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	<title>Afrique In Visu</title>
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	<description>Plateforme autour du métier de photographe en Afrique depuis 2006</description>
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	<title>Afrique In Visu</title>
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		<title>Mémoires et déplacements, une interview de Badr El Hammami</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 14:23:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[badr el hammami]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plus de 10 ans, nous croisons le chemin de Badr El Hammami, tout d’abord en France, puis en Tunisie et au Maroc. C’est au travers de son travail « Thabrate » sur la question de l’oralité et de la correspondance que nous découvrons l’importance de son travail pour raconter la mémoire collective et la question du déplacement. Ces dernières années nous avons l’occasion de le voir développer son projet « Entre nos mains » entre autre à Marseille où il raconte des histoires de vie et de transmission autour d’objets berbères. A travers son interview, il revient pour Afrique</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/memoires-et-deplacements-une-interview-de-badr-el-hammami/">Mémoires et déplacements, une interview de Badr El Hammami</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis plus de 10 ans, nous croisons le chemin de <strong>Badr El Hammami</strong>, tout d’abord en France, puis en Tunisie et au Maroc. C’est au travers de son travail <em>« Thabrate »</em> sur la question de l’oralité et de la correspondance que nous découvrons l’importance de son travail pour raconter la mémoire collective et la question du déplacement. Ces dernières années nous avons l’occasion de le voir développer son projet <em>« Entre nos mains »</em> entre autre à Marseille où il raconte des histoires de vie et de transmission autour d’objets berbères. A travers son interview, il revient pour Afrique in visu sur son parcours mais aussi sur ses nouveaux projets qui entremêlent toujours la grande Histoire et sa généalogie personnelle.</p>



<p><strong>Bonjour Badr, peux tu te présenter ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Badr EL HAMMAMI, je suis artiste. Mon parcours dans les arts a débuté avec des études en arts plastiques au lycée, suivi d&rsquo;une formation en école d&rsquo;art appliqué à Bordeaux. Ensuite, j&rsquo;ai obtenu un DNSEP à l&rsquo;école des beaux-arts de Valence, et en 2017, j&rsquo;ai complété un post-master à l&rsquo;école des beaux-arts de Paris-Cergy. Depuis lors, je n&rsquo;ai jamais cessé d&rsquo;exercer ce métier.</p>



<p><strong>Ton parcours s&rsquo;articule entre le Maroc et la France en particulier, avec des étapes autour de la méditerranée comme la Tunisie ou encore l&rsquo;Egypte. Peux-tu nous raconter ta trajectoire personnelle ?</strong><br>Mon parcours artistique s&rsquo;est déployé entre le Maroc, la France et d&rsquo;autres destinations méditerranéennes telles que la Tunisie et l&rsquo;Égypte. Initialement, mes déplacements se limitaient au Sénégal pour la Biennale de 2010, puis au Musée National du Mali en 2011. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à partir de 2012 que j&rsquo;ai commencé à retourner au Maroc pour des projets artistiques. En revenant travailler au Maroc, j&rsquo;ai renoué avec mes racines, comme en organisant un atelier dans mon ancienne école primaire, sans prédéfinir le résultat artistique. J&rsquo;aime laisser les choses émerger progressivement pour ensuite les transformer en œuvres.<br>À la suite de cet atelier, j&rsquo;ai créé une vidéo intitulée « Mémoire#2 », où l&rsquo;on voit des enfants refléter la lumière du soleil dans la cour de récréation, filmés à une vitesse réduite pour créer une esthétique entre la photographie et la vidéo. La réalisation finale de cette vidéo m&rsquo;a demandé de retourner au Maroc et de vivre sur place pour me concentrer pleinement sur les images.<br>Par la suite, il est devenu nécessaire pour moi de découvrir d&rsquo;autres espaces et lieux artistiques pour y travailler, comme à Kerkennah en Tunisie, une île intrigante avec une histoire riche. Travailler sur place me permet de capturer l&rsquo;instant présent et d&rsquo;en faire quelque chose d&rsquo;unique et d&rsquo;authentique.<br>Mon projet actuel en Égypte se concentre sur le résistant Abdelkrim al-Khattabi, pionnier de la lutte pour l&rsquo;indépendance du Maroc. Le nord du Maroc était alors sous occupation espagnole, le centre sous occupation française, et le sud également sous domination espagnole. Abdelkrim a mené une guerre de 1921 à 1926, mais a dû se rendre face à la coalition des armées française et espagnole, notamment en raison des bombardements chimiques. Exilé à l&rsquo;île de La Réunion, il est censé y rester trois ans mais y demeure 21 ans avant d&rsquo;être rapatrié en France en 1947. En faisant escale à Port-Saïd en Égypte, il comprend l&rsquo;importance de son rapatriement et choisit de rester en Égypte jusqu&rsquo;à sa mort en 1963. Mon voyage en Égypte vise à mieux comprendre sa vie dans ce pays, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il est originaire de la même ville que moi au Maroc, ce qui lui confère une place importante dans notre mémoire collective.</p>



<p><strong>Dans ta pratique, tu as régulièrement collaborer avec différents artistes, comme Yassine Balbzioui, Fadma Kaddouri ou encore Jean-Paul Thibeau ou encore dans le cadre de projet d&rsquo;exposition ou d&rsquo;écriture collectives, en quoi ces échanges souvent longs t&rsquo;intéressent-t-il et ce qu&rsquo;ils apportent dans ta pratique ?</strong><br>Les collaborations avec d&rsquo;autres artistes sont essentielles dans ma pratique artistique, car elles me permettent d&rsquo;explorer de nouvelles perspectives et de repousser les limites de ma propre créativité. Chaque artiste apporte avec lui sa propre vision, son bagage artistique et ses expériences personnelles. Travailler avec d&rsquo;autres me confronte à des idées et des techniques auxquelles je n&rsquo;aurais peut-être pas pensé seul, élargissant ainsi mes horizons artistiques.<br>En m&rsquo;engageant dans des collaborations artistiques, je suis en mesure d&rsquo;aborder des questions complexes sous différents angles, ce qui enrichit la profondeur et la complexité de mes œuvres. De plus, ces collaborations me permettent d&rsquo;établir des liens avec d&rsquo;autres communautés artistiques et de participer à des dialogues artistiques plus larges, élargissant ainsi mon champ d&rsquo;influence et d&rsquo;inspiration.</p>



<p><strong>Au cœur de ton travail, il y a la notion de mémoire qui traverse nombreux de tes projets. Peux-tu nous raconter comment ce fil rouge se développe ?</strong><br>La notion de mémoire est en effet un élément central de mon travail artistique, et elle se manifeste de différentes manières à travers mes projets.<br>La mémoire est un pilier fondamental de ma démarche artistique, se révélant de multiples façons à travers mes projets. D&rsquo;abord, ma propre histoire personnelle occupe une place prépondérante. Mes expériences passées, mes souvenirs d&rsquo;enfance et mes attaches profondes avec mes racines marocaines imprègnent chacune de mes créations. Par exemple, en retournant dans mon école primaire pour animer un atelier avec les enfants, j&rsquo;ai ravivé des souvenirs enfouis qui ont enrichi ma pratique artistique. En parallèle, j&rsquo;explore également la mémoire collective et historique, cherchant à questionner et à exprimer les multiples facettes de l&rsquo;expérience humaine à travers divers médiums artistiques.</p>



<p><strong>Ce fil rouge de la mémoire n&rsquo;est pas l&rsquo;unique lien qui relie de nombreux projets. Tes réflexions comme ta pratique artistique semblent fonctionner comme un entremêlement de rhizomes où apparaissent cette notion de mémoire dont nous venons de parler mais aussi la question de l&rsquo;exil ou encore de la transmission . J&rsquo;aimerai que tu reviennes sur 3 projets qui pour moi sont importants au sein de ton travail et permettent de comprendre l&rsquo;articulation de ton travail depuis 20 ans. Peux- tu nous décrire chacun d&rsquo;eux et revenir sur le lien qui les relient :</strong></p>



<p><strong><a href="http://www.documentsdartistes.org/artistes/elhammami/repro12.html">Mémoire #2</a> :</strong><br>« Mémoire #2 ». En revenant sur les lieux de mon enfance au Maroc, j&rsquo;ai été inspiré à réinventer la photographie de classe traditionnelle. Plutôt que de figer les souvenirs dans des images immobiles, j&rsquo;ai cherché à les ramener à la vie, à les mettre en mouvement.<br>L&rsquo;utilisation de miroirs et de reflets solaires dans cette réinterprétation visuelle crée une illusion hypnotique, où les souvenirs semblent danser devant nos yeux. Les enfants, protagonistes de cette chorégraphie du souvenir, deviennent les acteurs d&rsquo;une performance où la mémoire s&rsquo;efface aussi vite qu&rsquo;elle se révèle.<br>L&rsquo;analogie de l&rsquo;encre sympathique est particulièrement évocatrice. Comme cette encre invisible qui révèle son message sous l&rsquo;effet de la chaleur, les souvenirs ressurgissent fugitivement avant de s&rsquo;estomper à nouveau. C&rsquo;est dans cet éphémère, dans cette brève révélation de secrets enfouis, que réside toute la magie et la poésie de la mémoire.<br>Ainsi, « Mémoire #2 » devient bien plus qu&rsquo;une simple expérience visuelle. C&rsquo;est une exploration de la fugacité des souvenirs, de leur capacité à se métamorphoser et à s&rsquo;effacer, tout en laissant leur empreinte indélébile dans notre conscience.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8411" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-4.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mémoire#2, 2012 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>

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<p><strong>Thabrate :</strong><br>Le projet « Thabrate » prend racine dans une tradition ancienne de communication entre les populations du Maghreb, confrontées au défi de la distance après les migrations massives vers la France dans les années cinquante et soixante. Le mot « Thabrate », signifiant « la lettre » en berbère, évoque cette pratique d&rsquo;oralité où les proches s&rsquo;échangeaient des nouvelles et des messages à travers des enregistrements sur cassettes magnétiques, avant la démocratisation du téléphone dans les années 80.<br>Pour ce projet, Fadma et moi avons décidé de reprendre cette technique de correspondance par K7 magnétique, dans un hommage à nos parents et à leur ingéniosité pour maintenir le lien avec leur famille restée au Maroc. En reproduisant cette démarche en des conditions similaires à celles de l&rsquo;époque, sans recourir aux possibilités technologiques avancées disponibles aujourd&rsquo;hui, nous nous sommes plongés dans une discussion par cassettes interposées.<br>À travers ces échanges, nous avons voulu explorer la nostalgie du pays, la vision du monde et le quotidien de nos vies en France, tout en inscrivant notre démarche dans une continuité culturelle et historique. « Thabrate » devient ainsi un témoignage de cette pratique traditionnelle de communication, mais aussi une réflexion sur les liens familiaux, la distance et l&rsquo;identité dans un monde en constante évolution.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8409" style="width:840px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1024x685.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-768x514.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-1536x1028.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-2.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8410" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1024x685.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-300x201.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-768x514.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-1536x1028.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Thabrate, 2011_2019 &#8211; Artconnection, Lille, 2018 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>


<p><strong>Entre nos mains :</strong><br>Le projet « Entre nos mains » est une exploration profonde de la transmission culturelle à travers les objets souvenirs et les récits qui les accompagnent, en particulier dans la diaspora amazigh (berbère). Réalisé lors de résidences artistiques à Marseille et à Marrakech en 2021 et 2022, ce projet a transformé l&rsquo;espace de l&rsquo;atelier en un lieu de rencontres et d&rsquo;échanges autour de la mémoire et de l&rsquo;identité.<br>En invitant des personnes d&rsquo;origine amazigh ainsi que des Marseillais possédant des objets en lien avec la culture berbère, j&rsquo;ai donné la parole à ces individus pour qu&rsquo;ils partagent leurs histoires et leurs souvenirs. À travers des enregistrements vidéo, des enregistrements sonores, des photographies et des dessins, j&rsquo;ai capturé ces moments d&rsquo;échanges riches en émotion et en signification.<br>Ce projet est profondément ancré dans la culture de l&rsquo;oralité, où les récits passent souvent par les objets, transformant l&rsquo;espace domestique en un espace social chargé de mémoire collective. Les objets deviennent ainsi des témoins de l&rsquo;histoire familiale, des traditions, des rites de passage et des événements marquants de la vie. En explorant cette mémoire circulaire qui se transmet de génération en génération, j&rsquo;ai cherché à saisir l&rsquo;essence même de l&rsquo;identité amazigh et à mettre en lumière sa richesse et sa diversité.<br>De plus, en reproduisant le même processus lors de la résidence à Marrakech, en travaillant directement avec la population berbère et en incluant des lieux de transmission tels que le Musée Majourelle ou la Place Jamaâ El Fna, j&rsquo;ai élargi la portée du projet et enrichi les perspectives sur la transmission culturelle. « Entre nos mains » est bien plus qu&rsquo;une simple exploration des objets souvenirs. C&rsquo;est une plongée profonde dans l&rsquo;essence même de la mémoire collective, de l&rsquo;identité culturelle et de la transmission intergénérationnelle dans la diaspora amazigh, offrant un regard intime et émouvant sur ce qui nous relie à nos racines et à notre histoire commune.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8412" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/03/AIV-©-BADR-5.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Entre nos mains, 2020 © Badr El Hammami</figcaption></figure></div>


<p><strong>Merci pour ces précisions qui permettent de bien comprendre ton approche artistique. Quels sont tes projets en cours ou futurs ? Quelles sont tes actualités (expositions, résidences, projets</strong>&#8230;)<br>En ce moment, je suis très enthousiaste à l&rsquo;idée de participer à une résidence en Égypte avec l&rsquo;Institut Français, dans le cadre d&rsquo;une bourse de recherche artistique appelée « MIRA » (Mobilité Internationale pour la Recherche Artistique). Je vais passer du temps au Caire, où je compte explorer de nouvelles perspectives artistiques et me plonger dans l&rsquo;histoire et la culture de ce pays fascinant.<br>Parallèlement, j&rsquo;ai également l&rsquo;opportunité de proposer une scénographie et une exposition à VK Bruxelles. C&rsquo;est une chance excitante de pouvoir partager mon travail avec un nouveau public et d&rsquo;explorer de nouveaux espaces d&rsquo;exposition.<br>En collaboration avec Fanny Lambert, une commissaire, écrivaine et critique d&rsquo;art, nous travaillons actuellement sur un projet de recherche au Maroc intitulé « Entre Survenances et Apparitions ». Nous avons déjà entamé une première partie du projet en collaboration avec l&rsquo;Appartement 22, dans la région du Rif au Maroc, ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;Appartement 22 lui-même. Cette collaboration promet d&rsquo;être riche en découvertes et en échanges intellectuels, et j&rsquo;ai hâte de voir comment ce projet va se développer dans les mois à venir.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La transmission comme moteur artistique, une interview de Ymane Fakhir</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/la-transmission-comme-moteur-artistique-une-interview-de-ymane-fakhir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2024 15:55:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[residence d'artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Ymane Fakhir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.afriqueinvisu.org/?p=8322</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis 15 ans, l’artiste Ymane Fakhir est une collaboratrice d’Afrique in visu et pourtant nous n’avions pas encore pris le temps de réaliser une interview. Pour ce début d’année 2024, nous avons souhaité échanger avec elle sur son nouveau projet, Daret à travers lequel deux artistes sont accompagnés dans leurs professionnalisations au Maroc pendant un an. A travers cette interview, c’est donc l’occasion de revenir sur son approche et son engagement.  Bonjour Ymane Fakhir, pour commencer, nous aurions aimé te demander de te présenter…Je suis Ymane Fakhir artiste en art visuel, fondatrice de la résidence Daret depuis 2021. Comment es-tu</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-transmission-comme-moteur-artistique-une-interview-de-ymane-fakhir/">La transmission comme moteur artistique, une interview de Ymane Fakhir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="8322" class="elementor elementor-8322">
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<p>Depuis 15 ans, l’artiste Ymane Fakhir est une collaboratrice d’Afrique in visu et pourtant nous n’avions pas encore pris le temps de réaliser une interview. Pour ce début d’année 2024, nous avons souhaité échanger avec elle sur son nouveau projet, Daret à travers lequel deux artistes sont accompagnés dans leurs professionnalisations au Maroc pendant un an. A travers cette interview, c’est donc l’occasion de revenir sur son approche et son engagement. </p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Bonjour Ymane Fakhir, pour commencer, nous aurions aimé te demander de te présenter…</strong><br />Je suis Ymane Fakhir artiste en art visuel, fondatrice de la résidence Daret depuis 2021.</p>
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<p><strong>Comment es-tu devenue artiste ?</strong><br />On est tous un peu artiste, non ?<br />Mon père a eu une mauvaise note en dissertation sur un sujet en art à son bac philo. Venant d’un milieu populaire, il n’avait aucune connaissance en la matière. Depuis, sa curiosité l’a poussé à se documenter et à acheter des livres sur la peinture que je feuilletais enfant.<br />Deux moments de mon enfance m&rsquo;ont marquée.<br />Le premier est un échange avec mon père : Sur le mur de notre salon, à Casablanca, une peinture acquise par mon père était un portrait que certains auraient pu qualifier d&rsquo;hideux, triste, mélancolique. Du haut de mes 8 ans je ne savais pas ce que pouvait signifier la laideur. Cette peinture me questionnait sur un seul point : Pourquoi sur ce portrait, cette femme a une barbe alors qu’elle a des seins? Quand je le questionnais mon père me répondit : “c’est ça l’art.”<br />J’ai appris récemment que mon père avait acheté cette peinture car son ami peintre et lui partageaient un amour envers leurs chères mères si courageuses et combatives. L&rsquo;ambiguïté de cette représentation n’est peut-être là que pour accentuer le vécu de sa mère qui assurait le rôle à la fois de mère et de père pour son fils : admiration et fierté de mon père envers la force et les origines de sa mère, descendante d’une famille d’esclave. L’histoire des femmes avait commencé avec eux<br />Le deuxième moment important de mon enfance est lorsque mon père a acquis un appareil photo Nikon F100. Le jour de la réception de l’appareil, toute la famille était présente. Nous avons passé la journée à poser. Et, quelques années plus tard, j’ai récupéré cet appareil quand je suis entrée aux Beaux- Arts de Casablanca.</p>
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<p><strong>Parle nous des sujets qui t&rsquo;intéressent</strong>.<br />Je trouve mon inspiration dans les récits des mémoires familiales qui sont souvent un point de départ vers des récits collectifs et les récits de sociétés. Enfant, j&rsquo;assistais et écoutais l’air de rien  les histoires d’adultes : secrets de familles, grossesse de jeunes filles hors mariage, histoires de couple, enfant adopté…, à croire que ces paroles ne pouvaient atteindre l’oreille d’un enfant. Certaines histoires venaient de la sphère familiale, d’autres rapportées par des tiers. Les histoires de ma grand-mère ; souvent sur les esprits et le monde parallèle, ont été des formes de contes racontés naturellement, à la fois merveilleux et inexplicables.</p>
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<p><strong>Dans ta pratique artistique, il y a un fil conducteur fort autour de la question de la Femme et des questions sociétales auxquelles elle est confrontée au Maroc. Peux-tu nous en dire plus ?</strong><br />Mes premières lectures étaient les livres de <strong>Fatima Mernissi</strong>, <strong>Rita Khayat</strong> ou <strong>Soumaya Guessous</strong>. Le récit et les sujets sociétaux étaient au cœur de leurs écrits, comme un acte de prise de parole et une résistance au quotidien. Je ne me considère pas comme une féministe activiste, mais le progrès tel que je le pense est une égalité de chance.<br />L’idée de développer certains sujets comme le mariage, la succession, la santé, les rituels, la mémoire, le temps c’est qu’ils sont actés par le besoin de sensibiliser ou faire prendre conscience de la place de la femme dans nos sociétés. Le trousseau est né après avoir vu ma mère collecter tout ce dont je pourrais avoir besoin pour ma maison en passant par des objets traditionnels, des objets rapportés de voyages par ma famille et des objets confectionnés par les artisanes et artisans des villes du Maroc. Les objets sont isolés, photographiés sur fond blanc, hors contexte, libérés de tout souvenir. Que faire de ces objets ? j’ai tout simplement documenté une tradition qui s’arrête avec ma génération et que je transmets en forme d’ inventaire photographique..<br />L’héritage est aussi une continuité par son aspect de transmission, j’avais vécu, écouté et j’écoute toujours des témoignages sur la succession, il ne s’agissait pas de remettre en question la religion qui est une immense civilisation, mais une proposition, un dialogue avec lui afin de se questionner à travers lui. Comment accompagner les familles qui se retrouvent fragilisées sur la question de Taasib, ou les problèmes d’indivision qui se perpétuent sur deux ou même trois générations.</p>
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<figure><img decoding="async" data-id="8335" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Panier-a-pain-le-trousseau-2008-2011-©Ymane-Fakhir--1024x1024.jpg" alt="" />Panier à pain, le trousseau 2005-2011©Ymane Fakhir</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="8327" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Assiettes-Le-trousseau-2005-2008-©Ymane-Fakhir-1024x1024.jpg" alt="" />Assiettes, Le trousseau, 2005 &#8211; 2011 ©Ymane Fakhir</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="8337" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Theiere-en-argent-Le-trousseau-2008-2011-©Ymane-Fakhir-1024x1024.jpg" alt="" />Théière en argent, Le trousseau 2005-2011 ©Ymane Fakhir</figure>
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<figure><img decoding="async" data-id="8332" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Huile-vierge-2014-©Ymane-Fakhir-1024x1024.jpg" alt="" /></figure>
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<p><strong>Aujourd&rsquo;hui tu développes tes projets non plus uniquement à travers la photographie mais aussi sous d&rsquo;autres formes, pourquoi ?</strong><br />Au fur et à mesure du temps, la photographie ne suffisait plus pour exprimer tout ce que je voulais conter. C’est naturellement que je suis passée après le travail photographique sur le trousseau 2005-2008, bouquet 2006-2008 et socle 2012 à la série des vidéos Handmade (2011-2012), une série de cinq vidéos, ou je capture les gestes répétitifs alimentaires de ma grand-mère qui transforme des matières premières en produits de base ( graines, cheveux d&rsquo;ange…). Ces vidéos sont comme des photographies qui s’étirent dans le temps.<br />Le travail d’observation sur le terrain m’a amenée à matérialiser les enquêtes et m’a permis de questionner d’autres médiums comme la sérigraphie, l’installation, la vidéo ou encore l&rsquo;écriture. Comme par exemple le projet « The Lion’s Share 2017 » qui associe photographie, objet en verre, vidéo et sérigraphie dans le but de rendre compte des inégalités qui perdurent dans la succession du droit Marocain. C&rsquo;est à travers la sérigraphie que j&rsquo;ai pu révéler cette inégalité . Plus récemment, la pièce « Le gouffre du léopard 2020 » s&rsquo;articule autour d&rsquo;une lecture performée tandis que j&rsquo;ai choisi la forme de l’installation pour raconter le projet « As we go along, 2020 » issu d’un travail de recherche sur la double culture avec les habitants de la cité La Castellane à Marseille.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-L-epouse-The-lions-share-2016-©Ymane-Fakhir-683x1024.jpg" alt="" />
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<p>L&rsquo;épouse, The lion&rsquo;s share, 2016, ©Ymane Fakhir</p>
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<p><strong>Il y a quelques temps, tu as décidé de lancer un programme de soutien et de résidence au Maroc auprès de artistes marocain.es «Daret » ; quel est la génèse du projet et que signifie ce mot ? </strong><br />Daret est une association à but non lucratif qui porte un projet itinérant et collaboratif, inspiré d’une forme d’économie solidaire, pour soutenir et participer à la structuration de la scène artistique émergente marocaine à travers la mise à disposition d’un appartement/atelier le temps d’une année.<br />Daret est un mot inspiré des modèles de tontines en Afrique, en Asie, en Amérique Latine ainsi qu’au Maghreb ou plus simplement des rituels d’entraide entre voisin·es ou membres d’une même famille.<br />Tontine et Daret signifie la même chose. Un groupe d’amis ou de proches décident de se réunir régulièrement pour mettre leur épargne en commun. Ma grand-mère, ma mère et d’autres membres pratiquaient Daret (Chacun.e mettait une somme tous les mois ensuite mise en commun et remise à celui qui en avait le plus besoin). C&rsquo;était aussi un rendez-vous lors de la remise de la cagnotte pour se retrouver, fêter un repas, échanger sur une décision ou un avis. Une amie de ma mère utilisait sa cagnotte pour organiser une fête de Chikhat chez elle, d’ailleurs j’en garde un souvenir magique. j’ai vu pour la première fois les danseuses debout, les pieds en équilibre sur trois verres « hayati » et un plateau de verre et de bougie sur leurs têtes. Une performance populaire digne d’un équilibriste.<br />Je me suis inspirée de cette forme d’économie solidaire et j’ai mis en place les membres mécènes privés de l’association Daret qui participent tous les mois avec la même somme mais cette fois-ci elle est attribuée pour la location d’un atelier/logement pour une année.<br />La résidence Daret réinvestit cette tradition en invitant ami·es, particulier·ères, institutions et entreprises désireux·ses de soutenir la scène contemporaine marocaine à prendre part à un système semblable, pour offrir aux jeunes artistes un réel soutien matériel et financier auquel s’ajoute l’opportunité d’élargir leur perspective individuelle dans un espace collectif.<br />La résidence Daret a débuté en janvier 2021 avec les artistes Khadija el Abyad et Soukaina Joual avec un accompagnement sur mesure de la commissaire d’exposition Flora Fettah en partenariat avec Le Cube &#8211; independent art room, dirigé par Elisabeth Piskernik, qui a accueilli les artistes dans les lieux de sa résidence. Daret a définitivement vu le jour en février 2021 grâce à l’investissement des ami.es mécènes adhérent.es. La dynamique collective et le soutien décisif d&rsquo;Asma El Aaly, Amina Benbouchta et de trois autres mécènes qui préfèrent rester discret·es, ont permis d’ouvrir le bal de la première édition.<br />Certes, pour cette deuxième édition, le jury artistique a sélectionné deux jeunes artistes femmes mais la résidence Daret est ouverte pour tout artiste qui souhaite y postuler.<br />Pour ce qui est de la genèse du projet, je pars du constat de la difficulté des artistes au Maroc liées aux coûts élevés des espaces de travail et de logement, ce qui impacte leur travail, surtout lors des moments clés au début de leurs carrières. Après l&rsquo;obtention de leurs diplômes, les jeunes artistes se retrouvent sans réel soutien ou accompagnement pour se former, entre le monde de l&rsquo;enseignement et celui des galeries d&rsquo;art.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Exposition-Leportail-SJ-et-KEA-Darelkitab-2023-2024-©Abdelhamid-Belahmida--1024x683.jpg" alt="" />
<p>Exposition Le portail de  Soukaina Joual et Khadija El Abayd, Dar el Kitab 2023-2024 ©Abdelhamid Belahmida</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Exposition-Le-portail-Khadija-El-Abyad-Curatrice-Flora-Fettah-Darelkitab-2023-2024.-©Abdelhamid-Belahmida--1024x683.jpg" alt="" />
<p>L’hyar – لحیار, Khadija el Abyad, dessin sur papier 70 x 90 cm, exposition le portail, Dar El Kitab, Casablanca, Photographie©Abdelhamid Belahmida</p>
<figure id="attachment_8370" aria-describedby="caption-attachment-8370" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8370 size-full" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/Exposition-Le-portail-a-Darelkitab-2023-2024.-Residence-Daret-Soukaina-Joual.-Curatrice-Flora-Fettah.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/Exposition-Le-portail-a-Darelkitab-2023-2024.-Residence-Daret-Soukaina-Joual.-Curatrice-Flora-Fettah.jpeg 640w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/Exposition-Le-portail-a-Darelkitab-2023-2024.-Residence-Daret-Soukaina-Joual.-Curatrice-Flora-Fettah-300x200.jpeg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/Exposition-Le-portail-a-Darelkitab-2023-2024.-Residence-Daret-Soukaina-Joual.-Curatrice-Flora-Fettah-480x320.jpeg 480w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8370" class="wp-caption-text">Raw Body, Soukaina Joual, broderie sur textile 190×150 cm, exposition le portail, Dar El Kitab, Casablanca, Photographie ©Abdelhamid Belahmida</figcaption></figure>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2024/01/AIV-Residence-Daret-2021-2022-Rabat-1024x768.jpg" alt="" />
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<figcaption>Résidence Daret 2021- 2022 Rabat</figcaption>
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<p><strong>Ce projet compense-t-il un manque, selon toi, au Maroc quant aux résidences d’artistes et sur l’accompagnement artistique ?</strong><br />Oui il y a un manque malgré la présence des structures comme Le Cube – independent art room et L’appartement 22 à Rabat, Caravane Tighmert et Ouadane, L’espace Le 18 à Marrakech, Mahal Art Space à Tanger, la résidence le Kiosk  et The mother ship à Tanger, le projet Tassarout à  Rabat et Think art à Casablanca pour ne citer que quelques un qui sont des acteurs incontournables à la fois pour accompagner l’artiste sur une courte durée ou pour créer des espaces de discussions, d’ateliers et d’expositions. Je sais aussi que certains lieux accompagnent les artistes sans que ça soit officiel.<br />Daret à pour objectif de contribuer à la structuration et la professionnalisation des jeunes artistes en proposant une résidence sur du long terme et qui permet de prendre le temps de s’inscrire dans l&rsquo;écosystème artistique du territoire et d’avoir un impact artistique plus important.</p>
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<p><strong>La première édition de ce programme vient de se terminer. Peux-tu nous raconter cette aventure et les acteurs de ce projet du démarrage à son aboutissement avec l&rsquo;exposition à Dar el Kitab ?</strong><br />Si Daret se fonde sur des principes clairs, elle s’attache à accompagner la création émergente par un curating sur mesure. Il n’y a pas un plan prédéfini car elle se construit à partir des rencontres, des idées, des projets des artistes, et surtout de leurs besoins. Je rencontre aussi les structures locales et on voit ensemble de quelle manière notre partenariat peut avoir un sens.<br />Aujourd’hui, Daret c’est trois ans de travail dont 15 mois de résidence.<br />La solidarité et la communauté en sont des valeurs importantes : le projet a pu se développer grâce à celles et ceux qui y ont participé et l’ont soutenu. Un groupe de mécènes privés permet la location de l’appartement/atelier, l’institut Français du Maroc offre un soutien pour la mise en place de l’accompagnement curatorial, Le Cube a été la première maison du projet et Balima a été notre partenaire pour les séjours curatoriaux.<br />Pour cette première édition, les artistes Soukaina Joual et Khadija El Abyad ont bénéficié de l’accompagnement de la commissaire d’exposition Flora Fettah, basée à Marseille, qui s&rsquo;est rendue plusieurs fois à Rabat pour maintenir les échanges avec les artistes résidentes. Du 28 octobre 2023 au 28 Janvier 2024, l’exposition « Le portail », qui a lieu à Dar el Kitab sur une invitation de Kenza Amrouk et Ali Boutaleb clôture la première édition de la résidence Daret. Pour restituer les échanges qui ont eu lieu pendant la résidence, la curatrice et les artistes ont également choisi de réaliser un fanzine, avec le concours de la graphiste, Engy Mohsen. Celui-ci, présenté pour la fin de l’exposition, rassemble des textes sur les artistes et Daret, une discussion à trois voix et un cadavre exquis dans lequel les artistes font se répondre leurs œuvres.</p>
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<p><strong>Tu mènes informellement ce travail d&rsquo;accompagnement depuis des années, Cette première édition était très personnelle puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;artistes que tu connais depuis très longtemps. Pourquoi t&rsquo;engager de manière plus formelle ? Pourquoi avoir voulu pérenniser Daret ?</strong><br />Les artistes <strong>Khadija el Abyad</strong> et<strong> Soukaina Joual</strong> ont bénéficié de la résidence car l’une et l’autre n’avait plus ni d’espace de travail ni d’habitation et c’est dans cette forme d’urgence que Daret est né.<br />La première édition est une histoire d&rsquo;amitié et c’est vrai, je pouvais m’arrêter là mais je me suis rendue compte qu’il y a des manques et un grand vide… quand on est tout juste diplômé. L’institut français continue de nous soutenir ainsi qu’un groupe de Mje reconduis l’aventure. Les marocains de toutes les conditions s’unissent sans cesse, dans le cadre des associations, des catastrophes, pour participer à la construction d’une mosquée ou à une Daret. Le Mécénat privé est une alternative forte, et ce qui m&rsquo;intéresse aujourd’hui c’est de développer et de réfléchir au mécénat privé en allant vers des formes plus hybrides : des formes de valorisation comme des conseils, des dons, des appuis financiers.</p>
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<p><strong>La deuxième édition vient de commencer avec deux artistes et une commissaire d’exposition . Pourrais-tu nous raconter la particularité de cette édition et l&rsquo;évolution du Projet ?</strong><br />Contrairement à la première édition, le duo Oumayma Abouzid Souali et Oumaima Abaraghe de la deuxième édition a été sélectionné par un comité artistique qui se compose de Meriem Berrada directrice du MACAAL, Karim Amor consultant, Mariem el Ajraoui chercheuse en cinéma et la commissaire d’exposition de la deuxième édition Salma Mochtari.<br />L’institut Français de Rabat réitère le soutien ainsi que la constitution d’un nouveau groupe d’adhérents Mécènes pour la location d’une année d’un appartement/logement.<br />La deuxième édition est une continuité de la première, les artistes seront accompagnés par la commissaire d’exposition Salma Mochtari. Pendant la résidence, nous prévoyons d&rsquo;organiser un talk et une rencontre menés par la commissaire avec si les fonds le permettent, des workshops et formations courtes pour les artistes.</p>
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<p><strong>Comment arrives – tu à articuler ton travail d&rsquo;artiste avec le travail de Daret qui est chronophage ?<br />Et quels sont tes projets sur le long terme tant à un niveau personnel que pour la résidence ?</strong><br />Pour le moment la majorité de mon temps est dédié à Daret en espérant un jour passer la main. Récemment j’ai participé en tant qu’artiste au voyage d’exploration de la Caravane Ouadane en Mauritanie, cela a frayé un nouveau chemin sur une nouvelle idée de projet. La mesure du temps est nécessaire pour que les projets naissent que ça soit personnel ou pour Daret.<br />La résidence est une continuité et une ouverture vers d’autres disciplines, une autre manière de voir les champs de l’art.<br />Pendant qu’on cherchait un appartement/logement pour la résidence Daret, J’ai remarqué à Casablanca, des immeubles entièrement vides. Une mise à disposition d’un tel espace peut être un lieu de travail et de ressource pour les artistes et les professionnel.les de la culture.</p>
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<p>L’espace sera non seulement créatif et culturel mais il sera aussi témoin de la vitalité de la scène artistique et de la dynamique d’un quartier.</p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/la-transmission-comme-moteur-artistique-une-interview-de-ymane-fakhir/">La transmission comme moteur artistique, une interview de Ymane Fakhir</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Percevoir et recevoir le monde, une interview de Ange-Frédéric Koffi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/percevoir-et-recevoir-le-monde-une-interview-de-ange-frederic-koffi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 10:11:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.afriqueinvisu.org/?p=8293</guid>

					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion de la foire parisienne AKAA que nous avons eu l&#8217;occasion de rencontrer Ange-Frédéric Koffi. Depuis la dernière biennale de Bamako où nous avions aperçu son travail, ce plasticien nomade n&#8217;a cessé de ré-inventer sa pratique pour percevoir et recevoir le monde qui l&#8217;entoure. Dans cette interview, il revient sur ses derniers projets et son approche. Expositions, recherches, curations , Ange-Frédéric Koffi n&#8217;a de cesse de tenter de comprendre les mécanismes de perception et de construction l&#8217;humain a créé . Cher Ange-Frédéric Koffi, pour commencer cette discussion avec toi, peux-tu te présenter.Je m’appelle Ange, Ange-Frédéric Koffi. Je suis</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de la foire parisienne  <a href="https://akaafair.com/" data-type="link" data-id="https://akaafair.com/">AKAA </a>que nous avons eu l&rsquo;occasion de rencontrer Ange-Frédéric Koffi. Depuis la dernière biennale de Bamako où nous avions aperçu son travail, ce plasticien nomade n&rsquo;a cessé de ré-inventer sa pratique pour percevoir et recevoir le monde qui l&rsquo;entoure. Dans cette interview, il revient sur ses derniers projets et son approche. Expositions, recherches, curations , Ange-Frédéric Koffi n&rsquo;a de cesse de tenter de comprendre les mécanismes de perception et de construction l&rsquo;humain a créé .</p>



<p><strong>Cher Ange-Frédéric Koffi, pour commencer cette discussion avec toi, peux-tu te présenter.</strong><br>Je m’appelle Ange, Ange-Frédéric Koffi. Je suis plasticien, et la photographie est un de mes médiums de prédilection.</p>



<p><strong>Nous aimerions que tu nous racontes comment tu en es venu à t&rsquo;intéresser à la photographie.</strong><br>Mon rapport à la photographie, et plus spécifiquement à l&rsquo;image a commencé quand j&rsquo;étais jeune et que je partais en colonie de vacances. L’image était pour moi un moyen de pouvoir immortaliser des souvenirs, des personnes, des lumières, des événements… Je me suis vraiment intéressé à la photographie sur recommandation d&rsquo;un ami de ma mère, Jean-Luc Monterosso. Jean-Luc m&rsquo;a fortement poussé à cultiver ma pratique photographique quand j&rsquo;étais encore lycéen. C&rsquo;est lui qui m&rsquo;a réellement fait prendre conscience du potentiel que pouvait être ce médium. Petit à petit, je me suis formé a la photographie, et il est vrai que ma formation classique (argentique) que m’a donnée Anne Immelé, a de manière inévitable influencée ma pratique.</p>



<p><strong>Aujourd&rsquo;hui comment divises – tu ton temps entre le commissariat et ton travail d&rsquo;artiste visuel&nbsp;? Et ces deux casquettes que tu portes se croisent -elles parfois&nbsp;</strong>?<br>Mon emploi du temps est millimétré et demande une certaine orchestration afin de pouvoir pratiquer le commissariat et avoir en même temps une pratique artistique personnelle. J’ai depuis 2 ans à présent décidé de ne plus avoir de maison. Ne pas voir cette charge, me permet d’être en mouvement perpétuel afin d’embrasser le plus possible ce style de vie (nomadisme) qui me nourrit tant.<br>Pour moi, il s&rsquo;agit d&rsquo;une seule et même pratique, car mon processus curatorial est le fruit de façon indéniable avec ma pratique artistique. Il ne s&rsquo;agit donc pas de deux casquettes. Mon emploi du temps va être régi par ma géographie. Lorsque je me trouve sur le continent africain, ma pratique va être surtout celle d&rsquo;un photographe. Lorsque je me trouve en dehors du continent africain, ma pratique va alors se délaisser la prise de photo pure et continuer une recherche de matérialité diverse. Cette recherche est vague et englobe différents domaines de production.</p>



<p><strong>Revenons sur tes projets en tant qu&rsquo;artiste :<br>Peux-tu nous raconter ce qui t&rsquo;anime et quelle est ton approche ?</strong><br>En tant qu’artiste, ou en tant que commissaire d&rsquo;exposition, ce qui m&rsquo;anime, c&rsquo;est la façon dont nous pouvons percevoir et recevoir le monde et ce qui nous entoure. Je suis fasciné de comprendre les mécanismes de perception et de construction que nous, humains, avons créés et développés. Mes recherches sont par conséquent orientées sur la déconstruction et la création de système de représentation. La Matérialisation des images ainsi que la réception des formes qui en découlent vont être le cœur de mon approche.</p>



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<p><strong>En 2022, tu es nominé pour le prix Foam avec ton travail «  Le Grand Voyage &#8211; Version Courte », qu&rsquo;évoque ce travail ?</strong><br>Depuis 2015, je traverse l’Afrique de l’Ouest. De la Mauritanie au Niger, en passant du Mali à la Côte d’Ivoire, je me promène dans cet espace en me questionnant sur la relation que nous entretenons avec la route. Je marche dans les rues, attentif au monde qui m’entoure, aux passants, aux voitures, aux ambiances et tente de capter des moments significatifs, intuitivement pensés dans l’instant photographique. Mes déplacements se veulent multiples et prennent différentes formes. Les moyens varient et les temps diffèrent. Il va naître de toutes ces bribes quelque chose de tangible qui traduit une société en plein changement. Les images que je prends s’imbriquent les unes dans les autres. Ces fragments forment des découpes dans le mouvement et font entrevoir la fugacité de cette société ouest- africaine en bouillonnement perpétuel. Le moyen  de transport n’est plus seulement un objet de l’image, il devient une forme figurée et allégorique du dynamisme. L’enjeu de ma fragmentation photographique n’est pas tant une représentation de l’image que l’agencement des photographies en tant qu’ensemble. La fragmentation photographique rompt l’illusion d’une réalité connue, visible et signifiante.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-8299" style="width:840px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1024x684.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-768x513.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-1536x1026.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015-480x321.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Azimut-2015.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Azimut, 2015</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="744" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1024x744.jpg" alt="" class="wp-image-8302" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1024x744.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--300x218.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--768x558.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--1536x1116.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015--480x349.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Serie-Market-2015-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Série Market, 2015</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-8301" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1024x746.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--300x219.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--768x559.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--1536x1119.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi--480x350.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Le-Grand-Voyage-Version-courte-Partie-IV-I-WAS-HERE-I-SAW-HERE-La-Filature-2020-@Ange-Frederic-Koffi-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Grand Voyage &#8211; Version courte, Partie IV, I WAS HERE &#8211; I SAW HERE, La Filature, 2020 @Ange-Frederic Koffi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="742" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1024x742.jpg" alt="" class="wp-image-8300" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1024x742.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-300x217.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-768x557.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-1536x1113.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy-480x348.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Foam-Talent-2022-Foam-Photo-Christian-van-der-Kooy.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Foam Talent, 2022 Foam Photo- Christian van der Kooy</figcaption></figure>



<p><strong>En 2023, ton exposition personnelle « Territoire des perceptions Sérénade des formes », s&rsquo;est tenue en Côte d&rsquo;ivoire pays dont tu es originaire, peux- tu nous parler de cette exposition et de l&rsquo;écho qu&rsquo;elle a eu sur place ?</strong><br>Depuis 2017, j’ai déjà eu l’occasion de pratiquer l’exercice que peut-être celui d’un solo show. Abidjan n’était donc pas mon premier galop d’essai ! Cependant, cette exposition s’inscrivait dans la dynamique de mes précédentes expositions.  Pouvoir montrer mon travail à Abidjan dans une forme globale était pour moi extrêmement important, car je pouvais enfin présenter l’ensemble de mes recherches et pensées chez moi… Pouvoir appliquer ses théories à ‘la maison’(sur la maison) était extrêmement stimulant, car d’une part il y avait un challenge esthétique (présenter à des personnes concernées un travail qui parle en partie d’eux) et d’autre part une joie immense de pouvoir être chez sois.  La réception sur place à je crois été très bonne. Être à la Galerie Cécile Fakhoury (rare espace de monstration de production contemporaine a Abidjan.) m’offrait une visibilité certaine. Les visiteurs on été sensibles, je crois à l’immersion que je leur proposais, et ceux qui était touchants pour ma part, c’était ceux qui venaient me voir et me disant que l’exposition les faisait prendre conscience du monde qui les entoure ; des détails qui maintenant allaient les animer.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1024x681.jpg" alt="Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly" class="wp-image-8303" style="width:842px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-1536x1022.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-2-@Issam-Zejly.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8304" style="width:839px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1024x682.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-1536x1023.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Territoire-des-perceptions-Serenade-des-formes-Galerie-Cecile-Fakourhy-2023-@Issam-Zejly.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Territoire des perceptions Sérénade des formes, Galerie Cécile Fakourhy, 2023 -2 @Issam Zejly</figcaption></figure>



<p><strong>Cet automne, on a pu voir ton travail dans une très belle exposition bruxelloise ‘at the limit of dream’ (Aux confins du rêve), où tes recherches visuelles croisent des références textuelles, peux – tu nous parler de ce projet ?</strong><br>At the limit of the dream s’inscrit également dans la traduction de mes recherches dans une forme autres que l’écrit. Toujours universitaire, une grande partie de mes cherches se traduisent naturellement par des essais que je réalise. Cette nouvelle exposition m’a permis donc de développer formellement mon intérêt pour le territoire et de questionner les perceptions que nous avons de ce territoire (qui est certes lier à la terre, et a son aménagement, mais également a l’habitat, la maison, au chez sois, au corps, …). Dans cette nouvelle exposition, je fais réapparaître des formes (écrites) qui étaient déjà présent dans mon exposition Le Grand Voyage &#8211; Version Courte que j’ai présenté à Bamako en 2017.  Dans son essai Towards a Philosophy of Photography qui sort pour la première fois en 1983, Vilèm Flusser nous démontre qu’une image est constituée de plusieurs couches invisibles. Plusieurs niveaux d&rsquo;abstraction viennent construire l&rsquo;image, passant par le dessin, l&rsquo;écriture, l&rsquo;écriture scientifique, avant de devenir les images scientifiques que sont les photographies que nous produisons aujourd’hui. Ma série First proposition &#8211; word image &amp; myth (2023) s’inscrit dans une volonté de crée une tension entre les différentes couches qui composent une image. Parce que les images sont des surfaces significatives, elles font appel à l&rsquo;imagination, car elles nécessitent un décodage. Ce décollage ici ce construit en tension entre les mots et les images, entre les transparences et les superpositions.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-8296" style="width:841px;height:auto" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-1536x1096.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-v-2023-jpg.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ange-Frédéric Koffi, First proposition &#8211; word, image &amp; myth i, 2023 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="767" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1024x767.jpg" alt="" class="wp-image-8295" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1024x767.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--768x575.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--1536x1150.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023--480x359.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/Ange-Frederic-Koffi-First-proposition-word-image-myth-i-2023-.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ange-Frédéric Koffi, First proposition &#8211; word, image &amp; myth i, 2023 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="575" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1024x575.jpg" alt="" class="wp-image-8298" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1024x575.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-768x431.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-1536x862.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres-480x269.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-2023-@-Audray-Joncheres.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">at the limit of dream, Nosbaum Reding / Bruxelles, Belgique, 2023 @ Audray Jonchères</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="704" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1024x704.jpg" alt="" class="wp-image-8297" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1024x704.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-300x206.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-768x528.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-1536x1056.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023-480x330.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/11/at-the-limit-of-dream-Nosbaum-Reding-Bruxelles-Belgique-@-Audray-Joncheres-2023.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">at the limit of dream, Nosbaum Reding / Bruxelles, Belgique, 2023 @ Audray Jonchères</figcaption></figure>



<p><strong>En tant que commissaire, on a vu dernièrement ton exposition lors de la foire AKAA autour de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Adama Sylla, comment as-tu découvert son œuvre et pourquoi t&rsquo;a t-elle intéressé ?</strong><br>J’ai la première fois découvert le travail d’Adama Sylla dans l’ouvrage Anthologie de la Photographie Africain &#8211; De l’océan indien et de la Diaspora, paru en 1998 par Revue Noire. J’ai par la suite rencontré son travail physiquement lors d’une exposition à Lyon, où Adama Sylla exposait aux côtés d’Eva Diallo, une amie. Lorsque Marc Monsallier (ancien directeur de l’institut Français de Saint-Louis, Sénégal) me contacte durant l’été 2022 pour organiser une exposition, j’accepte directement. L’exposition qui était présentée à la foire Akaa n’était pas un de mes commissariats, mais elle s’inspirait de l’exposition Mécanique Poétique qui s’est tenue en mars dernier conjointement à la galerie Talmart et à la Galerie Lalalande. L’œuvre de Sylla (89 ans) me fascinait, car en plus d’être passé sous les radars, elle regorge de richesses. Poursuivant une entreprise d’archivage, il est attentif aux corps, aux regards, aux lignes et aux détails qui viennent composer ces images, Adama Sylla n’est pas dans un rapport esthétique. Il capte les histoires personnelles qui l’entourent. Par sa pratique acharnée, il développe une écriture propre à lui et surtout, il révèle les vérités et les formes universelles qui nous unissent. Il dépasse la technique et se focalise sur l’acte de capter une collection d’instants.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets en 2024 et 2023 (résidence, expo, commissariat, écrit</strong>s) ?<br>2023 a été marqué par 2 solos show, 1 commande publique, 1 groupe show, 2 symposiums, 2 résidences et une publication scientifique. C’est une année qui a été expérimentale et chronophage !<br>J’entame 2024 avec la Black Rock Residency a Dakar, et enchaîne avec un voyage d’études. Quelques expositions sont programmées, mais j’attends avec impatience la confirmation d’une exposition pour le mois de juin. Cela promet déjà d’être une année encore sur les chapeaux de roue.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/percevoir-et-recevoir-le-monde-une-interview-de-ange-frederic-koffi/">Percevoir et recevoir le monde, une interview de Ange-Frédéric Koffi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Photosa 2023 &#8211; Interview d&#8217;Adrien Bitibaly</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/photosa-2023-interview-dadrien-bitibaly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 10:33:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[adrien Bitibaly]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[ouagadougou]]></category>
		<category><![CDATA[photosa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Adrien Bitibaly n&#8217;est pas un anonyme sur Afrique in visu. Depuis quelques années nous avons pu suivre l&#8217;évolution de son travail photographique. En 2021, Adrien Bitibaly a développé une première édition d&#8217;un festival intitulé Photosa. Retour à travers cette interview sur ce projet ambitieux, son évolution et son public à Ouagadougou. J&#8217;aurais aimé commencer par une question d&#8217;ordre général sur pourquoi avoir monté un festival à Ouagadougou ? (état général de la photo dans ton pays, festivals, Formations, économie,&#8230;)Au Burkina Faso, la photographie est omniprésente dans les cérémonies de la vie comme les mariages, les baptêmes, les funérailles. Ici, «</p>
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<p>Adrien Bitibaly n&rsquo;est pas un anonyme sur Afrique in visu. Depuis quelques années nous avons pu suivre l&rsquo;évolution de son travail photographique. En 2021, Adrien Bitibaly a développé une première édition d&rsquo;un festival intitulé Photosa. Retour à travers cette interview sur ce projet ambitieux, son évolution et son public à Ouagadougou.</p>



<p><strong>J&rsquo;aurais aimé commencer par une question d&rsquo;ordre général sur pourquoi avoir monté un festival à Ouagadougou ? (état général de la photo dans ton pays, festivals, Formations, économie,&#8230;)</strong><br>Au Burkina Faso, la photographie est omniprésente dans les cérémonies de la vie comme les mariages, les baptêmes, les funérailles. Ici, « on aime sortir la phase », c’est-à-dire prendre une position appropriée pour immortaliser l’instant. La photographie fait partie du quotidien. Pourtant, lorsqu’il s’agit de voir le pays à travers le regard d’un artiste, tous ces hommes et femmes qui adorent la photographie sont absents. Les expositions photographiques deviennent des lieux de « privilégiés », accessibles à peu de personnes (les personnes aisées, les occidentaux, les artistes…) : malgré la gratuité, le grand public ne s’y rend pas. Est-ce une question de culture ou un problème d’accès aux expositions photographiques ? Sans avoir nécessairement la réponse à cette question, j’ai souhaité faire quelque chose pour changer la donne.<br>La photographie ne fait pas partie des arts qui sont valorisés au Burkina Faso, au-delà des expositions qui sont parfois organisées par les structures telles que l’Institut Français ou le Goethe Institut. Elle reste avant tout un moyen de documenter les événements publics ou privés et n’est pas perçue comme un art.<br>Pourtant, Ouagadougou accueille de nombreux évènements culturels (le FESPACO, le SIAO, les Récréâtrales, le FITMO, les REMA…), mais la photographie ne connaissait pas d’évènement marquant dans la capitale burkinabè&nbsp;: nous l’avons donc créé, pour donner à cet art toute la place qu’il mérite.</p>



<p><strong>As-tu été inspiré par un festival en particulier pour imaginer ce projet ou est-ce un mélange de plusieurs festivals et idées&nbsp;?</strong><br>Il s’agit avant tout d’une idée personnelle qui a germé depuis 2015. Je commençais à m’établir en tant que photographe, et mon objectif était de faire une exposition chaque année au Burkina Faso. J’ai effectivement réussi à mettre cela en place, mais je voyais que le public burkinabè n’était pas au rendez-vous lors des expositions dans les lieux habituels. A partir de 2017, je me suis alors dit qu’il fallait faire différemment, et j’ai imaginé les choses jusqu’à me lancer en 2021.<br>L’idée d’aller chez les gens est inspirée des Récréâtrales, le festival de théâtre de Ouagadougou qui se déroule dans les cours familiales. J’ai trouvé que c’était une manière intéressante de rendre la culture accessible, et c’était précisément l’objectif que je poursuivais.</p>



<figure><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_DSCF0695-1024x768.jpg" alt="" width="840" height="630" /></figure>



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<p><p><strong>Quels étaient les premiers objectifs en 2021 de Photosa&nbsp;? Ceux-ci ont-ils évolué en 2023&nbsp;?</strong><br>Les objectifs initiaux de PHOTOSA en 2021 étaient de&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Promouvoir la photographie d’art auprès du grand public et dans le milieu culturel du Burkina Faso en offrant un espace de médiation sur la culture visuelle.</li>
<li>Mettre la photographie au cœur des quartiers en impliquant directement les familles dans les expositions qui se tiendront dans leur cour d’habitation</li>
<li>Créer un cadre d’expression, de formation et de promotion pour les photographes burkinabè et internationaux</li>
</ul>
<p>Pour 2023, les objectifs sont restés les mêmes, avec plus d’ambition, puisque le nombre de photographes invités était plus important, il y a également eu plus de formations et plus d’activités pendant le festival. Avec notamment une formation, initialement développée pour les photographes, pour des jeunes commissaires d’expositions.</p></p>



<p><strong>La particularité de Photosa est qu&rsquo;il ne se tient pas dans une institution muséale mais qu&rsquo;il se déplace chez les gens. Peux-tu nous raconter cette idée et son déroulement sur le terrain&nbsp;?</strong><br>L’idée peut se résumer en une phrase&nbsp;: puisque les burkinabè ne vont pas dans les expositions, les expositions viendront à eux, jusque dans leur cour. J’ai choisi de lancer cela dans ma ville, Ouagadougou, et plus précisément dans le quartier de Wemtenga, qui est un quartier réputé pour sa vie nocturne et son animation.<br>Pour la première édition, j’ai dû faire un travail de démarchage auprès des familles pour les convaincre de nous laisser utiliser leur cour. Ils étaient sceptiques au début, ils ne savaient pas ce qui allait se passer, et ce n’est pas forcément facile d’accepter de laisser entrer des étrangers chez soi. L’ambiance lors du festival était telle qu’ils étaient finalement fiers et enchantés de cette expérience. Certains propriétaires de cours sont devenus guides de «leur» exposition. Une attention toute particulière fut donc portée à la médiation auprès de ces personnes afin d’accompagner leur rôle de «transmetteurs». La plupart ont bien voulu nous accueillir de nouveau cette année.<br>Une partie des expositions se tient également dans l’espace public, autour et dans une salle de cinéma, qui se trouve au centre de la place principale du quartier. On trouve autour des bars, des commerces…C’est le cœur de la vie du quartier, ainsi les gens de passage voient forcément les expositions.<br>Il était prévu pour cette édition de compléter le festival par une exposition au Musée National du Burkina Faso, car la photographie n’est pas représentée dans ce musée. Malheureusement, cela n’a pas été possible de réaliser cela cette année faute de financement.<br>Il faut aussi préciser que Photosa, ce n’est pas que des expositions&nbsp;: c’est aussi des formations, un défilé photographique une caravane dans la ville, des soirées de projections et débats, une mise en valeur du mentorat, des lectures de portfolios, des événements dont nous parlerons plus loin.</p>



<p><strong>Quel est le public visé&nbsp;?</strong><br>Le public visé est avant tout celui qui ne va pas dans les expositions, c’est-à-dire ceux qui peuvent avoir tendance à penser que la culture est réservée aux élites. L’idée est aussi de faire se rencontrer les différents types de publics dans un lieu inhabituel et de montrer que la photographie rassemble. Lors de l’édition 2021, la Première Dame était venue par surprise, ce fût une grande émotion pour les gens du quartier&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8270" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1066453-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8269" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1066461-1024x768.jpg" alt="" /></figure>

</figure>



<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa-_3-1024x767.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Pour cette deuxième édition, 16 auteurs sont exposés, peux- tu nous dire comment a été opérée cette sélection et nous dire quelques mots sur chaque participant et la série exposée&nbsp;?</strong><br>L’édition 2023 rend hommage au photographe américain David Pace (1951-2020). David Pace portait le Burkina Faso dans son cœur et a soutenu et encouragé des jeunes photographes burkinabè. Il a consacré dix ans à un projet documentant la vie dans un village du Burkina Faso : Bereba (Province du Tuy, département de Houndé.). En plus de participer à un workshop qu’il a animé, j’ai été son assistant pendant 1 mois lors d’un de ses nombreux séjours à Bereba. Outre l’hommage personnel à un photographe qui a contribué à faire connaître le Burkina Faso dans le monde entier, il s’agit également de montrer la pérennité de l&rsquo;œuvre photographique. Lorsque le photographe disparaît, sa carrière continue : ses images peuvent continuer à inspirer les gens qui les regardent, même si l’artiste n’est plus là pour les présenter et que d’autres prennent le relais afin de le célébrer. Trois séries de David ont été présentées&nbsp;: Friday Night, Sur la route, et Karaba Quarry. J’aime son travail car il montre la réalité de la vie au Burkina Faso, ce qui est assez rare chez les étrangers qui ont tendance à mettre l’accent sur la misère. Il a choisi de célébrer la vie sous toutes formes. Je suis très reconnaissant à sa famille d’avoir accepté que nous exposions ses photos.<br>Ce qui a guidé le choix des artistes, je dirai que c’est le rapport au monde, tout en croisant une programmation d’artistes internationaux et d’artistes burkinabè. Le monde est en proie à de multiples interrogations durant ces dernières décennies. Ces interrogations qui ne laissent personne indifférent, touchent en grande partie la pollution, l&rsquo;écologie, la question des droits de la femme et la culture dans tous ses aspects. Cette année, lors de la seconde édition de la biennale photographique Photosa, les artistes photographes portent un regard assez particulier de l’homme sur son environnement (Philippe et Jacques, Gaëlle Delort, Nicolas Derné, Massow Ka), de l’identité culturelle à travers les rituels et la spiritualité (Adrien Bitibaly), les scarifications faciales (Boureima Regtoumba), l’éducation de la jeune femme sous le regard des religions importées (Eveline Soum Bonkoungou, Kani Sissoko), sur les icônes et personnalités du septième art (Antoine Tempé) mais aussi la culture vestimentaire (Delphine Blast) ou l’appartenance identitaire (Chiara Wettmann). D&rsquo;autres regards sont dirigés sur les liens de parenté (Julia Gat), l’amour sentimental (Nyaba Léon Ouedraogo), l’amour pour le métier de forge (Issa Zoné), de l&rsquo;artisanat. Cet ensemble nous propose un regard photographique sur notre monde actuel, avec 6 photographes burkinabè et 10 photographes d’autres nationalités. L’ambition est d’avoir un impact social à travers les thèmes abordés qui, je l’espère, ont touché le public. Nous avons pris soin de sélectionner des œuvres qui restaient accessibles pour un public non initié.<br>Photosa est une ouverture au monde. L’idée est d’une part, de permettre aux photographes burkinabè de découvrir différentes pratiques photographiques et d’autre part de permettre au public burkinabè de découvrir le monde, car rares sont ceux qui ont l’opportunité de voyager. L’intérêt est de croiser des artistes internationaux avec des artistes burkinabè&nbsp;: lors du festival, les rencontres et les discussions font la richesse pour tous. Ce croisement est bénéfique aux artistes burkinabè pour qu’ils progressent sur leurs projets. En plus des photographes burkinabè présents sur place, nous avons pu faire venir Chiara Wettmann (Allemagne), Kani Sissoko (Mali), Antoine Tempé (Sénégal) et Gaëlle Delort (France). Leur présence a permis d’enrichir les échanges aussi bien avec les artistes locaux qu’avec le public, durant de nombreuses visites guidées.</p>



<p>La thématique récurrente pour Photosa est aussi une interrogation par rapport au contexte burkinabè&nbsp;: quelle place donner à la photographie artistique au Burkina Faso&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8271" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_P1026573-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8260" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa-1024x769.jpg" alt="" /></figure>

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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_POTOSA_2_17-1024x768.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Je crois que ce festival s&rsquo;accompagne aussi de formations, peux tu nous en dire plus&nbsp;?</strong><br>Il n’y a pas au Burkina Faso de formation professionnalisante en photographie. C’est très difficile pour une personne qui souhaite devenir artiste-auteur de trouver comment se former sur place. Il y a quelques workshops avec des photographes étrangers, c’est comme cela que j’ai commencé à me former moi-même. De plus, la profession de photographe est longtemps restée dévalorisée et était très précaire. Cela évolue un peu pour les photographes d’évènementiel, mais être artiste-auteur, c’est encore différent.<br>3 formations ont été faites lors de cette édition 2023&nbsp;: un programme de mentorat, une formation sur l’art du portrait et une formation en commissariat d’exposition.<br>Le Programme de mentorat, que j’ai animé, a permis d’offrir cette année à 7 jeunes aspirants photographes burkinabè l’opportunité d’avoir un parcours artistique sur une durée d’un an. Ce programme se déroule en quatre temps :</p>



<ul>
<li>Deux semaines de formation en présentiel (une semaine de théorie et une semaine de pratique) qui s’est déroulée du 20 février au 3 mars</li>



<li>Un accompagnement par un comité de professionnels de la photographie sur la réalisation de leur projet de création et de professionnalisation (échanges sur les réalisations, les difficultés rencontrées…)</li>



<li>Une nouvelle rencontre en présentiel d’une semaine en fin de parcours (début 2024)</li>



<li>Une exposition collective des œuvres réalisées grâce à cet accompagnement courant 2024 (sous réserve de financements) et une présentation-projection durant les Rencontres d’Arles lors d’un événement à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz<br>La nouveauté pour cette nouvelle édition du programme de mentorat est que je vais mettre à contribution d’autres photographes pour l’accompagnement en ligne et aussi associer le regard d’un commissaire d’exposition.<br>La formation sur «&nbsp;l’art du portrait&nbsp;» a été animée par le photographe Antoine Tempé et a été suivie par 6 personnes.<br>La formation en commissariat d’exposition a été animée par Florent Basiletti, directeur de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz. Cette formation a été très concrète pour la jeune fille qui en a bénéficié puisqu’ils ont pu travailler conjointement à la curation des expositions du festival, de la sélection, scénographie jusqu’au montage et support textuel. Florent a également proposé des lectures de portfolio pendant les 4 jours de festival pour les artistes qui le souhaitent ou pour les jeunes qui avaient suivi les formations et mentorat.</li>
</ul>



<p>La formation se fait aussi par l’intermédiaire des conférences et projections qui ont pu avoir lieu en soirée&nbsp;: une soirée de présentation avec projections et discussions par les artistes de la seconde édition, une soirée hommage à David Pace avec la présentation de 8 séries photographiques sur le Burkina Faso et une table-ronde autour du thème « quelle place donner à la photographie artistique au Burkina Faso aujourd’hui ? ». Les échanges ont ainsi pu se faire entre les photographes burkinabè et les photographes invités, et avec le public qui rassemblait des habitants du quartier et des personnes venues spécifiquement pour l’occasion. Les échanges informels qui ont pu avoir lieu entre les photographes tout au long du festival sont aussi l’opportunité pour chacun d’interroger et d’améliorer sa pratique.</p>



<p>Enfin, les visites guidées des expositions par les photographes et par Ingrid, assistante commissaire d’exposition, sont des opportunités de formation pour les participants. Il y a eu la présence d’étudiants en lettres modernes&nbsp;questionnant le langage critique d’une image, lors de visites guidées ils ont pu exercer des questions critiques aux artistes.</p>



<figure class="wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">

<figure><img decoding="async" data-id="8253" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_R0004069-1024x768.jpg" alt="" /></figure>


<figure><img decoding="async" data-id="8252" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_WhatsApp-Image-2023-02-24-at-10.33.04-1024x682.jpg" alt="" /></figure>

</figure>



<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/06/AIV_Photosa_1.jpg" alt="" /></figure>



<p><strong>Comment est soutenu et financé ce projet&nbsp;? Et quels sont les engagements au niveau des politiques culturelles au Burkina Faso&nbsp;?</strong><br>Le projet est soutenu financièrement par l’Institut Français via son programme «&nbsp;Appui à la création, à la diffusion et aux opérateurs de la société civile en Afrique&nbsp;», le Goethe Institut de Ouagadougou, la SAIF-Copie Privée, Jean-François Dubos (Président de la Maison Européenne de la photographie) et l’association Douni’Art qui a lancé une collecte en ligne. La collecte participative menée en France est la contribution la plus élevée dans notre budget. On peut dire en quelque sorte que la solidarité est notre premier financeur, et j’en profite pour remercier tous ceux qui nous ont apporté leur soutien par cet intermédiaire, soit plus d’une cinquantaine de personnes.<br>Il faut également rajouter à cela des fonds personnels et les contributions en nature des bénévoles (renoncement au remboursement des frais engagés) car nous n’avons malheureusement pas obtenu toutes les subventions que nous espérions.<br>Du côté du Burkina Faso, il est malheureusement très difficile d’obtenir un soutien financier des institutions. Nous avons cependant eu la chance de bénéficier d’une audience auprès du Directeur de cabinet Ministre de la Culture et de la Communication, ce qui nous a permis d’avoir la présence de la télévision nationale qui a fait un reportage. Cela nous a beaucoup aidé pour la visibilité de nos activités.<br>Pour les partenaires qui apportent d’autres types de soutien nous comptons la Fondation Manuel Rivera Ortiz, Diana Photo, la Villa Yiri Suma, Permis de faire et bien sûr Afrique in Visu!<br>Il faut également souligner le soutien des bénévoles et des artistes impliqués qui ont donné de leur temps sans compter et sans qui le festival n’aurait pas pu avoir lieu, ainsi que les nombreux habitants du quartier qui se sont investis (montage et démontage des expositions, maintenance de la propreté du site)</p>



<p><strong>Quels sont les développements prévus pour PhotoSa dans les prochaines années&nbsp;? (cela peut être sur plusieurs éditions)</strong><br>La prochaine édition est prévue en 2025. La transmission est quelque chose de très important pour moi. J’espère vraiment pouvoir développer cet aspect, en proposant des formations plus nombreuses et plus longues. Mon rêve est de pouvoir ouvrir un jour une école de photographie au Burkina Faso. J’aimerai vraiment réussir à mettre en place un programme d’échange avec l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, en faisant venir des élèves de l’école pour le festival, et en proposant des résidences à l’ENSP pour les photographes burkinabè, et aussi développer des ateliers pédagogiques avec les enfants et les jeunes publics.<br>Concernant les expositions, l’idée de départ était de changer de quartier à chaque édition. Cependant, l’accueil a été tel à Wemtenga que Photosa est pour moi devenu associé au quartier&nbsp;! J’aimerai donc pouvoir faire une biennale itinérante, qui débuterait à Wemtenga et se déplacerait ensuite dans d’autres quartiers, voire dans d’autres villes pourquoi pas.<br>Je garde également l’idée de proposer, dans le cadre de la biennale, des expositions au Musée National, afin que la photographie artistique soit reconnue par les institutions nationales. Tout dépendra des financements que nous réussirons à obtenir.<br>Enfin, concernant David Pace, il me semble très important qu’il obtienne une reconnaissance par nos institutions du travail qu’il a accompli pour le Burkina Faso. C’est un hommage national qu’il mérite, par l’intégration de ces œuvres dans les archives nationales mais aussi la présentation, je l’espère, au Musée National.</p>



<p>Il est possible d’adhérer à l’association Douni’Art pour soutenir la prochaine édition de Photosa&nbsp;: <a href="https://www.helloasso.com/associations/douni-art/collectes/photosa-acte-2#tickets" data-wplink-edit="true">https://www.helloasso.com/associations/douni-art/adhesions/adhesion-2022-2023</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>History as proposed &#8211; Interview de Marianne Fahmy</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/history-as-proposed-interview-de-marianne-fahmy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lynn S.K.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 07:14:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[marianne fahmy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de sa participation à l&#8217;exposition «&#160;Alexandrie&#160;: Futurs antérieurs&#160;» au Mucem, Marianne Fahmy revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&#8217;installation, la vidéo, et l&#8217;échange avec des scientifiques &#38; historiens. Au Mucem, elle expose «&#160;History as proposed&#160;», installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien «&#160;the Knowledge&#160;».En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&#8217;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&#8217;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique. Bonjour Marianne,</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de sa participation à l&rsquo;exposition<em> «&nbsp;Alexandrie&nbsp;: Futurs antérieurs&nbsp;»</em> au Mucem, <strong>Marianne Fahmy </strong>revient sur son parcours, de la peinture à un processus artistique qui passe par l&rsquo;installation, la vidéo, et l&rsquo;échange avec des scientifiques &amp; historiens. Au Mucem, elle expose <em>«&nbsp;History as proposed&nbsp;»</em>, installation pour laquelle elle s’intéresse à une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, en réalisant une version fictionnelle du magazine égyptien <em>«&nbsp;the Knowledge&nbsp;»</em>.<br>En questionnant les récits nationaux et les différentes temporalités de l&rsquo;Histoire, Marianne interroge également le rôle des artistes dans la société, dans l&rsquo;idée deleuzienne que la création a toujours un sens politique.</p>



<p><strong>Bonjour Marianne, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment as-tu fait la transition entre ta spécialité, la peinture, et le fait que tu travailles aujourd&rsquo;hui principalement avec l&rsquo;installation et le ﬁlm ?</strong><br>J&rsquo;ai étudié aux Beaux-Arts d&rsquo;Alexandrie, en suivant notamment l&rsquo;enseignement de Farouk Wahba qui a encouragé l&rsquo;introduction de l&rsquo;art vidéo et de l&rsquo;installation dans le cursus universitaire. Entre-temps, nous avons fondé avec des collègues un espace où nous avons travaillé sur divers projets, tels que des films en stop motion et d&rsquo;autres médias. Plus tard, après avoir obtenu mon diplôme, j&rsquo;ai participé à Mass Alexandria, fondé par Wael Shawki. C&rsquo;était une excellente occasion de développer mon travail dans un cadre indépendant, où nous avons eu des critiques de groupe, des ateliers avec des artistes et des commissaires d&rsquo;exposition. Pendant ce programme, j&rsquo;ai produit mon premier court-métrage  » 31 Silent Encounters  » , ainsi que  » History as proposed » qui est maintenant exposé au Mucem.</p>



<p><strong>Tu exposes la série « History as proposed » au Mucem dans le cadre de l&rsquo;exposition « Alexandria- Futurs antérieurs ». Peux-tu nous parler du magazine « the Knowledge » « المعرفة », et comment t&rsquo;est venue l&rsquo;idée de faire une version ﬁctionnelle de ce document ?</strong><br>Lors d&rsquo;une visite dans une gare ferroviaire abandonnée à Alexandrie, j&rsquo;ai été étonné par les vestiges du bâtiment qui présentaient des caractéristiques architecturales importantes, telles que des arches et des colonnes. J&rsquo;ai commencé à faire des recherches sur l&rsquo;histoire de la gare et sur les raisons de sa détérioration. Des conversations avec des spécialistes du patrimoine et des archéologues m&rsquo;ont permis de recueillir des hypothèses sur la date de construction de la gare, ainsi que de vieilles illustrations qui pourraient représenter le bâtiment à l&rsquo;époque de sa construction. Les informations manquaient, ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;élaborer mes propres hypothèses et scénarios sur l&rsquo;histoire de la gare. Et j&rsquo;avais l&rsquo;intention de la rendre absurde d&rsquo;une certaine façon.<br>Le magazine « The Knowledge » était distribué dans les kiosques dans les années 1970 en Égypte. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un magazine éducatif alternatif qui fournissait des informations scientiﬁques et historiques de manière simpliﬁée et illustrée. Nous avions des tonnes de numéros de ce magazine chez mes grands-parents et, enfant, j&rsquo;étais bien sûr fascinée par les illustrations. Lorsque j&rsquo;ai travaillé sur le projet, j&rsquo;ai commencé à insérer les images que j&rsquo;avais du bâtiment comme arrière-plan dans les illustrations du magazine. Cela a fonctionné différemment pour chaque image&nbsp;: certaines montraient Napoléon envahissant la vue, l&rsquo;ère des dinosaures, l&rsquo;âge de pierre…etc. Au début, je les ai exposées sous forme de tirages, puis j&rsquo;ai retravaillé le projet pour l&rsquo;exposition « Alexandria past futures », et c&rsquo;est à ce moment-là que j&rsquo;ai produit un numéro complet du magazine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" width="842" height="561" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-2.Ode-to-a-desert-Installation-2021-copie.jpg 1152w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Ode to a desert”, Installation, 2021</figcaption></figure>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8238" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x1024.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-225x300.jpg 225w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x640.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-3.-Magic-carpet-land-2020.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1000w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Magic carpet land ,2020.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8239" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-4.What-things-may-come2019.-Installation-view-Sharjah-Biennial-15-Old-Al-Dhaid-Clinic-2023.-Image-courtesy-of-Sharjah-Art-Foundation.-Photo-Danko-Stjepanovic.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“What things may come”,2019.<br>Installation view Sharjah Biennial 15, Old Al Dhaid Clinic, 2023.<br>Image courtesy of Sharjah Art Foundation. Photo Danko Stjepanovic</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8240" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-6.Atlas-series-installation-photo-courtesy-Yokohama-Triennale-2020.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="738" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg" alt="" class="wp-image-8245" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-1024x738.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-300x216.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-768x554.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022-480x346.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-5.Disappearing-Land-photo-courtesy-of-Middle-East-Institute-Washington-D.C.-2022.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">“Disappearing Land” photo courtesy of Middle East Institute, Washington D.C., 2022.</figcaption></figure>



<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui te parle particulièrement dans la notion de « fabulation » élaborée par Deleuze et Guattari, et comment l&rsquo;associes-tu aux différentes temporalités explorées dans ton travail ?</strong><br>J&rsquo;ai découvert ce terme lorsque j&rsquo;ai commencé à travailler sur mon deuxième ﬁlm « What things may come ». Ce film s&rsquo;inspire d&rsquo;études prédisant la submersion du delta du Nil dans le futur. Il m&rsquo;a fait penser à l&rsquo;avenir, c&rsquo;est-à-dire à la migration des habitants du delta, à ce que signifie la création d&rsquo;une nouvelle société, et à la signification des projets nationaux à l&rsquo;avenir. Deleuze lui-même parlait du rôle des artistes dans la création du peuple à venir.<br>A travers le montage, j&rsquo;ai transformé des séquences de found footage et celles que j&rsquo;ai tournées dans l&rsquo;entreprise de traitement des eaux d&rsquo;Alexandrie, sur la côte marocaine, sur l&rsquo;île du Sénégal et au musée d&rsquo;anatomie en Suisse, en images plus grandes que nature, des images qui reflètent ce qui est à venir. Le mélange de prophéties, de mythes et d&rsquo;histoire dans le ﬁlm émet une nouvelle structure d&rsquo;identité permettant la création d&rsquo;une nouvelle société.</p>



<p><strong>Tu collabores souvent avec des urbanistes ou des scientifiques pour vos projets, comment ces échanges inﬂuencent-ils vos travaux respectifs ?</strong><br>Pendant la phase de recherche, il est important pour moi de parler à des experts dans le domaine que j&rsquo;inclus dans le projet. Cela me permet d&rsquo;acquérir des connaissances et de répondre à des questions dont je parlerai plus tard. Par exemple, lorsque je travaillais sur « What things may come », je me suis penchée sur la question de la mémoire collective et de la mémoire héréditaire. La conversation avec le Dr Maged Goubran, dont les recherches portent sur les neurosciences computationnelles et la neuro-imagerie, m&rsquo;a énormément aidé à développer cette partie du film, car les données scientiﬁques qu&rsquo;il a partagées avec moi m&rsquo;ont permis de me les réapproprier dans un scénario ﬁctionnel mais plausible. Je pense également à Mirhan Damir, architecte et conservateur de bâtiments patrimoniaux, qui est extrêmement généreux lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de fournir des informations historiques et des références aux sites architecturaux dont je parle. Nous partageons le même enthousiasme pour l&rsquo;étude des structures architecturales marginalisées, et nous essayons de les mettre en lumière par nos différentes approches.<br>Chaque projet m&rsquo;a amené à parler avec des personnes exceptionnelles. J&rsquo;ai une attitude historiciste lorsque j&rsquo;étudie les récits sociaux et politiques du passé. Et j&rsquo;ai tendance à rencontrer des personnes qui sont liées à l&rsquo;Histoire, ou dont les parents l&rsquo;ont été. Je dois dire que le cheminement de chaque projet a été stimulant et instructif, et j&rsquo;essaie dans mon travail de transmettre des histoires d&rsquo;une façon qui puisse permettre aux spectateurs de s&rsquo;y identifier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8241" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-7.History-as-Proposed-2022.-Photo-courtesy-Mucem-by-Francois-Deladerriere.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Exposition Alexandrie, Mucem, février 2023</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="806" height="1024" data-id="8242" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8242" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-806x1024.jpg 806w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-236x300.jpg 236w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x976.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x610.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-9.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 806px) 100vw, 806px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" data-id="8243" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8243" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-724x1024.jpg 724w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-768x1087.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist-480x679.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/05/AIV-10.History-as-Proposed-2022-courtesy-of-the-artist.jpg 1000w" sizes="(max-width: 724px) 100vw, 724px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption">”History as Proposed”, 2022, courtesy of the artist</figcaption></figure>



<p><strong>Quelles sont tes principales inﬂuences ?</strong><br>Je suis inspirée par les récits de personnes qui ont lutté contre la notion de nationalisme. Cela me permet de mieux comprendre les événements majeurs de l&rsquo;Histoire, ceux qui ont suscité des sentiments et des émotions fortes. J&rsquo;explore ces récits à partir des œuvres qu&rsquo;ils ont produites, telles que des lettres, des journaux intimes, des livres ou des poèmes.<br>Je me réapproprie ces œuvres dans un cadre ou un scénario différent, ce qui permet de les comprendre avec plus de recul. Comme dans « Magic carpet Land », un ﬁlm qui revient sur les journaux intimes du premier océanographe égyptien. Cet homme a fait partie d&rsquo;une expédition qui a profondément influencé le développement de l&rsquo;océanographie en Égypte et, par la suite, dans plusieurs pays arabes et africains, ce qui a également eu un impact socio-économique.<br>Le film explore le conflit intérieur de cet océanographe, déchiré entre ses idéologies nationales et l&rsquo;évolution de ses relations avec les scientifiques britanniques, à une époqueoù l&rsquo;Égypte était sous occupation britannique.</p>



<p><strong>Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?</strong><br>Je suis basé à Alexandrie, en Égypte. L&rsquo;évolution rapide de l&rsquo;infrastructure de la ville m&rsquo;incite à explorer les lieux et les histoires marginalisés.<br>Depuis quelques années, mes recherches portent principalement sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;eau en Égypte. Cela m&rsquo;a amenée à explorer le tout premier système d&rsquo;approvisionnement en eau construit à Alexandrie et qui a pour but de fournir et distribuer de l&rsquo;eau douce à la ville. Les citernes ont été construites sous terre, certaines avec les vestiges de structures plus anciennes.  Sauf que les citernes ne servaient pas seulement à stocker l&rsquo;eau, elles également fait usage, au fil du temps, de chambres souterraines, de cachettes pour les fugitifs, de lieux de sépulture et même de cellules de prison. Dans mon prochain ﬁlm, les systèmes d&rsquo;approvisionnement en eau sont abordés comme un symbole de résistance, notamment parce qu&rsquo;ils seront sont explorés à travers les journaux intimes d&rsquo;une grande militante des années 1970. Ces journaux remettent en question sa position dans l&rsquo;Histoire lorsqu&rsquo;elle réagit à un rêve collectif qui n&rsquo;a pas eu la chance de prospérer. C&rsquo;est une époque qui a laissé de nombreux de nombreux « rêveurs » brisés, dispersés et plongés dans une forme de « nihilisme national ».</p>
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		<title>Crossroads, un programme d&#8217;éducation à la photographie en Algérie. Interview d&#8217;Abdo Shanan</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/crossroads-un-programme-deducation-a-la-photographie-en-algerie-interview-dabdo-shanan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Apr 2023 14:56:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2020, le photographe Abdo Shanan basé à Alger nous parlait de son idée de programme d&#8217;accompagnement&#160;autour de la photographie pour les photographes d&#8217;Algérie. C&#8217;est à l&#8217;automne 2022 que ce projet&#160; intitulé Crossroads s&#8217;est concrétisé sur quasiment un an. A travers cette interview, il revient sur la genèse du projet, ses objectifs et son déroulement.&#160; Avant toute chose, j&#8217;aurais aimé que tu nous racontes en quelques mots qui tu es et l&#8217;état des lieux de la photographie en Algérie qui t&#8217;a amené à penser ce projet&#160;?&#160;Je suis un storyteller / photographe algéro-soudanais. Mon travail se concentre sur la relation des</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/crossroads-un-programme-deducation-a-la-photographie-en-algerie-interview-dabdo-shanan/">Crossroads, un programme d&rsquo;éducation à la photographie en Algérie. Interview d&rsquo;Abdo Shanan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 2020, le photographe <strong>Abdo Shanan</strong> basé à Alger nous parlait de son idée de programme d&rsquo;accompagnement&nbsp;autour de la photographie pour les photographes d&rsquo;Algérie. C&rsquo;est à l&rsquo;automne 2022 que ce projet&nbsp; intitulé <em>Crossroads</em> s&rsquo;est concrétisé sur quasiment un an. A travers cette interview, il revient sur la genèse du projet, ses objectifs et son déroulement.&nbsp;</p>



<p><strong>Avant toute chose, j&rsquo;aurais aimé que tu nous racontes en quelques mots qui tu es et l&rsquo;état des lieux de la photographie en Algérie qui t&rsquo;a amené à penser ce projet&nbsp;?&nbsp;</strong><br>Je suis un storyteller / photographe algéro-soudanais. Mon travail se concentre sur la relation des individus avec le groupe et la société. Quand j&rsquo;ai commencé à faire de la photographie en Algérie à la fin des années 2000, il manquait des lieux d&rsquo;exposition, de discussion, des festivals. Il manquait des lieux professionnels pour développer la carrière d&rsquo;un photographe, au-delà du fait de produire un objet photo. J&rsquo;ai pu développer ces compétences là, lorsque j&rsquo;ai été en contact avec des professionnels à l&rsquo;étranger. Aujourd&rsquo;hui, la situation reste similaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux-tu nous raconter comment est née l&rsquo;idée de Crossroads&nbsp;?&nbsp;</strong><br>En 2020, j&rsquo;étais co-commissaire de l&rsquo;exposition <em>Narratives from Algeria</em>, en Suisse, avec <strong>Danaé Panchaud</strong>. Nous avons reçu de nombreuses candidatures de photographes algériens pour cette exposition. Dans ces propositions, il n&rsquo;y avait pas de soucis avec la qualité des photos, ou des projets. Mais des textes n&rsquo;étaient pas aboutis et avaient du mal à faire comprendre les intentions des photographes. Il y avait des soucis techniques : des fichiers ne contenaient pas le titre du projet par exemple. Avec <strong>Youcef Krache</strong>, un autre photographe du Collectif 220, nous avons réfléchi à lancer un programme d&rsquo;éducation photo. Mais nous souhaitions créer un programme qui prend en considération la situation du pays : on ne pouvait pas reproduire un programme qui existe à l&rsquo;étranger. Le système éducatif en Algérie n&rsquo;aide pas les gens à développer leurs compétences. J&rsquo;ai donc pensé un programme pratique, où les participants apprennent en faisant.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8224" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-with-Leila-Beratto-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Texts and writing for photographers with Leila Beratto at Villa Abdelatif in Algiers.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8222" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Public-artist-talk-at-Mon-autre-ecole-One-of-Crossroads-activities-to-encourage-discussions-around-photography-as-well-as-presentations-from-local-image-makers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Public artist talk at Mon autre ecole &#8211; One of Crossroads activities to encourage discussions around photography as well as presentations from local image makers.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8223" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Texts-and-writing-for-photographers-a-workshop-with-Salah-Badis-at-Villa-Abdelatif-in-Algiers.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Texts and writing for photographers a workshop with Salah Badis at Villa Abdelatif in Algiers</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8221" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole--480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Mahdi-checking-prints-from-his-Fanzine-during-a-workshop-around-Binding-and-book-making-with-Rima-Djahnine-at-Mon-autre-ecole-.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mahdi checking prints from his Fanzine during a workshop around Binding and book making with Rima Djahnine at Mon autre ecole</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8220" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-Grantees-checking-photo-books-during-a-free-session-where-they-discuss-photobooks.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Grantees checking photo books during a free session where they discuss photobooks</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8218" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-A-break-and-discussions-withDani-Pujalte-During-his-workshop-at-Villa-Abdelatif.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">A break and discussions withDani Pujalte During his workshop at Villa Abdelatif.</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8219" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-683x1024.jpg 683w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-768x1152.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-1024x1536.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers-480x720.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-During-the-first-residency-at-Villa-Abdellatif-in-Algiers.jpg 1280w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption class="wp-element-caption">During the first residency at Villa Abdellatif in Algiers.</figcaption></figure></div>


<p><strong>Et quels sont ses objectifs&nbsp;?</strong><br>Nous cherchons d&rsquo;abord à ce que les photographes améliorent la qualité de leurs photographies à la fin du programme et qu&rsquo;ils développent une vision pour leurs projets. Mais, ce que nous voulons, c&rsquo;est qu&rsquo;ils aient les outils pour mieux avancer dans leur carrière de photographe et qu&rsquo;ils élargissent le champ des possibilités pour cette carrière, qu&rsquo;ils repoussent les frontières qu&rsquo;ils se sont imaginées jusque là.&nbsp;<br>Nous avons donc construit le programme sur trois des aspects les plus courants de la carrière d&rsquo;un photographe : la publication dans un média, l&rsquo;exposition et la publication d&rsquo;un livre ou d&rsquo;un fanzine. Nous avons donc organisé plusieurs périodes de résidence. Chacune était consacrée à un aspect. Chaque résidence est une simulation d&rsquo;un type de production de A à Z. A chaque fois, les participants étaient accompagnés par des professionnels : une commissaire, pour la partie exposition, un designer, pour la partie livre, et un éditeur photo, pour la partie publication presse.&nbsp;</p>



<p><strong>Pourquoi as-tu imaginé un programme d&rsquo;accompagnement plutôt qu&rsquo;un workshop&nbsp;?</strong><br>Le principe du workshop implique que ceux qui y participent ont déjà les outils de base et qu&rsquo;ils viennent pour acquérir des compétences très spécifiques. Nous vivons dans une société où le système éducatif ne donne pas les outils aux individus pour développer leurs projets de manière générale : exprimer une idée de manière claire pour que les autres la comprenne, donner son avis. La manière dont le système éducatif est construit ne permet pas de donner de l&rsquo;importance à ta propre vision des choses, qui a forcément moins d&rsquo;importance que ce qui est écrit dans les livres d&rsquo;école. Or, quand tu es un storyteller, tu cherches ta voix. Pour parvenir à l&rsquo;exprimer, il faut des outils.<br>Un programme d&rsquo;accompagnement permet de donner ces outils, tout en prenant le temps d&rsquo;identifier les besoins des participants et de s&rsquo;adapter à ces besoins. Le programme de <em>Crossroads</em> est basé sur l&rsquo;adaptation aux besoins des photographes sélectionnés. Même pendant le programme, le contenu évolue.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment s&rsquo;est déroulé la sélection des auteurs (nombre qui ils sont etc&#8230;)&nbsp;?</strong><br>Nous avons reçu une vingtaine de dossiers de candidature. Un jury, composé de <strong>Walid Aidoud</strong>, artiste-scénographe, <strong>Safia Delta</strong>, photographe, <strong>Myriam Amroun</strong>, commissaire et <strong>Ramzy Bensaadi</strong>, éditeur photo et photographe, a sélectionné trois photographes de manière indépendante. Parmi les critères de sélection, nous avons inclus la parité et nous avons pris en compte le fait que dans certaines régions d&rsquo;Algérie, les photographes ont moins de possibilité de formation et de visibilité. Trois photographes ont été sélectionnés : <strong>Mahdi Boucif</strong>, <strong>Nejla Bencheikh</strong> et <strong>Hicham Chibatte</strong>.&nbsp;</p>



<p><strong>Crossroads s&rsquo;attache en particulier à la question de l&rsquo;édition et de l&rsquo;exposition. Comment a été pensé ce programme&nbsp;?</strong><br>Pour l&rsquo;exposition, les photographes ont travaillé directement avec <strong>Danaé Panchaud</strong>, la commissaire. Cette dernière a simulé une préparation d&rsquo;exposition : une sélection de photos par rapport à la thématique et par rapport à l&rsquo;espace existant. Les photographes ont dû adapter leur projet d&rsquo;exposition aux limites impliquées par le lieu et les contraintes budgétaires. En parallèle de cette simulation, les participants ont pu échanger avec des professionnels qui ont présenté leurs projets d&rsquo;exposition. Pour les participants, celà permet de savoir quels sont tous les aspects qui vont avec une exposition : ce n&rsquo;est pas « que » mettre des photos sur un mur.</p>



<p><strong>Ce projet se déroule sur plusieurs phases avec plusieurs mentors, comme un éditeur de fanzine Roi Saada, un Scénographe Walid Aidoud, écriture avec la journaliste Leila Beratto une commissaire Danae Panchaud, un éditeur Ramzy Bensaadi . Comment se sont passés cette collaboration&nbsp;?</strong><br>Nous avons donné des objectifs particuliers à chacun des professionnels. En parallèle, certains de ces mentors, qui se connaissaient, ont travaillé ensemble pour s&rsquo;adapter aux besoins qui se révélaient au fur et à mesure des résidences. Tous les mentors étaient bienveillants et compréhensifs vis-à -vis des besoins des participants. C&rsquo;était important pour moi. Je constate depuis un moment que dans le milieu photographique, il y a une grande solidarité. C&rsquo;est cette solidarité qui m&rsquo;a aidé à avancer dans ma propre carrière. Et je suis content de voir que cette solidarité peut continuer à travers ce programme.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux- tu nous raconter pour chacun des participants en quelques lignes le sujets du projets et leurs approches esthétiques ? </strong><br>Dans son projet « indefinite delay », qui est lié à une expérience personnelle mais qui peut être très universel, Nejla Bencheikh travaille sur l&rsquo;attente. <br>Hicham Chibatte travaille sur un bodybuilder de la ville de Touggourt, Mourad, qui a tout fait pour atteindre ses objectifs sportifs. Il a 42 ans, et sa fille Ibtissem, 14 ans, l&rsquo;aide dans ses entraînements et l&rsquo;accompagne aux compétitions. Le projet d&rsquo;Hicham se concentre sur la relation entre Ibtissem et Mourad et sur la présence d&rsquo;Ibtissem dans ce milieu du bodybuilding. <br>Mahdi Boucif travaille sur la notion de masculinité et comment elle définit les apparences des hommes dans la société algérienne. Mahdi pense que derrière ces apparences, il y a des vulnérabilités que chacun des hommes tente de cacher. <br>Je ne préfère pas parler d&rsquo;approches esthétiques parce que je ne souhaite pas que l&rsquo;on place leur travail dans des cases alors qu&rsquo;ils sont en train de transformer leur approches, et que je ne veux pas choisir à leur place. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="903" height="619" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/2-Image-from-Murad-by-Hicahm.jpg" alt="" class="wp-image-8232" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/2-Image-from-Murad-by-Hicahm.jpg 903w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/2-Image-from-Murad-by-Hicahm-300x206.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/2-Image-from-Murad-by-Hicahm-768x526.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/2-Image-from-Murad-by-Hicahm-480x329.jpg 480w" sizes="(max-width: 903px) 100vw, 903px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from Murad by Hicham</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8217" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from l&rsquo;impasse by Mahdi Boucif</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8212" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-3-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla..jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from Indefinite Delay by Nejla.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8213" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from l&rsquo;impasse by Mahdi Boucif</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8214" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-1-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla..jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from Indefinite Delay by Nejla</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8215" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1024x1024.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-300x300.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-150x150.jpg 150w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-768x768.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-1536x1536.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif-480x480.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-l_impasse-by-mahdi_boucif.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from l&rsquo;impasse by Mahdi Boucif</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8216" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla.-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/AIV-2-Image-from-Indefinite-Delay-by-Nejla..jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from Indefinite Delay by Nejla.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1001" height="695" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/1-Image-from-Murad-by-Hicahm.jpg" alt="" class="wp-image-8231" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/1-Image-from-Murad-by-Hicahm.jpg 1001w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/1-Image-from-Murad-by-Hicahm-300x208.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/1-Image-from-Murad-by-Hicahm-768x533.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/04/1-Image-from-Murad-by-Hicahm-480x333.jpg 480w" sizes="(max-width: 1001px) 100vw, 1001px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image from Murad by Hicham</figcaption></figure>



<p><strong>Comment va se poursuivre le projet Crossroads dans le futur ?</strong><br>L&rsquo;édition de cette année était l&rsquo;édition 0. Nous avons testé des choses. Plusieurs aspects ont besoin d&rsquo;être améliorés. Par exemple, nous pensons qu&rsquo;il faut allonger la durée du programme.<br>Il y aura une édition l&rsquo;année prochaine, pour laquelle nous sommes en train de chercher des financements.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/crossroads-un-programme-deducation-a-la-photographie-en-algerie-interview-dabdo-shanan/">Crossroads, un programme d&rsquo;éducation à la photographie en Algérie. Interview d&rsquo;Abdo Shanan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Ce qui nous arrive ici, en plein visage » &#8211; Interview de Yasmine Chemali</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/ce-qui-nous-arrive-ici-en-plein-visage-interview-de-yasmine-chemali/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 11:20:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[catherine de clippel]]></category>
		<category><![CDATA[centre de la photo de Mougins]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[marie baronnet]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie Noir & Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[togo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis son ouverture il y a un an et demi, nous suivions les projets du Centre de la Photographie de Mougins, dernier centre photographique ouvert en France. C&#8217;est à l&#8217;occasion de son exposition en deux volets  » Ce qui nous arrive ici, en plein visage » que nous avons eu l&#8217;occasion de nous y rendre et de rencontrer sa directrice Yasmine Chemali. C&#8217;est une plongée dans deux univers photographiques et vidéos très diverses, avec Catherine de Clippel et « Photographier les vodous » et Marie Baronnet et « Amexica » sur lesquels nous revenons dans cet entretien à trois voix. Pour mieux comprendre ce rapprochement</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/ce-qui-nous-arrive-ici-en-plein-visage-interview-de-yasmine-chemali/">&lt;strong&gt;« Ce qui nous arrive ici, en plein visage »&lt;/strong&gt; &#8211; Interview de Yasmine Chemali</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="8158" class="elementor elementor-8158">
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							<p></p>
<p>Depuis son ouverture il y a un an et demi, nous suivions les projets du<strong> Centre de la Photographie de Mougins</strong>, dernier centre photographique ouvert en France.</p>
<p>C&rsquo;est à l&rsquo;occasion de son exposition en deux volets  » <em>Ce qui nous arrive ici, en plein visage</em> » que nous avons eu l&rsquo;occasion de nous y rendre et de rencontrer sa directrice <strong>Yasmine Chemali</strong>. C&rsquo;est une plongée dans deux univers photographiques et vidéos très diverses, avec <strong>Catherine de Clippel</strong> et « <strong>Photographier les vodous</strong> » et <strong>Marie Baronnet</strong> et « <em>Amexica</em> » sur lesquels nous revenons dans cet entretien à trois voix. Pour mieux comprendre ce rapprochement de deux approches, périodes, territoires différents dans ce projet d&rsquo;exposition,  quelques mots de la préface de <strong>François Cheval</strong> : « <em>Entre les photographies de Marie Baronnet, prises à la frontière mexicaine, et celles de Catherine De Clippel, capturées en Afrique de l’Ouest, se noue pourtant une relation étonnante. Toutes deux saisissent ce qui se passe entre ce qui s’ouvre et ce qui se ferme, cet au-delà qui attise la curiosité propre à l’homme. Car, pour ce dernier, il faut toujours appréhender ce qui se cache et se trouve de l’autre côté. Le désir du franchissement affirme la volonté quasi génétique de percer à jour le mystère d’un autre territoire. »</em></p>
<p> </p>
<p><strong>Nous avons pu découvrir le Centre de la photographie de Mougins dans le cadre de l&rsquo;exposition actuelle, « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet et le public de ce centre ?</strong><br />Le <a href="https://centrephotographiemougins.com/les-expositions/">Centre de la photographie de Mougins</a> ouvrait ses portes en juillet 2021 en période de pandémie, dans l’espoir d’ouvrir un nouveau lieu qui servirait les multiples tendances de la photographie contemporaine. La mission principale du Centre est le soutien à la création et aux expérimentations des artistes, qu’ils soient français ou étrangers, émergents ou confirmés, par les trois expositions annuelles. Nous réalisons également une publication en lien avec les expositions qui appelle une réflexion anthropologique, historique, littéraire voire musicale et sort du champ de l’histoire de l’art. Enfin, les résidences de création, de transmission ainsi que l’éducation à l’image font du Centre un lieu vivant, engagé auprès des publics.<br />Le Centre de la photographie de Mougins est un service municipal et travaille en cela pour son public local, celui du 06 et de la région Sud. Le public du Centre est aussi celui d’un réseau, à l’échelle locale et régionale (réseau Botox(s), Plein Sud, Grand Arles Express), dans le but de promouvoir la photographie telle que nous la défendons, l’édition photographique telle que nous la concevons, ainsi que les valeurs que nous prônons. Sur le plan photographique, nous créons des liens avec le réseau Diagonal, ou encore l’association des éditeurs France Photo Book. Ouvert à tous, avec une programmation exigeante, le Centre participe à la politique culturelle d’une ville et à son rayonnement.</p>
<p></p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_1-685x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vue de l&rsquo;exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Comment peut-on définir la ligne curatoriale et les premières expositions ?</strong><br />Être en lien avec le réel par le choix de sujets actuels puissants, en respectant les critères de parité, en attribuant la place qui est due à la photographie féminine, être en état de vigilance permanente, à l’affût d’autres expressions extra-européennes, est la seule règle présidant aux choix de la programmation. Cette appétence, une ambition, requiert une mise en œuvre soutenue de dispositifs et d’actions en vue d’une diffusion de l’art contemporain. Sur les cinq expositions réalisées, nous avons présenté sept artistes dont cinq sont des femmes : Isabel Muñoz, Jenny Rova, Natasha Caruana, Li Lang, Yuki Onodera, Tom Wood et Catherine De Clippel. La ville de Mougins soutient cette diversité et ambition en nous permettant, à François Cheval – directeur artistique du Centre – et moi-même de soutenir des artistes et des projets photographiques puissants. Avec Isabel Muñoz, nous découvrions le Japon des danseurs de butoh, le monde des yakusas ou du shibari ; Jenny Rova et Natasha Caruana nous proposaient leur propre interprétation de l’amour se mettant à nu avec un recul et un regard d’analyste scientifique (Caruana) ou avec un sens certain de l’autodérision (Rova). Li Lang avec son parcours en train à travers la Chine, une photo par minute, projetée en installation par cinq vidéoprojecteurs, plongeait le public dans un voyage initiatique, alors que les tirages recomposés de Yuki Onodera jouaient avec notre cerveau. Les séries « historiques » de Tom Wood nous plongeait dans un Liverpool haut en couleurs de la fin des années Thatcher, échappant aux stéréotypes auxquels une certaine photographie documentaire britannique nous a habitué.</p>
<p></p>
<figure class="wp-block-gallery-6 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<p> </p>
<figure><img decoding="async" data-id="8173" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_6-1024x770.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vues de l_exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8171" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-Photographier-les-vodous_2022_4-1024x684.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>Vues de l_exposition © Communication Ville de Mougins</figcaption>
</figure>
<p></p>
</figure>
<p></p>
<p><strong>Actuellement, vous présentez une exposition dont la singularité est de s&rsquo;articuler autour de deux volets, intitulée « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », pourriez-vous en nous en évoquant ce titre, revenir pour nous sur l&rsquo;histoire du projet ?</strong><br />Je crois que la préface écrite par François Cheval répond parfaitement à cette question :<br />À la frontière séparant les États-Unis et le Mexique se dresse une barrière, une muraille sinistre et connue de tous. À elle seule, elle incarne tous les murs et refus de l’autre. Ailleurs, en pays dogon, d’autres bornes se dressent, sous forme de sculptures en terre, posées directement sur le sol. Des protubérances qui dissocient les vivants des esprits. Entre les photographies de Marie Baronnet, prises à la frontière mexicaine, et celles de Catherine De Clippel, capturées en Afrique de l’Ouest, se noue pourtant une relation étonnante. Toutes deux saisissent ce qui se passe entre ce qui s’ouvre et ce qui se ferme, cet au-delà qui attise la curiosité propre à l’homme. Car, pour ce dernier, il faut toujours appréhender ce qui se cache et se trouve de l’autre côté. Le désir du franchissement affirme la volonté quasi génétique de percer à jour le mystère d’un autre territoire. Les vodous, fréquentant les mêmes espaces que les humains, errant dans des zones aux limites incertaines, symbolisent ainsi ce qui lie et ce qui sépare, pour mieux confondre le même et l’autre. La frontière est bien plus qu’un événement historique. Elle est pour nos deux photographes un entre-deux où, à la fois, vie et mort se frôlent pour parfois se confondre. Et c’est dans ces moments, entre chien et loup, dans ces nuits fantomatiques, dans l’instabilité qui est la nature même du vivant, que l’on nous conduit dans ces zones de confins, à la fois rupture et point de départ. Là où se repensent les nouvelles frontières de l’identité.</p>
<p></p>
<p>Dans sa préface à Dieux d’Afrique,<br />Théodore Monod pose cette phrase fulgurante :<br />« Ce qui nous arrive ici, en plein visage, à l’improviste,<br />ce n’est pas l’habituelle matière à curiosité […],<br />ce précieux butin, il n’était pas à la portée<br />d’un touriste ordinaire, ou même à un ethnologue<br />du modèle habituel, de le conquérir […],<br />Pierre Verger ne dit pas tout, et ne montre pas tout.<br />Car c’est, aussi, un sage. »<br />Pierre Verger,<br />Dieux d’Afrique,<br />Paris, Paul Hartmann,<br />1954.</p>
<p></p>
<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Jean-Paul-Colleyn-Catherine-De-Clippel-filmant-une-ceremonie-de-succession-1988-Anfouin-Togo-1024x669.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Jean-Paul Colleyn Catherine De Clippel filmant une cérémonie de succession 1988 Anfouin, Togo</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure class="wp-block-gallery-7 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<p> </p>
<figure><img decoding="async" data-id="8161" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Hache-du-vodou-Hevieso-1988-Aklakou-Togo-683x1024.jpg" alt="" />
<p> </p>
<figcaption>© Catherine De Clippel Hache du vodou Hevieso 1988 Aklakou, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
</figure>
<p></p>
<figure><img decoding="async" data-id="8164" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Vodou-Legba-1989-Seko-Togo-670x1024.jpg" alt="" />
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<figcaption>© Catherine De Clippel Vodou Legba 1989 Séko, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8166" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Vodou-Zangbeto-1989-Seko-Togo-659x1024.jpg" alt="" />
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<figcaption>© Catherine De Clippel Vodou Zangbeto 1989 Séko, Togo Tirage jet d’encre sur Rice paper Hahnemühle 135 x 90 cm</figcaption>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-©-Catherine-De-Clippel-Acolyte-au-vodou-Djagli-1989-Seko-Togo-1024x680.jpg" alt="" />
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<figcaption>© Catherine De Clippel Acolyte au vodou Djagli 1989 Séko, Togo</figcaption>
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<p><strong>Nous connaissions le travail vidéo de Catherine De Clippel sur l&rsquo;Afrique mais finalement très mal son travail photographique. Comment s&rsquo;est passé le travail de recherche, documentation, et numérisation ?</strong><br />Assez simplement (pour nous) ! Catherine est une bonne élève, cela a été très facile de travailler avec elle. Elle nous a fait directement confiance pour monter le projet. À son origine, un texte, celui que François Cheval écrit pour le livre Photographier les vodous : Togo-Bénin 1988-2019 paru à la Maison des sciences de l’homme en 2020. Ça a été le point de départ à l’invitation à Mougins. Catherine était aussi la photographe qu’il fallait pour tisser et renforcer encore ce lien que nous établissons entre photographie et entropie, entre photographie et anthropologie. Catherine nous a donné accès à beaucoup de matériel, nous sommes allées chez elle pour visionner les films aussi.<br />Pour les tirages, par la suite, il a fallu qu’elle fasse renumériser en haute définition ses négatifs, afin de pouvoir les tirer aussi grand pour l’exposition (90&#215;135 cm). Cela n’empêche pas le grain qui est très largement présent, et l’impression sur du papier de riz renforce cet effet presque sableux du tirage. Pour le film, la colorimétrie a complètement été retravaillée aussi par l’agence de création numérique on situ avec qui nous avons travaillé pour projeter le film « Les dieux-objets » (1989).</p>
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<p><strong>Vous exposez ici, un travail autour des vodous, au Togo et au Bénin, sous le titre « Photographier les vodous : Catherine De Clippel », que découvre -t-on ? Et comment le public réagit ?</strong><br />Les médiations sont incroyables. Les retours très positifs. Les échanges avec le public passionnants. Quasiment chaque semaine (sans exagération), nous rencontrons une personne qui a eu une ou des expériences avec un vodou : bien sûr quelques visiteurs originaires du Togo ou des voyageurs, mais aussi des personnes venant du Brésil, de la Réunion ou d’ailleurs. Je salue mon équipe de médiatrices qui ont été encore plus humbles dans leurs discours et beaucoup dans le partage. Nous accompagnons les visiteurs, comme à chaque exposition, mais peut-être que c’est encore plus nécessaire ici.</p>
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<p><strong>En mars, vous ouvrirez le second volet de l&rsquo;exposition en couleur, avec un travail contemporain « Amexica » de Marie Baronnet. Que pourra-t-on y voir ?</strong><br />Oui. Si le terme « vodun » suggère l’insaisissable, le projet Amexica donne à voir une frontière bien visible. C’est en 2009 que Marie Baronnet (photographe française vivant et travaillant à Los Angeles) commence à photographier et à filmer régulièrement la frontière mexico-américaine, d’un bout à l’autre, allant de l&rsquo;océan Pacifique jusqu’au golfe du Mexique. Elle explore toutes les facettes de cette frontière pendant une dizaine d’années, rencontrant des migrants et des militants, des médecins légistes, des « coyotes », des shérifs et des agents de la police des frontières ou encore des Minutemen. Tous incarnent la vie à la frontière. Dans un va-et-vient constant entre deux mondes, entre perte et espoir, Marie Baronnet crée un documentaire qui aide à comprendre ce qu’il se joue aujourd&rsquo;hui au cœur du territoire « amexicain ».<br />L’exposition présentera un long métrage de 95 minutes que Marie a réalisé avec Raoul Peck (Velvet Film) en collaboration avec Arte ainsi que des tirages de son travail à la frontière.</p>
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<figure><img decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9660-1024x683.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Mur ouvert : ancienne et nouvelle clôture. Les panneaux métalliques datant de la guerre du Vietnam, installés au milieu des années 1990, ont été remplacés par de nouvelles clôtures. Le 17 décembre 2019, le commissaire des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a déclaré que 149 669 kilomètres de barrières avaient été construits pendant l&rsquo;administration Trump, la plupart, remplaçant des structures existantes.<br />Baja California, Basse-Californie, Tijuana, Mexique, 2009</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8185" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9992-1024x683.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Migrants traversant la frontière du côté américain.<br />Naco, Arizona, États-Unis, 2010<br />Tirage jet d&rsquo;encre</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8184" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_9956-683x1024.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Glen Spencer, militant d&rsquo;extrême droite luttant contre l&rsquo;immigration clandestine, fondateur et président de la American Border Patrol.<br />Tucson, Arizona, États-Unis, 2011<br />Tirage jet d&rsquo;encre</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8182" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_5248-683x1024.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet<br />Miroir, outil de communication entre migrants<br />Naco, Mexique, 2010</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8180" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_MG_5045-1024x683.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Billets de banque, dollars et pesos.<br />Mexicali, Mexique, 2009<br />Tirage jet d&rsquo;encre<br />29 x 42,5 cm</figcaption>
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<figure><img decoding="async" data-id="8178" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/AIV-c-Marie-Baronnet_DSC9033-1024x681.jpg" alt="" />
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<figcaption>@ Marie Baronnet <br />Tea Party Rally<br />Désert de Sonora, Arizona, États-Unis, 2010</figcaption>
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<p><strong>Pourriez- vous revenir sur le projet éditorial qui accompagne vos expositions et en particulier celui de « Ce qui nous arrive ici, en plein visage » ?</strong><br />Croiser, mettre en conversation les disciplines hors du champ photographique : l’anthropologie, la géographie, le scientifique, les études postcoloniales ou de genre ; ramener la photographie à sa mission première, un élément de compréhension du monde, tel est l’objectif des Cahiers du Centre de la photographie de Mougins. Croire que la photographie est un geste utile dans sa capacité à agir sur le monde et prenant part aux changements qui le traversent. Croire encore au papier comme support d’expression et d’écritures diverses. Penser cette revue sous format papier pour l’objet qu’il représente, sa nature transportable et le seul bonheur de tourner les pages. Imaginer une édition qui installe l’image et le propos dans une lecture et une temporalité différentes.<br />Cahiers est une revue, sous format papier, trimestrielle et indépendante.<br />Son positionnement : se situer entre le livre photo luxueux, le catalogue d’exposition à la faible pérennité et le livre de vulgarisation. Initié par le Centre de la photographie et en réflexion avec Michel Lepetitdidier, designer graphique à qui est confiée la lourde tâche de trouver la voie d’une nouvelle écriture des pratiques photographiques, Cahiers se veut simple et économique, l’hybride entre le roman et la reproduction de l’image pointue.<br />Alternant cahiers en une seule couleur sur papier de type bouffant pour le texte et cahiers couleur sur papier propre à la restitution la plus fine de l’objet photographique, en bichromie ou en quadrichromie, le format est optimisé (17 x 24 cm) réduisant au maximum la chute de papier. Une impression en circuit-court auprès d’imprimeurs garantissant le savoir-faire en matière d’édition sera privilégiée, assurant la maîtrise de l’impression, de la reliure en cahiers cousus et du façonnage.</p>
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<p>Pour les Cahiers #5, « Ce qui nous arrive ici, en plein visage », nous avons invité deux auteurs : le premier, Jean-Paul Colleyn, anthropologue et chercheur à l’Institut des mondes africains (IMAF / CNRS-IRD-EHESSuniv. Paris I-EPHE-AMU) dont les travaux portent essentiellement sur les pratiques religieuses au Mali, les cultes de possession en Afrique, l’anthropologie de l’art ainsi que l’anthropologie visuelle ; le second, Jérôme Esnouf, normalien, agrégé de philosophie et docteur en science politique.</p>
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<p>« Les murs ont manifestement quelque chose<br />à voir avec la mort, qu’il s’agisse de la provoquer<br />ou de l’écarter. Lorsqu’ils séparent arbitrairement<br />les groupes humains, certains murs peuvent<br />susciter le désir risqué d’être franchis ; d’hier et<br />d’aujourd’hui, leur imposante masse vise à empêcher<br />des dynamiques nomadiques et migratoires<br />de menacer les territoires circonscrits. »<br />Extrait du texte de Jérome Esnouf, « Des murs et des morts », Cahiers #5 « Ce qui nous arrive ici, en plein visage ». </p>
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<p><strong>Quels sont vos prochains projets et enjeux pour 2023/ 2024 ?</strong><br />On continue ! En matière d’expositions déjà, nous poursuivrons nos engagements en présentant des photographes femmes avec Marie Baronnet, Anna Niskanen à l’automne 2023, Jessica Backhaus en hiver 2024,  puis un travail sur la place des femmes au sein du Black Panther Party pour l’été 2024. Pour cet été, nous mettons en avant la figure d’Harold Feinstein (1931-2015). Photographies de New York, de Coney Island, Brooklyn, Feinstein est le plus jeune membre de la Photo League. Il photographiera le conflit en Corée (1954) avant revenir à Coney Island d’où il n’est jamais très loin. L’enseignement du photographique, la pédagogie, sera une des grandes passions du photographe.<br />Le Centre participe de l’offre culturelle de la ville de Mougins. Nous travaillerons avec et pour les publics locaux et des alentours, pour faire du Centre un lieu encore plus convivial et d’échanges.</p>
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<p><strong>Chère Catherine de Clippel, Chère Marie Baronnet, après notre entretien avec Yasmine Chemali nous avions envie de revenir sur  la genèse de vos deux projets exposés ici respectivement .<br />Pourriez-vous nous raconter comment vous voyez ce rapprochement opéré de vos deux pratiques à travers cette exposition ?<br />Quels sont vos prochains projets en 2023/2024 ? <br /></strong></p>
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<p><strong>Catherine De Clippel :</strong><br /><strong>Genèse :</strong><br />La publication de la Maison des sciences de l’homme est le point du départ du projet. Nous avions déjà fait des livres avec les films de la série « Vivre avec les dieux ». Jean-Pierre Dozon a proposé à la Maison des sciences de l’homme de faire un livre de photographies, ce qui était une première. François Cheval, anthropologue, a été contacté pour écrire une contribution dans Photographier les vodous ; c’est lui qui a ensuite eu l’idée de faire l’exposition à Mougins.</p>
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<p><strong>Nos deux pratiques : </strong><br />Dans les deux cas, nous sommes dans le monde des frontières. C’est évident dans le travail de Marie Baronnet. Le monde des vodous c’est le monde du seuil, du visible à l’invisible. Cette population sud-américaine se lance dans un projet car la vie est devenue insupportable et les migrants se rendent en territoire inconnu, car non vécu. C’est l’inconnaissable pour eux. Dans le vodou, on retrouve ce dialogue entre le visible et l’invisible, à la différence que dans le vodou tout est encadré d’invisibles puissants, dangereux mais aussi on est apaisés parce qu’il y a la présence humaine qui encadre le tout grâce au bokono (devin) qui est l’intermédiaire. L’homme qui va voir le bokono fait face, avec toute la société autour au malheur ; alors que de l’autre côté de la frontière, eux, sont seuls. Seuls pour appréhender ce qu’ils souhaitent comme un nouveau départ.</p>
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<p><strong>Prochains projets : </strong><br />Le prochain projet est une exposition à Nantes en juin, une initiative de Jean-Yves Augel. Seront présentés des artistes béninois du siècle dernier ainsi que des artistes contemporains. Le vodou y aura une grande place avec une présentation d’objets de culte et une collection de masques. Je réfléchis à y présenter des tirages d’Egungun avec un travail sur la couleur, assez différent de ce qui est présenté à Mougins.</p>
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<p><strong>Marie Baronnet :</strong><br />Genèse :<br />J’ai commencé à travailler à la frontière Mexicaine et Américaine en 2009 influencée par les livres de Mike Davis et Julian Cardona sur ce sujet. Avec comme objectif initial de marcher le long du mur et de photographier cette frontière, la vie et la mort, d’un bout à l’autre, allant de la Californie jusqu’au golfe du Mexique vers l’Atlantique. <br />En 2011 ce projet réalisé en photos et en vidéo m’amène à m’installer en Californie. Ma condition d’immigrante en Amérique me pousse à documenter les différents destins moins favorisés de ceux et celles qui tentent de traverser cette frontière dans l’espoir d’une vie meilleure. Et à travers ces histoires, documenter et comprendre les tensions politiques, géopolitiques, économiques et humaines qui se jouent entre ces deux pays frontaliers. </p>
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<p><strong>Nos deux pratiques : </strong><br />Je ne serai pas vraiment comme répondre à cette question autrement qu’en disant que ce qui nous rapprocherait (Catherine et moi) serait peut-être notre pratique documentaire à travailler sur un sujet sur la durée et au-delà du spectre médiatique. En le documentant sous tous ces angles de façon presque anthropologique. <br />Quelle est l’histoire personnelle qui se joue à travers nos pratiques aussi distinctes l’une que l’autre ? Deux femmes photographes dans un milieu artistique éminemment privilégié et masculin, c’est déjà ça. Deux femmes blanches aussi. De fait nos sujets nous renvoient la question. La réponse à mon avis se trouve quelque part entre la pratique artistique et l’activisme individuel et personnel et comment ces deux questions se répondent et se nourrissent l’une de l’autre. </p>
<p><strong>Prochains projets : </strong><br />Je suis actuellement en phase de pré-production de mon second film documentaire (produit par VelvetFilms / Raoul Peck) Ou depuis 2020 je suis le parcours d’hommes et de femmes sans abris dans les rues de Los Angeles ou je vis. <br />Je poursuis aussi le tournage d’un documentaire sur un groupe de (femmes, de mères principalement) à la recherche de leurs enfants disparus dans la région du Sonora au Mexique. <br />J’ai terminé en 2022 un livre intitulé AMEXICA sur la frontière Mexicaine et Américaine en collaboration avec le graphiste Ricardo Baez. Je n’ai pas encore d’éditeur(trice) à ce jour. </p>
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		<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/ce-qui-nous-arrive-ici-en-plein-visage-interview-de-yasmine-chemali/">&lt;strong&gt;« Ce qui nous arrive ici, en plein visage »&lt;/strong&gt; &#8211; Interview de Yasmine Chemali</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Street Photography from Congo Brazaville &#8211; Interview de Robert Nzaou</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/street-photography-from-congo-brazaville-interview-de-robert-nzaou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2023 13:48:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[auto-édition]]></category>
		<category><![CDATA[Congo-Brazzaville]]></category>
		<category><![CDATA[photographie couleur]]></category>
		<category><![CDATA[robert nzaou]]></category>
		<category><![CDATA[Street Photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 8 ans, Robert Nzaou nous contactait pour nous présenter son travail photographique et ses projets sur Pointe noire. Nous découvrions alors un photographe super actif qui mène des projets d&#8217;exposition dans des lieux insolites et développe des séries où la couleur est omniprésente. A travers cette interview, il se raconte et nous raconte une autre partie de la pratique photographique congolaise. Mon cher Robert, peux-tu nous présenter ton parcours et comment et pourquoi tu en es venu à explorer la photographie&#160;?Je suis arrivé tardivement à la photographie, c&#8217;est seulement en 2015 que je m&#8217;y suis vraiment mis.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/street-photography-from-congo-brazaville-interview-de-robert-nzaou/">Street Photography from Congo Brazaville &#8211; Interview de Robert Nzaou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il y a 8 ans, Robert Nzaou nous contactait pour nous présenter son travail photographique et ses projets sur Pointe noire. Nous découvrions alors un photographe super actif qui mène des projets d&rsquo;exposition dans des lieux insolites et développe des séries où la couleur est omniprésente. </p>



<p>A travers cette interview, il se raconte et nous raconte une autre partie de la pratique photographique congolaise.</p>



<p><strong>Mon cher Robert, peux-tu nous présenter ton parcours et comment et pourquoi tu en es venu à explorer la photographie&nbsp;?</strong><br>Je suis arrivé tardivement à la photographie, c&rsquo;est seulement en 2015 que je m&rsquo;y suis vraiment mis. Je fais parti de la première génération des artistes dans ma famille, mon père était instituteur, je n&rsquo;ai pas baigné dans un environnement artistique. Chez nous les devoirs scolaires étaient la seule chose qui primait à la maison et aussi la seule voie de réussite dans la vie, comme dans la plupart des foyers Congolais l&rsquo;art n&rsquo;avait pas de place.<br>Tout commence pour moi en 1996, dans mon adolescence avec la montée du Rap Français. Je découvre la poésie et l&rsquo;art de raconter les histoires avec les groupes comme IAM, Suprême NTM des artistes comme MC Solaar. J&rsquo;ai commencé à écrire des proses avec mes copains, devenu rappeur ensuite ingénieur de son et beatmaker. Je suis tombé amoureux de l&rsquo;art du storytelling, la poésie et le pouvoir de faire rêver et réfléchir.<br>En 2014 comme par hasard je tombe sur le travail de Henry Cartier Bresson et Robert Doisneau. Jusqu&rsquo;à ce point je n&rsquo;associais pas la photographie à de la poésie ou même de l&rsquo;art, ce fut un coup de foudre pour moi, leurs photos étaient pleine de poésies, d&rsquo;histoires vraiment des œuvres d&rsquo;art. A partir de ce moment j&rsquo;avais compris que toutes les formes d&rsquo;art étaient pareil, qu&rsquo;on ne pouvait pas dissocier la peinture à la musique, sculpture, l&rsquo;écriture… Le rap tout comme la photographie était aussi une forme de poésie, d&rsquo;expression, le rap c&rsquo;est la plume et le micro, la photographie c&rsquo;est l&rsquo;appareil photo. Donc je suis passé de la musique a la photographie sans problème, la transition était facile pour moi.</p>



<p><strong>Peux-tu nous parler du secteur photographique et son évolution de Pointe noire et plus généralement du Congo Brazzaville ?</strong><br>La photographie événementielle ou commerciale a toujours été présente au Congo, ce n&rsquo;est pas rare de voir des photographes ambulants, des studio photo pour photo d&rsquo;identité ou portrait de famille… la photographie d&rsquo;art par contre est presque inexistante, je fais partie de la première génération, cela peut s&rsquo;expliquer par le manque de marché/industrie et d&rsquo;engouement du côté du public et des autorités publiques autour de l&rsquo;art. La question qu&rsquo;on me pose tout le temps c&rsquo;est de savoir « est ce que je vis de mon art? » Le métier d&rsquo;artiste photographe n&rsquo;est pas vu comme noble au même titre que un médecin ou un avocat.</p>



<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, ton approche de l&rsquo;image passe par un travail sur la couleur, comment travailles-tu et pourquoi&nbsp;?</strong><br>Je dois avouer que j&rsquo;adore les couleurs, j&rsquo;ai toujours pensé que l&rsquo;Afrique devait être photographiée en couleur parce qu&rsquo;elle est pleine de chaleur et de couleur.<br>Photographier l&rsquo;Afrique en noir blanc pour moi c&rsquo;est comme ci on omettait quelque chose de capital.<br>Dans mon travail j&rsquo;utilise souvent les couleurs comme élément principal de composition</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8145" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-1536x1022.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6018.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-681x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8143" width="681" height="1024" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-681x1024.jpg 681w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-768x1154.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-1022x1536.jpg 1022w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-1363x2048.jpg 1363w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-480x721.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6937-scaled.jpg 1704w" sizes="(max-width: 681px) 100vw, 681px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure></div>


<p><strong>Tu t&rsquo;intéresse à la société congolaise qui t&rsquo;entoure, à travers des thèmes universels comme la nourriture avec par exemple « Madia ya bwala » ou encore l&rsquo;enfance et le rôle des femmes Comment choisis-tu tes sujets et pourquoi&nbsp;?</strong><br>Le rôle de la photographie à mon avis c&rsquo;est de raconter le monde autour de soi. Dans mon travail j&rsquo;aborde le quotidien des Congolais. Dans ma série <em>madia ya bwala</em> par exemple je mets en valeur les produits qui composent les plats congolais avec pour but de mettre en avant la nourriture du Congo profond, celle de nos grands-parents que l&rsquo;on consomme de moins en moins aujourd&rsquo;hui, ces aliments bio pleins de vitamines et bons pour la santé, un hommage aux mets locaux tels que le « mfumbu », le « saka saka », « nte nte », « dongo dongo » et autres.<br>Par exemple dans ma serie « Leki » qui veut dire petit frère, petite sœur, neveu ou nièce en Francais, je raconte la vie d&rsquo;une famille nombreuse. Je viens d&rsquo;une famille de 10 enfants et 6 cousins donc je sais de quoi il s&rsquo;agit, c&rsquo;était la camaraderie, on jouait tout le temps, c&rsquo;était aussi chaotique.</p>



<p><strong>Dans ta dernière série, <em>Louzolo</em>, tu explores l&rsquo;amour à travers la mise en scène, peux-tu nous parler de cette série et de sa réalisation&nbsp;?</strong><br>Cette série de photos s&rsquo;appelle <em>Louzolo</em>, ce qui signifie « Amour » en Kikongo, une langue congolaise locale. La série explore les langages de l&rsquo;amour dans la société congolaise, les choses à faire et à ne pas faire, ce qui est acceptable et ce qui ne l&rsquo;est pas… Combien c&rsquo;est trop, comment exprimer l&rsquo;amour en public. Certaines images de cette série montre un renversement des rôles par rapport à ce qui est habituel dans la plupart des foyers congolais, montrant des hommes faisant certaines des choses qui sont généralement considérées comme le domaine de la femme, et démontrant la joie que cela apporte, de voir un homme faire même de petites choses mais que les femmes apprécient beaucoup.<br>C&rsquo;est exclusivement des mises en scènes, j&rsquo;ai travaillé comme d&rsquo;habitude avec des amis et des membres de ma famille comme modèles. La technique utilisée ici c&rsquo;est le collage « digital », une image est faite de 2 ou 3 images assemblées ou collées l&rsquo;une après l&rsquo;autre.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8146" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-1536x1022.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB5185.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8148" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-1536x1022.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0149_.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure></div>

<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="681" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-681x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8147" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-681x1024.jpg 681w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-200x300.jpg 200w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-768x1154.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-1022x1536.jpg 1022w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-1362x2048.jpg 1362w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-480x722.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB0980-scaled.jpg 1703w" sizes="(max-width: 681px) 100vw, 681px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure></div>


<p><strong>Tu mène depuis longtemps un travail de monstration dans la rue ou chez les gens, en exposant tes images, peux- tu nous raconter ce projet&nbsp;? Et quel est le public que tu touche à Pointe noire puis ailleurs&nbsp;?</strong><br>Le manque des galeries ici au Congo nous oblige à être créatifs dans nos approches en tant que artistes. L&rsquo;institut Français ici à Pointe Noire est la seule institution qui accompagne vraiment les artistes dans leurs projets et donc ce n&rsquo;est pas évident que tout le monde soit programmé.<br>En 2018 j&rsquo;avais travaillé avec la directrice de Matombi production Sylvie Bayonne qui avait développé le concept &lsquo;En attendant votre pub j&rsquo;Expose » avec pour but principal emmener l&rsquo;art dans la rue, mettre l&rsquo;art a la portée de tout le monde. Le travail était exposé dans les panneaux publicitaires de toute la ville, c&rsquo;était un succès énorme la première fois qu&rsquo;une Expo Photo s&rsquo;est tenue dans les grandes artères de la ville. Les galléries étant des endroits intimidants, ce concept est idéal pour atteindre un public différent de celui dont on est habitué.<br>Dans la même lancée en 2020 j&rsquo;avais créé le concept « j&rsquo;expose chez moi » avec pour but de ne pas attendre les institutions comme les galléries ou l&rsquo;Ifc pour montrer son travail une fois prêt pour exposer, je suis a ma 3eme édition et ça marche très bien pour moi, cç me fait énormément plaisir d&rsquo;accueillir des gens chez moi, je transforme ma salle a manger / salon en gallérie pour la circonstance et les gens qui viennent apprécient, adorent et achètent les œuvres. Je pense que l&rsquo;expérience de rencontrer l&rsquo;artiste chez lui est quelque chose que les gens aiment bien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8141" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8476.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8144" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB6489.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-8140" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-1024x681.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-768x511.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549-480x319.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/ROB8549.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Robert Nzaou</figcaption></figure>



<p><strong>Depuis quelques années, tu édites toi même un ou plusieurs livres par an présentant tes images avec un thème comme <em>Pointe noire en couleur</em> ou <em>Dans ma rue</em>, peux tu nous décrire ce projet&nbsp;? Et à qui il s&rsquo;adresse ?</strong><br>Je suis à mon troisième livre, le tout dernier s&rsquo;appelle <em>Puddle Hunting</em>. Ce que ces trois livres ont en commun c&rsquo;est la photographie de rue.<br>Pour ceux qui ne savent pas, je suis photographe de rue à la base et ça fait 8/9 ans que je photographie les rues de Brazzaville et Pointe Noire et pendant toutes ces années j&rsquo;ai emmagasiné près de 1000 images. Lorsque j&rsquo;ai l&rsquo;opportunité d&rsquo;exposer ce travail, je ne montre que quelques images max 20 photos et donc les autres images restent dans le disque dur. J&rsquo;avais peur que ce travail tombe dans l&rsquo;oubli, j&rsquo;ai pensé au livre pour faire vivre ces images parce que dans un livre on peut mettre autant d&rsquo;images qu&rsquo;on veut.<br>L&rsquo;autre aspect c&rsquo;est le travail de conservation, déjà la photographie de rue n&rsquo;est pas considérée comme genre de photographie ici au Congo, je dois être le premier sinon le seul à avoir travaillé aussi longtemps dans les rues du Congo, ce qui revient à dire que il n&rsquo;y avait aucun document que ce soit photos ou livres qui racontait les rues du Congo avant moi et donc je me suis donné une mission de faire au moins un livre question de combler le vide et Dieu merci j&rsquo;en suis à 3 livres.<br>J&rsquo;ai opté pour l&rsquo;auto édition tout simplement pour garder le contrôle sur le contenu et le calendrier de sortie.<br>Au delà du business, je suis très fier qu&rsquo;on ait enfin des livres photo sur le Congo qu&rsquo;on peut montrer à nos enfants, petits fils.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="725" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--725x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8139" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--725x1024.jpg 725w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--212x300.jpg 212w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--768x1085.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--1087x1536.jpg 1087w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--1450x2048.jpg 1450w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--480x678.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/COUVERTURE-PN-EN-COULEUR--scaled.jpg 1812w" sizes="(max-width: 725px) 100vw, 725px" /><figcaption class="wp-element-caption">Couverture du livre Pointe Noir en Couleur, auto-édition © Robert Nzaou</figcaption></figure></div>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="724" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-1024x724.jpg" alt="" class="wp-image-8138" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-1024x724.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-300x212.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-768x543.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-1536x1087.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2-480x340.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2023/01/DANS-MA-RUE-good-COUVERTURE_page-0001-2.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Couverture du livre Dans ma rue, auto-édition © Robert Nzaou</figcaption></figure>



<p><strong>Quels sont tes futurs projets&nbsp;?</strong><br>Ça fait un moment déjà que je contemple le Cinéma, je voudrais bien réaliser des courts métrages en 2023.</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/street-photography-from-congo-brazaville-interview-de-robert-nzaou/">Street Photography from Congo Brazaville &#8211; Interview de Robert Nzaou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les mémoires partagées &#8211; Interview de Maya Louhichi</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/les-memoires-partagees-interview-de-maya-louhichi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Dec 2022 14:52:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Jaou Photo]]></category>
		<category><![CDATA[Maya Louhichi]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai découvert le travail de Maya Louhichi en tirant une carte postale au hasard dans l&#8217;installation Body Images pensée par Olfa Feki au Central Tunis dans le cadre de Jaou Photo, et j&#8217;ai petit à petit suivi le fil de son travail, entre photographie, écriture et vidéo. Maya Louhichi est une artiste franco-tunisienne, basée entre Marseille et Tunis. A travers cet échange, elle revient plus particulièrement sur la façon dont elle se sert des images (qu&#8217;elles soient des photographies ou des images d&#8217;archive) et du texte pour penser les notions d&#8217;absence, de mémoire et de mémoire intime. Peux-tu nous présenter ton</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/les-memoires-partagees-interview-de-maya-louhichi/">Les mémoires partagées &#8211; Interview de Maya Louhichi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>J&rsquo;ai découvert le travail de <strong>Maya Louhichi</strong> en tirant une carte postale au hasard dans l&rsquo;installation <em>Body Images</em> pensée par <strong>Olfa Feki</strong> au Central Tunis dans le cadre de <em>Jaou Photo</em>, et j&rsquo;ai petit à petit suivi le fil de son travail, entre photographie, écriture et vidéo. Maya Louhichi est une artiste franco-tunisienne, basée entre Marseille et Tunis. A travers cet échange, elle revient plus particulièrement sur la façon dont elle se sert des images (qu&rsquo;elles soient des photographies ou des images d&rsquo;archive) et du texte pour penser les notions d&rsquo;absence, de mémoire et de mémoire intime.</p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter ton parcours, comment es-tu devenue une artiste visuelle ?</strong><br>J’ai commencé la photographie de façon autodidacte il y a plusieurs années maintenant. Je faisais des reportages pour des évènements de danse sur Paris et sa région. J’ai progressé petit à petit grâce à la pratique sur le terrain, aux rencontres avec des professionnel.les et à des cours de photo. En parallèle, j’ai réalisé deux films documentaires en Tunisie et j’ai également été assistante réalisation. J’ai toujours baigné dans le milieu du cinéma, mon père était réalisateur. L’amour de l’image m’est venu assez tôt. A son décès, la photographie en tant que médium pour raconter, s’est donc naturellement imposée à moi, ainsi que l’expérimentation de collages et l’utilisation d’images d’archives. Différents stages et notamment l’accompagnement de Klavdij Sluban durant sa masterclass m’ont permis d’apprendre à construire un travail sur le long terme.<br><br><strong>Il y a toujours ce dialogue entre photographie, vidéo et texte dans ton travail, peux-tu nous en dire plus ?</strong><br>J’ai grandi au milieu des tournages de mon père, et j’ai toujours été sensible à l’image, qu’elle soit fixe ou en mouvement. Je dis souvent que mon premier amour est la photographie mais que le cinéma est toujours présent, d’une manière ou d’une autre. Jusque récemment, je pensais qu’il fallait choisir, mais en regardant le parcours d’autres artistes, j’ai compris qu’on pouvait faire ces allers-retours et faire dialoguer ensemble ces différents médiums. Le texte est apparu spontanément, il m’arrive d’écrire des lignes ou quelques poèmes, donc j’ai eu envie d’ajouter aussi un peu d’écriture. Je me nourris beaucoup d’images, de vidéos, de documentaires, de poésie et de réflexions dans mon quotidien. Ce dialogue est toujours présent en fait, et, je pense qu&rsquo;il s’exprime inévitablement dans mon travail</p>



<p><strong>Tu dis que 2018 a été un véritable tournant dans ton travail… Peux tu revenir sur la genèse de ta très belle série « Et dans la terre, je me souviens » ?&nbsp; Comment s&rsquo;est effectué ce travail de ré-appropriation des images d&rsquo;archives de ton père, le cinéaste Taieb Louhichi ?&nbsp;</strong><br>2018 est l’année où mon père est décédé et ça a été un bouleversement sur tous les domaines de ma vie. J’ai eu envie de m’exprimer sur sa mort car c’était naturel pour moi et j’ai remarqué que ça restait un sujet tabou quand j’en parlais autour de moi. En fait, ça a été la suite de plusieurs rencontres&nbsp;: quand j&rsquo;étais au Sénégal – ce pays était le pays de cœur de mon père – un couple de photographes m’a parlé des Rencontres d&rsquo;Arles. J’ai par la suite fait un stage à Arles et le sujet que j’ai choisi était la représentation du deuil. Ça m’a permis de connaître plusieurs personnes dont Klavdij Sluban, qui m’a par la suite accompagné durant un an sur ce sujet. J’avais retrouvé beaucoup d’images d’archives de la Tunisie faites par mon père, qui sont des images de repérages pour ses films. Je les ai toutes numérisées et j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de créer et d’inclure mon père comme collaborateur dans ce travail. On en revient au dialogue… Et comme on était très proches tous les deux, cette collaboration posthume est vraiment arrivée simplement, c’était une évidence.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="640" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1024x640.jpg" alt="" class="wp-image-8114" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1024x640.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-300x188.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-768x480.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-1536x960.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya-480x300.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-02_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8116" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-04_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="741" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-741x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8113" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-741x1024.jpg 741w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-217x300.jpg 217w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-768x1062.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-1111x1536.jpg 1111w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya-480x664.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-01_LouhichiMaya.jpg 1374w" sizes="(max-width: 741px) 100vw, 741px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure></div>


<p><strong>Tu as participé au programme du collectif Contemporaines, ta marraine était Randa Maroufi, dont le travail mêle également cinéma et images fixes, qu&rsquo;est ce que ces échanges ont fait évoluer dans ton travail ?</strong><br>Le travail de Randa Maroufi est incroyable et le fait qu’elle soit ma marraine pour cette année également&nbsp;: c’était juste le match parfait. J’ai découvert son travail grâce à Contemporaines et c’est une artiste qui effectivement mêle différents médiums et approches dans son travail&nbsp;: vidéos, photos, installations, sons, performances… Echanger avec elle m’a permis notamment d’élargir mon horizon concernant la forme de mes travaux. Je m’intéresse aux installations et je cherche à avoir une approche plus vaste et moins cadrée dans l’utilisation des images et du son. Elle m’a également apporté son expérience dans la rédaction de dossiers (subventions, résidences, portfolio…). Je n’ai pas fait d’école photo et il y a toute cette partie qui m’échappait. J’ai appris à mieux présenter mon travail et à construire mes sujets grâce aux rencontres. Et Randa est une très belle rencontre et une artiste généreuse. Son parcours et sa manière de travailler, tout comme ses inspirations, me permettent d’envisager et d’imaginer de nouvelles façons de créer.<br><br><strong>Le choix de la carte postale dans l&rsquo;exposition Body images imaginée par Olfa Feki résonne particulièrement avec ta série Et dans la terre, je me souviens… Qu&rsquo;est ce que cela a changé pour toi de penser cette série sous ce médium ?&nbsp;&nbsp;Et de façon générale comment envisages-tu les différents supports que tu utilises pour montrer ton travail (édition ou vidéo…)?</strong><br>Le format de la carte postale est similaire aux tirages que j’utilise quand j’édite mes photos et que je suis en train de construire un sujet. L’avantage de ce format est de pouvoir l’emmener facilement partout et d’être accessible.<br>Les tirages et le livre sont les supports auxquels je pense d&#8217;emblée. Actuellement je suis en train de réfléchir à d’autres supports, je suis très intéressée par les installations. L’image peut être projetée, imprimée sur une matière… mais je pense qu’il doit y avoir un sens, en tout cas un sens pour soi, et un choix fait consciemment.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-8117" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1024x769.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-768x577.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-1536x1154.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya-480x361.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-05_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8118" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-06_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8119" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-07_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-8120" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1024x768.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-300x225.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-768x576.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-1536x1152.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya-480x360.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/12/AIV-08_LouhichiMaya.jpg 1900w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Maya Louhichi</figcaption></figure>



<p><strong>Tu es franco-tunisienne (comme moi, une « hybride » entre deux rives&nbsp;!) : comment cela résonne pour toi de pouvoir montrer ton travail sur le continent africain, que ce soit à Tunis ou bientôt à Bamako ?</strong><br>Bien sûr, exposer ce travail sur le continent africain, Tunis et bientôt Bamako, résonne énormément. Je suis très attachée à ce continent. Mon père est tunisien et c’était un panafricain reconnu. Montrer cette série à Bamako lors de la Biennale, c&rsquo;est comme rester dans la continuité de sa transmission. Je suis ravie,&nbsp;et très heureuse d’exposer à Tunis, chez moi.</p>



<p><strong>Quels sont tes projets en 2022/2023 ?&nbsp;</strong><br>Il y a le livre Et dans la terre, je me souviens&nbsp; qui devrait sortir bientôt.<br>Je suis en train de finaliser un autre travail sur la mémoire traumatique, en rapport avec l’accident de voiture dont ont été victimes mes parents quand j’étais plus jeune et les conséquences de celui ci. Egalement un projet sur Mareth, le village natal de mon père. Il avait réalisé un film sur la saignée que représentait l’émigration sur sa région et je veux établir un état des lieux, 50 ans après. Un projet de film sur Taieb Louhichi est aussi en pourparlers.<br></p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/les-memoires-partagees-interview-de-maya-louhichi/">Les mémoires partagées &#8211; Interview de Maya Louhichi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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		<title>Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</title>
		<link>https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Afrique in visu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2022 10:57:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[32bis]]></category>
		<category><![CDATA[Achref Toumi]]></category>
		<category><![CDATA[Bachir Tayachi]]></category>
		<category><![CDATA[Biennale]]></category>
		<category><![CDATA[Camille Levy Sarfati]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation Kamel Lazaar]]></category>
		<category><![CDATA[institut français de Tunis]]></category>
		<category><![CDATA[Jaou Photo]]></category>
		<category><![CDATA[Margaux Fitoussi]]></category>
		<category><![CDATA[Myriam Amri]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de Jaou Photo, biennale organisée à Tunis par la Fondation Kamel Lazaar et l’Institut français de Tunisie, le 32bis présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&#8217;honneur la jeune création tunisienne. C&#8217;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&#8217;Achref Toumi, Bachir Tayachi, Myriam Amri et Margaux Fitoussi, une immersion physique et psychique qu&#8217;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&#8217;expérience. C&#8217;est l&#8217;occasion d&#8217;un échange avec la curatrice et directrice artistique Camille Lévy Sarfati, autour de l&#8217;exposition mais aussi de cet espace d&#8217;art en pleine effervescence qu&#8217;est le 32bis. Peux-tu nous présenter</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A l&rsquo;occasion de <a href="http://jaou.art/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jaou Photo</a>, biennale organisée à Tunis par la <a href="https://www.kamellazaarfoundation.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fondation Kamel Lazaar</a> et l’Institut français de Tunisie, le <a href="https://www.facebook.com/32BISTunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">32bis</a> présentait « Injurier le soleil », une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne. C&rsquo;est une véritable immersion que proposent les installations et vidéos d&rsquo;<strong><a href="https://www.instagram.com/ashreftoumi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Achref Toumi</a></strong>, <strong><a href="https://tayachibachir.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bachir Tayachi</a></strong>, <strong><a href="https://www.marebox.eu/artist/myriam-amri/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Myriam Amri</a></strong> et <strong><a href="https://anthropology.columbia.edu/content/margaux-myriam-fitoussi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Margaux Fitoussi</a></strong>, une immersion physique et psychique qu&rsquo;il est difficile de rendre compte sans en avoir fait l&rsquo;expérience. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;un échange avec la curatrice et directrice artistique <strong>Camille Lévy Sarfati</strong>, autour de l&rsquo;exposition mais aussi de cet espace d&rsquo;art en pleine effervescence qu&rsquo;est le 32bis.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-8091" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-819x1024.jpeg 819w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-240x300.jpeg 240w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-768x960.jpeg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg-480x600.jpeg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Affiche-jpeg.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /><figcaption class="wp-element-caption">Affiche de l&rsquo;exposition «&nbsp;Injurier le soleil&nbsp;», une exposition mettant à l&rsquo;honneur la jeune création tunisienne au 32bis.</figcaption></figure></div>


<p><strong>Peux-tu nous présenter le 32bis ?</strong><br>Le 32bis est une association culturelle et un espace d’art situé au cœur du centre-ville de Tunis. C’est un lieu hybride de création, de recherche, d’exposition et de partage des savoirs né du désir d’un mécène tunisien, Jamel Mzabi, de soutenir la scène artistique tunisienne et de contribuer à favoriser l’accès de tou.te.s à la création contemporaine.&nbsp;<br>Après trois ans de travaux de rénovation de l’ancien siège Philips, construit en 1953, nous avons débuté nos activités en janvier dernier avec une série de rencontres, résidences, ateliers, et expositions, qui dévoilent progressivement cet espace de 4000 m².&nbsp;<br>L’idée était depuis le départ de créer une sorte de laboratoire, un lieu d’échange et d’émulation autour des grands questionnements qui traversent nos régions et notre époque. Nous voulions prendre part à un réseau grandissant d’espaces et d’acteurs culturels locaux, bâtir des ponts entre les scènes, les publics, les artistes, commissaires, chercheur.se.s et autres professionnel.le.s de l’art au niveau national et international, de la manière la plus&nbsp; inclusive possible.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelle est la ligne directrice artistique du 32bis et&nbsp;comment ce lieu fonctionne-t-il ?</strong><br>Il est toujours difficile de parler de ligne directrice artistique car nous fonctionnons beaucoup sur des&nbsp; coups de cœur, des rencontres. L’exposition Can We Sing Together Again, Old Friend? de Thania Petersen, par exemple, inaugurée en juin 2022, est le fruit d’une rencontre avec son travail lors de la foire 1-54 Marrakech plus de deux ans auparavant. Après des heures de conversations visio passionnées autour de l’expérience minoritaire, de l’exil, de nos luttes et de nos rites respectifs d’un bout à l’autre du continent, nous avons imaginé une résidence de près de 3 mois à Tunis, qui a donné lieu à de superbes collaborations entre l’artiste sud-africaine, des artisan.e.s et artistes tunisien.ne.s, et une troupe soufie aissaouia locale.&nbsp;&nbsp;<br>On trouve bien sûr une cohérence entre les expositions passées et à venir pour cette première année d’ouverture : une réflexion sur l’histoire et la manière dont on l’écrit, sur le divin, le rituel, l’insensible et le spirituel.&nbsp;&nbsp;<br>Je dirais que s’il existe une ligne du 32bis, c’est celle de la distance ou plutôt de la distanciation : la nécessité sans cesse répétée de prendre du recul par rapport aux secousses que nous traversons &#8211;&nbsp; en Tunisie, et ailleurs. Il s’agit toujours de faire un pas de côté, de refuser l’urgence de la réaction, le flux vertigineux de l’image et l’immédiateté quasi-insupportable de l’information.&nbsp;<br>C’est pourquoi nos expositions sont la plupart du temps ancrées dans le temps long &#8211; celui de la réflexion, de l’histoire. Il s’agit aussi, peut-être, de reconnecter les wagons de la mémoire, de restaurer le lien perdu entre les temporalités et les générations. C’est pourquoi les sciences sociales, l’histoire, la philosophie &#8211; et celles et ceux qui les font ! &#8211; se trouvent au cœur de nos projets et réflexions.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-9 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8102" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8102" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315447.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="561" data-id="8099" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg" alt="" class="wp-image-8099" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1024x561.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-300x164.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-768x421.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-1536x842.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13-480x263.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-13.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="619" data-id="8098" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg" alt="" class="wp-image-8098" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1024x619.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-300x181.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-768x464.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-1536x928.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6-480x290.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG36323-6.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Pour ceux qui ne connaîtraient pas Tunis, je précise que le lieu est situé en centre-ville et que le centre-ville est considéré comme un quartier plutôt populaire, quand beaucoup de galeries sont situées dans des quartiers plus riches, de Sidi Bou Saïd à la Marsa. Pourquoi le choix de cet ancrage ?</strong><br>Pour un centre d’art, à vocation non lucrative et dont le but et de créer, d’imaginer, se trouver au coeur de la cité semble être une évidence. Le 32bis se trouve entre Moncef Bey et la Petite Sicile, derrière l’avenue Bourguiba. C’est un quartier central, au croisement des axes principaux et tout près des gares et autres points névralgiques de la ville. Le jour, le quartier fourmille de commerçants et passants, de voitures, de klaxons.&nbsp;<br>L’entre soi est pénible et terriblement ennuyeux. Ce qui nous intéresse, c’est le mouvement, la friction, la rencontre. Se confronter à l’art, à l’autre, discuter, bousculer… accepter d’être bousculé : n’est-ce pas le seul moyen d’engendrer la pensée ? C’est là la raison d’être du 32bis : malmener les certitudes, nos certitudes, provoquer l’imaginaire, permettre le doute.&nbsp;<br>Ce que nous désirons le plus, c’est voir les publics, et tout particulièrement nos voisin.e.s, s’emparer du lieu. C’est un processus long au coeur duquel la convivialité est cruciale. Et chaque membre de l’équipe fait en sorte que chaque visiteur ou visiteuse se sente parfaitement à l’aise et en droit de questionner, proposer, revenir.</p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter les artistes d&rsquo;<em>Injurier le Soleil</em> ainsi que ton propre parcours ?</strong><br>Pour l’exposition Injurier le soleil, je souhaitais mettre à l’honneur la jeune création tunisienne. Il s’agissait de profiter de la venue de nombreux acteurs internationaux du monde de l’art à l’occasion du festival Jaou, duquel nous sommes partenaires, pour faire connaître de jeunes artistes tunisiens, dont le manque de visibilité internationale et l’isolement sont le premier obstacle au développement artistique et professionnel.&nbsp;&nbsp;<br><strong>Achref Toumi</strong> (The Tiger was Her Keeper) est un jeune réalisateur extrêmement talentueux, capable de jongler avec des genres et des voix très différentes. Il vit et travaille à Tunis, où il termine son master en réalisation à l’École Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma (ESAC). Ce qui me touche particulièrement dans son travail, c’est la poésie qu’il crée à partir d’éléments très simples du paysage tunisien &#8211; urbain, familial &#8211; ou de la culture populaire du pays, devenus invisibles tant ils sont répandus (par exemple, dans The Tiger was Her Keeper, la couverture “paux de tigre” importée massivement et venue remplacer les couvertures traditionnelles dans les foyers tunisiens). <strong>Bachir Tayachi</strong> (Anesthesia) est un jeune photographe et réalisateur, architecte de formation. Il a débuté comme photographe de mode, domaine dans lequel il excelle, et développe depuis peu d’autres formes d’expressions artistiques telles que la vidéo et l’installation. Bachir a su créer un univers et une esthétique très identifiables, plein de poésie et de rage, de désir, de violence parfois.&nbsp;<br><strong>Myriam Amri</strong> et <strong>Margaux Fitoussi</strong> (La Piscine) sont toutes deux réalisatrices et anthropologues, elles vivent et travaillent entre la Tunisie et les Etats-Unis, et ont réalisé La Piscine en duo. Leur travaux respectifs (d’écriture, de réalisation ou d’installation) m’intéresse tout particulièrement pour ce qu’il porte et raconte de notre époque,&nbsp; discrètement, subtilement, avec toute la profondeur et les outils que leur offrent les sciences sociales. Margaux, par ailleurs, est issue de la diaspora tunisienne. Son travail est gorgé de la mémoire de sa famille, qu’elle s’efforce de questionner et de reconstruire.&nbsp;<br>Pour ma part, puisque tu poses la question, je suis tombée dans l’art par hasard. J’ai commencé par la littérature, l’histoire, la philosophie… pour terminer ma formation à Sciences Po, où je me suis spécialisée sur la question du fait minoritaire et de l’ehtnonationalisme. J’ai ensuité passé du temps au Moyen-Orient, puis dans les Alpes, où j’ai milité tour à tour pour les droits des Palestiniens puis des demandeurs d’asile, en France.&nbsp;<br>C’était peut-être une manière de comprendre ma propre histoire familiale, une histoire juive, taboue, faite d’exils et de déchirements. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai décidé de m’installer en Tunisie il y a quatre ans &#8211; une façon de reprendre racine dans un pays que nous avions quitté il y a soixante ans. Je me suis alors plongée dans la réalisation d’un documentaire, que je suis en train de terminer, et j’ai eu la chance de rencontrer Jamel Mzabi, qui m’a proposé en juillet 2019 de construire et d’imaginer ce formidable projet avec lui.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8092" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-1536x864.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-Anesthesia-Bachir-Tayachi-2022.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Anesthesia, 2022 © Bachir Tayachi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-8094" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-1024x576.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-300x169.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-768x432.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022-480x270.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-The-Tiger-was-her-keeper-Achref-Toumi-2022.jpg 1334w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">The Tiger was her keeper, 2022 © Achref Toumi</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-8093" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1024x731.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-300x214.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-768x548.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-1536x1097.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021-480x343.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-La-Piscine-Margaux-Fitoussi-et-Myriam-Amri-2021.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La Piscine, 2021 © Margaux Fitoussi et Myriam Amri</figcaption></figure>



<p><strong>Est ce que les vidéos et les installations ont été conçues spécialement pour cette exposition, peux-tu nous raconter la façon dont cela a pris forme ?</strong><br>Deux des trois vidéos et installations présentées dans Injurier le soleil &#8211; celles de Bachir Tayachi et Achref Toumi &#8211; sont de nouvelles productions, conçues spécialement pour l’exposition. Pour être honnête, nous avons décidé très tardivement de monter cette exposition. Les artistes se sont prêtés au jeu et sont parvenus à relever le défi du développement et de la production en un temps record (un mois et demi tout au plus).<br>Le processus est simple : j’ai d’abord écrit quelques notes, une ébauche de texte curatorial portant le nom de l’exposition, qui parlait d’extase, de cri, d’âme et de corps. J’y expliquais mon désir d’aborder la sortie hors de soi, l’instant de grâce ou d’effroi où l’âme s’échappe du corps.&nbsp;<br>J’ai tout de suite pensé à une idée d’installation vidéo qu’Achref avait partagée avec moi quelques semaines plus tôt. Je lui ai proposé d’en produire et d’en présenter la première pièce pour cette exposition, et il a accepté.&nbsp;<br>Pour Bachir, les choses se sont faites autrement. Après avoir lu le texte que j’avais écrit, Bachir a fait une première proposition, très prometteuse, que nous n’avons pas pu réaliser. Nous avons poursuivi nos échanges, intensément, pendant quelques semaines, jusqu’à ce qu’émerge, in extremis, l’idée d’Anesthesia&nbsp; qu’il s’est alors agi de produire. Techniquement, cela n’a pas été aisé. Nous avons dû abandonner plusieurs pistes en route, et Bachir a terminé la post-production des vidéos le matin même du vernissage ! Roya Mansar et Hela Djebbi, membres de l’équipe du 32bis et chargées de production de l’exposition, ont fait un travail remarquable.&nbsp;</p>



<p><strong>De quelles façons le livre d&rsquo;Ahmadou Kourouma t&rsquo;a inspirée pour cette exposition ?</strong><br>Ahmadou Kourouma m’accompagne depuis mes 17 ans. La découverte de ses romans a été pour moi l’une de ces grandes claques politique, esthétique, littéraire &#8211; comme l’avait été auparavant la rencontre avec Primo Levi, et comme le sera, plus tard, celle avec Pasolini.<br>J’ai gardé cette formule en tête toutes ces années. “Injurier le soleil”. Elle raconte à elle-seule toute la révolte, la poésie, l’absurde que porte l&rsquo;œuvre de Kourouma. Elle parle de désobéissance, de transgression, témoigne d’un univers sensoriel très fort, enveloppant, parfois carrément répugnant.<br>Lorsqu’il s’est agi de réfléchir à la question du corps, qui formait le thème général de Jaou, j’ai tout de suite songé à Kourouma &#8211; au rêve de Fama dans Le Soleil des Indépendances, aux doubles, aux morts, à ce que l’intangible, l’irrationnel, permet dans la révolte et l’insoumission.<br>Kourouma parle de violence, de corruption, de totalitarisme. Il raconte tantôt l’Afrique désenchantée d’avant colonisation, tantôt les totalitarismes de l’après. Mais il y a toujours, chez lui, la langue pour survivre et s’indigner. Un français malinkisé, une langue à lui, étrange d’abord puis parfaitement enivrante. L’ailleurs ou l’au-delà, le monde insensible ou plutôt suprasensible devient la seule échappatoire lorsque le politique nous étouffe.<br>C’est peut-être en cela que ses mots résonnaient avec mes préoccupations du moment. J’aimerais aller plus loin, bien sûr, et cette exposition n’est qu’une première étape, j’espère, vers un travail plus approfondi sur les pas de Kourouma. </p>



<p><strong>Dans « Injurier le soleil » comme dans l&rsquo;exposition de début 2022 de Bruno Hadjih on est dans une approche très immersive : par le son, par l&rsquo;installation, c&rsquo;est une véritable expérience physique que de traverser les œuvres… Comment s&rsquo;est opéré ce choix de croiser les écritures et les médiums ?</strong><br>Nous imaginons nos expositions comme des bulles dans lesquelles les publics plongent et s’oublient, peut-être, le temps d’une visite. Il s’agit de faire dialoguer les artistes, les disciplines, les époques. C’est ainsi que nous avons décidé, par exemple, à deux reprises, d’emprunter des pièces des siècles passés au&nbsp; Musée d’art islamique Lalla Hadria, à Djerba.&nbsp;<br>Pour Wird, de Bruno Hadjih, qui retraçait à travers 20 photographies une réflexion sur le soufisme menée par l’artiste pendant plus de vingt ans, nous avons proposé à Imed Alibi, artiste et musicien tunisien, de concevoir une création sonore originale qui embaumerait toute l’exposition. Tout à coup, il ne s’agissait plus uniquement pour les visiteurs d’observer des images, mais de plonger véritablement dans l’univers qu’elles racontaient. Bien sûr, la musique, la pénombre… cela n’a rien d’automatique. Certaines œuvres imposent le silence, et chaque nouvelle idée d’exposition pose de nouveau la question.&nbsp;<br>Les expositions sont des histoires que l’on raconte, et chaque élément sonore ou scénographique contribue à façonner le récit. Croiser les médiums, c’est peut-être aussi, pour nous, une manière de sortir du piège du “white cube”, d’un espace froid, aseptisé, souvent intimidant pour des publics non familiers avec les espaces dédiés à l’art, et à plus forte raison à l’art contemporain.<br>A ce propos, Meriem Berrada, directrice du Macaal, évoquait dernièrement lors d’une discussion que nous donnions à l’Institut français de Tunis l’importance des œuvres d’art qui sollicitent le toucher. Nous n’avons pas encore exploré ce sens, mais je garde cette idée en tête pour de futurs projets.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8104" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8104" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315638.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8103" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8103" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315497.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8100" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8100" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315352.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" data-id="8101" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8101" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1024x683.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-300x200.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-768x512.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-1536x1024.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-720x480.jpg 720w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379-480x320.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-XT315379.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="572" data-id="8096" src="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg" alt="" class="wp-image-8096" srcset="https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1024x572.jpg 1024w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-300x168.jpg 300w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-768x429.jpg 768w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-1536x859.jpg 1536w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2-480x268.jpg 480w, https://www.afriqueinvisu.org/wp-content/uploads/2022/11/AIV-IMG098-2.jpg 1549w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p><strong>Peux-tu nous dire un mot sur l&rsquo;AFC Academy que vous avez co-organisé avec l&rsquo;African Culture Found ?</strong>&nbsp;<br>L’ACF Academy a été un moment très fort de cette année d’ouverture, en juillet dernier. C’est un programme d’accompagnement dédié à 12 jeunes artistes nord-africains et maliens, sélectionnés par un jury indépendant. Nous avons développé ce programme avec le Fond Africain pour la Culture, basé à Bamako, qui soutient de très nombreuses initiatives artistiques et culturelles sur le continent africain, et pour lequel l’artiste Abdoulaye Konaté joue un rôle central.&nbsp;<br>Pendant trois semaines, le groupe d’artistes a participé à de nombreux ateliers, rencontres et discussions avec des professionnel.le.s de l’art dans le but de contribuer à l’élaboration de leur réflexion artistique, au développement de leurs connaissances théoriques et de leurs compétences à entreprendre, en particulier au niveau international. C’est ainsi qu’Amel Bennys et Ismail Bahri, artistes tunisien.ne.s confirmé.e.s installé.e.s à Paris, ont mené tour à tour des ateliers de création qui ont pris fin par une présentation publique des travaux effectués. Mariam Elnozahy, Alicia Knock, Jean-Loup Pivin, Laetitia Catoir, Fatma Kilani, Ibrahim Mahama, Cécilia Muriel et Simon Njami, se sont prêtés au jeu du mentorat et du débat avec les participants, autour de questions telles que celles du marché de l’art, du financement de la création, des pratiques muséales, etc.&nbsp;<br>Pour couronner ces trois semaines d’intenses rencontres et de création, nous avons proposé à Ismail et Amel d’assurer le commissariat d’une exposition qui réunira les 12 participants au programme, à l’hiver 2024. Une belle manière d’accueillir la deuxième promotion de l’ACF Academy !</p>



<p><strong>Quel.les sont les futur.es expositions/ projets du 32 bis que tu pourrais nous partager ? (la médiathèque les résidences etc)</strong><br>Le Cheveu de Mu’awiya, curaté par l’historienne de l’art et commissaire d’exposition Nadine Atallah, nous occupe depuis deux ans déjà et s’ouvrira en janvier prochain. Nous avons pensé cette exposition comme la grande exposition d’inauguration du 32bis, après une année de résidences, de rencontres, d’ateliers et d’expositions…&nbsp;<br>Elle réunira une vingtaine d’artistes, de générations et d’horizons très différents, des plus émergents aux plus établis, et dont les pratiques varient beaucoup. Parmi elles et eux : Dorothy Iannone, Abdoulaye Konaté, Slavs and Tatars, Lina Ben Rejeb, Siryne Eloued, Doa Aly, Joëlle de la Casinière, et d’autres… On y parlera d’histoire, d’amour, de discorde, de crise et de résilience, en s’inspirant de&nbsp; toute la polysémie du terme fitna, cher à Hichem Djaït, historien médiéviste spécialiste de l’histoire de l’islam décédé en 2021, à qui l’on entend aussi rendre hommage à travers cette exposition.&nbsp;<br>Plus tard dans l’année, nous aurons le plaisir de présenter le travail de Sana Chamekh, jeune artiste tunisienne extrêmement prometteuse, puis d’Aïcha Snoussi, qu’on ne présente plus, et qui clôturera dans sa ville d’origine un cycle initié au Bénin, à la Fondation Zinsou, puis au Palais de Tokyo à Paris, avec de toutes nouvelles productions.&nbsp;<br>En attendant, on prépare l’ouverture prochaine de la médiathèque, spécialisée en art moderne et contemporain, avec une attention particulière donnée à l’Afrique et plus largement aux Suds. On poursuit, bien sûr, les ateliers de création menés par de jeunes artistes tunisiennes auprès de groupes d’adolescents, et prévoyons des ateliers pour adultes, en lien très étroit avec nos voisin.e.s qui nous proposent de nombreuses idées liées à leurs savoir-faire, tels que la broderie.<br>Côté résidences, nous recevons depuis plus d’un an et pour les trois prochains mois encore les artistes participant à l’exposition Le Cheveu de Mu’awiya. Ainsi Wiame Haddad, Jan Kopp, Amel Bennys, Ngozi-Omeje Ezema, Lina Ben Rejeb… se succèdent dans le studio du 32bis pour donner forme à leurs créations.<br>Mais j’en ai déjà trop dit, on vous garde quelques surprises…&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriqueinvisu.org/instants-de-grace-au-32bis-interview-de-camille-levy-sarfati/">Instants de grâce au 32bis &#8211; Interview de Camille Lévy Sarfati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriqueinvisu.org">Afrique In Visu</a>.</p>
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