international, de la manière la plus&nbsp; inclusive possible.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelle est la ligne directrice artistique du 32bis et&nbsp;comment ce lieu fonctionne-t-il ?</strong><br>Il est toujours difficile de parler de ligne directrice artistique car nous fonctionnons beaucoup sur des&nbsp; coups de cœur, des rencontres. L’exposition Can We Sing Together Again, Old Friend? de Thania Petersen, par exemple, inaugurée en juin 2022, est le fruit d’une rencontre avec son travail lors de la foire 1-54 Marrakech plus de deux ans auparavant. Après des heures de conversations visio passionnées autour de l’expérience minoritaire, de l’exil, de nos luttes et de nos rites respectifs d’un bout à l’autre du continent, nous avons imaginé une résidence de près de 3 mois à Tunis, qui a donné lieu à de superbes collaborations entre l’artiste sud-africaine, des artisan.e.s et artistes tunisien.ne.s, et une troupe soufie aissaouia locale.&nbsp;&nbsp;<br>On trouve bien sûr une cohérence entre les expositions passées et à venir pour cette première année d’ouverture : une réflexion sur l’histoire et la manière dont on l’écrit, sur le divin, le rituel, l’insensible et le spirituel.&nbsp;&nbsp;<br>Je dirais que s’il existe une ligne du 32bis, c’est celle de la distance ou plutôt de la distanciation : la nécessité sans cesse répétée de prendre du recul par rapport aux secousses que nous traversons &#8211;&nbsp; en Tunisie, et ailleurs. Il s’agit toujours de faire un pas de côté, de refuser l’urgence de la réaction, le flux vertigineux de l’image et l’immédiateté quasi-insupportable de l’information.&nbsp;<br>C’est pourquoi nos expositions sont la plupart du temps ancrées dans le temps long &#8211; celui de la réflexion, de l’histoire. Il s’agit aussi, peut-être, de reconnecter les wagons de la mémoire, de restaurer le lien perdu entre les temporalités et les générations. C’est pourquoi les sciences sociales, l’histoire, la philosophie &#8211; et celles et ceux qui les font ! &#8211; se trouvent au cœur de nos projets et réflexions.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8102" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8102" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="561" data-id="8099" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg" alt="" class="wp-image-8099" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-300x164.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-768x421.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1536x842.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-480x263.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="619" data-id="8098" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg" alt="" class="wp-image-8098" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-300x181.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-768x464.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1536x928.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-480x290.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Pour ceux qui ne connaîtraient pas Tunis, je précise que le lieu est situé en centre-ville et que le centre-ville est considéré comme un quartier plutôt populaire, quand beaucoup de galeries sont situées dans des quartiers plus riches, de Sidi Bou Saïd à la Marsa. Pourquoi le choix de cet ancrage ?</strong><br>Pour un centre d’art, à vocation non lucrative et dont le but et de créer, d’imaginer, se trouver au coeur de la cité semble être une évidence. Le 32bis se trouve entre Moncef Bey et la Petite Sicile, derrière l’avenue Bourguiba. C’est un quartier central, au croisement des axes principaux et tout près des gares et autres points névralgiques de la ville. Le jour, le quartier fourmille de commerçants et passants, de voitures, de klaxons.&nbsp;<br>L’entre soi est pénible et terriblement ennuyeux. Ce qui nous intéresse, c’est le mouvement, la friction, la rencontre. Se confronter à l’art, à l’autre, discuter, bousculer… accepter d’être bousculé : n’est-ce pas le seul moyen d’engendrer la pensée ? C’est là la raison d’être du 32bis : malmener les certitudes, nos certitudes, provoquer l’imaginaire, permettre le doute.&nbsp;<br>Ce que nous désirons le plus, c’est voir les publics, et tout particulièrement nos voisin.e.s, s’emparer du lieu. C’est un processus long au coeur duquel la convivialité est cruciale. Et chaque membre de l’équipe fait en sorte que chaque visiteur ou visiteuse se sente parfaitement à l’aise et en droit de questionner, proposer, revenir.</p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter les artistes d&rsquo;<em>Injurier le Soleil</em> ainsi que ton propre parcours ?</strong><br>Pour l’exposition Injurier le soleil, je souhaitais mettre à l’honneur la jeune création tunisienne. Il s’agissait de profiter de la venue de nombreux acteurs internationaux du monde de l’art à l’occasion du festival Jaou, duquel nous sommes partenaires, pour faire connaître de jeunes artistes tunisiens, dont le manque de visibilité internationale et l’isolement sont le premier obstacle au développement artistique et professionnel.&nbsp;&nbsp;<br><strong>Achref Toumi</strong> (The Tiger was Her Keeper) est un jeune réalisateur extrêmement talentueux, capable de jongler avec des genres et des voix très différentes. Il vit et travaille à Tunis, où il termine son master en réalisation à l’École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma (ESAC). Ce qui me touche particulièrement dans son travail, c’est la poésie qu’il crée à partir d’éléments très simples du paysage tunisien &#8211; urbain, familial &#8211; ou de la culture populaire du pays, devenus invisibles tant ils sont répandus (par exemple, dans The Tiger was Her Keeper, la couverture “paux de tigre” importée massivement et venue remplacer les couvertures traditionnelles dans les foyers tunisiens). <strong>Bachir Tayachi</strong> (Anesthesia) est un jeune photographe et réalisateur, architecte de formation. Il a débuté comme photographe de mode, domaine dans lequel il excelle, et développe depuis peu d’autres formes d’expressions artistiques telles que la vidéo et l’installation. Bachir a su créer un univers et une esthétique très identifiables, plein de poésie et de rage, de désir, de violence parfois.&nbsp;<br><strong>Myriam Amri</strong> et <strong>Margaux Fitoussi</strong> (La Piscine) sont toutes deux réalisatrices et anthropologues, elles vivent et travaillent entre la Tunisie et les Etats-Unis, et ont réalisé La Piscine en duo. Leur travaux respectifs (d’écriture, de réalisation ou d’installation) m’intéresse tout particulièrement pour ce qu’il porte et raconte de notre époque,&nbsp; discrètement, subtilement, avec toute la profondeur et les outils que leur offrent les sciences sociales. Margaux, par ailleurs, est issue de la diaspora tunisienne. Son travail est gorgé de la mémoire de sa famille, qu’elle s’efforce de questionner et de reconstruire.&nbsp;<br>Pour ma part, puisque tu poses la question, je suis tombée dans l’art par hasard. J’ai commencé par la littérature, l’histoire, la philosophie… pour terminer ma formation à Sciences Po, où je me suis spécialisée sur la question du fait minoritaire et de l’ehtnonationalisme. J’ai ensuité passé du temps au Moyen-Orient, puis dans les Alpes, où j’ai milité tour à tour pour les droits des Palestiniens puis des demandeurs d’asile, en France.&nbsp;<br>C’était peut-être une manière de comprendre ma propre histoire familiale, une histoire juive, taboue, faite d’exils et de déchirements. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai décidé de m’installer en Tunisie il y a quatre ans &#8211; une façon de reprendre racine dans un pays que nous avions quitté il y a soixante ans. Je me suis alors plongée dans la réalisation d’un documentaire, que je suis en train de terminer, et j’ai eu la chance de rencontrer Jamel Mzabi, qui m’a proposé en juillet 2019 de construire et d’imaginer ce formidable projet avec lui.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8092" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1536x864.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Anesthesia, 2022 © Bachir Tayachi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8094" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022.jpg 1334w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">The Tiger was her keeper, 2022 © Achref Toumi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-8093" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La Piscine, 2021 © Margaux Fitoussi et Myriam Amri</figcaption></figure>



<p><strong>Est ce que les vidéos et les installations ont été conçues spécialement pour cette exposition, peux-tu nous raconter la façon dont cela a pris forme ?</strong><br>Deux des trois vidéos et installations présentées dans Injurier le soleil &#8211; celles de Bachir Tayachi et Achref Toumi &#8211; sont de nouvelles productions, conçues spécialement pour l’exposition. Pour être honnête, nous avons décidé très tardivement de monter cette exposition. Les artistes se sont prêtés au jeu et sont parvenus à relever le défi du développement et de la production en un temps record (un mois et demi tout au plus).<br>Le processus est simple : j’ai d’abord écrit quelques notes, une ébauche de texte curatorial portant le nom de l’exposition, qui parlait d’extase, de cri, d’âme et de corps. J’y expliquais mon désir d’aborder la sortie hors de soi, l’instant de grâce ou d’effroi où l’âme s’échappe du corps.&nbsp;<br>J’ai tout de suite pensé à une idée d’installation vidéo qu’Achref avait partagée avec moi quelques semaines plus tôt. Je lui ai proposé d’en produire et d’en présenter la première pièce pour cette exposition, et il a accepté.&nbsp;<br>Pour Bachir, les choses se sont faites autrement. Après avoir lu le texte que j’avais écrit, Bachir a fait une première proposition, très prometteuse, que nous n’avons pas pu réaliser. Nous avons poursuivi nos échanges, intensément, pendant quelques semaines, jusqu’à ce qu’émerge, in extremis, l’idée d’Anesthesia&nbsp; qu’il s’est alors agi de produire. Techniquement, cela n’a pas été aisé. Nous avons dû abandonner plusieurs pistes en route, et Bachir a terminé la post-production des vidéos le matin même du vernissage ! Roya Mansar et Hela Djebbi, membres de l’équipe du 32bis et chargées de production de l’exposition, ont fait un travail remarquable.&nbsp;</p>



<p><strong>De quelles façons le livre d&rsquo;Ahmadou Kourouma t&rsquo;a inspirée pour cette exposition ?</strong><br>Ahmadou Kourouma m’accompagne depuis mes 17 ans. La découverte de ses romans a été pour moi l’une de ces grandes claques politique, esthétique, littéraire &#8211; comme l’avait été auparavant la rencontre avec Primo Levi, et comme le sera, plus tard, celle avec Pasolini.<br>J’ai gardé cette formule en tête toutes ces années. “Injurier le soleil”. Elle raconte à elle-seule toute la révolte, la poésie, l’absurde que porte l&rsquo;œuvre de Kourouma. Elle parle de désobéissance, de transgression, témoigne d’un univers sensoriel très fort, enveloppant, parfois carrément répugnant.<br>Lorsqu’il s’est agi de réfléchir à la question du corps, qui formait le thème général de Jaou, j’ai tout de suite songé à Kourouma &#8211; au rêve de Fama dans Le Soleil des Indépendances, aux doubles, aux morts, à ce que l’intangible, l’irrationnel, permet dans la révolte et l’insoumission.<br>Kourouma parle de violence, de corruption, de totalitarisme. Il raconte tantôt l’Afrique désenchantée d’avant colonisation, tantôt les totalitarismes de l’après. Mais il y a toujours, chez lui, la langue pour survivre et s’indigner. Un français malinkisé, une langue à lui, étrange d’abord puis parfaitement enivrante. L’ailleurs ou l’au-delà, le monde insensible ou plutôt suprasensible devient la seule échappatoire lorsque le politique nous étouffe.<br>C’est peut-être en cela que ses mots résonnaient avec mes préoccupations du moment. J’aimerais aller plus loin, bien sûr, et cette exposition n’est qu’une première étape, j’espère, vers un travail plus approfondi sur les pas de Kourouma. </p>



<p><strong>Dans « Injurier le soleil » comme dans l&rsquo;exposition de début 2022 de Bruno Hadjih on est dans une approche très immersive : par le son, par l&rsquo;installation, c&rsquo;est une véritable expérience physique que de traverser les œuvres… Comment s&rsquo;est opéré ce choix de croiser les écritures et les médiums ?</strong><br>Nous imaginons nos expositions comme des bulles dans lesquelles les publics plongent et s’oublient, peut-être, le temps d’une visite. Il s’agit de faire dialoguer les artistes, les disciplines, les époques. C’est ainsi que nous avons décidé, par exemple, à deux reprises, d’emprunter des pièces des siècles passés au&nbsp; Musée d’art islamique Lalla Hadria, à Djerba.&nbsp;<br>Pour Wird, de Bruno Hadjih, qui retraçait à travers 20 photographies une réflexion sur le soufisme menée par l’artiste pendant plus de vingt ans, nous avons proposé à Imed Alibi, artiste et musicien tunisien, de concevoir une création sonore originale qui embaumerait toute l’exposition. Tout à coup, il ne s’agissait plus uniquement pour les visiteurs d’observer des images, mais de plonger véritablement dans l’univers qu’elles racontaient. Bien sûr, la musique, la pénombre… cela n’a rien d’automatique. Certaines œuvres imposent le silence, et chaque nouvelle idée d’exposition pose de nouveau la question.&nbsp;<br>Les expositions sont des histoires que l’on raconte, et chaque élément sonore ou scénographique contribue à façonner le récit. Croiser les médiums, c’est peut-être aussi, pour nous, une manière de sortir du piège du “white cube”, d’un espace froid, aseptisé, souvent intimidant pour des publics non familiers avec les espaces dédiés à l’art, et à plus forte raison à l’art contemporain.<br>A ce propos, Meriem Berrada, directrice du Macaal, évoquait dernièrement lors d’une discussion que nous donnions à l’Institut français de Tunis l’importance des œuvres d’art qui sollicitent le toucher. Nous n’avons pas encore exploré ce sens, mais je garde cette idée en tête pour de futurs projets.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8103" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8103" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8100" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8100" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8101" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8101" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="572" data-id="8096" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg" alt="" class="wp-image-8096" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-768x429.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1536x859.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-480x268.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2.jpg 1549w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Peux-tu nous dire un mot sur l&rsquo;AFC Academy que vous avez co-organisé avec l&rsquo;African Culture Found ?</strong>&nbsp;<br>L’ACF Academy a été un moment très fort de cette année d’ouverture, en juillet dernier. C’est un programme d’accompagnement dédié à 12 jeunes artistes nord-africains et maliens, sélectionnés par un jury indépendant. Nous avons développé ce programme avec le Fond Africain pour la Culture, basé à Bamako, qui soutient de très nombreuses initiatives artistiques et culturelles sur le continent africain, et pour lequel l’artiste Abdoulaye Konaté joue un rôle central.&nbsp;<br>Pendant trois semaines, le groupe d’artistes a participé à de nombreux ateliers, rencontres et discussions avec des professionnel.le.s de l’art dans le but de contribuer à l’élaboration de leur réflexion artistique, au développement de leurs connaissances théoriques et de leurs compétences à entreprendre, en particulier au niveau international. C’est ainsi qu’Amel Bennys et Ismail Bahri, artistes tunisien.ne.s confirmé.e.s installé.e.s à Paris, ont mené tour à tour des ateliers de création qui ont pris fin par une présentation publique des travaux effectués. Mariam Elnozahy, Alicia Knock, Jean-Loup Pivin, Laetitia Catoir, Fatma Kilani, Ibrahim Mahama, Cécilia Muriel et Simon Njami, se sont prêtés au jeu du mentorat et du débat avec les participants, autour de questions telles que celles du marché de l’art, du financement de la création, des pratiques muséales, etc.&nbsp;<br>Pour couronner ces trois semaines d’intenses rencontres et de création, nous avons proposé à Ismail et Amel d’assurer le commissariat d’une exposition qui réunira les 12 participants au programme, à l’hiver 2024. Une belle manière d’accueillir la deuxième promotion de l’ACF Academy !</p>



<p><strong>Quel.les sont les futur.es expositions/ projets du 32 bis que tu pourrais nous partager ? (la médiathèque les résidences etc)</strong><br>Le Cheveu de Mu’awiya, curaté par l’historienne de l’art et commissaire d’exposition Nadine Atallah, nous occupe depuis deux ans déjà et s’ouvrira en janvier prochain. Nous avons pensé cette exposition comme la grande exposition d’inauguration du 32bis, après une année de résidences, de rencontres, d’ateliers et d’expositions…&nbsp;<br>Elle réunira une vingtaine d’artistes, de générations et d’horizons très différents, des plus émergents aux plus établis, et dont les pratiques varient beaucoup. Parmi elles et eux : Dorothy Iannone, Abdoulaye Konaté, Slavs and Tatars, Lina Ben Rejeb, Siryne Eloued, Doa Aly, Joëlle de la Casinière, et d’autres… On y parlera d’histoire, d’amour, de discorde, de crise et de résilience, en s’inspirant de&nbsp; toute la polysémie du terme fitna, cher à Hichem Djaït, historien médiéviste spécialiste de l’histoire de l’islam décédé en 2021, à qui l’on entend aussi rendre hommage à travers cette exposition.&nbsp;<br>Plus tard dans l’année, nous aurons le plaisir de présenter le travail de Sana Chamekh, jeune artiste tunisienne extrêmement prometteuse, puis d’Aïcha Snoussi, qu’on ne présente plus, et qui clôturera dans sa ville d’origine un cycle initié au Bénin, à la Fondation Zinsou, puis au Palais de Tokyo à Paris, avec de toutes nouvelles productions.&nbsp;<br>En attendant, on prépare l’ouverture prochaine de la médiathèque, spécialisée en art moderne et contemporain, avec une attention particulière donnée à l’Afrique et plus largement aux Suds. On poursuit, bien sûr, les ateliers de création menés par de jeunes artistes tunisiennes auprès de groupes d’adolescents, et prévoyons des ateliers pour adultes, en lien très étroit avec nos voisin.e.s qui nous proposent de nombreuses idées liées à leurs savoir-faire, tels que la broderie.<br>Côté résidences, nous recevons depuis plus d’un an et pour les trois prochains mois encore les artistes participant à l’exposition Le Cheveu de Mu’awiya. Ainsi Wiame Haddad, Jan Kopp, Amel Bennys, Ngozi-Omeje Ezema, Lina Ben Rejeb… se succèdent dans le studio du 32bis pour donner forme à leurs créations.<br>Mais j’en ai déjà trop dit, on vous garde quelques surprises…&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Les images manquantes, Interview de Maymouna Baradji</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-maymouna-baradji/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2022 07:51:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Maymouna Baradji]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans Landscape Identitaire, il y a ce double hommage à la fois à la mosaïque, rendre visible la tesselle invisible, mais aussi un hommage à mes archives familiales. Deux axes semblent traverser ton travail, la question de l’identité ainsi que la mémoire familiale, peux-tu nous en dire plus ?Disons que mes premiers questionnements ont été axés sur moi sur mon identité franco-malienne. J’ai beaucoup interrogé mon rapport à l’origine de mes parents et le territoire que j’habite, la France. De ces questions, j’ai eu besoin de comprendre la trajectoire que mon histoire familiale à prise. Alors j’interroge mes aînés, mes</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-maymouna-baradji/">Les images manquantes, Interview de Maymouna Baradji</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p></p>


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<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8008" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Lets-make-peace-36x26cm-2021.jpg 1280w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption class="wp-element-caption">Let’s make peace 36x26cm &#8211; 2021 © Maymouna Baradji</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8001" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Dessins.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Dessins © Maymouna Baradji</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="598" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_-1024x598.jpg" alt="" class="wp-image-8006" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_-1024x598.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_-300x175.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_-768x449.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_-480x280.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-la_part_manquante_.jpg 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La part manquante ? &#8211; 2021 © Maymouna Baradji</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8000" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-armoire-globale-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">armoire globale © Maymouna Baradji</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8007" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Landscape_Familial-415x245cm-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Landscape Familial &#8211; 41,5&#215;24,5 cm &#8211; 2021 © Maymouna Baradaji</figcaption></figure>



</p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Détail_ORTM2021-36x26cm-768x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Détail ORTM &#8211; 36x26cm &#8211; 2021 © Maymouna Baradji</figcaption>
</figure>
<p>



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<p><strong>Dans Landscape Identitaire, il y a ce double hommage à la fois à la mosaïque, rendre visible la tesselle invisible, mais aussi un hommage à mes archives familiales. Deux axes semblent traverser ton travail, la question de l’identité ainsi que la mémoire familiale, peux-tu nous en dire plus ?</strong><br />Disons que mes premiers questionnements ont été axés sur moi sur mon identité franco-malienne. J’ai beaucoup interrogé mon rapport à l’origine de mes parents et le territoire que j’habite, la France. De ces questions, j’ai eu besoin de comprendre la trajectoire que mon histoire familiale à prise. Alors j’interroge mes aînés, mes frères et soeurs et surtout ma mère. Lorsque j’ai saisi que je menais également un travail d’archivage j’ai développé une pratique du son et de la vidéo. Comme la mémoire de ma mère passe par son oralité, ma pratique artistique ne peut que s’adapter à ce qu’elle me donne. En somme, je pense être partie de la question de l’identité pour comprendre où est ce que je me situe<br />dans ces territoires, dans ces cultures. On me dit souvent que je n’apparais jamais dans mon travail. Mais la réalité est que dès que je crée une pièce relatant la présence de ma mère, de sa vie, je me sens être présente dans son histoire.</p>
<p>



</p>
<p><strong>Dans l’oeuvre, <em>J’écris ce qui ne cesse de s’évanouir</em>, ce grand dessin sur plexiglas à l&rsquo;encre de chine et plume, tu semble recomposer des images, des photographies, une famille comme une sorte de collage photo. Peux- tu revenir sur l’histoire de ce travail ?</strong><br />Cette œuvre a une histoire assez particulière. Elle marque mon arrivée aux Beaux Arts de Marseille. Je quittais une structure très encadrée qu’était la mosaïque pour une école assez libre. C’était assez déstabilisant comme entrée dans un nouveau système. Alors j’ai repris mes images, celles qui m’ont accompagnées toute une année. Je me suis dit « faisons réellement connaissance. Je veux les connaître par coeur, chaque posture, chaque drapé.<br />Mama Oum’s m’a parlé de vous mais moi comment est ce que je vous vois et vous représente ». C’était aussi une manière de présenter mon travail aux autres dire « voici mes gens, les gens qui habitent mon travail.” J’ai commencé de manière très empirique, j’ai composé au fur et à mesure une personne après l’autre sans penser à l’échelle à la chronologie aux anachronismes, juste une représentation de mon processus de mémorisation. Pour moi la technique de l’encre et de la plume, que j’emprunte à la peinture Suwer sénégalaise, est importante car elle dit quelque chose de mon rapport à la mémoire qui passe par une écriture répétitive. Cette œuvre m’a permis de raconter des bribes d’histoires, de réunir les disparus avec les restés mais aussi de montrer la constellation de silhouettes sans visages qui m’habitent. Et qui sait, une de ces silhouettes semblera peut être familière pour quelqu’un qui voudra se souvenir un peu de ses propres gens.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Jécris_ce_qui_ne_cesse_de_sévanouir-202290x100cm-1024x683.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>J&rsquo;écris ce qui ne cesse de s&rsquo;évanouir &#8211; 90x100cm &#8211; 2022 © Maymouna Baradji</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Jécris_ce_qui_ne_cesse_de_sévanouir-2202290x100cm-683x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>J&rsquo;écris ce qui ne cesse de s&rsquo;évanouir &#8211; 90x100cm &#8211; 2022 © Maymouna Baradji</figcaption>
</figure>
<p>



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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV-Kissima_était_charpentier_mes-mères_brodent-2022-1024x683.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Kissima était charpentier, mes mères brodent &#8211; 2022 © Maymouna Baradji</figcaption>
</figure>
<p>



</p>
<p><strong>Quels sont tes projets pour les prochains mois ? (recherches, résidences, podcast, travail avec ta soeur…</strong><br />Cet été, je participe à une exposition collective de jeunes artistes #AboutNow2 avec la Galerie Cécile Fakhoury à Abidjan du 02 juillet au 10 septembre 2022.<br />Je vais poursuivre aux Beaux Arts de Marseille en Master. J’aurai la chance de suivre une formation de plusieurs mois au 18 Marrakech avec la résidence AWAL sur les questions d’oralité et de transmission. J’espère pouvoir y être avec ma soeur Rahma dont le travail rejoint le mien. Nos pratiques ont des choses à se dire. Je travaille également sur une mise en édition d’Album de famille, il s’agit d’écrits sur mon rapport à l’écriture, au langage, à ma mère, à la mosaïque. On va travailler ensemble avec Rahma qui fait du design graphique spécialisée en médias imprimés.<br />J&rsquo;espère beaucoup pouvoir collaborer avec des ami.es avec qui je partage cette envie de mettre en lumière les archives des tiroirs de nos mamans.</p>
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<p>s</p><p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-maymouna-baradji/">Les images manquantes, Interview de Maymouna Baradji</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La photographie, une suite d&#8217;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/la-photographie-une-suite-dexperiences-interview-de-driss-aroussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2022 11:14:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Driss Aroussi]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie expérimentale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a trois ans, nous rencontrions à Marseille, Driss Aroussi , artiste prolifique ,&#160;&#160; c&#8217;est avant tout son goût pour expérimenter qui dirige ses projets pour comme il l&#8217;explique dans cette interview: « comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques« .&#160; Travaillant entre Marseille et le Sud du Maroc, Driss Arroussi ici revient sur ses différentes séries, sa pratique, et différentes techniques (argentique, numérique, postproduction) jusqu&#8217;à ses derniers projets tournés entre autre vers la vidéo.&#160; Ton travail tourne toujours autour de l&#8217;image, comment</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-photographie-une-suite-dexperiences-interview-de-driss-aroussi/">La photographie, une suite d&rsquo;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="7939" class="elementor elementor-7939">
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<p><strong>Il y a trois ans, nous rencontrions à Marseille, Driss Aroussi , artiste prolifique ,&nbsp;&nbsp; c&rsquo;est avant tout son goût pour expérimenter qui dirige ses projets pour comme il l&rsquo;explique dans cette interview: « <i>comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques</i>« .&nbsp; Travaillant entre Marseille et le Sud du Maroc, Driss Arroussi ici revient sur ses différentes séries, sa pratique, </strong><strong><strong>et différentes techniques (argentique, numérique, postproduction)</strong> jusqu&rsquo;à ses derniers projets tournés entre autre vers la vidéo.&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Ton travail tourne toujours autour de l&rsquo;image, comment en es-tu venu à explorer ce médium et pourquoi ?</strong><br>L’image est centrale dans mon travail artistique; effectivement, avec des grammaires et des approches assez multiples. À vrai dire, je ne sais pas vraiment comment j’en suis arrivé à faire des images et je m’interroge encore pourquoi la photographie est-elle le médium que j’utilise principalement ? Je ne suis pas un héritier du monde culturel et artistique, le champ de l’art j’y suis presque arrivé par hasard. Ma démarche artistique est assez prosaïque, quel que soit l’angle d’approche d’un sujet. Aussi et il faut le dire mes choix artistiques ne sont pas téléguidés par les tendances, parce que le milieu fantasme ou bien par les bourses de recherches… Si j’ai choisi la photographie, c’est certainement pour sa simplicité d’exécution, et pour cette capacité à reproduire des fragments du monde par captation de la lumière, de la couleur, du temps ou finalement parce que l’appareil photographique est un outil d’interaction sociale. Depuis son invention, la photographie est une suite d’expériences, et c’est ça qui s’apprécie.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Pendant plusieurs années, c&rsquo;est le thème du travail que tu explores comme par exemple dans tes séries « en Chantier » et « Edificios parados » pourquoi ce thème ?</strong><br>Ce n’est pas vraiment un thème, mais un endroit qui est proche de mon histoire, je suis un fils de travailleur agricole immigré, j’ai grandi dans ce contexte social, mes premières études m’ont conduit vers le devenir d’un ouvrier, puis j’ai fait un autre choix. Photographier le travail c’est aussi s&rsquo;inscrire dans le prolongement d’une histoire de la photographie, et aussi rendre hommage (et rendre visible) ces contextes et ces lieux du labeur et ces humains qui y œuvrent. Avant ce corpus sur les chantiers de construction, j’avais réalisé un corpus (2003/05) de photographies, de vidéos et de cartographie en lien avec les zones agraires et les ouvriers agricoles maghrébins qui sont venus dans le Var dans les années 1960-1980. J’étais en école d’art à ce moment là et&nbsp; pas tout le monde acceptait un travail plutôt marqué par des questions sociales et politiques, aujourd’hui c’est plus simple, heureusement.Dans cette série d’images dans les zones agricoles, il y figure des portraits, des outils, des logements, etc…<br>Puis de manière assez mécanique, et sans hésiter, je me suis intéressé au travail sur les chantiers de construction, je connaissais des proches qui étaient maçons, carreleurs, plaquistes, électriciens…Ces photographies d’En Chantier dont tu parles ont commencé dès 2005, c’est une certaine façon une typologie, une collection d&rsquo;images assez variées qui nous présente ce que l’on trouve sur un chantier de construction. La présence de l’humain est toujours sous-jacente dans toutes les images. Ce sont des images prises sur le vif, sans mise en scène, il y a quelque chose de très sculptural, certainement que la photographie permet d’isoler et mettre en évidence ce que l’on choisit de saisir. J’ai passé beaucoup de temps sur de nombreux chantiers à glaner des images, à provoquer des instants de prise de vues. Pour les portraits des travailleurs, c’est plutôt des mises en situation, simple dans la non action, la personne est de face. Aussi je cherche à trouver dans ces moments photographiques sur les chantiers ce que l’on a déterminé avec Jean Cristofol ; la fragilité des équilibres éphémères.&nbsp;</p>
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<figure class="wp-block-gallery-7 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7947" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_013-1024x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-8 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7949" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_019.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="7948" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_017.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_En_Chantier_Driss_Aroussi_031-1024x701.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série En chantier, 2005 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p></p>
<p>Pour la série Edificios Parados, c’est le résultat d’un travail que j’ai réalisé en Espagne en 2010/11, grâce à la bourse de La Casa de Velázquez. Ici j’ai photographié des bâtiments dont la construction a été arrêtée à cause de la crise immobilière. On est dans la dynamique inverse des images d’En Chantier, ce n’est plus des objets mais des vues d’ensembles des immeubles qui sont arrêtés depuis un certain temps.<br>Ce qui m’intéresse dans le chantier c’est le fait d’être un espace temporel et social qui est déterminé avec un début et une fin. Le chantier est aussi un lieu avec des formes de poésie que l’on retrouve dans les écrits de Francis Ponge, c’est aussi un endroit du travail manuel, de l’exploitation et du capitalisme. Les chantiers de construction disent l&rsquo;essentiel de nos sociétés contemporaines.</p>
<p></p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_01-1024x531.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-9 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7945" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_03.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="7944" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_02.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Edificio_Parado_Driss_Aroussi_012-513x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Série Edificio, 20010/2011 © Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Puis quelques années après, c&rsquo;est encore davantage autour du processus que sur l&rsquo;image que tes projets s&rsquo;articulent. Pourquoi ? Dans tes différentes pratiques liées à l&rsquo;image, il y a toujours une part d’expérimentation mêlant analogique et numérique. Comment joues-tu avec ces deux pratiques qui sont souvent présentées comme contradictoires ?</strong><br>Les pratiques expérimentales et « artistique-documentaire » ont commencé quasiment au même moment, c’est-à-dire en 2003/4, d’un côté il y a un travail d’enquête et de documentation-témoignage et de l’autre un travail sur le processus qui fait advenir l’image. Ce sont deux pratiques concomitantes qui se croisent pour se séparer et pour de nouveau se re-connecter…La façon de réaliser des images a toujours été importante car je ne suis pas un bon photographe déjà, et je ne sais encore moins faire des images-spectacles. Le bricolage et l’expérimentation sont venus par défaut, c’est-à-dire que mes outils étaient obsolètes, périmés, d’occasion, et au final tu fais avec les moyens que tu as.Ces dernières années le processus qui génère l’image devient plus présent dans ma pratique artistique, finira t-il par éclipser le reste…C’est un peu à la découverte du livre de Vilém Flusser en 2006 que j’ai trouvé un support intellectuel sur lequel je pouvais m’appuyer et continuer à bricoler sereinement si on peut dire. S’interroger sur le processus qui fait l’image c’est se poser la question de notre position en tant qu’artiste, comment et pourquoi on fabrique du sensible. Mais aussi il y a un goût à expérimenter, à bricoler, à comprendre les appareils et ainsi à essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques. L’hybridation entre photographie analogique et numérique vient de l’envie de les associer non les mettre en opposition. Essayer de combiner ces deux façons de concevoir des images allaient nécessairement laisser place à quelque chose d’autre. Par conséquent j’ai fabriqué des dispositifs qui m’ont permis de mélanger argentique et numérique ; le sel d’argent et le pixel. Pour exemplifier ce que je viens de te dire ; en fin d’année 2006 j’avais fabriqué un agrandisseur photo qui permettait d’agrandir des images d’un téléphone portable (Sagem myX52) sur du papier photo argentique. Aujourd’hui, je continue à imaginer des dispositifs qui posent la question de l’appareil et des images qui en résulte.&nbsp;</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Récemment à Marseille, nous avons pu redécouvrir une ancienne pièce où un scanner recréé en direct des paysages fragmentaires, comme une sorte de photocollage. Peux-tu nous présenter ce projet ?</strong><br>La visionneuse est le nom de la machine qui a été montrée récemment à Marseille dans le cadre de l’exposition collective&nbsp; “Déclencheur”. C’est une installation assez simple, qui associe plusieurs appareils (un scanner à plat, un cadre numérique, un raspberry et une télévision). Ce dispositif fonctionne de la manière suivante: le cadre numérique est posé sur le scanner à plat, ce même cadre&nbsp; numérique diffuse un diaporama (images récoltées sur divers supports), le scanner scanne le diaporama et quasi simultanément le “scan” est diffusé sur la télévision. Ce que l’on visualise sur l’écran de la TV est un « photo-collage », aléatoire “généré” par le dispositif qui constitue la visionneuse. Le visuel que l’on observe sur la télévision est une image qui combine deux à trois images du diaporama, ainsi on regarde une suite de photo-collage que la visionneuse produit quasi instantanément.Un point important dans cette installation, se sont les images qui servent au diaporama qui est diffusé sur le cadre numérique. Ce groupe d’images, je les ai trouvé sur divers supports tel que disque dur, clef usb, cd, carte sd, etc. Sur ces supports de stockage que je me procure, j’essaie de retrouver les images qui restent, c’est un peu un travail d&rsquo;archéologie numérique, ainsi trouvées elles s’ajoutent au diaporama. Au-delà de la chose technique que je viens de décrire en amont ; de part cette installation visionneuse, j’essaie de produire des outils qui permettent de fabriquer des images en dehors du protocole attendu et programmé de la photographie. Ce que je veux dire par là, c’est que la visionneuse donne à voir le résultat d’un processus où les images traversent plusieurs machines (flux) et finissent par se combiner et donner ici ces collages presque inattendus.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_plan-installation_visionneuse-1024x757.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_Driss_Aroussi_01-683x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<figure class="wp-block-gallery-10 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="7955" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_04_Driss_Aroussi..jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="7954" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_03_Driss_Aroussi..jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Visionneuse_collage_01_Driss_Aroussi-1024x707.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>© Driss Aroussi</figcaption>
</figure>
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<p><strong>Ces dernières années tu es très engagé dans des projets collaboratifs. Peux-tu nous présenter un projet qui te tient à cœur particulièrement ?</strong><br>Ce n’est pas simple de choisir, mais le projet collaboratif qui me tient à cœur, c’est celui de DeuxBis, qui est notre collectif.<br>On se connaît depuis pas mal de temps avec certain-e-s, et on met en place des projets à court et à long terme. L’idée est de fabriquer un projet artistique et collectif, avec chacun-e sa pratique et ses objets de recherches. À travers les projets, on interroge comment le groupe de travail existe dans des questions artistiques et humaines.Nous avions récemment déployé un travail entre trois pays, Finlande, Maroc, France, trois artistes de chaque pays ont contribué au projet “Déplacer l’horizon” qui est une question ouverte ou chacun des neuf artistes à répondu. (3 artistes finlandais, 3 artistes marocains, 3 artistes français). Ce travail à commencé en fin d’année 2018 et s&rsquo;est terminé en fin d’année 2020. Aujourd’hui nous sommes sur un autre projet qui se nomme “Déclencheur” et qui question cette notion de déclenchement. Nous sommes 5 artistes et cette proposition à eu déjà quelques présentations publiques et une exposition. Déclencheur va continuer à se déployer.</p>
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<p><strong>Tu bascule sur la vidéo à travers un très beau projet intitulé « Sisyphe » …. réalisé au Maroc. Pourquoi et que raconte cette vidéo ?</strong><br>La vidéo est présente dans mon travail depuis l’école d’art, mais de manière assez timide.<br>Le récit du film Sisyphe se déroule au Maroc, dans une zone pré-désertique, le village (oasis) de ma famille. Sisyphe c’est l’histoire d’un homme qui casse la masse rocheuse dans une carrière à ciel ouvert, pour en extraire de la pierre qui sera utilisée pour la construction. Dans son labeur quotidien, il médite sur la vie et la mort…<br>Avec ce premier film, je raconte une histoire, la narration prend une dimension plus importante, construire un récit qui dit des choses dans une temporalité avec un début et une fin (ouverte) c’est intéressant. Dans un premier temps, ce film est la suite de mon travail artistique sur les chantiers de construction. Ce film je voulais le réaliser en 2013, mais il ne s&rsquo;est pas fait. C’est en 2017 que les astres se sont alignés et que j’ai pu le faire, grâce à un travail d’équipe. Deuxièmement, le contexte est tel qu’il nous interroge sur l’homme et la nature, le corps face à cette masse minérale, les scènes peuvent sembler mythiques.J’ai essayé à travers ce film d’écrire une fable, qui parle de l’humain, de son rapport aux choses, de cette fragilité corporelle et temporelle que Sisyphe apporte comme conclusion à ce film.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/09/AIV_Borj_el_mechkouk_Driss_Aroussi-1024x768.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Borj el mechkouk © Driss Aroussi</figcaption>
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<p><strong>Actuellement tu réalise un film qui se déroule aussi au Maroc, est-ce la suite de Sisyphe&nbsp; et quel est son synopsys ?</strong><br><em>Borj el mechkouk</em> est un film (fable-cinématographique) que j’ai commencé à concevoir, juste après avoir terminé <em>Sisyphe</em>, c&rsquo;est-à-dire en 2018. Le sujet de départ, c’est le système des galeries drainantes souterraines “Khettaras*” et la raréfaction de l’eau. ça se joue dans l’oasis de Fezna, là où a été tourné Sisyphe. D’une certaine manière mais assez détachée c’est le prolongement de Sisyphe, un travail artistique dans le même contexte, évoquant d’autres éléments structurant des conditions d’existences des habitants de ces lieux arides. La rareté de l’eau qui est le sujet pourrait inscrire le film dans un registre flottant du « documentaire-fiction-poétique-dramatique »…<br>Le synopsis est le suivant : Prenant la forme d&rsquo;une fable-cinématographique, Borj el mechkouk nous emmène sur les traces d’un homme envoyé par le village afin d&rsquo;observer et éventuellement dé-sabler un système de galeries d&rsquo;eau souterraines utilisées par les villageois pour irriguer les terres agricoles. Nous suivrons le protagoniste tout au long de ces quelques jours passés dans le désert pour effectuer les tâches pour lesquelles il a été envoyé.<br>*Les Khettaras sont des ouvrages créés par les hommes qui permettent de mobiliser les eaux souterraines des nappes de manière continue.</p>
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<p><strong>Quels sont tes projets en 2022/2023 (Expositions, résidences, projets artistiques)?</strong><br>Le projet principal pour les mois avenir est de finaliser et terminer Borj el mechkouk ! La poursuite du projet avec notre collectif Deux-Bis. Il y a aussi une exposition présentant plusieurs travaux sur les chantiers et les zones agraires qui sera exposé en 2023, etc&#8230;</p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-photographie-une-suite-dexperiences-interview-de-driss-aroussi/">La photographie, une suite d&rsquo;expériences &#8211; Interview de Driss Aroussi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Interview de Amina Kadous</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jul 2022 07:16:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Amina Kadous]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2018, nous avions découvert la très belle installation&#160; « Si mon grand-père m’avait écrit une lettre » d’Amina Kadous&#160; exposée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire. Aujourd’hui, nous revenons à travers une interview sur son parcours , son approche photographique et sa dernière série&#160; « White Gold » exposée actuellement dans le cadre des Rencontres d’Arles. Pour commencer, pourriez-vous nous raconter votre parcours et comment vous êtes devenue une artiste visuelle ?Le métier d&#8217;artiste visuel s&#8217;est développé parallèlement à ma fascination pour les changements récurrents de ma ville, Le Caire, où je suis née</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/">Interview de Amina Kadous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="7899" class="elementor elementor-7899">
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<p><strong>En 2018, nous avions découvert la très belle installation&nbsp; « Si mon grand-père m’avait écrit une lettre » d’Amina Kadous&nbsp; exposée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire. Aujourd’hui, nous revenons à travers une interview sur son parcours , son approche photographique et sa dernière série&nbsp; <i>« White Gold »</i> exposée actuellement dans le cadre des <a href="https://www.rencontres-arles.com/fr/actualites/view/488/if-a-tree-falls-in-a-forestprogramme-en-ligneuntitled-duo" target="_blank">Rencontres d’Arles</a>. <br></strong></p><p><strong>Pour commencer, pourriez-vous nous raconter votre parcours et comment vous êtes devenue une artiste visuelle ?</strong><br>Le métier d&rsquo;artiste visuel s&rsquo;est développé parallèlement à ma fascination pour les changements récurrents de ma ville, Le Caire, où je suis née et où je suis maintenant installée. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après mon retour en Égypte que mes visions, mes pensées et mes sentiments ont pu s&rsquo;exprimer au mieux à travers les arts visuels.<br>J&rsquo;avais vécu à l&rsquo;étranger pendant cinq ans. Lorsque je suis revenue en 2015, la ville n&rsquo;était plus la même. La révolution avait eu lieu, et l&rsquo;Égypte subissait un bouleversement d&rsquo;événements et de turbulences dans le cadre du printemps arabe de 2011. J&rsquo;avais vécu la révolution à distance, à travers les appels téléphoniques de ma famille, les publications sur Facebook et le fil d&rsquo;actualité des gens, pendant que j&rsquo;étais à Londres. Un tourbillon d&rsquo;émotions et de sentiments s&rsquo;est accumulé et construit au fil du temps.<br>Au cours de ces cinq années d&rsquo;études à l&rsquo;étranger, j&rsquo;ai passé mes deux premières années à Central Saint Martins à Londres pour obtenir ma licence en beaux-arts, puis je suis partie à Boston pour poursuivre mon cursus artistique avec une double spécialisation en sociologie. La combinaison de la sociologie et des arts m&rsquo;a permis de comprendre l&rsquo;influence de l&rsquo;art sur la société . À cette époque, je m&rsquo;intéressais à la façon dont l&rsquo;art était un outil majeur pour documenter et sauver la révolution. Plus précisément, j&rsquo;ai été impressionnée par la façon dont les graffitis étaient utilisés comme un outil underground par les jeunes pour raconter les histoires de ceux qui sont partis en perdant leur vie pour le bien d&rsquo;autres vies. Je suivais les révoltes qui se déroulaient dans les rues du Caire, en particulier sur la place Tahrir, et je voyais comment la place devenait comme le creuset des rêves de chacun avec le passé, le présent et les futurs ré-imaginés. La place était l&rsquo;endroit où il fallait être et je n&rsquo;y étais pas physiquement, mais mentalement. Le Caire n&rsquo;a plus jamais été le même pour moi après cela et une partie de moi a toujours ressenti la perte du passé, de ce que le Caire avait été. Il manquait quelque chose.<br>À cette époque également, ma famille vivait une révolution interne semblable à la révolution politique que connaissait l&rsquo;Égypte. J&rsquo;ai perdu mes deux grands-parents… ils étaient le pilier qui maintenait toute notre famille unie. Pourtant, je n&rsquo;ai appris le décès de ma grand-mère que lorsque je suis retourné au Caire six mois plus tard. C&rsquo;est le deuxième grand concours de circonstances qui a influencé le cours de ma vie.<br>De retour au Caire, j&rsquo;ai eu envie de me reconnecter à tous les endroits que j&rsquo;ai connus et à ceux que je n&rsquo;ai jamais connus. L&rsquo;appareil photo est devenu l&rsquo;outil qui m&rsquo;a fait découvrir les lieux, les rues et les personnes que je cherchais constamment. Je cherchais le Caire et, par conséquent, je me cherchais moi-même.<br>Depuis que j&rsquo;ai commencé à tenir l&rsquo;appareil photo, ma vie avec lui a été un voyage continu de recherche et d&rsquo;apprentissage. Je me suis interrogée sur le fait que mes souvenirs perdus sont le récit et le moteur de mon processus de création aujourd&rsquo;hui.<br>La plupart de mes projets sont construits à partir de souvenirs.<br>En 2018, un voyage dans la maison abandonnée de ma famille à El Mehalla El Kubra a déclenché tous mes sentiments et émotions refoulées d&rsquo;un passé silencieux et perdu. Un passé dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. Mon voyage a commencé à partir de là. Le choix d&rsquo;être une artiste visuelle est devenu un voyage mentalement thérapeutique d&rsquo;exploration de soi dans lequel j&rsquo;essaie de comprendre et d&rsquo;affronter mes doutes, mes peurs, mes pertes et les questions soulevées par tous les changements autour de moi. Je creuse profondément dans des parties de moi et je définis comment je vois et ré-imagine ma lignée à travers les souvenirs de mes lieux, des gens, des villes : Les rues et l&rsquo;héritage.<br>Nous nous souvenons des choses d&rsquo;une certaine manière. Le sentiment que j&rsquo;ai, est que pour faire face aux changements rapides, il faut saisir instantanément ce qui se passe quotidiennement. Je suis dans une course continue avec le temps. J&rsquo;ai commencé à voir ma ville à travers les vieux films et les histoires de mes ancêtres, d&rsquo;une soi-disant « époque glorieuse » qui a existé mais qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai ressenti le besoin urgent de partir à la recherche de ces histoires. À la recherche de ces lieux qui remplissaient mon imagination. Les points de repère et les lieux historiques qui ont façonné le passé de mes ancêtres et les ont remplis de vie.<br>J&rsquo;ai fini par voir tous ces changements et comment chacun d&rsquo;entre nous réagit différemment et de manière très personnelle. D&rsquo;une certaine manière, la photographie est devenue pour moi un outil qui immortalise et met la vie en pause. Une fois que l&rsquo;obturateur est déclenché et que la lumière est capturée, vous vous retrouvez avec un moment dans le temps et un objet de mémoire qui est embrassé non seulement dans votre mémoire mais aussi physiquement, à travers vos paumes, pour toujours. L&rsquo;appareil photo est devenu mon arme contre tous ces changements. En outre, grâce à ma pratique des arts visuels et de l&rsquo;expression, je suis en mesure de vivre de nouvelles expériences et d&rsquo;expérimenter chaque jour en découvrant de nouvelles couches en moi, ce qui m&rsquo;aide à redéfinir et à ré-imaginer mon passé, mon présent et mon avenir, et à m&rsquo;adapter et à accepter les changements qui m&rsquo;entourent.<br>Toutes mes tentatives personnelles de construire des histoires à partir de ce que j&rsquo;ai trouvé, je les vois comme une autre tentative de combler le vide et l&rsquo;espace qui ont été créés par la perte de mes grands-parents. Trouver des liens et comprendre comment l&rsquo;image peut être tout ce que vous avez de ce moment peut aussi ne rien vouloir dire en même temps, car elle ne dira jamais toute la vérité ou ne vous fournira jamais tous les angles et toutes les réponses. Une image est les deux, elle sauve une partie de la vérité, mais pas toute la vérité ; elle reste une tranche de la réalité…</p>
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<p><strong>En vous écoutant et en regardant vos images, on comprend que le fil conducteur de votre travail est la mémoire. Comment est né cet intérêt et pourquoi ?</strong><br>Les souvenirs sont la structure de mon identité. J&rsquo;ai grandi en chassant le passé dans le présent et en recherchant l&rsquo;authenticité en rapport avec mon identité dans tout ce que je fais. J&rsquo;admire certaines icônes personnelles, les racines principales et le lien de toute notre famille, mes grands-parents. Je vis la plupart du temps dans les vieux souvenirs, les souvenirs des gens qui sont venus avant moi et les souvenirs des gens qui sont venus écrire notre histoire d&rsquo;une certaine période qui est passée.<br>Ma découverte des archives et des souvenirs perdus de mon grand-père a approfondi mon exploration et mon intérêt pour les différentes notions de mémoire. La maison de ma famille est restée fermée et intacte pendant des années jusqu&rsquo;à ce que je la visite il y a presque 8 ans. Ma visite avait pour but de rassembler toutes nos affaires, car la maison devait être vendue et transmise à de nouveaux propriétaires. Je suis entré dans la maison et je ne l&rsquo;ai plus quittée mentalement. Mon autre moitié y existait. Le temps était stocké en un seul endroit et la montre s&rsquo;était arrêtée. Je pouvais me souvenir de l&rsquo;histoire comme de chaque coin de rue. J&rsquo;ai vu ma vie défiler en me déplaçant entre les objets et les meubles. En me regardant dans des photos de moi et en me reflétant dans les portraits d&rsquo;époque de mes grands-parents, chaque partie de moi revivait dans chaque vestige de la maison. Les pièces n&rsquo;étaient pas seulement de la maison ou des objets typiques. C&rsquo;étaient plutôt des morceaux de moi, des morceaux de ma famille que j&rsquo;avais fabriqués et rassemblés au fil des ans. J&rsquo;ai été frappé par la façon dont les objets aléatoires et ordinaires portent tant de choses de nous et nous portons tant de choses d&rsquo;eux. Les souvenirs collectés qui allaient former les fondations de notre présent et de notre avenir constituaient un chemin vers le passé de ma famille, vers les histoires de moi-même et de ceux qui nous ont précédés, me conduisant de la maison de mon enfance aux rues et ruelles du Caire, prolongeant mon voyage au-delà de la maison de ma famille.<br>C&rsquo;était comme si j&rsquo;étais celle qui devait déterrer ces photographies et ces objets de mémoire. Du trésor de mon grand-père, son bureau fermé, à leur chambre et au reste de la maison, j&rsquo;ai continué à creuser et à chercher. J&rsquo;ai découvert une vie entière sous les couches de poussière, les tiroirs et les placards dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. J&rsquo;ai appris à connaître mon grand-père pour la première fois. C&rsquo;était comme si on me présentait la même personne différemment. J&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;incarnait à travers ce qu&rsquo;il avait laissé derrière lui, les objets. Sa voix m&rsquo;a parlé à travers les échanges de lettres entre ses amis du monde entier, la collection de timbres et de pièces de monnaie et les photographies du Caire dans les années 60.<br>Selon les mots de ma tante, « Tu as continué à chercher, Amina, jusqu&rsquo;à ce que tu les trouves… Je n&rsquo;avais jamais vu les affaires de Gedo auparavant… c&rsquo;est toi qui les as trouvées. Ton grand-père n&rsquo;a jamais beaucoup parlé, nous ne savions pas beaucoup de choses jusqu&rsquo;à sa mort, nous étions perdus. « et par conséquent, j&rsquo;étais perdue dans les archives et les souvenirs de mon grand-père. Mon passé semblait incertain et je ne pouvais pas accepter mon présent.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-gedo-and-nanour-portrait-683x1024.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Portrait de Gedo et Nanou : Le portrait de mariage de mes grands-parents, 1961. Image transférée sur du papier coton fait à la main.<br>© Amina Kadous</figcaption>
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<p><strong>Dans votre démarche artistique, il y a une grande notion d&rsquo;intimité, qu&rsquo;est-ce que ce mot évoque pour vous ?</strong><br>Personnellement, le mot « intime » évoque la connexion, la proximité, la transparence, la profondeur et l&rsquo;honnêteté. Honnête avec moi-même et avec la façon dont je présente et crée mon travail. Je trouve que le processus de mon travail est un processus intime en soi, car j&rsquo;essaie d&rsquo;ouvrir, de chercher et de comprendre mes dialogues et conversations internes. Principalement animée par l&rsquo;esprit de recherche, je cherche des significations et des parties cachées de notre vie qui ne sont pas nécessairement les miennes mais auxquelles je suis toujours liée. Dans mon travail, il y a aussi une grande part de découverte de soi, un voyage continu d&rsquo;exploration de soi et de compréhension de qui je suis en tant que personne. Dans notre culture, exprimer ses sentiments personnels et exposer les photos, les histoires et l&rsquo;histoire de sa famille n&rsquo;est pas tout à fait normal et est considéré comme un tabou culturel. Pourtant, à travers mes histoires et mes recherches, j&rsquo;expose ma vulnérabilité. Ce faisant, je crée un espace dans lequel les gens s&rsquo;identifient et résonnent avec l&rsquo;œuvre, avec moi. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un « espace dans lequel [les gens] peuvent grandir » qui permet aux gens, en particulier aux femmes, de parler de choses dont les gens ne sont pas capables de parler.</p>
<p></p>
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<p>Dans mon premier récit personnel, <em>She Is My Home</em>, j&rsquo;ai documenté la vie de ma dernière grand-mère survivante, avec laquelle j&rsquo;ai vécu la plus grande partie de ma vie et à laquelle je me sens le plus lié. C&rsquo;était la première fois que je m&rsquo;immisçais dans l&rsquo;espace de ma grand-mère avec une caméra. Il m&rsquo;a fallu du temps pour qu&rsquo;elle se sente à l&rsquo;aise et qu&rsquo;elle oublie l&rsquo;appareil photo. Ma relation avec ma grand-mère s&rsquo;est renforcée grâce à ce travail, créant un lien intime qui a permis de dévoiler davantage de discussions sur l&rsquo;histoire, l&rsquo;appartenance et l&rsquo;identité. Lorsque ce travail a été présenté lors de la première édition de la Semaine de la photo du Caire, je ne m&rsquo;attendais pas à la réaction des gens. Tout le monde s&rsquo;est identifié aux photos parce que nous avons tous une grand-mère et que nous partageons tous des expériences similaires autour d&rsquo;elle. Elles sont des personnages majeurs et emblématiques de notre vie. L&rsquo;exposition a révélé la manière dont nous communiquons et interagissons avec elles et comment elles ressemblent à une certaine période de notre vie et à nos souvenirs d&rsquo;enfance.</p>
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<p>Je travaille d&rsquo;abord de manière introspective, puis je me dirige vers l&rsquo;extérieur et les thèmes universels généraux. Au cours de mon processus, j&rsquo;ai réalisé que nous sommes tous différents et que nous avons tous de multiples dynamiques dans nos histoires, mais que nous avons tous besoin du même besoin essentiel universel, le besoin de se connecter. Et pour moi, les connexions commencent par les histoires intimes que nous essayons tous de cacher, mais je crois que c&rsquo;est à travers ces nuances de la vie que la vie elle-même se produit et que ces histoires révèlent les relations microcosmiques de la vie.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-01-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-03-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/she-is-my-home-02-1024x679.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>She is My Home © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Quand on observe votre travail, il y a une singularité, on a l&rsquo;impression que chaque nouvelle série est associée à un nouveau processus créatif, une nouvelle expérimentation. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce processus ?</strong><br>Travailler sur toute nouvelle série vient du besoin de combler un vide, de trouver une réponse ou même de soulever une question à l&rsquo;intérieur de moi… Une lutte et une conversation intérieure qui est continue. Par conséquent, le processus de mon travail commence toujours par l&rsquo;écriture et la mémoire. L&rsquo;écriture est une partie importante de ma façon de penser et de développer mes pensées. Lorsque je mets en mots toutes mes idées et tous mes sentiments, je commence à penser à la manière dont je veux exprimer certains sujets et dont je veux que les gens les visualisent avec moi. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intention derrière cela, mais cela fait partie de mon voyage, de ma recherche. Par conséquent, chaque histoire vient avec son support et chaque histoire a sa propre approche. À travers ma pratique, j&rsquo;essaie également de franchir les frontières entre la photographie et les autres médiums. Maximiser l&rsquo;utilisation d&rsquo;une image et voir au-delà de ses couches 2D. Parfois, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que la photographie elle-même ou l&rsquo;image elle-même n&rsquo;est pas suffisante. Ayant une formation en beaux-arts, une partie de moi veut sentir, interagir et permettre une expérience pratique. J&rsquo;aime travailler avec mes mains dans tout ce que je fais.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Vous utilisez souvent des archives dans vos images, sont-elles familiales / personnelles ou anonymes ? Comment les mélangez-vous avec vous propres images ?</strong><br>Les archives sont devenues, en quelque sorte, l&rsquo;outil qui m&rsquo;a aidé à traverser les frontières du temps. L&rsquo;exploration des récits du passé m&rsquo;a conduit à découvrir des histoires qui ont été laissées derrière et abandonnées. Grâce aux archives retrouvées de mon grand-père, dont personne ne savait rien, j&rsquo;ai été amené à poursuivre mes recherches, des chemins que je suis aujourd&rsquo;hui en voyant comment les fils de mon passé continuent de façonner de nouvelles visions, mes propres réalités et des futurs qui doivent encore se déployer.<br>Elles constituent le matériel et les informations à partir desquels je construis mes histoires et mes questions. Je ne travaille pas à partir d&rsquo;archives anonymes, même si j&rsquo;aime les collectionner à côté. Je me sers principalement des archives de ma famille et de mon histoire personnelle en les fouillant et en les utilisant comme un moteur d&rsquo;analyse pour mes propres photographies et récits et ma propre interprétation de mon présent. D&rsquo;une certaine manière, je les utilise comme un outil méthodologique pour réinterpréter, ré-imaginer et me remémorer mes propres souvenirs du passé afin d&rsquo;essayer de comprendre mon présent actuel, en nous aidant à construire les archives du futur à travers nos histoires actuelles, celles que nous créons maintenant.</p>
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<p><strong>Nous avons connu votre travail à travers la superbe installation  » Si mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre « . Pouvez-vous nous présenter ce projet, de sa genèse à son exposition ?</strong><br>« Si mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre » était une installation interactive en salle qui a été présentée au Darb 1718 dans le cadre de la Biennale Off- Something au Caire en 2018. Cette exposition était ma réponse à mon passé, à ces personnes qui sont parties, emportant avec elles leurs histoires tout en laissant derrière elles des indices qui racontent, rappellent et réveillent nos émotions et nos souvenirs collectifs et notre histoire.<br>Cette exposition est aussi une réponse à la maison abandonnée de ma famille à El Mehalla El Kubra qui a déclenché tous mes sentiments et émotions refoulés d&rsquo;un passé silencieux et perdu. J&rsquo;avais découvert une vie de mon grand-père dont j&rsquo;ignorais l&rsquo;existence. Un passé dont je n&rsquo;avais pas conscience. Une vie entière qui se déroulait devant moi. Des souvenirs, des photos, des enveloppes, des documents, des bagages, des objets transportés sur des étagères du temps et bien plus encore. Tout était resté inchangé depuis le décès de mes grands-parents. Une partie de moi restait brisée.</p>
<p></p>
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<figure><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-02-1024x668.jpg" alt="" width="841" height="548"><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-01-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/if-my-grandfather-03-1024x678.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>If my grandfather had written a letter © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<p>J&rsquo;ai commencé à regarder comment le temps était visualisé devant moi. La matérialité d&rsquo;une photo en tant qu&rsquo;objet du temps et la manière dont elle prend la vie d&rsquo;autrui. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que mon grand-père m&rsquo;avait laissé ses affaires pour mieux le connaître et j&rsquo;ai découvert que je le connaissais davantage, lui aussi, à travers des objets physiques. J&rsquo;ai commencé à remettre en question la dynamique de l&rsquo;image et de la photographie. En même temps, j&rsquo;ai aussi questionné la relation entre l&rsquo;idée de la mort et la photographie qui préserve ces moments et les éternise. C&rsquo;est de là qu&rsquo;est née la réalisation de mon projet.<br>Je me demande « pourquoi ai-je trouvé ces souvenirs maintenant ? Pourquoi les ai-je déterrés seulement après qu&rsquo;ils m&rsquo;aient quitté ? Je me suis rendu compte que j&rsquo;étais perdu. J&rsquo;avais entre les mains un trésor dont je ne savais que faire ni comment le manipuler. C&rsquo;est à travers ces souvenirs oubliés que j&rsquo;ai été réintroduite auprès de mon grand-père, le connaissant plus, mieux maintenant que jamais. C&rsquo;est de là qu&rsquo;est née l&rsquo;idée de l&rsquo;exposition : imaginer que mon grand-père m&rsquo;avait écrit une lettre à travers les souvenirs qu&rsquo;il avait laissés derrière lui.<br>En visitant chaque fois la maison de ma famille à El Mehalla, j&rsquo;étais téléporté dans une machine à remonter le temps. Je n&rsquo;arrêtais pas de penser que si je pouvais recréer cet endroit maintenant, qu&rsquo;est-ce que je voudrais voir et comment je voudrais interagir avec cet endroit. Dans le cadre de ce processus, j&rsquo;ai voulu ré-imaginer la maison de ma famille, mais cette fois-ci pas à Mehalla, mais plutôt dans un espace différent et, bien sûr, à une époque différente. Un lieu qui peut englober tout le monde. Un lieu où les gens peuvent se promener, chercher, se souvenir et redécouvrir leur histoire également.<br>Tant de questions ont surgi, ont éclaté en moi : Comment se fait-il que je n&rsquo;ai jamais trouvé aucune de ces affaires de leur vivant ? Comment se fait-il que mon grand-père ne m&rsquo;ait jamais montré aucune de ces photos ? Comment et pourquoi sont-elles apparues seulement maintenant et suis-je la seule personne censée les trouver maintenant ? Pourquoi mes grands-parents se sont-ils accrochés à tous ces objets pendant toutes ces années, sans jamais rien lâcher ?</p>
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<p>J&rsquo;ai commencé à remettre en question l&rsquo;idée d&rsquo;une photographie et ce qui la constitue, en dépassant le cadre de la 2D et, plus encore, en allant au-delà. J&rsquo;ai abordé les notions de temps, d&rsquo;espace muséal, de maison, de mots, de lettres et le rôle que joue la relation entre un objet et sa personne dans la réflexion sur la façon dont ces possessions peuvent servir et parler de nous-mêmes, même si elles sont des parties détachées de nous. Je voulais mettre en place l&rsquo;installation comme une vraie maison, avec tous les objets réels de nos maisons, rideaux et meubles. D&rsquo;une certaine manière, je construisais la photo ou une grande image à partir de nombreux éléments, de nombreux fragments et pièces. Comme un puzzle, je l&rsquo;ai construit à partir de la réalité que je vivais et des souvenirs oubliés de mon enfance, à côté des personnages principaux de ma vie, mes grands-parents.</p>
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<p>Le choix du papier peint s&rsquo;explique par le fait que je voulais que le public se sente englobé dans l&rsquo;espace et qu&rsquo;il ait le sentiment qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas seulement de mes grands-parents, mais qu&rsquo;ils symbolisaient aussi une époque et ressemblaient aux grands-parents de chacun.</p>
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<p>Un autre facteur qui traverse cette installation est le jeu avec le temps à travers les messages des gens. Le public a joué un rôle important dans l&rsquo;installation. Les interactions des gens à travers la pièce ont ajouté à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;installation, lui donnant vie. L&rsquo;idée elle-même ne pouvait pas vivre sans l&rsquo;interaction des gens. Les photographies déclenchent des émotions et des sentiments, et nous les associons toujours à tant de choses dans notre vie. En fait, c&rsquo;est à travers les photos que l&rsquo;on réveille ses sens et ses souvenirs.</p>
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<p>Chaque personne qui est entrée dans la pièce a pensé à son grand-père et à sa grand-mère, a pensé à son histoire, à ses souvenirs, à ses vieilles photos qui ont peut-être disparu au fil du temps. Les gens ont été encouragés à embrasser la vulnérabilité de leurs sentiments et de leurs émotions : À s&rsquo;ouvrir à certains moments de leur passé, à rechercher leurs racines et leurs souvenirs qui avaient disparu. Ce fut une expérience révélatrice pour moi de voir comment les gens interagissaient différemment dans cet espace. Certaines personnes ont pleuré et d&rsquo;autres se sont exprimées de manière différente. La salle a servi d&rsquo;espace de guérison permettant à chacun d&#8217;embrasser et d&rsquo;accepter ses sentiments vulnérables, de faire la paix avec son passé et ses moments inachevés, de creuser en profondeur et de chercher qui il est.</p>
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<p><strong>Dans vos deux dernières séries, on retrouve la couleur et l&rsquo;aspect journal intime, avec A crack in the memory et Around My Home. Pouvez-vous nous parler de ce changement et de ces deux séries en cours ?</strong><br>De l&rsquo;exposition de l&rsquo;installation de la pièce s&rsquo;est déroulé un long voyage et un lien avec ma maison familiale à El Mehalla El Kubra. Une fissure dans la mémoire, c&rsquo;est une histoire qui a surgi de ces allers-retours continus sur la route, me rappelant les voyages que je faisais quand j&rsquo;avais cinq ans. Une histoire faite de nombreux changements de terrain, d&rsquo;une lutte intérieure personnelle et mentale pour accepter un présent si différent de toutes les histoires sur lesquelles j&rsquo;ai été élevé. Une fissure qui s&rsquo;est produite au fil des ans… à l&rsquo;intérieur de moi-même, sans m&rsquo;en rendre compte jusqu&rsquo;à un certain moment où j&rsquo;ai été confrontée à la réalité d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Et comme les fissures physiques et mentales se sont brisées en moi, j&rsquo;ai commencé à voir les fissures dans la maison. Les fissures ressemblaient alors à ma ligne de temps et à ma lignée brisées, car j&rsquo;essayais constamment de relier mon passé à mon présent.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Thecrack-1024x770.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-03-1024x674.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-04-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<p>Cette histoire a adopté une approche symbolique et métaphorique, puisque j&rsquo;ai photographié le long de la route qui définissait ma ligne de temps et à l&rsquo;intérieur de ma maison, qui dépeignait mes pensées internes, associées à des objets provenant des archives de mon grand-père sur le Caire des années 60, une ville dont j&rsquo;ai toujours rêvé, sur laquelle j&rsquo;ai lu et dont j&rsquo;ai entendu parler uniquement dans les histoires de mes ancêtres.</p>
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<p>Les années 1960 ont marqué un tournant dans l&rsquo;histoire du Caire. Les gens avaient un sentiment d&rsquo;identité nationale qui résonnait fortement dans tout ce qu&rsquo;ils faisaient. Le Caire était encore assez récent, s&rsquo;étant libéré des « Britanniques ». De nombreux lieux étaient ouverts et trafiqués au public. De nombreuses photos sont également prises du point de vue d&rsquo;un touriste qui n&rsquo;a jamais vécu au Caire et qui est simplement venu dans la capitale pour étudier le commerce à l&rsquo;université du Caire. J&rsquo;ai trouvé de vieilles cartes postales du Caire, d&rsquo;Alexandrie, du célèbre magasin Lehnert et Landrock qui existe encore aujourd&rsquo;hui dans le centre-ville du Caire. J&rsquo;ai également trouvé de nombreuses photos du centre-ville du Caire comme la place Tahrir, le pont Qasr El Nile et l&rsquo;université du Caire pendant sa période d&rsquo;études. Certaines photos ont également été prises lorsqu&rsquo;il a visité le palais Manial et le palais Abdeen de l&rsquo;intérieur (le palais résidentiel de la famille royale repris plus tard après le coup d&rsquo;État de 1952). À travers ce projet, j&rsquo;ai été confronté à mes propres peurs de lâcher prise. Intersectant le personnel au politique, la route servait de rappel constant, un rappel de notre individualité, de notre place et de notre moi en devenir. Elle symbolisait la dichotomie entre le passé et le présent. Au fur et à mesure que nous migrons à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur, physiquement et mentalement, à l&rsquo;extérieur et à l&rsquo;intérieur du Caire, nous nous engageons dans des dialogues informés par nos doutes et nos craintes, mais poussés par nos instincts vers l&rsquo;espoir et la vision d&rsquo;un avenir meilleur.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-operahouse-1024x515.jpg" alt=""></figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-02-1024x732.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/thecrack-waterandgedo-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/the-crack-206x111cm-1024x548.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>A crack in the memory of my memory © Amina Kadous</figcaption>
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<p>« Autour de ma maison » est une petite histoire issue du verrouillage mondial que nous avons tous vécu en 2020. Une série d&rsquo;images juxtaposées et des flux de mots tout au long. Prises dans et autour de la résidence de ma famille où j&rsquo;ai toujours vécu et où je suis né, une série de photos qui, si elles sont regardées séparément, peuvent sembler être des images individuelles qui n&rsquo;ont aucun rapport entre elles, mais qui, lorsqu&rsquo;elles sont placées ensemble, créent un récit personnel de mes propres sentiments altérés pendant la période d&rsquo;isolement que nous avons tous endurée. Une manifestation de la phase de mes propres sentiments de doute et de mes questions continues. Une manifestation de la façon dont la maison peut être envisagée comme un endroit qui vit en vous, autour de vous et un endroit qui est créé par vous. Il peut s&rsquo;agir de votre corps et de votre royaume physique. Le fait de me confiner dans un endroit pendant une longue période m&rsquo;a permis d&rsquo;explorer la notion de ma maison et de sa structure comme un lieu qui se déploie et change sous mes yeux, tout comme mon propre moi qui change : Comme un lieu d&rsquo;évolution et de vie… pas nécessairement un lieu de chaleur et de familiarité, mais comme un lieu d&rsquo;étrangeté et d&rsquo;adaptation.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/flowerportrait3-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Aroundmyhome03_kadousamina-1024x171.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/07/Aroundmyhome02_kadousamina-1024x256.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Around My Home © Amina Kadous</figcaption>
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<p><strong>Dans Around My Home, vous intervenez sur l&rsquo;image avec le texte, qu&rsquo;apporte le texte et que peut-on y lire ?</strong></p>
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<p>Dans la série « Autour de chez moi », l&rsquo;utilisation du texte et de l&rsquo;image n&rsquo;a pas seulement servi d&rsquo;outil thérapeutique, mais aussi d&rsquo;outil de dialogue et de conversation, soulevant des questions sur ce que nous ressentions et sur la manière dont nous faisions face à un tel isolement. Je me souviens qu&rsquo;à cette époque et à travers mes écrits, je passais par une phase de révision ou d&rsquo;auto-évaluation, me rappelant tout ce que j&rsquo;avais fait et le repensant. Je me demandais à quel point j&rsquo;avais atteint ce que j&rsquo;avais accompli, et si je serais capable de réaliser une petite partie de ce dont je rêvais. Je suis obligé de penser et de ressentir la déconnexion et la séparation, bien que je sois embrassé dans l&rsquo;endroit où je me sens le plus familier, pourtant les sentiments du mot « Séparation » m&rsquo;arrêtent toujours. Cela se manifeste en moi physiquement, comme une attraction gravitationnelle, lorsque je regarde ma vie et que je me demande quelles sont les emprises sur le soi ? Les connexions doivent-elles être physiquement visibles ?</p>
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<p><strong>Avec la subvention de la fondation Magnum et de la fondation Prince Claus, vous développez un projet intitulé White Gold autour du coton, pouvez-vous nous parler du sujet de ce projet mais aussi du processus créatif ?</strong><br>White Gold est une série qui s&rsquo;inscrit dans le cadre d&rsquo;une recherche permanente et à long terme de mon identité à mesure que les paysages sociopolitiques et économiques de l&rsquo;Égypte ont changé. J&rsquo;entrelace mes histoires personnelles, familiales et nationales dans un récit de l&rsquo;histoire du coton égyptien, en documentant nos tissus, nos traditions, notre culture et nos symboles du passé qui s&rsquo;estompent grâce aux archives de mon grand-père. S&rsquo;interrogeant sur les changements d&rsquo;identité des agriculteurs égyptiens, sur l&rsquo;histoire de ma ville, sur moi-même et sur ce qui fait de nous ce que nous sommes, le projet dépeint une lutte collective pour exister, pour enregistrer et intérioriser nos souvenirs, dans une tentative personnelle de garder nos histoires vivantes, nous aidant à façonner la façon dont nous nous percevons et dont nous voyons notre histoire nationale.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-Aminakadous_03-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Pendant la saison de la récolte du coton. Cette saison s&rsquo;étend généralement jusqu&rsquo;à l&rsquo;automne. Autour du coton, tout semble léger, comme des nuages flottants d&rsquo;espoir à la fois malléables et interchangeables avec leur environnement. La production de coton demande beaucoup de travail. Les agriculteurs doivent travailler sous le soleil brûlant jusqu&rsquo;à 10 heures par jour. La croissance de la culture du coton, de la graine jusqu&rsquo;à son filage et son tissage en fils, nécessite beaucoup de mains.<br>Septembre 2020 © Amina Kadous</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/06/AIV-aminakadous_24-1024x683.jpg" alt=""><p></p>
<figcaption>Autoportrait pris debout, tenant un bouquet de fleurs en coton recouvert d&rsquo;un voile, dans la cuisine de ma grand-mère, dans l&rsquo;ancienne maison familiale. Déclenché par un moment inachevé, je me languis du temps où tout semblait plus complet. Je cherche cette pause à travers les vestiges de la maison et de la terre de ma famille. J&rsquo;ai réalisé ma peur de me défaire du fil, de l&rsquo;arbre et de l&rsquo;histoire qui nous lie. Une identité m&rsquo;a façonnée, mais je ne l&rsquo;ai découverte qu&rsquo;en vieillissant et en perdant ceux qui avaient planté mes graines.<br>Janvier 2021 © Amina Kadous</figcaption>
</figure>
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<p>Cette histoire est née non seulement de multiples voyages dans la vieille ferme de ma famille à Mehalla, mais surtout de la tension interne des doutes et des interrogations sur mon identité dans le contexte plus large de mon identité nationale altérée. J&rsquo;essaie de tisser le tissu de mon identité personnelle et de ne pas me cacher derrière mon histoire. En observant mes liens familiaux historiques et actuels, il y a un élément qui me procure un sentiment d&rsquo;appartenance, que je suis des autres, c&rsquo;est le sentiment de connexion avec le passé de ma famille et de l&rsquo;Égypte. Il se peut que je me sente parfois enchaîné par ces liens traditionnels, ce qui conduit à une tendance à penser que notre tradition enracinée de liens familiaux est une tradition qui lie, construisant notre sentiment de connexion avec notre terre et nos ancêtres, comme les racines des arbres qui s&rsquo;étendent dans le passé, profondément sous le sol de notre terre. En tant que famille qui a grandi et a été élevée et ensemencée à partir des terres cultivées d&rsquo;Égypte, mon grand-père disait toujours avec fierté, « Nous sommes des agriculteurs » et c&rsquo;est de là que nous venons « , du sol… Nous sommes créés et nous y retournerons « . « Je me suis vu dans le cotonnier, tous les deux, plante et humain, fils perdus, fragmentés, essayant de tisser nos fils d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Je n&rsquo;ai jamais eu le courage de me confronter à moi-même et de parler de mon identité personnelle alors que je luttais pour exister dans la tourmente des événements sociopolitiques, économiques et culturels de l&rsquo;Égypte post-révolutionnaire. Je me suis cachée et j&rsquo;ai utilisé mon histoire comme un bouclier pour me protéger de mon présent. J&rsquo;étais enchaîné à mon passé sans savoir comment aller de l&rsquo;avant. Grâce à cette histoire, je peux enfin dire que je suis capable d&rsquo;aller de l&rsquo;avant.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>Dans le cadre de ma pratique créative, j&rsquo;ai essayé de percer, d&rsquo;expérimenter et de jouer avec le coton physiquement, comme un symbole de mes souvenirs d&rsquo;enfance. La création de papier à partir de coton et le transfert d&rsquo;images m&rsquo;ont permis de regarder une photographie différemment. L&rsquo;utilisation de moi-même et de la métaphore du coton pour fournir la structure de ma narration personnelle de l&rsquo;histoire est un élément de mon histoire. L&rsquo;histoire se dévoile au fur et à mesure que je marche sur les traces de mon grand-père, visitant les lieux qu&rsquo;il avait l&rsquo;habitude de visiter pendant l&rsquo;âge d&rsquo;or de l&rsquo;industrie de l&rsquo;or blanc, tout en documentant et en interrogeant ce qu&rsquo;il en reste aujourd&rsquo;hui.</p>
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<p><strong>Quels sont vos projets et expositions pour la fin de l&rsquo;année 2022 et le début de l&rsquo;année 2023 ?</strong><br>Comme j&rsquo;espère poursuivre mon projet à long terme « White Gold », je prévois de le développer et d&rsquo;y travailler pendant le reste de l&rsquo;année. Je présenterai une partie de ce projet lors des Rencontres d&rsquo; Arles cette année avec le collectif Untitled Duo dans une<a href="https://www.rencontres-arles.com/fr/actualites/view/488/if-a-tree-falls-in-a-forestprogramme-en-ligneuntitled-duo" target="_blank"> exposition collective organisée par Untitled Studio, Soukaina Aboulaoula et Yvon Langue</a>. J&rsquo;attends cela avec impatience.</p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-amina-kadous/">Interview de Amina Kadous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Le pélerinage de Layenne &#8211; Interview de Nathalie Guironnet</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-nathalie-guironnet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Feb 2022 08:52:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Guironnet]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[senegal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà 7 ans que nous avions présenté pour la première fois le travail noir et blanc si sensible de Nathalie Guironnet avec sa série sur Le Pélerinage Layenne, puis quelques temps après avec la série Gonzague Ville réalisé en regards croisés avec Lucien Kablankan. Récemment Nathalie nous a partagé ses derniers travaux, notamment son travail sur l&#8217;Egypte où elle s&#8217;est installée. L&#8217;occasion parfaite pour lui poser quelques questions autour de l&#8217;évolution de son travail et de sa pratique. Pour commencer, nous aurions aimé te demander de revenir sur ton passé et d&#8217;en savoir plus sur ton parcours et ton approche</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Déjà 7 ans que nous avions présenté pour la première fois le travail noir et blanc si sensible de Nathalie Guironnet avec sa série sur <em>Le Pélerinage Layenne</em>, puis quelques temps après avec la série Gonzague Ville réalisé en regards croisés avec Lucien Kablankan. Récemment Nathalie nous a partagé ses derniers travaux, notamment son travail sur l&rsquo;Egypte où elle s&rsquo;est installée. L&rsquo;occasion parfaite pour lui poser quelques questions autour de l&rsquo;évolution de son travail et de sa pratique. </p>



<p><strong>Pour commencer, nous aurions aimé te demander de revenir sur ton passé et d&rsquo;en savoir plus sur ton parcours et ton approche photographique&nbsp;?</strong><br>Mes parents sont des enfants d’expatriés et je suis née dans une famille qui a immigré et qui s’est installée en Côte d’Ivoire à son indépendance. Ce pays fait partie de mes racines, mais j’ai aussi des origines asiatiques et européennes. Je n’ai pas eu de relation particulière à l’art avant de faire des études d’Histoire de l’art, mais mon père avait pour habitude de faire des soirées de projection de diapositives et j’ai toujours en mémoire des ambiances particulières liées à l’usage de la caméra (sons et lumières), et aux interjections familiales. J’ai eu mon premier appareil à 15 ans, un argentique que j’ai abandonné progressivement avec l’arrivée du numérique. Après les photos de voyage j’ai continué en photographiant mes enfants. Une amie m’a dit un jour que j’avais un appareil photo greffé à la main&nbsp;! En fait il m’a fallu du temps avant de me rendre compte qu’à l’évidence la photographie avait toujours fait partie de moi. J’ai passé ma vie à démissionner, à passer d’un pays à l’autre, et donc à passer d’un travail à l’autre, tout en m’occupant de mes enfants. Et un jour j’ai décidé de suivre l’évidence. Mais on ne peut pas se former en photographie dans tous les pays. J’ai suivi quelques cours par correspondance, avant de me lancer et d’explorer la photographie via des tutoriels en ligne, et aussi grâce à la rencontre d’un milieu artistique bienveillant au Sénégal. J’ai appris sur le terrain, je suis ce qu’on appelle une «&nbsp;photodidacte&nbsp;». Mon apprentissage a été long. J’étais blogeuse en parallèle et il m’a fallu faire un choix douloureux.<br>Comme j’ai besoin d’exprimer mes émotions, et que je suis plutôt introvertie et solitaire de caractère, j’utilise l’appareil photo comme outil de transmission et d’expression.<br>Mon travail est plutôt intime, il a été qualifié d’humaniste&nbsp;; je suis très sensible et curieuse de la vie des autres. J’ai assez vite compris que je ferais de la photographie documentaire. Je suis aussi une collectionneuse de sons, et j’ai commencé à faire du montage. Je les associe à mes images parfois pour leur apporter plus de texture et pour les contextualiser, mais je les utilise aussi seuls, toujours avec pour objectif de garder en mémoire des espaces-temps, des individualités ou des communautés.</p>



<p><strong>Tu fais partie de deux collectifs, membre du Laboratoire Agit’Art et du Collectif DR, peux- tu nous en dire plus sur ceux-ci&nbsp;? Et ce que cela t&rsquo;apporte&nbsp;?</strong><br>Mon aventure avec le <a href="http://www.partcours.art/lieu/laboratoire-agitarts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laboratoire Agit’Art</a> est liée au Sénégal, un pays dans lequel j’ai vécu 8 ans. Des membres fondateurs, je n’ai connu que <strong>Issa Samb</strong>. C’est un «&nbsp;laboratoire de création et d’expérimentations&nbsp;» qui réunit de très nombreux artistes dont la plupart sont basés au Sénégal, mais une partie de ses membres évolue sur la scène internationale. «&nbsp;Le projet c’est l’Homme&nbsp;». Avec Agit’Art j’ai appris l’engagement, l’activisme créatif, et j’ai trouvé une première famille artistique&nbsp;!<br>C’est l’utilisation du médium photographique pour documenter et transmettre une mémoire collective et individuelle qui m’intéressait le plus, qui émergeait de mes premières années d’apprentissage sur le terrain. C’est pour cela que j’ai intégré le Collectif DR en 2019, à sa création.<br>Je suivais déjà son fondateur, Fred M., sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas hésité, et je ne le regrette pas. La plupart des membres sont des créateurs visuels français, et ont pour objectif de vendre leurs travaux à la presse. C’est primordial, quand on est indépendant, de faire partie d’une communauté qui a les mêmes objectifs que soi, surtout quand on vit loin de tout. Ensuite le collectif met à disposition des ateliers formateurs, progressifs et riches, des outils de communication en interne (canal slack, groupe privé Facebook etc), des «&nbsp;live&nbsp;» hebdomadaires qui permettent aussi de garder le lien avec l’actualité et les membres, et de se mettre en condition réelle de vendre nos reportages. C’est très formateur, on est entrainé dans une dynamique plus forte, plus créative, et même si nous sommes éparpillés en France et dans le monde, il y a une cohésion qui me permet de penser qu’en cas de gros problème je sais vers qui me tourner pour m’aider. Enfin, j’y ai découvert des méthodes de travail, et j’y ai rencontré des photographes talentueux, inspirants, avec qui je m’entends bien.</p>



<p><strong>Ton sujet de prédilection est celui des communautés, qu&rsquo;elles soient sociales ou religieuses. Pourquoi cet intérêt et peux-tu nous raconter comment s&rsquo;articulent ces corpus&nbsp;?</strong><br>Je crois que mon intérêt pour les communautés est profondément ancré dans mon besoin d’en trouver une moi-même. J’ai toujours été partagée entre mes origines et ma nationalité française&nbsp;! J’ai toujours eu du mal à trouver ma place dans des pays qui privilégient la préférence nationale ou régionale, et le débat sur l’appropriation culturelle m’a profondément mise mal à l’aise… En France, mon travail «&nbsp;africain&nbsp;» n’entre pas non plus dans le cadre car la tendance serait plutôt de favoriser une scène émergente d’origine africaine.<br>De plus, mon parcours nomade d’expatriée fait que je suis obligée d’abandonner et de retisser des liens sociaux régulièrement&nbsp;; mais j’ai de plus en plus de difficultés à m’adapter. Et puis ma curiosité naturelle fait le reste. Au Sénégal, c’est tout à fait par hasard que je me suis intéressée à la communauté des Layennes, en pleine manifestation religieuse.<br>J’avais aussi commencé un travail sur les jeunes Lébous et sur leurs aspirations et leur adaptation entre société traditionnelle et moderne.<br>Depuis ces travaux, je reste très curieuse par rapport à toute forme de manifestation collective, sociale (manifestations de la société civile) et genrée. Et je vois bien que je croise souvent mes interrogations.</p>



<p><strong>Nous avions commencé notre dialogue en 2015 après la publication de ton travail sur le Pèlerinage de Layenne, Peux-tu nous raconter où tu en es de ce projet et comment celui-ci évolue&nbsp;?</strong><br>J’ai documenté pendant 5 ans les différentes étapes du pèlerinage annuel de la communauté. J’ai vécu de l’intérieur ces pèlerinages, en participant aux cérémonies.<br>L’exemple de la communauté Layenne (trop souvent oubliée en dehors du Sénégal) qui connaît un vrai regain depuis les années 90, permet d’observer sa manière de se réinventer et de s’adapter aux exigences traditionnelles tout en considérant l’évolution de la société. Elle participe au «&nbsp;développement d’un nouvel islam sénégalais&nbsp;».<br>Mon regard s’est confronté à l’idée contemporaine de la différence qui doit être enrichissante – or le monde est fractionné par de nombreuses tensions entraînant des dégâts, le repli sur soi et le fanatisme religieux notamment.<br>Ce travail sur les Layennes n’a pas encore trouvé d’écho car je pense que le sujet est trop sensible. Je le vois plus comme un travail ethnographique.<br>D’ailleurs, une partie de mon travail s’articule autour de la place de la femme dans ces manifestations religieuses. Car elles y occupent un statut particulier.<br>Mais mon travail n’est pas fini, je ressens le besoin de le compléter. Grâce à des contacts privilégiés avec des amis de la communauté Layenne, j’envisage de repartir très prochainement au Sénégal pour cela.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7746" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-4831.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Juché sur le toit d&rsquo;un véhicule, un groupe de jeunes pèlerins essaie, de loin, d&rsquo;assister à la cérémonie,pèlerinage de la confrérie Layenne,Dakar, Yoff Diamalaye, 09 mai 2016</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-718x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7747" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-718x1024.jpg 718w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-210x300.jpg 210w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-768x1096.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-1077x1536.jpg 1077w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034-480x685.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5034.jpg 1346w" sizes="(max-width: 718px) 100vw, 718px" /><figcaption>Les deux jours de pèlerinage sont ponctués de manifestations « extraordinaires ». Ici, les pèlerins essaient d&rsquo;attraper des gouttes d&rsquo;eau coulant « anormalement » de la bâche.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, site de Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, mai 2016<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="614" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1024x614.jpg" alt="" class="wp-image-7748" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1024x614.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-300x180.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-768x460.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-1536x921.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131-480x288.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5131.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Une jeune layenne dans la foule des pèlerins se protège avec un parapluie.<br>Mausolée de Cambérène, Dakar, Sénégal, mai 2015<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7749" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-1536x1025.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5256.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="820" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-820x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7750" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-820x1024.jpg 820w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-240x300.jpg 240w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-768x959.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-1230x1536.jpg 1230w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299-480x600.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-5299.jpg 1537w" sizes="(max-width: 820px) 100vw, 820px" /><figcaption>Fille-mère, Layennes, Dakar, Sénégal, mai 2015<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7751" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-768x1151.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-1025x1536.jpg 1025w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768-480x719.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-6768.jpg 1281w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Les deux jours de pèlerinage sont ponctués de manifestations « extraordinaires ». Ici, les pèlerins prennent en photo une apparition sur la bâche.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, site de Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, mai 2016<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7752" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7128.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Une foule compacte se retrouve pour la dernière journée de la cérémonie<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7753" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7172.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Certaines années, la mer apporte également son lot de « miracles » pendant le pèlerinage. Ici de jeunes femmes se rafraîchissent, pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, Sénégal, avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7754" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-7200.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La police montée sénégalaise assure la sécurité des pèlerins sur la plage de Yoff Diamalaye.<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Yoff Diamalaye, Dakar, 06 avril 2019<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1024x819.jpg" alt="" class="wp-image-7755" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1024x819.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-300x240.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-768x614.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-1536x1229.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815-480x384.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-8815.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les albinos au Sénégal souffrent généralement de rejet et de discrimination. Cependant, ici cette jeune femme semble paisible, intégrée dans sa communauté<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, mausolée de Cambérène, Dakar, 16 avril 2018<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="663" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1024x663.jpg" alt="" class="wp-image-7756" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1024x663.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-300x194.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-768x498.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-1536x995.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761-480x311.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2014-2019-Lappel-des-layennes-Guironnet-Nathalie-9761.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Des jeunes femmes se regroupent en surplomb de la plage de la grotte sacrée de Ngor, fin de la première journée<br>Pèlerinage de la confrérie Layenne, Dakar Almadies, Sénégal, avril 2017<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<p><strong>Après avoir vécu à Dakar, tu vis désormais en Egypte. Peux-tu nous raconter ton expérience photographique de ce pays&nbsp;?</strong><br>Et bien je suis arrivée dans un pays où la liberté d’expression n’existe pas&nbsp;! Et la méfiance envers les médias est tellement forte que je n’ai pas pu y développer de travail photojournalistique.<br>C’est tellement paradoxal car par rapport à Dakar, on peut trouver au Caire de bonnes formations en techniques et procédés photographiques, qui donnent envie d’aller au-delà.<br>Mais à cause du climat ambiant et de la barrière linguistique aussi, je n’ai pas réussi à créer des liens particuliers et non-superficiels. L’inconscient collectif fait qu’il est difficile de creuser et de développer des histoires photographiques, surtout en tant qu’étrangère.<br>J’ai donc été obligée de m’adapter à plusieurs niveaux. Ma manière de photographier d’abord&nbsp;: j’ai rangé mon reflex pro et je suis revenue au bridge plus passe-partout, que je ne sors qu’au moment de déclencher. J’ai aussi investi dans un Iphone car dans l’inconscient collectif le téléphone est moins professionnel. J’ai vite adhéré à un groupe de randonneurs photo majoritairement égyptien qui m’a donné des pistes de techniques de travail en Egypte et qui m’a indiqué les lieux «&nbsp;faciles&nbsp;» et moins dangereux (surtout touristiques), ce qui me permet de faire un peu de photographie d’art et d’illustration.<br>Mais il faut en permanence faire attention à ce qu’on prend en photo, c’est une routine frustrante et fatigante. Je dois aussi m’entourer de personnes qui puissent m’accompagner pour la traduction, je dépends de leur disponibilité, et le coût m’empêche d’utiliser autant que je le voudrais leurs services.<br>J’ai donc essayé de trouver comment travailler de manière moins visible, plus intime, et sur une période plus longue.</p>



<p><strong>Tu as réalisé récemment un travail sur Le Caire, la nuit. Cette ville que beaucoup de nos lecteurs ne connaissent qu&rsquo;en image et à travers la littérature. D&rsquo;ailleurs, peux-tu nous raconter comment tu as commencé cette série&nbsp;? Et si la littérature t&rsquo;a inspirée&nbsp;?</strong><br>Quand j’ai commencé cette série sur la nuit au Caire (où je réside), j’avais besoin de me retrouver seule avec moi-même, hors-cadre, loin de mon environnement quotidien et de sa charge mentale. Une échappée belle qui se caractérisait par une quête de solitude.<br>La marche à pied s’est imposée naturellement&nbsp;: elle a d’abord été arbitraire, puis réfléchie, jusqu’à me sortir des limites que je m’étais imposée, poussée par la curiosité d’en voir plus. Je suis une urbaine, et adepte de la street-photographie, j’ai très vite aimé prendre la ville en photo, surtout le rapport homme-ville, et l’atmosphère qui résulte de son patrimoine immobilier.<br>Je me suis beaucoup documentée sur la nuit urbaine (essentiellement à travers la lecture de thèses de soutenance), et je dois dire que le sujet m’a passionné&nbsp;!<br>J’ai lu notamment qu’en 1996, l’anthropologue et sociologue <strong>Pierre Sansot</strong> avait mis en avant dans son ouvrage, La poétique de la ville, un concept «&nbsp;de lien analogique qui existerait entre les chemins de conscience et les avenues d’une ville&nbsp;», et je me suis questionnée sur ces routes aléatoires où m’ont menée mon esprit…<br>La nuit, on n’utilise pas les mêmes sens que dans la journée, on se retrouve au centre de l’histoire, on s’écoute, on se découvre. On se retrouve face à soi. C’est vraiment une expérience enrichissante, dans certains endroits on peut presque s’entendre penser&nbsp;!<br>Je précise que la nuit ne m’a jamais effrayée, elle est chez moi plutôt propice au repos, à la méditation, à la réflexion, à la contemplation. J’aurais pu juste marcher encore et encore, et vider ainsi le trop plein d’émotions qui me submergeaient. Au lieu de ça, j’ai pris mon appareil photo pour aller à la rencontre de ce monde intermédiaire qui m’attirait, de cet espace-temps particulier qui s’anime à la tombée du jour alors que la plupart rentrent après une journée de travail.<br>J’ai aussi opté pour un parti-pris très personnel de photographier en noir et blanc pour que la ville apparaisse dans sa dimension plus intime, plus graphique, plus poétique….Mon travail propose donc à chacun de construire sa propre narration, d’imaginer l’histoire derrière la photographie, de donner libre court à son imagination et de rendre, peut-être, sa part de rêve et de mystère à la nuit.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7757" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0497.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, mai 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7758" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-0505.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, mai 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7759" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-1152x1536.jpg 1152w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2566.jpg 1440w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Le Caire la nuit, septembre 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7760" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-2775.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire, Egypte, 01 décembre 2021<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7761" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/02/2021-Le-Caire-la-nuit-au-grand-jour-Guironnet-Nathalie-5725.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le Caire la nuit, janvier 2022<br>© Nathalie Guironnet</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont tes prochains projets&nbsp;?</strong><br>Je travaille sur une autre série au Caire, toujours sur la nuit, mais sur un métier bien précis.<br>Je commence aussi fin février une formation de photo-journalisme qui durera plusieurs mois, et dans ce cadre je vais travailler sur le rapport homme-animal au Caire.<br>Enfin, j’envisage de rentrer l’été prochain et de poser un temps mes valises en France, pendant au moins un an. J’aimerais installer et pérenniser mon activité en France, puisque c’est là que je reviendrai un jour vivre.</p>



<p><strong>Je crois que tu exposes prochainement. Que pourra-t-on découvrir&nbsp;?</strong><br>Oui, j’expose ma série sur La nuit au Caire au festival PHEMINA à Fontainebleau qui se tiendra du 12 au 20 mars prochains. On pourra y découvrir une partie des photos, et aussi j’y animerai un atelier le 13 mars sur mon expérience de photographe femme à l’étranger.<br>Et fin mars j’expose aussi dans le cadre du Printemps des artistes au Caire&nbsp;: c’est un évènement artistique et caritatif qui réunit de très nombreux artistes de la scène égyptienne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/interview-de-nathalie-guironnet/">Le pélerinage de Layenne &#8211; Interview de Nathalie Guironnet</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&#8217;Hana Gamal</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2022 08:32:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Hana Gamal]]></category>
		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
		<category><![CDATA[photographie argentique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.afriqueinvisu.org/?p=7655</guid>

					<description><![CDATA[<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des Rencontres de l’échelle à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition “Mon ami n’est pas d’ici” sous le commissariat de Bruno Boudjelal. Après une escale à l’Institut du Monde Arabe de Tourcoing, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la Friche La Belle de Mai. Après une première interview avec Salih Bacheer autour de sa série exposée The Home Seekers, nous avons invité Hana Gamal, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée « Fragments de nous-mêmes ». Chère Hana, pouvez-vous vous</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/fragments-de-nous-memes-interview-dhana-gamal/">Fragments de nous-mêmes &#8211; Interview d&rsquo;Hana Gamal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A la mi novembre 2021, dans le cadre des <a href="https://www.lesrencontresalechelle.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rencontres de l’échelle</a> à Marseille, nous avons pu découvrir l’exposition <em>“Mon ami n’est pas d’ici”</em> sous le commissariat de <a href="https://agencevu.com/photographe/bruno-boudjelal/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Bruno Boudjelal</strong>.</a> Après une escale à l’<a href="https://ima-tourcoing.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Institut du Monde Arabe de Tourcoing</a>, elle vient de poser ses valises pour plusieurs mois à la <a href="https://www.lafriche.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friche La Belle de Mai</a>. Après une <a href="https://www.afriqueinvisu.org/the-home-seekers/">première interview avec <strong>Salih Bacheer</strong> </a>autour de sa série exposée <em>The Home Seekers</em>, nous avons invité <strong><a href="https://www.hanagamal.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hana Gamal</a></strong>, artiste visuelle égyptienne. Elle nous raconte son parcours, ses futurs projets et revient sur sa série exposée <em>« Fragments de nous-mêmes »</em>.</p>



<p><strong>Chère Hana, pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez commencé la photographie ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Hana Gamal, je suis une artiste visuelle égyptienne, née et élevée au Caire. Je dirais que c&rsquo;est une expérience unique qui m&rsquo;a mené là où je suis. C&rsquo;est la révolution qui a déclenché ma passion pour la photographie. À l&rsquo;époque, j&rsquo;étais encore étudiante à l&rsquo;université (double spécialisation en communication de masse et arts médiatiques et en psychologie). La révolution a eu lieu. Et j&rsquo;ai senti que quelque chose de beau et d&rsquo;étrange se passait, c&rsquo;était un sentiment indescriptible que seuls ceux qui étaient là pouvaient comprendre et ressentir. J&rsquo;ai eu l&rsquo;impression d&rsquo;être la témoin d&rsquo;une histoire qui se déroulait sous mes yeux et j&rsquo;ai voulu garder ce souvenir avec moi pour toujours, alors j&rsquo;ai spontanément sorti mon téléphone et commencé à prendre des photos. Et je n&rsquo;ai jamais arrêté depuis. Je dois aussi dire que cela m&rsquo;a aidé à me comprendre et à me redécouvrir, moi et mon pays, et m&rsquo;a rapproché de la rue et de mes concitoyens. Depuis lors, la photographie est rapidement devenue ma passion. Lorsque je me sentais déprimée, descendre dans la rue et commencer à prendre des photos qui pourraient dépeindre ce que je ressentais et c&rsquo;était et c&rsquo;est toujours très thérapeutique pour moi. C&rsquo;est pourquoi je suis en quelque sorte émotionnellement attachée à la photographie. Je ne m&rsquo;imaginerais vraiment pas vivre sans elle.De plus, à cette époque, tous mes projets avaient changé, passant de la volonté de faire carrière dans la psychologie et l&rsquo;art-thérapie à celle de devenir photographe. J&rsquo;ai alors suivi de nombreux cours de photographie à l&rsquo;université pour en apprendre davantage sur son histoire et son aspect technique. Mais je peux dire que j&rsquo;ai vraiment trouvé ma voix après avoir obtenu mon diplôme. Lorsque j&rsquo;étais perdue dans le monde et que je ne savais pas si je devais prendre des photos, j&rsquo;ai trouvé ma voie, la bonne décision en passant par des phases de frustrations, d&rsquo;échecs et de pertes. Tant de gens autour de moi me disaient d&rsquo;abandonner la photographie ou de la garder comme un hobby à côté et de trouver un emploi stable de 9 à 5 ; mais les voix dans ma tête étaient beaucoup plus fortes que les leurs, quelque chose en moi me disait de continuer. De continuer. De ne pas abandonner. J&rsquo;ai écouté mon cœur et j&rsquo;ai continué à photographier, à apprendre, à évoluer &#8211; sans savoir où je vais ni quelle serait ma destination finale, mais au fond de moi, je savais que c&rsquo;était la voie qui me convenait.</p>



<p><strong>Peux-tu nous dire quelques mots sur la scène photographique en Egypte&nbsp;?</strong><br>La scène photographique égyptienne s&rsquo;est beaucoup développée au cours des dix dernières années, mais elle a encore un long chemin à parcourir. Il y a beaucoup de talents en Égypte, mais aussi très peu d&rsquo;exposition et d&rsquo;opportunités, la scène est comme un cercle qui ne fait que tourner en rond. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il y ait plus d&rsquo;espaces qui proposent des pratiques et des formations photographiques appropriées, ce qui aiderait la scène photographique à se développer et à s&rsquo;étendre collectivement, et donc à être perçue différemment. Cependant, je suis convaincu que les choses vont changer.</p>



<p><strong>Vous avez été formée en Amérique et au Danemark. Racontez-nous&#8230;</strong><br>Oui, j&rsquo;ai étudié le théâtre à l&rsquo;Université de Berkeley en Californie, puis je suis revenue au Caire et j&rsquo;ai terminé ma licence à l&rsquo;Université américaine du Caire, j&rsquo;ai obtenu un double diplôme en arts médiatiques et en psychologie. Plus tard en 2020, j&rsquo;ai reçu une bourse pour étudier à DMJX et j&rsquo;ai terminé le programme en 2021.</p>



<p><strong>Vos premières images sont liées à la photographie de rue, pouvez-vous nous dire comment vous travailliez alors et comment votre approche photographique a évolué ?</strong><br>Mon approche dans tous mes premiers travaux était liée à la photographie de rue &#8211; je pense que c&rsquo;était une phase très importante de ma vie que je chéris tant car elle m&rsquo;a beaucoup appris sur moi-même et sur le monde.<br>autour de moi. Pour moi, la photographie de rue est une forme de poésie &#8211; elle dépeint la vie sous sa forme la plus honnête. Rien n&rsquo;est mis en scène, tout est réel et brut. Je pense que c&rsquo;est l&rsquo;un des aspects les plus importants qui m&rsquo;ont attiré vers la photographie de rue. Je crois qu&rsquo;au fil des ans, mon style visuel a changé et évolué &#8211; il est devenu plus intime et plus personnel &#8211; et je pense que c&rsquo;est la beauté du voyage. Tout est lié et chaque phase est cruciale pour arriver gracieusement à la suivante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7681" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7695" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-17.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7693" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-15.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7678" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7679" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marrseille-exhibit-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong>Comment définissez-vous les sujets sur lesquels travailler ?</strong><br>Tous les sujets sur lesquels je travaille proviennent d&rsquo;un endroit très honnête et vulnérable en moi. Pour moi, c&rsquo;est très thérapeutique, mais ce n&rsquo;est pas toujours facile à faire. Il est important d&rsquo;être honnête avec soi-même pour pouvoir créer de l&rsquo;art</p>



<p><strong>Vous vous définissez comme une artiste visuelle, pouvez-vous nous dire comment vous explorez les images sous la photographie ?</strong><br>Honnêtement, je n&rsquo;aime pas m&rsquo;étiqueter parce que j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les étiquettes imposent des limites &#8211; et quand il s&rsquo;agit de mon art, je n&rsquo;ai pas de limites. J&rsquo;explore tout le temps et je travaille avec différents médiums. Je crois fermement que chaque artiste est un travail en cours, qui grandit et évolue en permanence &#8211; et je trouve cela rassurant et beau.</p>



<p><strong>Vous avez une esthétique très singulière et très personnelle pour raconter vos histoires, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?</strong><br>Tout dépend de mon état interne/émotionnel. Je pense que toute photographie est un acte de projection &#8211; vous projetez ce que vous ressentez sur ce que vous voyez. Je pense que cela a un impact majeur sur mon esthétique. J&rsquo;aime aussi raconter mes histoires d&rsquo;une manière poétique qui me permet de déverser toutes mes émotions intérieures dans ce que je crée</p>



<p><strong>Nous avons pu voir votre travail en France lors de l&rsquo;exposition <em>« Mon ami n&rsquo;est pas d&rsquo;ici »</em> à Tourcoing et Marseille, pouvez-vous nous raconter l&rsquo;histoire de la série exposée : <em>« Fragments de nous-mêmes »</em> et comment elle a été réalisée techniquement, pourquoi la couleur et le noir et blanc ?</strong><br>Fragments de nous-mêmes est l&rsquo;un des projets les plus intenses sur lequel j&rsquo;ai travaillé, mais aussi l&rsquo;un de ceux qui me tiennent le plus à cœur. Il porte sur les danseuses soudanaises de henné (enterrement de vie de jeune fille du Moyen-Orient) vivant en Égypte. J&rsquo;ai commencé à y travailler juste avant la pandémie de COVID-19, puis j&rsquo;ai arrêté pendant un certain temps. Lorsque je suis revenu pour poursuivre le projet, je voulais l&rsquo;aborder sous un angle plus personnel et plus intime. Même si le fait de travailler sur le projet pendant la pandémie était très difficile, c&rsquo;était aussi une bénédiction déguisée, car cela m&rsquo;a permis de me rapprocher des femmes et de passer plus de temps avec elles et de trouver notre connexion. Pas en tant que photographe, mais de femme à femme. Je me suis rendue compte qu&rsquo;elles sont engagées dans beaucoup d&rsquo;attente dans leur vie ; des mères célibataires qui attendent de retourner dans leur pays d&rsquo;origine, le Soudan, après avoir été trahies et abandonnées par leur mari ; des danseuses au henné qui vivent au jour le jour, partagent leur solitude, dansent pour oublier &#8211; ou pour se souvenir ; et certaines attendent simplement rien et tout. Quant à moi, c&rsquo;était aussi une période très douloureuse, et en fait j&rsquo;ai été engagée dans beaucoup d&rsquo;attente dans ma vie.Cette série est donc une tentative de comprendre la douleur qui accompagne l&rsquo;attente où nous pouvons trouver des morceaux réels, précieux et sensibles de nous-mêmes. La douleur de l&rsquo;attente qui vient parfois d&rsquo;un certain nombre de désirs et de sentiments inconnus, inatteignables ou insondables. En ce qui concerne la partie technique, l&rsquo;ensemble du projet a été tourné en analogique. Pour être plus précise, je l&rsquo;ai tourné en utilisant des films périmés. Comme vous l&rsquo;avez vu sur les photos, elles ne sont pas toutes parfaites, elles sont pleines d&rsquo;imperfections, de rayures et de grain, etc. Je l&rsquo;ai fait exprès, car je voulais que cette série soit aussi brute que possible et qu&rsquo;elle dépeigne la vie sous sa forme la plus honnête. Parce que la vie n&rsquo;est pas parfaite, elle est pleine d&rsquo;éraflures, d&rsquo;erreurs, et de tant de choses entre les deux &#8211; alors si la vie elle-même n&rsquo;est pas parfaite, pourquoi voulons-nous que les photos le soient ? J&rsquo;ai aussi utilisé la couleur et le noir et blanc parce que je voulais dépeindre toutes les couleurs et les émotions qui accompagnent la douleur de l&rsquo;attente, je veux créer un dialogue poétique entre nos fragments. Un rouge intense, un bleu meurtri, et tout le noir et blanc silencieux entre les deux.</p>



<p><strong>Vous avez récemment eu une exposition solo au Caire en 2021, <em>« Forgotten as If You Never Were »</em>, de quoi s&rsquo;agissait-il ? Et comment a été la réaction du public cairote ?</strong><br>Forgotten as if you never been est un voyage de réconciliation à plusieurs niveaux, à la fois introspectif et rétrospectif. Dérivant entre la réalité et le rêve, le physique et l&rsquo;intangible, le non-dit et l&rsquo;exprimé, le voyage dévoile couche par couche les souvenirs, les expériences et les rêves qui sont à moitié inventés, à moitié vécus ou à moitié oubliés. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exploration personnelle et intime de la perte, de l&rsquo;amour et de la mémoire. La question principale de l&rsquo;exposition était la suivante : sommes-nous vraiment libérés lorsque nous oublions ? Ou quand nous sommes oubliés ? Existe-t- il un certain chemin qui réconcilie tous nos désirs ? Le passé reviendra-t-il un jour ? Et au moment du retour &#8211; si le retour- quelle partie reste oubliée et quelle partie sera retenue ? Les œuvres présentées étaient le reflet d&rsquo;un voyage &#8211; la fin d&rsquo;une route mais pas la destination finale. Les émotions que j&rsquo;ai ressenties et les expériences que j&rsquo;ai vécues le long de cette route. L&rsquo;exposition tire son titre d&rsquo;un poème de Mahmoud Darwish qui fait allusion à la grâce de la mélancolie et à la libération de l&rsquo;oubli ou du fait d&rsquo;être oublié. Ce poème m&rsquo;a toujours rappelé que tout s&rsquo;efface malgré tous les efforts déployés pour se souvenir.L&rsquo;exposition a eu lieu sur un toit oublié de l&rsquo;un des plus anciens bâtiments du centre-ville du Caire. Le retour des gens était un peu écrasant pour moi, mais j&rsquo;en suis reconnaissante. Tout le monde a aimé l&rsquo;exposition et, plus important encore, l&rsquo;a ressentie et pas seulement  » vue  » &#8211; chacun l&rsquo;a perçue différemment et je pense que c&rsquo;est la beauté de l&rsquo;art. Beaucoup de gens ont fait des commentaires sur le commissariat, ce qui m&rsquo;a également rendue très heureuse, car j&rsquo;ai fait tout le commissariat moi-même, avec tout mon cœur et toute mon âme. J&rsquo;ai également découvert que la conservation de l&rsquo;art est une autre de mes passions.</p>



<p><strong>Pouvez-vous nous dire où vous êtes basés actuellement et quels sont vos projets pour l&rsquo;avenir ? (publications, expositions, recherches, résidences,&#8230;)</strong><br>Je suis basée au Caire, en Égypte. J&rsquo;ai beaucoup de projets pour l&rsquo;avenir mais le projet principal serait mon premier livre. C&rsquo;est l&rsquo;un de mes rêves de rassembler mon voyage des dix dernières années en quelque chose d&rsquo;intemporel. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que c&rsquo;est la fin d&rsquo;une très longue route et la meilleure fin sera ce livre.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7696" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-18-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7694" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-16-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7675" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7674" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-cairo-exhibit-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>We’re all fugitives © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7680" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7690" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-11.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7685" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6a.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7684" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-Marseille-exhibit-6-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Fragments of Ourselves © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7688" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-9-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7687" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-1365x2048.jpg 1365w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-8-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7686" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--1366x2048.jpg 1366w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/01/AIV-marseille-exhibit-7--scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>Time in Disguise © Hana Gamal</figcaption></figure></div>



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